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10/09/2010

n° 498 - Les Dossiers d'Irak - 09-09 : - Suite: - : Ils s'en vont ?


n° 498  - Les Dossiers d'Irak - 09-09 : - Suite: - : Ils s'en vont ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


Les Dossiers d'Irak

n° 498                                                      09/09/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) Sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire : 

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Des milliers de marines rentrent traumatisés d’Irak.

2-2 Les traumatismes laissent des traces indélébiles.

2-3 Les riverains des bases américaines s'inquiètent de leur avenir économique.

2-4 L'armée américaine lance la mission de "conseil et assistance" en Irak.

2-5 Des experts américains réfléchissent sur les leçons stratégiques de la guerre en Irak.

2-6 Pascal Boniface : La guerre d’Irak légitimée a posteriori par le Quai d’Orsay ?

2-7 Le Monde’ : Retrait - Le vrai coût de la guerre en Irak.



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Des milliers de marines rentrent traumatisés d’Irak.

Leur vie a été épargnée, mais ils sont nombreux à ne pas rentrer entier, physiquement comme psychologiquement.

Pour les marines de retour d’Irak, le processus de guérison ne fait que commencer. 58% d’entre eux seraient en détresse psychologique.

Ce fut le cas du sergent Thom Tran, blessé au combat en 2003 et démobilisé un an plus tard. Devenu humoriste, il a appris à exorciser le traumatisme des combats en s’en amusant dans ses sketches. Il raconte : “je suis arrivé en Irak le 29 mars 2003, et le 3 avril 2003, moins d’une semaine après, j’ai reçu une balle. J’ai eu beaucoup de chance, et j’en ai encore aujourd’hui, j’ai de la chance de gagner ma vie comme comique. Mais c’est parce que j’ai vécu cette expérience que je peux en rire.”

Depuis 2003, 4419 marines sont morts en Irak et près de 32.000 ont été blessés. 100.000 civils irakiens auraient été tués.

Pour les familles endeuillées aussi, il va falloir se reconstruire avant de pouvoir tourner la page sur le conflit irakien.

31/08

http://fr.euronews.net/2010/08/31/des-milliers-de-marines...


2-2 Les traumatismes laissent des traces indélébiles.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a certes salué la fin des opérations de combat en Irak, mais sept ans de guerre ont marqué de façon indélébile beaucoup de gens ordinaires qui ressentent encore le traumatisme des scènes horribles dont ils ont été témoins.
Chaque fois qu’il voit une voiture lancée à toute vitesse, Ammar Khalil Sadiq se souvient de l’été 2006 quand l’auteur d’une attaque kamikaze est rentré de plein fouet dans une patrouille de police avec son véhicule chargé d’explosifs, à quelques mètres de son magasin de musique à Bagdad.
Quelques secondes plus tard, Sadik, 34 ans, s’est retrouvé sous les étagères du magasin, couvert d’éclats de verre, à moitié asphyxié par la fumée, la poussière et une forte odeur de dynamite. Ignorant ses propres blessures, il savait qu’il lui fallait absolument sortir de là pour vérifier comment allait son frère qui était dans la rue juste avant l’explosion.
« Je sens encore l’odeur de chair humaine brûlée et j’entends les hurlements des blessés », a dit M. Sadiq. « Je ne pourrai jamais oublier comment j’ai marché sur des lambeaux de chair humaine, jusqu’au moment où j’ai reconnu le corps disloqué de mon frère grâce à sa montre, qui se trouvait encore à son poignet gauche ».
Selon Sabah Karkoli, porte-parole du ministère irakien de
la Santé, les autorités irakiennes ne se sont mises que récemment à s’occuper des problèmes de santé mentale et des séquelles psychologiques provoqués par trois décennies de guerre et de troubles économiques et sociaux.
En 2009, le ministère de
la Santé a commencé à mettre en place un programme de soins psychologiques et à former du personnel, afin de répondre au besoin croissant de ce genre de soins dans le pays, a indiqué M. Karkoli. L’Irak a ouvert des services de santé mentale dans chacun des quelque 3 500 hôpitaux et centres de santé répartis dans le pays.
Le pays a deux grands hôpitaux psychiatriques, Al-Rashad et Ibin Rushid à Bagdad, et six autres centres pour traumatisés, récemment inaugurés.
« Nous avons commencé à ouvrir un service dans chacune de nos structures sanitaires et à encourager les médecins à se former en psychiatrie… Nous voulons que les gens prennent conscience de ce qu’est la maladie mentale et les pousser à venir se faire aider quand ils en ont besoin », a expliqué M. Karkoli.
Enquête sur la santé mentale
En mars 2009, l’Irak a publié sa première et unique
étude nationale sur la santé mentale. Menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère de la Santé, l’étude peint une image assez terrible de la réalité.
Parmi les 4 332 personnes de plus de 18 ans ayant répondu aux questionnaires, près de 17 pour cent avaient souffert d’un trouble mental durant leur vie, allant du stress post-traumatique à la dépression.

Un taux plus élevé de dépression grave et de phobies, telles que la peur de sortir de chez soi, a été observé chez les femmes.
Ce rapport de 102 pages a indiqué qu’une bonne partie des cas étudiés concernait la période - pendant et après- de l’invasion américaine de 2003, invasion qui a renversé Saddam Hussein. Selon le rapport, 70 pour cent des personnes souffrant d’un trouble mental ont affirmé avoir envisagé le suicide.
On y apprend aussi qu’il n’y a que 437 travailleurs sociaux et travailleurs psychiatriques dans tout le pays pour une population de près de 30 millions.
Histoire de réussite à Bassorah
Après avoir suivi aux Etats-Unis une formation sur le diagnostic et le traitement des cas de traumatismes dans le cadre d’un programme de coopération avec le ministère de
la Santé américain, le psychiatre Aqeel Al-Sabagh et trois de ses collègues ont ouvert un centre de santé mentale dans la province méridionale de Bassorah en décembre 2009.
Au départ, a dit M. al-Sabagh, la demande pour ce genre de service était très faible, car la maladie mentale fait l’objet d’une forte stigmatisation et les gens ont plutôt l’habitude de se tourner vers les religieux ou les charlatans quand ils ont besoin d’aide.
« Nous avons alors lancé une campagne dans les médias locaux pour que les gens se rendent compte de ce qu’est le traumatisme et de ce que le Sarah Centre pouvait leur offrir. Nous avons aussi organisé des conférences dans les universités de la province et distribué des tracts avec l’aide des leaders communautaires, a-t-il dit à IRIN.
Suite à cela, le nombre de personnes s’adressant au centre - le seul centre public de Bassorah – a augmenté. « Nous avons maintenant l’intention d’agrandir le centre et d’accroître le nombre d’employés pour répondre à l’augmentation du nombre des visiteurs ».
Selon M. al-Sabagh, la plupart des cas traités par le centre sont d’anciens prisonniers du régime de Saddam Hussein ou bien des déserteurs, dont certains ont eu les oreilles coupées en guise de châtiment, et aussi des personnes ayant survécu à la torture, aux enlèvements, au viol et aux violences familiales.

IRIN News

2 septembre 2010 –

Vous pouvez consulter cet article à : http://www.irinnews.org/fr/ReportFr...

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=90371


2-3 Les riverains des bases américaines s'inquiètent de leur avenir économique.

Au village d'Al-Faris, on ne trouve guère d'homme qui n'ait travaillé sur la base militaire américaine de Tadji, à 30km au nord de Bagdad. Les voitures neuves, les maisons agrandies ou la salle de billard témoignent de la présence américaine. Avec le départ des dernières troupes de combat, les riverains s'inquiètent pour leur avenir économique.

"Nous avons eu de la chance parce que les Américains nous ont donné du travail. Le gouvernement irakien ne nous a pas donné", note le chef de ce village de 4.000 âmes, cheikh Loukman Rahman Hama.

Depuis le début de la guerre en 2003, quelques dizaines de milliers d'Irakiens ont toujours travaillé avec les Américains. Après avoir été plus de 43.000 en janvier 2009, selon l'armée américaine, ils sont aujourd'hui un peu plus de 13.000 à travailler notamment pour des prestataires de services de traduction, de blanchisserie ou de maintenance.

Parallèlement, les forces de l'oncle Sam sont tombées de 170.000 hommes à un peu moins de 50.000 depuis ce mois-ci, le retrait total devant être achevé pour la fin 2011. Un petit nombre d'Irakiens tiennent aussi des commerces sur les bases militaires.

Le retrait des troupes se ressent à Al-Faris, où le nombre de villageois travaillant pour les Américains a chuté de 800 à 100. Ceux qui ont perdu leur poste s'accrochent à leur lettre de recommandation pour retrouver une place. Dans un pays où jusqu'à 30% de la population se trouve au chômage, selon les estimations non officielles, c'est une gageure.

Un total de 1.168 Irakiens travaillent actuellement sur la base de Tadji, qui abrite environ 7.000 personnes, dont 2.500 militaires américains, alors que ce nombre a pu aller jusqu'à 10.000. "Je ne sais pas quoi faire quand ils partiront. J'ai entendu dire que si j'allais à l'ambassade américaine, ils m'aideraient à quitter l'Irak", confie Riyadh Mohammed Ahmed, un charpentier de 43 ans, évoquant les programmes d'asile.

Quand on demande aux employés irakiens ce qu'ils retiennent de leur expérience sur les bases américaines, le mot "ordre" revient sans cesse. "Ils nous donnent des casques de sécurité en plastique, des uniformes, des chaussures. Si une inspectrice américaine de la société vient et voit qu'on ne porte pas ces équipements de sécurité, elle virera le patron, pas nous, parce qu'il est responsable de nous", explique encore M. Ahmed. "Ca fait du bien de voir l'ordre s'appliquer à tous. C'est bien, l'ordre".

Il y a encore quelques années, travailler avec les Américains était dangereux. M. Hama raconte que son père a été tué par des hommes de l'Armée du Mahdi, les milices de l'imam chiite radical Moqtada al-Sadr violemment opposées à la présence américaine en Irak. Son fils, alors âgé de 5 ans, a été blessé. Un autre employé se souvient de l'époque où ils étaient escortés jusqu'à l'arrêt de bus par des blindés et des hélicoptères.

De nombreuses installations militaires ont développé une politique concertée de renforcement de l'embauche des autochtones. Les responsables de Tadji affirment avoir fait pression en ce sens sur leurs prestataires ces dernières années.

Mais qu'adviendra-t-il de ces emplois lorsque la base passera sous contrôle irakien?

L'armée américaine essaie de déterminer quelles entreprises voudraient y rester, selon le lieutenant Shawn Tyrie, mais certains Irakiens considèrent que l'armée nationale est tellement corrompue qu'on n'obtient de poste ou de contrat que par les relations ou des pots-de-vin. AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100829.FAP7415/irak-les-riverains-des-bases-americaines-s-inquietent-de-leur-avenir-economique.html


2-4 L'armée américaine lance la mission de "conseil et assistance" en Irak.

Le vice-président américain Joe Biden a annoncé mercredi que l'armée américaine a lancé une nouvelle mission de "conseil et d'assistance" en Irak, au lendemain que le président Barack Obama a annoncé la fin de leur mission de combat en Irak.

"La libération de l'Irak est terminée, mais notre engagement va continuer au travers de l'opération 'Aube nouvelle'", a déclaré Joe Biden lors d'une cérémonie sur la base américaine Camp Victory, près de Bagdad.

"Comme disait le président hier soir dans le bureau ovale, les Etats-Unis ont mis un terme à leur mission de combat en Irak et les troupes irakiennes prennent la responsabilité de sécurité de leur pays. Nous avons tenu la promesse faite au peuple américain et au peuple irakien de réduire nos troupes à 50.000 hommes", a dit M. Biden.

Selon Biden, cette cérémonie marque le début d'un chapitre différente dans les relations avec l'Irak, les troupes américaines restant dans le pays fourniront de conseils et d'assistances aux forces irakiennes, participeront aux opérations anti-terrorisme et protégeront le personnel militaire et civil américain.

"Nous intensifions nos efforts civils et diplomatiques pour renforcer la souveraineté, la stabilité et l'autosuffisance de l'Irak", a-t-il ajouté.

M. Biden a réaffirmé que les troupes américaines quitteront complètement l'Irak d'ici fin 2011 selon l'accord signé entre les deux pays en 2008.

Il a salué le peuple irakien pour rejeter la violence fomentée par Al-Qaïda et a appelé les dirigeants irakiens à former vite un nouveau gouvernement, six mois après les élections législatives.

Le secrétaire américain à la Defense Robert Gates était également présent à la cérémonie marquant la fin de la mission de combat de l'armée américaine en Irak et le passage de pouvoirs entre le général Lloyd Austin, le nouveau commandant des forces américaines en Irak, et le général Ray Odierno, son prédécesseur.

2010-09-02

xinhua

http://french.cri.cn/781/2010/09/02/304s227064.htmTir


2-5 Des experts américains réfléchissent sur les leçons stratégiques de la guerre en Irak.

Alors que la mission de combat américaine en Irak a pris fin officiellement mardi 1er septembre, des experts américains réfléchissent déjà sur les leçons stratégiques à tirer de ce conflit, qui a coûté la vie à des milliers d'Américains, et selon certaines estimations, quelque 1.000 milliards de dollars.

L'une des leçons est que les Etats-Unis sont tombés dans une "mission dérivée" -- extension d'une mission allant au-delà de ses objectifs originaux, ont estimé des experts.

Washington s'était fixé pour objectif de renverser l'ancien président irakien Saddam Hussein, et la mission a changé pour passer de la saisie des armes de destruction massive au soutien à une démocratie, puis à l'arrêt de l'insurrection.

Un tel scénario était précisément ce que certains stratèges militaires comme Colin Powell voulaient éviter, préconisant qu'une armée doit partir en guerre uniquement avec une force écrasante et un objectif clairement défini.

"Cela devrait être la leçon des décideurs politiques : avons-nous une mission claire, ou ne faisons-nous que tâtonner ?", se demande Kyle Spector, conseiller politique en matière de sécurité nationale pour le groupe de réflexion Third Way.

La guerre en Irak pourrait influencer les décisions des prochains stratèges militaires : face à une possible action militaire, ils se rappelleront de l'Irak, a-t-il ajouté.

La guerre en Irak a montré l'efficacité militaire des Etats-Unis dans des opérations conventionnelles, quand les troupes américaines ont envahi Bagdad et renversé le gouvernement de Saddam Hussein en quelques semaines. Malgré ce succès au début, une insurrection s'est créée, même si l'ancien secrétaire à la Defense Donald Rumsfeld niait son existence.

Le manque de planification concernant les effets post-invasion a été l'une des pires erreurs stratégiques commises par les Etats-Unis, ont estimé certains analystes.

Christopher A. Preble, directeur des études de politique étrangère à l'Institut Cato, a déclaré qu'il y avait plein de signaux laissant présager que tout ne serait pas simple après l'invasion.

"Je suis un peu frustré d'entendre des gens dire que nous n'imaginions pas ce qui se passerait", a-t-il indiqué, ajoutant que "des chercheurs sur la construction nationale et la reconstruction post-conflit comprenaient très bien que les analogies avec Japon et Allemagne d'après la Seconde Guerre mondiale étaient complètement fausses", a déclaré M. Preble.

"Si un futur président (américain) entend sérieusement renverser un gouvernement étranger et le remplacer par un nouveau gouvernement qu'il préfère, ce sera une action longue et coûteuse", a-t-il indiqué.

La guerre et ses failles stratégiques ont entraîné un "syndrôme Irak", une réticence à s'engager dans des opérations de changement de régime et dans la stabilisation et la reconstruction post-conflit, ont jugé certains analystes.

Les Américains veulent tourner la page, un sentiment reflété dans le discours du président Barack Obama mardi, lorsqu'il est passé du sujet de l'Irak à celui de l'économie américaine, ont noté certains analystes.

Michael E. O'Hanlon, chercheur à la Brookings Institution, a déclaré que les Etats-Unis seraient moins tentés d'être impliqués dans ce genre de conflits.

Il y aura probablement des cas où Washington devra décider s'il faut utiliser la force militaire et n'aura peut-être pas d'autre choix que de partir en guerre, mais la plus grande leçon de l'Irak est que la planification des effets post-invasion est nécessaire, a-t-il affirmé.

xinhua

2010-09-03

http://french.cri.cn/781/2010/09/03/304s227174.htm


2-6 Pascal Boniface : La guerre d’Irak légitimée a posteriori par le Quai d’Orsay ?

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

L'ambassadeur de France en Irak, Boris Boillon, a livré une interview particulièrement intéressante dans Le Figaro daté du 31 août 2010. Il déclare : « Il faut absolument, quand on parle de l'Irak, raisonner sans idéologie. »

En effet, cela vaut pour l'Irak comme pour tout sujet stratégique. Mais on peut se demander si justement ce n'est pas l'idéologie, plus précisément néo-conservatrice, qui anime la réflexion de notre ambassadeur. Pour lui, « l'Irak est le vrai laboratoire de la démocratie dans le monde arabe, c'est là que se joue l'avenir de la démocratie dans la région. Potentiellement, l'Irak peut devenir un modèle politique pour ses voisins et qu'on le veuille ou non, tout cela a été obtenu grâce à l'intervention américaine de 2003. »
Faut-il conclure de ces déclarations qu’au final, l'intervention américaine en Irak a été bénéfique ? Selon l'ambassadeur, « Les Irakiens disent que l'intervention alliée (rappelons que
la France, comme d’autres pays de l’OTAN, n’y a pas participé et l’a même condamnée, et que le terme d’alliée pour qualifier la coalition était une terminologie américaine et non française) de 2003 leur a coûté très cher en vies humaines et en destruction d'infrastructures, mais ils rappellent aussi qu'elle a libéré le pays. Le bilan est donc à la fois positif et négatif ». Il parle même du caractère exemplaire des élections qui pourtant, n'a pas frappé d'autres observateurs.
Pendant très longtemps, un certain discours faisait valoir que le Quai d'Orsay était peuplé de diplomates pro-arabes, anti-israéliens, et que l'antiaméricanisme y régnait. Curieusement, alors que les néo-conservateurs sont en récession aux États-Unis, notamment après l'élection de Barack Obama, ils semblent bénéficier d'une nouvelle vigueur en France dans le milieu intellectuel, mais également au Quai d'Orsay, où ils ont fait depuis quelques années une percée remarquable, avec une nouvelle génération de diplomates.
L’ambassadeur estime donc que le bilan de la guerre en Irak est globalement positif.
Bien sûr, un jour l'Irak sera un pays démocratique, pacifié, stabilisé. Mais la guerre de 2003 en aura-t-elle été le véritable facteur ? Cet objectif n'aurait-il pas pu être atteint par d'autres moyens ? La chute d'une dictature peut-elle justifier une guerre, et en est-elle le principal mode opératoire ? Dans ce cas d'ailleurs, pourquoi hésiter à lancer d'autres guerre contre d'autres dictatures toutes aussi féroces, et qui restent bien en place ?
Il est d'ailleurs contradictoire de dire que cette guerre a été un succès et que le départ des soldats américains, par ailleurs très partiel (il en reste 50 000, sans parler des gardes de sécurité privés), prive Al-Qaïda de son principal argument, l'occupation étrangère. Comment ne pas voir que cette guerre d'Irak a accru l'instabilité régionale, contribué au développement du terrorisme, renforcé l’Iran dans la région et les radicaux en Iran, creuse le fossé entre monde musulman et occidental ? Certes, depuis quelques temps Al-Qaïda est en récession, et les effets négatifs de la guerre s’estompent. Mais pas parce qu’elle a réussi, mais parce qu’Obama en a pris le contre-pied.
L'ambassadeur de France est bien sûr dans son rôle lorsqu'il essaie de rassurer les investisseurs sur la situation en Irak, pour que
la France soit impliquée dans sa reconstruction.

 Faut-il pour autant approuver ex post une guerre dont justement la condamnation a été un moment d'immense popularité pour notre pays ?
Alors que les États-Unis veulent tourner la page sur l'Irak, il n'est certainement pas nécessaire d'adopter une position du style « on vous l'avait bien dit que c'était une erreur tragique de vous lancer dans une guerre illégale ».

Mais est-il pertinent de donner un satisfecit à une action considérée très largement dans le monde entier, comme l’une des pires erreurs stratégiques et morales qu'a pu commettre George Bush, et dont le refus et la condamnation courageuse par la France a été pour elle une source importante de prestige et de popularité dans le monde ?

Pascal Boniface 

http://pascalbonifaceaffairesstrategiques.blogs.nouvelobs...


2-7 Le Monde’ : Retrait - Le vrai coût de la guerre en Irak.

Barack Obama vient de décréter “la fin des opérations de combat” en Irak, et la presse l’interroge sur “le vrai coût” de ce conflit.

C’est le cas de Slate (traduit par Slate.fr) qui publie une tribune d’Anne Applebaum du Washington Post.

 Ce n’est pas du coût financier dont parle la chroniqueuse, mais des impacts de ce conflit sur l’image des Etats-Unis et sur son influence dans la région.

Des aspects qui pourraient marquer la politique américaine pour plus longtemps qu’une simple ardoise salée.

“J’ai soutenu l’invasion de l’Irak, reconnaît la chroniqueuse.

Je pense que ce mouvement est un succès et je crois qu’un Irak démocratique constituera un pôle révolutionnaire pour tout le Moyen-Orient. Mais si la violence baisse, et même si les troupes américaines rentrent au pays, cette victoire a été payée au prix fort, un prix bien plus élevé que celui que nous avons pour habitude d’évaluer”, écrit-elle.

L’incompétence américaine : Pour la journaliste, le premier “prix” de l’occupation de l’Irak est d’avoir montré que les Etats-Unis ne sont pas infaillibles. Un choc assez semblable a celui ressenti après le 11-Septembre, lorsque les Américains s’étaient rendu compte qu’ils étaient vulnérables jusque chez eux. “L’impression générale qui en est ressortie, en Irak et dans le reste du monde est celle de l’incompétence américaine – renforcée de surcroît, après l’épisode d’Abou Ghraïb, par celle de la cruauté et de la stupidité”, écrit Anne Applebaum.

La difficulté à rassembler des alliés : Corollaire de cette incompétence, “la capacité des Etats-Unis à organiser une coalition [a] également pâti [de cette opération]”, estime la chroniqueuse. Selon elle, aucun des alliés des Américains n’a profité de sa participation. Elle a même fait chuter de nombreux chefs d’Etat qui s’étaient engagés auprès de Georges Bush. Elle en tire une conclusion sévère : “Il sera donc bien difficile de convaincre un des membres de la ‘coalition militaire en Irak’ de combattre à nouveau à nos côtés.”

L’influence américaine dans la région a aussi grandement souffert de cet épisode. “Le chaos qui règne en Irak a clairement renforcé l’Iran”, note-t-elle.

Le poids des morts et des blessés : La chroniqueuse rappelle aussi que “plusieurs victimes intérieures sont régulièrement ignorées. L’une d’elles m’inquiète tout particulièrement : la capacité des Etats-Unis à prendre soin de ses vétérans infirmes” qui, sauvés de la mort par l’amélioration des équipements, n’en resteront pas moins marqués à vie.

‘Le Monde’

01 septembre 2010

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2010/09/01/retrait-le-v...


Commentaires

środki ochrony roślin

Écrit par : skibreria | 24/07/2012

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