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06/09/2010

n°141 - dossiers du Liban - Haririri & le Tribunal spécial - 06-09 -: Fin : -: Le Tribunal spécial pour le Liban : une machine de guerre contre la Résistance.

n°141 - dossiers du Liban - Haririri & le Tribunal spécial - 06-09 -: Fin  : -: Le Tribunal spécial pour le Liban : une machine de guerre contre la Résistance.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du Liban - Haririri & le Tribunal spécial

n°141 du 06-09

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Qui est Rafic Hariri?

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 Rafic Hariri:

1 Gilles Munier : Liban: Assassinat de Rafic Hariri, la piste interdite

4-2 Tribunal spécial pour le Liban

a) Youssef Boussoumah : Le Tribunal spécial pour le Liban : une machine de guerre contre la Résistance.

Pièce jointe

Treizième rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le suivi de la cessation des hostilités au Liban.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

4-1 Rafic Hariri:

1 Gilles Munier : Liban: Assassinat de Rafic Hariri, la piste interdite (16/7/06)

Israël et l’assassinat de Rafic Hariri:

Sans doute vais-je aggraver mon cas. Après l’assassinat de Rafic Hariri, j’ai désigné Israël comme l’un des pays qui profite du crime et écrit qu’un des conseillers de l’ancien Premier ministre accusait le Mossad d’en être l’auteur. L’Arche - « mensuel du judaïsme français » - m’a aussitôt traité d’antisémite, comme le font les Israéliens dès que l’on critique leur politique. Le 11 mai dernier, j’ai entendu Raphaël Schoemann, un fanatique pro israélien inculpé pour avoir menacé de mort une douzaine de personnalités françaises, citer mon article au tribunal pour prouver que je voyais « la main d’Israël » partout !  

On comprend, dans ces conditions, pourquoi personne – ou presque – n’évoque le Mossad comme l’un des instigateurs possibles du meurtre de Rafic Hariri. Les journalistes craignent de perdre leur emploi, les hommes politiques, ou les juges, de compromettre leur carrière. On comprend aussi pourquoi le démantèlement au sud du Liban d’un réseau terroriste du Mossad a pratiquement été passé sous silence : ses membres n’ont apparemment pas participé à l’attentat contre Rafic Hariri, mais les preuves accumulées contre eux par les enquêteurs y font irrésistiblement penser.

 Le rapport du juge Detev Mehlis qui accuse la Syrie et des officiers supérieurs libanais d’avoir assassiner Rafic Hariri, repose, à ce que l’on sait, sur les témoignages d’agents manipulés par des services secrets occidentaux et israéliens, ou par Rifaat Al-Assad – oncle de Bachar – qui rêve d’accéder au pouvoir à Damas. Même le « charnier » découvert opportunément à Anjar, au Liban, près d’une ancienne caserne syrienne, pour accuser la Syrie de crime de guerre, faisait partie de la campagne anti-syrienne. Il s’agit d’un cimetière ottoman vieux de 300 ans !

Pour une poignée de dollars…

Le principal témoin de l’assassinat de Rafic Hariri : Mohamed Zouheir Siddiq, qui avait prétendu être un membre important des services secrets syriens au Liban, en fait simple chauffeur d’un général syrien, était un escroc protégé par Rifaat Al Assad, recherché pour détournement de fonds. Selon Der Spiegel (22/10/05), il a avoué à son frère être devenu « millionnaire » en récitant sa leçon.  

Mohamed Zouheir Siddiq n’a donc ni participé à l’attentat, ni mis son appartement à la disposition des comploteurs. Les noms des sept officiers du renseignement syrien et des quatre généraux libanais lui ont été soufflés. Il n’a pas vu le van Mitsubishi canter blanc - qui a explosé au passage du convoi de Rafic Hariri - dans une caserne syrienne, pas plus qu’Ahmad Abou Adass, le kamikaze palestinien qui – selon lui - croyait participer à un attentat contre Iyad Allaoui, alors « Premier ministre » irakien.

L’autre témoin-clé, dit « témoin masqué » : Houssam Taher Houssam, syrien d’origine kurde, présenté comme un ancien officier des services de renseignement syriens, était coiffeur à Beyrouth et informateur des services syriens. Lorsqu’il s’est rétracté à Damas, il a accusé un journaliste d’Al-Mostaqbal - Farès Khachane – de lui avoir dicté ses déclarations. Le journaliste était, selon lui, aux ordres de Saad Hariri, fils du Premier ministre assassiné, et en relation avec « des Américains et des Israéliens ». On l’a torturé  et drogué pour lui faire dire que Maher al-Assad - frère du Président Al-Assad - et Assef Chaoukat - directeur des services des renseignements syriens - étaient les  « commanditaires de l’attentat ». Lui non plus n’a pas vu le van Mitsubishi canter blanc dans une base syrienne. C’est Hassan Sabeh - ministre de l'Intérieur libanais – qui lui a demandé ce faux témoignage contre 1,3 million de $.

Enfin Louay Al-Saka, un syrien détenu en Turquie présumé coupable d’un attentat à Istanbul, soit disant « n°5 d’Al Qaïda », devait,  semble-t-il, jouer le rôle de témoin de rechange. Selon son avocat, quatre agents de la CIA lui ont proposé dans sa cellule la vie sauve et une forte somme d’argent pour déclarer que le Général Assef Chaoukat voulait qu’il recrute un homme suicide irakien pour éliminer Hariri. Prudent, Al-Saka a refusé le marché offert par les Américains.

Sur la liste des personnalités à abattre

Le rapport Mehlis est un roman d’espionnage mal ficelé. Les comploteurs, présentés comme des professionnels du renseignement, se réunissaient à l’hôtel Méridien à Damas qui ne passe pas pour un endroit discret. Eux pour qui les écoutes téléphoniques n’ont pas de secret, n’arrêtaient pas de s’appeler sur leurs portables… Un suspect, Mahmoud Abdel-Al, membre de la secte musulmane Al –Ahbash – sans doute aux ordres de Rifaat Al-Assad - aurait même contacté le Président libanais Emile Lahoud le jour de l’attentat ! Seul fait indubitable : Nawar Habib Dona, marchand de cartes téléphoniques à Tripoli, qui a vendu celles liées à l’attentat, est mort dans un « accident de la route »…

Dans l’affaire Hariri, les preuves d’une éventuelle implication du Mossad ne manquent pas, mais la « justice internationale » ne veut pas en entendre parler. Le Gouvernement du Liban libre -  basé en Israël et dirigé par Nagi N. Najjar -  et le Comité pour un Liban libre de Ziad K. Abdelnour, un financier néo conservateur proche du Likoud et de Daniel Pipes – l’homme qui a inspiré l’opération caricatures du Prophète – ont pourtant mis le nom de Rafic Hariri sur une liste de personnalités libanaises à éliminer. Ce n’était pas un secret : elle était sur leur site Internet. Detlev Mehlis n’en a pas parlé dans son rapport à l’ONU. Quelle aurait été sa réaction – celle des Etats-Unis et de la France -  si ces menaces avaient émané d’un groupuscule libanais pro syrien? Pourquoi le juge n’a-t-il pas fait vérifier le système de sécurité du convoi ? Il se serait mystérieusement désactivé juste une fraction de seconde avant l’explosion. Pourquoi n’a-t-il pas mis la société israélienne qui l’a conçu sur la liste des suspects ?  

Réseaux terroristes israéliens au Liban

Au Liban, les Israéliens ont toujours assassiné impunément qui ils voulaient. Les bombardements actuels - notamment de l’aéroport international… Rafic Hariri ! – entrent dans une stratégie qui ne date pas d’hier à laquelle l’ancien Premier ministre se serait fermement opposé. A-t-il été éliminé dans cette perspective ? Qui sait que les services de renseignements de l’armée libanaise ont démantelé le 13 juin un réseau du Mossad, à Saïda, au sud du Liban ? Sa spécialité : l’attentat à la voiture piégée. Le chef du groupe terroriste, Mahmoud Rafeh, a été arrêté ainsi que deux de ses complices. C’est un Druze libanais, ancien officier dans les milices pro israéliennes du Général Lahad, ancien des Forces de sécurité libanaises (FSI). L’armée libanaise a découvert dans sa cave la panoplie du parfait espion : un ordinateur et des caméras en provenance d’Israël, des tenues militaires libanaises, des téléphones cellulaires avec des lignes internationales, un décodeur permettant de lire sur un écran de télévision des messages codés, des faux papiers, des portraits d’épouses fictives israéliennes.  

Mahmoud Rafeh  a été recruté en 1994 par le Mossad sur les conseils d’Alameddine Badaoui, responsable de sécurité de l’ex-armée du Liban-Sud. Il a été formé en Israël et dans un pays étranger, puis renvoyé au Liban en 2000 « pour mettre en place des réseaux chargés de l’exécution d’opérations ». Il est bien sûr interdit d’en déduire qu’il pourrait y avoir parmi ces groupes terroristes dormants celui qui a tué Rafic Hariri.  

Rafeh a avoué avoir organisé une série d’attentats contre des personnalités libanaises ou palestiniennes. En 1999 et 2003, il a tué deux dirigeants du Hezbollah. Le 20 mai 2002, il a assassiné  Jihad Jibril qui dirigeait la branche armée du FPLP-CG (Front Populaire pour la Libération de la Palestine – Commandement général), fondé par son père. Cet attentat avait été revendiqué par un  « Mouvement des Nationalistes libanais », créé pour la circonstance. À l’époque, Israël avait bien sûr démenti être responsable du meurtre. Yarden Vatikay, du Ministère israélien de la Défense, avait assuré qu’ "Israël n'avait aucun rapport avec la voiture piégée ». Benjamin Ben-Eliezer, son ministre, avait ajouté :"Comme d'habitude, c'est Israël qu'ils blâment ".

Le 26 mai 2006, Rafeh a assassiné Mahmoud Majzoud, membre du Djihad islamique qui, victime d’un attentat similaire, il y a deux ans, avait installé des caméras de surveillance dans – et devant – son immeuble. Elles ont disparu. Là aussi, il est interdit de dire que les terroristes ont tiré des enseignements de l’attentat contre Hariri. Cette fois, ils ont pris les caméras, alors qu’ils avaient oublié de neutraliser celle de la banque HSBC qui a filmé le van Mitsubishi près de l’hôtel St Georges.

Selon des sources judiciaires proches de l’enquête, les explosifs étaient camouflés dans la porte d’une Mercedes 280 grise garée devant le domicile des victimes. La porte a été introduite au Liban par un passage situé près des fermes de Chebaa. L’explosion était télécommandée par Mahmoud Rafeh, installé dans un van situé à 900 mètres de l’objectif. Un agent du Mossad, embarqué sur un avion de surveillance MK volant à haute altitude, l’informait de ce qui se passait devant l’immeuble et lui a dit quand presser le bouton. Il est encore une fois interdit d’évoquer le van Mitsubishi qui s’est introduit dans le convoi de Rafic Hariri, et de rappeler que Moustapha Tlass – ancien ministre syrien de la Défense – a déclaré en janvier 2006 qu’un avion israélien a donné le signal pour faire exploser les voitures piégées qui ont tué Rafic Hariri et le journaliste Gebran Tuéni.  

Deux membres du réseau sont en fuite : un certain « Abou Georges » et Hussein Khattab, un ancien prisonnier palestinien en Israël, accusé par Ahmed Jibril d’être directement responsable de l’attentat contre son fils. Le Président Emile Lahoud demande au juge Brammertz – qui a pris la suite de Detev Mehlis - d’enquêter sur les meurtres du Mossad, comme il le fait sur ceux des 14 personnalités libanaises assassinées après l’attentat contre Rafic Hariri. Il se pourrait bien qu’il y ait un « lien manifeste » entre tous ces assassinats, les réseaux du Mossad au Liban et les événements actuels.

Sources :

La commission Mehlis discréditée   http://perso.orange.fr/do/ag/892.htm

Mais qui a assassiné Rafic Hariri ? par Gilles Munier (AFI-Flash du 21/2/05)

Interview de Jürgen Cain Kübel, auteur de « Mordakte Hariri. Unterdrückte Spuren im Libanon »

(Dossier de l'assassinat d'Hariri. Des indices passés sous silence au Liban)

http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2409

L’espion du Mossad passe aux aveux, et plusieurs articles parus dans L’Orient-Le Jour sur le réseau du Mossad démantelé au Liban, sont sur le site :    http://palestine.over-blog.net/categorie-136632.html

Quand le Mossad trame au Pays des cèdres, par Stefano Chiarini, il manifesto – 17/6/06

http://www.protection-palestine.org/article.php3?id_article=2890

Four Convicted for 1986 Disco Bombing  http://www.ict.org.il/spotlight/det.cfm?id=706

German TV expose CIA, Mossad links to 1986 Berlin disco bombing

http://www.wsws.org/news/1998/aug1998/bomb1-a27.shtml

« Mossad. Un agent des services secrets israéliens parle », de Victor Ostrosvky et Claire Hoy - Editions Presses de la Cité, 1990. Israël avait tenté de faire interdire la parution du livre aux Etats-Unis.

16/7/06

(Appendice)  

DETLEV MEHLIS : « Mossad : connais pas ! »

L’enquête du juge Detlev Mehlis sur l’assassinat de Rafic Hariri ressemble à celle qu’il a menée après l’attentat à la bombe dans la discothèque La Belle, le 5 avril 1986, à Berlin Ouest. Dans les deux cas, il s’est refusé à envisager la moindre implication du Mossad dans l’affaire.  

Le « complot libyen »

A Berlin, l’attentat avait provoqué la mort de deux GI’s et d’une femme turque, et fait plus de 200 blessés, dont 79 Américains. Le Président Ronald Reagan avait aussitôt affirmé que les Etats-Unis avaient intercepté deux messages prouvant la culpabilité de la Libye et lancé l'Opération Eldorado Canyon. Le 15 avril, Tripoli et Benghazi étaient bombardées. On dénombrait 41 tués - dont la fille adoptive du Président Khadafi - et plus de 220 blessés.  

 Detlev Mehlis avait accrédité, sans la moindre preuve, la thèse du « complot libyen » comme il l’a fait au Liban avec celle de la « piste syrienne ». Pendant quinze ans, il a instruit à charge pour justifier a posteriori l’agression américaine et cacher l’implication de services secrets occidentaux – et israélien -  dans l’attentat. Les informations mettant en doute ses accusations sont accablantes.

 En 1990, dans « Mossad. Un agent des services secrets israéliens parle », le colonel  Victor Ostrosvky, révèle que les messages cités par Ronald Reagan sont l’œuvre du Mossad qui a installé un émetteur Trojan dans un immeuble situé près de la caserne Bab al-Aziziyyah, résidence et bureau du Président Kadhafi. Dès la fin mars 1986, les services d’écoute américains avaient déchiffré des instructions données à des terroristes, croyant qu’elles émanaient des services secrets libyens !

Des terroristes liés au Mossad

Le 25 août 1998, une contre enquête du magazine d’investigation Frontal, diffusée sur la chaîne allemande de télévision ZDF révélait que les terroristes arabes inculpés par Mehlis étaient des informateurs de la CIA, du BND allemand ou du Mossad. Le juge était au courant de ces liens, mais n'en avait tiré aucune conclusion et n'en a jamais fait état.

Frontal apprend qu'il est allé à Malte: proposer à Musbah Eter - un des terroristes en fuite, ancien fonctionnaire de l'Ambassade de Libye à Berlin-Est - de respecter  son immunité diplomatique à condition qu’il accuse un Palestinien du nom de Yasser Chraidi, chauffeur de l’ambassade, d’être le cerveau de l’attentat. La trace de Musbah Eter, qui a accepté la proposition de Mehlis, a été retrouvée plus tard en Norvège, où il s’est réfugié en 1990. Dans son interview, il refuse de dire pour quel service secret il a travaillé. Son avocat, Odd Devland, raconte alors qu’à son arrivée à Bergen, son client était présenté par les médias comme un danger pour la sécurité du pays, mais qu’une intervention du Mossad a miraculeusement arrangé la situation. Musbah Eter aa même obtenu sa naturalisation.

Le rôle joué par le Mossad et certains service occidentaux dans l'attentat de Berlin-Est explique sans doute pourquoi le 18 novembre 1997 le tribunal allemand n'a condamné les terroristes qu'à une peine de 122 à 14 ans d'internement, alors que la prison à vie était réclamée. Selon Frontal qui a eu accès aux synthèses finales du KGB et de la Stasi sur cette affaire, l’attentat a été commis en réalité – moyennant finances occidentales - par un autre groupe, composé de « terroristes professionnels » dirigés par un certain « Mahmoud » Abou Jaber. Musbah Eter et ses complices étaient des coupables parfaits, là pour brouiller les pistes remontant  aux auteurs et aux commanditaires de l’opération.

http://www.france-irak-actualite.com/pages/Liban_Assassinat_de_Rafic_Hariri_la_piste_interdite_16706-1982672.html


 

4-2 Tribunal spécial pour le Liban

a) Youssef Boussoumah et A.C. : Le Tribunal spécial pour le Liban : une machine de guerre contre la Résistance.

Une commission d’enquête ou une bouffonnerie ?

L’assassinat de Hariri et de 21 personnes de sa suite en février 2005, a secoué le Liban et toute la région non seulement en raison de la brutalité extrême de l’acte mais aussi pour les implications politiques considérables qu’il a entraînées. Rappelons que ce crime initia une période de blocage gouvernemental et de tensions extrêmes pendant près de 5 ans, entre deux coalitions pro ou anti occidentale, respectivement du 14 mars et du 8 mars. Celui ci porta même le pays au bord d’une nouvelle guerre civile. Il apparaît clairement que la réaction des pays occidentaux face à cet attentat est dans la droite ligne des précédents coloniaux dans la région . Une politique qui peut se résumer par la stratégie désormais classique : instrumentalisation politique des tensions internes, intervention militaires, mise en place de gouvernements vassalisés. La commission d’enquête internationale puis le TSL, pilotés depuis Washington mais activement soutenu par Londres, Paris et Berlin s’apparentent à un véritable drone politique planant sur le Liban. Comme d’autres drones, mécaniques ceux là, pilotés depuis Tel-Aviv, ils ont tous le même objectif : susciter, exacerber et exploiter toutes les failles de la vie politique libanaise. Observons les différents actes de cette mauvais pièce.

L’acte 1 s’est joué en 2005, quelques mois après l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri et l’engagement personnel de J. Chirac à trouver les coupables du meurtre de son ami. Une commission d’enquête internationale indépendante est constituée sur décision du Conseil de Sécurité de l’ONU . La résolution 1595 (7 avril 2005) adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, appelle à faire toute la lumière sur cette sombre affaire. Elle prévoit la formation d’un Tribunal spécial pour le Liban ( TSL) qui sera créé en 2007 et qui a inauguré ses locaux en mars 2009 à La Haye.

Mais suffit il qu’une commission d’enquête internationale se proclame indépendante pour qu’elle le soit réellement ? L’Histoire prouve que c’est précisément cette insistance à se proclamer indépendant qui doit être regardée comme suspecte. Surtout quand ladite commission est sponsorisée par des Etats occidentaux dont le caractère prédateur n’est plus à démontrer et qu’elle a comme chef Detlev Mehlis, un procureur mis en place par Washington. Celui ci considéré par Kofi Annan comme un procureur très intègre est juste connu pour sa grande proximité avec certains services du renseignement comme la CIA, le BKA allemand et le Mossad israélien avec qui il a instruit à charge contre la Syrie et la Libye, dans les années 80, dans plusieurs coups fourrés montés de toute évidence par les services occidentaux. Il est aussi connu pour ses liens ténus avec de nombreux instituts liés aux gouvernement des Etats-Unis. Preuve de son indépendance : très rapidement et sans aucun suspense, à l’unisson de toute la presse occidentale et du mouvement du 14 mars, Mehlis accuse Damas d’être au cœur de ce complot. Celui ci reconnait pourtant n’avoir comme preuves tangibles que les révélations de 4 témoins dont deux présentés comme capitaux accusent directement la Syrie de l’organisation de ce crime.

Le premier est un Syrien, Mohamad Zouheir Siddiq, se présentant comme un ancien colonel des services de renseignements de son pays, ayant dû fuir la région après ses révélations pour trouver refuge en Espagne auprès de Rifaat al Assad, oncle de Bachar, opposant au régime syrien soutenu par les Etats-Unis. Siddiq sera ensuite pris en charge par les services français. Ce témoin parfait assure que le timing de l’attentat a été préparé au Liban par de hauts gradés syriens et libanais. En octobre 2005, l’Etat français se voit obligé d’interpeller Siddiq à la demande du procureur libanais Saïd Mirza pour des affaires d’escroqueries mais aussi lorsqu’il apparaît que ce prétendu colonel de l’armée syrienne est en fait un vrai déserteur mais comme simple chauffeur de général et puis surtout qu’il est un parfait affabulateur. Paris, curieusement refuse pourtant de l’extrader. Relâché en 2006 il est placé « sous protection policière » dans une confortable villa de Chatou. Cela n’empêche pas Mehlis de lui renouveler sa confiance dans les deux moutures de son rapport remis d’abord le 20 octobre 2005 puis le 10 décembre 2005.

Le 13 mars 2008, coup de théâtre dans une affaire qui en regorge : la France prétend via son ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner avoir "perdu" la trace de Zouheir Siddiq. Il se serait tout simplement évaporé dans la nature pour réapparaitre le 10 avril suivant...dans les colonnes d’un journal koweitien. Afin de faire taire dit-il les rumeurs sur sa possible liquidation. Que dire de plus de ce soi disant témoin présenté avec tambours et trompettes comme un témoin roi ? L’individu reconnaîtra non seulement avoir été poursuivi pour escroquerie au Liban mais surtout admettra avoir reçu des sommes gigantesques en contrepartie de son témoignage à charge contre Damas.

Depuis nous savons par Siddiq lui-même qu’il a été exfiltré de France vers le Golfe arabe grâce à un faux passeport tchèque remis par le cabinet de Nicolas Sarkozy, alors que celui ci était encore ministre de l’intérieur. D’emblée trois questions se posent. Pour le compte de qui travaillait Siddiq, pourquoi la France l’a-t elle envoyé vers les Emirats et non remis à la justice internationale pour faux témoignage dans le cadre de ce même TSL et enfin question subsidiaire, pourquoi un passeport tchèque ? Ce pays entretenant d’excellentes relations avec le Mossad et plusieurs passeports des assassins israéliens de Mahmoud Mabhouh, cadre de Hamas assassiné aux Emirats , étant tchèques, ce détail pourrait ne pas en être un... Le deuxième témoin clé se nomme Hussam-Hussam , un kurde syrien qui très vite apparaît tout aussi fantasque que le précédent. Il serait fastidieux de détailler ses multiples et contradictoires déclarations. Aussi contentons nous de rappeler que celui ci fut découvert miraculeusement à l’automne 2005 au moment où le témoignage de Siddiq commençait à prendre l’eau. Celui ci a bel et bien travaillé 13 ans pour les services de renseignement syriens. En novembre 2005, à la veille de l’interrogatoire de cinq responsables syriens à Vienne par la commission d’enquête internationale, Hussam-Hussam non seulement se rétracte mais à l’occasion d’une conférence de presse qui se tient le 28 novembre 2005 à Damas, révèle « qu’on » lui aurait dit quoi dire » sous la contrainte. Arrêté et battu par la police libanaise, il aurait été visité en prison par un journaliste proche de la famille Hariri pour se voir promettre la liberté s’il acceptait de témoigner devant la commission d’enquête internationale. « Lors d’une réunion au bureau du ministre de l’Intérieur, on m’a promis la somme de 1,3 million de dollars en contrepartie de mon faux témoignage dont le but était d’impliquer la Syrie dans l’assassinat de Hariri ». Une réunion à la suite de laquelle, il assure devant la commission d’enquête que l’attentat a bien été préparé chez lui au Liban par de hauts gradés syriens et libanais et « se souvient » même avoir vu le véhicule fatal un Mitsubishi blanc peu de temps avant l’attentat, dans une caserne de l’armée syrienne. Le ministre de l’intérieur libanais, Hassan Sabeh, s’il confirme cette réunion nie toutefois avoir tenté de convaincre Hussam de faire un faux témoignage. Quant au journaliste s’il reconnait bien avoir visité Hussam-Hussam, il récusera les accusations de subordination selon lesquelles il lui aurait demandé de faire un faux témoignage, pour impliquer la Syrie dans l’attentat du 14 février.

L’hypothèse syrienne s’effondre

Au final, la commission d’enquête de l’Onu sera bien obligée d’abandonner ces deux super témoins parce que peu crédibles mais sans aller, bizarrement, jusqu’à les accuser ni d’entrave à la justice, ni même de faux témoignages. Rappelons que c’est essentiellement sur la base des allégations de ceux ci que Detlev Mehlis a concocté son rapport initial qui affirmait alors crânement : « Un faisceau de preuves conduit à l’implication tant du Liban que de la Syrie dans l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri ».

L’accusation s’effondrant, il n’en demeure pas moins que quatre innocents ont payé chèrement l’acharnement du TSL à faire vivre la piste syrienne. A la fin août 2005, c’est tout de même sur ce genre de témoignages bidons que quatre officiers supérieurs libanais, réputés proches de l’ancien président Emile Lahoud et de la Syrie furent envoyés en prison pour quatre longues années, alors qu’aucune charge sérieuse n’a jamais pesé sur eux. Parmi ceux ci, le chef de la Sécurité Intérieure, équivalent de la Gendarmerie en France, le général Jamil Sayyed, a décidé de porter plainte contre tous les responsables de son pays ayant trempé dans ce coup fourré. Notamment le procureur général Saïd Mirza cité précédemment. D’autre part, selon un scénario bien rôdé dans lequel Washington est passé maître, la déstabilisation officielle de la Syrie assumée au grand jour, a pu commencé par le biais d’une campagne médiatique d’une violence inouïe. Celle ci laissait alors craindre le pire, les rumeurs de renversement du régime syrien allant alors bon train. Que personne dans les sphères onusiennes, françaises, européennes, étasuniennes, soi disant soucieuses de connaître la vérité, ne s’interroge sur les commanditaires de Siddiq et de Hussam Hussam voilà qui est pour le moins étrange.

Et pourtant, après coup, Mehlis reconnait aisément comme pour se dédouaner, comme si cela était normal pour un juge international, avoir agi selon des apriori. A savoir que son accusation se fondait davantage sur une analyse de la situation politique au Liban et sur une hostilité supposée entre les alliés de la Syrie et ceux alliés à la famille Hariri que sur un ensemble de preuves tangibles. A l’époque pourtant, Hariri était un interlocuteur des syriens puisqu’il avait finalement voté la prolongation du mandat de Emile Lahoud comme le souhaitait Damas. Dés lors, on imagine mal ce pays, réputé pragmatique, jouer son avenir en décidant sur un coup de tête de commettre un forfait qui aurait pour lui des implications aussi considérables . Ceux qui pensaient que ce fiasco judiciaire sans précédent avec ses témoins véreux, ses rebondissements glauques, ses emprisonnements d’innocents, cette campagne anti syrienne hystérique dans le but de déstabiliser ce pays mais aussi le Liban par ricochet, aurait amené à plus de pondération des puissances occidentales, curieusement plus acharnées sur le dossier que la famille Hariri elle même, sous estiment la détermination politique des promoteurs de ce TSL. Et ce, en dépit du revers essuyé et du temps perdu qui aura notablement entravé l’aboutissement de l’enquête, empêchant qu’elle ne se concentre sur des pistes sérieuses. La route de Damas étant par trop semée d’embûches, Devler Mehlis est congédié. Il sera gratifié de la croix du mérite par les autorités françaises pour services rendus. Exit le complot syrien.

Hezbollah, après la Syrie

C’est contre un autre segment du camp du refus à l’ordre impérialiste, celui de la Résistance libanaise que les parrains occidentaux vont désormais concentrer leur feu. Ce qui, compte tenu de l’agenda étasuno-israélien est tout simplement une autre manière de voyager au Moyen Orient, cette fois, vers Téhéran.

Il semble bien que les trois coups de l’acte 2 de cette production hollywoodienne aient déjà été frappés quand, en avril 2009, les quatre officiers libanais sont remis en liberté et innocentés. En fait dés fin 2006, quelques mois à peine après la fin de la guerre israélienne dite de juillet contre le Liban et l’extraordinaire victoire de la Résistance islamique alors que l’enquête piétine et que ni la Commission, ni le Tribunal n’arrivent à des conclusions crédibles. C’est en octobre de cette même année, un article signé Georges Malbruno donne le ton nouveau en rapportant des informations censées être confidentielles qu’il tient des services de renseignement et des membres de la Commission d’enquête. Cette dernière s’orienterait dit on en direction de membres du Hezbollah. La nomination le 15 novembre 2007 par le Secrétaire général des Nations unies du Québécois Daniel Bellemare à la tête de la Commission d’enquête internationale pour le Liban, en remplacement de M. Serge Brammertz, n’augure pas nécessairement de plus d’objectivité. En effet de plus en plus de fuites, savamment organisées comme autant de ballons d’essai, sont relayées par des médias comme le Monde en Avril 2009 ou le Deir Spiegel et son fameux article de mai 2009. Désormais, bien que rien encore ne soit officiel, le principal suspect dans cette affaire serait bel et bien le parti libanais de Cheikh Nasrallah dont des membres éminents de l’appareil militaire et sécuritaire auraient planifié et exécuté l’assassinat du premier ministre.

Ces dernières semaines la tension est montée d’un cran quand mezza voce des noms de membres du Hezbollah ont été lâchés. Cependant jusqu’à maintenant, personne ne connait ni l’acte d’accusation ni les preuves sur lesquels le Tribunal compte étayer sa démonstration. Les informations circulant dans les médias parlent d’écoutes téléphoniques indiquant que des membres du Hezbollah (ou du moins leurs téléphones, sic !) étaient présents sur les lieux du crime. On ne sait rien, bien entendu sur le comment du pourquoi le Tribunal en serait arrivé à la conclusion que les téléphones repérés, et par qui au fait, appartiendraient bien à des membres de l’appareil militaire du Hezbollah . Il est vrai que d’emblée cette accusation paraît par trop désopilante . En effet, on imagine mal un cadre supérieur d’une organisation considérée comme une des plus performantes en matière de sécurité, se faire harakiri en ouvrant en son nom propre dans une boutique du coin de la rue, une ligne même temporaire sachant qu’il est une cible permanente pour Israël . Ou alors encore moins papoter avec ses comparses, une fois l’attentat contre Hariri réalisé . Et ce en utilisant ce même téléphone si facilement identifiable aux communications non cryptées. La discrétion des membres du Hezbollah et leur discipline de fer étant de l’aveu même d’Israël les éléments déterminants de leur succès, on imagine mal de la même façon , comme l’a pourtant suggéré Hariri junior à Hassan Nasrallah, comment des éléments incontrôlés de l’organisation de résistance auraient pu agir en free lance. C’est pourtant cette nouvelle fable que veut, de toute évidence, nous conter le nouveau enquêteur en chef de l’ONU, Daniel Bellemare.

C’est à ce moment qu’il est nécessaire de faire état de certains évènements sécuritaires libanais incontournables. Depuis longtemps le Liban est un terrain de jeu pour les services israéliens qui y ont entretenu des centaines d’agents rétribués depuis son irruption dans la région. Cependant un tournant stratégique a été réalisé ces dernières années par les services libanais en coopération avec Hezbollah. Ceux ci ont mis au jour de très nombreux réseaux d’espionnage israéliens (plus de 70 arrestations en 18 mois ! ). Des agents étaient recrutés dans toutes les confessions mais aussi dans toutes les classes sociales et milieux. Y compris parmi des officiers supérieurs de l’armée. Dernière en date des ces arrestations spectaculaires, un général au passé irréprochable. Cependant, les arrestations de ces dernières semaines avec la découverte d’un puissant réseau d’espionnage impliquant plusieurs cadres supérieurs de différentes entreprises de télécommunications prouvent que depuis des années la téléphonie mobile et fixe libanaise, tant privée que d’Etat était complètement infiltrée par le Mossad. En effet l’un des principaux agents interpellés pour intelligence avec l’ennemi, Cherbel Qazzi, contre lequel pèsent des charges très lourdes, occupait une position dirigeante au sein de la Société Alfa, deuxième entreprise de télécoms du Liban travaillant pour le gouvernement et collaborait avec Israël depuis 14 ans. Selon le quotidien al Safir il a avoué avoir installé des programmes informatiques et des puces électroniques dans les émetteurs d’Alfa. Ce qui permettait aux Israéliens non seulement de contrôler et de suivre les communications mais aussi de localiser les individus à assassiner puis d’effacer les informations enregistrées lors des communications. Des tours de passe-passe dignes d’un Harry Potter aboutissaient à fabriquer les traces d’une conversation téléphonique purement fictive entre deux abonnés et cela à partir de lieux tout aussi imaginaires. Idem pour les sms. Un certain nombre d’agents israéliens du réseau dit « télécom » ont fui en Israël, accréditant la thèse de leur culpabilité.

Assassinat de Hariri : la piste israélienne

Mais en quoi cela concerne t-il l’enquête sur l’assassinat de Hariri ? En mai 2008, deux ans après la guerre de Juillet, la crise politique récurrente aboutit à un nouveau bras de fer à Beyrouth. Celle ci fait ressurgir le spectre de la guerre civile lorsque les hommes de Hezbollah se rendent rapidement maîtres de la capitale puis se retirent, paralysant sur place les milices proches du 14 mars. Parmi les causes de ce réchauffement, il y a la décision du premier ministre Fouad Siniora et de son cabinet de déclarer unilatéralement illégal le système de téléphonie fixe dont le parti de la Résistance a décidé de se doter. Et ce, précisément du fait des soupçons sur l’infiltration des télécommunications consécutifs à la guerre de Juillet. A l’époque, cet épisode est largement présenté comme un nouveau coup de force de la milice chiite contre le Liban tout entier.

Et pourtant, rétrospectivement ces soupçons n’étaient ils pas fondés ? Qu’en serait-il aujourd’hui de la résistance libanaise si Nasrallah s’était docilement plié à l’injonction du 14 mars comme le demandaient les amis occidentaux du Liban ? Mais surtout, pourquoi cette insistance de Siniora a imposer à Hezbollah un système de télécommunications complètement infiltré par Israël ? Etait il totalement ignorant de cette situation ? Toutes ces questions demeurent encore sans réponse.

En résumé, non seulement comme le font remarquer de nombreux juristes, les écoutes téléphoniques n’ont jamais constitué en droit de preuves formelles, précisément pour les possibilités de manipulation. Mais en plus, ces même preuves électroniques sur lesquelles compte se baser le Tribunal peuvent très bien se retourner contre un autre acteur régional, Israël qui de toute évidence dispose dans ce pays avec ses nombreux relais locaux d’une plus grande marge de manœuvre que les autorités elles mêmes. En effet si la presse occidentale, en vertu de son habituelle approche coloniale du Liban, se plait à démasquer depuis des années les Libanais pro syriens, comme si cela constituait un crime de sentir des affinités avec un pays arabe au Liban, elle est étonnamment complaisante avec la coalition pro occidentale et pro israélienne qui sévit depuis toujours au Liban et dont les figures sont connues.

C’est ainsi qu’ au cours d’une conférence de presse donnée lundi 9 août par Cheikh Nasrallah, celui ci a présenté, à la presse nationale et internationale, un certain nombre d’éléments matériels qui selon lui désignent clairement Israël. Plusieurs clichés du lieu de l’attentat et de la route empruntée par Hariri ce jour là, qui, le Sayyed l’assure, proviennent de satellites espions israéliens et ont été pris dans la période précédant l’attentat. Le temps mis pour présenter ces preuves depuis leur piratage, plus d’un an, étant dû aux difficultés de décryptage. Certes les clichés ne sont pas datés mais Nasrallah lui -même a l’honnêteté de le reconnaître : ils ne constituent pas des preuves formelles mais ils présentent un intérêt autrement plus sérieux que tout ce qui a été remué jusque là puisqu’elle désignent une piste clairement. De toute évidence, il s’agit de clichés satellites or qui a les moyens de survoler en permanence le Liban grâce à ses drones et satellites , si c e n’est Israël.

Les moyens nécessaires à un attentat d’une telle ampleur, les réseaux d’espionnage dévoilés, les clichés satellitaires révélés et l’intérêt manifeste qu’Israël, à la différence de tout autre intervenant régional, aurait eu dans la disparition violente de Hariri, à savoir semer la discorde, donnent un relief particulier aux accusations de Nasrallah. Tout cela ne constitue t-il pas un faisceau d’éléments pour une hypothèse, Israël, jamais évoquée jusque là ? Ces nouveaux éléments comme dans toute enquête impartiale devraient éclairer d’un jour nouveau l’enquête.

L’Iran, le nouveau méchant loup

Le troisième acte de la tragi comédie de ce TSL se jouera en septembre. Le scénario est connu. Il risque d’être cette fois la mise en cause directe de l’Iran. Ce pays pourrait être désigné comme commanditaire de l’attentat dont le Hezbollah se serait prétendument rendu coupable. Plusieurs responsables des Gardiens de la Révolution identifiés comme agents traitants pourraient même être sommés pour l’occasion de comparaitre devant le TSL. Et ce, au moment même où deux nouvelles coïncidences surviendront en automne, l’aggravation espérée des sanctions sur le dossier nucléaire et le fait qu’englués en Afghanistan dans un nouveau Vietnam, les E.U s’apprêtent à désigner l’Iran comme le soutien réel des Talibans. En effet, quiconque suit les turpitudes de cette enquête ne peut être qu’interpellé par la coïncidence « heureuse » entre les accusations du Tribunal et l’agenda américain au Moyen Orient. En 2005, deux ans à peine après la guerre contre l’Irak, la Syrie était considérée comme faisant partie de l’axe du mal du fait de la politique de son gouvernement d’alliance avec l’Iran et de soutien au Hezbollah, de même que son opposition à la guerre. Depuis, les temps ont changé, la Syrie est reconsidérée comme un interlocuteur incontournable et voilà que des émissaires de pays européens les plus divers se précipitent à Damas pour pousser la présidence syrienne à abandonner son alliance avec l’Iran, c’est à dire le camp de la résistance. Entre temps, les Etats-Unis ont décidé d’adopter une nouvelle stratégie à l’encontre de l’Iran qui suppose une attaque plus frontale. Soit un durcissement des sanctions et un déploiement militaire important dans la région du Golfe arabo-persique et dans l’Océan indien. Cette nouvelle politique suppose aussi une attaque frontale du Hezbollah. C’est ainsi qu’il faut comprendre les dernières velléités de la FINUL qui au sud Liban veut étendre ses prérogatives au détriment de la résistance et de l’armée libanaise, en infraction flagrante avec la résolution 1701 des Nations Unies. La récente et meurtrière provocation israélienne à la frontière libanaise, le 3 août dernier couverte dans les faits par la FINUL, et les Etats- Unis confirme cette orientation.

La bouffonnerie du TSP loin de toute volonté de manifestation de la vérité apparaît bien comme un nouvel épisode d’une recolonisation de la région avec à la clé une offensive de grand style contre l’Iran et ses alliés dont le Hezbollah. Dans le but en éliminant un à un tous ses adversaires sérieux de pérenniser la dictature militaire israélienne sur la région.

Le TSL devrait formuler son acte d’accusation sur l’affaire dès septembre 2010. Le comble de la parodie est atteint lorsque ce tribunal dit international se trouve un porte parole improvisé en la personne du commandant en chef des Forces de défense israéliennes Gabi Ashkenazi. Celui ci a bien Indiqué l’objectif de l’enquête : détruire la résistance. Déposant, le 7 juillet dernier, devant la commission des affaires étrangère de la Knesset, il a tout simplement prédit avec jubilation, « avoir beaucoup d’espoirs, que la situation se détériorerait au Liban en septembre, après que le Tribunal aura inculpé le Hezbollah pour l’assassinat d’Hariri. » Il s’agit de sa part d’une de ces prédictions auto-réalisatrices dont Israël a fait le fondement de sa politique expansionniste et militariste. Comment Israël sait il que la Tribunal inculpera Hezbollah, si ce n’est parce que les pseudo preuves téléphoniques sont made in Tel Aviv.

Après l’Egypte de Nasser en 1956, le Liban de Kamal Joumblat en 1975, l’Irak de Saddam Hussein en 1990, la Syrie de Hafez Al Assad, voilà un nouveau grand méchant loup, désigné par Washington et Tel Aviv pour cause de non soumission, l’Iran de Ahmadinejad. On le constate tout est bon pour imposer la greffe israélienne à la région même au prix d’une nouvelle guerre dévastatrice. C’est pourquoi, l’Europe ferait bien d’y regarder de plus près ,avant, encore une fois de servir la soupe aux Etats sérial killers que sont Etats-Unis et Israël. L’aventure est très mal engagée cette fois pour les agresseurs et elle risque d’y perdre ses dernières plumes. Quant à nous, la tâche est claire, il s’agit de défendre la résistance et d’éviter qu’un deuxième Iraq ne se produise. Nous avons le nombre, il ne nous manque plus que la volonté politique.

Youssef Boussoumah et A.C. 

mardi 17 août 2010

Youssef Boussoumah, membre du PIR, et A. C.

http://www.indigenes-republique.fr:80/article.php3?id_article=1058


Pièce jointe

Treizième rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le suivi de la cessation des hostilités au Liban.
I. Introduction

1. Le présent rapport donne une évaluation détaillée de l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité depuis mon précédent rapport en date du 26 février 2010 (S/2010/105).

2. La situation dans la zone d’opérations de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est restée généralement stable au cours de la période considérée. L’état de cessation des hostilités entre Israël et le Liban depuis août 2006 a perduré, ce qui a permis aux parties de jouir de la plus longue période de stabilité de leur histoire récente. Pourtant, bien que les parties demeurent acquises à la pleine application de la résolution 1701 (2006), un certain nombre de violations ont été commises et aucun progrès n’a été enregistré dans la mise en œuvre des principaux aspects de la résolution. On a constaté, au cours de la période à l’étude, un net regain de tension entre les parties, suscité par des accusations de poursuite de transferts d’armes vers le Hezbollah en violation de la résolution 1701 (2006). Cela a fait planer le spectre d’une erreur de calcul de la part de l’une ou l’autre des parties, qui conduirait à une reprise des hostilités dont les conséquences seraient dévastatrices pour le Liban et la région.

3. Malgré cela, le fonctionnement du Gouvernement d’unité nationale au Liban ces six derniers mois s’est traduit par un élargissement du consensus entre les dirigeants du pays sur le maintien de la stabilité intérieure. Des élections municipales se sont déroulées sur l’ensemble du territoire en mai dans un climat généralement calme et pacifique, que ne sont venus perturber que de rares incidents séparés et localisés.

4. Les relations bilatérales entre le Liban et la République arabe syrienne ont continué de progresser. Le Président Michel Sleimane a rencontré le Président Bachir El Assad à Damas le 15 juin. Le Premier Ministre Saad Hariri s’est également entretenu avec le Président El Assad à Damas les 18 et 30 mai. Par ailleurs, une délégation composée de hauts responsables libanais s’est rendue deux fois en visite dans la capitale syrienne au cours de la période considérée pour y réviser des accords entre les deux pays.

5. L’incident de la flottille de Gaza qui s’est produit le 31 mai a fait monter la tension dans la région et eu de fortes répercussions au Liban, où diverses manifestations publiques de protestations contre Israël et de solidarité avec les victimes se sont déroulées sur toute l’étendue du territoire.

II. Application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité

6. Depuis la publication de mon précédent rapport sur l’application de la résolution 1701 (2006), des services de sécurité libanais ont continué de coordonner leurs enquêtes sur des réseaux d’espionnage israéliens qui se trouveraient au Liban.

A. Situation dans la zone d’opérations de la FINUL

7. Dans l’ensemble, la situation est restée stable et calme dans la zone d’opérations de la mission au cours de la période considérée. Les Gouvernements libanais et israélien ont réaffirmé leur attachement à la cessation des hostilités et à l’application de la résolution 1701 (2006).

8. Les Forces de défense israéliennes ont continué d’occuper le nord du village de Ghajar et une zone adjacente située au nord de la Ligne bleue, en violation de la résolution 1701 (2006). Nonobstant l’obligation d’Israël de se retirer de la zone, la FINUL a maintenu des contacts étroits avec les deux parties afin de faciliter ce retrait sur la base de sa proposition d’août 2008. Au cours des trois derniers mois, la FINUL et le Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban ont eu des pourparlers avec de hauts représentants des deux parties. Les discussions se sont intensifiées récemment en vue de parvenir, sans plus tarder, à un règlement de cette question qui perdure. Le dernier fait en date a été la communication par écrit par le Gouvernement libanais à la FINUL, le 14 juin, de sa position sur la réaction actuelle d’Israël à la proposition de la Force, réaffirmant la souveraineté du Liban sur la zone, rejetant les changements apportés à la proposition et réitérant la volonté du Liban de poursuivre les négociations dans le cadre tripartite.

9. Les intrusions quasi quotidiennes dans l’espace aérien libanais de drones pour l’essentiel, mais également de plus en plus de chasseurs israéliens, se sont poursuivies. Tous les survols du territoire libanais par des appareils israéliens constituent des violations de la souveraineté libanaise et de la résolution 1701 (2006). La FINUL a protesté contre toutes les violations aériennes et demandé à Israël d’y mettre fin immédiatement. Le Gouvernement libanais a lui aussi protesté contre les violations de l’espace aérien et exigé qu’il y soit mis fin toutes affaires cessantes. Le Gouvernement israélien a maintenu que les survols étaient des mesures de sécurité qui étaient nécessaires tant que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité n’étaient pas intégralement appliquées, alléguant en particulier que l’embargo sur les armes n’était pas respecté.

10. Plusieurs incidents se sont produits à proximité de la Ligne bleue, et des violations terrestres de la Ligne bleue du côté libanais ont été commises au cours de la période considérée. Le 13 avril, un face-à-face tendu a eu lieu entre l’armée libanaise et les Forces de défense israéliennes à proximité du village libanais d’Abbassiya, alors que les Forces de défense israéliennes effectuaient des travaux au sud de la Ligne bleue mais au nord de la barrière technique. La situation a été vite désamorcée grâce à l’intervention de la FINUL et à la liaison établie avec les parties. Le 16 avril, un groupe de civils libanais, dirigé par un parlementaire libanais, a manifesté contre les travaux que les Forces de défense israéliennes effectuaient auparavant dans la zone. Les manifestants ont franchi la Ligne bleue, démantelé une clôture de barbelés à boudin et placé des drapeaux libanais sur la barrière technique israélienne. Des membres de l’armée libanaise ont ensuite franchi la Ligne bleue pour mettre fin à la manifestation et ramener les civils au nord de la Ligne.

11. Le 23 avril, une autre manifestation, dirigée par le même parlementaire libanais, s’est rassemblée à proximité de la Ligne bleue, dans la zone des fermes de Chebaa. Un groupe de quatre civils libanais, faisant fi des avertissements de la FINUL, a franchi la Ligne bleue et photographié la zone. L’armée libanaise a par la suite convaincu les civils de regagner le nord de la Ligne bleue.

12. Pendant toute la durée de ces deux incidents, la FINUL est restée en contact avec les deux parties et a insisté sur la responsabilité primordiale qui leur incombait de respecter la Ligne bleue dans son intégralité comme l’a définie l’ONU, ainsi que sur la nécessité de faire preuve d’un maximum de retenue et de se garder de toute action de nature à aviver la tension dans la zone. Les responsables libanais, tout en reconnaissant que des civils libanais avaient franchi la Ligne bleue les 16 et 23 avril, ont fait part à la FINUL des difficultés qu’avait l’armée libanaise à stopper physiquement des civils libanais tentant d’accéder à ce qu’ils jugent être des terres libanaises occupées par Israël au sud de la Ligne bleue. Ils ont néanmoins réitéré l’attachement du Gouvernement libanais au respect de la Ligne bleue dans sa totalité et se sont engagés à appuyer pleinement la FINUL dans le cadre de ses efforts visant à prévenir ces violations. La FINUL et l’armée libanaise discutent des moyens de renforcer le contrôle et la surveillance de la sécurité dans ces zones sensibles pour écarter les risques d’autres violations de la Ligne bleue.



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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