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06/08/2010

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers' - 06-08 : - Début : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.

n°3 - Orwell ou le 'Big Brothers'  - 06-08 : - Début : - Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis.



L’Amérique d’Obama

n°3

06-08

C.De Broeder & M.Lemaire



 " L’Amérique d’Obama est  visible 

a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Orwell ou le ‘Big Brothers’

Napakatbra : Contrôle de la société Etats-Unis : le fichage ADN systématique se généralise

Washington veut augmenter l'accès du FBI à des données Internet personnelles. 

Transfert Des Données Personnelles Des Citoyens Européens Aux US : Opacité, Impossibilité De Contrôler, De Contester.

William M. ARKIN, Dana PRIEST : Top Secret America : Le voisinage des Services Secrets

Suite

Les carnassiers de Wall Street : les présidents permanents des Etats-Unis

Prison

Arronax : Américain sur 100 est en prison !

Eric Chol : Les prisons américaines, une industrie touchée par la crise

La prison à perpétuité abolie pour les mineurs américains non meurtriers ?

C’est arrivé Près de chez vous

INTERROGATOIRES, RENSEIGNEMENTS, QUE NOUS PREPARENT LES USA ?  

Fin

Puissance Géopolitique aux abois

Eva R-sistons : L' "Empire" est condamné,

Racisme

États-Unis : le racisme des républicains.

Vidéo - Livres

Nouvel ordre mondial=New world order

Spécial Guantanamo

Vidéo d'un interrogatoire à Guantanamo ...

Vidéo torture à Guantanamo

Vidéo CHANNEL 4 PRESENTS TORTURE: GUANTANAMO GUIDEBOOK PART 2 OF 3

Annexe

George W. Bush "savait que les prisonniers de Guantánamo étaient innocents "

Chris Hedges : Noam Chomsky sur l’état d’esprit qui règne aux États-Unis : « je n’ai jamais rien vu de tel »



Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.



”Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous…

 Vous êtes en plein dedans !”
“Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde Orwellien”.



Tiré à part :



Orwell ou le ‘Big Brothers’

Napakatbra : Contrôle de la société Etats-Unis : le fichage ADN systématique se généralise

Les mots ont un sens.

Bienvenue à Gattaca, USA.

Bon nombre d'Etats américains prélèvent, analysent et stockent ad vitam aeternam l'ADN de leurs nouveau-nés, sans même en informer les parents. Bienvenue à Gattaca, USA.

Imaginez qu'un mois après la naissance de votre enfant, son pédiatre vous appelle pour vous annoncer qu'il est porteur d'une anomalie génétique. Panique à bord. Quelques jours plus tard, après moult analyses médicales, le calme revient. Votre marmot est en bonne santé, il n'est pas porteur de la maladie tant redoutée. Puis vient le temps des questions. Et là, re-panique. Comment ce doc' de choc a-t-il pu découvrir l'anomalie ? Simple : votre gouvernement veille sur vous, il a décidé d'analyser l'ADN de votre enfant, sans même prendre la peine de vous en informer. Et il conservera indéfiniment son emprunte génétique. Prévoyant avec ça...

Sans gêne éthique

Malheureusement, il ne s'agit pas d'une fiction mais bien d'une information, balancée à la sauvette par CNN (voir la traduction de Panoptique). Un fichage ADN généralisé se met discrètement en place, dans de nombreux Etats américains tels que la Californie ou la Floride, sans que les citoyens n'en soient informés. Officiellement, cette base de données est destinée à détecter d'éventuelles nouvelles anomalies génétiques, à mesure que le science progresse. Elle pourrait aussi permettre d'aider à la recherche de personnes disparues ou d'identifier des corps. Et bien plus... Car si les prélèvements sont réalisés par des laboratoires publics, ils peuvent aussi être transférés au privé.

Assureurs et employeurs tatillons se frottent les mains...

Régulièrement, des parents découvrent par hasard que l'ADN de leur enfant est prélevé, analysé et stocké. Régulièrement, ils comprennent en même temps que leur progéniture est porteuse d'un gène "discriminatoire" (ou pourrait le devenir). Et même si le bambin est finalement déclaré "sain", les traces de ce "risque" resteront à jamais gravées dans cette base de données qui ne manquera pas, un jour ou l'autre, de tomber entre les mains de personnes malintentionnées. Et régulièrement, les parents se plaignent... dans le vide, puisque c'est pour leur bien.

Napakatbra

http://www.lesmotsontunsens.com/fichage-adn-generalise-etats-unis-7221

 

Washington veut augmenter l'accès du FBI à des données Internet personnelles. 

La Maison-Blanche a demandé au Congrès d'augmenter les capacités de la police fédérale américaine (FBI) à obtenir l'accès à des données Internet personnelles sans mandat de la justice, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
 Les autorités américaines souhaitent en effet ajouter les "archives transactionnelles de communications électroniques" à la liste des documents auxquels le FBI peut avoir accès, sans l'aval d'un juge, dans les affaires touchant au terrorisme ou à la sécurité nationale, rapporte l’édition du 29 juillet du « Washington Post ». En clair, les enquêteurs veulent un accès direct aux destinataires de courriels, aux heures et dates d'envoi de messages et, selon certaines interprétations, à l'historique de navigation d'un citoyen américain. Le président américain Barack Obama a demandé au Congrès de modifier le projet de loi sur les communications électroniques privées d'ici le début de l'année fiscale en octobre.

31/07/2010

Press TV-

http://french.irib.ir/index.php/info/international/item/99301-washington-veut-augmenter-lacc%C3%A8s-du-fbi-%C3%A0-des-donn%C3%A9es-internet-personnelles

 

Transfert Des Données Personnelles Des Citoyens Européens Aux US : Opacité, Impossibilité De Contrôler, De Contester.

"...Nous savons qu’il y a beaucoup d’activité concernant cette collecte et ces extractions de données mais même ceux du Congrès US savent peu de choses là-dessus. Donc je pense que les Européens en savent encore moins."

L’Union européenne a approuvé une nouvelle loi autorisant les US à avoir accès aux données bancaires Swift des citoyens européens.
Cet accord permet aux US d’avoir accès au réseau Swift qui gère chaque jour des millions de transactions bancaires.
Le vote fait suite à un accord précédent qui a été bloqué par le parlement européen en Février.
Washington affirme que cet accord est primordial pour sa lutte contre ce qu’ils appellent le terrorisme. La nouvelle loi a été votée par 484 voix pour et 109 contre.
En 2006 les US avaient été pris en flagrant délit d’accès secret aux données bancaires de millions d’Européens.


Presst TV a discuté de ce sujet avec Edward Spannaus qui travaille pour la revue Executive Intelligence à Washington. Ci-dessous la transcription de son interview.
Press TV : les négociateurs européens disent que le nouvel accord donne aux fonctionnaires de l’EU autorité pour contrôler les actions des enquêteurs US. Cela est-il suffisamment rassurant pour satisfaire les questions évidentes de vie privée que cette loi soulève ?

Spannaus : cette loi ne me rassure pas du tout. J’ai lu des informations conflictuelles concernant le fait que les citoyens européens puissent avoir des recours s’ils pensent que leurs données bancaires sont utilisées mal à propos et il semble que non.
Il est supposé exister un organisme de supervision de l’UE stationné aux US mais tout ceci est très flou et je pense qu’il y a au sein du parlement européen beaucoup d’inquiétude sur cette question de savoir quel type de supervision il devrait y avoir.

Press TV : des citoyens européens qui pensent que leurs données ont été détournées auront le droit d’entamer une action en justice dans les tribunaux US. Mais les US, surtout depuis le 11 Septembre, n’ont jamais été interpellé sur l’utilisation de données personnelles peut on croire en cette supposée concession ?

Spannaus : vous soulez un point très important car sous l’administration Bush avec Bush et Cheney les citoyens qui pensaient qu’ils avaient été sujets à une surveillance électronique ou que leurs données personnelles avaient été détournées n’ont pas pu aller en justice et obtenir réparation et depuis que l’administration Obama a pris le relais il n’y a pas eu de changement. L’administration Obama s’est aussi appuyée sur ce que l’on appelle le « privilège du secret d’état » pour empêcher tout accès.
Donc pour moi il est difficile de croire que des citoyens européens pourront avoir accès aux tribunaux ici quand des citoyens des Etats Unis sont incapables d’avoir accès à la justice pour obtenir réparation ou pour savoir quelle quantité d’information est en fait utilisée.

Press TV : le dirigeant des membres conservateurs de
la Grande Bretagne au parlement européen a dit que cette loi « envoie le bon signal concernant notre volonté de résoudre le problème du terrorisme et notre engagement à rester un partenaire fort des US ». Les citoyens européens le percevront-ils également comme cela ?

Spannaus : vous mentionnez les citoyens européens ! Un aspect de tout ceci c’est que c’est le résultat du traité de Lisbonne qui a éliminé la souveraineté des états nations en Europe.
Donc cette décision n’a pas été prise par les nations individuellement. Elle a été prise par le parlement européen et cela veut dire que les US peuvent contourner les traités spécifiques appelés « Traités d’Assistance Légale Mutuelle » des nations séparément et ainsi obtenir les données par paquets du dénommé « Centre de Données Swift » avec l’approbation de l’Union européenne.
C’est donc une autre conséquence de la perte de souveraineté de ces pays et je ne suis pas surpris que quelqu’un en Grande Bretagne dise que cela envoie le bon signal. Mais pour ce qui est des autres pays membres de l’UE je pense qu’il devrait y avoir beaucoup d’inquiétude là-dessus, un manque de transparence, une absence de compte à rendre sur ce programme.

Press TV : donc à quel genre de réaction peut-on s’attendre de la part des citoyens européens une fois que cette loi entrera en application ?

Spannaus : le problème c’est que les citoyens pris individuellement ne savent pas si des données bancaires ou personnelles les concernant ont été transmises.
Certains groupes ont dit qu’ils voulaient faire appel de la décision, la porter peut être à
la Haye, devant la Cour Internationale de Justice, car aucun pays à titre individuel ne peut faire quoi que ce soit seul le parlement européen peut agir.
Je pense qu’on devrait considérer ce programme avec beaucoup de scepticisme particulièrement du fait qu’il y a un programme identique aux US. Nous n’en connaissons pas encore l’ampleur, nous ne savons pas comment les données ont été utilisées et nous ne savons pas quelle quantité. Nous savons qu’il y a beaucoup d’activité concernant cette collecte et ces extractions de données mais même ceux du Congrès US savent peu de choses là-dessus. Donc je pense que les Européens en savent encore moins.
MSK/MMN –

 09/07/2010 –

Press TV

Mireille Delamarre titre traduction

http://www.planetenonviolence.org/Transfert-Des-Donnees-Personnelles-Des-Citoyens-Europeens-Aux-US-Opacite-Impossibilite-De-Controler-De-Contester_a2235.html

14 juillet

 

William M. ARKIN, Dana PRIEST : Top Secret America : Le voisinage des Services Secrets

La communauté du renseignement poursuit ses activités dans les banlieues de la nation. Si son travail est invisible, son impact se fait réellement ressentir.

ReOpen911 : La National Security Agency (NSA) est l’organisme spécialiste par excellence de la cryptologie – le chiffrement et le déchiffrement des données. Son impressionnant réseau de stations d’écoute et de satellites intercepte et analyse les communications (les émissions radio, la TV, les satellites, le téléphone, les réseaux sans fils, la messagerie électronique) du monde entier au prétexte de prévenir toutes sortes d’agressions. Elle s’est dotée de systèmes informatiques de reconnaissance vocale et d’ordinateurs comme le "CRAY" dernière génération. Ces machines des plus puissantes au monde, seraient donc capables de déchiffrer les moindres données.

Bien que le complexe de Fort Mead, l’un des sites de la NSA, occupe déjà l’équivalent de la superficie du Pentagone, il rogne un peu plus chaque année sur les terres agricoles. 38 000 employés y travaillent régulièrement. 10 000 autres devraient venir renforcer l’effectif d’ici 15 ans. Dans quel but ? Pallier à la hausse du chômage ? Curieusement, les habitants de la région ne semblent rien voir de tout cela, comme si ce monde à part, cette superpuissance autoproclamée dans leur voisinage immédiat n’existait pas. Pourtant une gêne ambiante, sourde, pèse sur les habitants.

Le Washington Post, dans cet article tiré de son dossier Top Secret America que nous avons récemment abordé, nous invite à faire le tour du propriétaire de la NSA et ses environs à Fort Meade, Maryland.

L’entrepôt de brique n’est pas que cela. Franchissez la porte et là, caché un peu plus loin, on découvre un détail sur le personnel de la sécurité : une flotte de véhicules utilitaires sportifs noirs, blindés pour résister aux tirs et aux explosions.

Sur le terre-plein central le long de la rue principale, les panneaux ne sont pas des publicités pour des maisons à vendre ; ils invitent les employés ayant l’habilitation secret-Defense à un salon de l’emploi au Café Joe, qui est tout sauf un lieu normal de restauration.

Le nouvel immeuble de bureaux couleur bronze est réellement une sorte d’hôtel où les entreprises peuvent louer des chambres protégées des écoutes.

Même la plaque d’égout entre deux bâtiments de faible hauteur n’est pas que cela.

Entourée de béton cylindrique, il s’agit du point d’accès à un câble du gouvernement. "TS / SCI", chuchote un fonctionnaire, soit les abréviations pour « top secret » et « information sensible compartimentée » – ce qui signifie que peu de gens ont le droit de connaitre les informations qui transitent par le câble.

Tous ces lieux existent hors de Washington, ce qui équivaut à une géographie alternative des États-Unis, celle que dessinent la concentration des organisations gouvernementales top-secret et les entreprises qui travaillent pour elles. Ce faisceau de Fort Meade est le plus important parmi la douzaine de groupes (de ce genre) à travers les États-Unis, les centres nerveux du Top Secret America aux 854.000 employés.

D’autres (groupes) se situent à Dulles-Chantilly, Denver-Aurora et Tampa. Ils correspondent tous à la version des villes traditionnelles sous antenne militaire : ils dépendent financièrement du budget fédéral et sont culturellement définis par leur tâche exceptionnelle.

La différence, bien sûr, c’est que l’armée ne relève pas de la culture du secret. Dans les groupes du Top Secret America, une carte à puce numérique accrochée autour du cou est souvent le seul indice du lieu de travail. Le travail n’est pas discuté. Pas plus que les interventions. Les débats sur le rôle de l’Intelligence dans la protection du pays se produit uniquement lorsque quelque chose se passe mal et que le gouvernement enquête, ou lorsqu’une information classifiée est divulguée sans autorisation et qu’elle se transforme en nouvelles.

L’existence de ces groupements est si peu connue que la plupart des gens n’en prennent pas conscience lorsqu’ils approchent l’épicentre de Fort Meade ; même lorsque le GPS sur le tableau de bord de leur voiture se met soudain à donner des instructions erronées, piégeant les conducteurs dans une série de demi-tours, parce que le gouvernement trouble les signaux dans les proches environs.

Lorsque cela se produit, c’est que le point zero – La National Security Agency- est proche. Mais difficile de dire où. Les arbres, les murs et le paysage vallonné occultent la présence de la NSA de la plupart des points de vue ; les barrières en béton, des postes de garde fortifiés et des panneaux d’avertissement arrêtent ceux qui n’ont pas l’autorisation d’entrer sur les terres de la plus grande agence de renseignement des États-Unis.
De nombreux Américains ne se rendent pas compte que le travail top-secret pourrait s’exercer dans leur voisinage.

Par delà les obstacles se trouvent de gigantesques immeubles imposants, rangées après rangées. Derrière les vitres opaques résistant aux explosions, 30 000 personnes environ, lisent, écoutent et analysent pour la plupart le flot continuel de conversations interceptées, 24 heures par jour, sept jours par semaine.

De la route, il est impossible de dire l’étendue de la NSA, même si ses bâtiments occupent une surface de 585.000 m2 – environ la taille du Pentagone – et sont entourés de 453.247 m2 de places de stationnement. Aussi massive qu’elle puisse paraître, des documents indiquent que la NSA est destinée à s’étendre avec 10.000 employés de plus au cours des 15 prochaines années et 2 milliards de dollars pour financer la première phase d’expansion, soit une augmentation globale d’envergure qui portera l’espace immobilier du groupement de Fort Meade à près de 1,3 millions de m2.

Le siège de la NSA se trouve sur la base militaire de Fort Meade qui accueille 80 locataires du gouvernement, dont plusieurs grandes organisations du renseignement.

Chaque année, elles injectent 10 milliards de dollars dans les salaires et des contrats dans l’économie de la région – un chiffre qui permet d’expliquer le reste de Fort Meade, qui s’étend sur plus de 16 000 m dans toutes les directions.

Les entreprises qui prospèrent hors de l’agence et à proximité des autres organismes du renseignement commencent juste au-delà du périmètre de la NSA.

Dans certaines parties du groupe, elles occupent des quartiers entiers. Dans d’autres, elles forment des parcs d’affaires sur plus d’un kilomètre ; un chemin privé, contrôlé par des panneaux d’interdiction aux "avertissements" en jaune, les relie au campus de la NSA.

L’un des plus grands parcs est le National Business Park – de larges tours de verres angulaires sont réparties par blocks sur 1.153.354 m2 dissimulés. Les occupants de ces bâtiments sont des sous-traitants, et (ailleurs) là où ils sont mieux connus du public, ils minimisent volontairement leur présence. Mais dans le National Business Park, un lieu où seuls d’autres entrepreneurs auraient une raison de se rendre, les enseignes de leurs bureaux sont énormes, elles brillent dans la nuit de rouge vif, de jaune et bleu : Booz Allen Hamilton, L-3 Communications, CSC, Northrop Grumman, General Dynamics, SAIC.

Plus de 250 entreprises - soit 13 % de toutes les entreprise Top Secret America - sont représentées dans le groupe de Fort Meade. Certains ont plusieurs bureaux, tels que Northrop Grumman, qui en a 19, et SAIC, qui en a 11. Les entreprises effectuent un travail top-secret dans les 681 sites du groupe Fort Meade.

Sur les sites, les employés doivent se soumettre à des règles strictes, envahissantes. Ils passent régulièrement des tests au détecteur de mensonge, signent des formulaires de non-divulgation, remplissent de longs rapports suite à un voyage à l’étranger. Ils sont entrainés pour gérer les voisins fouineurs et les amis curieux. Certains sont formés pour endosser de fausses identités.

S’ils boivent trop, empruntent trop d’argent ou sympathisent avec des citoyens de certains pays, ils peuvent perdre leur habilitation secret-Defense, cette habilitation étant le passeport pour un emploi à vie à la NSA et dans les organismes de renseignement apparentées.

Alors que le Top Secret America se développait, le gouvernement est devenu de plus en plus dépendant de sous traitants ayant l’habilitation secret-Defense.

Par chance, ils excellent en mathématique : pour faire ce qu’elle fait, la NSA s’appuie sur le plus grand nombre de mathématiciens au monde. Elle a besoin de linguistes et d’experts en technologie, ainsi que de cryptologues, surnommés "Crippies." Beaucoup se savent être des ISTJ, qui signifie « introverti avec perception, réflexion et jugement », un ensemble de traits de la personnalité repérés par le test de personnalité Myers-Briggs qui prévaut dans le groupe de Fort Meade.

La bonne blague : « Comment reconnait-on un extraverti à la NSA ? C’est le seul qui regarde les chaussures des autres. »

« Elles font partie des personnes les plus brillantes au monde », a déclaré Ken Ulman, cadre au département de Howard, l’un des six départements de la sphère d’influence géographique de la NSA. « Ils exigent de bonnes écoles et une qualité de vie élevée. » Les écoles, en effet, sont parmi les meilleures, et certaines vont adopter un cursus cet automne qui enseignera à des élèves âgés de 10 le style de vie nécessaire à l’obtention d’ une habilitation secret et le genre de comportement qui pourrait les disqualifier.

Près d’une école, des bus scolaires jaunes sont alignés le long d’un bâtiment où le personnel des alliés, le « Cinquième Oeil » – les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – partagent les informations top-secret sur le monde entier.

Les bus déposent les enfants dans les quartiers les plus riches du pays ; l’aisance est un autre attribut du Top Secret America. Selon les données du service de recensement, six des 10 plus riches comtés des États-Unis se trouvent dans ces groupes.

Le comté de Loudoun, classé le plus riche du pays, contribue à fournir de la main-d’œuvre pour le National Reconnaissance Office à proximité, qui gère les satellites espions. Le comté de Fairfax, en deuxième position- accueille la NRO, la CIA et le Bureau du directeur du renseignement national (DNI). Le Comté d’Arlington, classé au neuvième rang, accueille le Pentagone et les agences de renseignement majeures. Le Comté de Montgomery, classé 10e, est le foyer de l’Agence Nationale du Renseignement Geospatial - (NGIA). Et le comté de Howard, classé troisième, est le foyer de 8.000 employés de la NSA.

« S’il s’agissait d’une usine Chrysler, on parlerait Chrysler sur les pistes de bowling, Chrysler aux réunions du Conseil, Chrysler, Chrysler, Chrysler » a dit Kent Menser, employé au ministère de la Defense qui soutient le comté de Howard pour s’adapter à la croissance aux environs de Fort Meade. « Les gens qui ne font pas partie de l’effectif de la NSA n’apprécient pas totalement son impact sur leur vie ».

* * * *

L’impact de la NSA et autres organisations secrètes de ce groupe n’est pas seulement financier. Il régule même la fluidité du trafic un certain jour, lorsqu’ une camionnette blanche sort d’un parking pour se fondre dans la circulation à midi.

Cette camionnette blanche est suivie de cinq autres identiques.

Dans chacune d’elles, deux agents du gouvernement qui suivent des cours à l’Académie de Formation du Contre-Espionnage, tentent de ne pas se perdre sur les routes locales durant leur « surveillance discrète » – il s’agit ici de suivre un formateur qui joue le rôle de l’espion. Le véritable travail de ces agents issus de l’Armée, des Douanes et autres agences gouvernementales consiste à identifier les espions et terroristes étrangers qui visent leurs organisations, de localiser les espions et de recueillir des preuves pour prendre des mesures à leur encontre.

Mais aujourd’hui, ce sont des stagiaires reliés les uns aux autres par des radios et des plans de rues spécialement conçus à leur intention. Chaque année, environ 4000 agents fédéraux et militaires participent à des cours de contre-espionnage dans l’agglomération de Fort Meade ; en tant qu’agents, ils se déplacent sans éveiller l’attention des habitants qui vaquent à leurs occupations.

L’agent qui voyage sur le siège passager dans l’une des camionnettes blanches tient les cartes sur ses genoux tandis qu’elle déplace frénétiquement des pastilles jaunes pour tenter de suivre les positions des autres camionnettes et du suspect qu’ils surnomment « le lapin ».

D’autres agents accélèrent et font la course à 90km/h pour tenter de suivre le lapin tout en se prévenant les uns les autres de la présence de la police locale qui ne sait pas que ces camionnettes qui slaloment dans la circulation sont conduites par des agents fédéraux.

Soudain, le lapin n’est plus qu’à un pâté de maisons devant la camionnette la plus proche, il grille le feu à l’orange puis disparaît tandis que les agents se retrouvent coincés au feu rouge.

Feu vert.

C’est alors qu’un agent hurle en vain devant le pare-brise « Allez ! » à la voiture qui traîne devant. «  Dégage ! Dégage ! Dégage ! »

« On l’a perdu, » râle sa partenaire tandis qu’ils s’efforcent de le rattraper.

Finalement, les agents terminent leur filature à pied devant la librairie Borders à Columbia où le lapin est réapparu. Six hommes en polos et pantalons aux dégradés kakis inspectent les rayons des magazines et déambulent dans les allées.

Leur instructeur est embarrassé. « La partie la plus difficile, c’est l’attitude », confie-t-il, tout en observant les agents suivre le lapin dans le magasin rempli de femmes en basket et d’enfants en tongs. « Certains n’arrivent pas à se détendre suffisamment pour avoir le bon comportement… Ils devraient avoir l’air de flâner, mais ils sont là à observer par-dessus un livre, sans bouger. »

Dans le groupe, on trouve des exemples où le monde occulte et le public se côtoient. Une sandwicherie Quiznos dans le groupe ressemble à n’importe quel autre restaurant de cette chaîne nationale, si ce n’est la queue qui se forme dès 11h du matin. Ceux qui attendent portent des lunettes de soleil Oakley appréciées des personnes qui ont travaillé en Afghanistan ou en Irak. Ils portent des bottes couleur sable du désert. Les militaires en service représentent 40% du personnel de la NSA et ce Quiznos est tout près d’un de leurs bureaux.

Ailleurs dans le quartier, l’un des résidents Jerome James parle du bâtiment qui a surgi juste à la limite de son jardin. « Avant, il n’y avait que des terres agricoles, puis un jour ils ont commencé à creuser, » dit il. « Je ne sais pas ce qui s’y passe, mais cela ne me dérange pas. Je n’y pense pas. »

Le bâtiment protégé par des barrières et des grillages, est plus grand qu’un terrain de football. Aucune enseigne ou panneau pour l’identifier. Il y a bien une adresse, mais Google Maps ne la reconnaît pas. Si vous la saisissez, une autre adresse apparait systématiquement : « 6700 ».

Pas de nom de rue.

Juste « 6700 ».

Justin Walsh est dans l’un de ces bâtiments ; chaque jour, il passe des heures juché sur une échelle pour inspecter les faux plafonds d’une des plus grandes organisations de Top Secret America. Walsh est spécialiste en sécurité industrielle au sein du Département de la Defense. Chaque groupe a son propre Walsh, que ce soit à Fort Meade ; ou dans le dédale sous terrain des bâtiments de Crystal City à Arlington, prés du Pentagon ; ou dans les parcs d’affaires high-tech près du Centre National de Renseignement Spacial à Dayton, Ohio.

Quand il n’est pas sur une échelle, Walsh trifouille la photocopieuse pour s’assurer qu’elle ne puisse reproduire les secrets stockés dans sa mémoire. Ou bien il teste le démagnétiseur, un aimant géant qui efface les données des disques durs classifiés. Ou bien il est en train de disséquer le système d’alarme, sa fibre optique et le codage utilisé pour envoyer des signaux à la salle de contrôle.

Dans l’Amérique Top Secret, tout est réglementé par le gouvernement : l’épaisseur de l’acier des barrières, la qualité des sacs en papier pour le transport des documents classifiés, l’épaisseur des murs et la hauteur des faux planchers insonorisés.

Autour de Washington, 4000 bureaux de sociétés privées gèrent l’information classifiée, soit 25% de plus que l’an dernier, selon le superviseur de Walsh, et l’équipe de Walsh a en permanence 220 bâtiments à contrôler dans son programme d’inspection. Le moindre bâtiment doit faire l’objet de contrôles, et tout nouveau bâtiment doit être inspecté de fond en comble avant que la NSA n’autorise ses occupants à ne serait-ce qu’établir une connexion téléphonique avec l’agence.

Il y aura bientôt un nouveau bâtiment de quatre étages à Fort Meade, prés d’un quartier tranquille de pavillons haut de gamme protégé. Son constructeur affirme qu’il peut résister à un attentat à la voiture piégée. Dennis Lane affirme que ses ingénieurs ont mis plus de boulons dans chaque poutrelle d’acier de la charpente que ne l’exige la norme pour garantir que la structure ne s’effondrera pas en cas d’imprévu.

Lane, vice-président de la société de construction Ryan Commercial, est devenu lui-même une sorte de fouineur lorsqu’il s’agit de travailler pour la NSA. A 55 ans, il a vécu et travaillé toute sa vie dans l’ombre de la NSA et s’est adapté à sa présence croissante au sein de sa communauté. Il recueille des informations commerciales par le biais de son propre réseau d’informateurs, des cadres dirigeants comme lui qui espèrent faire une bonne affaire sur le dos d’une organisation dont la plupart des voisins n’ont jamais entendu parler.

Il repère le moment où la NSA ou d’autres organisations secrètes du gouvernement louent un bâtiment, embauche d’avantage de sous-traitants et fait appel aux entreprises locales. Il suit les projets de construction, les délocalisations, les changements au sein des sociétés privées. Il sait que les planificateurs locaux estiment que 10.000 emplois supplémentaires seront créés par la NSA et 52.000 supplémentaires par les autres agences de renseignement qui s’installeront à Fort Meade.

Lane était déjà au courant de toutes les rumeurs avant l’annonce officielle disant que le prochain commandement militaire géant, US Cyber Command, serait dirigé par le général quatre étoiles actuellement à la tête de la NSA. « Ce cyber-machin sera énorme, » dit il. « Un cyber commandement pourrait occuper tout l’immobilier disponible dans la zone ».

Lane le sait car il a été témoin de la croissance post-11/9 de la NSA. A présent elle absorbe chaque jour 1,7 milliards de communications : courriers électroniques, forums, messageries, adresses IP, numéros de téléphone, appels téléphoniques et conversations de téléphones mobiles.

A sa manière, Jeani Burns en a été témoin aussi.

Burns, une femme d’affaires à Fort Meade, prend un verre un soir après le travail. Elle fait un geste en direction de quelques hommes qui se tiennent près du comptoir.

« Je peux les repérer, » dit elle. Le costume. La coupe de cheveux. Le comportement. « Ils ont ce regard, comme s’ils avaient peur que quelqu’un vienne leur poser une question à leur sujet. »

Des agents secrets viennent ici aussi, chuchote-t-elle, pour les surveiller, « pour s’assurer que personne ne parle trop. »

Burns est bien placée pour le savoir – elle vit avec un de ces homme secrets depuis 20 ans. Avant, il travaillait pour la NSA. A présent, il est l’un de leurs sous-traitants. Il a fait la guerre. Elle ne sait pas où. Il fait quelque chose d’important. Elle ne sait pas quoi.

Elle raconte qu’elle est tombée amoureuse de lui il y a 20 ans et que depuis, elle a passé sa vie à s’adapter. Lorsqu’ils sortent avec des amis, dit elle, elle les appelle avant pour les prévenir : « Ne lui posez pas de questions. » Parfois les gens le comprennent, mais lorsque ce n’est pas le cas, « c’est dur à dire, mais nous ne sortions plus avec eux. » Elle le décrit comme un « observateur. C’est moi la suspecte, » dit elle. « Cela me gêne qu’il ne m’emmène jamais en voyage, ne pense jamais à quelque chose d’excitant à faire… J’ai l’impression d’être trompée. »

Mais elle dit aussi : « Je le respecte vraiment pour ce qu’il a fait. Il a consacré sa vie pour maintenir notre mode de vie, et il n’en retire aucune reconnaissance du public ». Pendant ce temps, à l’extérieur du bar, le bourdonnement est continu. La nuit, aux confins du Parc d’Affaires National, des fenêtres de bureaux sont encore éclairés ici ou là. Les 140 chambres de l’hôtel Marriott Courtyard sont toutes louées, comme d’habitude, à des clients tel cet homme à la réception qui dit seulement qu’il « travaille pour l’armée ».

A l’intérieur de la NSA, il y a un va et vient permanent de mathématiciens, de linguistes, de techniciens et de cryptologues. Ceux qui partent descendent par l’ascenseur au rez-de-chaussée. Chacun porte une petite boite en plastique avec un code barre. Elle contient une clé de porte qui résonne à chaque pas. Pour ceux qui travaillent ici, ce son signale le changement d’équipe.

Tandis que les employés qui prennent leur poste passent le tourniquet, ceux qui partent glissent leur badge d’identification dans une fente. Une trappe s’ouvre. Ils déposent leur boite contenant la clé puis sortent en passant par un tourniquet. Ils quittent le parking et roulent lentement vers les barrières et portails qui protègent la NSA, où ils croisent une longue file de voitures qui roulent en sens inverse. Il est presque minuit à Fort Meade, la capitale de Top Secret America, un endroit qui ne dort jamais et qui s’étend un peu plus chaque jour.

William M. ARKIN, Dana PRIEST 

SOURCE : http://projects.washingtonpost.com/...

Traduit par V.D. et apetimedia pour

ReOpenNews et le Grand Soir.

 


 

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