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17/07/2010

n°441 - dossiers de l'Afghanistan - 16-07 – Suite - : Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.

n°441 - dossiers de l'Afghanistan -  16-07 – Suite  - : Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°441 du 16-07

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Suite

2 Les Brèves

2-1 Jalalabad : Une importante base de l’OTAN attaquée.

2-2 Une entreprise américaine …

2-3 Total et Eni s'intéressent au pétrole afghan, selon le ministre Waheedullah Shahrani.

2-4 Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.

2-5 Plus de trois milliards de dollars détournés.

2-6 Le chef d'état-major français l'amiral Edouard Guillaud dénonce "la faute" du général Vincent Desportes.

2-7 Guantanamo : Les Brèves

1 L'Allemagne prête à accueillir deux prisonniers de Guantanamo.

2 Guantanamo: Ghailani apte à être jugé…

3 Dossiers

3-1 Dave Lindorff : Le financement de la guerre en Afghanistan.

3-2 Spencer Delane : Obama dénonce « l’obsession de ceux qui veulent arrêter la guerre en Afghanistan ».

3-3 Marie-France Calle : Non, Hamid Karzaï n'est pas "cinglé"...



2 Les Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

PS : La publication de l'article doit être vu comme information.


2-1 Jalalabad : Une importante base de l’OTAN attaquée.

PS : La publication de l'article doit être vu comme information.

Des résistants ont lancé hier une attaque à la voiture piégée et à la roquette sur une importante base militaire de l’OTAN à Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan, à quelques jours de l’arrivée du nouveau patron des forces internationales, le général David Petraeus.

Les résistants ont fait usage d’une voiture piégée, de RPG (lance-roquettes, ndlr) et d’armes légères. L’attaque a commencé à l’aube et a duré plusieurs heures. L’assaut a été revendiqué par le porte-parole des résistants qui redoublent de ténacité dans un Afghanistan de plus en plus compliqué pour les forces étrangères. La base de Jalalabad dotée d’un aéroport militaire demeure l’une des plus importantes de l’OTAN dans le pays, après celles de Kandahar et de Bagram, à une soixantaine de km de Kaboul. Les deux points stratégiques ont tous deux été la cible d’attaques d’résistants, parfois kamikazes, ces derniers mois, créant un sentiment de menace permanente.

Le 22 mai, les résistants avaient attaqué la base de Kandahar, la plus importante du pays, tirant cinq roquettes et blessant plusieurs militaires de l’OTAN et des employés civils.
Quelques jours auparavant, 30 à 40 résistants attaquaient Bagram, la deuxième du pays.

Les résistants avaient promis en mai de lancer une série d’opérations visant les forces de l’OTAN et plus généralement les étrangers, en réponse à l’offensive en cours à Kandahar, considérée comme le fief des résistants.

Depuis 2005 et la résurgence de l’insurrection menée par les résistants, chaque année établit un nouveau record de pertes pour les troupes étrangères, déployées en Afghanistan depuis fin 2001.
Ce mois de juin a été particulièrement meurtrier avec, pour la première fois depuis la chute des résistants, 100 soldats tués.

Ce niveau de violences est comparable à celui qu’ont connu les forces étrangères, notamment américaines, en Irak au pire de la guerre en 2007.

La coalition affiche par ailleurs ses dissensions après le limogeage du général Stanley McChrystal, commandant des forces internationales en Afghanistan. Son successeur, le général américain David Petraeus, a cherché à rassurer sur le cours d’une guerre de plus en plus impopulaire, tout en admettant s’attendre à «de rudes combats» dans les prochains mois. Le militaire a également promis aux troupes de l’OTAN de revoir l’application des règles restreignant le recours au soutien aérien pour protéger les civils, mais risquées pour les soldats. Les forces étrangères en Afghanistan ont le plus grand mal à contrôler un pays à la nature difficile et dont la population autochtone est diverse.

Chaque mois qui passe constitue une épreuve traumatisante pour les soldats des contingents engagés dans une «pacification» sans fin.

Rédaction internationale 

01-07-2010

http://www.latribune-online.com/monde/36518.html


2-2 Une entreprise américaine …

Des résistants ‘taliban’ ont attaqué vendredi avant l'aube les locaux d'une entreprise américaine prestataire de services dans le nord de l'Afghanistan tuant cinq personnes et en blessant 24 autres, a annoncé un responsable provincial.

L'attaque qui s'est produite dans la province de Kunduz, d'ordinaire relativement calme, visait la société Development Alternatives spécialisée dans les opérations de reconstruction, l'assistance aux autorités locales ainsi que la gestion des ressources agricoles et naturelles.

L'un des assaillants a déclenché les explosifs qu'il portait sur lui devant l'entrée des locaux nouvellement ouverts, permettant à ses complices de pénétrer à l'intérieur des bâtiments, a précisé le gouverneur de la province, Mohammad Omar.

Des affrontements à l'arme légère ont ensuite opposé les résistants et la police et les services de sécurité pendant cinq heures, a précisé Omar.

Un ressortissant britannique a été tué lors de ces heurts ainsi qu'un Allemand, un Philippin et deux Afghans, a précisé Omar. "Nos forces de sécurité ont réussi à porter secours à huit employés américains présents dans les bâtiments", a-t-il ajouté.

Des soldats de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) ont aidé les forces afghanes à évacuer plusieurs civils blessés vers une base militaire voisine, a déclaré un porte-parole de la coalition dans un communiqué.

Un porte-parole des taliban, Zabihoullah Moudjahid, a indiqué que six kamikazes et combattants ont participé à cette attaque.

Les troupes de l'Isaf basées dans la province de Kunduz sont principalement allemandes.

Les résistants ont réussi à s'implanter dans des villages et des districts de cette province afin d'étendre leur zone d'influence au-delà de leurs fiefs traditionnels dans le sud de l'Afghanistan.

Plusieurs attaques se sont produites ces derniers mois contre des organisations américaines d'aide au développement, notamment dans les provinces méridionales du Helmand et de Kandahar où les combats contre les résistants sont les plus intenses.  
Ces organisations jouent un rôle croissant en Afghanistan, vers lequel des milliards de dollars d'aide affluent pour reconstruire un pays détruit par 30 années de guerre.  
Cet attentat intervient trois jours après une audacieuse attaque à la voiture piégée et à la roquette contre une importante base militaire de l'Otan à Jalalabad (est).
   Il se produit à quelques jours de l'arrivée du nouveau patron des forces internationales, le général David Petraeus, nommé après le limogeage de Stanley McChrystal.    

02/07/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=144692&language=fr

&

A


2-3 Total et Eni s'intéressent au pétrole afghan, selon le ministre Waheedullah Shahrani.

 Les compagnies pétrolières française Total, italienne Eni et canadienne Heritage ont fait part de leur intérêt à participer à l'exploitation de gisements d'hydrocarbures situés en Afghanistan, a affirmé vendredi le ministre afghan des mines, Waheedullah Shahrani.

Les trois sociétés ont participé à des réunions avec le ministère des mines, au cours desquelles elles ont exprimé leur intérêt et se sont informées sur les appels d'offres en préparation dans le secteur pétrolier afghan, a dit le ministre à des journalistes, en marge d'une tournée de présentation de projets miniers aux investisseurs, organisée à Londres.

"Nous avons eu une très bonne discussion avec Total", qui avait participé dans le passé à des campagnes d'exploration dans le sud-est de l'Afghanistan, avant l'invasion soviétique à la fin des années 1970, a expliqué le ministre.

"Nous parlons aussi à des représentants d'Eni", la compagnie pétrolière italienne, ainsi qu'à des responsables du groupe canadien Heritage Oil, a-t-il précisé.

M. Shahrani a ajouté que le gouvernement afghan lancerait en août ou en septembre un appel d'offre auprès des compagnies pétrolières, portant sur l'exploitation du bloc de Kashkari, situé dans le bassin de l'Amou-Daria (dans le nord du pays) qui contiendrait une trentaine de millions de barils de pétrole.

Des blocs d'exploration situés dans le bassin afghano-tadjike, au nord-est du pays, qui recèlerait quant à lui plus d'un milliard et demi de barils, feront eux l'objet d'appels d'offres début 2011, a-t-il ajouté.

AFP / 25 juin


2-4 Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.

Les résistants menacent de s'en prendre aux sociétés étrangères qui souhaiteraient exploiter le sous-sol de l'Afghanistan, a rapporté lundi le centre américain de surveillance des réseaux internet islamistes SITE.

Deux semaines après l'annonce de la découverte de gisements miniers beaucoup plus vastes qu'estimé en Afghanistan, les résistants ont averti que le gouvernement du président Hamid Karzaï, qu'ils jugent illégitime, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol.

Les entreprises qui signeraient de tels contrats deviendraient des cibles, a indiqué le mouvement islamiste, cité par SITE. "Toute partie qui signerait un contrat d'extraction minière avec l'administration corrompue sera traitée comme une entité apostate par l'émirat islamique et le peuple afghan", a-t-il ajouté.

L'Afghanistan est potentiellement assis sur mille milliards de dollars grâce à de gigantesques réserves de minerais, selon un rapport de géologues américains publié mi-juin. Ses gisements de lithium, de fer, d'or, de niobium et de cobalt, seraient suffisant pour faire de ce pays un des premiers exportateurs mondiaux de minerais.

Le ministre afghan des ressources minières, Wahidullah Shahrani, a promis vendredi de garantir une entière transparence dans l'attribution des contrats d'exploitation, lors d'une visite à Londres où il s'est efforcé d'attirer des investisseurs étrangers.

29/6

AFP

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iOTGqgel5xFmeHSbhp4xPpBDJMaA


2-5 Plus de trois milliards de dollars détournés.

Plus de trois milliards de dollars ont quitté illégalement l'Afghanistan au cours des dernières années, dans un pays gangrené par le trafic de drogue et la corruption. Cette information a été révélée par le "Wall Street Journal".

Cet argent liquide - qui représente plus que les impôts et les taxes douanières récoltés annuellement - est officiellement déclaré avant d'être chargé dans des valises ou des palettes à bord d'avions au départ de Kaboul. Selon les enquêteurs, il provient en partie de projets humanitaires financés par des ONG occidentales et de contrats passés par les forces de la coalition et de l'OTAN.

"Tout cela ressemble à nos impôts qui seraient volés. Et à l'opium, bien sûr", a déclaré un responsable américain chargé d'enquêter sur la corruption et le financement des résistants.

Des dollars américains, des riyal saoudiens, des roupies pakistanaises, des couronnes norvégiennes et même d'anciens deutschmarks échangeables contre des euros, sont détournés vers l'étranger.

D'après les enquêteurs, de hauts responsables afghans et l'entourage du président Hamid Karzai seraient impliqués dans ces détournements, parmi lesquels le frère de M. Karzai et celui de son vice-président, Mohammed Fahim. Les deux hommes ont nié toute participation.

Les soupçons de corruption et d'implication dans le commerce de l'opium de responsables politiques afghans ont alimenté les ressentiments de la population à l'égard du gouvernement, soutenu par Washington, et renforcé la popularité des résistants.

Le "Washington Post" révèle que des responsables du gouvernement afghan ont régulièrement entravé des enquêtes sur des opérations de corruption.

(ats / 28 juin 2010 10:49)


2-6 Le chef d'état-major français l'amiral Edouard Guillaud dénonce "la faute" du général Vincent Desportes.

Le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, a fustigé vendredi la "faute" et les propos "irresponsables" du général Vincent Desportes, directeur du Collège interarmées de défense (CID), qui a vivement critiqué la stratégie américaine en Afghanistan.

"Je pense que c'est une opinion malvenue et que je qualifierais d'irresponsable car elle vient de quelqu'un qui est en activité et qui, de ce fait, a une crédibilité", a déclaré l'amiral Guillaud sur Europe 1, précisant qu'il avait "bien l'intention de lui demander de venir s'en expliquer".

Pour le général de division Desportes, qui s'est exprimé dans une interview au Monde daté de vendredi, la stratégie américaine "ne semble pas fonctionner" en Afghanistan. "Factuellement, la situation n'a jamais été pire", a-t-il déclaré, rappelant que le mois de juin avait été le plus meurtrier pour la coalition internationale depuis son engagement dans ce pays, fin 2001, avec 100 soldats tués.

Selon l'amiral Guillaud, le général Desportes a "exprimé une opinion personnelle (...) malvenue et insuffisamment argumentée".

Le chef d'état-major des armées, ancien chef d'état-major particulier du président Nicolas Sarkozy, a contesté en particulier que le conflit en Afghanistan soit une "guerre américaine" conduite sans concertation avec les alliés, comme l'affirmait son subordonné.

"Je m'inscris totalement en faux avec une telle affirmation, connaissant de l'intérieur la façon dont sont prises les décisions", a-t-il lancé. "Cette stratégie a été demandée par le président de la République française Nicolas Sarkozy dès avril 2008 (au sommet de l'Otan) à Bucarest, elle a été validée à Strasbourg lors de la réunion de l'Otan, il y a un an, et elle est mise en oeuvre depuis l'automnne 2009", a-t-il fait valoir.

Pour autant, a-t-il reconnu, "la situation va rester compliquée pendant plusieurs mois encore".

"Cette guerre ne peut pas être gagnée que par les armes", a-t-il affirmé, soulignant le caractère "indispensable" d'un effort sur le développement et la gouvernance de l'Afghanistan parallèlement à l'action militaire. Selon lui, cette stratégie "est la bonne".

Les quelques 3.750 soldats français présents sur le sol afghan devront y rester "le moins longtemps possible, nous en sommes tous d'accord", a poursuivi l'amiral Guillaud.

02-07

(AFP)  


2-7 Guantanamo : Les Brèves

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage ce point de vue, mais doit être vu comme information.

1 L'Allemagne prête à accueillir deux prisonniers de Guantanamo.
Le gouvernement allemand à l'intention de donner l'asile à deux détenus de Guantanamo, la prison américaine de Cuba, a annoncé mercredi la Deutsche Presse-Agentur (DPA), citant une source au sein de la coalition internationale en Afghanistan.
L'un des détenus ira à Hambourg, l'autre en Rhénanie-Palatinat.
Selon le quotidien "Mainzer Allgemeine Zeitung", le ministre de l'Intérieur de
la Rhénanie-Palatinat, Karl-Peter Bruch, a lui-même proposé cette variante au ministre fédéral de l'Intérieur Thomas de Maizière. La décision doit entrer en vigueur d'ici deux mois.
Au moment de l'accession de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, le camp de Guantanamo utilisé pour la détention de terroristes islamistes capturés par l'armée américaine en Irak et en Afghanistan, comptait 242 prisonniers. Depuis, des dizaines d'entre eux ont été rapatriés ou transférés dans des pays tiers.
Au début de mai dernier, 185 détenus se trouvaient dans le camp qui doit être fermé sur ordre du président Obama.

08-07

http://fr.rian.ru/world/20100707/187025990.html

 

2 Guantanamo: Ghailani apte à être jugé…

Le Tanzanien Ahmed Khalfan Ghailani, premier détenu de Guantanamo transféré pour être jugé à New York en septembre 2010, est apte à se soumettre à un procès et ne souffre pas de syndrome de stress post-traumatique, a estimé un juge de New York hier.
Ahmed Ghailani, accusé d'avoir participé aux attentats contre des ambassades américaines en Afrique de l'Est en
1998, a été arrêté en 2004, détenu dans des prisons secrètes de la CIA avant d'être transféré à Guantanamo.
La défense, qui affirme que les autorités américaines ont contrevenu à la loi en l'emprisonnant cinq ans sans procès, a récemment fait témoigner des psychologues pour faire valoir que le Tanzanien souffrait de stress post-traumatique après son emprisonnement.
Le juge Lewis Kaplan d'un tribunal fédéral de New York a estimé qu'Ahmed Ghailani était apte à être jugé et il a aussi estimé qu'il ne présentait pas de séquelles neurologiques.
"Cette conclusion a été sujette à une vive opposition de la part de la défense et du psychologue de la défense", a réagi jeudi l'avocat d'Ahmed Ghailani, Michael Bachrach, interrogé par l'AFP.

AFP 02/07 



3 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Dave Lindorff : Le financement de la guerre en Afghanistan.

Quelques jours seulement avant de célébrer le 24ème anniversaire de la Déclaration d’Indépendance qui a libéré l’Amérique d’un pouvoir colonial résidant à l’autre bout du monde, le Congrès a approuvé l’attribution de 33 milliards de dollars de plus pour soutenir la tentative américaine d’occuper et contrôler, à l’autre bout du monde, un pays terriblement pauvre, l’Afghanistan.

33 milliards pour une neuvième année de guerre dans un pays qui a fait l’objet d’une description apocalyptique de la part de nos leaders qui l’ont qualifié de principale menace existentielle pour les USA, alors qu’en réalité c’est un pays enclavé et peuplé principalement de pauvres illettrés appartenant à des clans qui depuis des siècles ne cessent de se battre entre eux, et qui pour la plupart ne savent pas où se trouve l’Amérique ni même peut-être, si la terre est ronde ou plate. Bref, à côté de l’Afghanistan, l’Iraq sans armes de destruction massives ressemble à une super-puissance.

33 milliards, c’est justement à peu de choses près, la somme qui serait nécessaire pour prolonger de six mois les indemnités de chômage des 5 millions environ de malheureux Américains qui ont survécu jusqu’à récemment grâce à une prolongation de leurs indemnités de chômage. A cause du refus des membres du Sénat et du Parlement de voter la prolongation du financement des indemnités, ces personnes vont être abandonnées à elles-mêmes, comme les millions d’autres Américains sans travail à qui les mesquines institutions américaines n’ont même pas accordé d’indemnité de chômage ou qui ont vu leurs droits à des indemnités spoliés par des employeurs insuffisamment contrôlés par les instances fédérales ou nationales en charge de l’application de la législation du travail.

L’Afghanistan compte 24 millions d’habitants qui ont un revenu annuel de 800 dollars par personne. Ce qui signifie que l’allocation de 33 milliards (qui n’est que le plus récent versement sur les centaines de milliards de dollars déjà investis et perdus dans la guerre la plus longue et peut-être la plus inutile que nous ayons faite) serait aussi suffisant pour donner à chaque femme, enfant et homme de ce pays un revenu de 1400 dollars par an.

On pourrait croire que, au lieu de dépenser 33 milliards de dollars pour tuer des Afghans et faire sauter leurs villes et leurs villages, les USA pourraient envisager de leur donner assez d’argent pour doubler leurs revenus. Cela les mettrait de meilleure humeur et nous pourrions alors les laisser trouver les solutions par eux-mêmes. Mais non. Voici ce que nous faisons plutôt de cet argent : Nous en donnons une partie aux soldats que nous envoyons là-bas. Nous en donnons une autre aux seigneurs de la guerre et aux gouvernements officiels qui le cachent dans des banques suisses. Nous en donnons aux seigneurs de la drogue et aux fermiers qui cultivent pour eux des pavots qui reviennent chez nous sous forme d’héroïne raffinée pour empoisonner et tuer nos propres citoyens. Nous en donnons même sous la table à ceux que nous combattons, les Résistants, pour qu’ils aient la gentillesse de ne pas attaquer nos convois et nos bases militaires. Et bien sur nous en donnons d’énormes quantités à ceux à qui la guerre profite : les firmes de munitions qui fabriquent les machines à tuer que nous utilisons pour tuer les Afghans et détruire leurs maisons et leurs villages.

Il y a une autre façon d’aborder cette absurde situation : Cela coûte à British Petroleum, la firme qui est en train de transformer à elle toute seule le golfe du Mexique en une poubelle pétrochimique pleine de tortues et de dauphins morts, environ un milliard de dollars par mois pour tenter sans grand résultat de nettoyer la mer. C’est loin d’être suffisant. La quantité de pétrole à la surface et sous la surface de la mer et dans les marais côtiers ne diminue pas, elle augmente. Alors que diriez-vous si au lieu de faire confiance à BP, le gouvernement intervenait et consacrait 33 milliards à réparer le désastre, sans oublier évidemment d’envoyer la facture à BP et ses actionnaires ?

Et on peut se poser une autre question : Pourquoi parler même de verser 33 milliards d’indemnités de chômage à des gens pour qu’ils puissent rester chez eux à boire de la bière en regardant la TV quand on pourrait utiliser cet argent pour les payer à faire un travail productif comme de nettoyer les plages de la côte du golfe, les pélicans englués et les tortues de mer, de remorquer les cadres de BP avec des cordes dans les nappes de pétrole ou de fournir des escortes armées de battes de base-ball aux journalistes pour les protéger des hommes de main de BP qui ne cessent de les empêcher par la menace de regarder et surtout de filmer les scènes de destruction sur le Mississippi et la côte de la Louisiane ?

L’argent sert à tout. S’il n’était pas gâché en Afghanistan, il pourrait être utilisé autrement et il existe clairement de nombreux secteurs où 33 milliards pourraient rendre un immense service.

Prenons juste l’éducation. Le gouvernement fédéral a cette année un budget de 84 milliards pour les écoles et les collèges. Et en ce moment dans tout le pays, de New York à Los Angeles, le système d’écoles publiques qui manque de fonds à cause de la diminution des revenus d’impôts locaux et fédéraux du fait de la récession grandissante, licencie des professeurs et ferme des écoles alors que le nombre des enfants à scolariser augmente sans cesse. Il est clair qu’une injection d’un tiers (11 milliards) ou de la moitié (17 milliards) seulement de ce qui est destiné à l’Afghanistan permettrait sans problème de compenser ces coupes dans les budgets des écoles locales.

Au lieu de cela, il semble que nous allons utiliser des 33 milliards à faire sauter plus d’Afghans et à acheter davantage de matériel militaire à des prix exorbitants comme les drones Predator et les bombes anti-personnelles pendant encore un an.

Ce n’est pas la faute de dieu si l’économie américaine entame une période de récession, comme un coureur de Marathon épuisé qui s’effondre puis se relève, court un peu comme un automate, puis tombe sur la route face contre terre et meurt d’une crise cardiaque. C’est le gouvernement qui ne parvient pas à "amorcer la pompe" en fournissant du travail aux chômeurs, des fonds aux gouvernement locaux en difficulté et des aides financières pour ceux qui ne peuvent simplement pas trouver de travail.

Et donc nous nous dirigeons vers une profonde récession ou une nouvelle Grande Dépression tout en faisant sauter l’Afghanistan avec l’argent qu’on arrive encore à trouver dans les recoins de la chambre forte vide du Trésor Américain.

Comme l’a dit si justement le parolier des Rolling Stone, Matt Taibi, en parlant de la propension pathétique de certains journalistes à applaudir les puissants : "Dieu que ce pays sent mauvais !"

Dave Lindorff

Dave Lindorff est un journaliste de Philadelphie. Son dernier livre "The case for impeachment" est disponible à St martin’s press, 2006.

Pour consulter l’original : (Counterpunch)
http://www.counterpunch.org/lindorf...

Traduction D. Muselet

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Le-financement-de-la-guerre-en-Afghanistan-Counterpunch.html


3-2 Spencer Delane : Obama dénonce « l’obsession de ceux qui veulent arrêter la guerre en Afghanistan ».

Le 10 décembre 2009, alors qu’il venait récupérer son « prix Nobel de la paix » à Oslo, Barack Obama avait annoncé un retrait des troupes américaines en Afghanistan pour le début juillet 2011.

Prenant la parole dans le sillage du sommet du G20, le week-end dernier, le président des États-Unis a renoncé à sa promesse, dénonçant même ce qu’il appelle « l’obsession de ceux qui veulent arrêter la guerre en Afghanistan ».

Non seulement il n’est plus question de retraits des troupes, mais il semblerait que cette guerre doivent durer éternellement, cela malgré les difficultés croissantes des armées d’occupation sur place.

Dimanche, le directeur de la CIA, Leon Panetta, prétendait sur la chaine ABC que les États-Unis sont incapables de récolter « des informations solides depuis des années sur l’endroit où se trouve Oussama ben Laden », et que « la victoire sera plus difficile et plus lente que ce que tout le monde avait anticipé ». C’est sans doute la raison pour laquelle le patron de la CIA vient de signer un contrat de 120 millions de dollars avec la société militaire privée (SMP) Blackwater ( rebaptisée «Xe» ), qui va donc engager ses mercenaires en Afghanistan.

Si Blackwater a pris le soin de changer de nom, c’est parce qu’il était de triste renommée après avoir été impliqué dans plusieurs scandales en Irak, en particulier la mort d’au moins 14 civils à Bagdad en septembre 2007. Le ministre irakien de l’Intérieur avait ordonné en février 2010 l’expulsion de 250 anciens employés de Blackwater. Pas plus tard qu’en mai dernier, Washington a également retiré à la compagnie le service de protection de ses diplomates à Bagdad.

Le « prix Nobel de la paix » du président Obama a décidément un goût amer.

La résistance afghane dénonce une « mafia internationale »

Dans un communiqué publié le 26 juin dernier*, le porte parole de l’Emirat Islamique d’Afghanistan, Qari Youssouf Ahmadi, a indiqué, à propos du limogeage du général McCrystal, commandant des forces américaines en Afghanistan, qu’il était « la conséquence logique et naturelle de l’échec de l’occupant étranger en Afghanistan. Toute personne nommée à ce poste devra s’attendre aux mêmes conséquences car le peuple afghan ne laissera jamais triompher les forces étrangères. »

Selon le porte parole de la résistance – et comme nous l’indiquions déjà dans notre article du 23 juin dernier, « les raisons du renvoi de MacCrystal ne sont pas dues à ses propos dans la presse, mais à une victoire de nos moudjahidines, qui ont permis de repousser l’ennemi et, au final, de déjouer la nouvelle stratégie d’Obama. Le président américain voudrait s’exonérer de ses choix, en faisant porter le poids de l’échec de cette stratégie sur l’armée et plus particulièrement sur le général McCrystal, cela afin de sauver la face et celle de la mafia internationale qui le soutien.

Obama et McCrystal ont réalisé des opérations d’une force et d’une brutalité sans précédent, n’hésitant pas a perpétrer des attentats sanglants au sein des populations civiles pour les attribuer ensuite aux moujahidines, dans le but de dicréditer les forces de résistance qui se battent contre l’occupant étanger.

Peu importe les stratégies misent en place par les américains, nous le répétons à nouveau : l’Afghanistan sera leur tombeau. Au général Petraeus, qui va remplacer McCrystal, et à ses armées, nous promettons, avec l’aide de Dieu, une défaite sanglante » à conclu Qari Youssouf Ahmadi dans son communiqué.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

*Le communiqué de la résistance afghane nous a été transmis par Ansar al-Jihad Network (as-ansar.com)

Article placé le 29 juin 2010,

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation/browse_thread/thread/f1177275282ae9b6


3-3 Marie-France Calle : Non, Hamid Karzaï n'est pas "cinglé"...
Peter Galbraith, ancien numéro deux des Nations Unies en Afghanistan persiste et signe.

Après avoir traité le président afghan Hamid Karzaï de toxicomane, il vient de le qualifier de "cinglé".

Un acharnement qui, au fond, n'a pas beaucoup d'intérêt. Barack Obama lui-même ne vient-il pas de demander à ses conseillers d'être un peu plus "aimables" avec le président afghan ?

Karzaï vient d'ailleurs d'être reçu en grande pompe à Washington. 

A l'évidence, les Etats-Unis misent de nouveau sur Hamid Karzaï pour les aider à sortir du bourbier afghan. Il n'en a pas toujours été ainsi. Ce blog s'est fait l'écho à maintes reprises des "scènes de ménage" entre Washington et Kaboul, surtout depuis le changement d'administration aux Etats-Unis. Le point culminant en a été les récentes sorties de Karzaï, allant jusqu'à affirmer qu'il était prêt à rejoindre les résistants. Sans doute a-t-il envie de le faire, d'une manière ou d'une autre... Mais là n'est pas la question.  

Le retour de flamme entre l'administration Obama et Hamid Karzaï a fait une victime "collatérale", Abdullah Abdullah. L'éternel rival du président afghan a eu la malencontreuse idée d'effectuer un voyage aux Etats-Unis dans la foulée de la visite officielle de Karzaï. Résultat, comme il le confie lui-même, il a toutes les peines du monde à rencontrer des responsables américains à haut niveau.

Mais il s'exprime. Si vous en avez le temps et l'envie, regardez et écoutez, ci-dessous, la prestation du Dr Abdullah à la New America Foundation, il y a deux jours.

"Il n'y a aucune raison de dérouler le tapis rouge pour un type qui ne veut être reconnu que pour ce qu'il est", a confié au New York Times un diplomate européen très au fait du dossier afghan.

Ajoutant : "Le monde ne marche pas ainsi, Karzaï est le leader élu de l'Afghanistan"....

Et le quotidien d'expliquer : "Il y a sept mois à peine, Mr. Abdullah était en première ligne et au centre des efforts des Occidentaux en Afghanistan. A l'époque, les Américains, les Européens, l'Otan et les Nations unies faisaient tous pression sur Mr. Karzaï et Mr. Abdullah pour qu'ils évitent une escalade des tensions après une élection (présidentielle) controversée"

Durant son séjour aux Etats-Unis, Abdullah Abdullah n'a pas cessé de mettre Washington en garde contre Karzaï, affirmant que ses plans pour une réconciliaton avec les résistants ne tenaient pas la route. Et, toujours selon le New York Times, celui qui fut ministre des Affaires étrangères de Karzaï a voulu faire passer ce message : au-delà du renforcement militaire en Afghanistan, le plus urgent est de mettre en place à Kaboul un régime politique "sans tache". 

 Quant à Peter Galbraith, qui, décidément, voue une haine mortelle à Karzaï, il a critiqué l'administration Obama, lui reprochant de ne pas recevoir Abdullah Abdullah.

Marie-France Calle

 le 21 mai 2010

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