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30/08/2010

n°448 - Afghanistan - Les Compagnies de sécurité 'privées' : -30-08 - : "Ils se croient propriétaires des rues"

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.


n°448 - Afghanistan - Les Compagnies de sécurité 'privées' : -30-08 - : "Ils se croient propriétaires des rues"


Afghanistan 

Le dossier 

Les Compagnies de sécurité ‘privées’.

 

n°448 du 29-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   Sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis  no-war.over-blog.com : http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


 


Sommaire : 

1 Les brèves

1-1 Le président Karzaï va dissoudre les compagnies de sécurité privées.

1-2 Le délai fixé aux sociétés de sécurité pose un "grave défi".

1-3 L'ex-Blackwater va payer une amende de 42 millions de dollars.

2 Dossiers

2-1 Renaud Girard : Karzaï expulse les mercenaires et crée des milices afghanes.

2-2 Les USA hostiles au retrait des firmes de sécurité décidé par Karzai.

Trouvé sur le net & témoignage

3-1 L'Amérique embarrassée par ses mercenaires.

3-2 La société de sécurité privée, ex Blackwater, mise à l’amende aux Etats-Unis.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 La guerre sous-traitée à des entreprises privées.

 



Les brèves

1-1 Le président Karzaï va dissoudre les compagnies de sécurité privées.

Le président afghan Hamid Karzaï va fixer une date limite après laquelle il va dissoudre les compagnies privées de sécurité qui travaillent en Afghanistan, a annoncé mardi son porte-parole Waheed Omar. "La dissolution des compagnies privées de sécurité est un programme gouvernemental sérieux. La décision du président est clair et très bientôt, le président va fixer une date limite pour une dissolution des compagnies privées de sécurité", a déclaré M. Omar lors d'une conférence de presse.

Plus de 40.000 personnes travaillent en Afghanistan dans le secteur très florissant de la sécurité. Compagnies internationales, sociétés afghanes: elles travaillent souvent avec les forces internationales, le Pentagone et les entreprises chargées de gérer les milliards de dollars de l'aide internationale.

10/8

http://fr.news.yahoo.com/73/20100810/twl-afghanistan-le-prsident-karza-va-dis-d79e08a_1.html


1-2 Le délai fixé aux sociétés de sécurité pose un "grave défi".

La décision du président afghan Hamid Karzaï de dissoudre d'ici le 1er janvier 2011 les sociétés privées de sécurité présentes dans le pays constitue un "grave défi en termes de délai", a affirmé lundi le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley.

"Nous allons voir ce que nous pouvons faire. Quatre mois, c'est un grave défi en termes de délai", a dit le porte-parole.

La présidence afghane a annoncé lundi que M. Karzaï s'apprêtait à signer un décret accordant "un délai de quatre mois pour la dissolution des compagnies privées de sécurité", fixant la date limite au 1er janvier 2011.

La présidence a clairement indiqué qu'il ne s'agissait pas de revoir les conditions d'enregistrement ou de fonctionnement des "contractors", ces sociétés de sécurité, mais bien de les voir quitter le pays.

M. Crowley a précisé que Washington entendait étudier le "décret pour mieux comprendre ses détails".

La présidence afghane avait annoncé le 10 août son intention d'interdire les 52 compagnies privées de sécurité, afghanes et internationales, sans en préciser le délai.

Quelque 40.000 personnes travaillent en Afghanistan dans le secteur florissant de la sécurité.

(AFP / 16 août 2010

http://www.romandie.com/infos/News2/100816195441.w966nvzt.asp


1-3 L'ex-Blackwater va payer une amende de 42 millions de dollars.

La société de sécurité américaine Xe, mieux connue sous son ancien nom de Blackwater, va payer une amende de 42 millions de dollars pour avoir violé les règles d'exportation en vendant notamment des armes à l'Afghanistan, a rapporté vendredi le New York Times.

Xe est parvenu à un accord avec le département d'Etat pour verser cette amende, a précisé le quotidien américain sur son site Internet, citant une porte-parole du groupe. Interrogé par l'AFP, un porte-parole du département d'Etat a dit ne pas pouvoir fournir de «confirmation immédiate».

Selon le journal, l'ex-Blackwater a violé les règles d'exportation en vendant illégalement des armes en Afghanistan, en proposant d'entraîner des troupes dans le sud du Soudan et en entraînant des policiers taïwanais au tir d'élite.

Le New York Times précise que Blackwater a exporté des armes automatiques et d'autres équipements militaires destinés à son personnel. Dans un cas, la société a délibérément cherché à cacher ce trafic en dissimulant les armes dans des caisses de nourriture pour chiens destinées à l'Irak, selon l'article.

Les enquêteurs ont cherché à savoir si les armes exportées par Blackwater ne se retrouvaient pas sur le marché noir en Irak. Selon le journal, la Turquie se serait plainte auprès des Etats-Unis après que des armes se furent retrouvées entre les mains de rebelles kurdes du PKK.

Autres procédures en cours

En acceptant de payer l'amende, la société échappe à des poursuites judiciaires et peut continuer à obtenir des contrats de l'Etat, a souligné le journal, qui précise que l'accord ne couvre par d'autres procédures en cours devant la justice américaine.

Parmi ces procédures qui restent en cours, le New York Times cite des poursuites contre cinq anciens dirigeants de la société, dont son ancien président, Erik Prince, pour détention d'arme illégale et d'obstruction à la justice. Il évoque aussi une tentative de corruption de fonctionnaires irakiens et les poursuites contre deux anciens employés d'une filiale pour le meurtre de deux civils afghans à Kaboul en 2009.

Blackwater a défrayé la chronique lorsque cinq de ses agents ont été accusés par la justice américaine d'avoir tiré sur des civils irakiens désarmés lors d'une fusillade qui avait fait 17 morts le 16 septembre 2007 à Bagdad. La justice américaine a abandonné les poursuites fin 2009.

Blackwater a été banni d'Irak à la suite de cette fusillade mais continue à travailler pour le département d'Etat et la CIA en Afghanistan, où le président Hamid Karzaï a décidé de renvoyer les sociétés de sécurité étrangères à la fin de l'année.

Selon des documents de justice dont l'AFP s'est procuré copie mercredi, Erik Prince a pour sa part quitté les Etats-Unis pour Abou Dhabi. Ancien membre des forces spéciales de la Marine américaine, proche du parti républicain, Erik Prince, 51 ans, avait fondé en 1997 Blackwater USA, qui est devenue la plus grande entreprise de sécurité privée utilisée par les Etats-Unis en Irak.

Il avait pris en 2009 ses distances avec son entreprise affirmant avoir été lâché par les autorités américaines après leur avoir rendu service dans leur guerre contre le terrorisme.

(Source AFP)

 21/08/2010

http://www.liberation.fr/monde/0101653255-l-ex-blackwater-va-payer-une-amende-de-42-millions-de-dollars?xtor=EPR-450206



2 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Renaud Girard : Karzaï expulse les mercenaires et crée des milices afghanes.
Un décret dissout les sociétés de sécurité privées, un autre met en place des forces locales d'autodéfense. 

Que vaut un décret du président afghan?

 La question vient de se poser de manière aiguë, après qu'Hamid Karzaï a annoncé que toutes les sociétés de sécurité privée opérant en Afghanistan devaient se dissoudre d'ici à la fin de l'année. 

Intrinsèquement, cette mesure se justifie par les excès qu'ont commis les mercenaires, employés par l'armée américaine ou les agences distribuant l'aide internationale pour escorter leurs convois de ravitaillement, dans un pays où la sécurité des routes n'a cessé de se détériorer depuis 2005. Certains comportements arrogants et attitudes de cow-boys dans les villages traversés, certaines bavures - jamais aussi sérieuses que celles de Blackwater en Irak - ne sont pas seuls en cause. Le gouvernement afghan reproche à ces sociétés privées - succursales de grands réseaux de mercenaires anglo-saxons et entreprises proprement afghanes, dirigées par des proches du régime - des choses beaucoup plus graves: pour faire passer sans encombre un convoi à travers une zone de forte insurrection pachtoune, elles paient à l'avance les chefs talibans locaux. Passe encore que les talibans prélèvent une dîme de 10% sur tous les paysans produisant de l'opium et, ensuite, une autre dîme de 10% sur tous les trafiquants exportant la drogue en dehors du pays. Mais que ce racket touche désormais le convoyage de biens payés par les contribuables américains et européens dépasse la mesure. Les autorités de l'Otan soupçonnent même certaines sociétés de mercenaires d'avoir arrangé des «embuscades», afin de justifier leur très lucratif business de «protection». 

Politiquement, le décret ne manque pas d'intelligence, avant les élections parlementaires, prévues pour le 18 septembre. La décision vise des sociétés très impopulaires, jalousées pour brasser un argent considérable. On estime que, depuis le début de la guerre, ces entreprises privées et leurs employés ont déposé quelque 4 milliards de dollars en cash dans les banques de Dubaï. Argent qui échappe bien sûr à toute imposition du gouvernement afghan ou de l'IRS (Internal Revenue Service) américain… 

Pratiquement, le décret risque cependant de poser des problèmes considérables. Car les forces de sécurité afghanes sont incapables aujourd'hui d'assurer les missions dévolues jusqu'ici à ces sociétés privées. Quant aux soldats de l'Otan, ils ne sont pas assez nombreux pour le faire. Leur nombre est trois fois inférieur à celui des forces américaines dans le Vietnam du général Westmoreland. Selon les termes du décret présidentiel, les ambassades et ONG pourront conserver devant leurs sièges leurs gardes privés. Mais elles ne pourront plus se faire escorter par eux dans leurs déplacements à Kaboul ou en province. Les visas des mercenaires expatriés ne seront pas renouvelés. Quant aux mercenaires afghans, ils sont invités à s'intégrer dans l'armée ou la police. L'hypothèse manque de réalisme, en raison de l'extrême modicité des soldes versées par le gouvernement afghan.

Une mesure pleine de bon sens 

Karzaï agit comme s'il jouissait d'une véritable autorité dans le pays. Or quelle peut être l'autorité d'un président sur un territoire où il n'y a pas d'État, mais seulement différentes ethnies, régies par une complexe organisation tribale traditionnelle? Les seuls résidents à prendre au sérieux son autorité sont les Américains. Le moins qu'on puisse dire est que le président afghan ne facilite pas aujourd'hui la tâche à ses alliés. Il est vraisemblable que le général Petraeus, patron de l'Otan dans le pays, emploiera ses prochaines semaines à négocier avec Karzaï de substantielles dérogations au décret…

Dans un geste plus réaliste, le gouvernement afghan vient aussi d'annoncer la création de milices locales, chargées de défendre leurs villages contre les talibans. Les miliciens toucheront une solde équivalente à 60% de celle des soldats de l'armée nationale afghane (ANA). Ce projet est soutenu par les Américains, qui veulent reproduire en Afghanistan le schéma qui leur avait réussi en 2008 dans les zones sunnites de l'Ouest irakien, où les miliciens du mouvement «L'Éveil» s'étaient mis à faire la chasse aux combattants arabes islamistes internationalistes affiliés à al-Qaida en Mésopotamie. Déjà appliqué dans les provinces du Wardak et de l'Oruzgan, ce programme, cher au général Petraeus, devrait être désormais étendu aux provinces pachtounes où l'insurrection est la plus virulente, celles du Helmand et de Kandahar. L'idée de ces milices locales d'autodéfense est pleine de bon sens, dans un «croissant pachtoun» où les chefs de tribu considèrent qu'un officier tadjik de l'ANA est aussi étranger à eux que n'importe quel militaire américain ou britannique…

Renaud Girard

18/08/2010
http://www.lefigaro.fr/international/2010/08/18/01003-20100818ARTFIG00526-karzai-expulse-les-mercenaires-et-creedes-milices-afghanes.php


2-2 Les USA hostiles au retrait des firmes de sécurité décidé par Karzai.

Une interdiction des sociétés de sécurité privées en Afghanistan affecterait le développement du pays et l'aide que reçoit le pays du fait que ces firmes protègent les projets occidentaux sur son territoire, ont déclaré mercredi des responsables américains. Malgré les fortes réticences de Washington sur ce point, le président Hamid Karzai a publié, mardi, un décret enjoignant aux sociétés de sécurité privées de se démanteler dans un délai de quatre mois, ceci en vue de la prise en charge de l'ensemble des questions de sécurité par le gouvernement à compter de 2014.

Ces firmes, qui se disputent des milliards de dollars de contrats, emploient environ 40.000 vigiles fortement armés. La plupart sont afghans, mais de nombreux étrangers figurent aussi parmi eux. On fait également appel à eux pour protéger convois, ambassades et autres intérêts occidentaux. Karzai critique depuis longtemps ces sociétés en leur imputant de terribles accidents, mais la rapidité avec laquelle a été publié son décret a pris de court certains observateurs et des responsables américains présents dans le pays ont fait savoir qu'ils s'employaient encore à l'étudier.

"Nous craignons que tout empressement à faire partir les sociétés de sécurité privées n'ait des conséquences non désirées, notamment un retard susceptible d'affecter les efforts d'assistance à la reconstruction et au développement", a dit Caitlin Hayden, porte-parole de l'ambassade des États-Unis. "Les firmes de sécurité privées comblent actuellement un vide afin de nous permettre de fournir une assistance (...) qui, en fin de compte, a pour but d'améliorer les conditions de vie du peuple afghan", a-t-elle ajouté.

"Ils se croient propriétaires des rues" (étudiant afghan)

Mardi, le Pentagone a estimé le délai imparti très difficile à tenir, mais l'initiative semble accueillie favorablement par la population afghane, qui voit les firmes en question d'un oeil critique. Les vigiles en armes sont omniprésents dans les rues du pays, où ils remontent les files de voitures en convois de 4 x 4. "Ils se croient propriétaires des rues", commente Edrees, étudiant de l'université de Kaboul, selon lequel ses compatriotes sont, chaque jour, mis à l'épreuve par leur façon de conduire et leur comportement de "machos". Mohammad Anwar, boutiquier de la capitale, acquiesce lui aussi à la décision du président. "Karzai aurait dû démanteler toutes les firmes de sécurité plus tôt, qu'il s'agisse d'Afghans ou d'étrangers", estime-t-il.

Munit Mangal, vice-ministre de l'Intérieur, a déclaré que des responsables afghans coopéreraient avec leurs homologues occidentaux pour veiller à ce que le décret soit appliqué sans accrocs : "Nous tentons d'appliquer un plan (...) dans un esprit pratique. Nous ne prétendons pas qu'il n'y aura aucune difficulté, mais nous devrions pouvoir les surmonter." L'an dernier, le gouvernement afghan avait tenté sans succès de formaliser le secteur et d'enregistrer les armes qui y sont utilisées. Des responsables occidentaux font état de 52 firmes de sécurité privées enregistrées qui emploient environ 26.000 personnes, et de nombreuses autres non recensées.

L'image des vigiles privés a été ternie par une série d'incidents sanglants en Irak, où il n'était pas rare de voir des gardes lancer des bouteilles d'eau sur des piétons et des voitures pour les éloigner des convois qu'ils protégeaient. Lors d'un incident plus "médiatisé" que d'autres, des gardes de la firme américaine Blackwater avaient été impliqués dans une fusillade qui s'était soldée par la mort de 14 civils en 2007. Blackwater a depuis lors changé de nom et a obtenu plusieurs contrats en Afghanistan. Le département d'État américain avait annoncé l'an dernier qu'il réviserait son recours aux firmes de sécurité privées pour ses ambassades à l'étranger à la suite d'une affaire de bizutage sexuel survenue à sa mission de Kaboul.

Lepoint.fr

18-08

www.lepoint.fr/.../les-usa-hostiles-au-retrait-des-firmes-de-securite-decide-par-karzai-18-08-2010-1226328_24.php -



Trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 L'Amérique embarrassée par ses mercenaires.

Le moment choisi par le président afghan, Hamid Karzaï, pour prôner l'interdiction des mercenaires dans son pays ne peut que plonger Washington dans un sérieux embarras. M. Karzaï n'a d'ailleurs pas fait état d'une date limite pour la dissolution des cinquante-deux sociétés militaires privées opérant en Afghanistan. Il s'appuie sur quelques constatations. D'abord, sur le fait que "la population ne fait pas confiance" aux mercenaires. Ensuite, que "leur existence est contraire aux intérêts nationaux afghans". Il souligne, enfin, que les Afghans travaillant pour ces sociétés seraient plus utiles au sein des forces de sécurité gouvernementales.

fois que le pouvoir afghan, comme celui de Bagdad, se plaint des mercenaires. Quel pays, même allié avec Washington et acceptant la présence d'une force militaire internationale sur son sol, se verrait de gaieté de coeur envahi par des hommes non contrôlés par le pouvoir politique, n'obéissant à aucun ordre militaire et ne répondant à aucune justice, civile ou militaire, en cas d'infraction ou de crime ?

Il fut un temps, durant leur campagne électorale, où les démocrates américains avaient juré de revenir sur cette privatisation de la guerre voulue par l'administration Bush. Barack Obama et son entourage faisaient partie des plus convaincus de l'aspect néfaste du mercenariat. Hillary Clinton était alors l'un des deux élus au Sénat à préconiser une législation sur une interdiction totale des activités militaires privées.

Depuis qu'elle est au pouvoir, la seule initiative de l'équipe Obama a consisté à résilier le contrat entre la CIA et Blackwater (la plus importante société militaire privée au monde) confiant aux mercenaires de cette dernière un programme secret d'assassinats.

Pour le reste, Blackwater et les autres sociétés continuent de recevoir des milliards de dollars du gouvernement américain pour des activités de sécurité et de logistique, voire de renseignement, en Afghanistan, en Irak et dans d'autres "points chauds" de la planète. Le directeur de la CIA, Leon Panetta, a réaffirmé en juin que cette dernière avait "besoin" de Blackwater pour assurer la sécurité de ses bases et de ses agents en zone de guerre.

D'autres facteurs jouent en défaveur d'une interdiction des mercenaires, notamment le fait que la volonté politique de M. Obama de retirer l'armée américaine d'Irak, et, à terme, d'Afghanistan, ne supprime évidemment pas du jour au lendemain les besoins en sécurité.

Pourtant, M. Karzaï a raison, et les officiers américains sont les mieux placés pour le savoir. Le recours à des mercenaires handicape le plus souvent le succès d'une mission militaire. D'un point de vue moral, l'usage de la force létale ne peut être laissé à des "privés" sans foi ni loi. Et, d'un point de vue politique, il faut savoir quel est l'objectif : tandis qu'une armée a pour ordre de gagner une guerre, donc d'y mettre fin, le seul intérêt des mercenaires et autres chasseurs de primes est qu'une guerre continue, le plus longtemps possible.

13.08.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/08/13/l-amerique-embarrassee-par-ses-mercenaires_1398592_3222.html


3-2 La société de sécurité privée, ex Blackwater, mise à l’amende aux Etats-Unis.  

 Le New York Times l'a annoncé dans son édition du samedi 21 août 2010 : la société de sécurité Xe Services, mieux connue sous son ancien nom de Blackwater, devra payer une amende de 42 millions de dollars, après accord avec le gouvernement américain. Une amende pour avoir violé les règles d'exportation d'armes. C'est une dérive supplémentaire de ces sociétés militaires privées

Un montant de 42 millions de dollars de pénalités pour vente d'armes en Afghanistan, entraînement de policiers taïwanais au tir d'élite et proposition de formation de soldats au Soudan. Décidément, on pouvait vraiment tout demander à Blackwater, la plus importante des sociétés militaires privées du monde.

Depuis le 11 septembre 2001, les services de ces sociétés sont très sollicités. En premier lieu par le gouvernement américain lui-même : logistique, équipement, surveillance, renseignement. Les Etats-Unis privatisent la guerre à tout va et sous-traitent leurs conflits auprès de Blackwater et consorts. De véritables armées de l'ombre qui interviennent en Irak, en Afghanistan ou en Colombie.

L'ex-Blackwater échappe à des poursuites judiciaires

Que les contrats soient légaux ou illégaux, on ne compte plus les abus et les bavures des mercenaires sur le terrain. En 2007, l'Irak bannit Blackwater du pays après la mort de 17 civils dans une fusillade. Et l'Afghanistan prévoit d'interdire l'activité des sociétés militaires privées sur son territoire, pour la fin de l'année 2010.

Avec ce règlement à l'amiable de 42 millions de dollars, l'ex-Blackwater échappe à des poursuites judiciaires. Même si d'autres procédures sont en cours, les affaires en eau trouble peuvent continuer entre les mercenaires et l'administration américaine.

RFI

A consulter: Le site de Xe Services, ex Blackwater

21 août 2010

http://www.rfi.fr/ameriques/20100821-societe-securite-privee-ex-blackwater-mise-amende-etats-unis



4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 La guerre sous-traitée à des entreprises privées.

Mercenaires d’Etat en Afghanistan

Le ministère américain de la justice a décidé de faire appel de la décision d’un tribunal de relaxer cinq employés de la société militaire privée (SMP) Blackwater qui avaient fait feu sur la foule à Bagdad en septembre 2007. Cet acquittement avait suscité l’indignation en Irak et illustré le rôle ambigu des SMP, dont l’utilisation s’étend désormais à l’Afghanistan, où elles développent des stratégies autonomes pour rentabiliser leur mise de fond.

Par Marie-Dominique Charlier

Le 19 août 2009, le New York Times révélait que la Central Intelligence Agency (CIA) avait engagé en 2004 des employés de Blackwater, dans le cadre d’un programme secret visant à pister et assassiner des dirigeants d’Al-Qaida. Cette société de sécurité privée a ainsi contribué à des missions d’organisation, d’entraînement et de surveillance facturées plusieurs millions de dollars à la CIA, sans néanmoins permettre la capture ou l’assassinat d’un seul activiste, rapporte le quotidien, qui cite des responsables américains en fonction ou retirés des affaires.

Blackwater a changé de nom pour devenir Xe Services, après les polémiques suscitées par son rôle en Irak. Cinq de ses employés, qui, le 16 septembre 2007, escortaient un convoi du département d’Etat américain, sont accusés d’avoir ouvert le feu sur la foule, à Bagdad, tuant quatorze civils (selon le bilan de l’enquête américaine) ou dix-sept (selon celle des Irakiens).

Malgré cette « bavure » et bien d’autres, ceux qu’on appelle lescontractors mettent dorénavant le cap sur l’Afghanistan, où ils poursuivent les mêmes pratiques : ainsi, le 5 mai 2009, quatre hommes de Blackwater (sous couvert d’une société appelée Paravant) tiraient sur une voiture, causant un mort et quatre blessés. Malgré l’opacité de leur contrat d’engagement, deux d’entre eux ont été inculpés le 7 janvier 2010 par un procureur fédéral américain.

Un statut juridique très flou

Depuis leur apparition dans les années 1990, les sociétés militaires privées (SMP) (1) ont connu un développement très rapide ; elles incarnent à présent un acteur essentiel des conflits, tant sur le plan militaire qu’économique. Le marché mondial de ce secteur se chiffre à plus de 70 milliards d’euros par an. Cette évolution a été favorisée par la diminution drastique des effectifs de l’US Army, à la fin de la guerre froide, et par la décision du ministre de la défense Donald Rumsfeld (2001-2006) de s’engager dans la « rationalisation » de l’outil militaire, à travers le transfert au privé de nombreuses compétences non directement militaires. Il s’agissait de contourner le contrôle du Congrès et de l’opinion publique américaine, mais aussi de faciliter un emploi « plus souple » de personnels lors d’opérations clandestines.

L’estimation des effectifs des SMP déployés en Afghanistan oscille entre cent trente mille et cent soixante mille hommes (2), faisant de ce pays le deuxième théâtre d’engagement après l’Irak (3), qui pourrait être dépassé dans peu de temps : le déploiement supplémentaire de trente mille soldats américains devrait s’accompagner de l’envoi de cinquante-six mille nouveaux contractors. Ces effectifs représenteront près des deux tiers du personnel du Pentagone déployé en Afghanistan — le plus grand pourcentage de toute l’histoire des Etats-Unis.

Les plus connues de ces sociétés — Xe (Blackwater), DynCorp, Military Professional Resources Inc. (MPRI) et Kellogg Brown and Root (KBR) (4) — sont regroupées au sein de la Private Security Companies of Afghanistan. Leur activité draine une part non négligeable des fonds destinés à la reconstruction de l’Armée nationale afghane (ANA).

Bien qu’elles soient censées agir en auxiliaires de la coalition et de l’armée américaine, leur statut juridique demeure très flou. Mais, derrière leurs solutions « clés en main », se profilent des intérêts économiques colossaux qui orientent les choix de guerre sur le terrain. Financièrement, il existe en effet une convergence d’intérêts entre les SMP et les grands groupes industriels américains. La plupart de ces sociétés ont été acquises dans une logique économique classique de fusions et acquisitions, et ce particulièrement depuis 2001.

En outre, l’essor de cette « sous-traitance » coïncide avec l’intérêt des militaires américains pour leur reconversion : l’état-major des SMP est généralement composé d’anciens officiers. Ceux-ci organisent ainsi leur carrière dans une continuité naturelle entre secteurs public et privé. Les connexions privilégiées entre les ex-officiers supérieurs américains opérant au sein des SMP et le monde politique du Pentagone demeurent étroites. Cette proximité leur confère une facilité d’accès en matière d’informations classifiées et leur garantit une certaine impunité.

« Les armées américaine, britannique et les autres sont ici pour gagner une guerre. Pour nous, plus la situation sécuritaire se détériore, mieux c’est », expliquait, il y a peu, un contractuel britannique (5). Ce qui ne va pas forcément dans le sens d’une stabilisation du conflit et de l’« afghanisation de la paix ».

De par leurs effectifs, leurs implantations au cœur des états-majors des différents organismes interalliés et leurs connexions internationales, ces SMP se trouvent en position d’influencer les décisions militaires portant sur les opérations. On retrouve ainsi des employés de MPRI (6) dans l’ensemble des échelons hiérarchiques de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et des forces de sécurité afghanes : rôle de mentor auprès des états-majors et des autorités, rédaction de la doctrine de l’ANA au sein du Combined Training Advisory Group (CTAG), formation des chefs de corps au sein du Kabul Military Training Center (KMTC) ou encore instruction des spécialistes.

Fortes d’une connaissance approfondie du théâtre afghan, issue de missions longues de deux à quatre ans, ces entreprises disposent d’une mémoire unique de la situation. Une expérience indispensable aux états-majors interalliés dont les missions sur zone excèdent rarement six mois. Elle leur permet de coordonner, réguler, voire promouvoir l’action des autres SMP et d’orienter la vision des états-majors dans le sens qui leur convient.

Selon les sources officielles du ministère de la défense français, le budget alloué à la société MPRI pour la rédaction de la doctrine militaire de l’armée afghane atteint 200 millions de dollars (140 millions d’euros) ; pour l’entraînement des forces de l’ANA, il en coûte environ 1,18 milliard d’euros. Les SMP n’ont donc aucun intérêt à une stabilisation de la situation et à ce que l’« afghanisation » de l’ANA fonctionne : cela diminuerait d’autant la nécessité en agents contractuels et irait logiquement à l’encontre de leurs intérêts financiers. Elles se gardent donc bien de transmettre leurs connaissances et préfèrent suppléer les organismes afghans plutôt que de les conseiller utilement.

Chef du bureau « doctrine » de l’Afghan National Army Training Command (ANATC), le « général » Gulbahar a indiqué qu’il ne disposait d’aucune date butoir pour le passage sous contrôle national de la rédaction de la doctrine militaire de l’ANA. L’intéressé ne s’insurge pas contre cette tutelle : colonel occupant des fonctions de général, il aurait tout à perdre s’il remettait en cause cette situation.

MPRI dispose donc d’un véritable monopole de fait dans l’écriture de la doctrine de l’armée afghane, ce qui lui permet de légitimer durablement son assistanat. Mais l’entreprise sait aussi se montrer solidaire : rédigée par MPRI, la doctrine logistique de l’ANA cite DynCorp comme l’organisme chargé du soutien de son corps d’armée aérien, et ce sans restriction ni limitation de durée !

La composante « entraînement » constitue elle aussi un volet très rentable. Lorsqu’elles recrutent, forment et mettent en place huit cents professeurs pour le programme de lutte contre l’illettrisme au sein de l’ANA (Literacy Program), la recherche d’un retour sur investissement le plus lucratif possible incite les SMP à allonger leurs délais d’instruction. Apparemment, l’accroissement des capacités de formation interne de l’armée afghane ne compte pas au nombre des urgences... Même situation en matière de logistique (assurée par RM-ASIA), autre point fort du monopole des société militaires privées : aucune limite de temps n’est imposée pour la formation des techniciens afghans.

Là encore, les intérêts financiers des compagnies, qui emploient plusieurs milliers de contractuels, divergent des intérêts militaires de la FIAS : pas plus qu’elles n’escomptent de victoire trop rapide, les SMP ne souhaitent des changements trop soudains du dispositif opérationnel. Il leur faut pouvoir agir sur les événements en cours et infléchir si besoin est les orientations du niveau opératif (7) et stratégique.

Dans cet ordre d’idées, elles bénéficieront prochainement d’une nouvelle occasion de consolider leur position. La systématisation de l’instruction des unités de l’armée par les acteurs publics ou privés a été lancée par le général britannique Neil Baverstock, commandant le groupement d’entraînement CTAG situé près de Kaboul. Cette évolution implique un accroissement considérable du besoin en instructeurs et ouvre de nouveaux débouchés aux principaux contractors, qui ont déjà prévu d’utiliser sur le territoire afghan les effectifs et les moyens dégagés d’Irak.

Effet dévastateur 
sur la population

Afin d’élaborer les procédures de retour d’expérience (« retex ») au sein de l’ANA, de nouveaux contractuels viennent d’être recrutés. Les très précieuses informations ainsi collectées leur offriront une vision d’ensemble du théâtre, mais aussi l’occasion de renforcer leur position stratégique dans le cadre doctrinal comme dans celui de l’entraînement de l’armée afghane.

Comme ce fut le cas en Irak, l’emploi des « soldats de location » contribue à décrédibiliser l’intervention internationale. Il suffit de circuler en véhicule dans les rues de Kaboul pour s’en convaincre. Provocants et agressifs, le comportement, l’attitude et l’équipement des employés de certaines SMP se rapprochent des canons cinématographiques les plus caricaturaux (8).

L’effet est ravageur. « La population afghane ne sait pas reconnaître un soldat de la FIAS d’un contractor, observe un membre du parlement afghan. La confusion est simple et elle ne profite pas à la coalition, compte tenu du comportement souvent très agressif de ces combattants privés. »

Comment combattre un mouvement insurrectionnel et légitimer cette action lorsque les pays de la force d’intervention, représentant l’Organisation des Nations unies (ONU), emploient des mercenaires dont la motivation n’est pas forcément celle du retour à la paix ?

Car, enfin, se pose la question de l’éthique (9) du personnel employé, ainsi que de sa sécurité. Le scandale de la prison d’Abou Graib, où plus de la moitié des interrogateurs impliqués ainsi que l’ensemble des traducteurs provenaient d’un recrutement « externe » et travaillaient pour les sociétés CACI et Titan, souligne le gouffre ouvert face à l’éthique du métier des armes. N’agissant pas dans le même cadre juridique que les armées étatiques, les SMP brouillent la perception de la FIAS par les Afghans. Une question de plus parmi toutes celles que pose ce passage d’une externalisation des services à une externalisation de la guerre.

Marie-Dominique Charlier.

Marie-Dominique Charlier

Conseillère politique, de février à août 2008, en Afghanistan, auprès du général commandant la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), docteure en droit public, chargée d’étude à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Irsem), à Paris. Une première version de cet article a été publiée dans Revue défense nationale, Paris, octobre 2009.

Paul Quilès, ancien ministre de la défense (1985-1986)
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/27/afghanistan-la-france-doit-retirer-son-contingent_1392442_3232.html#xtor=AL-32280184



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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