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23/07/2010

n°50 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 21-07 : - Suite -: Le G-8, un anti-iranisme patent.

n°50 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 21-07 : - Suite  -:     Le G-8, un anti-iranisme patent. 



Géopolitique & stratégie d'Iran

           n°50 du 21-07                                     C.De Broeder & M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion  Suite

1-3 Manlio Dinucci -Tommaso Di Francesco : Nucléaire et pétrole dans le grand jeu iranien.

1-4 Robert Bibeau : LA TACTIQUE DU FLAGRANT DÉLIRE PARANOÏAQUE.

1-5 Robert Bibeau : Pourquoi crier « au loup » avec l’État major israélien ?

1-6 Le G-8, un anti-iranisme patent. 

1-7 L'embargo sur les produits pétroliers visant l'Iran est une "erreur".

1-8 Nucléaire : accord entre l’Iran, le Brésil et la Turquie.



1-3 Manlio Dinucci -Tommaso Di Francesco : Nucléaire et pétrole dans le grand jeu iranien.

La Russie et la Chine sont à bord” a annoncé avec satisfaction la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, quelques heures avant que l’ébauche de résolution sur les sanctions contre l’Iran ne soit mise en circulation au Conseil de sécurité. Cette résolution prévoit d’empêcher Téhéran de faire des investissements à l’étranger “s’il y a des raisons de croire que ceux-ci sont liés à la prolifération nucléaire”, d’étendre l’embargo à divers types d’armements (chars d’assaut, avions, navires) et d’instituer un régime d’inspections des “cargos suspects” dans les ports et en pleine mer. Mais pour le navire de guerre de l’embargo, sur lequel se sont aussi formellement embarqués Pékin et Moscou, on prévoit une mer agitée.

A la veille de la présentation de l’ébauche de résolution, qui sera mise au vote à une date non encore définie, a été annoncé l’accord prévoyant que l’Iran enverra en Turquie et au Brésil de l’uranium faiblement enrichi, en échange d’uranium enrichi à 20% qu’il s’engage à utiliser à des fins exclusivement civiles. L’Iran a donc respecté ce à quoi il s’était engagé, en novembre dernier, dans l’unique rencontre formelle avec les négociateurs états-uniens. Après avoir défini l’accord comme “un moment de changement historique”, le gouvernement turc, membre non-permanent du Conseil de sécurité, a déclaré que des sanctions ultérieures contre l’Iran ne sont plus nécessaires. Idem pour le gouvernement brésilien, lui aussi membre non permanent du Conseil de sécurité. La Chine et la Russie, membres permanents, ont contemporainement exprimé leur total soutien à cet accord.

Dans la “question iranienne”, sont ainsi en jeu des intérêts divers et opposés. Il y a la Turquie, laquelle, avec sa position géostratégique entre Moyen-Orient et Europe, ne veut plus être un simple homme de troupe des Etats-Unis mais aspire à un rôle autonome de plus grand poids. Faisant référence aux Etats-Unis, le président turc Erdogan a déclaré : “Nous en sommes au moment où il s’agit de discuter si nous croyons à la supériorité de la loi ou à la loi des supérieurs. S’ils ont encore des armes nucléaires, quelle crédibilité ont-ils pour demander à d’autres de ne pas en avoir ?”. Ce même message est, implicitement, adressé à Israël qui, à la différence de l’Iran, n’adhère pas au Traité de non-prolifération et ne reconnaît pas officiellement qu’il pos-sède des armes nucléaires, bien qu’il en possède une centaine ainsi qu’environ un demi quintal de plutonium à usage militaire. Il y a le Brésil, lequel aspire à un rôle autonome comme puissance régionale en opposition à l’”Aire de libre commerce des Amériques” (Alca) dominée par les USA, mais aussi contre les tentatives des USA de déstabiliser le Venezuela et le Honduras, et contre l’embargo contre Cuba. A travers l’accord avec l’Iran, le Brésil entre maintenant dans la complexe situation moyen-orientale.

Et il y a la Chine et la Russie, engagées dans un bras de fer avec les USA pour redessiner la carte energétique moyen-orientale, et pour lesquelles les accords avec l’Iran sont fondamentaux. La Chine qui l’été dernier a signé des accords avec Téhéran pour un montant de 8 milliards de dollars, participe de plus en plus à l’exploitation des gisements iraniens de pétrole et de gaz naturel, dont elle importe des quantités en augmentation telle qu’elle est devenue le plus grand partenaire commercial de Téhéran. La Russie est en train de faire de même : Gazprom a signé en mars dernier un gros contrat avec la société iranienne Nioc. S’insère dans ce cadre la “guerre des oléoducs et des gazoducs” qui décidera à travers quels corridors énergétiques le pétrole et le gaz de la Caspienne doivent être transportés vers les pays consommateurs. Après avoir gagné le premier round, avec l’oléoduc qui relie le port azéri de Bakou au port turc de Ceyhan en contournant la Russie, les USA et la Grande-Bretagne ont perdu du terrain, tandis que la Russie et la Chine en ont gagné, en ouvrant actuellement des corridors énergétiques dirigés surtout vers l’est. En janvier dernier a été inauguré le gasoduc Dauletabad-Sarakhs-Khangiran qui transporte le gas naturel du Turkménistan en Iran, permettant à celui-ci d’accumuler un surplus de matériau destiné principalement au marché chinois. Téhéran a en même temps établi un accord avec Ankara pour la fourniture de gaz turkmène, qui devrait arriver en Turquie via l’Iran. Téhéran aspire ainsi, grâce à sa position géographique, à faire de l’Iran un noeud fondamental des corridors énergétiques vers l’est comme vers l’ouest.

De ce fait, quoi qu’il fasse, l’Iran reste dans le collima-teur de Washington, dont les intérêts stratégiques ne permettent pas que puisse s’affirmer au Moyen-Orient une puissance se soustrayant à l’influence états-unienne ou, pire, hostile aux Etats-Unis. D’où l’ébauche de résolution, dont Washington sait bien qu’elle ne sera pas en mesure d’imposer un embargo hermétique, mais qui pourra toujours servir à accuser l’Iran de “graves violations” pour pouvoir l’attaquer militairement. L’Iran, bien que ne possédant pas d’armes nucléaires, a ce-pendant une force bien supérieure à celle qu’avaient l’Afghanistan et l’Irak quand ils ont été attaqués et oc-cupés par les USA. Une troisième guerre du Golfe au-rait donc des effets destructeurs bien plus grands et des répercussions bien plus graves à l’échelle mon-diale.

Manlio Dinucci

Tommaso Di Francesco

Edition de mardi 25 mai 2010 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

lundi 31 mai 2010,  Comité Valmy


1-4 Robert Bibeau : LA TACTIQUE DU FLAGRANT DÉLIRE PARANOÏAQUE

Le peuple iranien doit prendre garde et se méfier, la hyène sioniste blessée, paria, isolée, dénoncée partout à travers le monde, critiquée par ses plus fidèles complices, rode autour de l’Iran en préparation d’un mauvais coup dont elle a le secret.

Cette fin de semaine l’État major de l’entité sioniste – Israël – a fait courir le bruit que ses alliés égyptien, jordanien et saoudien avaient convenu de laisser passer les bombardiers israéliens dans l’éventualité d’une agression contre les installations nucléaires iraniennes.

La « nouvelle », de type intoxication, a d’abord été publiée dans le quotidien The Times de Londres puis reprise par les journaux israéliens (1).

Israël doit effectivement obtenir l’autorisation pour survoler l’espace aérien de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite si elle souhaite attaquer l’Iran par la voie des airs sans être incommodée par les intercepteurs jordaniens ou saoudiens. Mais ce feu vert ne suffit pas pour assurer le pilotage de l’escadrille d’attaque de sa base israélienne jusqu’à son objectif en Iran en minimisant le risque d’affronter les avions d’interception iraniens. Seul les États-Unis possèdent le réseau de satellites espions apte à assurer cette supervision. Ce seront les mêmes satellites espions qui ont servi à diriger les avions israéliens dans le ciel du Liban lors de l’agression de juin 2006 qui fit des milliers de victimes parmi la population libanaise. Par ailleurs, ces satellites espions sont parfaitement à même d’identifier l’escadrille aérienne israélienne et de permettre son interception par les  chasseurs américains maintenant basés en Arabie Saoudite et au Koweit. Tout ceci pour dire qu’aucune attaque contre les centres de recherche nucléaire iraniens n’est possible sans l’agrément des États-Unis.

Il ne faut donc pas se surprendre d’apprendre que le gouvernement États-uniens a été informé à la seconde près de l’opération de l’escadron de la mort israélien contre les pacifistes des navires humanitaires en Méditerranée (2). L’accord tacite de la Maison Blanche était requis pour mener une telle opération pirate meurtrière extrêmement violente en eaux internationales (3). L’État major de la marine française ne s’y est pas trompé, considérant les moyens mis en œuvre ils ont avisé l’Élysée que l’agression des soldats israéliens avait atteint ses objectifs : « Ces moyens démesurés (drones, sous-marin et avion-radar en plus des hélicoptères et des zodiacs), eu égard à l'objectif poursuivi, ont été notés avec surprise, à Paris, par l'état-major de la marine. (…) ces mêmes officiers de marine paraissaient moins gênés que Sarkozy aux entournures. "Une grave bavure et pas un dérapage", disait l'un d'eux, en insistant sur la volonté israélienne d'infliger une spectaculaire leçon aux pacifistes et aux pro-Palestiniens. » (4).
Or, d’agrément américain pour ce dessein anti-iranien il n’en est point, nous en sommes assurés. Hassan Nasrallah a déjà expliqué, lorsque le terroriste israélien prépare une agression il se tient coi et ne dévoile jamais ses plans à l’avance (5). Quand vous n’entendrez plus hurler le loup sioniste de sa tanière de Tel-Aviv vous vous méfierez, l’attaque sera alors imminente, s’il menace dans The Times il n’y a rien à craindre pour le moment. De toute façon, une flotte américaine, comportant au moins un porte avion, mouille dans le Golfe Persique et pourrait parfaitement se charger de l’attaque. Il n’est pas utile que le sous-fifre israélien se charge de cette mission délicate.

 

On en revient donc à la question de départ, pourquoi cette fausse nouvelle émanant de l’État major israélien et diffusé au Royaume-Uni et en Israël ? Cette nouvelle était  destinée à la consommation américaine et israélienne. Elle vise à accréditer l’opinion que la direction sioniste en Israël est véritablement prise de délire et qu’elle est dangereuse pour la paix mondiale. Cette « nouvelle » vise à aviser Obama que s’il les pousse au pied du mur et les oblige à jeter du leste, à desserrer l’étau du blocus meurtrier autour de Gaza, les dirigeants israéliens pourraient bien se lancer dans une aventure folle et attaquer l’Iran contre le gré de son tuteur. La Canard enchaîné ne croyait pas si bien dire en affirmant que les faucons israéliens sont pris d’un « flagrant délire ».  Ariel Sharon affectionnait particulièrement cette tactique quand il voulait forcer la main de ses patrons américains. Sur l’Esplanade des mosquées en l’an 2000, juste avant les élections législatives en Israël, Ariel Sharon a utilisé cette tactique de provocateur, il a déambulé sur l’esplanade défiant la communauté arabe et lui signifiant que lui Ariel Sharon, lui retirerait illégalement tous ses droits sur Jérusalem. Chaque fois que les sionistes se croient au pied du mur et contraint de négocier la paix un leader sioniste se lève et lance une surenchère hystérique, dangereuse, un coup de poker stratégique pour le quitte ou double…une nouvelle manche du jeu « qui perd gagne ». C’est pourquoi nous disions récemment que l’entité est dangereuse pour la paix et la sécurité mondiale car elle danse au bord de l’abîme, toujours prête à déclencher un nouvel holocauste que les dirigeants américains souhaitent éviter pour l’instant. À chaque fois ces derniers se sentent obligés de céder de peur que les armes nucléaires dont la France et les États-Unis ont doté l’entité terroriste ne servent à détruire la planète.

La solution serait-elle de se rendre aux désirs des fondamentalistes juifs, de Netanyahu et de Liberman et de forcer le peuple Palestinien à vivre dans quelques bantoustans sévèrement contrôlés par – Israël – ? Non ! Contrairement à ce qu’affirme Noam Chomsky, le nouveau chantre du compromis et de la survie de l’entité : « Un cadre pour résoudre le conflit Arabo-israélien existe depuis 1976, lorsque les états arabes de la région ont présenté une résolution au Conseil de Sécurité qui appelait à la création de deux états le long des frontières internationales, en incluant toutes les garanties de sécurité exigées par la Résolution 242 de l’ONU qui fut adoptée après la guerre de juin 1967. Ses principes les importants sont soutenus par pratiquement le monde entier, y compris par la Ligue Arabe, l’Organisation des États Islamiques (dont l’Iran) et les organisations non étatiques concernées, dont le Hamas. » (6), ni le Hamas, ni la résistance, ni le peuple Palestinien n’ont jamais renoncé au droit de retour, pas le droit de retour des « juifs » sur la terre que leur aurait concédé Yaveh, mais le véritable droit de retour, celui du rapatriement des palestiniens de la Naqba sur leur terre spoliée et occupée. La Résolution 242 tant controversée ne parvient même pas à concilier les américains et les israéliens sur la nécessité d’évacuer TOUS les territoires occupés lors de l’invasion de 1967. Le lecteur aura noté que Chomsky passe allègrement de la formulation « conflit palestino-israélien » à la formulation « conflit arabo-israélien ». Ces deux formulations ne sont pourtant pas interchangeables. Quoi qu’il en soit, le peuple palestinien n’a jamais accepté la résolution 242 de l’ONU (7). Il est étonnant qu’un grand polémiste comme Noam Chomsky ne connaisse pas ces faits élémentaires !

L’entité sioniste n’attaquera pas l’Iran et le Royaume saoudien s’est empressé de démentir le canular publié par The Times et la gazette israélienne (8), mais Israël demeure un danger permanent pour la paix mondiale comme l’affirme la population de très nombreux pays à travers le monde (9). À quand l’holocauste nucléaire par la faute des fanatiques de Tel-Aviv ?  Qui arrêtera ce canon fou, qui jettera ce canon désarrimé par-dessus bord ? (10)

Robert Bibeau 

SAMIDOUN

17.06.2010

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


1-5 Robert Bibeau : Pourquoi crier « au loup » avec l’État major israélien ?

On fait grand cas depuis quelques jours du fait qu’une escadre américaine a traversée le canal de Suez en direction de la Mer Rouge.

Le porte avion Truman et une douzaine de navires d’escortes, dont un lanceur de missiles israéliens, se dirigent vers le Golfe Persique selon le journal Haaretz lui-même alimentée de première main par l’État major israélien (1).

Pendant ce temps, des officiers de l’armée israélienne, encore eux, informaient le Sunday Times de Londres de l’accord de l’Arabie saoudite pour un usage offensif de son espace aérien en prévision d’une attaque israélienne imminente contre les centres de recherche nucléaires iraniens. Devant le démenti formel et précipité de l’Arabie saoudite, les colporteurs de rumeurs se sont fait soufflé une voie alternative soit la Jordanie, l’Irak puis le Kuweit sous occupation américaine (2) serait le nouveau couloir d’attaque imminente contre l’Iran. Des bombes de fort tonnage, anti-bunkers Blu-117, seraient acheminées vers la base américaine de Diego Garcia et vers les dépôts de sécurité américains en Israël.

Les avions américains B-2, capables de percée les défenses anti-aériennes iraniennes, seraient prêts à décoller pour attaquer l’Iran, sans compter qu’un sous-marin nucléaire Dolphin, fournis par l’Allemagne à Israël, mouillerait dans le Golfe Persique.  

Comme si ce scénario d’apocalypse ne suffisait pas, le journal Il manifesto colporte une autre information très précise, émanant elle aussi de l’État major israélien; des troupes aéroportées et des marines feraient parties de l’escadre qui a traversée le canal de Suez. Le mystérieux officier d’État major israélien a toutefois refusé de dévoiler la date et l’heure précise de l’attaque contre le centre nucléaire iranien de Bushehr. On s’étonne d’un tel manque de courtoisie de la part d’un officier aussi prolixe. (3)  

Pour Michel Chossudovsky la dernière résolution du conseil de Sécurité de L’ONU autorisant des sanctions aggravées contre l’Iran ne serait rien de moins qu’un « Feu vert » de l’ONU à une attaque préventive américano-israélienne contre l'Iran. Monsieur Chossudovsky de conclure que « La  résolution du Conseil de sécurité transforme l'Iran en proie facile » (4). 

Aucune résolution de l’ONU ne peut transformer l’Iran en proie facile pour l’impérialisme américain.  Les États-Unis l’ont déjà prouvé lors de l’invasion de l’Irak, ils se passent très bien des résolutions de l’ONU quand ils décident d’agresser et d’envahir un État libre et indépendant. Les États-Unis n’ont absolument pas besoin des avions F-16 qu’ils ont fourni aux israéliens, non plus que du navire porte missiles ou encore moins du sous-marin nucléaire israélien de seconde main pour effectuer cette agression contre les centres de recherche nucléaires iraniens. Lors de l’attaque contre l’Afghanistan, de même lors de l’invasion de l’Irak, officiellement, les troupes israéliennes avaient été tenues à l’écart du théâtre des opérations. Si des avions B-2 sont basées à Diego Garcia elles peuvent effectuer le travail de destruction, il est inutile d’y impliquer les avions américains pilotés par des israéliens et il est totalement ridicule d’amener un porte avion américain dans le Golfe Persique pour en faire la proie de la contre-offensive iranienne et pour éventuellement le bloqué avec toute son escadre dans cette petite mer intérieure en cas de fermeture de l’étroit Détroit d’Ormuz.  

Enfin, Les États-Unis en sont-ils réduits à envisager l’utilisation de l'arme atomique contre l’Iran ?  Non, pas encore assurément. Dernier argument, après  la déconfiture irakienne dont les américains ne sont toujours pas sortis, mais dont ils espèrent se sortir prochainement grâce à la collaboration de l’Iran Chiite et de son appel au calme en direction des résistants Chiites irakiens, il est absolument exclu que les États-Unis envisagent un débarquement et une invasion terrestre de l’Iran. Soyons sérieux, un million de soldats irakiens ont été tenu en échec par l’Iran Khoméniste. Combien de soldats américains seraient requis pour l’occupation du territoire iranien ?    

Sans compter que les troupes de L’OTAN s’embourbent de plus en plus en Afghanistan où elles sont mises en échec par la résistance afghane qui ne bénéficie pas du tout du soutien iranien,  mais seulement du soutien de leurs frères d’armes du Pakistan où les attaques aériennes américaines font de nombreuses victimes civiles mais ne marquent  aucun progrès militaires. Imaginez quelques instants l’avenir des troupes de l’OTAN dans cette partie du monde si l’IRAN soutenait la résistance afghane, la résistance pakistanaise, et si elle lançait la résistance Chiite irakienne contre les collaborateurs kurdes et contre les collaborateurs irakiens !  Après tous ces désastres militaires américains, qui croira sérieusement que les États-Unis s’apprêtent à ouvrir un nouveau front militaire contre l’Iran ? 

La Résolution 1929 de l’ONU 

Que dit la Résolution 1929 présentant une nouvelle volée de sanctions adoptée par le Conseil de sécurité le l’ONU le 9 juin dernier ?  « Le Conseil de sécurité a voté l'imposition d'une quatrième série de très larges sanctions contre de la République islamique d'Iran, qui comprennent un embargo sur les armes ainsi que des « contrôles financiers plus sévères ». Le président iranien Ahmadinejad a quand à lui qualifié la résolution du Conseil de papier souillé sans valeur (5).  Contrairement à M. Chossudovsky  nous ne croyons pas que cette résolution  fournisse « un feu vert à l'alliance militaire États-Unis-OTAN-Israël pour menacer l'Iran d'une attaque nucléaire préemptive punitive, appuyée du sceau du Conseil de sécurité de l’ONU. » (6).

C’est d’ailleurs la raison qui explique que les alliés de l’Iran,  la Russie et la Chine, ont préféré voter en faveur de cette résolution injuste, inique mais en pratique inoffensive et que ces deux puissances n’ont pas l’intention de respecter comme le subodore monsieur Chossudovsky : « Si elle était pleinement appliquée, non seulement la résolution invaliderait les accords bilatéraux de coopération militaire avec l'Iran, mais elle créerait une brèche dans l'Organisation de coopération de Shanghai (l’OCS). » (7). Bonnes conclusions monsieur Chossudovsky. 

Il est dangereux pour les démocrates du monde et pour les peuples épris de paix et de justice de spéculer sur les alliances impérialistes et de proposer d’appuyer une alliance agressive (l’OCS) contre une autre alliance agressive (L’OTAN)  comme le suggère l’auteur de l’analyse :   « La Fédération de Russie et la République populaire de Chine ont cédé aux pressions américaines et elles ont voté en faveur d'une résolution, qui n'est pas seulement préjudiciable à la sécurité de l'Iran, mais qui affaiblit sérieusement et sape leur rôle stratégique en tant que potentielles puissances mondiales rivales sur l’échiquier géopolitique eurasien. ». (8) Qu’est-ce que les peuples du monde ont a gagné du renforcement des puissances mondiales rivales russe et chinoise ? La guerre inter puissances rivales ?

Pour preuve que personne ne compte respecter cette nouvelle volée de sanctions adoptée par le Conseil de sécurité,  quelques jours après l’adoption de la Résolution 1929 le Pakistan signait un accord d’approvisionnement en gaz avec l’Iran et ouvrait la porte à l’approvisionnement chinois par oléoduc évitant le Détroit d’Ormuz tant menacé. Ce dernier point est de nature à indisposer fortement les américains (9) qui perdent ainsi un puissant moyen de pression sur l’économie chinoise. Nous l’avons déjà écris, les américains ne font pas la guerre dans cette partie du monde pour construire des pipelines et assurés l’approvisionnement en hydrocarbure mais pour entraver la construction de pipelines et l’approvisionnement de leurs concurrents commerciaux en pétrole et en gaz peu dispendieux (10). 

Les américains souhaitent-ils à ce moment-ci de l’histoire perturber l’approvisionnement en pétrole et en gaz de leurs alliés européen et japonais ainsi que de leurs concurrents et fournisseurs indien et chinois ?  Nous ne le croyons pas. Une hausse drastique du prix des énergies fossiles entraînerait l’économie américaine et mondiale dans une crise indescriptible alors qu'elle ne s'est pas encore remise de la crise spéculative contre l'euro (11). 

 

Qui est menacé par le porte avion américain et ses complices israéliens ?

Il est vrai que le loup américain rode dans cette contrée et il prépare une agression à grande échelle mais ce n’est pas à l’Iran qu’il va s’en prendre cette fois-ci. Les peuples du nord du Pakistan et du sud de l’Afghanistan courent d’immenses dangers et l’on peut s’attendre à des bombardements massifs et à des massacres de masses dans ces deux régions. Ceux qui souhaitent comprendre les motifs de ce branle bas de combat au Proche-Orient doivent regarder du côté de l’éviction du général en chef des troupes d’occupation américaine en Afghanistan, le général McChrystal, « démissionné » pour avoir refusé de mener une nouvelle offensive meurtrière dans la province de Kandahar (12).  Il ne faut pas crier «  au loup » dès qu’un porte avion américain se déplace – il se déplace constamment – mais il est requis de bien analyser la situation, sans se laisser berner par les officiers d’État-major israéliens, sans cette élémentaire prudence l’analyste  devient leur porte voix et leur « papagaio » *.

 

Il faut dès à présent dénoncer l’agression imminente des forces combinées de l’OTAN, d’Israël et des États-Unis contre la résistance et contre les peuples du nord du Pakistan et du sud de l’Afghanistan.

Robert Bibeau

Jeudi 24 juin 2010 

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/06/26/BIBEAU-CONTRE-CHOSSUDOVSKY

 


1-6 Le G-8, un anti-iranisme patent.   

Peu de choses, sans doute, sont aussi insupportables, aussi peu réjouissantes, que le spectacle de ces "grosses têtes" du G8 s'adonnant, avec une si désastreuse gaucherie, à l'exercice de ce qu'elles appellent la "gouvernance mondiale".
Alors que l'on attendait des dirigeants des huit pays les plus industrialisés du monde de se pencher au chevet d'une économie mondiale, toujours, en crise, d'y trouver des remèdes efficaces, plutôt que de simples placebos, de faire de leur sommet un tournant, dans la lutte contre la pauvreté, la famine, la guerre, la dette du tiers-monde, ces derniers se sont comportés en touristes perdus, errant dans la campagne canadienne. Pire encore, leur montagne a accouché d'une souris. Dans la déclaration finale de leur sommet, ces honorables chefs d'Etat et de gouvernement n'ont rien trouvé de mieux que de blâmer la RII, pour "le manque de transparence" qui entoure son programme nucléaire pacifique. Sans tenir compte, le moins du monde, de l'article 4 du TNP, qui autorise tous les signataires à avoir accès aux bienfaits civils de l'énergie fissile, ils ont jugé "hautement préoccupante", la poursuite de l'enrichissement de l'uranium par l'Iran. Mais ces grands chevaliers de la vertu et de la morale ont, aussi, fait un autre exploit, enfourcher, une nouvelle fois, le destrier blanc des Droits de l'Homme, pour partir en croisade contre une République islamique "violatrice des droits civiques de ses citoyens". Quelle belle panoplie!

Sauf que ces cris d'orfraies anti-nucléaires n'auront aucune chance de passer, pour la simple et bonne raison que ce même G-8 abrite, en son sein, quelques-unes de ces puissances nucléaires qui se moquent du monde et de ses lois, en rénovant, à un rythme régulier, leur gamme d'engins atomiques. Et puis, quoi penser de ce pseudo-élan humanisant, qui sied si mal aux membres du G-8, dont le soutien au régime pirate et criminel d'Israël ne répond à aucune logique, sinon à celle de leurs intérêts propres. Cela fait des années, en effet, que les Etats-Unis d'Amérique cherchent à semer la graine de l'iranophobie, à travers le monde, en collant à l'Iran l'étiquette pro-terroriste, de violateur des Droits de l'Homme, de belliciste à tous crins. Mais ces accusations, pour retentissantes qu'elles soient, ne changeront rien à la réalité qui est la suivante : la RII reste ouverte au dialogue.

Mais, attention, le dialogue auquel elle aspire ne fait aucune place aux béni-oui-oui, aux magouilles latentes et patentes. Tout doit y relever de l'absolue égalité des devoirs, aussi bien que des droits.

27/06/2010

IRIB-

http://french.irib.ir/index.php/analyses/commentaires/item/97399-le-g-8-un-anti-iranisme-patent


1-7 L'embargo sur les produits pétroliers visant l'Iran est une "erreur".

Le PDG de Total Christophe de Margerie a estimé vendredi que l'embargo visant les produits pétroliers à destination de l'Iran était une "erreur", parce qu'il "touchait" les populations.
"Nous avons décidé de suspendre nos livraisons à l'Iran" en prévision des sanctions adoptées par l'Onu, les Etats-Unis et l'Union européenne, qui doivent être prochainement mises en place, a déclaré M. de Margerie, qui s'exprimait lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
"Mais je maintiens que c'est une erreur. Cet embargo touche les populations, on politise trop de choses aujourd'hui", a-t-il ajouté.
"Nous ne pensons pas qu'un embargo sur la livraison de produits pétroliers soit une bonne chose pour régler des différends de nature politique", a-t-il ensuite précisé à la presse.

"A la première occasion, on redémarrera" les livraisons, a-t-il conclu, jugeant que c'était "une grave erreur de mêler les choses civiles et politiques".
Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté le 9 juin une résolution renforçant les sanctions internationales contre l'Iran notamment pour son refus de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.
Les Etats-Unis et l'UE ont décidé d'aller au-delà en prenant des sanctions renforcées, ce qui a été critiqué par la Russie.
Les sanctions américaines ont été promulguées jeudi par le Obama après leur adoption par le Congrès. Les sanctions européennes doivent elles être finalisées le 26 juillet lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27.

Ce nouveau train de sanctions économiques vise notamment à perturber l'approvisionnement en essence de la République islamique qui importe une partie substantielle de son essence.
( Source : Romandie News)

03/07/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=144856&language=fr


1-8 Nucléaire : accord entre l’Iran, le Brésil et la Turquie.

Les présidents iranien et brésilien ainsi que le Premier ministre turc ont signé lundi matin un accord sur un projet d’échange de combustible nucléaire destiné à tenter de dénouer la crise entre l’Iran et les grandes puissances.

L’Iran, la Turquie et le Brésil ont adopté lundi une proposition commune d’échange sur le territoire turc de combustible nucléaire iranien contre de l’uranium enrichi à 20 % pour tenter de dénouer la crise née de la politique d’enrichissement d’uranium de Téhéran. L’accord, fruit d’une médiation du Brésil et de la Turquie, a été signé par les ministres des Affaires étrangères des trois pays en présence des présidents iranien Mahmoud Ahmadinejad et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, réunis pour un sommet à Téhéran.

Le projet a été élaboré à l’issue de 18 heures de négociations selon Ankara. Il prévoit notamment l’envoi en Turquie par l’Iran de 1.200 kilos de son uranium faiblement enrichi (3,5 %), pour y être échangé dans le délai maximum d’un an contre 120 kilos de combustible hautement enrichi (20 %) nécessaire au réacteur de recherche nucléaire de Téhéran, a indiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast. La proposition des trois pays sera communiquée dans un délai d’une semaine à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a ajouté M. Mehmanparast. « Le lieu du stockage de l’uranium iranien sera la Turquie sous la supervision de l’Iran et de l’AIEA », a-t-il précisé.

Si les grandes puissances acceptent cette proposition, « l’Iran enverra dans un délai d’un mois 1.200 kg de son uranium faiblement enrichi en Turquie », a-t-il ajouté. Cette proposition vise à tenter de dénouer la crise provoquée entre l’Iran et les grandes puissances par le programme nucléaire iranien, et plus particulièrement l’enrichissement d’uranium par Téhéran.

Aussitôt après l’annonce de l’accord, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a indiqué que des sanctions contre l’Iran n’étaient désormais plus nécessaires. « Cet accord doit être considéré comme positif. Aujourd’hui, il n’y a plus besoin de sanctions » contre l’Iran, a-t-il déclaré. La communauté internationale redoute que l’Iran, malgré ses démentis, ne cherche à se doter de l’arme nucléaire, et a menacé la République islamique de nouvelles sanctions si elle poursuivait sa politique d’enrichissement, qui s’est accélérée au cours des derniers mois. Afin de créer « un climat de confiance », les Etats-Unis, la Russie et la France avaient proposé en octobre à Téhéran, sous l’égide de l’AIEA, de livrer 1.200 kilos de son uranium faiblement enrichi pour qu’il soit enrichi à 20 % en Russie puis transformé en France en combustible dont l’Iran a besoin. Cette quantité correspondait à l’époque à 70 % du stock iranien d’uranium enrichi, que l’Iran a considérablement accru depuis, selon l’AIEA. L’Iran, invoquant lui aussi un problème de confiance, avait rejeté cette proposition. Il avait suggéré en retour un échange simultané de combustible en petites quantités sur le territoire iranien, mais cette offre avait été rejetée

par les grandes puissances.

Téhéran a ensuite lancé en février la production d’uranium enrichi à 20 %, accélérant la mobilisation des Occidentaux et de la Russie pour faire adopter de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité de l’ONU. La Turquie et le Brésil, tous deux membres non permanents du Conseil de sécurité et opposés à des sanctions, ont alors entamé une médiation qui a abouti à la visite à Téhéran du président Lula puis de M. Erdogan.

La visite de M. Lula à Téhéran avait été officiellement encouragée par les Etats-Unis, la Russie et la France, qui l’avaient qualifiée de « dernière chance » pour éviter des sanctions, mais les chances de succès de cette médiation avaient toutefois été jugées faibles par Washington et Moscou. Premier pays à réagir, Israël a accusé l’Iran d’avoir « manipulé » la Turquie et le Brésil en « faisant semblant d’accepter » un arrangement sur un échange.

(afp)

En fait l’accord obtenu par la Turquie et le Brésil est exactement identique à celui proposé antérieurement par La Chine, les USA, la Russie, La France, L’Angleterre et l’AEIA. La seule chose qui change c’est que plutôt que de confier l’uranium faiblement enrichi à la France ou la Russie, l’Iran qui n’ayant pas confiance dans le respect par ces pays de l’accord, il le confiera temporairement à la Turquie le temps que l’Uranium enrichi à 30% lui soit remis. Une foi cet uranium réceptionné la Turquie remettra l’uranium faiblement enrichi à la France.

L’Iran à besoin d’uranium enrichi à 30% pour la production d’isotopes médicaux et de recherche ainsi qu’au combustible des centrales électriques

La Turquie n’est en fait qu’une boite aux lettre. C’est strictement la seule différence d’avec l’accord refusé par l’Iran. C’est bien en France que le minerai enrichi à 30% sera produit.

L’Iran qui a la capacité d’enrichir le minerai d’uranium à 20% se réserve le droit de continuer à le produire et de passer par la même procédure pour obtenir un enrichissement à 30%.

Notez que l’Iran possède des gisements d’uranium, l’Iran à signé les accords de non prolifération de l’armement nucléaire et a toujours accepter les visites de l’AIEA et a toujours collaboré avec les inspecteurs.

Pour produire des armes nucléaires il faut enrichir le minerai à 90%.

L’Iran n’a jamais eu cesse de nier l’intention lui attribuée de produire des armes nucléaires.

Aucun document rendu public ne permet de confirmer que l’Iran a la capacité d’enrichir le minerai à plus de 20%. Ils ne permettent pas non plus de soupçonner l’Iran de mentir quand il dit ne pas vouloir produire des armes nucléaires.

C’est un droit international pour tous les pays ayant signé le traité de non prolifération des armes nucléaires d’avoir accès à l’usage civil de l’énergie atomique.

Israël n’a pas signé le traité de non prolifération nucléaire ( et donc ne subi aucun contrôle) pourtant il utilise l’énergie atomique à des fins civiles et possède de nombreuses ogives nucléaires placées sur des missiles armés et prêts à être lancés. Israël est le seul pays avec les USA à avoir utilisé (récemment) des bombes sales, c'est-à-dire dispersant dans l’environnement des matériaux nucléaires faiblement enrichis. Israël n’a jamais été condamné et encore moins soumis à des sanctions.

En fait les USA  ne peuvent souffrir du fait que l’Iran ne se soumette pas à son hégémonie et les empêche de prendre le contrôle des ressources minières iraniennes.

Ils ne peuvent non plus tolérer que la Turquie et le Brésil deviennent des puissances contre-hégémoniques.

Israël a le seing blanc des USA pour la totalité de ses actes illégaux, génocidaires et de crime de guerre car il garanti la présence hégémonique des USA au Proche Orient.

Les guerres d’Iraq et d’Afghanistan-Pakistan ne sont justifiées que par ce souci d’hégémonie et de contrôle des richesses locales. 

Le Soir,

 17 mai 2010

http://archives.lesoir.be/nucleaire-accord-entre-l-iran-le-bresil-et-la_t-20100517-00WYJ5.html?queryand=+Nucl%E9aire+%3A+accord+entre+Iran%2C+Br%E9sil+et+Turquie+pour+d%E9nouer+la+crise&firstHit=0&by=10&when=-1&begYear=1989&begMonth=01&begDay=01&endYear=2010&endMonth=06&endDay=24&sort=datedesc&rub=TOUT&pos=0&all=3&nav=1


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