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30/09/2010

n°54 - Dossier d'Iran : au 28-09 - 29-10 :-Suite - : Mise en place du blocus comme 1er stade de la Guerre…


n°54 - Dossier d'Iran : au 28-09 - 29-10 :-Suite   - : Mise en place du blocus comme 1er stade de la Guerre…



Dossier d'Iran   n°54 du 29-10

                                C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse:fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Ahmadinjead : L’amour et la pureté, voilà la bombe atomique d’Iran.

4-2 Depuis l'Iran : Lettre de Lauren Booth à Tony Blair.

5  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Michel Chossudovsky : La Troisième Guerre mondiale se prépare: Objectif Iran


4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

4-1 Ahmadinjead : L’amour et la pureté, voilà la bombe atomique d’Iran.

 « Les Occidentaux sont plus que quiconque conscients que nous ne voulons nullement la bombe atomique et que nous en disposons même pas. Nous n’avons pas besoin de la bombe H, puisque là où elle est véhiculée, notre culture, elle imprègne tout ; la bombe atomique de l’Iran est l’amour et la pureté, auxquels rien ne peut résister. », a affirmé le Président Ahmadinejad, en allusion à la campagne de désinformation des Occidentaux à propos du programme nucléaire civil iranien.
C’était dimanche soir 19 septembre, à New York, que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad l’a déclaré devant les Iraniens résidant aux Etats-Unis.

« Presque tout le monde est conscient aujourd’hui que deux courants, deux cultures, deux puissances et deux pays pèsent tout leur poids sur l’échiquier international : l’Iran et les Etats-Unis d’Amérique ; le genre d’interaction de ces deux puissances déterminera le sort du monde. Un de ces pays qu’est l’Amérique a son propre courant idéologique, culturel ainsi que son propre rhétorique politique ; il fait maintenant quelques décennies qu’elle s’impose sur la scène mondiale et qu’elle est sans rivale dans l’univers capitaliste, elle cristallise à elle seule toute la pensée occidentale. Aux antipodes de cette culture, se trouve l’Iran, qui est une culture, une conduite, une histoire et une civilisation, occupant une place élevée dans l’esprit des nations et des penseurs. », a expliqué le président Ahmadinejad. Dans l’optique du Président, la culture et la pensée américaines sont par essence hégémoniques, voulant coûte que coûte faire main basse sur les capitaux et les ressources des autres. « Vous avez constaté vous-même ce qui s’est passé, au nom de la démocratie et la paix dans ce pays, combien de gens innocents y ont été décimés. Dès qu’ils [les Américains, ndtr] ont débarqué en Afghanistan, ils ont transféré les documents du pays notamment les études que les soviétiques avaient effectué sur les mines afghanes et ils les ont identifiées. », a rappelé le Président Ahmadinejad pour qui le discours de force est profondément ancré dans la culture américaine ; cette vision accorde le droit au plus fort. Il y a trente ans que les Américains font cavalier seul dans l’arène internationale ; et vous pouvez constater le résultat de leur domination ; ce qui se passe en Afghanistan ou en Irak en est un exemple manifeste. Ils ont dit qu’ils voulaient offrir liberté et démocratie au peuple irakien, mais leur bilan à lui seul est bien éloquent : un nombre incommensurable de tués et de blessés, des infrastructures totalement détruits.
« Aux antipodes se trouve la culture, la pensée et la méthode de l’Iran, qui a la compétence de gérer le monde. Nombreux sont maintenant les hommes politiques qui s’interrogent sur l’histoire d’Iran et ses antécédents, qui sont curieux de mieux connaître la culture et la civilisation iraniennes. », a fait remarquer le Président. En référence aux figures de proue de la culture et de la civilisation iraniennes dont Abu Reyhan, Avicenne, Hafez, Saadi, Ferdowsi… le président a souligné : la nation iranienne a depuis les temps immémoriaux, été connue pour sa riche culture. Les Iraniens ont toujours été en quête de la paix, de l’amitié et de l’équité. Ils n’ont voulu que le bien d’autrui et ils n’ont jamais cherché à se poser en les maîtres du monde ou à piller les richesses des autres.
Le programme nucléaire iranien à vocation pacifique cible de la campagne de désinformation des Occidentaux était un autre axe du discours présidentiel. « Ils savent mieux que quiconque que nous ne cherchons pas la bombe atomique et que nous ne disposons pas de telles armes. Nous n’avons pas besoin de la bombe atomique ; notre bombe H, ce sont les Iraniens qui là où ils vont, ils influent au travers leur culture, sur le monde. Pureté et amour, voilà la bombe atomique de l’Iran, qui là où elle se rend, rien ne lui résiste, elle désamorce toute bombe atomique. », a réitéré le Président Ahmadinejad avant d’insister (dixit) « La tâche de la nation iranienne est lourde ».
« Le monde dans son actuelle situation, devra changer. Quant à l’Iran, il joue un rôle de premier plan dans ce changement-clé. », a assuré le président.

 20 Septembre

www.alterinfo.net/L-amour-et-la-purete-voila-la-bombe-atomique-d-Iran-Ahmadinjead_a50036.html -

 http://french.irib.ir


4-2 Depuis l'Iran : Lettre de Lauren Booth à Tony Blair.
Mardi 21 septembre 2010

Félicitations pour le succès de tes mémoires politiques.

Je suis en Iran avec l’unique exemplaire disponible dans tout le pays. Je peux te dire qu’on se l’arrache ici et qu’il vaut largement son poids en armes de destruction massive. Une petite remarque en passant à la maison d’édition : faites traduire « A Journey » (titre des mémoires récemment publiées par Tony Blair - NdT) en farsi et en arabe le plus vite possible. Par ici, les exemplaires partiront comme des petits pains.
Tony, hier je suis allée à la manifestation de protestation lors de la Journée d’Al Quds (Jérusalem – NdT) ici à Téhéran. Tu en as peut-être entendu parler. C’est le rassemblement où les Iraniens se retrouvent pour protester contre l’occupation illégale de la Palestine par Israël, y compris la ville sainte de Jérusalem.
Je suis ironique lorsque je te demande si tu en as entendu parler parce que je sais bien que oui. Car c’est, après tout, ton pire cauchemar, n’est-ce pas ? Cela doit être terrifiant pour toi, avec ta « vision globale » que tu décris dans tes mémoires, d’assister à des scènes retransmises par la BBC du lieu de ralliement entre la politique et l’Islam.
Personnellement, je n’ai jamais compris cette peur de « l’Islam politique ». Il me semble que les croyants devraient toujours être éduqués à la marche des affaires du monde plutôt que d’être maintenus dans l’ignorance, comme les Chrétiens Sionistes du Mid West des États-Unis qui sont incapables de trouver leur propre ville sur une carte.
Quoi qu’il en soit, je me trouvais parmi plus d’un million de musulmans iraniens qui chantaient à l’unisson « Marg Bar Isre-hell ! » et « Marg Bar Am-ri-ca ! » Je suis sûre que tu sais ce que cela signifie, Tony : « A bas Israël, à bas l’Amérique ». Les hommes, femmes et enfants autour de moi ont passé la journée sans manger ni boire (Ca s’appelle le Ramadan, Tony, c’est un jeûne). Ils endurent la faim et la soif dans une chaleur étouffante, comme si de rien n’était. Dans le monde musulman, ils sont capables de supporter les privations, et ils sont fiers de souffrir pour exprimer leur colère contre le massacre des Palestiniens qui se poursuit. Pour protester contre le vol par les colons du peu qui reste des territoires palestiniens. Pour protester contre le blocus de Gaza qui provoque d’immenses souffrances pour des milli
ons de gens.
A présent, les Chrétiens Sionistes aux États-Unis et les Juifs Sionistes en Israël voudraient te faire croire que je suis en danger ici, surtout lors d’une journée de protestation comme celle-ci. Eh bien, là encore Tony, on t’a servi et fait avaler un gros mensonge. Le mensonge selon lequel lorsque les Musulmans manifestent, ils manifestent contre les « infidèles » (comme moi, je suppose) dans une sorte de répétition moyen-orientale des anciennes croisades.
En réalité, c’est toi qui mène une croisade, Tony, pas « eux ».
Aujourd’hui j’ai parlé à de nombreuses femmes dans la manifestation à Téhéran. Une mère qui pleurait, non pas par haine de « l’Occident » mais par empathie avec les mères de Rafah, de Khan Younis, de Nablus et de Jenin. Reconnais-tu ces noms, Tony ? En tant qu’émissaire de la paix au Moyen-Orient, tu devrais. Au cours des dernières années, Israël y a massacré des enfants. Tu ne le savais pas ?
Quoi qu’il en soit, les femmes que j’ai rencontrées étaient douces et frustrées par le refus de la communauté internationale de faire cesser les arrestations d’enfants palestiniens, d’arrêter les bombardements réguliers des tunnels (principaux voies d’acheminement encore ouverts pour la nourriture et les denrées de première nécessité à Gaza). Nous nous sommes embrassées dans les rues de Téhéran comme des soeurs. Pas comme des soeurs dans l’Islam, Tony, mais comme des soeurs dans le combat contre ton extrémisme et tes préjugés.
Et aujourd’hui lorsque les rues de Londres résonneront des cris de « Allahuakbar ! » et « A bas Israël » des Chrétiens et des Juifs se joindront à ces cris aux côtés des Musulmans « politiques » que tu déclares craindre tant, et que tu aimerais me faire craindre aussi, si tu pouvais.
Ayant passée pas mal de temps en Palestine ces dernières années, certainement plus que toi, le supposé « émissaire de la paix », j’ai été révulsée par ton discours aligné sur celui d’Israël au sujet de la Palestine et le peuple palestinien.
Selon toi, le « conflit » entre la Palestine et Israël est une affaire de religion et n’aurait rien à voir avec le nettoyage ethnique de la population arabe, ni avec l’avilissement par les occupants israéliens de ceux qui restent.

Tu dis que les Arabes voient et verront toujours les « Juifs » comme des ennemis.
Nom de Dieu, Tony, révise un peu ton histoire. Si tu as l’intention de créer une « Fondation pour la Foi », alors tu ferais mieux de lire l’Islam pour les Nuls, tu ne crois pas ? Est-ce que tes potes à Tel-Aviv ont oublié de te dire combien de milliers de Juifs vivaient dans la Palestine Historique en parfaite harmonie avec leurs voisins Arables avant 1948 ?
Est-ce tu ignores réellement qu’aujourd’hui même des dizaines de milliers de Juifs vivent paisiblement en Iran ?
J’ai discuté avec des dizaines et des dizaines de familles musulmanes, celles dont les enfants ont été brûlés par les bombes aux phosphore américano-israéliennes. Celles qui souffrent encore de la faim à cause du siège de Gaza par Israël. Celles qui ont vécu l’époque des premières sanctions contre l’Iran lorsqu’il fallait des bons d’alimentation pour se nourrir. Et chacun de ces Musulmans, de chacune de ces familles qui souffraient, disait la même chose : « Nous ne détestons personne pour sa race ou sa religion. Nous ne pouvons pas détester les Juifs parce qu’ils font partie de notre livre sacré et des enseignements du Coran. » Tony, laisse moi te poser une question.
Pourquoi un peuple, Musulman ou pas, ne devrait-il avoir AUCUN droit à la justice et AUCUN droit à se défendre contre le mal qui lui est infligé ainsi qu’à ses enfants ? N’as-tu donc aucune idée de ce qu’est la vie à Gaza ? Soumis à un blocus, attaqué par des armes chimiques, les écoles de vos enfants rasées par des missiles israéliens, vos hôpitaux bombardés, votre électricité coupée, sans eau potable ?
Ou est-ce que tu « comprends » que ce que subissent des millions de gens au Moyen-Orient est le résultat direct de ton soutien à Israël mais que tu penses aussi qu’ils le méritent ?
Dans ton livre tu dis que tu savais parfaitement combien de maisons à Beyrouth avaient été rasées, combien de civils étaient morts, au Liban en 2006. Et pourtant tu estimes que la colère libanaise contre le vol par Israël des « Fermes de Sheba » (territoire libanais occupé par Israël – NdT) est exagérée pour une si « minuscule » portion de terre. Tu n’arrives pas à comprendre qu’il s’agit d’une agression contre le Liban tout entier de la part d’un voisin lourdement armé. Tu le vois comme « Israël est attaqué. Israël riposte », comme si Israël vivait tranquillement, en dispensant ses gentillesses autour de lui, entre deux massacres.
Lorsque d’autres dirigeants mondiaux ont exigé qu’Israël cesse immédiatement ses bombardements en 2006 sur les villes libanaises, toi tu es resté silencieux.
« Si j’avais condamné Israël » écris-tu, « j’aurais été malhonnête. Pire encore, j’aurais trahi ma vision globale ».
Ta vision globale est que les Musulmans sont fous, dangereux et qu’il vaut mieux les éviter. Une épidémie qui requiert une quarantaine. Les derniers chapitres de ton livre remportent un gros succès ici, Tony, félicitations ! Car ils exposent la vision dichotomique entre « eux » et « nous » prêchée par tes amis à Washington et à Tel-Aviv, et par David Milliband (ministre britannique des affaires étrangères - NdT), grand ambassadeur du Sionisme s’il en est un.
Dans le dernier chapitre, tu écris : « il nous faut une contre-offensive religieuse » contre l’Islam. Et par « Islam » tu entends les rassemblements d’Al Quds, l’Intifada palestinienne (qui se mène sur la base d’une lutte contre l’Apartheid, Tony, pas au nom d’un fanatisme religieux), contre tout Arabe qui refuse d’agiter un drapeau blanc au passage des F16 qui larguent leurs bombes sur les maisons et les camps de réfugiés, et qui refuse d’entonner « Imaginez si tous les gens... » (paroles de la chanson pacifiste « Imagine » de John Lennon – NdT)
Lorsque tu dis que « l’extrémisme » doit être « contré et battu » tu veux parler en fait du message de solidarité exprimé aussi bien par les Musulmans que par les non-Musulmans dans les rues de Londres et à travers le monde et qui se joignent aux protestations d’Al Qods.
« Non seulement l’extrémisme doit être battu » dis-tu mais « c’est sa narrative qu’il faut contrer. »
L’Iran est effectivement le lieu où la tradition de l’Islam et l’action politique se rencontrent.
Mais je n’ai pas peur ici, Tony. Les gens sont gentils, accueillants et de bonne humeur.
Ils sont aussi très conscients de l’histoire de la région, des méfaits perpétrés par Israël contre la Palestine et des machinations politiques des gouvernements des États-Unis et de la Grand-Bretagne.
Ton livre est très recherché ici à Téhéran. C’est de cela, et non de l’Islam, que toi et tes potes israéliens devraient avoir peur parce que ton livre te révèle dans toute la splendeur de ton ignorance.
Original : Lauren Booth

Lauren Booth, journaliste et militante, est la belle-sœur de Tony Blair

Mardi 21 septembre 2010
Traduction VD pour le Grand Soir

LE GRAND SOIR

Diffusion non-commerciale autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.

www.legrandsoir.info/Depuis-l-Iran-Lettre-de-Lauren-Booth-a-Tony-Blair.html



5  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Michel Chossudovsky : La Troisième Guerre mondiale se prépare: Objectif Iran

1ère partie : La guerre planétaire

Dimanche 29 août 2010

L’humanité est à un carrefour dangereux : la guerre contre l’Iran est à un « stade de préparation avancé » et des systèmes d’armes de haute technologie, incluant des ogives nucléaires, sont complètement déployés.

Cette aventure militaire est sur la planche à dessin du Pentagone depuis le milieu des années 1990. D’abord l’Irak, ensuite l’Iran, peut-on lire dans un document déclassifié de l’US Central Command.

L’escalade fait partie du programme militaire. Alors que l’Iran représente la prochaine cible, avec la Syrie et le Liban, ce déploiement militaire stratégique menace également la Corée du Nord, la Chine et la Russie.

Depuis 2005, les États-Unis et leurs alliés, incluant leurs partenaires de l’OTAN et Israël, ont été impliqués dans le vaste déploiement et le stockage de systèmes d’armes perfectionnés. Les systèmes de défense antiaérienne des États-Unis, des pays membres de l’OTAN et d’Israël sont totalement intégrés.

Il s’agit d’une tentative coordonnée du Pentagone, de l’OTAN et de l’armée israélienne (Tsahal), avec la participation militaire active de plusieurs pays partenaires non membres de l’OTAN, dont les États arabes de premier plan (les membres du Dialogue méditerranéen et de l’Initiative de coopération d’Istanbul) : l’Arabie Saoudite, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, Singapore, et, entre autres, l’Australie. (L’OTAN comprend 28 États membres. Vingt et un pays supplémentaires sont membres du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) et le Dialogue méditerranéen et l’Initiative de coopération d’Istanbul comportent 10 pays arabes plus Israël.)

Les rôles de l’Égypte, des États du Golfe et de l’Arabie Saoudite (au sein de l’alliance militaire élargie) sont particulièrement pertinents. L’Égypte contrôle le transit des navires de guerre et des pétroliers par le canal de Suez ; l’Arabie Saoudite et les États du Golfe occupent les lignes de côtes sud-ouest du golfe Persique, du détroit d’Ormuz et du golfe d’Oman. Au début juin, « l’Égypte aurait permis à un navire israélien et 11 navires étasuniens de passer par le canal de Suez […] en guise de signal clair à l’Iran. […] Le 12 juin, les organes de presse régionaux rapportaient que les Saoudiens avaient accordé à Israël le droit de survoler leur espace aérien […] » (Muriel Mirak Weissbach,  Israel’s Insane War on Iran Must Be Prevented., Global Research, 31 juillet 2010)

Dans la doctrine militaire post-11 septembre, ce déploiement massif d’équipement militaire a été défini comme un élément de la soi-disant « guerre mondiale au terrorisme », ciblant des organisations terroristes « non étatiques », incluant Al-Qaïda et les prétendus « états qui appuient le terrorisme », comprenant l’Iran, la Syrie, le Liban et le Soudan.

L’établissement de nouvelles bases militaires étasuniennes, le stockage systèmes d’armes perfectionnés, incluant des armes nucléaires tactiques, etc., ont été mis en œuvre en vertu de la doctrine de défense militaire préemptive sous l’égide de la « guerre mondiale au terrorisme ».

La guerre et la crise économique

Les plus vastes implications d’une attaque des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël contre l’Iran sont lourdes de conséquences. La guerre et la crise économique sont intimement liées. D’une part, l’économie de guerre est financée par Wall Street, qui fait office de créancier de l’administration étasunienne. Les fabricants d’armes étasuniens sont d’autre part les récipiendaires des contrats d’approvisionnement de plusieurs milliards de dollars du département de la Défense pour des systèmes d’armes perfectionnés. En retour, « la bataille du pétrole » au Moyen-Orient et en Asie centrale sert directement les intérêts des géants anglo-étasuniens de l’industrie pétrolière.

Les États-Unis et leurs alliés « appellent à la guerre » au plus fort d’une dépression économique mondiale, cela, sans compter la plus grave catastrophe environnementale de l’Histoire. Cela prend une tournure amère, car l’un des joueurs importants (BP) sur l’échiquier géopolitique du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, connu autrefois sous le nom Anglo-Persian Oil Company, est le responsable du désastre écologique dans le golfe du Mexique.

Désinformation médiatique

Face aux conséquences probables de ce que l’on affiche comme une opération « punitive » ad hoc contre les installations nucléaires iraniennes plutôt qu’une guerre totale, l’opinion publique, influencée par le battage médiatique, se montre tacitement favorable, indifférente ou ignorante. Pourtant, les préparatifs de guerre comprennent le déploiement d’armes nucléaires fabriquées par les États-Unis et Israël. Dans ce contexte, les effets dévastateurs d’une guerre nucléaire sont soit banalisés ou ne sont tout simplement pas mentionnés.
La « vraie crise » qui menace l’humanité, selon les médias et les gouvernements, ce n’est pas la guerre, mais le réchauffement planétaire. Les médias fabriquent des crises là où il n’y en a pas, comme la pandémie mondiale H1N1, qui représentait « un péril planétaire ». Toutefois, personne ne semble redouter une guerre nucléaire promue par les États-Unis.
La guerre contre l’Iran est présentée à l’opinion publique comme un problème parmi tant d’autres. Elle n’est pas vue comme une menace à la « Terre mère » comme l’est le réchauffement planétaire. Elle ne fait pas la une des journaux. Qu’une attaque contre l’Iran puisse mener à une escalade et déclencher une « guerre mondiale » ne fait l’objet de préoccupation.

Le culte du massacre et de la destruction

L’engin meurtrier mondial est aussi maintenu par un culte enraciné du massacre et de la destruction qui imprègne les films hollywoodiens, sans parler des séries sur le crime et la guerre diffusées à heure de grande écoute à la télévision réseau. Ce culte de la tuerie est cautionné par la CIA et le Pentagone, qui appuient (financent) les productions d’Hollywood, lesquelles servent d’instrument de propagande de guerre :

« L’ancien agent de la CIA Bob Baer nous a dit qu’il "existe une symbiose entre la CIA et Hollywood" et a révélé que l’ancien directeur de la CIA George Tenet est actuellement "à Hollywood où il discute avec les studios" » (Matthew Alford et Robbie Graham, Lights, Camera… Covert Action: The Deep Politics of Hollywood, Global Research, 31 janvier 2009).

La machine meurtrière est déployée au niveau planétaire, dans le cadre de la structure unifiée de commandement au combat. Elle est invariablement préservée comme instrument incontesté de paix et de prospérité mondiale par les institutions gouvernementales, les médias privés, ainsi que par les mandarins et intellectuels du nouvel ordre mondial issus des boîtes de réflexion et des instituts d'études stratégiques de Washington.

Une culture de massacre et de violence s’est incrustée dans la conscience humaine.

La guerre est largement acceptée comme une phase du processus sociétal : la patrie doit être « défendue » et protégée.

Dans les démocraties occidentales, on maintient « la violence légitimée » et les exécutions sommaires de « terroristes » comme des instruments nécessaires à la sécurité nationale.

La soi-disant communauté internationale entretient une « guerre humanitaire ». Elle n’est pas condamnée comme acte criminel et ses principaux artisans sont récompensés pour leur contribution à la paix mondiale.

Concernant l’Iran, ce qui se déroule constitue la légitimation absolue de la guerre au nom d’une notion illusoire de sécurité planétaire.

Une attaque aérienne « préemptive » contre l’Iran mènerait à l’escalade

À l’heure actuelle il existe trois théâtres de guerre distincts au Moyen-Orient et en Asie centrale : l’Irak, l’Af-Pak (l’Afghanistan et le Pakistan) et la Palestine.

Si l’Iran faisait l’objet d’une attaque aérienne « préemptive » de la part des forces alliées, la région entière s’embraserait, de l’est de la Méditerranée à la frontière ouest de la Chine, du Pakistan et de l’Afghanistan, ce qui nous conduirait probablement à un scénario de Troisième Guerre mondiale.
La guerre s’étendrait par ailleurs au Liban et à la Syrie.
S’ils étaient exécutés, il est très peu probable que les bombardements soient circonscrits aux installations nucléaires iraniennes, comme l’affirment les déclarations officielles des États-Unis et de l’OTAN. Une attaque aérienne massive visant à la fois les infrastructures militaires et civiles – les systèmes de transport, les usines et les édifices publiques – est davantage probable.

 

Relativement aux réserves mondiales de pétrole et de gaz, l’Iran, détenant approximativement 10  % de celles-ci, se classe au troisième rang après l’Arabie Saoudite (25 %) et l’Irak (11 %). Par comparaison, les États-Unis possèdent moins de 2,8 % des réserves mondiales de pétrole, lesquelles sont estimées à moins de 20 milliards de barils. La région élargie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale comprend des réserves de pétrole équivalant à plus de 30 fois celles des États-Unis, ce qui représente plus de 60 % de toutes les réserves du monde. 

La récente découverte en Iran de la deuxième réserve de gaz en importance, Soumar et Halgan, est significative : on l’estime à 12,4 billions de pieds cube.

Cibler l’Iran n’a pas que pour but de réinstaurer le contrôle anglo-étasunien de l’économie pétrolière et gazière, y compris les routes de pipeline, mais également à s’opposer à l’influence de la Chine et de la Russie dans la région.

L’attaque planifiée contre l’Iran fait partie d’une feuille de route militaire mondiale coordonnée. Il s’agit d’une étape de la « longue guerre » du Pentagone, une guerre sans frontières à but lucratif, un projet de domination mondiale, une succession d’opérations militaires.

Les planificateurs militaires des États-Unis et de l’OTAN ont envisagé divers scénarios d’escalade militaire. Ils sont aussi pleinement conscients des implications géopolitiques, à savoir que la guerre pourrait s’étendre au-delà de la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Par ailleurs, les impacts économiques sur les marchés du pétrole, etc., ont été analysés.

Alors que l’Iran, la Syrie et le Liban sont des cibles immédiates, la Chine, la Russie et la Corée du Nord, sans parler du Venezuela et de Cuba, font également l’objet de menaces de la part des États-Unis.

La structure des alliances militaires est en jeu. Les déploiements, les exercices et les entrainements militaires des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël effectués aux frontières immédiates de la Russie et de la Chine sont directement liés à la guerre envisagée contre l’Iran. Ces menaces et le moment choisi pour les proférer informent clairement les anciennes puissances de la guerre froide qu’elles ne doivent intervenir d’aucune manière pouvant empiéter sur une attaque contre l’Iran menée par les États-Unis.

Guerre planétaire

L’objectif stratégique à moyen terme est de cibler l’Iran et de neutraliser ses alliés par la diplomatie de la canonnière. L’objectif militaire à long terme consiste à cibler directement la Chine et la Russie.

Alors que l’Iran représente la cible immédiate, le déploiement militaire est loin d’être limité au Moyen-Orient et à l’Asie centrale : un programme militaire mondial a été formulé.

Le déploiement de troupes coalisées et de systèmes d’armes perfectionnés par les États-Unis, l’OTAN et ses partenaires a lieu simultanément dans toutes les grandes régions du monde.

Les récents actes de l’armée étasunienne le long du littoral nord-coréen, y compris la conduite de jeux de guerre, relèvent d’un plan mondial.

Visant principalement la Russie et la Chine, les exercices militaires, les exercices de guerre et les déploiements d’armes des États-Unis de l’OTAN et des alliés, sont menés parallèlement dans les grandes zones géopolitiques sensibles :

-dans la péninsule coréenne, la mer du Japon, le détroit de Taïwan, la mer de Chine méridionale, menaçant la Chine;

-en Pologne, des missiles Patriot sont déployés, alors qu’en République Tchèque un centre d’alerte lointaine est mis sur pied, tous deux menaçant la Russie;

-en Bulgarie, en Roumanie et sur la mer Noire des déploiements navals menacent la Russie;

-en Géorgie, les États-Unis et l’OTAN déploient des troupes

-dans le golfe Persique, un gigantesque déploiement naval dirigé contre l’Iran a lieu, incluant des sous-marins israéliens.

Concurremment, la Méditerranée orientale, la mer Noire, les Caraïbes, l’Amérique centrale et la région des Andes en Amérique du Sud se militarisent continuellement. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les menaces visent le Venezuela et Cuba.

L’« aide militaire » étatsunienne

Par ailleurs, des transferts d’armes de grande envergure à des pays sélectionnés ont été entrepris sous la bannière de l’« aide militaire » étasunienne, dont une vente d’armes à l’Inde de 5 milliards de dollars visant à renforcer la puissance de l’inde face à la Chine. (Huge U.S.-India Arms Deal To Contain China, Global Times, 13 juillet 2010).

« [La] vente d’armes améliorera les liens entre Washington et New Delhi et, intentionnellement ou non, aurait pour effet de limiter l’influence de la Chine dans la région. » (Cité dans Rick Rozoff, Confronting both China and Russia: U.S. Risks Military Clash With China In Yellow Sea, Global Research, 16 juillet 2010)

Les États-Unis ont des accords de coopération militaire avec de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, dont Singapore, le Vietnam et l’Indonésie, comprenant de l’« aide militaire » ainsi que la participation à des jeux de guerres menés par les États-Unis en bordure du Pacifique (juillet-août 2010). Ces accords appuient le déploiement d’armes contre la République populaire de Chine. (Voir Rick Rozoff, Confronting both China and Russia: U.S. Risks Military Clash With China In Yellow Sea, Global Research, 16 juillet 2010).

En lien plus étroit avec l’attaque planifiée contre l’Iran, les États-Unis arment de la même manière les États du Golfe (le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis) de missiles terrestres intercepteurs, de Patriot Advanced Capability-3, d’un système de défense de zone du théâtre à haute altitude (THAAD), ainsi que de missiles intercepteurs mer-air Standard 3, installés sur des navires de guerre équipés du système Aegis et situés dans le golfe Persique. (Voir Rick Rozoff,  NATO’s Role In The Military Encirclement Of Iran, Global Research, 10 février 2010).

Le calendrier de stockage et de déploiement militaire

Concernant les transferts d’armes des États-Unis à des pays alliés et partenaires, le moment choisi pour la livraison et le déploiement est crucial. En temps normal, le lancement d’une opération militaire organisée par les États-Unis se produirait une fois que ces systèmes d’armes sont en place, déployés efficacement et que le personnel est entraîné. (En Inde par exemple)

Nous assistons à un plan militaire mondial soigneusement coordonné, contrôlé par le Pentagone et impliquant les forces armées combinées de plus de 40 pays. Ce déploiement militaire multinational et planétaire est de loin la plus importante démonstration de systèmes d’armes perfectionnés de l’Histoire.

De surcroît, les États-Unis et leurs alliés ont établi de nouvelles bases militaires dans différentes régions du monde : « La surface de la Terre est structurée comme un vaste champs de bataille. » (Voir Jules Dufour, Le réseau mondial des bases militaires US, Mondialisation.ca, le 10 avril).

La structure de commandement unifié divisée en commandements géographiques est basée sur une stratégie de militarisation à l’échelle planétaire. « L’armée étasunienne possède des bases dans 63 pays et de toutes nouvelles bases militaires ont été construites dans 7 pays depuis le 11 septembre 2001. En tout, 255 065 personnels militaires étasuniens sont déployés à travers le monde. (Voir Jules Dufour,  Le réseau mondial des bases militaires US, Mondialisation.ca, le 10 avril 2007)
Source: 
DefenseLINK-Unified Command Plan

Scénario de Troisième Guerre mondiale

« Le monde et les zones de responsabilité des commandants » (voir la carte ci-dessus) définit le plan militaire mondial du Pentagone, lequel est un plan de conquête du monde.

Ce déploiement militaire a lieu simultanément dans plusieurs régions et est coordonné par les commandements régionaux étasuniens. Il comprend le stockage de systèmes d’armes de fabrication étasunienne par les forces des États-Unis et des pays partenaires, dont certains sont d’anciens ennemis, comme le Vietnam et le Japon.

Le contexte actuel est caractérisé par un accroissement du potentiel militaire planétaire contrôlé par une superpuissance mondiale utilisant ses nombreux alliés pour déclencher des guerres régionales.
En revanche, la Seconde Guerre mondiale était une conjonction de théâtres de guerre régionaux distincts. En raison des technologies des années 1940, il n’existait pas de coordination stratégique « en temps réel » des actions militaires entre de vastes régions géographiques.

La guerre planétaire est fondée sur le déploiement coordonné d’une seule puissance militaire dominante supervisant les actions de ses partenaires et de ses alliés.

À l’exception d’Hiroshima et de Nagasaki, la Seconde Guerre mondiale était définie par l’utilisation d’armes conventionnelles. La planification d’une guerre planétaire repose sur la militarisation de l’espace. Si une guerre contre l’Iran était déclenchée, on utiliserait non seulement des armes nucléaires, mais aussi toute la gamme de systèmes d’armes perfectionnés, incluant des méthodes électrométriques et des techniques de modification de l’environnement (ENMOD).

Le Conseil de sécurité des Nations Unies

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté au début juin une quatrième ronde de sanctions radicales contre la République islamique d’Iran, comprenant un embargo élargi sur les armes, ainsi que des « contrôles financiers plus sévères ». Amère ironie du sort, cette résolution est passée dans les jours suivant le refus catégorique du Conseil de sécurité (CS) d’adopter une motion condamnant Israël pour son attaque contre la Flottille de la liberté de Gaza en eaux internationales.

La Russie et la Chine, sous la pression des États-Unis, ont cautionné le régime de sanctions du CS à leurs propres dépens. Leur décision au sein du CS contribue à affaiblir leur propre alliance militaire, l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dans laquelle l’Iran a un statut d’observateur. La résolution du CS paralyse les coopérations militaires bilatérales et les accords commerciaux respectifs de la Chine et de la Russie avec l’Iran. Elle a également de profondes répercussions sur le système de défense aérien de l’Iran, lequel dépend en partie de la technologie et de l’expertise russe.

Cette résolution du CS donne de facto le « feu vert » au déclenchement d’une guerre préemptive contre l’Iran.

L’Inquisition étasunienne : la création d’un consensus politique pour la guerre

En chœur, les médias occidentaux ont désigné l’Iran comme une menace à la sécurité mondiale en raison de son prétendu (inexistant) programme d’armement nucléaire. Faisant écho aux déclarations officielles, les médias demandent maintenant l’exécution de bombardements punitifs en Iran pour assurer la sécurité d’Israël.

Les médias occidentaux appellent à la guerre. Par le biais de reportages successifs, ad nauseam, le but consiste à inculquer tacitement dans la conscience des gens l’idée que la menace iranienne est réelle et que la République islamique doit être mise « hors jeu ».

Ce mécanisme de création d’un consensus favorable à la guerre est similaire à l’Inquisition espagnole : il requiert et exige la soumission à l’idée que la guerre est une entreprise humanitaire.
La vraie menace à la sécurité mondiale, connue et documentée, émane de l’alliance entre les États-Unis, l’OTAN et Israël.

Cependant, dans un environnement inquisitorial, les réalités sont sens dessus dessous : les bellicistes sont dévoués à la paix et les victimes de la guerre sont présentées comme les protagonistes de celle-ci. Alors qu’en 2006 presque les deux tiers des Étasuniens s’opposaient à une action militaire contre l’Iran, un récent sondage Reuter-Zogby, effectué en février 2010 suggère que 56 % des Étasuniens sont favorables à une telle action de la part des États-Unis et de l’OTAN.

Fabriquer un consensus politique basé sur un parfait mensonge ne peut toutefois pas reposer uniquement sur la position officielle de ceux qui sont à la source du mensonge.

Le mouvement antiguerre aux États-Unis, partiellement infiltré et coopté, a pris une position faible à l’égard de l’Iran. Ce mouvement est divisé. L’accent a été mis sur des guerres qui ont déjà lieu (Afghanistan, Irak) plutôt que sur la ferme opposition à des guerres en préparation et en ce moment même sur la planche à dessin du Pentagone. Depuis l’inauguration de l’administration Obama, le mouvement antiguerre a perdu de son élan.

En outre, ceux qui s’opposent activement aux guerres en Afghanistan et en Irak ne s’opposent pas nécessairement à des « bombardements punitifs » de l’Iran et ne définissent pas non plus ceux-ci comme un acte de guerre pouvant possiblement être un prélude à la Troisième Guerre mondiale.

L’envergure des manifestations antiguerre en ce qui a trait à l’Iran a été minime comparativement aux manifestations massives ayant précédé les bombardements et l’invasion de l’Irak en 2003.

La vraie menace à la sécurité mondiale provient de l’alliance des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël.

Dans l’arène diplomatique, la Chine et la Russie ne s’opposent pas à l’opération iranienne. Celle-ci est appuyée par les gouvernements des États arabes de premier plan intégrés au Dialogue méditerranéen organisé par l’OTAN. Elle a par ailleurs l’appui de l’opinion publique occidentale.

Nous appelons les gens du pays, des États-Unis, de l’Europe de l’Ouest, d’Israël, de la Turquie et du monde entier à s’élever contre ce projet militaire, contre leurs gouvernements qui appuient une action militaire contre l’Iran, contre les médias qui servent à camoufler les conséquences dévastatrices d’une guerre contre l’Iran.

Le programme militaire favorise un système économique mondial destructeur et motivé par le profit, appauvrissant de vastes groupes de population à travers le monde.
Cette guerre est une pure folie.

La Troisième Guerre mondiale sera terminale. Albert Einstein avait compris les périls d’une guerre nucléaire et l’extinction de la vie sur terre, laquelle a déjà débuté avec la contamination radioactive provenant de l’uranium appauvri. « Je ne sais pas avec quelles armes on combattra durant la Troisième Guerre mondiale, mais durant la Quatrième, ce sera avec des pierres et des bâtons. »

Les médias, les intellectuels, les scientifiques et les politiciens, tous en chœur, occultent la vérité non dite, à savoir qu’une guerre menée avec des ogives nucléaires détruit l’humanité et que ce processus complexe de destruction graduelle a déjà débuté.

Lorsque le mensonge devient vérité, il n’y a pas de retour en arrière.

Lorsque la guerre est perpétuée comme entreprise humanitaire, la Justice et tout l’appareil judiciaire international sont bouleversés : le pacifisme et le mouvement antiguerre sont criminalisés et l’opposition à la guerre devient un acte criminel.

Le Mensonge doit être dénoncé pour ce qu’il est et ce qu’il fait.
Il sanctionne le massacre, sans distinction, d’hommes, de femmes et d’enfants.
Il détruits des familles et des gens. Il détruit l’engagement des êtres humains envers leurs semblables.
Il empêche les gens d’exprimer leur solidarité avec ceux qui souffrent. Il maintient la guerre et l’État policier comme la seule avenue.
Il détruit à la fois le nationalisme et l’internationalisme.

Mettre fin au mensonge équivaut à mettre fin à un projet criminel de destruction planétaire dans lequel la quête du profit constitue la force primordiale.

Ce programme militaire à but lucratif anéantit les valeurs humaines et transforme les gens en zombies inconscients.

Renversons la vapeur.

Contestons les criminels de guerre en hauts lieux et les puissants groupes de pression privés qui les soutiennent.

Démolissons l’Inquisition étasunienne.

Minons la croisade militaire des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël.

Fermons les usines d’armement et les bases militaires.

Ramenons les troupes à la maison.

Les membres des forces armées devraient désobéir aux ordres et refuser de participer à une guerre criminelle.

Article original en anglais : Preparing for World War III, Targeting Iran, Part I: Global Warfare, publié le 1er août 2010.

Traduction par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

2ème partie: La feuille de route militaire

© Copyright Michel Chossudovsky, Global Research, 2010
Publié le 31 août 2010 avec l'aimable autorisation de Michel Chossudovsky

Le dossier Iran
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 Source : Mondialisation.ca
http://www.mondialisation.ca/...

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Michel_Chossudovsky.290810.htm


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