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03/10/2010

n°551 - Dossier de Palestine - 02-11 - : Fin - : La colonisation de la Palestine se poursuit...

n°551 - Dossier de  Palestine  - 02-11 - : Fin - : La colonisation de la Palestine se poursuit...



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

      n°551                                                     02-11

                                                                  C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be 


 


Sommaire

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Le chemin vers la paix peut s’élargir.

3-2 Rapport : Comment les enfants des martyrs et des captifs vivent l’Aïd ?

3-3Joseph Dana : La fureur des Palestiniens de Jérusalem après le meurtre de Samir Sarhan.

3-4 Franklin Lamb : 28 ans après le massacre de Sabra et Chatila : l’histoire de Mounir.

3-5 Catoche : Impressions d’un baroudeur en Palestine.

3-6 Qui sifflera en Palestine la fin des colonies ?

3-7 Qui veut la peau de notre solidarité ?



3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Le chemin vers la paix peut s’élargir.
ÉDITORIAL
Passons d’abord aux nouvelles inquiétantes!

Métro titre le 29 septembre 2010 : Un statu quo préoccupant.

Selon le quotidien montréalais, « l’émissaire spécial du président américain Barack Obama pour la paix au Proche-Orient, George Mitchell, va tenter de sauver les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens, au cours d’une mission d’urgence dans la région. »
L’édition d’octobre de la revue syndicale Unité (CSN) martèle : « Contrairement à l’État d’Israël qui s’engage toujours plus avant envers la Palestine dans la violence de l’occupation, de la colonisation, dans la violation des droits humains et du droit international, la société civile palestinienne, elle, demande à la communauté internationale d’utiliser une arme citoyenne et non violente : la Campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions, ndlr). »
Au Québec toujours, le journal communiste Jeunesse Militante (printemps 2010) a exigé la libération du secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine, Ahmad Sa’Adat, qui a rejoint les plus de 11 000 prisonniers politiques palestiniens détenus dans les prisons de l’État hébreu.
À l’échelle internationale, la Fédération syndicale mondiale (FSM) a aussi organisé une Conférence au Liban en juillet 2010 pour étudier la situation du peuple palestinien.
On pourrait allonger la liste : que d’évènements dira le lecteur assommé. Mais… oui mais, nous tournons en rond. Il y a inflation verbale et gesticulations armées. Tout le monde se renvoie la balle. Finalement, il y a deux peuples qui vivent dans l’insécurité : le peuple israélien et le peuple palestinien. Ce sont des gens qui ont eu une histoire commune, des rapports historiques pacifiques. Ils ignorent pour la plupart toutes les résolutions légitimes de l’ONU sur le conflit.

Que se passe-t-il?

Les dirigeants ont-ils bien guidé les peuples?

Dans les deux cas, ne pouvons-nous pas reconnaître des sociétés divisées en classes sociales?

Ce n’est pas négligeable si on veut comprendre cette guerre « larvée ».
L’initiative doit revenir aux peuples; ils doivent choisir librement, sans pression idéologique et psychologique, qui doit les représenter. Nous en sommes à l’heure où on boit un thé à la menthe brûlant qui s’annonce si bon en se refroidissant au creux de nos mains d’ouvriers et de bâtisseurs de paix.
Tu veux une orange?
Si La Vie Réelle comprend un peu les enjeux –et nous sommes loin du Moyen-Orient -, il s’agit de deux peuples frères qui aspirent à vivre sous le ciel beau et bleu de la Méditerranée, pour cultiver leurs olives et leurs oranges, pour faire du commerce avec les autres peuples, normalement, en ponctuant leur labeur de chants joyeux, rythmés de musique, somme toute aussi entraînante l’une que l’autre.
Bien sûr, on peut continuer les actes d’agression et de provocation. On peut menacer, tuer et mettre tout le monde sur le qui-vive et ficher la trouille à tous, ce n’est pourtant pas ça que les habitants de la région désirent dans la profondeur de leur conscience.

Qu’ils soient Juifs ou Arabes, ces gens veulent que lorsque le matin se pointe, ils puissent faire leur prière ou pas –c’est selon leurs convictions-, voir aux installations agricoles, enseigner le métier aux jeunes générations et se promener sans souci au soleil et rêver d’un avenir de paix. Par ailleurs, fondamentalement, le peuple juif ne veut non plus pas la guerre au peuple iranien. Ces peuples veulent dialoguer entre eux; c’est naturel…
Le Moyen-Orient tout entier peut redevenir une région de paix. C’est un tissu riche de traditions et d’échanges. Les traditions (grecque, araméenne, syrienne, ottomane…) se sont rencontrées et ont prospérées.
Aujourd’hui les boutefeux, les « terroristes » de Wall Street et autres marchands de canon des États-Unis voudraient bien que tout cela explose. « Ça n’a pas d’importance, ce n’est pas chez nous! »
Les Juifs de Montréal n’ont pas à avoir honte d’être Juifs : les ouvriers de cette communauté ont déjà beaucoup donné au mouvement progressiste québécois, dont le premier député communiste élu à la Chambre des Communes à Ottawa, après la deuxième guerre mondiale, Fred Rose (Alfred Rosenberg), sans compter leur militantisme pour que le Québec devienne un État moderne, prospère et ouvert.
Les peuples arabo-musulmans ont fait de même en nous offrant un de leurs fils, Amir Khadir (jeune médecin d’origine iranienne – de Téhéran), premier député réellement de gauche élu à l’Assemblée nationale du Québec. Ce n’est pas encore écrit dans les manuels scolaires, mais ça viendra.
Il faut, comme le disent les Canadiens-français, arrêter notre élan belliqueux et « respirer par le nez ». Nous devons faire part de notre préoccupation en appelant : notre député, notre délégué syndical, notre ministre du culte…; bref tous ceux qui sont en autorité pour qu’ils sachent ô combien nous voulons la paix – d’autant plus qu’à l’heure des bombes atomiques, nous y passerons tous…-. Il faut écouter Fidel Castro là-dessus. Il n’a pas repris du service pour rien.
Il est bien lucide et il sait tout ce qui menace la planète avec ces « ogives », « missiles », « drones », et autres fusées aux noms les plus sophistiqués les uns que les autres qui feraient dire au prochain Homme des cavernes que Hiroshima et Nagasaki n’avaient été que de la petite bière par comparaison, si vous me permettez l’expression.
Tous, nous pourrons dire aux communistes et progressistes d’Israël et de Palestine : « nous aussi, nous aimerions prendre le chemin des oliviers à dos d’âne pour revisiter cette merveilleuse et éternelle Terre sainte : quelles que soient nos convictions les plus intimes».

4 0ctobre 2010

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Ce commentaire est dédié au journaliste français José Fort, correspondant de l’Humanité dont les articles m’ont beaucoup inspiré et enseigné sur le métier de journaliste.

Bonne santé, José!

http://laviereelle.blogspot.com:80/2010/10/israel-et-palestine.html


3-2 Rapport : Comment les enfants des martyrs et des captifs vivent l’Aïd ?

Ces jours-ci, les enfants musulmans vivent la joie de la fête de la fin de Ramadan : l’Aïd Al-Fitr. Cependant, les enfants des martyrs et des captifs palestiniens ne peuvent ressentir la même chose ; c’est une joie incomplète. Leurs pères leur manquent. Les enfants palestiniens savent toutefois qu’ils payent, à l’instar de leurs parents, le prix cher de l’occupation israélienne ; ils se rendent aussi compte du sacrifice fait par ces parents et ensuite par eux.

L’enfant Tareq Al-Sakani n’a pas encore neuf ans. Il n’a pas goûté à la tendresse de son père. Il n’avait qu’un an lorsque son père Ahmed Al-Sakani a été arrêté et condamné à vingt ans de prison ferme. Il ne connaît que la tendresse de sa mère. Sa maman essaie un peu d’exposer l’image de son mari afin que le petit n’oublie pas son père.

Amour en attente

Sur le visage du petit Tareq se dessinent des lueurs de tristesse, en voyant un enfant tenu par son père devant un magasin, pour lui acheter des vêtements neufs, comme il est de coutume avant l’arrivée de chaque Aïd.

« Je suis privé de ces beaux moments, les moments où l’enfant passe un temps privilégié avec son père. Je me sens un peu jaloux devant de telles scènes. Puisse le Tout-Puissant libérer mon père afin qui je sois avec lui dans ces jours de fête ! », dit-il.

Tareq n’a jamais vu son père, si ce n’est à travers les photos qui peuvent échapper de la prison de temps à autre. Mais comment une simple photo peut-elle éteindre le feu de l’amour d’un enfant qui n’a jamais vu son père des années durant ?

Fille d’un martyr

La fillette Karima Zaki Chahbir n’a que cinq ans. Elle a perdu son père durant la dernière guerre agressive israélienne menée contre Gaza. Elle parle comme une grande. On dirait que les souffrances donnent de l’éloquence et de la sagesse.

Karima se rappelle de la manière dont son père l’emmenait au marché, avant le jour de l’Aïd, pour lui acheter des vêtements nouveaux et une poupée. Aujourd’hui, elle pleure ces jours qui ne veulent pas revenir.

Sa mère explique comment elle est obligée, après le départ du père de ses enfants, de les amener vers le souk pour faire les commissions de la fête que le père faisait jadis. Elle est aussi obligée de faire face aux questions que les petits posent, surtout le dernier, le bébé de trois ans : « Il me dit toujours : Je suis fâché contre papa ! »

Des enfants adultes !

Le petit garçon Mossab Qosseï Al-Dach, 9 ans, explique à l’envoyé de notre Centre Palestinien d’Information (CPI) comment il reçoit le troisième Aïd sans son père, sans joie.

« L’Aïd de l’année dernière, dit-il, je suis allé avec ma mère, ma grand-mère, mes tantes, au cimetière, pour nous recueillir sur la tombe de mon père. Cet Aïd, j’y vais aussi, inchallah. Je dirai à mon papa : Je t’aime tant. Je lirai la sourate Al-Fatiha pour son âme. Je lui dirai que je suis devenu grand, que j’ai pratiqué le jeûne tout le mois béni de Ramadan et que je ne l’ai pas rompu, même pas un jour. »

« Je pense beaucoup à mon père, ajoute-t-il. Je ne l’ai jamais oublié. Cela me rend triste de voir mes copains tenir la main de leurs pères qui les amènent vers les manèges. Que puis-je faire ? Tel est notre destin ! »

Ces petits cœurs ont été privés de l’amour, de la chaleur d’un père, de la protection d’un chef de famille. Les souffrances leur ont appris le sens de la patience et de l’endurance. Les souffrances les ont trop grandis. Ils continuent finalement à vivre bon gré mal gré.

Gaza – CPI

10/09/2010 - 00:02

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7liiLsQSZOlGLazrOnb1nXSCwdk5cBOtrMZLn5PV4gkSdn3SjC7MsxnuW0et4fDeHiZ3BaTuuC7BBe0B1bdOK9M4iG2xvMhIC8oF%2fJclgjCw%3d


3-3 Joseph Dana : La fureur des Palestiniens de Jérusalem après le meurtre de Samir Sarhan.

« Vers 3h30 ou 4h du matin, j’ai entendu du bruit sous ma fenêtre, » me raconte Abdallah Rajmi, habitant de Silwan, tandis que nous sommes dans une rue étroite au milieu de la bataille entre les jeunes palestiniens jeteurs de pierre et les forces d’occupation israélienne de la police des frontières. « J’ai pensé que c’était une simple bagarre de gens ivres puis j’ai entendu beaucoup de bruit venant des personnes concernées et mes voisins ont commencé à se réveiller. »
Silwan est un quartier de Jérusalem Est occupée, près des murailles de la Vieille Ville, et il est la cible d’un plan du gouvernement israélien qui projette de démolir des dizaines de maisons palestiniennes pour les remplacer par des colonies israéliennes et par un parc à thème juif.
Rajmi se souvenait des événements tandis que les gaz lacrymogènes et les pierres partaient des deux côtés de la ruelle où nous nous trouvions. « A ce moment-là, je suis monté sur le toit de ma maison pour voir ce qui se passait et j’ai vu trois gardes des colons avec « des petites armes » s’approcher d’un groupe de jeunes Palestiniens, » faisant référence, de façon sarcastique, aux énormes fusils d’assaut Uzi des gardes. « Les gardes se sont mis à tirer sur les hommes et tout Silwan s’est réveillé. »
Nous avons alors dû aller à l’entrée de la maison de Rajmi parce qu’une pluie de pierre commençait à nous pleuvoir dessus et la police des frontières commençait à tirer des balles caoutchouc-acier.
« Je ne pouvais en croire mes yeux. J’ai vu un homme, gisant à terre dans son sang, en train de mourir. Le garde des colons venait de lui tirer dessus, à bout portant, et il le regardait mourir. Il est resté là, sur le sol, pendant une heure, jusqu’à ce qu’une ambulance israélienne arrive sur les lieux ; ils n’ont bien sûr autorisé aucun d’entre nous à nous approcher de lui. Et les Israéliens ont fait venir quarante gardes et la police des frontières sur les lieux avant qu’on l’emmène. »
Le Palestinien tué s’appelait Samir Sarhan, il avait environ 30 ans et il était père de cinq enfants.
Rajmi parlait clairement, tout en me regardant droit dans les yeux, mais on pouvait voir la rage qui couvait suite au meurtre. « Ce n’est pas une bonne situation. C’est une situation extrêmement dure et je pense que le chaos va éclater ici, » m’a-t-il dit. « Si un des autres meurt des blessures subies la nuit dernière, je pense que Silwan va exploser. Attends et tu verras ce qui va se passer pendant les funérailles. » Le cortège devait aller au cimetière, près de la Mosquée Al-Aqsa.
En effet, Rajmi a raison quand il parle de troubles à Silwan sous ébullition. J’étais dans le quartier depuis 8h du matin, quand les jets de pierre de protestation contre la police des frontières israéliennes ont commencé. Silwan est situé dans une vallée profonde et le secteur est plein de petites ruelles sinueuses. Des poches de résistance ont donc fait surface partout tandis que des groupes de jeunes Palestiniens se faufilaient vers les forces israéliennes et leur jetaient des pluies de pierre, en criant « Fichez le camp » et « Vous n’êtes pas chez vous, partez maintenant ! » La police des frontières a réagi par des vagues de gaz lacrymogènes qui ont couvert le quartier, y compris des maisons où des femmes et des enfants se protégeaient des combats de la rue. A certains moments, les forces israéliennes ont tiré, à très courte distance, des balles caoutchouc-acier qui provoquent souvent des blessures permanentes ou mortelles. Des pneus ont été brulés et des poubelles renversées. Difficile de ne pas penser aux images de la deuxième intifada palestinienne pendant que j’essayais de prendre quelques photos.
Cette situation a perduré pendant cinq heures à travers Silwan. Des poches de jets de pierres ici et là pendant que les gaz lacrymogènes recouvraient le quartier tout entier, comme une forme de punition collective. Finalement, les funérailles ont commencé, aux appels de “Dieu est Grand” et tous les habitants de Silwan sont descendus dans la rue pour rejoindre la procession. Tandis que le cortège serpentait à travers les ruelles, des gens ont commencé à attaquer chaque maison, voiture ou partie d’infrastructure coloniales sur son passage. Puis, à l’entrée de Silwan, juste à côté de l’entrée du site de la Mosquée Al-Aqsa, que les Juifs appellent le Mont du Temple et le complexe colonial de la « Cité de David », la foule a laissé éclater sa rage et s’est mis à casser des vitres en face du bâtiment de la Cité de David et à renverser et à incendier des voitures de la police israélienne des frontières.
Alors que le groupe se rapprochait du site d’al-Aqsa, plusieurs autobus publics de la compagnie israélienne Egged étaient garés le long de la route. Les habitants de Silwan en colère ont exprimé leur frustration et se sont mis à casser toutes les vitres et toute la surface possible des autobus. A un moment, des gens sont entrés dans les autobus pour arracher les sièges. Cela s’est produit alors que le chauffeur de l’autobus était toujours à l’intérieur. La procession est arrivée près de la Mosquée Al-Aqsa et la tension est retombée, mais des agences de presse rapportent maintenant que des jets de pierre sont partis du plateau du site de la mosquée à la fin des funérailles et que les troupes israéliennes sont entrées dans la mosquée, troisième lieu saint de l’Islam.
Rajmi m’a dit que la violence ne ferait que grandir à cause de ce meurtre. Et il m’a confirmé qu’une des victimes des tirs venait de succomber à ses blessures. Nous ne connaissons pas encore son nom.
Il est certain que cette mort peut être l’étincelle d’une nouvelle flambée de violence, et a population de Silwan semble y être préparée. Contrairement au « Fayyadisme » - la coopération officielle de l’Autorité Palestinienne avec l’occupation israélienne – qui est en train de s’emparer de Ramallah, les gens de Silwan sont prêts à résister et à se battre, quel qu’en soit le prix, à Jérusalem Est occupée.

Posté par Adriana Evangelizt

Sources ISM

http://palestine.over-blog.net:80/article-video-la-fureur-des-palestiniens-de-jerusalem-apres-le-meurtre-de-samir-sarhan-57587550.html


3-4 Franklin Lamb : 28 ans après le massacre de Sabra et Chatila : l’histoire de Mounir.

De multiples témoignages sur cette horreur ont été donnés depuis 30 ans par les survivants du massacre de Sabra et Chatila perpétré en septembre 1982. D’autres éléments surgissent parfois par pur hasard car la plupart des témoins potentiels ont péri dans le massacre. D’autres témoins oculaires commencent à peine à émerger d’un traumatisme profond ou d’un silence volontaire.

Certains témoignages seront partagés ce mois-ci par des survivants du massacre du camp de Chatila. Ils s’assoiront avec les visiteurs étrangers sans cesse plus nombreux qui viennent chaque année pour commémorer l’un des crimes les plus horribles du 20eme siècle.

Chaque témoignage est unique

Zeina, une jolie femme d’une quarantaine d’année, amie de la famille de Mounir, a demandé l’autre jour à un étranger : « 28 ans déjà ? J’ai l’impression que c’était l’année dernière, lorsque mon mari Hussam et nos deux filles, Maya, 8 ans, et Sirham, 9 ans, ont quitté notre maison de deux pièces pour aller chercher de la nourriture parce que l’armée israëlienne avait imposé un blocus au camp de Chatila depuis près de deux jours et peu de gens à l’intérieur du camp en avaient encore. Aujourd’hui encore, je prie et j’attends leur retour. »

Dans le camp de réfugiés palestinien de Chatila et autour de l’abri d’Abu Yassir, les impacts de balles sont encore visibles dans la partie inférieure des 11 « murs de la mort » où une partie du sang séché imprègne le mortier. Un vieux monsieur, Abu Samer, a encore quelques souvenirs des pistolets automatiques américains munis de silencieux et quelques couteaux et haches accrochés à la ceinture de certains tueurs tandis qu’ils tiraient en silence, découpaient, charcutaient tous ceux qu’ils croisaient depuis environ 18h, ce Jeudi 16 septembre 1982. Ces armes avaient été un cadeau du Congrès US à Israël, et elles ont ensuite été remises, avec des drogues et de l’alcool et autres « équipement de maintien de l’ordre », par Ariel Sharon aux assassins de son « armée la plus morale du monde ».

Plus tôt cette année, un des assassins de la milice Numour al-Ahrar (Tigres des Libéraux), la branche armée du parti de droite libanais Parti Libéral National, fondé par l’ancien président libanais Camille Chamoun, a nonchalamment admis que « parfois nous employions ces accessoires pour avancer en silence dans les allées de Chatila pour ne pas provoquer une panique inutile pendant notre travail. » La milice des Tigres, une des cinq unités d’assassins chrétiennes, était appuyée à l’intérieur de camps de Chatila par deux douzaines d’agents du Mossad israélien et dirigée par le propre fils de l’ancien président, Dani Chamoun.

Aucun signe ou plaque commémorative ne rappelle les événements qui se sont déroulés à cet endroit.

Le monde a appris le massacre de Sabra et Chatila le dimanche matin, le 19 septembre 1982. Des photos, dont de nombreuses sont désormais disponibles sur Internet, ont été prises par des témoins tels que Ralph Schoenman, Mya Shone, Ryuichi Hirokawa, Ali Hasan Salman, Ramzi Hardar, Gunther Altenburg, et le personnel de l’hôpital « Gaza et Akka Palestine Red Crescent Society (PRCS) », et conservent les sordides souvenirs profondément enfouis dans les mémoires des survivants.

La commission israélienne Kahan, cinq mois plus tard et dans son rapport du 7 février 1983, a lavé Israël de toute responsabilité en qualifiant à plusieurs reprises le massacre de « guerre ».

Zeina m’a entraîné dans une allée étroite qui part de sa maison jusqu’au mur de 3 x 8 mètres de la maison de sa soeur, tout en aspergeant le chemin avec un aérosol. Elle s’est excusée pour l’aérosol en disant qu’on pouvait encore sentir l’odeur du massacre qui s’était déroulé ici il y a 30 ans.

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas l’emplacement du camp de réfugiés de Chatila à Beyrouth, ce « mur de la mort » particulier est situé en face de l’hôpital PRCS Akka, resté en l’état après des années sans financement ou soutien suffisant d’ONG. Pour localiser les 11 « murs de la mort » il faut l’aide des quelques vieux Palestiniens qui vivent encore dans le quartier. Ils font partie de ceux qui vivent encore sur la scène des massacres et qui se souviennent encore des détails. Certains fournissent des portraits détaillés de certaines victimes du massacre, comme s’ils espéraient leur redonner un semblant de vie, en décrivant souvent un trait de caractère ou le nom de leur village natal en Palestine.

« Un garçon gentil qui adorait ses frères aînés Mutid et Bilal ».

Zeina se souvient que Mounir Mohammad avait 12 ans le 16 septembre 1982, et qu’il était un élève à l’école du camp de Chatila, appelée Jalil (Galilée). Pratiquement toutes les 75 écoles de l’UNRWA (Nations Unies) qui existent encore au Liban, comme d’autres institutions palestiniennes, portent le nom d’un village ou d’une ville de la Palestine occupée. Souvent elles portent le nom d’un village qui n’existe même plus, car ce dernier fait partie des 531 villages rasés par les colonisateurs sionistes pendant et après la Naqba (« Catastrophe ») de 1947-48.

Zeina se souvient qu’il était tard ce jeudi après midi du 16 septembre, et que le bombardement israélien s’était intensifié. L’objectif était de pousser les habitants du camp dans les abris que les services de renseignent israéliens - qui s’étaient présentés la veille dans trois véhicules blancs en se faisant passer pour des « membres d’ONG » - avaient identifiés et localisés sur leurs cartes. Certains résidents, croyant avoir affaire à des humanitaires venus leur porter secours avaient même révélé leur cachettes secrètes. D’autres, qui avaient connu les abris surpeuplés pendant la précédente campagne israélienne de bombardements aveugles du camp qui a duré 75 jours - opération baptisée « Paix en Galilée » - ont suggéré aux « humanitaires » que les abris avaient besoin d’une meilleure ventilation et que peut-être que les visiteurs pouvaient les aider.

Selon Zeina, les agents israéliens ont rapidement dessiné l’emplacement des abris et les ont marqué d’un cercle rouge puis sont retournés à leur QG qui était situé à moins de 70 mètres sur une élévation de terrain au sud-est du camp de Chatila, encore connue sous le nom de « Turf Club Yards ». Aujourd’hui encore, cette zone sablonneuse contient trois fosses où, selon la regrettée journaliste américaine Janet Stevens, sont enterrés quelques centaines de cadavres qui n’ont jamais été retrouvés parmi les plus de 3000 victimes du massacre. Janet a émis l’hypothèse qu’un deuxième massacre de Sabra et Chatila a eu lieu le dimanche matin 19 septembre, un massacre qui a suivit le premier et qui fut dirigé depuis le QG Israélo-phalangiste connu sous le nom du stade Cite Sportiff situé de l’ouest du camp de Chatila,. Tandis que les soldats israéliens prenaient en charge les Palestiniens survivants que les phalangistes leur remettaient, des camions entraient dans la stade chargés de centaines d’habitants du camp qu’on emmenait vers un « centre de rétention ».

Des proches qui sont restés à l’extérieur ont entendu des salves de coups de feu et des hurlements à l’intérieur du stade. Quelques heures plus tard, les mêmes camions ont été aperçus qui s’éloignaient vers une destination inconnue et dont la cargaison était dissimulée par des bâches.

Une habitante du camp, Mme Sana Mahmoud Sersawi, fait partie des 23 personnes qui ont porté plainte en Belgique contre Ariel Sharon (plainte actuellement en sommeil mais pas enterrée), explique :

« Les Israéliens qui étaient postés devant l’ambassade du Koweit et la station service Rihab benzene à l’entrée du camp de Chatila nous ont ordonné par hauts-parleurs de sortir. C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés entre leurs mains. Ils nous ont emmené au Cite Sportiff, et les hommes marchaient derrière nous. Puis ils ont enlevé leurs chemises et ont commencé à leur bander les yeux. Les israéliens ont interrogé les plus jeunes et ensuite les phalangistes ont livré encore 200 personnes aux Israéliens. C’est là que mon mari et le mari de ma soeur ont disparu. »

Le journaliste Robert Fisk et d’autres qui ont enquêté sur ces événements, se rejoignent pour dire que les massacres se sont poursuivis pendant encore 24 heures après le samedi matin, 8 heures, heure à laquelle la Commission Kahan, qui a refusé de faire témoigner des Palestiniens, a déclaré que les Israéliens avaient mis fin aux massacres.

Des témoins oculaires ont aussi déclaré que les « humanitaires » décrits par Zeina ont transmis les descriptions et emplacements des abris aux espions de l’armée libanaise Elie Hobeika et Fadi Frem ainsi qu’à leur allié, le major Saad Haddad de l’armée du Sud Liban, alliée d’Israël. Le jeudi soir, Hobeika, commandant de facto depuis l’assassinat la semaine précédente du dirigeant phalangiste et président élu Bashir Gemayel, a dirigé lui-même un des escadrons de la mort qui opérait à l’intérieur de la zone Horst Tabet prés de l’abri d’Abu Yassir.

C’est dans 8 de ces abris localisés et marqués par les Israéliens (sur les 11 que comportait le camp) que les premières victimes ont été promptement et méthodiquement massacrées. Parce que peu de crimes sont parfaits, y compris les massacres, les tueurs n’ont pas réussi à trouver 3 abris. Un de ces abris n’était qu’à 25 mètres de celui d’Abu Yassir. A part ceux qui étaient réfugiés dans ces 3 abris, il n’y a pratiquement eu aucun survivant à Chatila.

Le journaliste américain David Lamb a écrit sur la première nuit de boucherie et les « murs de la mort » :

« Des familles entières ont été exécutées. Des groupes composés de 10-20 personnes étaient alignés contre des murs et abattus. Des mères sont mortes en serrant leurs bébés dans les bras. Tous les hommes avaient apparemment été abattus dans le dos. Cinq adolescents en age de combattre furent traînés dans les rues derrière un camion avant d’être abattus. »

Vers 8 heures du soir, le 18 septembre, Mounir Mohammad est entré dans l’abri bondé d’Abu Yassir, en compagnie de sa mère Aida et ses frères et soeurs, Iman, Fayda, Mufid et Mu’in. Il était courant de céder les rares places dans les abris en priorité aux femmes et aux enfants, tandis que les hommes tentaient leur chance à l’extérieur alors que le massacre se déroulait. Mais quelques hommes sont entrés dans les abris pour tenter de calmer les jeunes enfants.

« Si l’un d’entre vous est blessé, nous vous emmènerons à l’hôpital ».

Mounir se rappelle de cette nuit : « Les tueurs sont arrivés à la porte de l’abri et ont hurlé pour faire sortir tout le monde. Les hommes qu’ils trouvaient étaient alignés contre le mur à l’extérieur. Ils étaient immédiatement abattus à la mitraillette. » Tandis que Mounir regardait, les tueurs sont partis tuer d’autres groupes puis sont soudainement revenus et ont ouvert le feu sur tout le monde, et tout le monde est tombé. Mounir est resté couché sans bouger, ne sachant pas si sa mère et ses soeurs étaient encore en vie. Puis il a entendu les tueurs hurler : « Si l’un d’entre vous est blessé, nous vous emmènerons à l’hôpital. Ne vous en faites pas. Levez-vous et vous verrez. » Quelques-uns ont tenté de se lever ou ont poussé un gémissement et ils ont été immédiatement abattus d’une balle dans la tête.

Mounir se souvient : « Même si le camp était éclairé par les torches israéliennes, les tueurs avaient des lampes puissantes pour fouiller dans les coins sombres. Les tueurs cherchaient dans les coins sombres. ». Soudain, le corps de sa mère a bougé dans la pile de corps qui l’entourait. Mounir lui a murmuré « ne te lève pas, mère, ils mentent » Et Mounir est resté immobile toute la nuit, osant à peine respirer, faisant semblant d’être mort.

Mounir ne pouvait oublier les paroles des tueurs. Des années plus tard, il les répéterait à un interviewer tandis qu’ils passaient devant la cimetière de Chatila appelé la Place des Martyrs. « Après qu’ils aient tiré sur nous, nous étions tous par terre, et eux ils allaient et venaient et ils disaient « si quelqu’un est encore en vie, nous aurons pitié et nous l’emmènerons à l’hôpital. Allez, vous pouvez nous faire confiance. » Si quelqu’un gémissait ou disait qu’il avait besoin d’une ambulance, il était abattu sur place. Ce qui m’a perturbé n’était pas uniquement toute cette mort autour de moi. Je... ne savais pas si ma mère et mes soeurs et mon frère étaient morts. Je savais que la plupart de ceux autour de moi étaient morts. Et c’est vrai, j’avais peur de mourir. Mais ce qui m’a le plus perturbé, c’est qu’ils riaient très fort, se soûlaient et se sont amusés toute la nuit. Ils ont jeté des couvertures sur nous et nous ont laissé là jusqu’au matin. Toute la nuit (jeudi 16 septembre), je pouvais entendre les voix des filles en train de pleurer et de hurler. « Je vous en supplie, laissez-moi... ». Je ne sais pas combien de filles ils ont violées. Les voix des filles, leur peur et leur douleur, je ne pourrais jamais les oublier. »

Dans le film « Massaker » de 2005 de l’allemande Monika Borgmann, une demi-douzaine d’assassins de la milice confessent avec la même désinvolture. Un d’eux opine : « Pendu ou fusillé, vous ne faites que mourir. Mais comme ça, on en prend deux fois plus. » Il explique alors comment il a attrapé un vieux Palestinien et l’a collé contre un mur, puis il l’a charcuté au couteau, en l’ouvrant en croix. « Ainsi, vous mourrez deux fois, la première par la peur, » a-t-il dit avec désinvolture tout en décrivant la chair blanche et les os comme s’il attendait d’être servi dans une charcuterie.

Les tueurs ont aussi expliqué comment ils se sont lancés dans une course contre la montre pour se débarrasser d’un maximum de cadavres avant l’arrivée des médias. Un d’entre eux a témoigné comment l’armée israélienne leur avait fourni de grands sacs poubelles pour les cadavres. Un autre a avoué qu’ils ont forcé des gens à monter dans des camions militaires qui les ont emportés à Cite Sportiff où ils ont été tués. Puis ils ont utilisé des produits chimiques pour faire disparaître de nombreux cadavres. Plusieurs ont révélé que des officiers israéliens s’étaient consultés avec les dirigeants des milices à Beyrouth, la veille du massacre.

Une haine qui perdure

Encore aujourd’hui, le Hurras al-Arz (Gardiens des Cèdres) se vante de son rôle dans le carnage. Moins de deux semaines avant le massacre, le parti a lancé un appel pour la confiscation de tous les biens au Liban appartenant à des Palestiniens, l’interdiction pour eux de posséder une maison et la destruction de tous les camps de réfugiés.

La déclaration du parti du 1er septembre 1982, déclare : « Il faut prendre des mesures pour réduire le nombre de réfugiés palestiniens au Liban, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun Palestinien sur notre sol. »

En 1982, certains partis politiques parlaient des Palestiniens comme de « microbes qui doivent être exterminés » et on pouvait lire sur les murs des graffitis tels que « le devoir de tout Libanais est de tuer un Palestinien » - la même haine qui est couramment exprimée aujourd’hui dans la Palestine occupée par les colons, les rabbins et les politiciens extrémistes.

L’appel des « Gardiens » pour une interdiction aux Palestiniens de posséder des biens a été concrétisé en 2001 par une loi rédigée par l’actuel ministre du Travail libanais qui a promis le 1er septembre 2010 que « le Parlement ne permettra jamais aux réfugiés palestiniens de posséder des biens. »

L’état d’esprit qui a permis le massacre de Sabra et Chatila en 1982 est pratiquement le même en 2010, tandis que le Liban refuse de céder aux appels de la communauté internationale d’accorder aux survivants des massacres leurs droits civiques élémentaires. Certains, qui ont examiné les sites internet en Arabe et observé les rassemblements des partis politiques impliqués dans les massacres de 1982, affirment qu’aujourd’hui le langage de haine est pire encore et qu’il est employé pour forcer le Parlement à nier les droits civiques aux Palestiniens.

Dans le mois qui a suivi le massacre de 1982, le Dr. Paul Morris, un britannique, a soigné Mounir à l’hôpital Gaza, à environ un kilomètre au nord de l’abri d’Abu Yassir, et il a gardé le jeune homme en observation. Le Dr Morris a confié au chercheur Bayan Nuwayhed al Hout ( dans le livre « Sabra and Shatila : September 1982 », Pluto Press, Londres, 2004) que Mounir « souriait de temps en temps, mais ne réagissait pas spontanément comme les autres enfants de son age, sauf à de rares occasions. » Puis le docteur a frappé du poing sur la table, et a dit « il faut sauver ce garçon. Il doit quitter le camp, ne serait-ce que le temps de récupérer. »

Lorsque al Hout a demandé à Mounir s’il envisageait un jour de prendre les armes pour se venger, le pré-adolescent a répondu « Non. Non. Jamais je ne me vengerais en tuant des enfants. Comme eux ils nous ont tué. Qu’est-ce que les enfants ont fait de mal ? »

Le frère de Mounir, Mufid, 15 ans, était parmi les premiers à entrer dans l’abri d’Abu Yassir, mais il est parti et a réapparu à l’hôpital Akka avec une blessure par balle. Après avoir reçu un pansement, il est reparti pour chercher un refuge et sa famille. On ne l’a plus jamais revu. Pendant longtemps, Mounir n’arrivait même pas à prononcer son nom.

Selon les habitants du camp, le frère aîné de Mounir, Nabil, 19 ans, était en age de combattre et par conséquent aurait été abattu sur le champ. Conscient de cela, le cousin de Nabil et la femme du cousin se sont enfuis avec lui alors que le bombardement israélien redoublait d’intensité et que les habitants signalaient des tueries. Les trois ont réussi à éviter les balles des tireurs embusqués et ont trouvé refuge dans une maison de soins où travaillait sa mère. Comme Mounir, Nabil apprendrait plus tard que toute sa famille avait péri.

Post-scriptum

A présent, Mounir et Nabil vivent aux Etats-Unis et mènent des vies relativement « normales », si on considère l’horreur qu’ils ont vécu à Sabra et Chatila. Mounir et Nabil font honneur à Chatila, à la Palestine et à leur pays d’adoption. Ils vivent près de Washington DC. Mounir est marié et travaille. Nabil se consacre à militer pour la paix et la justice au Moyen Orient au sein d’une ONG. Les deux retournent régulièrement à Chatila.

D’autres vivent aussi des vies apparemment « normales ». Ce sont les six tueurs des milices « chrétiennes » qu’on voit dans le film « Massaker » de Borgmann. « Ils mènent tous une vie normale. Un d’entre eux est chauffeur de taxi » explique Borgmann.

Il est bien connu que les massacres de Sabra et Chatila constituent sans aucun doute des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, et un génocide. Chaque assassinat constitue une violation du droit international tel que défini par la Quatrième Convention de Genève, par la Loi Coutumière Internationale et le Jus Cogens (Le jus cogens regroupe les normes impératives de droit international général. Cf Wikipedia – NdT) Pour des crimes similaires, on a vu les inculpations d’officiels Rwandais, de l’ancien président du Chili Augusto Pinochet, l’ancien président du Tchad Hissein Habre, l’ancien président Serbe Milosevic, Taylor du Liberia et Bachir du Soudan.

Personne n’a été puni ni même fait l’objet d’une enquête pour les massacres de Sabra et Chatila. Le 28 mars 1991, le parlement libanais a rétroactivement exempté les tueurs de toute responsabilité pénale. Cependant, cette mesure n’a aucune valeur devant le droit international et la communauté internationale a l’obligation légale de punir les coupables. Les victimes et leurs familles ainsi que pratiquement toutes les organisations de défense des droits de l’homme s’opposent avec fermeté à une amnistie générale pour les tueurs. Ils affirment que 1991 viole la constitution du Liban, ainsi que le droit international et promeut l’impunité pour les auteurs de crimes abjects.

C’est précisément pour rendre justice aux victimes de tels crimes que la Cour Pénale Internationale a été constituée. La CPI doit s’atteler à la tâche sans plus tarder et toutes les personnes de bonne volonté doivent encourager le Liban d’accorder aux survivants du massacre et Sabra et Chatila leur droits civiques élémentaires.

Franklin Lamb

septembre 2010

http://www.counterpunch.org/

traduction VD pour le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/28-ans-apres-le-massacre-de-Sabra-et-Chatila-l-histoire-de-Mounir-Counterpunch.html


3-5 Catoche : Impressions d’un baroudeur en Palestine.

Préambule

Nos rencontres multiples avec les résistants et les victimes de l’oppression israélienne, les visites de quartiers ciblés où de nombreuses familles viennent de se faire expulser de leurs maisons, en particulier à Sheikh Jarrah et Al Silwan qui sont des quartiers de Jérusalem Est, à Al Araqib dans le Neguev ou encore dans la vallée du Jourdain, notre participation aux manifestations organisées chaque semaine à Hébron et Al Masara contre l’occupation de la Palestine, contre une route ou le mur qui séparent des dizaines de milliers de familles palestiniennes, contre le vol de l’eau des bédouins par les colons israéliens, contre le travail illégal des enfants palestiniens dans les colonies de la vallée du Jourdain, et les nombreuses discussions riches, intenses et bouleversantes de dignité avec tout un chacun, nous conduisent à organiser cet événement le 25 septembre 2010 à Quétigny pour témoigner, informer et mobiliser ici en Cote d’Or.

Quelques propos entendus, vécus et racontés du terrain palestinien

« On ne gagnera pas si on se bat seulement contre les sionistes ; c’est contre l’impérialisme qu’il faut se battre » nous disent les résistants palestiniens.

Le sionisme n’apparait que comme un symptôme de l’impérialisme. Il faut se battre contre le sionisme et contre tous ceux qui le supportent ainsi que le colonialisme et l’occupation de la Palestine qui dure depuis plus de 62 ans.

A Bethléem par exemple, certains résistants sont en lien avec d’autres militants tel que ceux du Chiapas au Mexique. Certains, - lorsque l’État d’Israël leur permet de sortir du pays - participent aux forums sociaux et informent sur la Palestine et sont informés des luttes similaires telles que celles des Paysans sans terre en Amérique du Sud. « C’est important d’être relié au monde » nous dit l’un d’entre eux. Et il ajoute : « si tu restes isolé comme ils le voudraient, tu meures ou tu deviens esclave. Le sentiment d’appartenance à un combat plus large permet de supporter les injustices locales ».

Pour lutter contre l’occupation, beaucoup d’entre eux se mettent très souvent en situation dite d’illégalité ; c’est ainsi que paradoxalement ils se sentent encore libre. Il y a quelques mois, l’un d’entre eux a emmené un groupe d’enfants, de jeunes et leurs parents pique niquer dans leur ancien village ou à proximité de leurs anciens villages ; ils sont tous partis en bus la fleur aux dents, le devoir de mémoire faisant partie de la lutte, pour que chacun comprenne bien, chaque enfant, qu’ils avaient un jour un territoire et qu’ils en ont été chassés ; qu’on leur a volé en toute impunité leurs chez eux. Ils ont passé la journée là-bas. Le soir les militaires israéliens sont arrivés, les ont chassés et ont arrêté le leader une énième fois.

« En prison j’étudie » nous dit-il ; « je me bats encore plus pour mes droits ; pour nos droits. On s’organise en prison. On s’apprend l’un à l’autre et on lit et on discute de ce qu’on a lu. S’il ne me donne pas à manger et mes cigarettes je frappe à la porte jusqu’à ce qu’ils arrivent. Lorsqu’ils arrivent, ils me frappent ; quand je suis trop mal ils doivent me donner à manger. En prison ils essaient de te casser par les humiliations successives ; ils veulent que tu renonces. La seule façon de résister est d’être plus dur qu’eux. En prison je m’oblige à suivre un programme ; mon programme ! Car le leur consiste à dormir, à accepter une nourriture indécente et à rester sale. Si tu dors, tu renonces à te battre et tu deviens faible. Je fais du sport dans 2 m² ; puis je lis ; ils ne peuvent plus m’empêcher de lire. Ils savent que je suis relié à beaucoup d’internationaux. »

« Lorsqu’on sort de prison, on est encore plus fort, même si on a perdu 10 kilos. On recommence à lutter ; on raconte à notre famille et à nos amis et on étudie ; on continue le mouvement de résistance. En prison et hors de prison. C’est la même chose ; il y a une continuité ; c’est juste une histoire de dosage entre ce qu’on appelle une prison et les camps où aucun de nos droits sont respectés ni dans l’un ni dans l’autre. Je me sens chaque jour de plus en plus libre dans mes ghettos. À chaque nouveau kilomètre de mur, je gagne un kilomètre de liberté. Ils ont peur ; pas moi. Ils ont peur de moi ; je n’ai pas peur d’eux. »

« Mes quatre enfants et ma femme sont résistants. On a fait en sorte qu’ils étudient. Les copains internationaux nous apportent des livres, j’en réclame. J’ai reçu un diplôme en travail social en même temps que mon fils. [Il rit !] C’est le chemin qui compte ! » L’important c’est pas le diplôme ; l’important c’est d’étudier, de comprendre comment la Palestine et les palestiniens en sont arrivés là et de faire en sorte de lutter contre l’occupation du pays. Et contre l’occupation de son esprit.

Parfois les gens traitent la Palestine comme une catastrophe naturelle ! Il n’y a rien de naturel dans cette catastrophe ; cette catastrophe, ce sont des hommes qui l’ont voulu et continue de la vouloir. C’est contre ces hommes criminels que je lutte ; ce n’est pas contre des israéliens ou contre des palestiniens. Les criminels n’appartiennent pas à une seule nation. Les criminels viennent de toutes les nations et oppriment dans de nombreuses nations.

Lorsque qu’une jeune française lui demande : « comment peut-on t’aider ? » . Il rit encore, franchement, et lui répond : « aide-toi toi-même dans un premier temps ; d’abord là où tu es, dans ton pays. Si tu te libères de tes chaines fabriquées par le capitalisme et par la propagande, si tu t’émancipes de la marchandisation de ta liberté tu contribueras à la libération de la Palestine... n’achètes pas les produits israéliens ! Parles de BDS, ris, pleures et agis !... »

Il compare la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud avec celle-ci de la Palestine et notamment grâce au boycott. Cela a été une action efficace là-bas et elle commence à être efficace en Palestine. Les noirs sud-africain ne possédaient plus que 13% de leur territoire à la fin de l’apartheid ; nous les palestiniens ne possédons plus que 12% du nôtre... les palestiniens ne croient plus aux négociations ; trop de négociations ont déjà eu lieu qui ont juste contribué à creuser encore plus le tombeau de la Palestine. L’espoir des palestiniens réside dans le boycott et dans la mobilisation des « résistants » internationaux.

En conclusion : Pourquoi la Palestine est si particulière ?

La situation de la Palestine est un concentré de toutes les violations du droit international ; la situation tragique en Palestine est la conséquence de l’impérialisme ; du néo-libéralisme ; du racisme ; du fascisme ; de la politique de propagande et du nazisme. La Palestine est sur la ligne de front entre l’occident et l’orient ; entre ceux que l’on qualifie de civilisés et les autres de sauvages ; c’est la plus longue guerre du XXème siècle ; c’est le nombre de réfugiés le plus grand au monde ; ce sont des injustices quotidiennes évidentes que beaucoup connaissent aujourd’hui mais dont aucune Institution internationale ne veut s’emparer ou tenter de résoudre.

La Palestine nous révèle également que la liberté est une construction individuelle et collective et n’est pas une sensation innée. La liberté se construit en se cognant aux injustices et à ceux qui emprisonnent.

La Palestine c’est la résistance pour l’existence.

Pour exister on doit résister.

C’est la résistance au présent ; au quotidien pour ne pas être humilié pour rester digne.

Catoche

le 15/08/10

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Impressions-d-un-baroudeur-en-Palestine.html

http://www.legrandsoir.info:80/Impressions-d-un-baroudeur-en-Palestine.html


3-6  Qui sifflera en Palestine la fin des colonies ?

Michel Platini menace Israël“ Leur présence en Europe n’aura pas lieu d’être

Michel Platini va-t-il être la cible du sionisme de France ?

Après Sakina Arnaud, Alima Boumedien-Thiery, Michel Platini sera-t-il poursuivi en justice par les Israéliens de France pour "antisémitisme" ?
Le président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), le Français Michel Platini a affirmé que les mesures israéliennes vis-à-vis du sport palestinien constituaient une violation des réglementations et lois internationales en vigueur susceptible de le pousser à reconsidérer la qualité de membre dont jouit Israël ausein de l’UEFA.
« Nous les avons acceptés (israéliens) en Europe et leur avons garanti les conditions d’adhésion,ils doivent respecter le message des lois et réglementations sportives internationales, faute dequoi leur présence en Europe n’aura pas lieu d’être », a-t-il martelé.
« Je vais peser de tout mon poids pour mettre un terme à la souffrance du joueur palestinien
notamment au football et je présenterai cet état de fait au bureau exécutif lors de la prochaine réunion prévue en octobre 2010, d’autant qu’ Israël est membre du bureau exécutif », a déclaré M.Platini lors de sa rencontre avec M.Jibril Rajoub, président de la fédération palestinienne de football et président du comité olympique palestinien, au siège de l’UEFA à Nyon (Suisse).
Platini a insisté sur la nécessité de mettre Israël devant ses responsabilités, réaffirmant son rejet des compromis, car le joueur palestinien a les mêmes droits que les autres joueurs internationaux. « Israël n’a qu’un seul choix : laisser le sport palestinien se développer ou il doit assumer tout seul les conséquences de son attitude », a-t-il estimé.
L’entretien entre Jibril Rajoub et Platini a porté sur plusieurs points dont le sport palestinien, lesmesures israéliennes et la consolidation des infrastructures sportives palestiniennes.Il a été également question des pratiques israéliennes, notamment visant à isoler le joueur et lesport palestiniens, des restrictions qui leur sont imposées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Palestine et de l’interdiction d’entrée d’équipements sportifs dans les territoires palestiniens.
Israël avait interdit l’entrée d’aides pour favoriser le développement du sport en Palestine, octroyées en juillet 2009 par Platini et qui sont toujours bloquées au niveau des ports israéliens.Platini a écouté un exposé détaillé sur la situation du sport palestinien, et a reçu un rapport des mains de M.Rajoub autour de cette question.
Source : l’Expression

Publié le 25 septembre 2010
From: immigrationstorys@yahoo.fr


3-7 Qui veut la peau de notre solidarité ?

Communiqué suite aux attaques récentes contre le CICP, le MRAP et l'appartement du président de Génération Palestine

Qui veut la peau de notre solidarité ?

Dans la nuit de samedi à dimanche 19 septembre, le CICP (Centre International pour les Cultures Populaires) a été cambriolé. Les portes des bureaux de plusieurs associations ont été fracturées, ordinateurs portables et caisses ont été dérobés. La nuit suivante, la devanture du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples) a été aspergée d'essence. Lundi 20, l'appartement d'Omar Alsoumi, président de Génération Palestine, a été cambriolé à son tour. Au total, les préjudices financiers s'élèvent à plus de 10.000 €.

Le CICP est le siège de nombreuses associations de solidarité internationale et de défense des droits humains. Il héberge notamment les bureaux de l'AFPS (Association France Palestine Solidarité), l'UJFP (Union Juive Française pour la Paix), la CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien), Génération Palestine et de "BDS France". Le MRAP recueille les fonds pour la campagne "Un bateau pour Gaza" impulsée par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens", qui regroupe 40 associations et organisations syndicales et politiques.

Ces trois évènements se sont produits en l'espace de 36 heures. Il nous est très difficile de croire à un concours de circonstances. En tout cas, nous prenons ces actes très au sérieux.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou définissait le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien comme une des trois "menaces stratégiques majeures" prioritaires pour son gouvernement. Ron Dermer, un de ses principaux conseillers, affirmait en juillet dans une interview au Jerusalem Post : "le gouvernement israélien va consacrer davantage de temps et de ressources humaines pour combattre ces ONG" (*).

Des groupes qui soutiennent le gouvernement extrémiste israélien multiplient actuellement les procès contre les militants de la campagne pacifique pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions contre l'occupation et la colonisation israéliennes. Des voix, au sein du gouvernement français, se sont élevées pour traiter de "criminels" les appels à ces actions non-violentes de citoyens mobilisés pour la paix et le droit. Nous avons déjà dénoncé l'injustice de ces positions.

Aujourd'hui, nous l'affirmons avec force, les criminels ne sont plus seulement ceux qui violent les droits humains des Palestiniens. Ce sont aussi ceux qui voudraient, par l'intimidation et la menace, faire taire la société civile française mobilisée pour l'application du droit international.

Le gouvernement français doit clarifier sa position : contre la colonisation et les crimes de guerre israéliens et pour la défense de la démocratie et les droits des citoyens. Nous nous battrons pour le respect du droit à l'expression de notre solidarité.

GP

Post-Scriptum :

Avant toute chose, ABNA PHILISTINE (ENFANTS DE LA PALESTINE) dénonce avec la plus grande fermeté ces exactions et apporte sa pleine solidarité aux associations et personnes qui en ont été victimes. Ces actions sont signées. Elles sont sans hésitation l'œuvre des factions extrémistes pro-israéliennes qui en France et dans d'autres pays ont à cœur depuis plusieurs années de terroriser le mouvement de solidarité avec la Palestine. Les moyens mis en œuvre jusque là pour intimider consistaient en des tags injurieux, des agressions physiques à l'encontre de personnes, des tentatives violentes d'empêcher la tenue de réunions publiques, tout cela orchestré par des milices sionistes à l'impunité judiciaire légendaire comme le Bétar ou la Ligue de Défense Juive. Ces dernières semaines, afin de tenter d'enrayer la campagne de boycott international d'Israël, ces mêmes inconditionnels de l'État sioniste tentent de faire poursuivre en justice des personnes agissant dans le cadre de BDS, comme notre amie la sénatrice Alima Boumédienne à laquelle nous signifions toute notre solidarité. Et puis ces derniers jours, un nouveau pas a été franchi avec ces cambriolages qui dénotent d'un sentiment d'impunité grandissant de la part de ceux qui les ont perpétrés. Il est clair que ceux-ci se sentent encouragés par la politique résolument pro-israélienne des gouvernements français et européens en général. Entre autres par leur scandaleuse indolence face à l'assassinat délibéré des militants turcs de la flottille de la paix pour Gaza. Où les partisans de l'État colon Israël s'arrêteront-ils ? Quelles sont les complicités des nervis sionistes avec cet État terroriste et au sein même du gouvernement français pour faire preuve d'une telle audace ?

Rédaction Enfants de (la) Palestine,

28 septembre 2010

http://www.enfantsdepalestine.org:80/ar,1385



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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