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21/09/2010

n° 9 - Journal du Yémen - 30-07 au 19-08 - : Début :- : Cette année, les attaques de drones ont été dix fois plus nombreuses

n° 9 - Journal du Yémen - 30-07 au 19-08 - : Début  :- : Cette année, les attaques de drones ont été dix fois plus nombreuses



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée US et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Yémen

 n° 9                                                30-07 au 19-08

        C.De broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Le gouvernement du Yémen a officiellement rejeté les déclarations de Washington

Jacque Tourtaux : la guerre est là mais elle ne se voit pas.

A mon avis, Al-Qaïda est une fiction ...

3 Les brèves

3-1 Bill Van Auken :  Cette année, les attaques de drones ont été dix fois plus nombreuses.

3-2 C'est une certitude. Al Qaida est morte

3-3 El-Qaëda sort de l’ombre dans le sud du Yémen

4 Dossier

4-1 Bill VanAuken : Obama programme une escalade des massacres au

 



Tiré à part :

Le gouvernement du Yémen a officiellement rejeté les déclarations de Washington  ...de cette semaine et a accusé les USA et les médias occidentales "d’exagérer l’importance d’al-Qaeda au Yémen et les dangers que cette organisation fait courir à la stabilité et à la sécurité du pays" et a affirmé que "combattre le terrorisme au Yémen demeurait la responsabilité des forces yéménites de sécurité."

Bill Van Auken

2 septembre 2010

Pour consulter l’original : http://www.wsws.org/articles/2010/a...

Traduction : D. Muselet pour le Grand Soir

: http://www.legrandsoir.info/Obama-programme-une-escalade-des-massacres-au-Yemen.html

 

Jacque Tourtaux : la guerre est là mais elle ne se voit pas.

 Le sourire de Barack Obama est plus doux que celui de George W. Bush, mais son bellicisme est plus agressif encore. A l’ère des restrictions budgétaires et de la communication, la Maison-Blanche a abandonné les bombardements en prime-time et leur préfère l’intervention secrète tous azimuts. Via leurs actions spéciales, les Etats-Unis sont aujourd’hui en guerre dans 75 pays.

La guerre n’est pas que celle qui se voit. En plus des opérations militaires en Irak et en Afghanistan, le Pentagone conduit une guerre secrète où l’Iran est un des objectifs centraux. Elle est coordonnée par le Commandement des opérations spéciales (UsSoCom), qui dispose d’environ 57 000 spécialistes des quatre Armes (Terre, Mer, Air, Marines). Leur mission officielle comprend : le recueil d’informations sur l’ennemi ; l’action directe pour détruire des objectifs, éliminer ou capturer des ennemis ; la guerre non conventionnelle conduite par des forces externes, entraînées et organisées par l’Ussocom ; la contre-insurrection pour aider des gouvernements alliés à réprimer une rébellion ; les opérations psychologiques pour influencer l’opinion publique étrangère afin d’appuyer les actions militaires états-uniennes. Comme il ressort d’une enquête du Washington Post, les forces pour les opérations spéciales sont aujourd’hui déployées dans 75 pays, par rapport à 60 il y a un an [1]. Leur importance croissante est prouvée par le fait que « les commandants des forces spéciales sont aujourd’hui plus présents à la Maison-Blanche que ce qu’ils ne l’étaient à l’époque de Bush ».

L’aire où se concentrent ces opérations, dont le financement se monte officiellement à 10 milliards de dollars, comprend le Proche-Orient, l’Asie centrale et l’Afrique orientale. Il existe cependant « des plans d’attaque préventive ou de représaille dans de nombreux endroits du monde, à mettre en œuvre quand on découvre un complot ou après une attaque ». L’utilisation des forces pour les opérations spéciales offre l’ « avantage » de ne pas demander l’approbation du Congrès et de rester secrète. Ces opérations, selon des fonctionnaires de l’administration cités par l’agence UPI, « pourraient ouvrir la voie à des attaques militaires contre l’Iran si la confrontation sur le programme nucléaire de Téhéran se fait plus aigüe ».

Dans le cadre de la « guerre non-conventionnelle », l’UsSoCom emploie des compagnies militaires privées, comme Xe Services (ex-Blackwater, connue pour ses actions en Irak) qui s’avère employée dans diverses opérations spéciales parmi lesquelles le recueil d’informations en Iran. Ici l’UsSoCom soutient directement ou indirectement les groupes rebelles, surtout ceux qui sont dans la zone sud-orientale à majorité sunnite. Sans trop aller dans la nuance : un de ces groupes, les « Guerriers sacrés du peuple », figure dans la liste des organisations terroristes rédigée par Washington. La même politique est menée en Afghanistan, où les forces pour les opérations spéciales se servent de seigneurs de la guerre locaux. L’un de ceux-ci —rapporte le New York Times [2]— est Matiullah Khan : avec son armée privée, il combat les insurgés avec les forces spéciales états-uniennes (dont le quartier général est à une centaine de mètres de celui de Matiullah Khan) et assure le transit des convois de l’OTAN, qui lui verse un paiement de 1.200 dollars par camion. Il est ainsi devenu, dans sa province, le plus puissant et le plus riche seigneur de la guerre. Grâce à ce que le Pentagone appelle une « guerre non-conventionnelle ».

Par cuba si lorraine

Le Pentagone des démocrates :  

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-les-etats-unis-sont-en-guerre-dans-75-pays-52327300.html


A mon avis, Al-Qaïda est une fiction ...

" Un an après l'attentat de New York, le professeur norvégien Johan Galtung, directeur du Réseau Transcend pour la paix et le développement, déclarait dans une interview au magazine allemand Der Spiegel : "A mon avis, Al-Qaïda est une fiction née à Washington, une projection tout à fait typique des vues du Pentagone. Lorsqu'il y a un ennemi, il doit correspondre à l'idée exacte que s'en font les stratèges ministériels : structuré comme leur propre administration, doté d'énormes moyens financiers et dirigé par une hiérarchie claire et précise dans ses moindres détails. La représentation occidentale de cette organisation est complètement fausse... En fait, nous avons tout simplement affaire à des cellules indépendantes mues par une foi commune."


" Adam Curtis, auteur d'un documentaire présenté à la BBC (The Power of Nightmares), confirme qu'il n'y a ni réseau terroriste international, ni membres, ni chef, ni cellules dormantes, ni stratégie d'ensemble : The making of the terror myth."
[http://www.guardian.co.uk/media/2004/oct/15/broadcasting.bbc/print]

Comme le fait remarquer le Réseau Voltaire, début décembre 2003 : "Le président d'un comité d'experts antiterroristes de l'ONU, Michael Chandler, a présenté son rapport annuel sur la traque d'Al-Qaïda. [...]

La véritable information de ce rapport, est que sur 191 Etats membres de l'ONU, 108 ont refusé de fournir des informations sur Al-Qaïda. Ils sont 108 à déclarer ne jamais avoir observé sur leur territoire quoi que ce soit qui valide l'existence d'Al-Qaïda et ne pas se sentir concernés par cette prétendue menace planétaire."

http://membres.multimania.fr/wotraceafg/terrorisme.htm#alq



Résistance

Analyse

Le Yémen du sud, Etat indépendant avant 1990, est le foyer d'une contestation animée par le Mouvement sudiste, une coalition dont certaines composantes appellent au fédéralisme et d'autres à la sécession.

lemonde.fr - AFP

Ali al-Chayba, un dirigeant du Mouvement sudiste: « Notre mouvement est opposé à l'usage de la force et est déterminé à n'employer que les moyens pacifiques pour réaliser son objectif, qui est la libération du Sud. »

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/670953/El-Qaeda_sort_de_l'ombre_dans_le_sud_du_Yemen.html



1 Lutte pour la libération du territoire

Au jour le jour

28-08

Vendredi, des hommes armés ont tué un soldat et en ont blessé trois dans la province de Lahej (sud), et mercredi, quatre policiers ont été tués et deux blessés à Zinjibar, ville de la province d'Abyane.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=152141&language=fr

29/08/

Neuf soldats et un civil ont été tués samedi dans l'attaque contre un poste militaire dans le sud du Yémen, selon un nouveau bilan communiqué dimanche par un responsable de la sécurité.
"L'un des soldats survivants a raconté que les assaillants, disaient vouloir venger leurs morts à Loder", ville du sud qui fût le théâtre récent de combats, a déclaré ce responsable.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=152141&language=fr

05.09.

Dans le sud du Yémen où la situation était tendue, 4 policiers et deux militants séparatistes sudistes ont trouvé la mort dans de violents affrontements qui les ont opposés samedi à Habilayn, dans la province de Lahej, un fief du Mouvement sudiste, ont indiqué à l'AFP des sources médicales et de l'autorité locale.

Ces violences avaient éclaté dès l'aube à Habilayn au moment où les forces de sécurité mettaient en place un barrage de contrôle aux alentours de cette localité, selon des témoins et des sources de l'administration locale.

La situation restait tendue dimanche dans la région de Habilayn et les forces gouvernementales ont dû retirer des renforts acheminés dans le secteur, ont indiqué des habitants contactés par téléphone.

lemonde.fr – AFP

http://www.lemonde.fr/depeches/2010/09/05/yemen-sud-9-morts-dont-4-policiers-et-un-chef-tribal-dans-des-heurts_3210_60_43316018.html

05-09

Le chef tribal, Hussein Saleh Machdel, et ses deux gardes du corps ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans une embuscade près de Loder, dans la province d'Abyane, a déclaré à l'AFP un responsable des services de sécurité.

lemonde.fr – AFP

http://www.lemonde.fr/depeches/2010/09/05/yemen-sud-9-morts-dont-4-policiers-et-un-chef-tribal-dans-des-heurts_3210_60_43316018.html

05-09

À Loder où de violents combats en août pour le contrôle de cette ville fait 33 morts, dont 11 militaires, 19 membres d'Al-Qaïda et trois civils.

Cheikh Hussein, l'un des chefs de la tribu des Al-Fadhl, menait une médiation entre les autorités et les insurgés et il a été tué alors qu'il rentrait à Loder d'une réunion tribale avec des responsables d'Abyane, a indiqué à l'AFP un proche du dignitaire.

Le Yémen du sud, Etat indépendant avant 1990, est le foyer d'une contestation animée par le Mouvement sudiste, une coalition dont certaines composantes appellent au fédéralisme et d'autres à la sécession.

lemonde.fr - AFP

: http://www.lemonde.fr/depeches/2010/09/05/yemen-sud-9-morts-dont-4-policiers-et-un-chef-tribal-dans-des-heurts_3210_60_43316018.html

11-09

Des hommes ont attaqué un point de sécurité militaire dans le sud du Yémen, tuant trois soldats et en blessant quatre autres, a annoncé jeudi un responsable de la sécurité du pays.

L'assaut a eu lieu tôt jeudi à Moudia, dans la province d'Abyan, au sud de la capitale Sanaa.

 fr.news.yahoo.com/3/



2  Politique

a) Yemen

Ali Abdallah Saleh

11-02

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a annoncé  le cessez-le-feu et le chef de la résistance Abdel Malek al-Houthi a ordonné à ses hommes de le respecter.

http://www.romandie.com/ats/news/100212124130.s8m770bk.asp


2a-1 Sur le terrain

Le gouvernement du Yémen a officiellement rejeté les déclarations de Washington de cette semaine et a accusé les USA et les médias occidentales "d’exagérer l’importance d’al-Qaeda au Yémen et les dangers que cette organisation fait courir à la stabilité et à la sécurité du pays" et a affirmé que "combattre le terrorisme au Yémen demeurait la responsabilité des forces yéménites de sécurité."

Bill Van Auken

2 septembre 2010

Pour consulter l’original : http://www.wsws.org/articles/2010/a...

Traduction : D. Muselet pour le Grand Soir

 http://www.legrandsoir.info/Obama-programme-une-escalade-des-massacres-au-Yemen.html



c) Usa  (le parrain)

Les grandes manœuvres

Les Etats-Unis cherchent à renforcer (...) la sécurité au Yémen.

Des responsables de l'armée américaine ont proposé d'allouer 1,2 milliard de dollars sur cinq ans au renforcement de la ‘sécurité’ au Yémen, signe que les Etats-Unis s'inquiètent de plus en plus de la présence d'Al-Qaïda dans la région(…) , a confirmé jeudi le Pentagone.

Dans son édition de jeudi, le Wall Street Journal a indiqué que le commandement central américain, qui supervise les forces américaines au Moyen-Orient, avait demandé qu'un tel investissement soit fait, en dépit des inquiétudes persistantes sur la corruption au Yémen.

Dans la matinée, des responsables du Pentagone ont confirmé l'information auprès des journalistes.

Ces responsables du ministère de la Défense ont indiqué qu'aucune décision finale n'avait été prise jusqu'à présent à propos de cette aide au Yémen dans le cadre du budget 2012 et que la question était actuellement discutée par les responsables du département d'Etat et du Pentagone.

"Il est trop tôt pour prédire précisément la nature ou le montant de l'assistance qui pourrait sortir" de cette réflexion, a déclaré le porte-parole Bryan Whitman à l'AFP.

Ces derniers jours, les forces de sécurité(…)  ont combattu des militants d'Al-Qaïda pour contrôler la ville de Loder, dans le sud du Yémen, des combats qui ont fait 33 morts -11 militaires, 19 membres d'Al-Qaïda et trois civils.

La communauté américaine du renseignement avait tiré la sonnette d'alarme sur la branche yéménite d'Al-Qaïda avant même qu'elle soit soupçonnée d'être derrière la tentative ratée d'attentat sur un avion de ligne se rendant à Detroit le jour de Noël 2009.

Les autorités yéménites avaient dit à ce propos il y a une semaine que des responsables américains exagéraient la menace d'Al-Qaïda au Yémen et ont réaffirmé que la lutte contre les membres du réseau dans leur pays était de leur responsabilité.

"Les fuites dans la presse américaine et dans les médias occidentaux exagèrent la menace que pose Al-Qaïda pour la sécurité et la stabilité du Yémen", a déclaré un porte-parole officiel à l'agence de presse Saba.

Lundi, deux Yéménites soupçonnés d'activités terroristes ont d'ailleurs été arrêtés à leur arrivée à l'aéroport d'Amsterdam en provenance de Chicago "sur la foi d'informations" communiquées par les Etats-Unis, avant d'être libérés, leur dossier s'avérant vide.

(AFP / 02 septembre 2010)



3 Les brèves

3-1 Bill Van Auken : Cette année, les attaques de drones ont été dix fois plus nombreuses.

Le "niveau de pression" infligé à la population des secteurs tribaux sous contrôle de l’administration fédérale du Pakistan est bien connu. Selon les officiels pakistanais cités dans les médias, au moins 700 civils ont été tués par des attaques de drones en 2009. Selon l’estimation d’un think tank (groupe de réflexion NdT) américain favorable à Obama, au moins un tiers de ceux qui ont été tués par des drones au Pakistan sont des civils. Cette année, les attaques de drones ont été dix fois plus nombreuses, avec des frappes de missiles qui sont passées d’une par semaine à au moins une par jour.

Même les inondations qui ont dévasté le Pakistan n’ont pas interrompu la mécanique des assassinats.

La dernière attaque signalée a eu lieu lundi au nord du Waziristan, et a fait 20 morts dont quatre femmes et trois enfants.

Pour consulter l’original : http://www.wsws.org/articles/2010/a...

2 septembre 2010

Traduction : D. Muselet pour le Grand Soir

: http://www.legrandsoir.info/Obama-programme-une-escalade-des-massacres-au-Yemen.html


3-2 C'est une certitude. Al Qaida est morte

Un article qui rejoint ce que l'on disait ICI. Il y a longtemps que Ben Laden est à six pieds sous terre, d'ailleurs s'il n'était pas mort ou sur le point de trépasser le 11 septembre, les attentats du WTC n'auraient pas eu lieu en son nom.

C'est une certitude. Al Qaida est morte, selon Alain Chouet, ex-patron de la DGSE et sans doute qu'il est loin de dire tout ce qu'il sait.

Nous le disons à sa place car la patience a des limites pour ce qui est de gober des mensonges, sans arrêt. On sait très bien qui fait tout sauter, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, et ailleurs... qui a fait sauter Hariri et qui transforme la planète en grande sauterie sanglante. Ils sont en train d'ensanglanter le monde parce que leur Haine de l'Humanité est sans limites. Ils voudraient être partout, ils se mêlent de tout, ils passent leur temps à déstabiliser tous les pays, et ne doutez pas qu'ils rêvent de se servir de la bombe atomique pour les pays qui ne veulent pas se prostituer à leur idéologie.

08 /09

http://palestine.over-blog.net:80/article-est-ce-qu-israel-dirige-les-talibans-56736399.html


3-3 El-Qaëda sort de l’ombre dans le sud du Yémen
nb : Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

La branche yéménite d'el-Qaëda agit désormais au grand jour à Abyane, province du sud du pays, et l'un des foyers de la contestation sudiste contre le gouvernement de Sanaa. Farès Ghanem, un journaliste yéménite spécialiste des mouvements islamistes, estime qu'el-Qaëda « a tiré profit du relief montagneux et de l'absence de l'État, qui délaisse cette province, pour s'y implanter ». El-Qaëda dans la péninsule Arabique (AQPA) a revendiqué mardi six attaques menées au cours des deux dernières semaines d'août dans cette province, dont une contre un poste de police ayant fait 12 morts. Mais le plus grave demeure la bataille rangée qui a opposé pendant cinq jours dans la ville de Loder, en août, l'armée yéménite à des hommes armés affiliés au réseau, avec un bilan de 33 morts selon des sources officielles et médicales. « Ce qui s'est produit à Loder était une épreuve de force entre l'État et el-Qaëda, qui a pu contrôler la ville et asséner des coups durs à l'armée », estime M. Ghanem. L'armée a assuré avoir repris le contrôle de Loder à l'issue des combats, mais des notables tribaux ont dû effectuer une médiation pour obtenir le retrait des combattants islamistes de la cité, selon des sources tribales.
Les attaques quasi quotidiennes, le plus souvent menées par des motards masqués, sèment la terreur parmi les policiers et les soldats. « Je crains pour ma vie, et je suis toujours en train d'épier les passants, surtout les motards », affirme un policier chargé de protéger un bâtiment des services de sécurité à Zinjibar, chef-lieu de la province.
Après la bataille de Loder, l'AQPA a distribué dans des mosquées et dans les commerces des tracts revendiquant des attaques contre les forces de sécurité et appelant les civils à éviter les positions militaires pour ne pas être visés. « C'est la première fois que les tracts sont distribués ainsi en plein jour », a affirmé à l'AFP Nazir Qandah, l'imam d'une mosquée de Zinjibar.
Un notable de la province d'Abyane, qui a refusé d'être identifié, affirme qu'el-Qaëda « a profité de la paralysie des services gouvernementaux ces derniers mois en raison de l'escalade de la contestation », animée par le Mouvement sudiste. Sanaa accuse ce mouvement, dont certaines composantes appellent au fédéralisme et d'autres à la sécession, de coopérer avec el-Qaëda, et le ministère de la Défense a affirmé lundi qu'un activiste d'el-Qaëda arrêté à Loder avait des « documents importants prouvant » cette « collusion ». « El-Qaëda et le Mouvement sudiste ne sont que les deux faces d'une même pièce de monnaie, ils œuvrent tous deux à déstabiliser la province », a affirmé un responsable des services de sécurité qui a requis l'anonymat, soulignant que « la coopération entre les deux parties était claire à Loder ».
Ahmad Ghaled al-Rahwi, gouverneur adjoint de la province d'Abyane, qui a lui-même échappé à deux tentatives d'assassinat en août, affirme également que les éléments d'el-Qaëda « font partie intégrante du mouvement sudiste ».

Ali al-Chayba, un dirigeant du Mouvement sudiste: « Notre mouvement est opposé à l'usage de la force et est déterminé à n'employer que les moyens pacifiques pour réaliser son objectif, qui est la libération du Sud. »

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/670953/El-Qaeda_sort_de_l'ombre_dans_le_sud_du_Yemen.html



4 Dossier

4-1 Bill VanAuken : Obama programme une escalade des massacres au Yémen.

En ouvrant un nouveau front au Yémen pour y mettre en œuvre le programme de la CIA "d’assassinats ciblés" par des drones, l’administration Obama ne cesse d’augmenter la participation des Services Secrets et des discrètes Forces d’Opérations Militaires Spéciales américaines qui forment à eux deux la Compagnie du Meurtre Tous Azimuts.

"La Maison Blanche, afin d’augmenter la pression sur la branche d’Al Qaida au Yémen, envisage d’ajouter le drone armé de la CIA, Predator, au combat" a rapporté l’agence Associated Press jeudi dernier citant à l’appui des officiels haut-placés de Washington.

"Les Forces d’Opération Spéciales américaines et la CIA ont installé des équipements de surveillance, des drones et du personnel au Yémen, à Djibouti, au Kenya et en Ethiopie" pour préparer l’intensification de la folie meurtrière, rapportait le Wall Street Journal, mercredi dernier.

Le Washington Post citait des officiels des Services Secrets selon lesquels la CIA voit maintenant la cellule Al Qaeda de la péninsule arabique comme une menace "plus urgente" que l’organisation Al Qaeda du Pakistan.

Le Yémen comme l’Afghanistan et l’Irak avant lui, est attaqué, non pour éradiquer le terrorisme - le meurtre de civils par les missiles de croisière et des attaques de drones ne fera que générer plus d’attaques terroristes - mais à cause de sa situation stratégique, à proximité de l’Arabie Saoudite, l’exportateur numéro un de pétrole, et du détroit vital de Bab al-Mandab à travers lequel trois millions de barils de pétrole passent chaque jour.

"Ils (Al-Qaeda Yémen - NdT) ne font pas l’objet d’autant de pression - pas encore du moins - que leurs amis des secteurs tribaux du Pakistan" un officiel a dit à Reuters mercredi dernier. "Tous ceux qui sont de notre côté comprennent que cela doit changer."

Le "niveau de pression" infligé à la population des secteurs tribaux sous contrôle de l’administration fédérale du Pakistan est bien connu. Selon les officiels pakistanais cités dans les médias, au moins 700 civils ont été tués par des attaques de drones en 2009. Selon l’estimation d’un think tank (groupe de réflexion NdT) américain favorable à Obama, au moins un tiers de ceux qui ont été tués par des drones au Pakistan sont des civils. Cette année, les attaques de drones ont été dix fois plus nombreuses, avec des frappes de missiles qui sont passées d’une par semaine à au moins une par jour.

Même les inondations qui ont dévasté le Pakistan n’ont pas interrompu la mécanique des assassinats.

La dernière attaque signalée a eu lieu lundi au nord du Waziristan, et a fait 20 morts dont quatre femmes et trois enfants.

Et voilà que, en prenant prétexte du terrorisme, Washington se propose d’infliger la même sorte de terreur d’état à un pays désespérément pauvre qui est déjà déchiré par des conflits régionaux religieux, ethniques et tribaux. Un mouvement séparatiste couve depuis 16 ans dans le sud du Yémen qui constituait une autre nation jusqu’à ce qu’il soit réuni au nord en 1990.

Des adeptes du religieux chiite dissident assassiné, Huaasain Bard al-Din al Huthi, luttent contre le gouvernement sunnite depuis six ans dans les provinces Sa’ada et Amran du nord.

Et la population entière est plongée dans une misère et une privation extrêmes : un bon quart des 24 millions de yéménites souffrent de la faim d’une manière chronique et presque la moitié vit avec moins de 2 dollars par jour. Selon un rapport de la banque mondiale, 43% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition.

La contribution que l’administration d’Obama se propose de faire à cette situation déjà désespérée c’est la mort : elle viendra du ciel sur de missiles Hellfire et par la terre sous forme d’assassinats perpétrés par les Escadrons de la Mort des Forces d’Opération Spéciales.

Le régime du Président Ali Abdullah Saleh, qui s’est aligné sur Washington, a utilisé "la guerre globale contre le terrorisme" américaine pour justifier la répression féroce de tous ses opposants.

"Les autorités yéménites, pressées par les USA et d’autres pays de combattre al-Qaeda et pressées par l’Arabie Saoudite de régler la question des Huthis, ont pris un tournant inquiétant : sous le prétexte de la sécurité nationale, elles répriment l’opposition et étouffent toute critique" explique Malcolm Smart, le directeur d’Amnistie Internationale au Moyen Orient et en Afrique du Nord cette semaine en publiant le nouveau rapport de cette organisation des droits de l’homme qui traite des violations au Yémen.

Le rapport d’Amnistie donne des détails déchirants sur le bombardement intensif des secteurs résidentiels, l’assassinat par balles de manifestants pacifiques, et l’emprisonnement, la torture et la disparition d’opposants politiques dont des hommes de loi, des journalistes et des militants des droits de l’homme.

Le gouvernement du Yémen a officiellement rejeté les déclarations de Washington de cette semaine et a accusé les USA et les médias occidentales "d’exagérer l’importance d’al-Qaeda au Yémen et les dangers que cette organisation fait courir à la stabilité et à la sécurité du pays" et a affirmé que "combattre le terrorisme au Yémen demeurait la responsabilité des forces yéménites de sécurité."

En réalité cependant, des centaines de membres des services secrets et de l’armée sont déjà déployés au Yémen, et le régime du Président Ali Abdullah Saleh a donné à plusieurs reprises le feu vert à des attaques étasuniennes sur le sol du Yémen. La déclaration de rejet de toute escalade américaine était sans doute à usage interne. Les attaques militaires américaines ont provoqué une indignation générale et ont intensifié l’opposition au gouvernement yéménite.

Une guerre à base de drones de la CIA ajoutera des crimes de guerre à ceux que l’armée étasunienne a déjà commis au Yémen sur l’ordre d’Obama. Le pire de tous ces crimes a eu lieu le 17 décembre dernier quand au moins 41 personnes ont été tuées dont 21 enfants et 14 femmes quand leurs maisons furent frappées par des missiles de croisière américains transportant des bombes à fragmentation - une arme interdite par les traités internationaux.

En juin dernier, le rapporteur Spécial des Nations-Unies, Philip Alston, a accusé le gouvernement étasunien de s’arroger "le droit toujours plus grand de procéder à des assassinats ciblés dans le monde entier" et de se donner "la latitude fortement revendiquée mais sans limites claires de tuer sans rendre de comptes."

"Le droit de tuer" a aussi été revendiqué pour des citoyens étasuniens. Parmi ceux qui en ont fait les frais, il y a le clerc musulman américain Anwar al Awlaki. En avril dernier, des personnalités américaines ont révélé que l’administration Obama avait autorisé "l’assassinat ciblé" de al-Awladi dont la famille est yéménite. C’est la première fois que le gouvernement étasunien reconnaît avoir voulu assassiner un de ses citoyens.

La famille de al-Awlaki et des avocats des libertés civiles ont essayé d’obtenir une ordonnance restrictive contre cette exécution extra-judiciaire et ce flagrant abus de pouvoir, en faisant valoir que si cet homme né dans le Nouveau Mexique avait commis un crime, alors il aurait dû être arrêté et jugé.

L’administration Obama a cherché à empêcher le procès, en soutenant que ce serait une offense criminelle de demander à une Cour de justice de condamner l’assassinat de al-Awlaki par la CIA ou l’armée parce que le gouvernement américain avait de sérieuses raisons de penser que cet homme était un terroriste. Plus tôt dans le mois, l’Union Américaine pour les Libertés Civiles et le Centre pour les Droits Constitutionnels ont finalement obtenu l’autorisation de poursuivre le procès mais seulement grâce à une permission spéciale des Département du trésor étasunien.

L’Administration Obama multiplie et intensifie des guerres criminelles à l’étranger tout en poursuivant l’oeuvre de Bush à l’intérieur par la mise en place des structures nécessaires à une dictature policière. Aucun secteur du monde politique ni des milieux d’affaire n’exprime d’opposition sérieuse à ces mesures car elles répondent aux intérêts de l’aristocratie financière que les deux partis politiques principaux et le gouvernement représentent.

La classe laborieuse devrait considérer comme un avertissement sérieux les préparatifs d’une nouvelle guerre au Yémen. L’essor insensé du militarisme étasunien ajouté à l’effritement des droits démocratiques basiques et aux attaques de plus en plus violentes contre le travail, les salaires et les conditions sociales sont les prémices d’une catastrophe. Il n’y a pas de solution dans le cadre du système capitaliste actuel. Seul le développement d’un mouvement socialiste issu des classes laborieuses, indépendant, et jouissant d’un bon niveau de conscience politique, peut permettre l’émergence d’une solution alternative.

Bill Van Auken

2 septembre 2010

Pour consulter l’original : http://www.wsws.org/articles/2010/a...

Traduction : D. Muselet pour le Grand Soir

: http://www.legrandsoir.info/Obama-programme-une-escalade-des-massacres-au-Yemen.html

 


4-2 René Naba : Yémen : Le pied de nez de Ben Laden à ses anciens parrains.

Ce papier est dédié à Georges Habbache, chef du Mouvement Nationaliste Arabe, puis du Front de Libération pour la Libération de la Palestine (FPLP), à Abdel Kawi Makkawi, son lieutenant à la tête du FLOSY (Front de Libération du Sud Yémen Occupé) et à Salem Robaye Ali (Salmine), Président de l’éphémère République du Sud Yémen, tombeurs du protectorat britannique d’Aden.

Paris, 5 septembre 2010

En phase éruptive au Sahel, en cours de réorganisation en Irak, Oussama Ben Laden vient de se replacer dans le jeu depuis la terre de ses ancêtres, le Yémen, adressant un magistral pied de nez à ses anciens parrains, dix ans après l’apocalyptique raid qu’il a commandité sur les symboles de l’hyper puissance américaine, s’implantant sur le flanc sud du royaume saoudien dans un combat retourné contre la dynastie wahhabite visant au premier chef à rétablir sa légitimité et à redorer son blason au sein du Monde arabe.

Houspillé pour sa fugitive disparition à la suite de l’invasion américaine de l’Afghanistan, en novembre 2001, à bord d’une moto conduite par son borgne compère, le Mollah Omar, chef des Talibans, le sous traitant émérite de la connivence saoudo américaine dans la guerre antisoviétique d’Afghanistan (1980-1989) s’est rappelé au bon souvenir de ses anciens bailleurs en faisant un retour signalé au Yémen, à tout le moins ses disciples, se replaçant en Arabie méridionale, à l’épicentre de la connexion arachnéenne du dispositif militaire et énergétique américain, en bordure de la veine jugulaire du système énergétique mondial, à l’intersection des voies des communications maritimes internationales.

La «guerre oubliée du Yémen» n’est pas si oubliée que cela, en tout cas pas par tout le monde à en juger par ses multiples protagonistes et l’imposant dispositif militaire déployé à sa périphérie.

Et, dans la perspective du fin de la mission de combat américain en Irak, fin août 2010, ce pays qui fut le champ d’affrontement égypto saoudien dans la décennie 1960, pourrait redevenir, par tribus interposées, le terrain de confrontation des nouvelles puissances régionales, l’Iran, d’une part, l’Arabie saoudite soutenue par les Etats-Unis d’autre part.

“Quiconque atteindra la suprématie maritime dans l’océan Indien serait un joueur important sur la scène internationale”, soutenait déjà au siècle dernier le Contre-amiral Alfred Thayus Mahan (1840-1914), géostratège de la Marine des États-Unis, soulignant par là le véritable enjeu stratégique de la nouvelle guerre du Yémen.

Le repositionnement du chef d’Al Qaida a été opéré dans cette optique là. Situé à la pointe sud-ouest de la péninsule arabique, frontalier de l’Arabie saoudite au Nord, et du Sultanat d’Oman, à l’Est, le Yémen possède une façade maritime d’une longueur de 1 906 km de côtes, faisant la jonction entre la Méditerranée et l’Océan indien via le canal de Suez et le Golfe arabo-persique.

Jamais colonisé, ce pays, placé selon son étymologie à droite sur le chemin du pèlerinage de la Mecque, couvre une surface de 527 970 km², soit presque autant que la France. Via ses trois îles, –Kamran, Perrin, et Socotra— il commande l’accès à la mer Rouge par le détroit de Bab el-Mandeb, et l’île de Socotra (la plus grande des îles) dans l’océan Indien. Signe de l’importance stratégique de la zone, le Royaume Uni, du temps du protectorat britannique sur l’Arabie du sud, avait fait du port d’Aden, la grande ville du sud Yémen, la place forte de la présence britannique à l’Est de Suez pour la sécurisation de la route des Indes.

1- Une zone de non droit absolu, la piraterie maritime dans la Corne de l’Afrique

La militarisation des voies maritimes figure d’ailleurs parmi les objectifs de Washington dans cette zone de non droit absolu qui relie la Méditerranée à l’Asie du Sud-est et à l’Extrême-Orient par le canal de Suez, la mer Rouge et le golfe d’Aden. Une base aéronavale américaine à Socotra pourrait être édifiée en vue de superviser le mouvement des navires du golfe d’Aden, dont des bâtiments de guerre, et contribuer à la lutte contre la piraterie maritime, corrosive pour l’image de l’Occident dans le tiers monde. A lui seul, le Golfe d’Aden représente 660 000 kilomètres carrés, mais la zone de rayonnement des pirates s’étend désormais jusqu’aux Seychelles, soit deux millions de km2. Les côtes somaliennes courent sur 3700 kilomètres, relevant de trois Etats, mais le plus souvent hors de toute juridiction. Vingt mille navires empruntent cette autoroute maritime chaque année, transportant le tiers du ravitaillement énergétique de l’Europe.

L’Ethiopie, pays africain non musulman, a été désigné par les Etats-Unis pour faire office de «gendarme régional» dans la Corne de l’Afrique, à l’instar d’Israël pour le Proche orient.

Mais l’échec de l’Ethiopie à mater la rébellion du régime des tribunaux islamiques a conduit l’alliance occidentale à mettre en place un dispositif de lutte contre la piraterie maritime s’articulant sur trois volets Etats-Unis, Union européenne et Otan.

En 2009, 168 actes de piraterie ont été recensés, dont douze navires et deux cents cinquante otages détenus sur la côte somalienne au 1er décembre dernier.

Le dispositif international est déployé depuis Djibouti (Golfe d’Aden) et les Seychelles (sud océan Indien), qui constituent les principales bases de soutien des opérations maritimes et aériennes d’anti-piraterie. Une vingtaine de bâtiments de guerre croisent en permanence dans le Golfe d’Aden et patrouillent le long des côtes somaliennes, au titre des opérations suivantes:

- l’EUNAVFOR («Atalanta»), lancée par l’Union européenne en décembre 2008, à l’initiative de la France et de l’Espagne.

la TF 150, à l’origine, une «task force» multinationale à dominante américaine effectuant de l’antiterrorisme (Enduring freedom, Antiterror)

• Ocean Field, une force navale provisoire de l’Otan, prélevée sur des groupes en manoeuvre dans l’océan Indien.

Ce dispositif ne tient pas compte des unités détachées par les marines nationales des Etats-Unis, Russie, Inde, France, Chine, Egypte, Australie et Malaisie pour des missions limitées.Couloir maritime majeur reliant le Moyen-Orient, l’Asie de l’Est et l’Afrique avec l’Europe et le continent américain, l’Océan indien possède quatre voies d’accès cruciales facilitant le commerce maritime international, qui constituent autant de «goulots d’étranglement» pour le commerce mondial du pétrole, à savoir le canal de Suez en Égypte, Bâb el-Mandeb (longeant Djibouti et le Yémen), le détroit d’Ormuz (longeant l’Iran et le sultanat d’Oman) et le détroit de Malacca (longeant l’Indonésie et la Malaisie).

Dans ce périmètre hautement stratégique, les Etats Unis ont procédé au plus important déploiement militaire hors du territoire national, en temps de paix. La zone abrite en effet à Doha (Qatar), le poste de commandement opérationnel du Cent Com (le commandement central américain) dont la compétence s’étend sur l’axe de crise qui va de l’Afghanistan au Maroc, et, à Manama (Bahreïn), le quartier général d’ancrage de la Vme flotte américaine dont la zone opérationnelle couvre le Golfe arabo-persique et l’Océan indien. En complément, l’Arabie saoudite abrite, elle, une escadrille d’AWACS (Air borne warning and control system), un système de détection et de commandement aéroporté, dans la région de Riyad. Le Royaume est en effet le seul pays au Monde à abriter des radars volants américains en dehors des Etats-Unis, indice qui témoigne de l’importance accordée par les Etats-Unis à la survie de la dynastie Wahhabite. Le Koweït, très dévoué à son libérateur, fait office de zone de pré positionnement et de ravitaillement à la gigantesque infrastructure militaire américaine en Irak, le nouveau champ d’expérimentation de la guerre moderne américaine dans le Tiers-monde. S’y ajoutent, derniers et non les moindres des éléments du dispositif, Israël, le partenaire stratégique des Etats-Unis dans la zone, la base aérienne britannique de Massirah (Sultanat d’Oman), et, depuis janvier 2008 la plate forme navale française à Abou Dhabi, face à l’Iran.

Près de quarante ans après l’indépendance de la côte des pirates et le redéploiement britannique à l’Est de Suez, en 1970, les principautés du Golfe vivent de nouveau sous protectorat de fait de leurs anciens tuteurs, en une sorte de «servitude volontaire».

Se superposant à la compétition inter régionale entre l’Iran et l’Arabie saoudite sur fond de rivalité religieuse entre les deux branches de l’Islam, le sunnisme et le chiisme, la nouvelle guerre du Yémen se greffe à la piraterie maritime aux larges de la Somalie ainsi qu’aux conflits tribaux endémiques du Yémen, au trafic des armes, du carburant et de la drogue, particulièrement lucratif dans la corne de l’Afrique.

2 -Le phénomène corrosif du qat

Spécialité corrosive, le Qat ou «l’or vert» explique une part du comportement de la population de la zone. 96% des hommes Yéménites en consomment et 70% des femmes entraînant des conséquences dramatiques sur la société yéménite avec son cortège de dépendance, de disparition de la diversité agricole (café, riz, blé, légumes). Ses effets nocifs sur la santé, au niveau cardiaque et dentaire, le manque d’appétence et les carences alimentaires qui en découlent sont d’autant plus dangereuses que la consommation précoce commence à l’age de onze ans. Dix neuf pays cultivent le Qat, consommés de nos jours par plus de cent millions de personnes, principalement au Yémen,à Djibouti, en Somalie et en Ethiopie. Aux conséquences humaines, écologiques, économiques, s’ajoutent des conséquences politiques: la corruption et la mendicité.

La consommation moyenne du yéménite en Qat s’élève à 500 à 800 Rials par jour, pour un salaire moyen de 15000 Rials par mois. Sont ainsi posées les bases pour le développement de la corruption, qui a atteint un degré tel, que l’état ne dispose plus de moyens d’action. 80% du budget de l’état proviennent des recettes du Qat. Malgré un ancrage officiel dans le camp occidental et une coopération pour le contrôle de ses côtes, le pays reste un foyer d’instabilité. Les pays occidentaux et les Saoudiens redoutent de voir Al-Qaida étendre son influence, profitant de l’insurrection qui se développe dans le nord du Yémen, de loin le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Suivra : www.renenaba.com

Deuxième volet du papier : Yémen, le pied de nez d’Oussama à ses anciens parrains part 2/2 : Une bataille décisive, dans l’ordre symbolique, contre la monarchie saoudienne.

11 septembre 2010

Références :

1 - le dispositif de lutte contre la piraterie maritime comporte :

Une vingtaine de bâtiments de guerre présents en permanence dans le Golfe d’Aden, ou en patrouille le long des côtes somaliennes, au titre de plusieurs opérations:

-l’EUNAVFOR («Atalanta»), lancée par l’Union européenne en décembre 2008, à l’initiative de la France et de l’Espagne. Vingt-deux Etats participent à Atalanta, dont onze ont envoyé des moyens sur place. Depuis décembre 2008, trente-trois frégates ou corvettes, quatre navires ravitailleurs et de commandement, et cinq avions de patrouille maritime se sont succédé. Au début décembre 2009, neuf navires, deux avions de patrouille et deux mille marins sont «sur zone», pour la seule opération de l’Union européenne.

Selon des chiffres cités au cours d’un colloque «La piraterie, menace stratégique ou épiphénomène », organisé le 7 décembre dernier à Paris par la Fondation pour la recherche stratégique, le budget de l’opération Atalanta serait de 230 millions d’euros pour l’année 2009. Tel est le coût, pour l’Union européenne, de la sécurisation d’une route d’importance stratégique, à l’entrée de la mer Rouge.

Mais ce chiffre ne représente ni l’amortissement des matériels, ni la formation et les salaires des personnels, pas plus que les dépenses consenties par les marines sous leur pavillon national.

- la TF 150, à l’origine, une «task force» multinationale à dominante américaine effectuant de l’antiterrorisme (Enduring freedom, Antiterror) ;

- Ocean Field, une force navale provisoire de l’Otan, prélevée sur des groupes en manoeuvre dans l’océan Indien;

-Des unités détachées par les marines nationales des USA, de Russie, Inde, France, Chine, Egypte, Australie, Malaisie, etc. pour des missions limitées.

Du mois d’avril 2008 à Décembre 2009, six cents treize pirates présumés ont été interpellés en mer. Une quarantaine ont été tués. Deux cents quatre-vingt dix-neuf d’entre eux ont été remis à la justice d’un pays riverain, en vertu d’accords de transfèrement. 110 remis aux autorités du Kenya, trente huit aux Seychelles, quarante huit au Yémen,

René Naba

5 septembre

http://www.renenaba.com/?p=2781



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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