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11/08/2010

n°447 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 09-08 :- Suite - : Peter Galbraith : Nous ne pouvons pas gagner la guerre en Afghanistan".

°447 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 09-08 :- Suite - : Peter Galbraith : Nous ne pouvons pas gagner la guerre en Afghanistan".



                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

                              Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

n°447                                                                                                                             09/08/10

C.De Broeder    &   M.Lemaire



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a) Sur nos blog :                           http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

                                                    http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Suite

1-3 M'hammedi Bouzina Med : Les raisons de l’enlisement en Afghanistan.

1-4 Gideon Rachman : Cette guerre ne mène nulle part.

1-5 Le retrait hollandais relance le débat sur la guerre.

1-6 Le renseignement américain est-il inefficace, ingérable et dépensier ?

1-7 Lynne O'Donnell : Karzaï devrait assurer avec ses propres forces la ‘sécurité’ du pays d'ici fin 2014.

1-8 Les Allemands n'admettent pas la guerre en Afghanistan....


1-3 M'hammedi Bouzina Med : Les raisons de l’enlisement en Afghanistan.

Nb: Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

De l’opération lancée par les Américains en 2001 pour capturer Oussama Ben Laden et chasser les rtalibans de Kaboul, le piège afghan a fini par aspirer les Occidentaux, leurs forces armées y compris celles de l’Otan ainsi que des alliés arabes, soit une large partie de la communauté internationale, dans une guerre sans fin.

Pourquoi cette spectaculaire coalition internationale n’arrive-t-elle pas, après près de 10 ans de guerre, à en finir avec des "bandes" d’insurgés sans grande capacité militaire ?

Lorsqu’en décembre 2001, le Conseil de sécurité de l’ONU vote la résolution 1386 pour le déploiement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, il lui délimite ses missions et ses objectifs: appuyer la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (MANUA); assurer un environnement sécuritaire à Kaboul, capitale afghane, et enfin aider à la mise en place d’une autorité afghane transitoire.

Le vote de l’ONU a suivi en fait les arguments des USA qui avaient, suite aux attaques du 11 septembre 2001, déclenché une vaste opération militaire en Afghanistan dès octobre 2001, pour faire tomber le régime intégriste des Talibans et capturer leur leader Oussama Ben Laden. (…)

Les USA bénéficient du soutien et de la solidarité des pays membres de l’Otan, grâce à l’activation de l’article 5 de l’Organisation transatlantique.

Article qui actionne la solidarité des Etats membres de l’Organisation lorsque l’un des leurs est agressé. Cependant, les responsables militaires sur le terrain des opérations alertent leurs dirigeants politiques sur l’immensité de la tâche et l’extrême résistance des résistants Taliban, particulièrement dans les régions montagneuses.

Prenant conscience de la difficulté à en finir «vite et bien», comme le disait le président américain d’alors, George W Bush, les Occidentaux, Américains en tête, en appellent à une plus grande mobilisation internationale pour en finir avec les insurgés afghans.

Et les seuls maîtres de la stratégie militaire (et politique) en Afghanistan, les USA, poussent, encore une fois, le Conseil de sécurité de l’ONU à mandater l’Otan pour la direction des «affaires» dans tout le pays en guerre. C’est le vote de la résolution 1530 adoptée le 13 octobre 2003.

L’ONU a été mise devant le fait accompli, puisque l’Otan avait déjà pris la direction des opérations militaires de la coalition internationale depuis août, soit deux mois avant le vote de la résolution.

Désormais, la guerre en Afghanistan prend une dimension internationale sans commune mesure dans l’histoire des guerres. Cinquante pays engagent, à des degrés divers, leurs forces armées dans le conflit. En plus des alliés de l’Otan, d’autres pays apportent leurs soutiens en hommes, finances et logistique.

Des pays comme le Japon, l’Australie ou l’Allemagne, réputés pour leur aversion à la solution des conflits par la guerre, se joignent aux alliés de l’Otan.

D’autres pays encore fragiles politiquement et militairement se lancent dans la bataille tels la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, l’Albanie, la Tchéquie, l’Ukraine et jusqu’à des pays à majorité musulmane comme les Emirats arabes unis, la Jordanie.

Même une principauté, celle du Luxembourg, rejoint symboliquement la force internationale en Afghanistan en envoyant 9 militaires sur le terrain.

L’Otan, qui dirige les opérations, affecte selon sa stratégie les uns à des tâches civiles, les autres à des missions humanitaires et d’autres, évidemment, à des opérations de combat.

Aujourd’hui, près de 120.000 hommes se trouvent en Afghanistan. Le rappel de ces quelques faits et repères évoque comment d’une riposte, légitime par ailleurs, des USA aux agressions terroristes sur son sol, l’affaire afghane est passée d’une chasse à la secte des Talibans et leur chef Oussama Ben Laden, à une crise politique et militaire qui embrase toute la région de l’Asie mineure et qui risque d’entraîner des pays comme le Pakistan et l’Iran dans le bourbier afghan.

Le plus étrange est que les responsables politiques des pays engagés en Afghanistan n’arrivent pas à admettre qu’ils ont, en réalité, perdu la guerre.

Parce qu’ils croient que seule la supériorité militaire et technologique compte dans une guerre. Ils ont sous-estimé les éléments historiques, culturels, idéologiques, religieux, humains…

S’il faut trois repas quotidiens, bourrés aux protéines animales, pour un militaire occidental pour qu’il demeure debout et reste vigilant, un bol de riz suffit à un résistants pour tenir deux jours debout.

S’il faut miroiter des avantages financiers ou de promotion sociale à un militaire occidental pour qu’il s’engage dans un combat, il faut juste un discours religieux et la promesse du paradis éternel à un résistants pour qu’il se fasse kamikaze.

La foi dans le combat et la motivation ne sont pas les mêmes dans les deux camps adverses. En dehors des Américains, le reste des coalisés se battent pour une cause qui ne les concerne pas directement, alors que les résistantss sont convaincus qu’ils mènent une guerre de libération de leur pays. Ce sont autant de raisons qui expliquent pourquoi l’armada sous commandement de l’Otan n’arrive pas à éradiquer les insurgés afghans. Il est symptomatique de constater qu’à mesure qu’augmente le nombre de troupes étrangères et de moyens militaires sophistiqués, les résistantss gagnent du terrain et le soutien des populations locales, particulièrement dans les campagnes et dans les montagnes. Les résistants Taliban ont transformé leur combat en lutte de libération nationale. L’implication militaire de la communauté internationale se traduit sur le plan des décisions politiques par d’interminables désaccords sur la finalité de cette guerre.

Les gouvernements des pays occidentaux font face à des opinions publiques révoltées par tant d’échecs, de crimes contre les civils afghans et de guerre dont ils ne voient ni l’utilité ni encore moins la fin.

Preuve en est que des pays des plus proches des USA annoncent, à tour de rôle, des délais pour leur retrait de cette guerre. C’est le cas des Anglais, Italiens, Espagnols et jusqu’aux Américains qui annoncent le départ du dernier soldat fin 2014. Le constat est simple: la question afghane ne peu être résolue par la seule force des armes.

Elle est tributaire d’un exploit politique où la communauté internationale se posera en «médiateur» diplomatique entre les différentes tribus et ethnies afghanes. La solution ne peut aboutir sans l’implication directe des chefs de tribus, «princes» régionaux et autorités religieuses afghans.

Parce que dans les conditions actuelles, le gouvernement de Hamid Karzaï autant que le parlement (Jirga) sont aux yeux des populations afghanes des supplétifs des forces d’occupation.

La guerre en Afghanistan est devenue un défi pour toute la communauté internationale.

A cette dernière de prouver qu’elle peut faire triompher la paix et la sécurité par la diplomatie et la politique et que l’utilisation de la violence militaire ne peut être utilisée qu’exceptionnellement, pour des cas précis et limitée dans le temps.

M'hammedi Bouzina Med, correspondant QO à Bruxelles dans la catégorie Analyse

Publié le 01. août, 2010 r

http://afriqueactu.net/2570/analyse/les-raisons-de-l%E2%80%99enlisement-en-afghanistan


1-4 Gideon Rachman : Cette guerre ne mène nulle part.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

Après la fuite de plus de 90 000 documents liés à la guerre en Afghanistan à la presse internationale, la situation semble encore loin d’être stabilisée dans le pays.

L’Occident devrait plutôt renoncer à sa stratégie contre-insurrectionnelle et mieux se concentrer sur la lutte antiterroriste.

Gideon Rachman

Lorsqu’ils se demandent ce qu’ils font en Afghanistan, les responsables politiques occidentaux reviennent presque toujours à la même réponse : “Nous sommes là pour empêcher que l’Afghanistan ne devienne un Etat en faillite et un refuge pour les terroristes”.

Tant que l’Afghanistan ne sera pas stabilisé, les forces occidentales ne pourront donc pas en partir. Rien n’indique toutefois que le pays se dirige sur cette voie.

Au contraire, les combats s’intensifient, le nombre de victimes augmente et les résistants se montrent de plus en plus téméraires.

Peut-être est-il temps de reformuler la question.

Au lieu de nous demander “pourquoi sommes-nous en Afghanistan ?” nous devrions nous demander “si nous sommes en Afghanistan, pourquoi ne sommes-nous pas aussi en Somalie, au Yémen et au Pakistan ?”

Après tout, ces trois pays sont eux aussi de potentiels refuges pour les terroristes.

Les repaires qui inquiètent

La Somalie, notamment, ressemble étonnamment à l’Afghanistan d’avant 2001.

L’Etat n’est pas loin de la déliquescence et l’on sait que des ressortissants occidentaux y suivent des entraînements dans des camps terroristes. Le gouvernement central somalien ne contrôle guère plus que quelques pâtés de maisons autour du palais présidentiel de Mogadiscio et de l’aéroport. Le reste du pays est aux mains d’une insurrection radicale islamiste et de bandes de pirates qui sévissent sur les routes maritimes internationales. Le terrorisme somalien s’exporte également dans les pays voisins, comme l’a récemment montré un attentat à la bombe en Ouganda.

Pays limitrophe de l’Arabie saoudite, séparé de la Somalie par un bras de mer, le Yémen devient lui aussi une source d’inquiétude pour les agences de renseignement occidentales. Et l’on sait depuis longtemps que les derniers dirigeants d’Al-Qaida sont maintenant établis au Pakistan, et non en Afghanistan. L’Occident mène une guerre contre le terrorisme en Afghanistan. Mais les terroristes sont ailleurs. Entre-temps, notre capacité à combattre les menaces autour du monde est sapée par cette guerre afghane qui engloutit tant de moyens.

Dans un tel contexte, deux options se profilent. La première consisterait à appliquer le modèle afghan à la Somalie : intervenir massivement sur le terrain pour combattre le terrorisme et aider à reconstituer un Etat digne de ce nom. La deuxième serait d’appliquer le modèle somalien à l’Afghanistan. Ce qui reviendrait à admettre qu’une intervention militaire est parfois contraire au but recherché, que son coût humain est trop élevé, que la reconstruction de l’Etat a peu de chances de fonctionner et que l’Occident devrait se borner à refouler le terrorisme, au lieu d’essayer de le combattre sur des champs de bataille.


Les frappes aériennes affaiblissent la mission

Les responsables politiques occidentaux craignent d’être embourbés dans une nouvelle opération contre-insurrectionnelle sanglante en Somalie. L’histoire de ce pays depuis 20 ans n’est qu’une succession d’interventions étrangères manquées, qui l’ont laissé à chaque fois en plus mauvais état qu’avant. Au lieu de cela, l’Occident s’oriente vers une solution de rechange discutable : surveiller à distance l’activité terroriste, en recourant à la fois aux images satellite et au renseignement humain. Et quand ce sera possible et nécessaire, intervenir par des frappes militaires et ciblées.

Le même modèle a été appliqué avec un certain succès dans les zones tribales du Pakistan. Les Américains prétendent que les tirs de missiles par des drones ont infligé de lourdes pertes à la hiérarchie d’Al Qaïda et pratiquement empêché l’organisation d’avoir recours aux communications électroniques ou de s’entraîner. Il est vrai que ces frappes tuent des innocents. Mais il est courant que des innocents perdent la vie dans la guerre en Afghanistan.

La leçon de la Somalie et du Pakistan, c’est que la lutte antiterroriste n’est pas la même chose que la lutte contre-insurrectionnelle. Il est possible de combattre des groupes terroristes sans se retrouver entraîné dans un conflit majeur tout en s’efforçant de reconstruire un Etat comme l’a fait l’Occident en Afghanistan. Par conséquent, on peut penser que l’OTAN devrait envisager de retirer ses unités d’Afghanistan beaucoup plus vite que ce qui est aujourd’hui prévu - et de recentrer plus clairement sa mission sur la lutte antiterroriste.

L'issue de la guerre est une question de morale

D’aucuns évoqueront des arguments, bons ou mauvais, allant à l’encontre de cette évolution. Le meilleur de tous veut que, s’étant engagé à mettre en place des structures étatiques dignes de ce nom en Afghanistan, l’Occident ait l’obligation morale de continuer. Incontestablement, beaucoup d’Afghans courageux et honnêtes ont une grande foi en la guerre menée par l’OTAN. Mais il apparaît sans doute évident qu’il n’est pas possible de défendre les droits de l’homme dans le pays à la pointe de baïonnettes étrangères. Seul le développement interne de la société afghane pourra donner des garanties à long terme pour une bonne gestion du gouvernement.

L’autre grand argument contre un retrait d’Afghanistan est que la crédibilité de l’Occident se joue dans ce pays. Si nous échouons, l’OTAN risque de se désintégrer et tous les ennemis des Etats-Unis dans le monde vont s’enhardir. On verra se rejouer la chute de Saigon en 1975, avec cette fois les résistantss entrant dans Kaboul. Mais cet argument ne tient pas vraiment non plus. Des forces étrangères sérieusement réduites aideraient le gouvernement afghan à garder le contrôle de la capitale - tout comme les forces de l’Union africaine ont jusqu’ici empêché les islamistes de s’emparer de Mogadiscio. Même la chute de Saigon n’a pas représenté pour les Etats-Unis la catastrophe qu'on imaginait à l’époque. A peine seize ans plus tard, l’Union soviétique s’est effondrée, un événement en partie accéléré par une guerre épuisante en Afghanistan.

Lorsque que les politiques occidentaux parlent de “crédibilité” à propos de l’Afghanistan, c’est souvent de leur propre crédibilité qu’ils se préoccupent avant tout. Le calendrier militaire des Américains en Afghanistan a d’ores et déjà été visiblement fixé de manière à ce que les Etats-Unis ne “perdent” pas la guerre avant la prochaine élection présidentielle. Mais continuer à demander aux soldats de se battre et de mourir en Afghanistan pour éviter des désagréments électoraux défie toute morale.

Gideon Rachman

27 juillet

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/302951-cette-guerre-ne-mene-nulle-part


1-5 Le retrait hollandais relance le débat sur la guerre.

Les autres pays pourraient être tentés de se désengager, alors que les fuites sur Wikileaks fragilisent encore la coalition.

L'engagement des 1 950 soldats néerlandais dans la guerre d'Afghanistan a pris fin dimanche, ce qui fait des Pays-Bas le premier pays à retirer ses troupes d'un conflit aux allures de bourbier.

La décision a été prise il y a plusieurs mois, après une crise politique à La Haye, mais elle tombe en plein débat sur la stratégie américaine et occidentale provoqué par la divulgation de milliers de documents confidentiels par le site Wikileaks.

La demande de renforts adressée au début de l'année aux Etats membres de la coalition avait provoqué un vif débat aux Pays-Bas, et entraîné la chute de la coalition gouvernementale en février. La décision avait été alors prise de retirer le contingent néerlandais qui était stationné dans la région d'Uruzgan, une zone difficile du sud de l'Afghanistan.

Au cours de leur intervention, les Néerlandais ont perdu 24 soldats, dont le propre fils du chef d'état-major de l'armée nationale, le général Peter van Uhm.

Le Canada se fait hésitant et l'Otan s'inquiète

Le correspondant de la BBC à Bruxelles souligne qu'au siège de l'Otan, on surveille avec anxiété l'impact de ce premier retrait majeur d'un pays contributeur à la force internationale de 145 000 hommes engagée en Afghanistan, et ses conséquences sur la stratégie occidentale dans ce pays.

D'autant qu'un autre pays important, le Canada, qui a payé un prix humain particulièrement lourd, se pose lui aussi la question d'un retrait de son contingent l'an prochain.

En France, pas de risque : aucun vrai débat sur l'engagement des troupes françaises depuis bientôt neuf ans n'est engagé. Electro-encéphalogramme estival plat après les révélations de Wikileaks. La question que je posais en février, « pourquoi les Français oublient-ils la guerre en Afghanistan ? », reste valable, malgré les 45 morts enregistrés par la France, et une absence totale de visibilité politique.

C'est moins vrai dans les autres pays de la coalition, tous traversés par des débats sur un engagement qui apparait de plus en plus sans issue, un sentiment renforcé par la lecture des documents de Wikileaks.

Wikileaks provoque le débat aux Etats-Unis

Mais c'est évidemment aux Etats-Unis, le pays leader dans l'engagement militaire et celui qui contribue l'essentiel des troupes, que le débat est le plus vif. La diffusion de 92 000 documents militaires confidentiels a mis le conflit d'Afghanistan au cœur du débat politique.

Le pays s'est divisé sur l'initiative de Wikileaks et sur le sort du soldat Bradley Manning, qui aurait sorti une grande partie de ces informations. C'est, en nombre plus qu'en importance évidemment, la plus grande fuite de documents confidentiels de l'histoire américaine !

Manning, 22 ans, qui était attaché à un centre d'analyse du renseignement basé à 40Km de Bagdad, vient d'être transféré dans une prison militaire d'une base de Marines de Virginie, après un passage en détention au Koweit.

Il sera jugé pour une première fuite retentissante, celle d'une vidéo de bord d'un avion de combat américain qui avait tiré sur un groupe de personnes à Bagdad, tuant notamment deux employés de l'agence britannique Reuters. La vidéo s'était retrouvée sur Wikileaks, et révélait des informations que l'armée refusait de communiquer aux familles et à la justice.

Bradley Manning est fortement soupçonné d'être également à l'origine des dernières révélations de Wikileaks, et risque de passer le reste de ses jours en prison, au minimum plusieurs décennies.

Le soldat Manning, héros ou salaud ?

Héros ou salaud ? L'opinion américaine se déchire sur le geste de ce soldat sans histoire, dont on ne connait qu'une seule photo d'identité qui montre un militaire banal.

Manning aurait perdu ses illusions en passant quatorze heures par jour, sept jours sur sept, plusieurs mois d'affilée sur des documents confidentiels liés aux engagements militaires américains en Irak et en Afghanistan.

L'establishment politico-militaire américain est monté de manière prévisible au créneau pour dénoncer la révélation de documents « qui n'apportent rien » et « mettent en danger la vie » des « boys » et de leurs informateurs afghans.

Mais il est une autre Amérique, qui considère que Bradley Manning a agi selon sa conscience et a eu raison de révéler des documents qui ont le mérite de faire s'interroger sur le sens d'un engagement initialement consensuel après le 11 septembre, et qui s'est égaré depuis.

Sur les networks américains, on a pu voir face à face des généraux à la retraite, comme l'ancien commandant de l'Otan le général Wesley Clark, et les protagonistes d'une autre fuite retentissante, celle des « documents du Pentagone » de l'époque de la guerre du Vietnam, en 1971, qui avaient provoqué un tournant dans le soutien de l'opinion à la guerre.

Sur CNN, Daniel Ellsberg, l'ancien analyste de la Rand Corporation, qui avait communiqué les « Pentagon papers » au Washington Post, s'est enthousiasmé pour le geste de Bradley Manning qu'il a situé dans la droite ligne de sa propre action 40 ans plus tôt.

L'administration Obama devra donner des réponses concrètes

Ceux qui considèrent Manning comme un « héros » sont sans doute minoritaires dans l'opinion, mais ils risquent de se retrouver plus nombreux si l'administration Obama n'apporte pas des réponses concrètes à leurs questions dans les prochaines semaines et mois.

  • Quid du Pakistan et de l'engagement de ses services de renseignement en faveur des résistants, secret de Polichinelle confirmé par les documents de Wikileaks et que vient de poser également publiquement le premier ministre britannique David Cameron ?
  • Comment réduire les pertes civiles qui s'avèrent bien supérieures à ce qu'admettent les communiqués officiels ?
  • Quelle stratégie de sortie d'Afghanistan si une victoire militaire est impossible, et qu'aucune perspective politique n'est en vue ?

Barack Obama pouvait espérer avoir calmé le débat en présentant sa stratégie il y a quelques mois : un « surge » (le mot vient de la guerre d'Irak avec l'augmentation des effectifs américains, qui a eu un certain effet sur l'intensité du conflit) du nombre de troupes pour une période limitée, et un désengagement progressif en 2011 au profit d'une armée afghane renforcée.

La première alerte pour l'administration est venue lors de la crise suscitée par les propos du général Stanley McChrystal, commandant des forces de l'Otan en Afghanistan, au magazine Rolling Stone et des doutes qu'il exprimait sur le leadership politique américain, affaire vite réglée par le limogeage du général et son remplacement par un « poids lourd » militaire, le général David Petraeus, justement celui du « surge » irakien.

La deuxième alerte est donc l'affaire Wikileaks, qui soulève des questions de fond sur l'engagement occidental en Afghanistan.

Alors que les mois de juin et juillet ont été les plus meurtriers pour les forces américaines en Afghanistan depuis 2001, avec 166 soldats tués, Obama est désormais contraint de surveiller aussi le « front » intérieur. On sait, depuis le Vietnam, que c'est là, aussi et sans doute surtout, que se gagnent ou se perdent les guerres extérieures.

Pierre Haski  

01/08

Rue89 | 


1-6 Le renseignement américain est-il inefficace, ingérable et dépensier ?

C'est ce qu'affirme le Washington Post ce lundi. Dans son enquête, le journal explique que les différents services de renseignements ont tellement grossi depuis le 11-Septembre qu'un "monde secret, se développant sans contrôle" s'est créé dans leur sillage.

Après avoir lancé ses meilleurs journalistes sur le sujet pendant plusieurs mois, le Washington Post publie ce lundi une enquête édifiante, en forme de réquisitoire contre l'inefficacité de tous ces services. Elle est intitulée "Un monde caché, se développant sans contrôle".

Le journal y dresse une liste non exhaustive d'inepties, de gabegies et de dépenses de l'argent du contribuable. "Le monde secret que le gouvernement a créé pour répondre aux attaques terroristes du 11-Septembre 2001 est devenu si gros, si lourd et si secret que plus personne ne sait ce qu'il coûte, combien de personnes il emploie, combien de programmes il génère et combien d'agences y font le même travail". Résultat : "impossible de déterminer son efficacité".

Des informations utilisées par d'éventuels terroristes ?

Voici quelques chiffres relevés par le Washington Post, obtenus dans des mémos, des descriptifs d'offres d'emploi et des centaines d'entretiens avec des employés de tous ces services :

- 1.271 agences gouvernementales et 1.931 sociétés privées travaillent sur des thèmes liés de plus ou moins loin au contre-terrorisme, à la sécurité intérieure et au renseignement, dans environ 10.000 sites à travers les Etats-Unis.

- 854.000 personnes possèdent une accréditation "sécurité" ou "top-secret".

- Dans la région de Washington, 33 bâtiments ont été construits depuis le 11-Septembre ou sont actuellement en construction pour accueillir des services de renseignements : c'est l'équivalent de trois Pentagones.

- Beaucoup d'agences effectuent exactement le même travail, ce qui crée des redondances, de la perte de temps et de moyens et de la concurrence non saine.

La question

Les renseignements américains sont-ils capables d'empêcher un autre 11-Septembre ?

Haut du formulaire

Le Washington Post souligne que des responsables gouvernementaux ou de ces différents services lui ont demandé de modifier certaines points, inexacts, de son enquête. D'autres, sans réclamer la non-publication, ont mis en avant que l'article allait poser des questions de sécurité car plusieurs informations étaient encore inconnues du grand public et donc des terroristes potentiels. Ceux-ci pourraient donc s'en servir pour de prochaines actions.

Par F.A.,

19 juillet 2010

http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2010-07/le-renseignement...


1-7 Lynne O'Donnell : Karzaï devrait assurer avec ses propres forces la ‘sécurité’ du pays d'ici fin 2014.

Nb : Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

La communauté internationale réunie mardi à Kaboul a apporté son soutien au projet du président Karzaï d'assurer avec ses propres forces la sécurité du pays d'ici à la fin 2014, ainsi qu'à sa politique de main tendue aux résistants.

Les représentants de plus de 70 pays donateurs et organisations internationales se sont également engagés à ce qu'une plus grande part (au moins la moitié) des milliards de dollars d'aide internationale destinés à l'Afghanistan passe par le budget du gouvernement afghan d'ici à deux ans.

Kaboul le réclamait depuis plusieurs années, mais une partie des bailleurs rechignait, montrant notamment du doigt la corruption au sein de l'administration.

Kaboul en charge de la sécurité dès 2014

Cette conférence constitue «une avancée majeure» pour l'avenir de l'Afghanistan, a déclaré mardi Obama.

La conférence a soutenu l'objectif de M. Karzaï «selon lequel les forces armées nationales afghanes doivent mener et conduire les opérations militaires dans toutes les provinces d'ici à la fin 2014», indique le communiqué final.

L'objectif est ambitieux, la rébellion menée par les résistants ayant gagné du terrain ces dernières années alors même que les forces afghanes sont appuyées par plus de 140 000 militaires étrangers, aux deux tiers américains.

M. Karzaï s'est dit mardi «déterminé» à respecter le délai de 2014, en souhaitant un accord rapide sur les modalités de cette transition.

Le Premier ministre britannique David Cameron, interrogé par la radio publique américaine NPR, a jugé «réaliste» cet objectif.

Le document ne précise pas en revanche si un retrait des troupes étrangères est prévu en 2014. Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a annoncé quant à lui que des militaires étrangers resteraient après la période de transition pour assurer un «rôle en soutien» des forces afghanes.

....

La guerre en Afghanistan est de plus en plus impopulaire dans les opinions publiques occidentales, après environ neuf années de combats et en raison des pertes sans précédent que subit la coalition.

Deux soldats des forces internationales ont ainsi péri mardi dans l'explosion de deux mines artisanales, l'arme de prédilection des résistants, dans le sud de l'Afghanistan, a fait savoir l'Otan.

Parallèlement, la conférence a entériné son soutien au dernier programme de paix mis en oeuvre au printemps par le chef de l'État afghan et visant les résistants de rang inférieur, qui combattraient pour l'argent et non par idéologie.

L'idée n'est pas nouvelle : une amnistie contre une reddition avait été proposée dès 2005 par Hamid Karzaï aux résistants prêts à renoncer à la violence.

Sans grand succès, les résistants ayant toujours refusé jusqu'ici de rendre les armes, tant que les troupes internationales n'auraient pas quitté le pays.

Peu après la fin de la conférence, le Fonds monétaire international (FMI) a ouvert la voie à l'octroi d'un prêt de 125 millions de dollars à l'Afghanistan, en indiquant s'être mis d'accord avec ce pays sur les conditions de cette aide.

Lynne O'Donnell

20 juillet 2010
Agence France-Presse

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201007/20/01-4299828-kaboul-veut-assurer-sa-securite-dici-2014.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_moyen-orient_291_section_POS4


1-8 Les Allemands n'admettent pas la guerre en Afghanistan.
Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

Majoritairement pacifistes, les Allemands ont l'impression d'avoir été trompés par les politiques sur la réalité de leur engagement.

Les Allemands sont en guerre depuis bientôt neuf ans et ils ont toujours bien du mal à l'admettre.

La publication des documents sur l'Afghanistan par le site WikiLeaks a relancé outre-Rhin le débat sur un conflit qui a eu bien du mal à trouver un nom.

Depuis dix jours, la presse allemande multiplie les articles avec toujours le même but: faire comprendre à la population que c'est bien une guerre que mènent en son nom les soldats de la Bundeswehr.

Il a fallu attendre Pâques cette année et la mort de nouveaux soldats pour que le ministre de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, ose employer le mot interdit.

Depuis sa nomination en octobre 2009, après la dramatique affaire de Kunduz (140 civils tués par erreur lors d'un bombardement ordonné par un colonel allemand), cet aristocrate, juriste et officier de réserve, a multiplié les visites auprès des troupes en Afghanistan. Il a dissipé le voile de fumée qui entourait depuis 2001 le rôle de la Bundeswehr: non, les soldats allemands ne font pas que de la formation pour l'armée afghane et des opérations d'aide à la population ; oui, ils participent activement à des actions armées.

70% des Allemands pour le retour des soldats

Dernier scandale dévoilé par les documents de WikiLeaks: la Bundeswehr a inscrit des chefs de la résistance sur la liste des personnes à abattre, au moins 13, selon Der Spiegel.

L'armée allemande participe donc pleinement à ces opérations ciblées. Une politique qui fait réagir dans les rangs des parlementaires: de telles opérations sont «sur le principe problématiques, sans succès et contre-productives», a déclaré Hans-Peter Bartels, député social-démocrate, spécialiste des questions de défense.

Les débats parlementaires sur la question de l'engagement allemand se succèdent sans discontinuer depuis la décision très controversée prise par le chancelier Schröder d'envoyer des troupes. Selon un sondage, 70% des Allemands réclament un retour rapide des soldats. Majoritairement pacifistes selon les enquêtes d'opinion, les Allemands ont l'impression d'avoir été trompés par les politiques sur la réalité de leur engagement. Beaucoup espèrent ici que la publication des documents de WikiLeaks permettra d'inverser le cours des choses, alors que 850 soldats supplémentaires doivent être envoyés en renfort.

 La Bundeswehr est la troisième force sur place, derrière les Américains et les Britanniques.

http://www.lefigaro.fr/international/2010/08/02/01003-20100802ARTFIG00506-les-allemands-n-admettent-pas-la-guerre-en-afghanistan.php


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