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31/08/2010

n°449 - Afghanistan - Le dossier : WikiLeaks : Documents Secrets. - 30-08 - : A1:- Des plans pour manipuler l’opinion publique européenne.

n°449 - Afghanistan  - Le dossier : WikiLeaks : Documents Secrets. - 30-08 - : A1:-  Des plans pour manipuler l’opinion publique européenne.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Le dossier

WikiLeaks : Documents Secrets.

n°449 du 30-08

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Documents publiés par Wikileaks : une manœuvre de diversion médiatique.

1-2 Daniel Tencer : Un document de la CIA révèle des plans pour manipuler l’opinion publique européenne au sujet de l’Afghanistan.

2 Brèves

2-1 WikiLeaks prêt à publier d'autres documents...

2-2 La saga des journaux de guerre afghans révélés par Wikileaks ne semble pas près de se terminer.  

3  Dossiers

3-1 Alex Lantier : Qui a du sang sur les mains en Afghanistan ?

3-2 Les fuites sur l'Afghanistan lèvent un coin du voile sur une unité très spéciale de l'armée américaine.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Philippe Rivière : Les révélations du site Wikileaks : Rapports explosifs sur la guerre en Afghanistan

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 F. William Engdah : Une manœuvre des services de renseignements derrière la publication des documents « secrets » de Wikileaks?



 Tiré à part :



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

1-1 Documents publiés par Wikileaks : une manœuvre de diversion médiatique.

Sollicité par de nombreux lecteurs à propos des documents publiés par Wikileaks, le Réseau Voltaire tient à recentrer le débat. Dans ce communiqué, il dénonce une manœuvre de diversion médiatique et réaffirme que la guerre d’Afghanistan est illégale
Ces documents sont des notes utilisées par les troupes engagées en Afghanistan. Certaines relatent des combats, d’autres rapportent des renseignements. Leur degré de confidentialité est faible (ce qui signifie qu’ils ont circulé en de nombreuses mains), mais leur nombre est très élevé (ce qui implique que peu de personnes pouvaient les réunir). Leur authenticité n’a pas été contestée. La presse internationale et de nombreux leaders politiques dans le monde ont commenté les conclusions des trois médias, considérant ces informations comme sûres
Tout laisse à penser que ces fuites ont été organisées par un clan de l’appareil US pour imposer ses vues simultanément au limogeage du général McChrystal par le président Obama. Et le fait que ce dernier ait stoppé toute enquête interne visant à identifier l’origine des fuites montre que celle-ci lui est connue, qu’il ne souhaite pas l’affronter ou qu’il l’approuvegeneva;
Ces documents ne décrivent pas la réalité de terrain, mais attestent du degré d’auto-intoxication des forces US. Les notes de renseignement afghanes qui servent de base aux opérations de l’Alliance dans ce pays ne rapportent que de stupides ragots et l’on se demande comment ces informateurs ont été recrutés. Il est particulièrement ridicule de présenter un officier pakistanais de 74 ans, le général à la retraite Hamid Gul, comme le manipulateur en sous-main des insurgés et le responsable à lui tout seul de l’échec militaire de l’OTAN.
Nous ne sommes pas étonnés que trois médias connus pour leur alignement aveugle sur les thèses atlantistes participent à une opération psychologique de diversion dont le but est de critiquer un général qui vient d’être démis de ses fonctions pour mieux disculper les responsabilités politiques de cette catastrophe humaine
Au demeurant, l’unanimité de grands médias, qui n’ont cessé de répéter des années durant les mensonges de Washington, ne peut qu’inquiéter
La guerre d’Afghanistan est illégale. Qu’ils nous soient sympathiques ou pas, les insurgés exercent leur droit fondamental et légitime à défendre leur pays contre l’occupation étrangère. Ce ne sont pas seulement les bavures de telle ou telle unité militaire qui constituent des crimes, mais la totalité des opérations conduites sur place et jusqu’à la simple présence des troupes étrangères
http://www.voltairenet.org
http://www.internationalnews.fr/article-controverse-wikileaks-une-diversion-politique-selon-voltaire-54642512.html :


1-2 Daniel Tencer : Un document de la CIA révèle des plans pour manipuler l’opinion publique européenne au sujet de l’Afghanistan.

Secouée par la chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement du pays dans la guerre en Afghanistan, la CIA vient de proposer une stratégie destinée à éviter un éventuel effondrement du soutien à la guerre chez les alliés européens. 

Un document marqué « confidentiel / non destiné aux regards étrangers », posté sur le site internet de Wikileaks, propose des stratégies pour manipuler les opinions publiques européennes, particulièrement en France et en Allemagne.

Le document ne propose pas de méthodes directes que la CIA pourrait employer pour parvenir à cette fin – il n’y a, par exemple, aucune référence à la diffusion de propagande dans la presse – mais il énonce ce que l’agence considère comme les axes d’intervention qui pourraient gagner les coeurs et les esprits. Parmi les propositions, le document propose une campagne sur le sort des femmes afghanes auprès de l’opinion publique française, cette dernière ayant démontré sa préoccupation pour les droits des femmes en Afghanistan.

En ce qui concerne l’opinion pubique allemande, le document propose une campagne alarmiste sur l’éventualité d’un échec de l’OTAN en Afghanistan. « L’exposition de l’Allemagne au terrorisme, à l’opium, et aux réfugiés pourrait rendre la guerre plus acceptable pour les sceptiques, » affirme le document. 

Le document est disponible sur le site de Wikileaks. file.wikileaks.org/file/cia-afghanistan.pdf

Le document a été rédigé par un groupe appelé « CIA Red Cell » (cellule rouge de la CIA) qui se définit comme un groupe chargé « d’adopter une approche "prête à l’emploi" qui donnerait des idées et offrirait un point de vue alternatif sur l’ensemble des enjeux ».

« La chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement des troupes en Afghanistan montre la fragilité du soutien européen à la mission menée par l’OTAN, » déclare le document. « Certains états membres de l’OTAN, particulièrement la France et l’Allemagne, ont compté sur l’apathie de leurs opinions publiques sur l’Afghanistan pour renforcer leur participation, mais cette indifférence pourrait se transformer en hostilité si les combats prévus pour le printemps et l’été provoquent une hausse du nombre de victimes militaires ou civiles. »

Le rapport de la CIA souligne que 80% des Français et des Allemands sont opposés à la guerre, mais présent une bouée de sauvetage : l’apathie de l’opinion publique. Grâce à cette dernière, les dirigeants européens ont pu étendre et élargir leur engagement en Afghanistan, malgré une profonde opposition.

Mais « si certaines prévisions qui annoncent un été meurtrier en Afghanistan se révèlent exactes, l’opposition passive des Français et des Allemands à la présence de leurs soldats pourrait se transformer une hostilité politiquement puissante. » dit le rapport. 

IMPLIQUER OBAMA

La Cellule Rouge souligne que le président Obama bénéficie d’un soutien populaire en Europe qu’il n’a pas connu aux Etats-Unis depuis des mois. Le rapport suggère que le président s’implique personnellement pour vendre la guerre en Afghanistan aux Européens.

« La confiance des opinions publiques françaises et allemandes dans la capacité du Président Obama à gérer les affaires internationales en général et l’Afghanistan en particulier laisse entendre qu’elles seraient plus réceptives s’il déclarait clairement leur importance pour la mission, et qu’elles seraient sensibles s’il se déclarait déçu par une absence de soutien de la part des alliés, » précise le document. 

Le rapport souligne que « lorsqu’il était rappelé (aux sondés ) que le Président Obama avait personnellement demandé le renforcement des troupes en Afghanistan, leur soutien à initiative augmentait considérablement, passant de 4 à 15 pour cent parmi les sondés français et de 7 à 13 pour cent parmi les allemands. »

Pour changer l’opinion des Français, la Cellule Rouge propose de lier la guerre en Afghanistan aux les efforts pour améliorer les droits des femmes en Afghanistan. Elle propose aussi d’insister sur le fait que la mission en Afghanistan est plus populaire en Afghanistan même qu’en Europe, du moins selon les sondages mentionnés dans le rapport.

Daniel Tencer

29 mars 2010 

ARTICLE ORIGINAL http://rawstory.com/rs/2010/0326/ci...

www.legrandsoir.info/Un-document-de-la-CIA-revele-des-plans-pour-manipuler-l-opinion-publique-europeenne-au-sujet-de-l-Afghanistan-...



2 Brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 WikiLeaks prêt à publier d'autres documents...

Julian Assange n'entend pas céder aux remontrances du Pentagone. [Keystone]

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a déclaré jeudi que son site internet spécialisé dans le renseignement prévoyait toujours la publication d'environ 15'000 nouveaux documents militaires confidentiels sur la guerre en Afghanistan.

Julian Assange a indiqué que le site se préparait à diffuser ces documents, malgré la demande du Pentagone, la semaine dernière, de rendre les milliers de documents déjà publiés et de ne pas en diffuser d'autres.

"On en est déjà à 7000 documents", a-t-il dit sans révéler la date à laquelle ils seraient publiés. Interrogé sur le fait de savoir si le site internet poursuivrait la publication, il a répondu: "Absolument". "Jusqu'à présent, nous n'avons eu aucune aide, malgré nos demandes répétées, de la part de la Maison Blanche ou du Pentagone", a-t-il ajouté.

Pentagone sollicité?

Un porte-parole de WikiLeaks en Allemagne, Daniel Schmitt, avait déclaré la semaine dernière que le site souhaitait des contacts avec le Pentagone pour examiner 15'000 documents classés non encore publiés, de manière à "rendre la rédaction des textes telle qu'ils puissent être publiés sans danger". Le Pentagone, qui avait fait état de dangers pour les Afghans cités nommément dans des documents publiés jusqu'ici, a cependant affirmé n'avoir jamais reçu de demande en ce sens de la part de WikiLeaks.

  Le Pentagone critique la publication des noms d'Afghans collaborant avec la coalition. [Reuters]

A Washington, le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, a réagi aux déclarations de Julian Assange en l'appelant à "retirer du site internet tous les documents volés". De plus, si WikiLeaks venait à effectivement diffuser de nouveaux documents, malgré les réserves et "l'inquiétude" du Pentagone quant "au tort" que ces révélations "causent à nos troupes, à nos alliés et aux civils afghans innocents, nous atteindrions le summum de l'irresponsabilité", a dit Geoff Morrell.

Le site WikiLeaks, fondé en 2006 et spécialisé dans le renseignement, a déjà diffusé il y a une dizaine de jours près de 92'000 archives classifiées jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, avec des révélations notamment sur les victimes civiles et sur les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.

afp/cab

13.08.
http://www.tsr.ch/info/monde/2366143-wikileaks-pret-a-pub...


2-2 La saga des journaux de guerre afghans révélés par Wikileaks ne semble pas près de se terminer.  

Le Pentagone accentue la pression sur Wikileaks

Le Pentagone a publiquement demandé au site Internet de "rendre immédiatement" les milliers de documents secrets sur la guerre en Afghanistan encore en sa possession.

En juillet, le site avait diffusé près de 70 000 documents concernant la stratégie militaire américaine, pour la plupart des rapports secrets auxquels seuls les soldats présents sur place avaient accès.

Mais Wikileaks avait laissé entendre qu'il possédait encore près de 15 000 documents similaires et qu'ils étaient prêts à les publier. "La publication par Wikileaks d'un grand nombre de nos documents a déjà mis en danger nos troupes, nos alliés et les citoyens afghans qui travaillent avec nous", et "la diffusion d'informations classifiées supplémentaires ne peut qu'aggraver la situation", a déclaré le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell. "Le département de la défense exige que Wikileaks rende immédiatement au gouvernement américain tous les documents extraits directement et indirectement des bases de données du département de la défense [et ] qu'il les efface de ses sites, de ses ordinateurs et de ses archives", a-t-il ajouté.

UNE ENQUÊTE ET UN MYSTÉRIEUX FICHIER

M. Morrell n'a pas indiqué ce que le Pentagone serait prêt à faire si Wikileaks ne coopérait pas.

Devant les journalistes, il a déclaré qu'à ce stade le Pentagone demandait au site de faire "faire ce qui semble le plus juste"."Si faire ce qui est juste n'est pas suffisant pour eux, nous chercherons des moyens de les convaincre de faire ce qui est juste", a noté le porte-parole. Le Pentagone et le FBI ont déjà lancé une enquête pour trouver le responsable des fuites. Bradley Manning, un soldat américain déjà soupçonné d'avoir transmis une vidéo d'une bavure de l'armée américaine en Irak à Wikileaks, figure parmi les suspects.

Depuis le début de l'enquête, Wikileaks a mis en ligne un mystérieux fichier baptisé "assurance". Ce fichier "pèse" 1,4 giga-octets, soit environ le quart d'un DVD. Il est compressé et crypté. Il est apparu sur la page consacrée aux "journaux de guerre afghans" de Wikileaks, le 30 juillet. Et jusqu'ici, personne – en dehors des administrateurs du site – ne sait ce qu'il contient. Interrogé sur le contenu de ces archives, le porte-parole du site, Julian Assange, a expliqué qu'"il valait mieux qu'[il] ne fasse pas de commentaires sur ce fichier". Avant de titiller ses interlocuteurs : "On pourrait facilement imaginer une situation comme la nôtre, où il vaudrait mieux s'assurer que des documents historiques importants ne disparaissent pas."

LEMONDE.FR |

06.08.10
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/08/05/le-...



3  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Alex Lantier : Qui a du sang sur les mains en Afghanistan ?

 Des accusations portées par des responsables de l'administration Obama et des médias que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, et ses sources ont « du sang sur les mains » pour avoir révélé des informations sur les opérations militaires et les informateurs des Etats-Unis en Afghanistan sont de méprisables calomnies. La responsabilité du sang versé en Afghanistan repose sur le gouvernement américain, qui a déclenché la guerre.

Ces accusations sont d'autant plus dégoûtantes que l'administration Obama prépare ouvertement une augmentation de l'effusion de sang par l'armée des Etats-Unis en Afghanistan. Un article paru hier en première page du New York Times était intitulé « Les Etats-Unis se concentrent maintenant sur les assassinats politiques en Afghanistan ». Il faisait les éloges de la Task Force 373, l'escadron de la mort secret dévoilé dans les documents publiés par WikiLeaks, en notant que les « raids du commando » ont tué « plus de 130 insurgés d'importance » durant les cinq dernières semaines.

Les plus récents plans de Washington consistent à tuer en masse pour terroriser la population afghane et forcer sa capitulation. A l'audience de la Commission des affaires étrangères du Sénat de mardi dernier, le sénateur Richard Lugar a expliqué : « Pour que les négociations fonctionnent, nous devons faire preuve de force. Aussi violent que cela puisse sembler, il est essentiel que nous tuions beaucoup de talibans. »

La mentalité fascisante qui sous-tend de tels plans n'est pas différente de celle d'Hitler et de ses hommes de main lorsqu'ils préparaient des guerres et la répression des forces de la résistance en Europe.

Dans le milieu politique dégénéré d'aujourd'hui, les médias - qui ont systématiquement et délibérément masqué les crimes révélés par WikiLeaks - se prêtent à la campagne contre Assange. Lors d'une conférence de presse jeudi dernier, l'amiral Mike Mullen, chef d'état-major interarmées, a déclaré qu'Assange et ses sources « pourraient bien avoir le sang d'un jeune soldat ou d'une famille afghane sur les mains ».

Dimanche, sur le plateau de l'émission « This Week » à ABC, Christiane Amanpour a demandé à son invité, le secrétaire à la Défense Robert Gates, de commenter l'assertion que « le responsable de ces fuites avait essentiellement du sang sur les mains ». Gates a répondu qu'au point de vue de la « culpabilité morale » d'avoir révélé les informateurs afghans qui avaient collaboré avec l'armée des Etats-Unis, « WikiLeaks est coupable ».

Le World Socialist Web Site n'est pas touché par cet appel à la solidarité avec les informateurs et les mouchards de Washington. Nous rejetons avec mépris les tentatives visant à excuser la barbarie du gouvernement américain en Afghanistan en citant la violence de la résistance de la population afghane à l'occupation néocoloniale. Il n'y a pas d'équivalence politique ou morale entre les deux.

Comme le grand marxiste Léon Trotsky l'écrivait dans Leur morale et la nôtre : « Que de méprisables eunuques ne viennent pas soutenir que l'esclavagiste qui, par la ruse et la violence, enchaîne un esclave est devant la morale l'égal de l'esclave qui, par la ruse et la violence, brise ses chaînes ! »

Qui est M. Gates pour donner des leçons à quiconque sur la « culpabilité morale » ? L'homme qui supervise le massacre de masse de la population afghane par l'armée américaine aujourd'hui est un bureaucrate endurci de la terreur d'État. Le livre qu'il a publié en 1996 en sa qualité d'initié de la politique américaine, intitulé à juste titre From the Shadows [Dans les ombres], fait état de son rôle dans les plus grands crimes de l'impérialisme américain dans les années 1970 et 1980.

Analyste de la CIA et collaborateur du conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski durant les années 1970, Gates était un haut fonctionnaire de la CIA dans les années 1980. Il a noté comment la CIA a soutenu la milice UNITA en Angola, responsable pour la mort de dizaines de milliers d'Angolais. Gates a aussi expliqué comment la CIA a miné les ports du Nicaragua pour aider les contras (les rebelles de droite) et a autorisé la rédaction d'un « manuel de meurtre », qui donnait des instructions sur la façon de réaliser les assassinats politiques.

Gates est impliqué depuis le tout début dans la politique criminelle de Washington en Afghanistan. Bien avant l'invasion de ce pays par l'Union soviétique, les Etats-Unis offraient déjà un soutien financier secret aux forces islamistes qui s'opposaient au gouvernement afghan soutenu par les Soviétiques. L'objectif des Etats-Unis, comme l'expliquait un officier de l'armée en mars 1979 dans une réunion que Gates décrit, était « d'entraîner les Soviétiques dans un bourbier comme ce que fut le Viet Nam ».

A cette époque, écrit Gates, les Etats-Unis ont signé des accords secrets avec l'Arabie saoudite et le Pakistan qui visaient à assembler « un pipeline logistique extraordinaire de fournisseurs du monde entier. La table était mise pour la vaste expansion à venir d'aide extérieure, entièrement sous la direction de la CIA. » Comme il est bien connu, la chaîne d'approvisionnement, « entièrement sous la direction de la CIA » comptait dans ses rangs Oussama bin Laden et ses associés politiques. C'est là l'origine du mouvement al-Qaïda, l'organisation qui a réalisé les attaques terroristes du 11-Septembre.

Quand le Kremlin a envahi l'Afghanistan, la CIA a financé et soutenu des milices sous la direction de seigneurs de guerre islamistes d'extrême-droite. Gates sait que cela ne pouvait que finir en désastre pour le peuple afghan. Il écrit : « Personne ne doit avoir d'illusions sur ceux qui s'alliaient politiquement, que ce soit avant ou après la défaite de l'URSS. En tout cas, personne à la CIA n'avait de telles illusions. »

L'Afghanistan est ravagé par la guerre civile depuis. Même si cela n'est pas rapporté dans les médias américains, qui n'ont aucune considération pour une vie afghane, des millions d'Afghans sont morts en conséquence de cette guerre civile.

La campagne médiatique contre WikiLeaks montre l'état de dépravation régnant dans le milieu politique américain. Les médias et l'État ne peuvent pardonner à Assange et ses sources d'avoir eu le courage d'exposer aux yeux de tous les crimes de tout l'establishment politique. La somme des documents que ce site a rendu public donne à la Cour pénale internationale les matériaux dont elle a besoin pour poursuivre les administrations Bush et Obama pour crimes de guerre et les principales personnalités des médias américains pour complicité.

Toutes les accusations contre Assange et ses sources en rapport avec la publication de ces documents doivent être levées et des accusations portées contre les criminels de guerre à Washington.

(Article original anglais paru le 2 août 2010)

Alex Lantier
5 août 2010

http://www.wsws.org/francais/News/2010/aou2010/sang-a05.s... 


3-2 Les fuites sur l'Afghanistan lèvent un coin du voile sur une unité très spéciale de l'armée américaine.

La diffusion par le site WikiLeaks de milliers de documents militaires américains confidentiels lève un coin du voile sur une unité spéciale de l'armée américaine, chargée sous le nom de code "Task Force 373" de traquer et de tuer des combattants ennemis en Afghanistan, talibans ou chefs d'Al-Qaïda répertoriés sur une liste d'objectifs.

Les documents révèlent des détails sur des missions de cette unité, mentionnant de nombreux incidents et bavures aux conséquences mortelles pour la population civile, dont des enfants. 

La "Task Force 373", selon les rapports divulgués, a pour mission de capturer ou éliminer, hors de toute procédure judiciaire, des cibles figurant sur une liste appelée JPEL (acronyme en langue anglaise de Joint prioritised effects list, traduisible par Liste commune prioritaire). Des juristes s'interrogent sur la légalité des exécutions et de la détention, sans procès et pour une longue durée, de certaines des personnes capturées.

Des responsables militaires à Washington ont réfuté les accusations de crimes de guerre, faisant valoir que les listes de cibles nominatives sont un des éléments inévitables de tout conflit armé. 

Parmi les rapports cités par WikiLeaks figurent les comptes-rendus d'opérations comme celles du 11 juin 2007. Ce jour-là, la TF 373, accompagnée d'éléments des forces spéciales afghanes, est partie à la recherche d'un commandant taliban nommé Qari Ur-Rahman. A la tombée de la nuit, une fusillade a éclaté alors que l'unité approchait de l'objectif. Elle a appelé en renfort un avion AC-130, appareil d'attaque au sol et d'appui aérien, une véritable canonnière volante qui a arrosé d'obus le secteur.

Le bilan de l'opération n'a été découvert que plus tard: sept morts et quatre blessés parmi des membres de la police afghane, ce dont les communiqués officiels diffusés par la suite ne firent pas mention, pas plus que de la participation de la TF 373 à cette mission.

Une autre opération de la TF 373 fit également des "dommages collatéraux", selon la formule consacrée, dans la province de Paktika (sud-est). La cible était un chef d'Al-Qaïda, Abou Laith al-Libi, soupçonné de diriger plusieurs camps d'entraînement terroristes dans cette région frontalière du Pakistan. Cinq roquettes furent tirées contre un groupe de bâtiments. Al-Libi ne figurait pas parmi les victimes du bombardement, qui a tué sept enfants dans une madrasa, une école coranique. 

Ce rapport interne était classé secret mais aussi "Noforn", c'est à dire qu'il ne devait pas être divulgué aux membres étrangers de la coalition alliée. 

Selon Julian Assange, le fondateur du site WikiLeaks, des "milliers" d'attaques américaines en Afghanistan seraient susceptibles de faire l'objet d'enquêtes pour crimes de guerre si des tribunaux se penchaient sur la question.

Tom Parker, un des responsables d'Amnesty International USA, n'est pas certain que tous les incidents relèvent du crime de guerre et note que la guerre d'Afghanistan soulève des questions complexes. "Il est vraiment de difficile de savoir où se terminent les assassinats et où commence la guerre" même si, dit-il, les listes nominatives "mettent mal à l'aise les gens". 

Pour le député démocrate Adam Smith, la question ne se pose pas: "nous sommes en guerre. L'ennemi nous tire dessus, nous lui tirons dessus." Le parlementaire juge "absolument injuste et inéquitable" que l'on "condamne nos troupes". Juan Zarate, ancien responsable chargé du contre-terrorisme sous l'administration Bush, souligne, lui, que tenter de tuer ou capturer les dirigeants ennemis, "c'est précisément ce que font les pays en guerre".

 Les listes d'objectifs de l'armée, et notamment de la TF 373, diffèrent des cibles répertoriées par la CIA, l'agence centrale américaine de renseignement dont des unités paramilitaires opèrent en Afghanistan. L'armée ne peut intervenir que dans des zones de guerre, alors que la CIA est autorisée à mener à agir dans des pays ou secteurs où les Etats-Unis ne sont pas en conflit.

 Les quelque 90.000 documents -rapports, notes internes, messages couvrant la période 2004-2009- divulgués dimanche par le site WikiLeaks pourraient constituer une des plus importantes "fuites" de l'histoire du renseignement. Des enquêtes ont été ouvertes pour déterminer l'origine des fuites et leurs conséquences.

 AP

27/07/2010

tempsreel.nouvelobs.com/.../les-fuites-sur-l-afghanistan-levent-un-coin-du-voile-sur-une-unite-tres-speciale-de-l-armee-americaine.html



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Philippe Rivière : Les révélations du site Wikileaks : Rapports explosifs sur la guerre en Afghanistan

Une masse considérable de fichiers confidentiels de l'armée américaine vient d'être dévoilée, lundi 26 juillet, par le site Internet Wikileaks.org. Ces documents relatent, événement après événement, le quotidien d'une guerre entamée en octobre 2001 et d'une occupation qui n'en finit pas.

Fouiller l'ensemble des quelque 92 000 rapports d'incident divulgués constitue une tâche herculéenne. C'est pourquoi Le Monde diplomatique s'est associé à l'initiative d'Owni.fr visant à mettre à la disposition de tous un outil de consultation de ces rapports. Accessible directement en ligne, ce dispositif nommé « War Logs » permet au lecteur d'appréhender le jargon militaire dans lequel les événements sont décrits, d'effectuer des recherches dans l'ensemble des documents dévoilés, et d'ajouter des annotations. La base de données comprend déjà 75 000 documents et sera enrichie rapidement.

Les lecteurs qui le souhaitent peuvent exploiter cet outil pour, d'une part, se familiariser avec ces documents exceptionnels, et, d'autre part, participer - avec les dizaines de personnes qui se sont déjà plongées dans ces fichiers - à la mise à nu de la guerre d'Afghanistan. Le Monde diplomatique reviendra sur ces révélations.

Avant d'ouvrir ces données à tout le monde, Wikileaks s'est associé à trois journaux, leur offrant une période d'exclusivité qui leur a permis de travailler sur ces informations : The Guardian, The New York Times et Der Spiegel. Ces derniers proposent, chacun sur leur site, un premier aperçu de ces 200 000 pages de « journaux de bord de guerre » (d'où le titre, War Logs), qui donnent de la guerre en Afghanistan une image dévastatrice aussi bien pour les talibans que pour les occupants occidentaux, Etats-Unis en tête.

Parmi les 300 rapports sélectionnés dans cette masse par The Guardian, trois concernent les troupes françaises. Notamment ceci, qui n’avait jamais été rendu public : le 2 octobre 2008, à Tangi Kalai, à proximité de Kaboul, elles ont fait feu sur un bus s’approchant trop près d’un convoi militaire, blessant huit enfants.

Sur la carte dessinée par les « data journalists » (journalistes de données) du Guardian à partir de ces rapports, on peine à distinguer une « ligne de front » ou de grands mouvements stratégiques (voir la carte des incidents). Ce sont, un peu partout dans le pays, des engins explosifs improvisés (IED) qui tuent des civils, des troupes de la coalition ou des militaires afghans (voir la carte des IED).

Si, pour le président afghan Hamid Karzai, cette fuite ne nous apprend « rien qui ne soit déjà connu », Julian Assange, porte-parole de Wikileaks, est plus convaincant quand il affirme qu’une foule d’informations se nichent dans les données qu’il a collectées : « Regardez par exemple le ratio du nombre de tués par rapport aux blessés et aux prisonniers : cette guerre est extrêmement létale. »

Wikileaks pense ainsi pouvoir déjà mettre en évidence plusieurs éléments :
— sur l’implication du Pakistan dans les attaques contre les forces de la coalition ;
— sur le rôle qu’on prête encore, au sein de l’armée, à Oussama Ben Laden ;
— sur une présence clandestine des Iraniens ;
— sur les combats entre soldats afghans ;
— sur l’unité américaine TF-373, spécialisée dans la capture et l’assassinat de chefs talibans, et qui disposerait d’une liste de 2 000 noms ;
— sur le fait que les Etats-Unis ont caché au public l’usage de missiles sol-air par les talibans contre un hélicoptère Chinook ;
le tout avec force détails, d’incident en incident et de mission en mission.

Quant au tableau des pertes humaines directes recensées par ces fichiers, qui couvrent six années de guerre (2004-2009), il est éloquent :

Nombre de morts

Ennemis

15 506

Civils

4 232

Armée afgh.

3 819

OTAN

1 138

 Philippe Rivière

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-07-26-Rapports-explosifs-sur-la-guerre

accéder directement à l'application : http://app.owni.fr/warlogs/



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 F. William Engdah : Une manœuvre des services de renseignements derrière la publication des documents « secrets » de Wikileaks?

Depuis la publication sensationnelle d’une vidéo de l’armée étasunienne montrant la fusillade aérienne de journalistes non armés en Irak, Wikileaks a acquis une notoriété et une crédibilité au niveau international en tant que site web audacieux, publiant des informations confidentielles fournies par des dénonciateurs au sein de divers gouvernements. Leur dernier « coup » impliquait la soi-disant fuite de milliers de pages de documents prétendument confidentiels concernant des informateurs étasuniens parmi les talibans en Afghanistan et leurs complicité avec de hauts gradés liés au service de renseignements militaire pakistanais, Inter-Services Intelligence (ISI). Les preuves suggèrent toutefois que, loin d’être honnête, la fuite consiste en une désinformation calculée au profit des services de renseignements des États-Unis, et peut-être ceux d’Israël et de l’Inde, et qu’elle camoufle le rôle des États-Unis et de l’Occident dans le trafic de drogues en provenance d’Afghanistan.  

Depuis la mise en ligne des documents afghans il y a quelques jours, la Maison-Blanche d’Obama a donné de la crédibilité aux fuites en déclarant que d’autres fuites poseraient une menace à la sécurité nationale des États-Unis. Pourtant, les détails de ces documents ne révèlent rien de confidentiel. La personnalité à laquelle on fait le plus visiblement référence, le général (à la retraite) Hamid Gul, ancien chef de l’ISI, est celui qui a coordonné la guérilla des moudjahidines, financée par la CIA, contre le régime soviétique en Afghanistan dans les années 1980. Dans les récents documents de Wikileaks, Gul est accusé de rencontrer régulièrement des dirigeants d’Al-Qaïda et des talibans, et d’orchestrer des attentats-suicides contre les forces de l’OTAN en Afghanistan. 

Déclaré mort il y a trois ans par la candidate pakistanaise Benazir Bhutto sur les ondes de la BBC, Oussama ben Laden serait toujours vivant, selon les documents divulgués. À un moment où la plupart des Étatsuniens avaient oublié la raison initiale présumée de l’invasion de l’Afghanistan par l’administration Bush, soit la poursuite du saoudien ben Laden pour son rôle dans les attentats du 11 septembre, cette affirmation entretient convenablement le mythe pour la guerre au terrorisme de l’administration Obama. 

Diaboliser le Pakistan?

Le fait de mentionner Gul à cet instant comme lien clé avec les « talibans » afghans fait partie d’une tendance générale de diabolisation de l’actuel régime pakistanais par les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui s’efforcent de présenter ce dernier comme un des principaux problèmes en Afghanistan. Une telle diabolisation favorise grandement la position de l’Inde, récent allié militaire des États-Unis. De plus, le Pakistan est le seul pays musulman possédant des armes nucléaires, ce que Tsahal et le Mossad, l’armée et le service de renseignement israéliens, souhaiteraient fortement changer, d’après certaines informations. Une fausse campagne de dénigrement par le biais de Wikileaks contre Gul, un homme au franc parler en politique, pourrait relever de cette volonté géopolitique.

Le Financial Times de Londres souligne que le nom de Gul apparaît dans 10 pages sur environ 180 dossiers confidentiels étasuniens prétendant que le service de renseignements pakistanais a soutenu des militants afghans dans leurs combats contres des forces de l’OTAN. Gul a affirmé au journal que les États-Unis ont perdu la guerre en Afghanistan et que la fuite des documents aiderait l’administration Obama à détourner le blâme en suggérant que le Pakistan en était responsable. « Je suis un des boucs émissaires favoris des États-Unis. Ils ne peuvent pas s’imaginer que les Afghans puissent gagner des guerres seuls. Ce serait une honte impitoyable qu’un général de 74 ans à la retraite, manipulant les moudjahidines, engendre la défaite des États-Unis », a confié Gul au quotidien.

 

À la lumière des derniers documents de Wikileaks, l’attention conférée à l’homme de 74 ans est digne de mention. Comme je l’écrivais dans un article publié en juin sur ce site web, Warum Afghanistan? Teil VI:Washingtons Kriegsstrategie in Zentralasien (Pourquoi l’Afghanistan? 4e partie : La stratégie de guerre de Washington en Asie centrale), Gul a été franc à propos du rôle de l’armée étasunienne dans le trafic d’héroïne afghane par le biais de la base aérienne hautement sécurisée de Manas au Kirghizistan. 

En outre, dans une entrevue accordée à UPI le 26 septembre 2001, deux semaines après les attaques du 11 septembre, en réponse à la question « qui a orchestré le 11 septembre noir? », Gul a déclaré : « Le Mossad et ses complices. Les États-Unis dépensent 40 milliards de dollars annuellement pour leurs 11 services de renseignements. Cela signifie 400 milliards en 10 ans. Pourtant, l’administration Bush dit qu’elle a été prise par surprise. Je n’y crois pas. Dix minutes après que la deuxième tour du World Trade Center a été touchée, CNN a annoncé qu’Oussama ben Laden était responsable. C’était un coup de désinformation planifié par les vrais auteurs […] [1] ». Gul n’est visiblement pas très aimé à Washington. Il affirme que ses demandes de visas pour le Royaume-Uni et les États-Unis ont été refusées à maintes reprises. Faire de Gul l’ennemi juré ferait bien l’affaire de certains à Washington.

 

Qui est Julian Assange?

Le fondateur et « rédacteur en chef »de Wikileaks, Julian Assange, est un mystérieux Australien de 39 ans, à propos duquel on connaît peu de choses. Il est soudainement devenu une personnalité très en vue en offrant de négocier les fuites avec la Maison-Blanche. À la suite des dernières révélations, Assange a avoué à Der Spiegel, l’un des trois médias avec lesquels il a partagé les récentes fuites, que les documents qu’il avait déterrés « changeraient non seulement notre perspective de la guerre en Afghanistan, mais aussi celle de toute les guerres modernes ». 

Au cours de la même entrevue, il a affirmé : « J’aime écraser les salops. » Pourtant, si l’on observe de près sa position affichée sur l’une des questions les plus controversées des dernières décennies, à savoir les forces cachées derrière les attaques du 11 septembre sur le Pentagone et le World Trade Center, il se montre curieusement du même avis que l’ordre établi. Lorsque le Belfast Telegraph l’a interviewé le 19 juillet, il a déclaré : « Chaque fois que des personnes en position de pouvoir font des plans en secret, ils fomentent une conspiration. Il y a donc des conspirations partout. Il existe aussi des théories de conspirations délirantes. Il est important de ne pas confondre les deux […] » Qu’en est-il du 11 septembre? : « Cela m’agace constamment que les gens soient distraits par de fausses conspirations comme celles entourant le 11 septembre, alors que nous fournissons des preuves de réelles conspirations concernant la guerre et la fraude financière. » Et qu’en est-il des conférences de Bilderberg? : « En ce qui a trait au réseautage, c’est vaguement collusoire. Nous avons publié leurs comptes rendus de réunion [2]. ».

Provenant d’une personne s’étant bâti une réputation d’anti-élite, une telle déclaration est plus que digne de mention. Comme l’on témoigné des milliers de physiciens, d’ingénieurs, de militaires chevronnés et de pilotes de ligne, l’idée que des Arabes à peine entrainés, armés de couteaux polyvalents puissent détourner quatre avions de ligne étasuniens et exécuter les frappes pratiquement impossibles contre les tours jumelles et le Pentagone en l’espace de 93 minutes sans une seule interception aérienne du NORAD dépasse l’entendement. Il incombe à une véritable enquête internationale et impartiale de trouver qui, précisément, a livré cette attaque professionnelle.

 En contrepoids au désaveu catégorique de M. Assange concernant toute conspiration sinistre sur le 11 septembre, il convient de mentionner la déclaration de l’ancien sénateur étasunien Bob Graham, président du Select Committee on Intelligence du Sénat étasunien lors de l’enquête conjointe sur le 11 septembre. En entrevue à la BBC, il a déclaré : « Je peux seulement affirmer qu’il y a trop de secrets entourant le 11 septembre, c’est-à-dire qu’il y a des informations auxquelles le public n’a pas accès et qui apporteraient des réponses crédibles, tangibles et spécifiques. Le refus de divulguer ces secrets a érodé la confiance des Étasuniens en leur gouvernement, car ces informations sont liées à leur propre sécurité. » Le narrateur de la BBC : « Le sénateur Graham a découvert que le camouflage menait au cœur de l’administration. » Bob graham : « J’ai contacté la Maison-Blanche et j’ai parlé à Mme Rice et je lui ai dit : " Écoutez, on nous a dit que l’on coopérerait avec nous dans cette enquête." Elle a dit qu’elle y verrait, et il ne s’est rien passé. »

 Certes, l’administration Bush a été en mesure d’utiliser les attentats du 11 septembre pour lancer sa guerre au terrorisme en Afghanistan et ensuite en Irak, un point que M. Assange omet convenablement. 

Pour sa part, le général Gul prétend que le renseignement étasunien a orchestré la fuite de Wikileaks sur l’Afghanistan pour trouver un bouc émissaire à blâmer : lui-même. À point nommé, comme si cela était prémédité, le premier ministre conservateur britannique David Cameron, en visite en Inde, a fustigé le Pakistan pour son soi-disant rôle de soutien aux talibans en Afghanistan, donnant opportunément davantage de crédibilité à l’histoire de Wikileaks. La véritable histoire de Wikileaks, elle, n’a pas encore été révélée.
[1]General Hamid Gul, Arnaud de Borchgrave 2001, Interview with Hamid Gul, Former ISI Chief, UPI, reprinted July 2010 :
http://www.veteranstoday.com/2010/07/28/arnaud-de-borchgrave-2001-interview-with-hamid-gul-former-isi-chief/ 
[2]Julian Assange, BelfastTelegraph, 19 juillet 2010.

F. William Engdah

Mondialisation.ca,

14 aout 2010

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=ENG20100814&articleId=20617



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