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25/09/2010

n° 453 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan - 31-08 au 23-09 : -Fin :- : L’IISS conteste les justifications de la guerre en Afghanistan.

n° 453 - Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan  - 31-08 au 23-09  : -Fin  :- : L’IISS conteste les justifications de la guerre en Afghanistan.



Journal de la Lutte pour la libération du territoire Afghan 

n° 453 - du 31-08 au 23-09                                          C.De Broeder & M.Lemaire



Sommaire.

3 Dossiers

3-1 Jean-Marc Trappler : L’Afghanistan ne doit plus être l’affaire exclusive de l’Occident et de l’OTAN...

3-2 James Cogan : Des preuves que les dirigeants afghans sont à la solde de la CIA.

3-3 Mohammed Larbi : Quelle stratégie pour l’Afghanistan ?

3-4 Eric Margolis : L’IISS conteste les justifications de la guerre en Afghanistan.

3-5 USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA.

4 Guantanamo : Les dossiers

4-1 Une peine réduite pour Khadr ?

4-2 Vincent Larouche : Détenu à Guantanamo, Djamel Ameziane veut éviter la torture.

 



3 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Jean-Marc Trappler : L’Afghanistan ne doit plus être l’affaire exclusive de l’Occident et de l’OTAN...

Nous pataugeons… il faut revoir la stratégie !!!

Nb 3 fois... Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

L’Afghanistan ne doit plus être l’affaire exclusive de l’Occident et de l’OTAN mais doit s’élargir aux grandes nations riveraines en terme d’espaces géopolitiques : l’Inde, la Chine et la Russie en particulier dont nous protégeons sans grosse contrepartie une partie de son flanc sud-asiatique.

La course vers un monde imaginé meilleur sans les talibans qui menaceraient notre sécurité est un leurre ; croire que le rétablissement d’un État afghan favoriserait l’élimination de la menace terroriste en est un autre.

L’Afghanistan devient une pataugeoire. 10 années de guerre, faisons en sorte que ce ne soit pas un bourbier en contraignant par la diplomatie l’entrée en scène des puissances riveraines concernées et toutes celles qui font du business dans la région.

La lutte contre le terrorisme est l’affaire de tous et pas uniquement celle des occidentaux, même si elle doit être l’objectif numéro un, elle ne doit pas se confondre, en actions, avec notre insistance à vouloir à tout prix doter l’Afghanistan d’un État fiable – souhait qui nous concerne de moins en moins.

Reste que l’Afghanistan est un immense camp d’entrainement pour les terroristes, camp d’entrainement occidental également à …la lutte anti terroriste. Mais ça commence à durer et à manquer sérieusement de résultats tangibles. A courir deux lièvres à la fois, lutte anti terrorisme et rétablissement d’une souveraineté perdue, l’OTAN dissipe ses forces dans des actions antinomiques aux objectifs devenus flous. Ce qui était valable il a 10 ans, c’est-à-dire l’inertie des grandes puissances riveraines, bien confortable aujourd’hui pour elles, alors que la logique de la mondialisation et de la brutalité des changements devrait les conduire à une réflexion concernée du problème avant que cette brutalité ne se transforme en danger immédiat et bien réel.

L’OTAN est une puissance militaire qui représente près d’un milliard d’individus, il serait temps qu’elle modifie sa stratégie en contraignant les blocs « asiatiques » à prendre leur part de responsabilité.

Jean-Marc Trappler

http://www.armees.com/Afghanistan-il-faut-revoir-la-strat...


3-2 James Cogan : Des preuves que les dirigeants afghans sont à la solde de la CIA.
Une série de fuites parvenues au New York Times et au Washington Post au cours de la semaine passée a révélé que des membres du gouvernement afghan dirigé par le président Hamid Karzai sont des agents et des informateurs à la solde de la CIA.

Les révélations ont débuté le 25 août lorsque des correspondants chevronnés du Times, Dexter Filkins et Mark Mazzetti ont rapporté qu’un proche conseiller de Karzai qui est accusé de corruption, Mohammed Zia Salehdi, avait été à la solde de la CIA durant de « nombreuses années ».

L’information a été fournie par des sources anonymes « à Kaboul et à Washington, » suggérant qu’elle émanait de hauts rangs de l’armée voire même du gouvernement Obama.

Deux jours plus tard, le Washington Post citait d’autres sources américaines alléguant que la « CIA effectue des paiements secrets à plusieurs membres du gouvernement Karzai ».

Le Post déclarait : « La CIA continue les paiements malgré la préoccupation de soutenir ainsi des responsables corrompus et de miner les efforts entrepris pour sevrer la dépendance des Afghans de sources secrètes de revenu ou de corruption.»

Mohammed Zia Salehi, qui est le chef de l’administration du Conseil de la sécurité nationale de l'Afghanistan, se trouve au centre d’une controverse entre Washington et Karzai. En juillet, il avait été interpellé par une unité d’enquête anti-corruption créée par les Etats-Unis.

Des écoutes téléphoniques auraient relevé qu’il avait réclamé pour son fils une voiture d'une valeur de 10.000 dollars US comme prix à payer en échange de son aide pour stopper une enquête sur une société de transferts d’argent, la New Ansari.

Le président Karzai était intervenu pour annuler l’interpellation en l’espace de sept heures et faire libérer Salehi. Karzai avait également bloqué toute tentative d’arrêter des responsables hauts placés de New Ansari.

Toute enquête concernant cette société est clairement contrée par une section significative de l’establishment afghan liée au gouvernement Karzai. New Ansari est accusé de transférer chaque année des centaines de millions de dollars en liquide hors d’Afghanistan pour le compte des seigneurs de guerre, des responsables gouvernementaux et des trafiquants de drogue. Un responsable des services de douanes des Emirats arabes unis a dit qu’un milliard de dollars en espèces était entré dans cet Etat rien que l’année dernière.

Le Times a remarqué que « de nombreux responsables afghans disposent de résidences secondaires » à Abou Dhabi et Dubaï « et vivent dans un luxe splendide ». Depuis 2001, les sommes d’argent qui ont été pillées de « l’aide internationale » expédiée en Afghanistan se chiffrent en dizaines de milliards. De vastes sommes semblent également avoir tout simplement été octroyées par la CIA comme paiements et pots-de-vin.

Le 29 août, les services de Karzai ont dénoncé les allégations selon lesquelles la CIA comptait une grande partie de son gouvernement sur sa liste de paie comme étant « des allégations dénuées de fondement » et susceptibles « d’avoir un impact négatif sur l’alliance contre le terrorisme » et qui « entachaient la réputation des dirigeants afghans. »

Il n’y a cependant pas de raisons de douter de la véracité des affirmations. Les opérations que mène la CIA en Afghanistan remontent aux années 1970 et 1980 lorsqu’elle finançait et armait les groupes islamistes qui combattaient l’occupation du pays par l’armée soviétique. Plusieurs années avant les événements du 11 Septembre, des agents de la CIA étaient de retour en Afghanistan, soudoyant divers seigneurs de guerre pour qu’ils soutiennent l’invasion américaine.

En 2001, Mohammed Zia Salehi était le porte-parole de l’un des seigneurs de guerre anti-Talibans les plus puissants et les plus sanguinaires, Abdul Rashid Dostum qui acceptait ouvertement l’argent du gouvernement américain. Les agents de la CIA ont travaillé avec sa milice durant l’invasion dans le but d’écraser les forces talibanes dans le Nord de l’Afghanistan et ont participé au meurtre de sang-froid de milliers de prisonniers talibans.

Karzai fut choisi comme président sur la base des liens qu’il entretient depuis des décennies avec des agences américaines de renseignement. Le responsable américain avec lequel Karzai entretient les relations les plus étroites est l’actuel chef de l’antenne de la CIA, connu sous le nom de « Spider ». Tous deux travaillent ensemble depuis l’époque d’avant l’invasion de 2001. Une question évidente est le rôle qu’ont joué la CIA et les nombreux Afghans à sa solde lors du trucage flagrant des élections présidentielles de 2009 qui ont remis Karzai au pouvoir.

Selon le Wall Street Journal, l’importance du chef de l’antenne de la CIA et les liens étroits avec Karzai ont suscité une opposition de la part de l’ambassade des Etats-Unis et du Département d’Etat, mais en début d'année Obama est passé outre.

Un motif probable pour les récentes fuites est de provoquer un remaniement du gouvernement afghan, impliquant peut-être quelques procès médiatisés de responsables corrompus. La Maison Blanche et l’armée américaine imputent de plus en plus le soutien grandissant pour le mouvement de résistance mené par les Talibans et le nombre fortement en augmentation des victimes des Etats-Unis et de l’OTAN à l’animosité et au mépris ressentis par la population à l'égard du gouvernement Karzai. Sept soldats américains de plus ont été tués au cours du week-end, ce qui porte le bilan des morts à 308 en 2010, juste neuf de moins qu’en 2009.

Signe de l'inquiétude qui règne au sein des cercles politiques et militaires américains, l’Institut pour les Etudes de guerre a déclaré dans un récent rapport sur la situation existant dans la grande ville méridionale de Kandahar « que la population considère les institutions gouvernementales comme prédatrices et illégitimes, et représentant les intérêts des hommes d'influence, plutôt que ceux de la population. »

Kandahar est essentiellement dirigé par le demi-frère de Karzai, Ahmed Wali Karzai, qui a été publiquement accusé à la fois de présider un massif cartel de la drogue et d’être à la solde de la CIA. Le frère aîné de Karzai, Mahmoud qui possède la nationalité américaine, est devenu l’un des hommes les plus riches du pays avec ses concessions pour Toyota et les contrats alloués par le gouvernement dans l’industrie du ciment.

Tous les changements dans le personnel du gouvernement afghan sur la base de la lutte contre la corruption ne changeront cependant pas le caractère fantoche du régime.

Les paiements, les pots-de-vin coutumiers et le vol clair et net découlent inexorablement d’une occupation coloniale étrangère qui est détestée et à laquelle la majorité du peuple afghan s'oppose.

Les révélations de la CIA soulignent le caractère cynique de la propagande américaine qui est utilisée depuis 2001 pour justifier la guerre. Des individus vénaux et qui acceptent des paiements d’une puissance étrangère d’occupation et pillent le pays sont dépeints comme les représentants d’un futur Afghanistan démocratique. Les Afghans qui s'opposent à l’occupation et qui luttent pour la libération du pays sont qualifiés de terroristes, sont tués par dizaines de milliers et traqués par 150.000 soldats étrangers.

James Cogan
4 septembre
(Article original paru le 30 août 2010)

http://www.wsws.org/francais/News/2010/sep2010/afgh-s04.shtml


3-3 Mohammed Larbi, : Quelle stratégie pour l’Afghanistan ?
Le secrétaire général de l'Otan ne craint pas la contradiction au sujet du conflit afghan, ce qui est en soi révélateur de ce qui se passe réellement sur place. Ou encore, qu’il faille faire preuve de prudence. Effectivement, Anders Fogh Rasmussen a dit espérer que les soldats de la coalition internationale en Afghanistan puissent commencer à transférer la responsabilité de la sécurité du pays aux forces afghanes à partir de l'an prochain. L'Alliance atlantique compte annoncer ses projets de transition lors du prochain sommet de l'Otan, à Lisbonne, les 19 et 20 novembre. Le président Barack Obama a, de son côté, annoncé que les soldats américains amorceraient leur retrait d'Afghanistan à partir de juillet 2011.

Une semaine plus tard très exactement, le chef de l’OTAN affirmait le contraire, en soulignant que les forces en question resteront en Afghanistan «le temps qu'il faudra pour finir le travail», assurant même, comme s’il s’agissait de répondre aux talibans qui se déclarent quant à eux sûrs de leur victoire, que «la défaite n'est pas une option, nous vaincrons. Les talibans ne gagneront jamais, ni ne reviendront au pouvoir par la force», a affirmé l'ex-Premier ministre danois, un objectif déjà fixé en 2001. Allant encore plus loin et comme si cette fois il s’agissait de fixer cet objectif dans le temps, le secrétaire général de l'Otan annoncera que 2011 ne marquerait pas le retrait des troupes occidentales d'Afghanistan, mais il n’est pas revenu sur la date de retrait que lui-même avait annoncée, celle de 2014.

Beaucoup a été dit sur cette situation, surtout que certains pays ont, de manière unilatérale, annoncé la fin de mission pour leurs soldats, sans que cela signifie la fin de la guerre. Quelle stratégie alors ? Militaire ou politique, à moins que ce ne soit les deux à la fois ? Le président afghan, Hamid Karzaï, a déjà annoncé le 4 septembre la mise en place d'un conseil pour des discussions de paix avec les talibans. Le chef de l’OTAN a, lui aussi, assuré qu’«il n'y a pas de solution militaire uniquement au conflit en Afghanistan». Les talibans ont, à de multiples reprises, rejeté les propositions de dialogue, qualifiant Karzaï de marionnette des Etats-Unis et ne se déclarant prêts à négocier la paix qu'une fois que les troupes étrangères auront quitté le pays.

C’est également l’analyse de l’IISS (Institut international d’études stratégiques de Londres) pour qui «l'avenir est manifestement du côté des négociations avec ou entre les participants au conflit». Cependant, tient-il à souligner, retirer trop tôt les quelque 150 000 soldats déployés pourrait causer une «implosion en Afghanistan», mais poursuivre la mission actuelle «risque de mener à une catastrophe prolongée en raison de conceptions désuètes». L’annonce de ce changement survient alors que l'insurrection s'est intensifiée, comme le confirme le commandant des forces internationales en Afghanistan.

Le général américain, David Petraeus, a admis mardi 31 août 2010, que les talibans, qui ont tué en cinq jours 23 soldats de l'Otan, dont 22 militaires américains, étendaient leur présence en Afghanistan. Mais il a également estimé que ces pertes record dans les rangs de la coalition étaient la conséquence des importants renforts dépêchés par les Etats-Unis ces derniers mois afin de fournir un effort de guerre «approprié» qui, selon lui, est en train d'atteindre sa «phase finale». Quelle stratégie donc pour l’Afghanistan où la coalition internationale éprouve apparemment du mal à lever de nouvelles troupes, ou encore de faire basculer la population afghane marquée par la multiplication des erreurs de frappes, et en butte à de nouveaux fléaux dont la corruption.

Mohammed Larbi,

El Watan, le 14.09.10
http://www.elwatan.com/international/quelle-strategie-pour-l-afghanistan-14-09-2010-90007_112.php


3-4 Eric Margolis : L’IISS conteste les justifications de la guerre en Afghanistan.

Le très réputé International Institute for Strategic Studies appelle à une refonte de la stratégie occidentale en Afghanistan, qui selon John Chipman, le directeur de l’IISS, est « trop ambitieuse, trop éloignée des objectifs primordiaux d’une politique de sécurité, et trop dommageable pour les efforts diplomatiques et militaires requis dans cette région et ailleurs » dans le monde. Analyse d’Eric Margolis.

L’International Institute for Strategic Studies (IISS), basé à Londres, est une autorité au plan mondial concernant les questions militaires. Il rassemble l’élite des experts de la défense, des anciens hauts fonctionnaires et des officiers supérieurs, venus des quatre coins du monde, des États-Unis et de la Grande-Bretagne à la Chine, la Russie et l’Inde.

J’ai été un membre de l’IISS durant plus de 20 ans. Les rapports de cet institut font toujours autorité, mais restent généralement prudents et diplomatiques, voire parfois ternes. L’IISS a pourtant publié il y a deux semaines un rapport explosif sur l’Afghanistan, qui ébranle Washington et ses alliés de l’Otan.

Cette étude, dirigée par l’ancien directeur adjoint du MI-6, l’agence de renseignement du Royaume-Uni, affirme que la menace d’Al-Qaïda et des talibans a été « exagérée » par les puissances occidentales. La mission américaine en Afghanistan a « enflé » hors de toute proportion par rapport à son objectif initial de démanteler et vaincre Al-Qaïda. La guerre américaine en Afghanistan, affirme l’IISS, en des termes inhabituellement francs, est « un désastre prolongé ».

Tout récemment, le directeur de la CIA Leon Panetta a admis qu’il n’y avait pas plus de 50 membres d’Al-Qaïda en Afghanistan. Pourtant, le président américain Barack Obama a triplé le nombre de soldats américains - passé à 120.000 - pour lutter contre Al-Qaïda.

Le rapport de l’IISS souligne que la présence de troupes occidentales en Afghanistan nourrit en fait la résistance nationale. J’ai observé le même phénomène lors de l’occupation soviétique de l’Afghanistan dans les années 1980.

Fait intéressant, la partie du rapport supervisé par l’ancien directeur adjoint du MI-6, Nigel Inskster, ne fait état que d’une menace limitée d’Al-Qaïda dans d’autres régions, notamment en Somalie et au Yémen. Pourtant, Washington muscle ses opérations dans ces deux nations turbulentes.

Abandonnant sa discrétion habituelle, l’IISS déclare lancer ces mises en garde car l’ intensification de la guerre en Afghanistan menace la sécurité de l’Occident en distrayant ses dirigeants des problèmes posés par la crise financière mondiale et l’Iran, et en y consacrant les maigres ressources qui seraient nécessaires ailleurs.

Les conclusions de l’IISS entrent directement en conflit avec la position d’Obama, de David Cameron, le nouveau Premier ministre Britannique, et des autres alliés des Etats-Unis ayant des troupes en Afghanistan. Ce rapport sape leurs justifications pour un conflit de plus en plus impopulaire. Il convaincra certainement les plus sceptiques que la véritable raison de l’occupation de l’Afghanistan est liée au pétrole, à la volonté d’exclure la Chine de cette région, et de garder un œil sur l’arme nucléaire du Pakistan.

Le rapport propose également une stratégie de sortie de la guerre en Afghanistan. Les troupes d’occupation occidentales, propose l’IISS, devraient être fortement réduites et leur présence limitée à Kaboul et au nord de l’Afghanistan, peuplé essentiellement par les ethnies tadjik et ouzbek.

Le sud de l’Afghanistan - d’où sont originaires les Taliban - devrait être évacué par les troupes occidentales et laissé à son sort. Les Talibans seraient autorisés à gouverner leur propre moitié de la nation jusqu’à ce qu’une sorte de système fédéral décentralisé puisse être mis en œuvre. C’était en fait à peu près la façon dont l’Afghanistan fonctionnait avant l’invasion soviétique de 1979.

Pour le moment, la guerre en Afghanistan se retourne contre des forces occidentales d’occupation de plus en plus chancelantes. Hamid Karzai, le dirigeant installé en Afghanistan par les américains, prépare ouvertement à des pourparlers de paix directs avec les talibans et leurs alliés - en dépit de la forte opposition des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Canada.

Les forces gouvernementales afghanes sont de plus en plus démoralisées. Seuls les Tadjiks et les milices ouzbèkes, et le parti communiste afghan, tous soutenus par l’Inde, la Russie et l’Iran, veulent poursuivre la lutte contre les talibans pachtounes.

La semaine dernière, le mollah Omar, chef des Talibans, a affirmé que les occupants occidentaux étaient en train de perdre la guerre. Il a peut-être raison. Rien ne va plus pour le régime pro-américain de Kaboul ou ses défenseurs occidentaux. Même la très vantée offensive américaine à Marjah, conçue pour briser la résistance des Talibans, a été un fiasco humiliant. Le nombre des victimes civiles des bombardements américains continue d’augmenter.

Les Européens en ont assez de la guerre en Afghanistan. Les sondages indiquent que 60% des Américains pensent que cette guerre ne vaut pas d’être menée.

La bombe lancée par l’IISS fait suite aux révélations les plus spectaculaires de l’enquête menée en Grande Bretagne sur les origines de l’invasion de l’Irak. La baronne Manningham-Buller, ancienne directrice du service de sécurité intérieure, le MI-5, a témoigné que la guerre en Irak avait été précédée par un fatras de mensonges et de faux éléments de preuve fournis par le gouvernement Blair. Ce que nous appelons le « terrorisme » est en grande partie causé par les invasions occidentales en Afghanistan et en Irak, a-t- elle témoigné.

La vérité sur l’Irak et l’Afghanistan émerge enfin.

L’Afghanistan pourrait à nouveau prouver qu’il est « le cimetière des empires ».

Sur le Web

IISS - Strategic Survey 2010 : The Annual Review of World Affairs

    The IISS launched Strategic Survey 2010, its annual review of world affairs, on 7 September.

    In presenting the book’s main arguments, IISS Director-General and Chief Executive Dr John Chipman suggested a rethink of the West’s counter-insurgency plan in Afghanistan was needed. 

    The current strategy, he said, was ’too ambitious, too removed from the core security goals that need to be met, and too sapping of diplomatic and military energies needed both in the region and elsewhere’.

Eric Margolis,

Toronto Sun,

14 septembre 2010

Publication originale Toronto Sun via http://www.informationclearinghouse.info/article26362.htm, traduction Contre Info 

Référence : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3058


3-5 USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA.

Quand la médecine participe à l’amélioration des techniques de torture…

Ou quand l’horreur le dispute à l’abject. Les guerres ont toujours été l’occasion de grandes avancées dans le domaine médical, il suffit de revenir 60 ans en arrière pour s’en convaincre, avec par exemple les expériences de dépressurisation faites par les nazis sur les prisonniers.

Est-il légitime de chercher à élever la torture au rang de science ?

Qu’en est-il du respect de la personne humaine ?

Qu’en est-il de la légalité et du droit international ?

Georges W. Bush a reconnu récemment ces cas de torture sur Khalid Sheik Mohammed à Guantanamo et explique qu’il "recommencerait, pour sauver des vies". Ses mémoires devraient paraitre à l’automne prochain.

 Paru sur  Romandie News  le 7 juin 2010

Les médecins américains qui assistaient aux interrogatoires de la CIA après le 11-Septembre réunissaient des données médicales permettant d’affiner les méthodes de torture, une pratique qui s’apparente à de l’"expérimentation humaine", selon une organisation.

"Il y a des preuves que les médecins calibraient la douleur infligée par les techniques d’interrogatoire et cherchaient à améliorer leurs connaissances sur ces techniques", a expliqué lors d’une conférence de presse Nathaniel Raymond, un responsable de Phycisians for Human Rights (PHR, Médecins pour les droits de l’homme), qui a publié lundi un rapport intitulé "expérimentations dans la torture".

"Il ne s’agit de logique à la Jack Bauer (l’agent spécial de la série "24 heures chrono", ndlr), mais de médecins qui recueillent des données utilisées pour déterminer si ce qu’ils observent rentre dans la définition de la torture" telle qu’elle a été établie par le ministère de la Justice de George W. Bush, a-t-il poursuivi.

Les auteurs du rapport ont appelé à une enquête exhaustive sur les pratiques autorisées contre les suspects de terrorisme sous l’administration Bush. Mais, comme d’autres organisations de défense des droits de l’homme, ils ont reconnu ne pas trouver "une volonté politique au Congrès ni dans l’administration de prendre en mains ces questions".

Pour établir le rôle joué par les médecins de la CIA dans l’amélioration de l’efficacité des techniques infligées aux détenus, PHR s’est appuyé sur des documents publics révélés depuis 2008, dont une série de notes internes qui ont attesté l’usage répété de la torture contre certains détenus enfermés dans les prisons secrètes de la CIA.

Les Etats-Unis ont théorisé au lendemain du 11-Septembre une liste de "techniques d’interrogatoires améliorées" que le ministère de la Justice a par la suite justifié au plan légal en limitant l’appellation torture à "une souffrance mentale ou physique sur le long terme équivalente à la douleur ressentie lors de la défaillance d’un organe ou la mort".

Concrètement, PHR démontre dans son étude que les médecins ont par exemple observé que la simulation de noyade – qui a été pratiquée des dizaines de fois sur au moins deux détenus -, si elle était répétée trop souvent avec de l’eau simple comportait des risques que le détenu attrape une pneumonie. Ils ont donc recommandé le recours à une solution saline.

La différence entre la simulation de noyade pratiquée au tout début, à partir d’expériences ponctuelles sur des soldats volontaires, et après l’intervention des médecins "indique que les médecins de la CIA ont participé à la modification de la technique", affirme PHR.

De même, dit l’organisation, les médecins ont "analysé les données récupérées lors des interrogatoires de 25 détenus soumis à une combinaison de +techniques d’interrogatoire améliorées+" et ont estimé que celle-ci ne comportait pas de contre-indications médicales majeures.

Parmi les techniques les plus connues, figure la privation de sommeil, la nudité forcée, le ligotage pendant des heures dans des positions inconfortables ou encore l’exposition à des températures extrêmes.

Les médecins de la CIA servaient aussi de témoin, en cas de poursuites futures pour attester que les interrogateurs agissaient "en toute bonne foi", sous directives médicales et en présence d’un médecin.

"Ce rapport est la partie émergée de l’iceberg et il est nécessaire de conduire une enquête complète, de chercher les responsabilités et d’éviter qu’une telle chose puisse jamais se reproduire", a estimé Allen Keller, médecin spécialiste des effets de la torture lors de la conférence de presse.

AFP

 07 juin

Published on juin 9, 2010 par GeantVert



4 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

4-1 Une peine réduite pour Khadr ?

Conscient que l'image des commissions militaires a pris tout un coup à l'étranger, l'administration Obama tenterait secrètement de négocier une peine réduite pour Omar Khadr, citoyen canadien emprisonné à Guantanamo depuis huit ans.

C'est ce qu'avançait le quotidien The New York Times.

Selon des sources anonymes, le procès très médiatisé d'Omar Khadr, capturé à l'âge de 15 ans et accusé d'avoir tué un soldat américain en Afghanistan, minerait les efforts de l'administration américaine d'exposer les réformes qui ont été apportées au système des commissions militaires pour les rendre plus équitables.

Sur la foi d'une douzaine d'entrevues avec d'anciens et d'actuels hauts responsables de la Maison-Blanche, du département de la Justice et du Pentagone, on indique qu'il serait mieux de négocier une peine réduite pour M. Khadr et de passer à un autre procès moins problématique.

Un cas affreux

L'administration Obama n'oserait pas le faire toutefois, de peur que son geste ne soit interprété comme une intervention inappropriée.

Selon le responsable du dossier des détenus au Pentagone sous le règne du président George W. Bush, Matthew Waxman, le procès de M. Khadr serait toutefois un «cas affreux» pour tenter de contrecarrer l'image négative de ces commissions militaires.

Agence QMI
01/09
http://www.addthis.com/bookmark.php?v=20

http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2010/09/20...

http://fr.canoe.ca/journaldemontreal.map

 


4-2 Vincent Larouche : Détenu à Guantanamo, Djamel Ameziane veut éviter la torture.

Craignant de plus en plus d’être soumis à la torture, un ex-Montréalais emprisonné à la base américaine de Guantanamo depuis plus de huit ans souhaite trouver refuge au Canada le plus vite possible, afin d’éviter qu’on le renvoie de force dans son Algérie natale, comme viennent de le faire les autorités américaines dans le cas d’un autre prisonnier.

Djamel Ameziane est détenu avec les autres «combattants ennemis» de la guerre au terrorisme depuis huit ans et sept mois, à la suite de sa capture près de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Même si les États-Unis croient qu’il a fréquenté des membres des talibans et d’al-Qaïda après avoir quitté Montréal pour l’Afghanistan en 2000, les autorités ont décidé de ne porter aucune accusation contre lui puisqu’il n’a vu aucun combat, n’a reçu aucune formation et n’a participé à aucune action des deux groupes fondamentalistes.

Comme il ne sera pas traduit en justice, M. Ameziane pourrait normalement être libéré et renvoyé vers le pays dont il détient la citoyenneté, l’Algérie. Seul hic : il supplie de ne pas y être forcé car il craint d’être torturé ou tué, que ce soit par le gouvernement d’Algérie ou des groupes islamistes radicaux qui n’auraient pas apprécié son parcours.

L’inquiétude augmente

L’inquiétude du détenu a augmenté cet été lorsque la Cour suprême des États-Unis a pavé la voie au renvoi forcé vers l’Algérie d’un autre prisonnier de Guantanamo qui avait les mêmes craintes mais que les Américains ne voulaient pas garder indéfiniment.

«Ce qu’il y a de nouveau, c’est ce transfert forcé d’un autre détenu algérien, ce qui est source d’une grande inquiétude pour nous, explique l’avocat de M. Ameziane, Me Wells Dixon, en entrevue téléphonique à Rue Frontenac.

«C’est inquiétant. Surtout que sa région, la Kabylie, continue de subir le chaos et l’instabilité», ajoute le juriste.

Djamel Ameziane le dit depuis longtemps : son souhait serait plutôt de revenir au Canada, où il ne craint pas d’être persécuté. Il a un frère à Montréal, il y a déjà vécu et travaillé cinq ans, il parle un français impeccable, et le diocèse anglican de la métropole est prêt à le parrainer dans ses démarches pour revenir au pays de l’érable. Amnesty International et le Conseil canadien des réfugiés ont aussi plaidé en sa faveur.

Signe éventuel que sa demande est étudiée sérieusement : la chaîne Al Arabiya rapportait récemment qu’un fonctionnaire canadien s’est rendu à Guantanamo ces dernières semaines pour interviewer M. Ameziane en lien avec son départ de Guantanamo.

Ni l’avocat du détenu, ni les autorités canadiennes, ni le commandement militaire à Guantanamo n’ont voulu confirmer cette visite à Rue Frontenac.

La journaliste d’Al Arabiya qui a sorti la nouvelle, Muna Shikaki, insiste toutefois sur la fiabilité de ses sources.

«J’ai deux sources qui sont très au courant et impliquées intimement. Elles travaillent pour des «parties» différentes et ne sont pas en contact l’une avec l’autre, ce qui me rend très, très sûre de cette information», a-t-elle expliqué dans un courriel.

Des soupçons sérieux

Djamel Ameziane est toutefois loin d’avoir un dossier idéal pour faciliter son accueil au Canada. Né en 1967 de parents berbères, il a quitté son pays au début des années 1990 pour émigrer à Vienne, en Autriche, où il a travaillé comme chef dans un grand restaurant, selon ses avocats.

Après l’élection d’un nouveau gouvernement en 1995, son permis de travail n’a pas été renouvelé et il a quitté avec un faux passeport pour le Canada, où il a demandé le statut de réfugié. Il est demeuré cinq ans à Montréal, mais sa demande a finalement été refusée.

M. Ameziane est donc parti pour l’Afghanistan en 2000, censément parce qu’il estimait qu’il s’agissait du seul pays vraiment islamiste et qu’il y serait bien accueilli par le régime taliban en tant que bon musulman.

Dans des documents juridiques justifiant son statut de «combattant ennemi», les autorités américaines affirment toutefois que c’est un Tunisien rencontré dans une mosquée montréalaise qui lui aurait donné de 1 200 à 1 500 $ pour aller en Afghanistan dans une pension occupée par des membres d’al-Qaïda et des talibans. Les rapports sont imprécis quant au nom de la mosquée. Il aurait par ailleurs voyagé avec un faux passeport français qu’il avait acheté pour 800 $ CA.

Une fois en Afghanistan, il aurait partagé quelques lieux d’hébergement et fui les combats avec certains membres des deux groupes terroristes, sans toutefois s’impliquer davantage avec eux. Cette simple proximité est toutefois loin de jouer en sa faveur maintenant.

Aujourd’hui, il attend de connaître son sort et passe le temps en écrivant de longues lettres à ses avocats, dans un excellent français presque poétique. Dans une lettre manuscrite diffusée dans Internet, il se plaint des mauvais traitements qu’il endure et compare sa prison à un «cimetière souterrain des morts-vivants».

La porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada, Mélanie Carkner, avait peu de détails à donner sur le dossier. «Ce qu’on dit, c’est que nous n’envisageons pas de mesures spéciales ou de programme de traitement accéléré pour les détenus de Guantanamo Bay», a-t-elle expliqué.

Si la demande de l’Algérien était acceptée, il s’agirait de la première fois que le Canada accueille un ancien détenu de Guantanamo. Rappelons qu’Ottawa a été sous pression pour rapatrier son citoyen Omar Khadr, détenu par les Américains depuis l’âge de 15 ans.

Le président Barack Obama a demandé l’aide de la communauté internationale pour relocaliser plusieurs détenus de Guantanamo qui ne seront pas accusés devant un tribunal. Des pays comme la France, le Portugal, l’Irlande, les Bermudes et Palau ont accepté d’accueillir certains individus à leur libération, afin d’éviter qu’ils aient à retourner dans un pays où ils risquent la torture.

Vincent Larouche

Mardi, 07 septembre

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10-2 Provinces Afghanes

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