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27/07/2010

n°543 - Dossier de Palestine - 27-07 – Suite - : Salah Hamouri : J'espère que vous lirez cette lettre.

n°543  - Dossier de Palestine - 27-07 – Suite - : Salah Hamouri : J'espère que vous lirez cette lettre.


       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                                        



Dossier de Palestine

      n°543                                                     27-07

                                                              C.De Broeder & M.Lemaire   



Vous retrouverez ce journal  

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 


Sommaire -suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 L’intervention israélienne racontée à Jens Littorin par Henning Mankell.

2-2 Brutalités policières sans précédent.

2-3 Salah Hamouri : J’espère que vous lirez cette lettre…

2-4 Mechaal: La résistance peut capturer d'autres soldats pour libérer les captifs palestiniens.

2-5 Le colon Haïm Pearlman: « le Shin Beth m'a incité à assassiner des Palestiniens ».

2-6 Jacob Cohen s'exprime à propos de l'espionnage juif.

2-7 Nicole Johnston : A l’intérieur de la « zone-tampon » d’Israël.

2-8 Walajeh2-8 Walajeh 2-8 Walajeh redoute d’être emmurée.

 



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 L’intervention israélienne racontée à Jens Littorin par Henning Mankell.

L’auteur de romans policiers suédois était à bord d’un des bateaux qui se rendaient à Gaza. Libéré par les Israéliens, il est rentré chez lui. Il rapporte la façon dont l’assaut a été mené par Tsahal et ne cache pas sa colère à l’égard de Tel-Aviv.

Henning Mankell a été l’un des premiers Suédois relâchés par les Israéliens. Le Dagens Nyheter l’a rencontré chez lui, dans le centre-ville de Göteborg. Il est installé sur le canapé de son bureau, vêtu de noir et portant les chaussettes bleues données par la compagnie aérienne. Tous ses effets personnels ont en effet disparu lorsque les soldats israéliens ont pris d’assaut le navire à bord duquel il se trouvait pour tenter de rallier Gaza. L’écrivain raconte qu’après avoir passé 72 heures sans fermer l’œil, il a enfin pu dormir tout son saoul et qu’il se porte bien en dépit des circonstances. En revanche, il nourrit une grande colère à l’égard des événements, du gouvernement et de l’armée israélienne. "Jamais Israël n’a été autant condamnée dans le monde. L’État hébreu s’est enfermé dans une impasse. Le monde aujourd’hui n’est plus celui qu’il était la semaine dernière", assure-t-il.

"Ce qui me travaille beaucoup, c’est la stupidité israélienne. S’ils avaient voulu nous stopper sans perdre la face, ils n’avaient qu’à détruire les hélices ou les gouvernails et remorquer les navires vers le large. Mais s’engager consciemment dans une confrontation violente et tuer des gens, cela me dépasse", ajoute-t-il. Puis il raconte ce qui s’est passé à bord. "J’étais de quart de minuit à trois heures. C’était calme. Je suis allé me coucher, mais je n’ai pas eu le temps de m’endormir car quelqu’un est venu me dire qu’il se passait quelque chose. Nous avons vu des hélicoptères qui larguaient des hommes et nous avons entendu des rafales. Il était alors 4h30. À 4h35, ils ont pris notre navire à l’abordage. Nous étions réunis sur la passerelle, et ils nous ont dit de descendre à l’intérieur du bateau. Il y en a peut-être quelques-uns qui ont pris un peu leur temps et ils se sont immédiatement fait tirer dessus avec des pistolets type Taser. Un autre a reçu une balle en caoutchouc", explique-t-il. "Au bout d’un moment, un soldat cagoulé est venu nous dire qu’ils avaient découvert des armes. Et ce parfait crétin est arrivé avec mon rasoir et un cutter qu’il avait trouvé dans la cuisine. Puis il a déclaré qu’il devait nous emmener avec lui, car nous étions des ’terroristes".

Lorsqu’on lui demande s’il a eu peur, Henning Mankell répond par la négative. "Je n’ai pas particulièrement peur pour ma personne. Je peux toujours m’appuyer sur l’expérience de la violence que j’ai rencontrée en Afrique. Néanmoins, il subsiste toujours la peur d’être maltraité, même si je savais qu’ils savaient qui j’étais. C’était clair", affirme-t-il. Dans l’attaque, le romancier a perdu, entre autres, son ordinateur, son téléphone portable, son portefeuille et ses cartes de crédit. Il n’hésite à traiter les militaires israéliens de voleurs.

La veille du départ, il avait travaillé sur le manuscrit de la quatrième partie de la série télévisée sur Ingmar Bergman qu’il est en train d’écrire. Sur la suite à donner à cette affaire, l’écrivain a son idée. "Naturellement, il faut envisager sérieusement de traîner Israël devant la Cour pénale Internationale, mais je crois qu’il est important de traiter une chose après l’autre", explique-t-il, et d’ajouter que : "Je vends beaucoup de livres en Israël et je vais voir si j’interdis la traduction de mes livres en hébreu. En même temps, je ne veux pas toucher les mauvaises personnes, donc il faut que j’y réfléchisse".

Jens Littorin

samedi 5 juin 2010

courrierinternational.com


2-2 Brutalités policières sans précédent.

Le  Parti communiste d’Israël nous adresse un communiqué dans lequel il dénonce les « Brutalités policières sans précédent face aux protestations dans   Jérusalem Est occupée »,

 Je voudrais en profiter pour souligner le deux poids deux mesures de la presse françaises sur « les prisonniers à Cuba », alors que des milliers de prisonniers politiques croupissent dans les prisons israéliennes, la couverture médiatique apportée par les mêmes aux dames en blanc, alors que les manifestations de paix de militants communistes israéliens sont totalement ignorées.

Israël serait « menacé » , et Cuba donc!  

La seule différence est que Cuba est étranglé par un blocus étasunien, alors que c’est Israël qui étrangle les Palestiniens et ne cesse de menacer ses voisins. mais allez savoir pourquoi on clabaude sur l’un et l’on tait les mauvais coups de l’autre.

Est-ce parce qu’Israêl fait partie, comme la France, de ces Etats-voyous  et impérialistes qui ont tous les droits pour le système de propagande…

Dix activistes israéliens, nous explique le communiqué,  ont été retenus et arrêtés pour interrogatoire sur le blocage de chaussées lors d’une protestation dans le Scheik Jarrah le  quartier de Jérusalem Est occupé hier, vendredi dans la soirée (le 9 juillet 2010).

 Traduction et commentaires par Danielle Bleitrach pour changement de société.

 Le quartier palestinien est le théâtre de manifestations hebdomadaires contre l’occupation des maisons des résidants locaux par des colons israéliens.

Les manifestations sont fréquemment suivies par des activistes de paix israéliens parmi eux beaucoup de militants du Hadash (le Front Démocratique pour l’Égalité et la Paix – le Parti communiste d’Israël). 
 Environ 300  activistes de la paix de gauche sont arrivés dans le quartier pour se rassembler contre l’évacuation de familles arabes en faveur des résidants juifs. Les protestataires ont essayé d’entrer dans  » Simeon le Juste » le composé,en s’appuyant sur un jugement qui leur avait donné la permission d’agir ainsi, mais ils ont été arrêté par des officiers de garde-frontière et la Police.

  Les activistes qui se sont heurtés à la police ont dit que les officiers ont utilisé des moyens violents contre eux malgré leur protestation non violente. L’auteur bien connu David Grossman et l’ancien Procureur Général Michael Ben-Yair participaient au rassemblement également. Grossman a été aussi bousculé par la police.

  « Nous avons voulu protester à l’intérieur du quartier avec les Palestiniens pendant les neuf mois derniers. Nous avons un jugement en notre faveur, » a dit un des protestataires, Shir Sternberg. « Nous avons exigé d’entrer d’ une façon non violente et la police nous a brutalisés. »

  Il y a environ six semaines, plusieurs centaines d’étudiants Universitaires hébreux et des conférenciers ont défilé du Mont Scopus le campus de Jérusalem au Scheik Jarrah en signe de protestation sur l’occupation par des colons des maisons des résidants locaux. La manifestation a regroupé desprofesseurs en vue comme Ze’ev Sternhell, Yaron Ezrahi, Ariel Hirschfeld et d’autres.

  Les protestataires portaient  des panneaux appelant à la fin des implantations à Jérusalem Est. « La Démocratie s’arrête au Scheik Jarrah, » disaient quelques panneaux, tandis que d’autres réclamaient « l’arrêt de la purification ethnique . »

Vous remarquerez le silence total des médias français sur ces actions de protestation en Israël, ce n’est pas un hasard: si on peut en effet encore expliquer que les flottilles qui tentent de forcer le blocus de Gaza sont des manifestations hostiles d’islamistes turcs ou maintenant libyens, bref inverser les rôles et brosser le tableau mensonger d’un israêl menacé par ses voisins, voir y compris par des terroristes palestiniens, il est plus difficile de gérer le fait que la « démocratie » israëlienne est un colonialisme, qui rend impossible tout état palestinien et que la vertueuse démocratie israélienne empêche la manifestation de ceux qui protestent pacifiquement contre l’injustice et dénoncent la fascisation du gouvernement.

On ne peut manquer d’être frappé par la différence de traitement non seulement entre les milliers de prisonniers politiques palestiniens qu’israël incarcère, la brutalité que ce pays exerce contre des manifestants de gauche, de la paix et le traitement médiatique réservé à Cuba.

Sans parler de la manière dont le gouvernement français abandonne un de ses ressortissants salah Hammouri dans les geôles israélienne, c’est tellement caricatural, tellement gros que l’habitude s’installe… Israël serait une démocratie et Cuba une dictature…

Le prisonnier cubain fut-il de droit commun ou un vulgaire espion dans un pays soumis au blocus est une valeur sûre pour nos valeureux démocrates des médias.

Mieux quand il n’y en a plus, il y en encore…

Je voudrais signer la conclusion d’un article de la revue argentine pagina  12, de santiago O’donnel traduit et publié par Courrier électronique.

« Je pensais à cela quand par hasard je suis tombé sur un petit encadré d’une page perdue de la revue Time, à propos de rien. L’encadré citait le rapport annuel 2010 d’Amnesty International. Il disait que trente pour cent des 153 pays inclus dans son rapport maintiennent des prisonniers d’opinion. C’est à dire, des prisonniers politiques. Plus choquant encore, il disait que quarante-deux pour cent des pays du G-20 (les plus importants) ont des prisonniers d’opinion. C’est bon : mal de plusieurs, consolation des sots. Mais pour quelque raison seulement les prisonniers cubains ont bonne presse.

En lisant le rapport AI, dans sa section consacrée à Cuba, apparaît une autre donnée intéressante, que les chroniques des journaux ont oubliée : selon Amnesty, en mai 2010 à Cuba avait « au moins 53 prisonniers d’opinion. » Le nombre coïncide exactement avec les libérations annoncées depuis ce temps-là, si la libération d’un dissident est prise en considération le mois passé pour raisons de santé.

À la différence d’autres organisations citées par les grands médias, qui n’hésitent pas de placer le chiffre des détenus politiques à Cuba au-dessus de 170, Amnesty, explique le rapport, révise soigneusement les casiers judiciaires des prisonniers avant de les déclarer des prisonniers d’opinion. En d’autres mots, si ne sont pas identifiés de nouveaux cas, Cuba devrait sortir de la liste d’Amnesty Internationale l’année prochaine, tandis qu’un groupe important de pays, y compris certains des plus puissants, y resteront.

Regardant depuis cette perspective, la décision du gouvernement cubain, plus qu’un signe de faiblesse, est un signe de force. Un signe d’ un gouvernement qui s’est occupé comme aucun autre des droits sociaux de son peuple, qui maintenant se permet aussi d’élever les droits de l’homme de ses citoyens à la norme internationale, en inaugurant une nouvelle étape, plus ouverte, plus confiante et plus tolérante, de la révolution.

Alors la réaction logique serait de célébrer l’initiative cubaine et de prier instamment d’autres pays violeurs de suivre son chemin. Mais il est difficile d’imaginer la même agitation qui s’est mobilisée sur Cuba pour que l’Indonésie, la Chine ou l’Israël libèrent leurs prisonniers politiques. Ou de lancer un blocus international des États-Unis jusqu’à ce qu’Obama honore sa promesse de fermer la prison du Guantanamo et de porter devant la Justice les assassins, les tortionnaires et les pirates de l’air surgis de leur politique de « guerre contre le terrorisme ». Mais non, le focus médiatique n’est pas fait sur les prisonniers politiques, mais sur les péchés de Cuba.

Il serait bête de refuser que dans la révolution, entre tout le bon, plusieurs choses, beaucoup, peu, certaines, grandes, petites, ont été mal faites. Ou ont été ratées, ou n’ont jamais aboutis, ou ont échoué. Mais les Castro n’ont pas besoin d’être prodigues pour chercher des arguments pour accuser d’hypocrites le chœur médiatique qui répète toujours la même chanson. »

Il n’y a rien à ajouter…

Publié 12 juillet

Traduction de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi.

http://socio13.wordpress.com/2010/07/12/deux-poids-deux-mesures-mediatiques-israel-et-cuba/#more-24433


2-3 Salah Hamouri : J’espère que vous lirez cette lettre…
Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.
Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.
Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.
Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.
Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.
Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?
Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que
la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant soixante deux ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.
Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de cinq ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.
Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.
Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.

Salah Hamouri
Prison de Guilboa
Le 14 juillet 2010

http://www.salah-hamouri.fr/node/207
http://www.fischer02003.over-blog.com/article-lettre-de-prison-54211056.html
http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/07/20/LETTRE-DE-PRISON


2-4 Mechaal: La résistance peut capturer d'autres soldats pour libérer les captifs palestiniens.

Khaled Mechaal, président du bureau politique du mouvement islamique du Hamas, a accordé une interview au journal As-Sabil, dans la capitale syrienne Damas.

Elle a été publiée le dimanche 4 juillet 2010.

Il a parlé de différents sujets concernant la scène palestinienne. Le département français a  traduit de grands extraits de la première partie concernant le blocus qui est en train de rendre l’âme.

Les jours sont comptés

As-Sabil : Pensez-vous que les jours du blocus imposé sur la bande de Gaza sont comptés ? Quel regard portez-vous sur la scène palestinienne quant au blocus ?

Khaled Mechaal : Oui, sans aucun doute, le blocus vit ses derniers jours, même si certains essaient de le prolonger ou de le réviser, à l’instar des discussions pour l’alléger.

Notons que le blocus est en soi un crime qui ne doit pas continuer. Et concrètement, il a échoué à réaliser ses objectifs politiques.

Le blocus n’était qu’un moyen de pression sur le Hamas et notre peuple de la bande de Gaza. Tout le monde sait maintenant qu’il a échoué et que le Hamas résiste toujours et refuse de se mettre à genoux.

Le blocus fait beaucoup de mal à notre peuple de Gaza et au mouvement du Hamas. Il devient aussi un fardeau pour ceux qui l’imposent, eux-mêmes. Il n’est pas impossible que la flottille internationale « La liberté » soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase et casse totalement cet injuste siège. Ils sont dans le tort, ceux qui croient que les effets de la flottille se défrichent et prennent fin et que tout reviendra comme avant. Les convois reprendront par la mer et sans la mer. Les efforts internationaux, islamiques, arabes et palestiniens continueront pour rompre le blocus. En effet, le blocus est déjà fini, politiquement. Il reste à le briser sur le terrain.

Les positions arabes et palestiniennes

As-Sabil : La chance est grande pour l’arrêt du blocus. Quelles sont les positions palestiniennes, arabes et internationales quant à l’arrêt de ce blocus ? Sont-elles satisfaisantes ?

Khaled Mechaal : Malheureusement, la position de l’autorité palestinienne n’est pas bien sérieuse. Tout au contraire, elle essaie d’absorber la colère qui a suivi le massacre sioniste pratiqué contre la flottille internationale « La liberté ».

Quelques-uns n’ont pas l’intention de lever le blocus. Ils le considèrent comme un moyen de pression. C’est pour cette raison qu’ils donnent la priorité à la réconciliation, une tentative pour détourner l’attention de la priorité absolue : lever le blocus. Lier la rupture du siège à la réconciliation est un jeu que nous refusons. La rupture est un objectif en soi et la réconciliation en est un autre. Elles vont ensemble sans qu’elles ne soient liées.

La Ligue Arabe

As-Sabil : La Ligue Arabe est longuement restée silencieuse quant au blocus, bien qu’il existe plusieurs décisions arabes incitant à le briser. Et récemment, le secrétaire général de la Ligue a visité la bande de Gaza. Qu’a donné cette visite ?

Khaled Mechaal : C’est vrai que la visite a été un peu tardive, mais nous remercions Amro Moussa. La question n’est pas là. Le problème, c’est que des pays étrangers aident "Israël" à utiliser le blocus pour punir le Hamas, ou du moins le mettre à genoux. Ils travaillent avec des partis palestiniens et arabes afin que le Hamas ne sorte pas victorieux ; ils veulent qu’il paye un prix politique contre la levée du blocus.

Cette conspiration fait prolonger la durée du blocus jusqu’à maintenant. Mais aussi forte que soit cette conspiration, elle ne pourra aller contre la volonté du peuple palestinien. Et maintenant, de partout dans le monde, de l’est comme de l’ouest, sur tous les niveaux, de toutes les nationalités, de toutes les religions, des gens viennent à la rescousse du peuple palestinien. La flottille internationale « La liberté » en est le meilleur exemple. Les convois et les efforts à venir diront encore plus clairement que le blocus prendra obligatoirement fin…

La position turque

As-Sabil : La position officielle turque est bien claire quant à la volonté de briser le blocus et d’ouvrir une route maritime vers la bande de Gaza. Y a-t-il d’autres efforts autres que les turques, déclarés ou non, destinés à lever le blocus ?

Khaled Mechaal : Les Turcs ont un rôle des plus importants dans le domaine. Et ils en payent le prix : des martyrs. L’Etat et le peuple turcs sont visés par les Israéliens, à cause de la position claire de la direction turque dont en particulier les déclarations d’Erdogan qui avait dit : « Si le monde entier tourne le dos à Gaza, moi, je ne le ferai pas ».

Et actuellement, briser le blocus devient une condition pour traiter les conséquences du crime israélien pratiqué contre la flottille internationale « La liberté ». C’est une position inoubliable par le peuple palestinien qui montre sa gratitude. Ce sont des signes montrant que la Turquie reprend son rôle régional, arabe et islamique.

Bien évidemment, il y a d’autres efforts dans le sujet. Nous avons plusieurs contacts avec plusieurs pays arabes, islamiques et européens. Nous essayons de les traduire en des mesures concrètes pour briser le blocus, dont tout d’abord ouvrir une ligne maritime avec Gaza, le blocus ayant plusieurs visages.

Ouvrir une ligne maritime entre Gaza et le monde sera, à mon avis, un bon prologue à une rupture totale du blocus ; les autres aspects perdront leurs raisons d’être. C’est pour cette raison qu’il faut que la pression sur l’Entité sioniste continue afin que le blocus prenne fin. Il ne faut se contenter d’une ouverture provisoire du point de passage de Rafah. Il faut une ligne maritime entre Gaza et le monde. C’est un droit naturel du peuple palestinien. Que les efforts turcs, arabes, islamiques et européens réussissent à trouver une solution adéquate pour ouvrir cette route maritime avec Gaza.

Le blocus, un fardeau

As-Sabil : Selon vos propos, le blocus a échoué, il est désormais un fardeau pour les Israéliens. Pourquoi alors continuent-ils à l’imposer, s’ils n’en tirent pas vraiment quelque chose ?

Khaled Mechaal : La position israélienne porte trois dimensions. La première, c’est que le blocus reflète l’agressivité israélienne à l’encontre du peuple palestinien…

La deuxième dimension, c’est que les occupants israéliens relient le blocus à l’affaire de Shalit. Ils le mènent comme étant une sanction contre le peuple de Gaza et contre le mouvement du Hamas pour l’enlèvement de Shalit.

La troisième dimension : quelques-uns dans la région veulent que le blocus continue, malheureusement. Et cela séduit évidemment "Israël"…

La communauté internationale

As-Sabil : Netanyahu  a appelé, il y a quelques jours de cela, la communauté internationale à intervenir pour aider à relâcher Shalit. Cela ne reflète-t-il pas une faiblesse de la part de la direction israélienne ?

Khaled Mechaal : Je crois qu’il faut regarder la position de Netanyahu de plusieurs angles. Premièrement, il fait ces agissements pour absorber la pression de la rue israélienne pratiquée contre le gouvernement israélien pour sa position envers l’affaire de Shalit. En effet, la rue israélienne sait bien que c’est Netanyahu et son petit cabinet qui mettent des bâtons dans les roues de la transaction d’échange de prisonniers.

Deuxièmement, le gouvernement de Netanyahu fait tout pour dévier l’opinion publique internationale de son crime pratiqué contre la flottille internationale « La liberté ». L’image d’"Israël" s’est beaucoup ternie, une image déjà bien entamée par la guerre agressive israélienne menée contre Gaza. En fait, dans cette flottille, plus de trente pays ont participé. Les Israéliens craignent que la légitimité d’"Israël" soit mise en cause. Ils veulent alors à tout prix embellir son image dans le monde.

"Israël" veut porter à la communauté internationale la responsabilité de l’échec de la libération de Shalit, afin qu’elle paraisse comme l’innocente victime, elle qui était l’assassin sur la flottille internationale « La liberté ». Toutefois, ces tentatives ne pourront rien faire contre les réalités du terrain.

Troisièmement, "Israël" essaie de fabriquer une pression internationale sur le Hamas afin qu’il baisse la barre de ses exigences et qu’il accepte ce qu’"Israël" offre. On n’a pas besoin de faire une enquête poussée pour se rendre compte de l’incapacité israélienne.

La rue israélienne ressent l’incapacité de son gouvernement. Elle l’appelle alors à payer le prix nécessaire pour relâcher Shalit, étant donné que le gouvernement est aussi incapable sur tous les niveaux, sécuritaire, militaire et même diplomatique.

Du nouveau ?

As-Sabil : Dans le dossier de Shalitt, y a-t-il du nouveau ? Y a-t-il de nouveaux intercesseurs ?

Khaled Mechaal : Aucun développement remarquable. Cependant, il y a quelques tentatives de la part du médiateur allemand. Il essaie de pousser le Hamas vers ses anciennes offres. Des tentatives catégoriquement refusées. Les négociations indirectes ne reprendront qu’à partir de l’avant-dernière séance, avant que Netanyahu n’ait changé d’avis.

Influences !

As-Sabil : On parle d’ingérence arabe conseillant à Netanyahu de ne pas aller vite en besogne, pour ne pas donner la chance au Hamas de se procurer une quelconque victoire. Qu’en dites vous ?

Khaled Mechaal : Oui ! L’administration américaine a déjà pratiqué ses pressions, et probablement pas elle seule. Elle a peur que tout cela (un échange réussi de prisonniers) ne soit un point positif pour le mouvement du Hamas, et négatif pour le président de l’autorité Mahmoud Abbas. Sa priorité actuelle est d’assurer un climat propice à la reprise des négociations (entre l’autorité de Ramallah et les occupants israéliens). Ils ne veulent pas que l’échange les perturbe.

En quelques mots, nous sommes prêts à reprendre les négociations indirectes quant à l’échange de prisonniers. Nous restons cependant sur notre position et refusons la dernière offre israélienne.

Le médiateur allemand

As-Sabil : Le médiateur allemand aurait-il quitté son attitude neutre, en pratiquant quelques pressions sur vous ?

Khaled Mechaal : Possible ! Mais nous devons savoir qu’un médiateur n’a en tête que le fait de réussir son travail. Quand il se trouve dans une circonstance lui permettant de pratiquer des pressions, il fait tout pour réussir sa mission. Le médiateur allemand sait bien que c’est Netanyahu qui avait mis en échec son travail. Toutefois, il ne veut prendre une position, en laissant la porte ouverte à la reprise des négociations. Pour cette raison, on n’entend pas de déclarations définitives…

Le plafond d’exigences

As-Sabil : Vous avez dit il y a quelques jours que le Hamas mettrait haut la barre de ses exigences et que l’affaire ne concerne pas seulement Shalit… ?

Khaled Mechaal : En bref, notre but clair et précis est de libérer nos captives et captifs. Si un soldat détenu par la résistance palestinienne ne suffit pas, il sera bien naturel que la résistance mette la main sur d’autres soldats pour libérer les captifs palestiniens, jusqu’à ce qu’"Israël" se rende compte qu’elle n’a d’autre choix que de relâcher nos captifs. Les captifs et les martyrs constituent une tranche importante de notre peuple. Il est de notre devoir de défendre notre peuple. Défendre les captifs est un devoir aussi bien religieux que national. Pour nous, les captifs sont les meilleurs de notre peuple. Nous ne les oublions jamais.

Khaled Mechaal, président du bureau politique du mouvement islamique du Hamas,
12 juillet 2010

Le Centre Palestinien d'Information


2-5 Le colon Haïm Pearlman: « le Shin Beth m'a incité à assassiner des Palestiniens ».

Un extrémiste de droite israélien, ayant poignardé à mort des Palestiniens, a accusé le service de sécurité intérieure (Shin Beth) de l'avoir incité à assassiner le chef islamique du mouvement islamique en territoire occupé, cheikh Raëd Salah.
Les médias israéliens ont diffusé vendredi des enregistrements effectués secrètement par le meurtrier, avant son arrestation cette semaine, au cours desquels on entend un certain "Dédé", qui allait s'avérer un agent du Shin Beth, lui proposer d'assassiner cheikh Raëd Salah et de commettre des attentats anti-palestiniens.
Le Shin Beth, selon ces sources, n'a pas démenti l'authenticité de ces conversations, prétendant que l'objectif était uniquement de gagner la confiance de ce meurtrier, pour obtenir des aveux.
Un tribunal a ordonné jeudi de prolonger d'une semaine la garde à vue de l'accusé, Haïm Pearlman, 29 ans.
 Cet ancien colon est soupçonné d'avoir poignardé à mort quatre passants Palestiniens à Jérusalem occupée et d'avoir tenté d'en tuer sept autres lors d'attaques au couteau perpétrées il y a plus d'une décennie.
 Pearlman a été membre du groupe raciste anti-arabe Kach, qui continue d'opérer sous d'autres sigles, en "Israël".
 Ce mouvement préconise l'expulsion de tous les Arabes vivant en "Eretz Israël", le soi-disant "Grand Israël" c'est-à-dire du Nil (Egypte) à l'Euphrate (Irak).

16/07/2010

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=146504&language=fr


2-6 Jacob Cohen s'exprime à propos de l'espionnage juif.

Question : "Pourquoi ce titre : Le printemps des Sayanim ?"

Jacob Cohen :

 "J’ai voulu que le terme « sayanim » apparaisse d’emblée et interpelle le lecteur. On se pose la question, et la définition se trouve juste dans les premières lignes de la 4e. La problématique est installée, sans faux-fuyants, et sans réserve. Idéalement, j’aimerais que ce terme entre dans le vocabulaire courant, dans les analyses, et dans les commentaires."

-"Voulez-vous nous la rappeler ?"

 "Les sayanim -informateurs en hébreu- sont des juifs de la diaspora qui, par « patriotisme », acceptent de collaborer ponctuellement avec le Mossad, ou autres institutions sionistes, leur apportant l’aide nécessaire dans le domaine de leur compétence."

-"Comment avez-vous eu l’idée d’écrire sur les sayanim ?"

 "C’est la conjugaison de plusieurs éléments. La lecture de tout livre sérieux sur le Mossad montre l’importance essentielle de ces citoyens juifs qui décident de travailler pour les services secrets israéliens. Imaginez des dizaines de milliers d’agents, occupant des fonctions dans toutes les couches sociales, et qui obéissent au doigt et à l’œil au Mossad. Il est à noter que les auteurs anglo-saxons sont beaucoup plus prolifiques sur ce sujet.

Je suis d’assez près l’actualité proche-orientale, et je consulte les médias des deux bords. Et je suis sidéré, presque fasciné, par la puissance médiatique du lobby pro-israélien. Et comment il arrive à faire rentrer dans les esprits, jusqu’à devenir des banalités admises, des concepts comme « la seule démocratie de la région », ou tellement aberrants, comme « assurer la sécurité d’Israël ». Le fait de savoir que des sayanim sont en grande partie le moteur de cette propagande permet une lecture plus lucide et plus pertinente de l’actualité."

-"Est-ce une réalité ?"

 "Je comprends le sens de la question. Je cite Gordon Thomas au début du livre. C’est un spécialiste reconnu des services secrets, en particulier du Mossad. Tellement reconnu qu’il a interviewé tous les chefs du Mossad depuis les années 1960, et tous ont admis, en s’en glorifiant, l’apport crucial des sayanim à travers le monde. Je cite également Victor Ostrovsky, l’un des rares agents du Mossad à avoir publié, après son départ de l’institution, un témoignage unique et inédit sur le service secret, ses méthodes, ses objectifs, ses ressources."

-"Quel est leur nombre ?"

 "En France ils seraient près de 3000. Victor Ostrovski, ex-agent du Mossad, estime leur nombre à 3000 rien qu’à Londres. On peut imaginer leur importance aux Etats-Unis. Mais le « réservoir » est infini. Si on associe le Bnai Brit (franc-maçonnerie juive internationale), la WIZO (organisation internationale des femmes sionistes), les organisations judéo-sionistes nationales, comme l’UPJF, l’UEJF, le CRIF... en France, et dans les autres pays, ainsi que les sympathisants, on arrive facilement au chiffre de un million de juifs prêts à travailler pour le Mossad. Evidemment ils ne sont pas tous recrutés à cette tâche. Car il faudrait des centaines d’agents pour les traiter. Le Mossad se contente d’en avoir dans tous les secteurs d’activité, avec un accent particulier sur les plus sensibles : les médias, les grands hôtels et les agences de voyage (pour surveiller les allées et venues des Arabes en général, des agents de renseignement, des hommes d’affaires, enfin de toute personne susceptible d’atteindre les intérêts israéliens), les secteurs économiques et commerciaux, en particulier les sociétés d’importation qui leur servent souvent de couverture."

-"Un cas concret, pour en comprendre le mécanisme ?"

 "Pour revenir à Victor Ostrovsky, lorsque la France a construit une centrale nucléaire en Irak, dans les années 1970, des scientifiques irakiens étaient venus à Saclay pour se perfectionner. Le Mossad était bien sûr intéressé à les connaître, pour pouvoir agir sur eux. N’importe quel autre service secret aurait eu besoin de moyens en hommes, de filature, d’argent pour corrompre, peut-être de tentatives d’effraction, et de temps, pour y arriver éventuellement. Le Mossad, et c’est sa supériorité, s’est tout simplement adressé à un informateur juif (sayan) qui travaillait à Saclay. Et a demandé que lui fussent fournis les dossiers complets originaux. Car il se méfiait des photocopies. La majorité des renseignements étant en arabe, c’est lui-même qui s’est acquitté de cette tâche. Quel autre service de renseignements peut bénéficier de telles complicités ? Après, ce fut un jeu d’enfant pour piéger l’un de ces scientifiques, remonter jusqu’à leur responsable, et l’assassiner lors de sa visite à Paris."

-"Ces agents juifs n’interviennent-ils que dans des cas d’espionnage ?"

 "Pas du tout. Les sayanim interviennent aussi et surtout dans les manipulations médiatiques. D’ailleurs le Mossad possède un département important, appelé le LAP, pour « guerre de propagande ». Il me revient un exemple historique. Rappelez-vous le film Exodus. Il a réécrit l’histoire de 1948 et imposé la vision sioniste pour au moins une génération. En 1961, c’est le premier ministre israélien en personne qui a accueilli l’équipe du film à l’aéroport. C’est dire l’importance qu’on lui accordait. Rappelons l’importance du Bnai Brit. 500000 membres dans le monde, probablement 400000 aux Etats-Unis, dont 6000 dans le secteur du cinéma. Comment imaginer qu’un film ou qu’une série défavorable à Israël puisse voir le jour ?"

-"Et plus récemment ?"

 "Le cas le plus flagrant est celui du soldat israélien enlevé par le Hamas. Le réseau des sayanim à travers le monde a fait en sorte que son nom soit tellement matraqué que personne ou presque n’ignore son nom. Par ailleurs, son père a été reçu à plusieurs reprises par tous les dirigeants occidentaux, par Sarkozy, Merkel, Blair, Berluscuni, Zapatero, Barroso, par le secrétaire général de l’ONU, par le parlement européen, par l’assemblée de l’UNESCO, enfin le gratin mondial. Comment est-ce possible sans l’intervention de sayanim bien placés dans les instances gouvernementales, économiques, culturelles, médiatiques ? Je rappelle qu’il s’agit d’un caporal d’une armée d’occupation. Quel autre prisonnier peut bénéficier d’une telle sollicitude internationale ? Et avoir son portrait géant sur l’édifice de la Mairie du 16e arrondissement de Paris ? Des hommes politiques français, dont Sarkozy et Kouchner, ont exigé sa libération pour raisons humanitaires. Sans dire un mot des milliers de prisonniers palestiniens."

-"Dans quel but ?"

 "Il s’agit de faire pénétrer dans l’opinion internationale qu’Israël a un « otage » (un seul !) aux mains du Hamas. Cela fait oublier les 11000 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes. L’écrasante majorité d’entre eux sont des prisonniers politiques, c’est-à-dire condamnés pour leur lutte pacifique pour l’indépendance. Rappelons qu’Israël est le seul pays « démocratique » au monde qui applique la détention administrative : pouvoir emprisonner n’importe quel citoyen, même étranger, sans avocat, sans jugement, sans motif, sans limitation dans le temps. Et c’est sur cette base que les forces d’occupation ont kidnappé, juste après l’enlèvement du soldat, quarante-cinq personnalités politiques du Hamas, en majorité des élus du peuple. Sans qu’elles n’aient rien à leur reprocher. Cela s’appelle des « représailles collectives » condamnées par le droit international, et rappelle le comportement de l’occupant nazi en France. Ainsi, pendant que les médias nous matraquent avec le soldat « otage », on oublie le plus important, et le plus horrible.

Une expérience personnelle : Le 26 juin 2010, le journal du matin de TV5 avait encore fait un reportage sur le drame de ce soldat « otage ». J’ai écrit en rappelant que l’honnêteté journalistique aurait exigé de mentionner les prisonniers soumis à la détention administrative et le kidnapping des quarante-cinq élus du Hamas. Aucune réponse, aucun correctif."

-"Comment se fait-il qu’on ne parle pas beaucoup des sayanim ?"

 "Cela reste un mystère. Comment des journalistes aguerris ont-ils pu disserter sur Israël sans mettre sur le doigt sur cet aspect capital ? Je mets cela sur la puissance des sayanim qui ont réussi l’exploit de ne pas faire parler d’eux. Il ne faut pas oublier que la chape qui écrasait les médias pour diffuser la pensée unique favorable à Israël n’a commencé à se fissurer que depuis quelques années."

-"Pourquoi des citoyens juifs, français par exemple, deviennent-ils des sayanim ?"

 "Vous savez, l’idéologie sioniste, jusqu’en 1948, était loin d’être majoritaire dans les communautés juives. Je me souviens qu’au Maroc, dans les années 1950, les rabbins vilipendaient les sionistes. Et puis la création d’Israël, la propagande, la hantise d’un nouveau génocide, ont fait en sorte que les institutions juives ont basculé dans un appui inconditionnel à l’Etat juif. Aujourd’hui, en France, il n’est pas admissible d’exprimer la moindre réserve dans le cadre des institutions juives. La propagande est telle que les citoyens juifs qui vivent dans le cadre de ces institutions développent un second patriotisme et un nationalisme hors du commun. Au besoin, comme illustré dans le roman (l’épisode du cardiologue, dans mon livre), le Mossad fera appel au chantage patriotique pour amener un citoyen français à trahir son serment de médecin pour satisfaire les visées du Mossad."

-"Vous donnez une grande importance à la franc-maçonnerie, dans votre livre. Pourquoi ?"

 "La franc-maçonnerie me paraît une illustration parfaite du travail d’infiltration et de propagande mené par les sayanim. D’abord, pour montrer qu’aucun domaine ne leur échappe. Il n’y a pas de « petits profits ». Là où on peut pousser à la défense d’Israël, on le fait sans états d’âme. Par ailleurs, cela montre que les juifs sionistes ne reculent devant rien. Car peu de gens ignorent -même si on n’est pas familier avec la franc-maçonnerie- que celle-ci est d’abord laïque, ouverte à tous sans distinction de race, de religion, ou d’orientation politique. Et voilà que des franc-maçons juifs et sionistes créent, en 2002, une loge spécifiquement juive et sioniste pour défendre Israël. Je l’ai vécu personnellement, car j’ai été franc-maçon pendant près de dix-sept ans. Cela s’est passé en 2002, au plus fort de la seconde intifada. Cela n’était pas dit expressément, car c’est contraire à l’éthique maçonnique, mais dans les faits cela revenait au même. Ne devinant pas de quel bord j’étais, ces frères m’ont mis au parfum sans ambages. Et, à mon avis, c’était couvert par les instances supérieures. Tout ce qui se disait dans la loge était favorable à Israël (voir le 1er chapitre de mon livre et la conférence tendant à faire un parallèle entre les réfugiés palestiniens et les juifs partis des pays arabes, souvent à l’instigation du Mossad). Et chaque année, la loge organise un « voyage d’information » en Israël, encadré par des fonctionnaires du ministère israélien des Affaires étrangères.

Un de mes personnages principaux, Youssef El Kouhen, va subir les foudres des sayanim franc-maçons. Fils d’immigrés maghrébins, il pense faire un pas décisif dans son intégration républicaine en étant admis au sein du Grand Orient. Mais ayant découvert l’existence de cette loge « judéo-sioniste », il va tenter, avec d’autres frères arabes, de contrer leur propagande en créant une loge pro-palestinienne. Mais là il va se heurter à la puissance du lobby sioniste implanté au Grand Orient de France et subira une défaite cinglante. Ce lobby va agir au mépris de toutes les lois de l’Obédience."

-"En parcourant le livre, on s’aperçoit que certains personnages ressemblent étrangement à des personnes connues, surtout pour leurs sympathies sionistes."

 "Parmi les 3000 sayanim français, certains sont connus. Pas en tant que sayanim. Par définition, ce sont des agents secret. Mais étant donné leur soutien constant à Israël et leur participation active à des campagnes savamment orchestrées, il est probable qu’ils agissent dans ce cadre. J’ai voulu les montrer en action, par exemple pour recruter un nouvel agent, ou pour monter en épingle une rencontre sportive israélo-palestinienne à Paris, sans autre finalité que de donner l’illusion d’un processus de paix."

-"Et plus explicitement ?"

 "Il y a plusieurs années, un match de football a eu lieu, au Parc des Princes, à Paris, entre des jeunes israéliens et palestiniens. Ce qui avait donné lieu à un battage publicitaire démesuré.

J’ai repris cet événement en tentant d’imaginer les coulisses, les pressions, les manipulations, les interventions pour obtenir gratuitement le stade, pour le remplir avec des jeunes de banlieue en faisant intervenir le rectorat, en sollicitant des subventions de l’Union européenne et de la Mairie de Paris, en faisant pression sur les dirigeants musulmans « modérés », pour qu’ils apportent leur caution. Une opération de propagande rondement menée grâce aux sayanim, et leurs alliés, dont les plus indéfectibles : SOS Racisme et la Mairie de Paris."

-"On retrouve souvent SOS Racisme. Pourquoi ?"

 "Pour moi, cette organisation sert de courroie de transmission aux idéologies sionistes. Sa proximité incestueuse avec l’UEJF, un des piliers du soutien à Israël, en est une illustration. Jamais SOS Racisme n’a lancé, par exemple, une campagne contre l’occupation israélienne, alors qu’elle se démène contre le Soudan. En occupant le terrain, grâce à des subventions généreuses, SOS Racisme empêche l’émergence d’autres organisations anti-racistes plus proches des exigences de la majorité de ses membres. On entend d’ailleurs plusieurs voix, dont celle de Joey Star, réclamer une autre organisation anti-raciste, issue des quartiers, et les représentant légitimement.

Dans le roman, je développe un point de vue qui ne doit pas être loin de la réalité. C’est-à-dire la dépendance de SOS Racisme vis-à-vis de l’UEJF et de ses alliés. Lorsque ces derniers, par exemple, cherchent un successeur au président actuel, un Noir qui finit son mandat. Ils cherchent un beur présentable, qui a bien assimilé les rapports de force et les consignes. Celui qui est approché subira des « tests », pour montrer sa fidélité aux idéaux sionistes (qu’on appelle pudiquement des « positions modérées et pacifistes). En l’occurrence Moulay Elbali, doctorant d’origine banlieusarde, qui veut sortir de sa condition à n’importe quel prix. Un détail : Lorsqu’un président de l’UEJF quitte ses fonctions, il devient vice-président de SOS Racisme. Pour mieux les contrôler ?"

-"Tout un chapitre est consacré à la Mairie du 16e arrondissement de Paris. Pour quelle raison ?"

 "Cette Mairie est un des châteaux forts des sionistes. Le Bnai Brit (franc-maçonnerie juive internationale) s’y réunit régulièrement et y organise son salon du livre. Son maire est un ardent défenseur d’Israël. Dans sa croisade pour l’Etat juif, il n’hésite pas à utiliser les symboles coloniaux (défense de la civilisation judéo-chrétienne, avant-poste de la démocratie), à l’instar de l’ancien premier ministre espagnol qui a déclaré, récemment : « Il faut défendre Israël à tout prix, car s’il tombe, l’Europe aussi tombera ». D’ailleurs un portrait géant du soldat israélien enlevé par le Hamas orne la façade de la Mairie."

-"Il y a ce personnage, MST, qui traverse tout le roman, et qui ressemble furieusement à BHL..."

 "Je vous laisse la responsabilité de ce constat. Il est vrai qu’il y quelques ressemblances, mais en principe ce n’est pas lui. Ceci dit, il ne me déplait pas que certains fassent ce rapprochement.

Michel-Samuel Taïeb est effectivement un personnage central, correspondant à son rôle flamboyant, à ses nombreux réseaux, à son implication sans réserve en faveur d’Israël, à l’acharnement avec lequel il recrute d’autres sayanim. C’est lui qui va recruter le cardiologue, qui va intervenir à l’Elysée pour donner l’ordre aux rectorats de remplir le stade de jeunes beurs, qui va appeler un responsable d’émission à Canal Plus pour humilier en direct des militantes de SOS Palestine, qui va faire pression sur le recteur de la Mosquée de Paris pour soutenir ce prétendu « match pour la paix », etc. Le chef du Mossad à l’ambassade d’Israël à Paris dit de lui : « Il vaut plus que 100 sayanim »."

-"On a l’impression que vous vous êtes pas mal amusé avec les noms des sayanim."

 "Je n’ai pas pu m’en empêcher. Le fait de trouver ces noms, que d’aucuns pourraient rapprocher de personnages réels, me remplissait de joie (sarcastique) à chaque fois. Delanoix, Fauderch, Idler, MST, Goldnavet, Vil-Neuf, j’en passe et des meilleurs. Il est vrai que mes sympathies vont là où vous savez. Je n’avais aucune raison de les épargner."

-"Est-ce à dire que c’est un roman politique ?"

 "Si on entend par là qu’il prend position de façon claire et nette, tout en dénonçant les pratiques de chantages et de manipulations au profit d’une politique impérialiste, alors oui, c’est un roman politique. D’ailleurs il est dédié « à tous ceux qui se battent pour la justice en Palestine ». La forme romanesque n’est qu’une méthode pour y arriver. Bien qu’une grande partie du livre se base sur des faits réels, ou exprime une réalité telle qu’elle pourrait se dérouler. Lorsque MST appelle Canal Plus, je n’étais pas à l’écoute, mais la façon dont la plupart des grands médias lui déroulent le tapis rouge me fait penser que c’est sa manière d’agir. Et d’être obéi."

-"Est-ce qu’on vous mettra des bâtons des les roues ?"

 "Certainement. Les sayanim et leurs complices -et ils sont nombreux et occupent des postes stratégiques- feront tout pour élever un mur de silence. Ou bien ce sera le déni. Ou enfin le recours à ces vieilles méthodes de l’amalgame. Une critique d’Israël équivaut à de l’antisémitisme. Parler des sayanim, c’est revenir à cette accusation de « complot » que certains antisémites, au tournant du 20e siècle, lançaient aux juifs pour les discréditer. Le discours du déni et d’un certain terrorisme intellectuel est bien rodé."

-"Que peut-on vous souhaiter ?"

 "J’espère d’abord que ce livre ouvrira les yeux sur cette force puissante et insidieuse mise au service d’une idéologie de domination. Qu’il permette ensuite un décryptage plus pointu des événements. Et enfin qu’il favorise l’émergence de contre-pouvoirs."

Source : Intérêt Général

Samedi 17 juillet 2010

http://www.interet-general.info/...


2-7 Nicole Johnston : A l’intérieur de la « zone-tampon » d’Israël.

Samedi matin à Gaza. Nous étions accroupis au beau milieu de ce qu’Israël appelle la « zone tampon », écoutant les tirs israéliens, dirigés sur nous. C’était des tirs de semonce – au-dessus de nos têtes. Mais assez près pourtant pour convaincre chacun d’entre nous que ce n’était pas une bonne idée de traîner dans le coin.

Avec deux équipes de tournage, quatre caméras, quatre militants internationaux et un journaliste étranger présents, je pensais bêtement que peut-être l’armée israélienne n’ouvrirait pas le feu à l’intérieur de la zone tampon. Peut-être arriveraient-ils dans leurs jeeps, jetteraient un coup d’œil et repartiraient.

L’expérience du Mavi Marmara, lorsque des soldats israéliens ont tué neuf résistants, aurait dû m’apprendre que la présence d’étrangers ou de médias n’est pas dissuasive lorsqu’il s’agit de l’armée israélienne.

La zone tampon est une terre agricole palestinienne adjacente à la frontière sous contrôle israélien autour de Gaza. Israël l’a interdite d’accès pour des raisons « de sécurité ». S’aventurer dans cette zone entre la frontière et à 300 mètres d’elle, c’est risquer d’être abattu par l'armée israélienne.Quelquefois ils tirent même bien au-delà des 300 mètres.

Mais la zone tampon est importante pour les Palestiniens, parce que c’est là que se trouvent 30% des meilleures terres de Gaza. Mais aujourd’hui, elles sont presque toutes en friche.
Toutes les maisons et les abris y ont été détruits au bulldozer pendant la guerre de janvier 2009.

Une agriculture sous les tirs
Aujourd’hui, seuls les fermiers de Gaza les plus tenaces, les plus courageux ou les plus concernés continuent de travailler leurs champs à l’intérieur de la zone tampon.
Nous avons rencontré l’un d’entre eux, Abu Thaima.
Il a trois épouses, plus de 20 enfants et avant la guerre, il avait aussi une ferme rentable.
Sa vieille maison est maintenant un tas de ciment dans la zone tampon, entouré de mauvaises herbes.
Mais il défie Israël. Il a planté ses cultures à la main. Aucune machine agricole n’est autorisée ici. Et maintenant, il est prêt à faire sa récolte.
Abu Thaima conduit un groupe de femmes dans la zone tampon. Apparemment, Israël a moins tendance à tirer sur les femmes palestiniennes que sur les hommes.

Quelques minutes plus tard, les jeeps israéliennes sont arrivées et les tirs ont commencé.
C’est la première fois que j’entendais des tirs à balle réelle. Pas de balles caoutchouc-acier ou de grenades lacrymogènes, ici. C’est directement les balles réelles.

Pendant qu’Israël tirait, quatre militants de l’International Solidarity Movement (ISM), - les boucliers humains – sont restés sur place.

Portant des gilets fluorescents, ils ont filmé l’incident sur de petites caméras.
Tout au long de la fusillade intermittente, Adie Nistelrooy, un activiste britannique, a parlé avec calme aux Israéliens par haut-parleur. Je doute qu’ils aient pu l’entendre. Mais quelque part, la voix de la raison était étrangement rassurante.
Nistelrooy a dit : « C’est un événement pacifique, des femmes et des enfants ramassent leur blé, ils veulent juste ramasser le blé et rentrer à la maison, c’est tout. Il n’y a pas de mal à ça, n’est-ce pas ? »
En bien non, ça ne va pas.
Dans la zone tampon, les Palestiniens ne sont pas autorisés à faire des cultures. Ni à ramasser leur blé. Même pas à la main. Même pas par les femmes.

Des femmes sous les tirs
Certaines des femmes avaient tellement peur des tirs qu’elles s’étaient accroupis derrière une botte de paille.
Ce fut une scène pathétique. Les camions de l’armée israélienne à
150 mètres, des tirs d’armes automatiques nous tombant dessus depuis la frontière, et ici, ces femmes effrayées, espérant que la botte de paille les protègerait.
Les tirs ont cessé un moment, puis ont recommencé.

C’est alors que nous avons tous quitté la zone tampon. Quelques femmes sont parties en courant. La semaine passée, les tirs étaient bien plus proches, sifflant au-dessus de leurs têtes. Et ce jour là, ils n’ont pas récolté grand-chose.
Mais Abu Thaima dit que rien ne l’empêchera de travailler sa terre. Il continuera d’aller dans la zone tampon pour planter et récolter.
C’est sa terre, et il ne peut pas l’abandonner.

Source : Al Jazeera

16-07-2010

Traduction : MR pour ISM

VIDEO : http://www.youtube.com/watch?v=gcRPSG-UYF0&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=gcRPSG-UYF0&feature=player_embedded


2-8 Walajeh redoute d’être emmurée.
Israël a entamé la construction d'une nouvelle section de sa "barrière
de sécurité" entre l'Etat hébreu et
la Cisjordanie: le tracé passe par Walajeh, et nombre d'habitants redoutent que cela signifie à terme la disparition du village.
Dissuader les "terroristes"
Israël a commencé en 2002 la construction de ce "mur de séparation", insistant sur la nécessité de dissuader les "terroristes" de pénétrer sur son territoire, après des attentats-suicides ayant fait des centaines de morts en Israël. Mais la barrière, où alternent murs de béton en zone urbaine et grillages métalliques ailleurs, empiète sur
la Cisjordanie et les Palestiniens accusent l'Etat hébreu de s'en servir comme un instrument d'annexion de terres.
"On s'accrochera au village, avec les dents"
La nouvelle section en construction, selon une carte du ministère israélien de
la Défense, doit totalement encercler Walajeh, une localité de quelque 2.000 habitants au sud-ouest de Jérusalem. La plupart des terres agricoles de Walajeh, si la construction est menée à bien, deviendront inaccessibles.
"On s'accrochera au village, avec les dents", prévient le conseiller municipal Adel Atrache. "Mais on ne sait pas comment la prochaine génération envisagera les choses. Elle ne pourra peut-être pas vivre avec toutes ces difficultés et décidera de partir".
Il y a six ans,
la Cour internationale de Justice avait jugé que le tracé de la barrière de sécurité à travers la Cisjordanie constituait une infraction au droit international et a invité Israël à démanteler ce qui avait déjà été construit. L'Etat hébreu a rejeté les conclusions de la CIJ, qui n'ont pas force de loi, et a démenti établir une frontière."Dans de futures négociations" sur un Etat palestinien, "le tracé de la barrière de sécurité ne sera pas un facteur politique", a assuré un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal
Palmor. La barrière est à ce jour achevée aux deux tiers et s'étend sur plus de 400km.
A Walajeh, la barrière doit faire une incursion profonde en Cisjordanie pour laisser les colonies d'implantation de Har Gilo et Gouch Etzion du côté "israélien" du tracé. Interrogé, le ministère de
la Défense s'est refusé à fournir des précisions, notamment sur la circulation des habitants dans leur future enclave.
D'après Adel Atrache, l'armée israélienne a évoqué la possibilité de mettre en place une route d'accès, protégée par un poste de contrôle, et des portes permettant aux agriculteurs de se rendre sur leurs terres.
Mais les habitants sont sceptiques, confie-t-il.

Niveler le sol et déraciner des arbres.
Au cours des dernières semaines, les engins de terrassement ont commencé à niveler le sol et déraciner des arbres près de Walajeh, en préparation des travaux. Ahmed Barghouti, 63 ans, explique avoir ainsi perdu 88 oliviers le mois dernier et redoute maintenant qu'un caveau familial proche soit détruit.
L'avocat de la municipalité, Me Gniath Nasser, dit avoir obtenu un ordre temporaire d'interruption des travaux à cet endroit, jusqu'à ce que
la Cour suprême israélienne statue sur le sort du caveau. Les tribunaux israéliens ont été saisis de nombreuses plaintes et la Cour suprême a
déjà ordonné au gouvernement des modifications du tracé dans certaines localités, comme à Bilin.
"C'est comme mettre toute ma famille en prison"Omar Hadjajla, un voisin d'Ahmed Barghouti, dit avoir été informé par des responsables israéliens que sa maison serait totalement entourée de grillages. "C'est comme mettre toute ma famille en prison", déplore-t-il.
Autre problème, de nombreuses maisons de Walajeh ont été construites sans autorisation israélienne et risquent ainsi d'être rasées, note Meir Margalit, un conseiller municipal de Jérusalem qui a pris position pour le village. Ces permis, dit-il, sont impossibles à obtenir. "Dans tous les cas, mon sentiment est que Walajeh va disparaître", estime-t-il.

La Rédaction

14 juillet 2010

http://www.aloufok.net/spip.php?article2162


Commentaires

D'après Adel Atrache, l'armée israélienne a évoqué la possibilité de mettre en place une route d'accès, protégée par un poste de contrôle, et des portes permettant aux agriculteurs de se rendre sur leurs terres.

Écrit par : moncler | 28/07/2010

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