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26/08/2010

n° 495 - Les Dossiers d'Irak - 26-08 - : Suite :- : L'armée américaine quitte l'Irak: mission accomplie ?

n° 495  - Les Dossiers d'Irak - 26-08 - : Suite  :- : L'armée américaine quitte l'Irak: mission accomplie ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 495                                                      26/08/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

1-5 Danielle Bleitrach : Afghanistan, Irak, demain l'Iran: la vérité fait peur.

1-6 Le roi dollar règne en maître à Bagdad.

a) Le roi dollar à Bagdad..

b) Les nouveaux voleurs de Bagdad : Les députés irakiens s’empiffrent !

c) L’Irak a besoin de pleureuses !

1-7 Affaire "Pétrole... sans nourriture" .

1-8 Tarek Aziz peut enfin parler.

1-9 Vers la réouverture de l’enquête sur la mort suspecte de l’expert en armes biologiques David Kelly.


1-5 Danielle Bleitrach : Afghanistan, Irak, demain l'Iran: la vérité fait peur.

Changement de société

Après la diffusion de documents par le jeune soldat -dont depuis on a appris qu’il se trouvait incarcéré dans une prison militaire au Koweit quand il a envoyé les dits documents- un certain nombre de questions demeurent, d’abord comment a-t-il pu faire ?

Ensuite pourquoi, et enfin quelles conséquences. Sans pouvoir prétendre aujourd’hui à répondre à toutes ces interrogations, un certain nombre d’informations parvenues dans la seule journée du 30 juillet permettent d’éclairer le fait et surtout lui donner sa véritable dimension, celle d’une fuite en avant dans le mensonge pour aller toujours plus loin dans la folie, le pillage, la destruction…

Tout en parant ceux qui accomplissent ces crimes des vertus démocratiques.

Le jeune soldat est-il un traitre ou un héros et s’il n’était qu’un symptôme de ce que représente la guerre, celles d’aujourd’hui et celle de demain si nous n’y prenons garde…

 Le jeune soldat était déjà en prison pour divulgation d’une vidéo secrète

Le fait que ce soit le soldat Bradley Manning , de l’armée des Etats-Unis qui ait diffusé les documents a été découvert par le pirate informatique (hacker), Lamo.

Le jeune soldat était déjà d’ailleurs incarcéré dans une prison militaire et Lamo qui l’a détecté pense de ce fait il a eu une aide technique… ,Lamo, a été lui-même en prison en 2004 pour s’être introduit dans les systèmes informatiques du The New York Times, Microsoft et Lexis-Nexis avec l’intention, selon lui ,de tester les défenses de ces entreprises.Cette note informative qui est parue aux Etats-unis et en Amérique latine témoigne du fait que nous sommes entrés dans un nouvel âge de la guerre, lequel ?

Bradley Manning, un soldat américain de 22 ans accusé d’avoir transmis des renseignements au site WikiLeaks, a été transféré dans une prison militaire aux Etats-Unis en provenance du Koweït, a annoncé vendredi l’armée américaine.Le  jeune Bradley Manning est un soldat de première classe de l’armée et surtout  analyste du renseignement militaire. Il était déjà en prison au Koweit (?) pour avoir diffusé la vidéo secrète montrant l’équipage d’un hélicoptère de combat américain ouvrir le feu sur un groupe de personnes lors d’un incident à Bagdad en 2007. Un photographe de l’agence de presse britannique Reuters et son chauffeur ont été tués.Il avait déjà transmis la video au site Wikileaks et il a simplement récidivé alors qu’il était déjà incarcéré pour l’affaire de la video.

« Un responsable américain qui a examiné certains des documents révélés a estimé que Manning aurait pu se les procurer en surfant sur un système Intranet du Pentagone baptisé « SIPRNet » (Secret Internet Protocol Router Network). Les analystes du renseignement comme Manning et d’autres soldats sur le terrain peuvent avoir accès à des informations militaires en provenance d’Irak ou d’Afghanistan, aux sites du département d’Etat et à certains sites dédiés au renseignement. Le SIPRNet n’est pas nouveau, mais son accès a été élargi depuis le 11 septembre 2001. » AP

Manning a été transféré à la base de Quantico en Virginie (est des Etats-Unis) où il sera détenu en attendant son procès pour avoir divulgué à WikiLeaks des renseignements militaires ultra-secrets, a précisé l’armée.Bref il ne s’agit pas d’un jeune pirate informaticien mais bien de quelqu’un qui va jusqu’au bout de ses choix et qui est ulcéré par ce qu’il découvre à la manière de daniel ELLsberg. Il risque 52 ans de prison…

La guerre hors limite

 Dans mon blog, j’avais présenté un livre de deux stratèges chinois, La Guerre hors limites , Qiao Liang & Wang Xiangsui, Payot, Rivages, 2003.

Ce livre est un remarquable ouvrage de stratégie rédigé par deux colonels de l’armée chinoise. Les auteurs nourrissent leur analyse d’une réflexion solide sur la Première guerre du Golfe, elle-même nourrie d’une excellente connaissance des auteurs classiques et contemporains de l’art stratégique.Le cœur de leur réflexion est simple : jusqu’à notre époque, les progrès dans l’art de la guerre reposaient toujours pour l’essentiel sur des progrès technologiques, et chaque guerre pouvait être qualifiée par sa technologie la plus récente (guerres d’artillerie, guerres aériennes, etc.). Avec toujours plus un déplacement du champ de bataille vers les populations civile, intié par Hitler et qui a marqué toute la deuxième guerre mondiale et rapidement adopté par les Etats-Unis, Hiroshima, les nappes de bombes à partir des B 52. La Première guerre du Golfe, à cet égard, marque l’acmé de ce mouvement avec une mobilisation de l’électronique, de l’information, du traitement de l’information et de la domination aérienne sans précédent.

Mais, pensent les auteurs, ce mouvement est aujourd’hui achevé. Les technologies de la communication, l’imbrication des sociétés mondialisées sont telles que : de très nombreux facteurs peuvent désormais être utilisés comme arme de guerre ;
 la combinaison des « armes » existantes ouvre de telles possibilités que tous les progrès à venir reposeront sur cet art de la combinaison.

Extrait :

« A l’époque de la synthèse des techniques et de la mondialisation (…) la relation entre armes et guerre a été réordinnée, tandis que l’apparition d’armes de nouvelles conception et surtout de nouvelles conceptions d’armes ont progressivement brouillé le visage de la guerre. Une seule attaque de « hacker » compte-t-elle pour un acte hostile ? L’emploi d’instruments financiers pour détruire l’économie d’un pays peut-elle être considérée comme une bataille ? La diffusion par CNN du cadavre d’un soldat américain exposé dans les rue de Mogadiscio a-t-elle ébranlé la détermination des Américains de se comporter comme le gendarme du monde, et modifié du même coup la situation stratégique mondiale ? »

La guerre moderne mêle à la fois occupation aérienne et territoriale, information, culture, médias, manipulation psychologique, action économique, menace écologique… dans des combinaisons imprévues et sans cesse variable.

Les auteurs développent avec rigueur et conséquences ce postulat et présentent, de manière très convainquante ce qu’ils estiment être désormais la méthode essentielle du nouvelle Art de la guerre : « la combinaison hors limites ».

Cette guerre a déjà commencé, et les hackers en font partie intégrante, parce que quand il a été écrit internet était à un stade balbutiant mais désormais on doit y intégrer cet extraordinaire mais parfois repoussant amas de rumeurs, d’informations mais aussi de désinformation.

La guerre totalement assymétrique devient de simple police

J’ajouterai que l’extraordinaire est lié au nouvel ennemi que se sont fabriqués les puissances occidentales en suivant les Etats-Unis et de ce point de vue ce qui se passe en Afghanistan et en irak est exemplaire. Déjà préfiguré par la déroute des armées Etatsuniennes en Somalie juste après la guerre du Golfe de 1991. Une armée d’une lourdeur inouïe conçue pour l’affrontement avec une autre grande puissance, une armée mercenaire avec une logistique démesurée se trouve confrontée à des rebelles et à une population qui ne peut plus supporter une telle occupation.Cette armée doit affronter un adversaire si assymétrique que sa mission en devient de simple police et elle ne sait faire régner que le chaos. Elle a de surcroît un étrange cahier de charges : il ne doit y avoir aucun mort dans l’armée d’invasion.

Il faut encore ajouter le fait que l’armée devenue de métier, formée d’engagés et avec de plus en plus de mercenaires, n’est plus l’instrument du patriotisme mais le symptôme de sa crise, avec un maximum de jeunes chômeurs, voire de latinos cherchant un moyen de s’intégrer rapidement à la nationalité des Etats-Unis mais aussi d’autres pays occidentaux alors que comme en Arizona les frontières se ferment et l’immigration est de plus en plus délinquante. L’armée avec son complexe industrialo militaire générateurs d’immenses profits à un bout de la chaîne, puisque les guerres se chiffrent en milliard de dollars, la privatisation croissante de ses fonctions et une population recrutée sur la base de la crise est envoyée se battre contre des peuples de misérables dont elle ignore tout et finit par provoquer un sursaut patriotique de la part de l’adversaire.

C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier une nouvelle intervenue également hier 30 juillet:2010 : ce jour-là, des dizaines d’habitants de Kaboul se sont insurgés et ont blessé trois policiers et ont mis le feu à deux véhicules de l’OTAN lors d’une manifestation populaire, après qu’un véhicule de l’Alliance Atlantique ait été impliquée ce vendredi dans un accident de circulation qui a coûté la vie à au moins quatre civils, avant de prendre la fuite. L’accident à eu lieu à trois heures de l’après-midi (heure locale)dans la zone résidentielle de Bebe Mahro – proche de l’aéroport de Kaboul- quand un car de tourisme avec six occupants à bord a explosé après un choc avec un véhicule de l’OTAN qui faisait partie d’un convoi, qui tentait de rentrer dans la rue principale. Les forces afghanes ont immédiatement fermé la zone mais un grand nombre d’habitants ont commencé à se regrouper sur les lieux de l’accident pour voir ce qui se passait, selon une information de l’agence afghane Pajhwok.

Quand ils ont su que le vehicule de l’OTAN était à l’origine du sinistre et avait pris la fuite, les habitants de la capitale ont commencé à jeter des pierres sur les véhicules alliés qui circulaient aux alentours et ont mis le fu à certains d’entre eux. Trois policiers ont éte blessés par les jets de pierre.Finalement la police afghane a pu disperser la foule qui hurlait sa colère contre les troupes étrangères et le président afghan, Hamid Karzai.Lincident a donné lieu à une enquête par la police afghane et la Force Internationale d’Assistance pour la sécurité en Afghanistan (ISAF), il y a eu dans le véhicule civil quatre morts et deux blessés.

cet incident est caractéristique de l’exaspération des populations, il ne s’agit plus seulement des zones rebelles mais bien du centre de la capitale, de sa zone résidentielle que l’on prétend pacifiée. Cette situation est à mettre en relation avec la manière dont les soldats nord-américains en Iraq sont placés dans des zones lointaines pour les protéger de la population.

Quelle menace contre la sécurité nationale ?

Cet état de fait qui ne cesse de se reproduire nous incite à dire notre accord avec ce que déclarait le 29 juillet »la vérité fait peur : le reporter DAVE LINDORFF

« La réponse initiale de la Maison blanche à la sortie de 92,000 pages de rapports sans complaisance sur le terrain par les États-Unis force en Afghanistan pendant la période de 2004-2009 – qu’il s’agissait là d’ une menace à la sécurité nationale et aux vies des troupes américaines – était aussi prévisible que grotesque. Ces documents n’ont révélé rien de nouveau pour les ennemis de l’Amérique en Afghanistan ou le Pakistan. Les combattants Talibans savaient parfaitement que leurs missiles guidés par infrarouge avaient avec battu avec succès des hélicoptères américains. Ils n’ont révélé rien de nouveau pour le service secret du Pakistan, l’ISI. Les Pakistanais savaient qu’ils aidaient le Taliban avec leurs renseignements, la planification stratégique et des armes dans leur combat contre des forces américaines et le régime actuel de marionnettes à Kaboul. Ils n’ont rien révélé non plus à la population civile très patiente en Afghanistan non plus.

Les Afghans savent que des forces américaines les ont visés aux points de contrôle, bombardant effrontément leurs maisons et villages dans des tentatives de frapper des supposés leaders Talibans ou Al Qaeda et dissimulant ces atrocités quand des hommes innocents, des femmes et des enfants sont les victimes.

Non, l’idée que la sortie de ces documents est une menace est un mensonge aussi énorme que celui des deux la dernière administration de Président George W. Bush et l’administration actuelle de Barack Obama ont lancé, les EU sont engagés dans « une bonne guerre, en essayant de battre »des terroristes »et établir un gouvernement démocratique en Afghanistan.C’est ce qui fait que la sortie des documents de WikiLeaks comme la sortie de ceux deDaniel Ellsberg et de Tony Russo du Pentagone jadis. Ce n’est pas tellement qu’il y ait des nouvelles informations explosives dans ces documents, quoiqu’il y en ait certains.

C’est le fait qu’ils exposent au public américain la profondeur et l’étendue de la réalité du gouvernement et du Pentagone dans les guerres en question » counterpunch 29 juillet, traduit par danielle bleitrach

La révélation est pour nous peuples occidentaux qui acceptons que l’on mène de telles guerres en notre nom.

Le dernier symptôme de la profondeur de la crise : le suicide

 Alors que le challenge est de zéro morts chez les soladats des puissances occidentales que l’on considère comme de la porcelaine fragile, un mal plus profond les ronge. Le taux de suicide chez les soldats dans l’armée des Etats-Unis dépasse pour la première celui des civils depuis la guerre du Viet-Nam, dit le New York Times du 30 juillet.

Un nouveau rapport du Pentagone met en évidence le chiffre record de 160 suicides pour les effectifs en service dans l’année qui intervient entre le 1 octobre 2008 et le 30 septembre 2009.
Le document met en cause la responsabilité du haut commandement pour ignorer les problèmes croissants de maladie mentale, de drogues et délits entre les soldats.

Selon le texte, un tiers des troupes prend au moins un médicament sur ordonnance et 14% ingère un quelconque type d’analgésique fort.. selon le rapport, à peu près 20 de chaque 100 mille soldats se sont donnés la mort comparé le premier de 19 par chaque 100 mille citoyens à l’intérieur de la population civile.

Le suicide n’est pas un phénomène individuel expliquait Durkheim, il illustre en quelque sorte l’état réel des rapports sociaux et il mettait en évidence, le suicide anomique, celui où l’individu perd contact avec les autres comme d’ailleurs avec le sens de ses actes.

Cependant, le président Barack Obama a sanctionné ce jeudi une loi de financement de guerre qui octroie 37 milliards de dollars plus aux guerres de l’Afghanistan et de l’Iraq. Il l’a fait avec le soutien massif des républicains et une faille de plus en plus manifeste dans la population qui l’a élu.

En France, si l’on excepte la position courageuse de Paul Quiles dans une tribune du monde, pour nos médias et nos hommes politiques nous ne serions pas concernés, le Monde Du 29 juillet accomplit même l’exploit d’attribuer la totalité de la catastrophe afghane au président Bush qui n’a pas assez envoyé de troupes, heureusement Obama le fait selon ce quotidien. L’erreur poursuit le « grand » quotidien du soir a été que Bush centre tout sur l’irak.

 Oui et avec les résultats que l’on voit qui ne vallent pas mieux que ceux de l’Afghanistan.

Mais pour le Monde très représentatif du consensus droite gauche non seulement sur la guerre mais sur l’absence d’alternative à la société actuelle s’agit de sauver le soldat Obama pour nous permettre de nous lancer tous dans l’assaut contre l’Iran. La fuite en avant du docteur Fol amour…

Danielle Bleitrach

Les civils afghans sont régulièrement massacrés dans le cadre de cette guerre y compris et fréquemment par les forces d’occupation, voir par exemple la vidéo suivante qui montre la population afghane protestant contre cela  :, est-ce que vous croirez qu’ils découvrent quelque chose dans les « révélations » non ils vivent les faits…

http://www.youtube.com/watch?v=D3PH…

Voilà encore des faits qui doivent être couvert par le secret défense où du moins qui ne doivent pas être criés sur tous les toits. Écoutez ce soldat américain qui a participé à la guerre d’Irak : 

http://www.dailymotion.com/video/xbtnt1_irak-mike-prysner-jeune-veteran_news

Le comble étant bien évidemment que ceux qui déclenchent des guerres sur la base de mensonges d’État, mentent, dissimulent, torturent et assassinent ne risquent aujourd’hui absolument rien. 

http://www.youtube.com/watch?v=YKaU…

Publié 31 juillet 2010

http://socio13.wordpress.com:80/2010/07/31/afghanista-irak-demain-liran-la-verite-fait-peur-par-danielle-bleitrach/



1-6 Le roi dollar règne en maître à Bagdad.

L'Irak, disparu subrepticement de nos préoccupations, illustre bien le sort des pays sur lesquels s'est penché la sollicitude occidentale, pour les libérer de l'oppression, leur apporter la liberté et 'nos valeurs'. ...

Il serait intéressant de retrouver le texte de Kouchner paru dans la Libre Match, à la veille de l'agression de 2003, décrivant la paradis que serait l'Irak débarrassé de Saddam Hussein


a) Le roi dollar à Bagdad..

- Jalal Talabani  : Président: 700 000 $ par an

- Adel Abdul Mahdi et Tariq al-Hashimi, vice-présidents: 600 000 $ par an.

- Nouri al-Maliki, Premier ministre : 360 000 $ par an.

(Mais, selon certaines sources, son salaire serait en fait identique à celui du Président de la République)

- Rowsch Nouri Shaways, vice- Premier ministre : 172 000 $ par an.

  Les salaires des hauts fonctionnaires choisis par les dirigeants, des gouverneurs de province, ne sont pas rendus publics.

Des primes, notamment de risques, peuvent les augmenter de façon spectaculaire. Leurs frais d’hospitalisation sont à la charge de l’Etat.

   Aucun journaliste, à moins d’être suicidaire, ne s’avisera à enquêter sur les prébendes des dirigeants, mais la rue irakienne, elle, n’hésite pas à dénoncer les doubles salaires versés par la CIA, le MI6, les Gardiens de la Révolution iranienne, le Mossad ou d’autres services secrets, les avances sur commission des entreprises étrangères, l’accès à des caisses noires, les trafics divers, la contrebande…

   On comprend qu’aucun des nouveaux voleurs de Bagdad ne veuille quitter son poste. Ceux qui y seront contraints n’ont pourtant pas de souci à se faire: il leur sera versé 80% de leur dernier salaire jusqu’à la fin de leurs jours, auxquels ils pourront additionner le montant des retraites des autres fonctions gouvernementales qu’ils ont occupées.

L’Irak n’a toujours pas de Premier ministre ni de gouvernement, mais on oublie qu’il n’a pas, non plus, de Président de l’assemblée nationale ni de Président de la République.

Bien que sommés par leurs opposants d’expédier les affaires courantes, Jalal Talabani et Nouri al-Maliki, vissés à leur siège, font ce que bon leur semble, hors de tout contrôle.

   Le Conseil de sécurité de l’ONU exhorte la classe politique irakienne à « former aussi rapidement que possible un gouvernement ouvert » son représentant à Bagdad, Ad Melkert, craint que le vide institutionnel ne soit exploité par « des individus opposés à la transition démocratique ».

Parallèlement, les Etats-Unis font pression sur Iyad Allaoui, arrivé en tête des législatives du 7 mars, et Nouri al-Maliki pour qu’ils acceptent de gouverner le pays ensemble et mettent sur la touche Moqtada al-Sadr. Arrivé à mi- mandat, Barack Obama ne veut pas qu’une nouvelle dégradation de la situation en Irak, ajoutée à la déroute de l’OTAN en Afghanistan,  perturbe la campagne pour sa réélection. Ce n’est évidement pas l’intérêt de l’Iran où l’ayatollah Khameini, « guide suprême de la révolution », tient à ce que le régime de Bagdad soit dirigé par une coalition chiite safavide, c'est-à-dire pro-iranienne. 

Mais, au-delà des marchandages entre Washington et Téhéran et des ambitions politiques, tribales, ethniques ou religieuses inhérentes à la vie politique irakienne depuis 2003, il est un sujet dont personne ne parle, ou presque : les salaires mirifiques et les prébendes des dirigeants du pays. Sarmad al-Taie, rédacteur en chef du quotidien indépendant Al-Alam (1), a levé une partie du voile sur ce que touchent officiellement certains membres de la clique au pouvoir, qui expliquent aussi pourquoi ils sont scotchés à leur poste

Notes :

(1) Iraq’s Top Ten Salaries… And The Best Pension in The World, I guess

http://blogs.mcclatchydc.com/iraq/2010/06/iraqs-top-ten-salaries-and-the-best-pension-in-the-world-i-guess.html

 

b) Les nouveaux voleurs de Bagdad : Les députés irakiens s’empiffrent !  

Les députés irakiens s’accrochent à leur siège. On comprend pourquoi depuis que leurs privilèges, exorbitants, ont été rendus publics. Ils touchent 25 500$ par mois, auxquels s’ajoute une prime de 8 500$ - également mensuelle - pour rémunérer une trentaine de secrétaires et de gardes du corps. La plupart des « élus » conservent cette somme pour eux - ou sa majeure partie – car, vivant à l’étranger, ils n’emploient des miliciens ou des membres de leur tribu - généralement sous payés – qu’à l’occasion de passages éclairs à Bagdad, dans la Zone verte. Le quorum de 138 députés n’étant jamais atteint, les lois sont votées à la majorité des présents, ou à main levée - comme en octobre 2006 - pour empêcher tout décompte et faire passer en force celle instaurant le fédéralisme.

Ce n’est pas tout : lors de sessions interdites aux médias, ils se sont dispensé de rembourser une avance de 60 000$, exceptionnellement versée pour acheter une voiture blindée et les véhicules de protection l’accompagnant. Les élections législatives approchant, ils se sont alloué chacun un terrain à bâtir de 600 m2, et ont décidé que les députés sortants percevront 80% de leur salaire actuel pendant 10 ans. Chacun d’entre eux, et sa famille, disposeront, en outre, d’un passeport diplomatique.

On imagine le tollé qu’ont provoqué ces informations dans les milieux populaires. D’autant que depuis l’invasion américaine d’avril 2003, la misère n’a cessé de gagner du terrain. Selon l'Autorité centrale des statistiques, un organisme public irakien : 23% des Irakiens -  c'est-à-dire un habitant sur quatre - vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2$ par jour. De 18 à 30 % de la population sont au chômage. Le salaire moyen d’un fonctionnaire est de 150 $, celui d’un ouvrier beaucoup moins. Les cadres supérieurs touchant entre 500 et 1 000$ par mois font figure de privilégiés.

L’Irak n’est pas seulement devenu un des pays les plus corrompus du monde ; en dehors du pétrole dont la vente alimente les comptes en Suisse des dirigeants, finance les milices et les organes répressifs, les industries les plus florissantes sont les enlèvements contre rançon, la drogue, la prostitution, les trafics d’organes … et les pompes funèbres.

Gilles Munier

Dimanche 6 décembre 2009

http://www.france-irak-actualite.com/article-les-deputes-irakiens-s-empiffrent--40658329.html

c) L’Irak a besoin de pleureuses !

Le salaire d’un député au parlement irakien est de 30 millions de dinars irakiens, soit l’équivalent de 28 mille dollars US, avec, en sus, deux versements annuels de cent mille dollars chacun. Cela fait un salaire annuel de 560.000 dollars que notre député continuera à percevoir au cours de la législature suivante même dans le cas où il viendrait à perdre son siège.
 Il est question de baisser ce salaire de 10% au cours de la présente législature et je suppose que notre nouveau député ne touchera ainsi que 500.000 dollars.
 Le parlement actuel a été élu depuis cinq mois, et, disons, pour faciliter le calcul, que notre député aura touché 200.000 dollars au cours de cette période. Or le parlement a tenu deux réunions, la première a duré vingt minutes et la seconde dix minutes. Ainsi notre député aura touché deux cents mille dollars pour sa présence pendant une demi heure, ce qui lui fait un salaire horaire de quatre cents mille dollars.  
 Ce montant serait suffisant, je pense, pour payer le déplacement et les honoraires de tous les médecins de Mayo Clinic, des Etats Unis à Londres pour m’examiner pendant une et peut-être deux heures.  
 Il n’y a pas en Irak de médecins miracles et le parlement, avec ses divisions ethniques et confessionnelles, se trouve être une des nombreuses maladies qu’a contractées l’Irak depuis l’occupation. Nous savons que les groupes parlementaires ne sont toujours pas d’accord sur le choix d’un président de conseil. J’estime que cela va se poursuivre jusqu’après le mois de jeûne et peut-être même jusqu’à la fin de l’automne. Le désaccord ne porte pas sur l’avenir de l’Irak, sur ce qui lui convient ou ne convient pas, mais sur le partage du butin dans un pays qui connaît une pénurie d’électricité, d’eau potable et de tous les services de base avec, en plus, un très fort taux de chômage et des épidémies.  
 Les trois présidences, de la république, du conseil et du parlement accaparent à elles seules un budget de un milliard huit cents millions de dollars (1,8 Milliard USD) par an sans qu’aucun des occupants de ces postes ne soit obligé de rendre compte de ses dépenses à quiconque.
 Il y a sûrement au parlement irakien et tout autour des gens bien, des patriotes et des hommes d’honneur qui souhaitent le bien pour le pays, mais ceux-là je ne les connais pas. Ce que je sais par contre c’est que les politiciens irakiens s’entretuent pour le partage de ce butin qu’est devenu l’Irak.    
 Les informations suivantes, nous en donnent un petit aperçu :
 Une étude médicale, menée entre autres par le professeur, Chris Busby, professeur associé à l'Université d'Ulster, a conclu que les effets sur la santé de l’attaque américaine contre la ville de Falloujah en 2004 se sont révélés plus graves qu’à Hiroshima. Ainsi la mortalité infantile est montée à 8% alors qu’elle est de 1% au Koweït et les diverses formes de cancer connaissent une troublante hausse, avec un taux, pour la septicémie, 38 fois supérieur à la moyenne ailleurs.
 Les terroristes de « Al Qaida en Mésopotamie » et « de l’Etat islamique d’Irak » attaquent les banques de sang pour s’emparer des stocks afin de soigner leurs blessés.
 Les actions terroristes, les assassinats ciblés et les opérations suicides sont en forte hausse avec près de deux cents victimes par mois. Depuis les élections et jusqu’à la fin du mois de juillet, cent cinquante politiciens, fonctionnaires, chefs de tribu et policiers ont été tués avec de nombreux membres des Sahaouets.
 Dans ces conditions, les coupures d’électricité, partielles ou plutôt totales, sont très peu de chose quoique je ne comprenne pas que « le pays arabe le plus riche » après « sa libération » par la plus grande puissance militaire et économique du monde, n’arrive pas à fournir de l’électricité à ses citoyens. Après la libération du Koweït et le début du boycott international de l’Irak, Saddam Hussein a ordonné à ses ingénieurs, tous irakiens, de réparer la centrale électrique de Doura, ce qu’ils firent. Ainsi, ils permirent aux irakiens de disposer d’électricité.  
 Naturellement je ne peux parler de l’Irak sans avoir un clin d’œil à ses valeureux libérateurs. Selon les informations, le Pentagone aurait perdu ou ne sait plus ce qu’il est advenu d’un montant de deux milliards six cents millions de dollars appartenant au gouvernement irakien, produit de la vente de pétrole. Je jure que ce sont les propos du contrôleur général américain de l’Irak.
 Comment peut-on perdre 2, 6 Milliards de dollars ? Serait-ce possible que le général Ray Odierno, commandant des forces américaines en Irak, ait laissé tomber ce montant de sa poche en prenant son portable, sans s’en apercevoir et l’abandonnant ainsi aux terroristes d’alqaida pour financer leurs actions ?
 Peut-être allons- nous nous débarrasser des américains avec cette promesse du président Obama de terminer l’évacuation de ses troupes d’Irak à la fin de ce mois et son discours sur les sacrifices américains en Irak, alors que c’est l’Irak qui a été sacrifié.  
 Mais une lecture plus attentive du discours nous révèle qu’il s’agit plutôt du contraire. « L’opération liberté pour l’Irak » dont nous avons mentionné plus haut quelques unes de ses conséquences, sera suivie de « l’opération nouvel aurore » avec le maintien de 50.000 soldats américains… pour entraîner les irakiens.

Cela veut dire : pas de retrait.
 L’Irak a besoin aujourd’hui de « pleureuses » et je n’ai rien d’autre à ajouter que d’implorer Dieu de lui venir en aide.

Jihad Al-Khazen

Vendredi 13 Août 2010

Traduit de l’arabe par Ahmed Manai
tunisielibre@yahoo.fr
http://tunisitri.wordpress.com/2010/08/12/l%E2%80%99irak-a-besoin-de-pleureuses/#more-1814/
 khazen@alhayat.com
 [1] Source URL (retrieved on 08/12/2010 - 03:04):
http://international.daralhayat.com/internationalartic


1-7 Affaire "Pétrole... sans nourriture" .

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a annoncé le 19 juillet 2010 (1) que de « nombreux besoins » en nourriture, et en abris pour les « personnes déplacées » – euphémisme utilisé pour désigner les Irakiens victimes des opérations de nettoyage ethnique organisées par les milices pro-iraniennes -  prévus par son Plan d’action 2010 ne pourront pas être assurés, faute de moyens financiers. Extraits du communiqué :

- Les distributions de nourriture à 800.000 femmes enceintes et allaitantes et à des enfants mal-nourris ont dû être suspendues,  

- Les distributions de nourriture à 960.000 enfants allant à l'école ont également été suspendues,

- Les conditions d'existence de 500 000 personnes affectées par la sécheresse dans les gouvernorats de Soulimaniya et Dohouk sont menacées,

- Le plan d'action pour aider 22.500 familles déplacées vulnérables avec des abris d'urgence va devoir être suspendu. Des milliers de ménages vont devoir continuer à vivre dans des abris de fortune, sans pouvoir se protéger des conditions climatiques extrêmes.

Où passe l’argent du pétrole ?

   Sept ans après l’invasion de l’Irak et le renversement du Président Saddam Hussein, le régime de Bagdad rongé par la corruption (2) quémande toujours des fonds à des pays donateurs, mais avec de moins en moins de résultat. Cette année, sur 187,7 millions de dollars  requis pour la mise en œuvre du plan humanitaire de l’ONU, seulement 12% des promesses de financement ont été honorés. Et pour cause : selon Hussein al-Sharistani, ministre du Pétrole, les revenus pétroliers irakiens se montent à 171 milliards de dollars pour la période 2006 /2009. L’Irak produit aujourd’hui 2,5 millions de barils de brut par jour. Question : où passe l’argent du pétrole ?

   A Bagdad et à Erbil (Région autonome du Kurdistan), les contrats dits de reconstruction sont signés avec des entreprises étrangères en fonction des avances sur commissions qu’ils génèrent. Tant pis si les travaux ne sont pas réalisés, pour des raisons de sécurité ou pour engagements non tenus (3). L’inculpation récente de Tarek Aziz pour « dilapidation des deniers publics » - décision prise sans doute pour relancer l’affaire « Pétrole contre nourriture » et faire chanter des personnalités étrangères – ne trompe pas les Irakiens qui savent que l’argent du pétrole engraisse les comptes bancaires ouverts dans des paradis fiscaux par les politiciens et les chefs de milices parvenus au pouvoir en 2003. 

Notes : 

(1) Iraq : le manque de fonds menace la distribution de l’aide alimentaire 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=22456&...

(2) L’Irak est un des quatre pays les plus corrompus au monde, selon l’ONG Transparency International (rapport 2009).

(3) Lire : Sarkozy et le commerce franco-irakien / Arnaques et pièges en tous genres 

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Sarkozy_et_le_...

 (4) Irak : quand le pétrole assure des revenus juteux 

http://www.leblogfinance.com/2010/07/irak-quand-le-petrol...

http://www.france-irak-actualite.com/article-affaire-petr...

Mercredi 21 juillet


1-8 Tarek Aziz peut enfin parler.

Le journaliste Martin Chulov, de The Guardian, a pu interviewer Tarek Aziz dans sa nouvelle prison (1), au retour du Tribunal de la Zone verte où le régime de Bagdad l’a impliqué dans une nouvelle affaire.

C’est la première fois que l’ancien vice-Premier ministre irakien est autorisé à s’adresser à un étranger en dehors des geôliers du Camp Cropper, des enquêteurs de l’ONU, de la CIA, du MI6…. et du juge français Philippe Courroye. 

Son seul regret : s’être rendu aux troupes d’occupation

Visiblement affaibli par la maladie et « sept ans et quatre mois » d’incarcération, il se présente comme un « nationaliste arabe loyal » et nie toutes les accusations portées contre lui. Il n’a jamais, dit-il commis de crime contre des civils, des militaires ou des religieux. Sur des centaines de plaintes déposées contre le régime baasiste, personne ne l’en a d’ailleurs accusé nommément. En temps qu’ancien membre du Conseil de Commandement de la Révolution (CCR), vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, on peut tout au plus évoquer contre lui une « culpabilité par association ». Pendant 30 ans, il a défendu les positions de son pays, même lorsque qu’il n’y était pas favorable. Cela avait été le cas, en 1990, lorsque l’Irak a envahi le Koweït, parce que cette décision débouchait sur une guerre contre les Etats-Unis, mais que l’on ne compte pas sur lui pour émettre des critiques. Ce n’est pas un opportuniste. L’heure viendra peut-être pour lui d’écrire ses mémoires, et à ce moment là il donnera sa version des évènements. Son seul regret, c’est de s’être rendu aux troupes d’occupation, le 24 avril 2003. C’était une décision grave, prise pour sauver sa famille qui a pu quitter l’Irak pour Amman à bord d’un avion étatsunien. Quelques jours plus tôt, il avait rencontré Saddam Hussein, dans le quartier Mansour à Bagdad, pour lui réaffirmer son soutien, et lui dire au revoir.

« L’Iran est notre pire ennemi »

Tarek Aziz rappelle que Saddam Hussein et lui avaient été choqués par les attentats du 11 septembre et révèle que l’ancien président irakien lui avait demandé de l’écrire à Ramsey Clark, ministre de la Justice - Attorney general - sous le Président Johnson et opposant à la guerre du Golfe.

C’est à partir de ces attentats qu’il est devenu évident que l’Irak allait être envahi, mais il ne pensait pas que cela déboucherait sur la chute de Bagdad 18 mois plus tard : «Bush et Blair ont menti intentionnellement », dit-il, « Ils étaient tous deux pro-sionistes. Ils voulaient détruire l'Irak pour le bien d'Israël, non pas pour les États-Unis et la Grande-Bretagne ». Dépositaire de tous les secrets du pays, notamment pendant la période d’embargo, il savait que l’Irak n’avait ni armes de destruction massive, ni programme pour en fabriquer. Tarek Aziz a confirmé les déclarations de Saddam Hussein aux enquêteurs de l’ONU, à savoir qu’il avait laissé planer le doute sur l’existence d’un programme d’armement de l’Irak pour dissuader l’Iran d’attaquer. « L’Iran est notre pire ennemi », dit-il. « Saddam était un homme fier. Son devoir était de défendre la dignité de l’Irak ». A la question de savoir si la fierté ne l’a pas emportée sur la sagesse, et si elle n’a pas conduit à la destruction de son pays », il répond : « Nous sommes Arabes, nous sommes nationalistes arabes. Nous devons être fiers ». Aujourd’hui, l’Iran « développe un programme d’armement. Tout le monde le sait et personne ne fait rien. Pourquoi ? ».

« Obama laisse l’Irak aux loups »

Alors que tous ses amis craignaient pour sa santé depuis son transfert du Camp Cropper, Tarek Aziz affirme qu’il est bien traité. Tant mieux, et on espère qu’il en est de même pour ses compagnons. Il dispose de l’air conditionné, des médicaments qui lui sont prescrits et peut prendre l’air dans un petit jardin à proximité de sa cellule. Il suit l’actualité de sa prison, à la télévision, et est horrifié par ce qu’il voit : « Pendant 30 ans, Saddam a bâti l’Irak, et maintenant le pays est détruit. Il y a plus de malades que dans le passé, plus de faim. Les services étatiques n’existent plus. Des gens sont tués tous les jours par dizaines, sinon par centaines. Nous sommes les victimes de l’Amérique et de la Grande-Bretagne…(…)... Ils ont tué notre pays ». « Quand Obama a été élu président, je pensais qu’il allait corriger certaines erreurs de Bush.  Mais, c’est un hypocrite. Il laisse l’Irak aux loups ».

(2).

Un pas vers la « réconciliation » ?

Dernièrement, le Haut tribunal irakien a libéré Khamis Sirhan al-Muhammadi (3), ancien gouverneur de la province de Kerbala - n° 54 des dirigeants les plus recherchés par les occupants (4), faute de preuve à charge sur sa participation à l’assèchement des marais du sud du pays. Au moment où les Etats-Unis réduisent la présence de leurs troupes en Irak, et où il est question d’un soi-disant gouvernement d’union nationale, cette opération de communication décidée par Nouri al-Maliki marque-t-elle un pas dans le processus dit de réconciliation voulu par les Etats-Unis ?  En tout cas, l’événement ne déplait pas à Iyad Allaoui. Quand il a appris que The Guardian allait interviewer l’ancien vice-Premier ministre, il a fait dire au journaliste : « Dites à Tarik Aziz qu'il est mon ami et que je pense souvent à lui. C’est un homme bon… C’est une erreur de le garder enfermé depuis si longtemps». Facile à dire aujourd’hui : s’il l’avait libéré entre mai 2004 et avril 2005, lorsqu’il était au pouvoir, l’Irak n’en serait sans doute pas là.

Notes :

(1) Tariq Aziz: 'Britain and the US killed Iraq. I wish I was martyred

http://www.guardian.co.uk/world/2010/aug/05/iraq-us-tariq-aziz-iran

(2) Saddam Hussein deputy Tariq Aziz calls for US forces to stay in Iraq

http://www.guardian.co.uk/world/2010/aug/05/tariq-aziz-interview-iraq

(3) Saddam regime commander on US most wanted list released from Iraq prison after 6 years

http://www.brandonsun.com/world/breaking-news/former-militia-commander-from-saddams-regime-released-from-iraq-prison-after-6-years-99926684.html?thx=y

(4) Khamis Sirhan al-Muhammadi, membre du Commandement régional du parti Bass, un des dirigeants de la résistance dans la province d’Al-Anbar, a été arrêté le 11 janvier 2005 contre le versement de 1 million de dollars à un informateur.

http://www.foxnews.com/story/0,2933,110311,00.html


1-9 Vers la réouverture de l’enquête sur la mort suspecte de l’expert en armes biologiques David Kelly .
Le Daily Mail et le Guardian conduisent un de nos hebdomadaires hexagonaux à revenir sur le cas "David Kelly".

Tant mieux, mais il faut creuser davantage, serions-nous tentés de dire.

Voici en effet un an que nous suivons les démélés de cette affaire mystérieuse où plane l’ombre du crime d’Etat. Comme aux USA où le doute subsiste sur la culpabilité du suicidé américain Bruce Ivins accusé d’avoir fabriqué et envoyé de l’anthrax mortel aux Sénateurs Dashle et Leahy qui s’opposaient aux lois Patriot Act, le doute plane sur le suicide de ce spécialiste britannique des armes biologiques qui dénoncait leur absence en Irak au moment où Tony Blair partait en guerre…

Relire notre traduction de Raw Story du 13 juillet 2009 où nous nous faisions l’écho le 18 juillet 2009 de la demande de réouverture de l’enquête par un groupe d’experts médicaux.

Puis le 25 janvier 2010, notre traduction du Guardian, lorsque l’enquête Hutton a abouti au classement secret du rapport médical du décès de David Kelly.
Des experts médicaux britanniques demandent la réouverture de l’enquête sur la mort, en 2003, du spécialiste en armement non conventionnel mêlé aux accusations sur les mensonges ayant justifié la guerre en Irak. L’enquête officielle avait conclu à un suicide.
L’ancien Premier ministre Tony Blair sera-t-il rattrapé par l’affaire David Kelly? Un groupe d’experts en médecine légale a demandé, ce vendredi 13 juillet, la réouverture de l’enquête sur la mort de David Kelly. Ce dernier, l’un des meilleurs experts britanniques en armement chimique et biologique s’est – officiellement – suicidé en 2003 après avoir été identifié comme la source d’un journaliste accusant le gouvernement de Tony Blair d’avoir exagéré la menace irakienne.
Des doutes sur le rapport qui justifie le déclenchement de la guerre
En septembre 2002, à l’appui des accusations de l’administration Bush qui accuse l’Irak de posséder des armes de destruction massive (ADM), Tony Blair promet de fournir des preuves et ses services publient un rapport dont le sérieux sera par la suite mis en doute. Tony Blair obtient néanmoins l’appui d’une majorité des députés à
la Chambre des communes pour déclencher la guerre, en mars 2003.
En mai 2003, un journaliste de
la BBC, Andrew Gilligan, spécialiste des questions de Defense, affirme que le contenu du dossier sur les armes de destruction massive publié avant le conflit a été "gonflé" et rendu "plus sexy" afin de justifier plus facilement la guerre. Le nom de David Kelly comme source d’Andrew Gilligan circule dans les médias. L’expert est convoqué devant la commission des Affaires étrangères. Deux jours plus tard, le 18 juillet 2003, son corps sans vie est retrouvé dans un champ proche d’Oxford.
L’enquête sur les circonstances de sa mort est confiée à un juge de la cour d’appel, lord Hutton (Lire l’enquête détaillée de l’Express sur cette affaire: le roman des armes de destruction massive).
Rendu public en janvier 2004, le rapport Hutton blanchit le gouvernement Blair et charge
la BBC: David Kelly s’est suicidé "en s’ouvrant le poignet gauche" et sa mort a été "accélérée" par les tablettes de Coproxamol qu’il a absorbées. Le rapport estime probable que l’expert se soit considéré comme humilié publiquement pour avoir été identifié comme la source de Gilligan.
En revanche, le rapport conclut que Tony Blair et son équipe n’ont rien fait pour "muscler" le document sur les ADM. Cette accusation "très grave", lancée par le journaliste Andrew Gilligan, est, selon le rapport Hutton, "infondée", et
la BBC est "fautive" de ne pas avoir mieux enquêté après les démentis du gouvernement. Andrew Gilligan démissionne de la BBC après la publication du rapport Hutton.
Le dossier médical interdit d’accès pendant 70 ans
Aujourd’hui, huit médecins et experts en médecine légale demandent la réouverture de l’enquête. Ils considèrent en effet que la section de l’artère du poignet de David Kelly n’aurait pas suffi à menacer sa vie.
Le 7 août dernier, le Daily Mail a publié le témoignage de l’inspecteur de police qui s’est rendu le premier sur le lieu où a été retrouvé le corps de David Kelly. Il y avait, révèle-t-il, très peu de sang sur et autour du corps. Les auxiliaires médicaux présents sur place s’étaient également étonnés que le scientifique ait pu succomber à la blessure au poignet qu’ils avaient constatée précise le journal.
Le Guardian rapporte qu’une enquête judiciaire a été interrompue par le ministre de
la Justice de l’époque, Lord Falconer, avant la création de la commission Hutton, et n’a pas été relancée ensuite.
En janvier dernier, précise le quotidien, cinq médecins qui demandaient la réouverture de l’enquête, se sont vu répondre que Lord Hutton avait, en 2003, fait en sorte que le dossier médical et les photos soient fermés pour une durée de 70 ans. Interrogé, Lord Hutton aurait déclaré qu’il ne fallait pas aggraver la "détresse de la famille".
C’est le changement de gouvernement qui permet aux protagonistes d’espérer la réouverture de l’enquête. Le procureur général Dominic Grieve, a déclaré avant les élections, en avril, que les Conservateurs réfléchissaient à la réouverture de l’enquête sur la mort de David Kelly.
"Il n’y avait pas beaucoup de sang autour" : le détective qui a trouvé le corps de l’expert en armement
David Kelly soulève des questions sur sa mort par Rebecca Camber
Le mystère entourant la mort du docteur David Kelly s’est épaissi hier après que le détective qui a découvert son corps ait déclaré qu’il n’avait pas observé "beaucoup de sang".
Cette révélation du détective assermenté Graham Coe jette le doute sur le verdict du rapport Hutton selon lequel le scientifique du Ministère de
la Defense serait mort d’hémorragie après s’être tranché les veines du poignet.
Dans sa première interview, M. Coe, maintenant à la retraite, a également affirmé que
la Police avait fouillé la maison du Dr. Kelly le lendemain de sa mort à la recherche de "documents sensibles" sur l’Irak.

 

extrait…..
Le Dr. Kelly, expert en armes chimiques et bactériologiques, a été trouvé mort en forêt près de sa maison dans l’Oxfordshire en juillet 2003.
Une semaine plus tôt, le gouvernement travailliste avait révélé qu’il était la source d’un reportage de
la BBC qui déclarait que le "10" [NdT. 10 Downing Street, lieu de résidence et de travail du premier ministre] avait "rendu plus sexy" les rapports sur la capacité de l’Irak à déployer des armes de destruction massive.
L’enquête de Lord Hutton détermina en 2004 que l’homme de 59 ans s’était suicidé en coupant les veines de son poignet avec un couteau d’élagage émoussé.
M. Coe, aujourd’hui âgé de 63 ans, fut le premier à découvrir le corps et il veilla sur lui pendant 25 minutes avant que n’arrivent des renforts. L’indice du détective assermenté Graham Coe rend les demandes d’enquête sur la mort de David Kelly d’autant plus incontestables. Il a déclaré au MAIL dimanche: "Je n’ai vraiment pas vu beaucoup de sang nulle part. Il y en avait un peu sur son poignet gauche, mais rien sur ses vêtements."
"Sur le sol il n’y avait pas beaucoup de sang autour, voire même rien du tout." Le rapport Hutton déclare qu’il y avait des traces de sang sur une bouteille d’eau à côté du corps.
M. Coe a déclaré: "Je n’ai vu aucune trace de sang sur la bouteille et n’ai pas vérifié le couteau."
Son témoignage recoupe celui de deux secouristes expérimentés sur place, qui ont dit que l’absence de sang les avait laissés perplexes.
Ils ont déclaré auparavant: "Il est extrêmement peu probable qu’il [Dr. David Kelly] soit mort de la blessure au poignet que nous avons vue."
Leurs déclarations sont confirmées par le Dr. Neville Davis, MBE, ancien président du Département de médecine légale à
la Société de Médecine Royale, qui a dit qu’il aurait dû y avoir "une sacrée mare de sang sur les vêtements du scientifique et au sol s’il était mort des suites du sectionnement de son artère."M. Coe a aussi confirmé l’existence controversée d’un troisième homme à ses côtés et ceux de son partenaire le détective assermenté Colin ce jour-là.
Les sceptiques qui pensent que le Dr. Kelly a été assassiné ont déclaré que les faits appropriés mentionnés dans les comptes-rendus des chercheurs volontaires pourraient bien avoir été rédigés par les services de sécurité.
Lors de l’enquête Hutton, M. Coe a nié que quelqu’un d’autre était présent, mais l’ex-enquêteur de
la Police de la vallée de la Tamise dit maintenant qu’il y avait un officier de police stagiaire, dont il a refusé de donner le nom, et qui selon lui a quitté la Police.
M. Coe a aussi agi en tant qu’"officier de perquisition" lors de la fouille de la maison du Dr. Kelly le lendemain de sa mort.
Il se souvient: "Nous cherchions des documents en relation avec l’Irak. Personne ne savait s’il conservait des documents de nature sensible à la maison."
"Nous devions chercher. Si quelqu’un rédige une note de suicide, vous allez la trouver. Nous cherchions des documents politiquement sensibles."

Le Procureur général Dominic Grieve a déjà déclaré qu’il est "préoccupé" par les allégations qui entourent le cas de Kelly, et il appelle de ses voeux une nouvelle enquête.
Hier, le Ministre des Transports Norman Baker, qui a fait campagne pour une enquête complète indépendante, a déclaré: "Ce sont des indices nouveaux importants, que j’en suis sûr le Procureur général souhaitera examiner". Cela soulève des questions sérieuses sur les conclusions tirées par Lord Hutton.
Cependant, M. Coe ne suspecte pas un acte criminel caché. Il a déclaré: "selon moi, il [Dr.Kelly] a utilisé son propre couteau. Il n’y a que lui pour savoir pourquoi il a fait cela."
Cela n’a jamais été un suicide, dit la cousine du Dr. Kelly, alors que la famille rompt finalement le silence
Daily Mail ce 16 août à 11:25, par Mikes Goslett:
(extrait)

Une proche parente de David Kelly a rompu le silence de la famille hier pour faire entendre ses craintes qu’il aurait été assassiné. Wendy Wearmouth a dit qu’elle trouvait "particulièrement peu probable" qu’il se soit suicidé et elle a suggéré qu’il avait été assassiné. Elle a dit que commettre un suicide aurait été "en totale contradiction avec sa profonde manière d’être". (…) "Un homme dans sa position a dû être initié à beaucoup de choses, et avoir vu beaucoup de choses, et je pense qu’il a été assassiné." Son intervention met encore plus de pression sur le gouvernement pour réouvrir l’enquête (…). L’enquête publique dirigée par le juge à la retraite Lord Hutton avait déterminé que le Dr. Kelly s’était suicidé en s’étant tranché les veines du poignet [gauche] avec un couteau à élaguer émoussé et présumant qu’il avait avalé 29 comprimés antidouleur de coproxamol.
Elle a déclaré: "Une enquête complète auprès du médecin légiste au cours de laquelle les gens témoignent sous serment est la seule façon pour tout le monde d’avoir l’espoir de connaitre un jour ce qui s’est réellement passé". (…) Sa mort est de plus en plus mystérieuse depuis que la nuit dernière un médecin s’est exprimé à
la BBC. Il aurait lu le rapport post-mortem du Dr. Kelly, bien qu’il soit classé secret pour 70 ans. Le chirurgien vasculaire Micheal Gaunt a raconté à la BBC qu’on lui avait demandé d’examiner les indices et il a conclu qu’il était "convaincu" qu’il s’était suicidé. Mais il n’a pas dit qui l’avait recruté ou comment il avait obtenu le rapport, et sa déclaration entraine des questions vitales sur la sécurisation des indices-clé concernant la mort du Dr. Kelly.
Après avoir pris connaissance de détails jusque-là inconnus du dossier, le Dr. Gaunt a dit qu’ "il était plus que probable que le Dr. Kelly ait finalement succombé de la combinaison de comprimés, de la coupure, du stress qu’il subissait, et peut-être d’un problème cardiaque non diagnostiqué".
Des experts demandent une enquête sur David Kelly
La cause de la mort de David Kelly jugée "extrêmement peu vraisemblable" par un groupe d’experts légaux et médicaux.
the Guardian, par Haroon Siddique, vendredi 13 août 2010 à 9:23
(extraits)

(…) Les espoirs pour une nouvelle enquête ont été soulevés à la suite du changement de gouvernement. Le Procureur Général Dominic Grieve a déclaré en avril, alors qu’il était secrétaire à
la Justice du "cabinet de l’ombre" [NdT. en Angleterre, l'opposition constitue dans ses rangs un gouvernement-bis. Cette pratique tend à s'installer en France], que les Conservateurs étudieraient la question d’une nouvelle enquête sur la mort de David Kelly. Il a aussi appelé à une révision de la décision du gouvernement de ne pas publier les rapports médicaux post-mortem correspondants. Grieve examine le cas avec le secrétaire à la Justice, Kenneth Clarke. Norman Baker, le parlementaire Liberal-Démocrate [Ndt. centriste] et jeune Ministre de la coalition gouvernementale, soutien la reprise de l’enquête. Il avait démissionné de sa position exposée lorsqu’il était dans l’opposition pour écrire un livre, "L’étrange mort de David Kelly", qui défend la thèse selon laquelle la vie du scientifique aurait été "délibérément supprimée par d’autres".
L’enquête Hutton appliqua une procédure moins stricte que celle qui aurait été utilisée dans une enquête où un médecin légiste doit s’assurer "au-delà de tout doute raisonnable" qu’une personne a délibérément voulu se suicider.

Reopen911

http://11septembre2001.blogspot.com/

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