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13/10/2010

n°456 - Afghanistan - Le dossier - 13-11 - : - Suite - : Octobre 2010: 9 ans de guerre en Afghanistan.

n°456  - Afghanistan - Le dossier  - 13-11 -  : - Suite - : Octobre 2010: 9 ans de guerre en Afghanistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Le dossier

n°456 du 13-11

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 La débâcle en Afghanistan : les troupes britanniques se retirent de Sangin.

3-2 Rick Rozoff, : 10e anniversaire de l'invasion de l'Afghanistan : L'OTAN élargit la guerre de l'Afghanistan au Pakistan.

3-3 Guy Van Sinoy, Charles-André Udry : Irak-Afghanistan: Les bourbiers de l'Oncle Sam.

3-4 Neuf ans de guerre en Afghanistan: signes de négociations avec les résistants.


 

3 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 La débâcle en Afghanistan : les troupes britanniques se retirent de Sangin.

Le 20 septembre, les 1000 derniers soldats britanniques ont quitté Sangin, dans le Sud de l’Afghanistan. Après plus de quatre ans, ils ont remis aux Etats-Unis le contrôle de leurs bases.

Les Britanniques en sont-ils vraiment réduits à envoyer le prince Charles pour maintenir le moral de leurs troupes en Afghanistan ‘

Le retrait est officiellement présenté comme un simple redéploiement par lequel les troupes qui font partie d’une force britannique totalisant 9.500 hommes en Afghanistan sont envoyées dans la zone centrale de Helmand. Mais rien ne peut faire occulter le fait que la Grande-Bretagne a subi une défaite majeure.

La raison n’est pas, comme certaines sections des médias l’affirment, simplement que Sangin est devenu un « terrain d’entraînement » pour les Taliban. Les forces armées britanniques ont été chassées en tant qu’occupants par une insurrection populaire déterminée.

C’est pourquoi le Daily Mail a reconnu que « les responsables militaires de haut rang veulent à tout prix que cela ne soit pas considéré comme la reconnaissance d’une défaite ou d’une retraite après les combats les plus violents que les soldats britanniques aient connus depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Ce retrait souligne la destruction criminelle de la vie comme conséquence de cette sale guerre impérialiste. Les rapports des médias donnent une image dévastatrice de la situation à laquelle les troupes ont été confrontée, année après année. Au moment de leur départ, 104 soldats britanniques, soit près d’un tiers des 337 soldats britanniques tués en Afghanistan, étaient morts dans et aux alentours de cette petite ville.

Sous le titre, « Sangin : nous quittons enfin l’enfer », le Daily Express a de plus remarqué que durant les quatre premières années et demi de l’invasion de l’Afghanistan en 2001, 5 soldats britanniques avaient été tués.

La vaste majorité des soldats sont morts tout au début de 2006 et depuis le redéploiement des troupes britanniques au Helmand.

En avril, un article publié dans le Times de Londres rapportait que plus de 10 pour cent des victimes quotidiennes subies par les forces d’occupation l’avait été par le groupe du 3e bataillon « The Rifles » à Sangin et ce en dépit du fait que le groupe ne représente que 0,8 pour cent de l’ensemble des forces de l’OTAN présentes en Afghanistan.

L’armée britannique a même subi une attaque au moment précis où la cérémonie de transfert d’autorité avait lieu, et le Daily Mail de rapporter « de violents combats...à 800 mètres à peine de la base principale au centre du district. »

Comme on pouvait s’y attendre, les politiciens et les médias n’ont rien à dire sur les milliers d’Afghans qui ont été tués ou blessés. Au lieu de cela, le premier ministre David Cameron, s’est donné beaucoup de mal pour souligner que « Les soldats qui ont perdu la vie à Sangin ne sont pas morts en vain. »

De telles déclarations ne font que montrer que derrière son discours de soutien à « nos gars », l’élite dirigeante n’éprouve rien que du mépris pour ceux qu’elle a envoyés mourir en Afghanistan. Cameron croit que leur mort est le prix à payer mais il est incapable de dire la vérité sur les raisons de cela.

L’invasion en Afghanistan a été vendue aux populations britannique et américaine sur la base d’un tissu de mensonges.

Présentée comme faisant partie de la guerre « contre le terrorisme » après les attaques du 11 Septembre, elle était censée éliminer le régime qui abritait Oussama ben Laden et qui fournissait la principale base aux opérations d’Al Qaïda.

 Les responsables américains de l’armée et du service de renseignement ont par la suite reconnu qu’il existait en tout moins de cent membres d’Al Qaïda en Afghanistan. L’occupation était ensuite supposée apporter la démocratie en renversant les Résistants. Au lieu de cela elle a fini par installer le régime fantoche haï d’Hamid Karzai qui est défendu par l’armée américaine et qui supervise des conditions de vie indescriptibles pour la masse de la population.

En réalité, l’occupation de l’Afghanistan a été entreprise sur la base d’objectifs géostratégiques prédateurs de la part de Washington et de Londres et avait été prévue avant que la destruction des tours jumelles n’en fournisse le prétexte nécessaire. Pour les Etats-Unis, les enjeux, comme ce fut le cas avec la guerre contre l’Irak qui s’ensuivit, étaient d’établir leur contrôle sur l’ensemble de la région « eurasienne » et avant tout sur la majorité des réserves pétrolières et gazières situées au Moyen Orient et en Asie centrale. La Grande-Bretagne escomptait à la fois sauvegarder une part du butin, tout en marchandant son alliance politique et militaire pour faire valoir ses propres intérêts à l’échelle mondiale, et compenser le défi de ses rivaux européens, l’Allemagne et la France.

Par deux fois à présent, le prix à payer pour cet état de fait a imposé à la Grande-Bretagne une retraite militaire humiliante, d’abord dans la ville de Basra au Sud de l’Irak et maintenant à Sangin. Le journal Independent a reconnu la semaine passée, « Les Britanniques auraient pu, théoriquement, se passer plus tôt de Sangin et des pertes qui s’en sont suivies. Mais là, un chapitre sensible des relations anglo-américaines est entré en jeu. Il ne fait pas de doute que des responsables militaires de haut rang de l’armée américaine étaient très critiques quant à la manière dont l’armée britannique s’est comportée vers la fin de son déploiement en Irak... et puis en se retirant en bloc lorsque Washington demandait qu’elle continue de rester. »

Le retrait britannique, malgré les affirmations officielles du contraire, a occasionné de l’amertume et des récriminations de la part de l’armée américaine. Finalement, ceci signifie simplement que le labeur de la Grande-Bretagne est également un échec politique pour Washington. La Grande-Bretagne a été la seule force à maintenir un semblant de rôle militaire indépendant dans l’occupation. L’abandon de cette attitude signifie qu’aujourd’hui et plus que jamais, il s’agit d’une guerre des Etats-Unis.

De plus, les affirmations que le contrôle exercé par les Etats-Unis sur Sangin résultera dans un renforcement du contrôle en général de la région sont sans fondement. En décrivant l’énorme opposition populaire qui attend les Etats-Unis, le Daily Telegraph a sombrement prédit, « Le transfert de Sangin : seules changeront les nationalités inscrites sur les tombes. »

Les Etats-Unis sont confrontés à une situation militaire et sécuritaire s’aggravant partout en Afghanistan et à une opposition à la guerre dans le pays qui ne cesse de s’intensifier. C’est dans une telle situation que le gouvernement Obama avait annoncé l’envoi en Afghanistan en décembre dernier d’un renfort de 30.000 hommes, dans une tentative de noyer la résistance dans le sang. Mais malgré cela, les Etats-Unis n’ont pas pu venir à bout de la résistance de masse. Avec la mort de neuf soldats américains le 21 septembre dans un crash d’hélicoptère dans la province de Zaboul, dans le Sud de l’Afghanistan, l’année 2010 est devenue la plus meurtrière pour les forces de l’OTAN depuis l’invasion en 2001. Au moins 529 soldats de l’OTAN ont été tués jusque-là cette année.

Entre-temps, des sections de l’armée américaine expriment plus ouvertement leur opposition à un « calendrier de retrait » des troupes dès juillet 2011 et qui est le principal objectif du président Obama.

Selon un article paru dans le Wall Street Journal le 21 septembre, des officiers gradés « cherchent à faire baisser les espoirs d’un progrès rapide en Afghanistan » et prévoient « peu de gains significatifs dans la guerre avant la fin de l’année. » Le Journal poursuit que plutôt que de retirer des « bataillons ou des régiments entiers », la baisse se consacrera à un « amincissement » des troupes des lignes de front et le retour à la maison de petites unités militaires.

L’occupation afghane est une sale aventure fondée sur l’oppression brutale d’une nation appauvrie de moins de 30 millions de personnes. Indépendamment de l’attitude de tel ou tel soldat, qu’elle soit héroïque ou vile, les élites militaires et politiques sont coupables d’un crime indicible.

La population laborieuse dans le monde entier doit exiger la fin de la guerre et le retrait immédiat de l’ensemble des troupes américaines, britanniques et étrangères. Ceux qui ont planifié et exécuté cette guerre de pillage doivent comparaître devant un tribunal pour crimes de guerre et la cour de l’opinion publique internationale.

Robert Stevens - WSWS

samedi 2 octobre 2010

http://www.info-palestine.net/article.php3’id_article=9481

 

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article879


3-2 Rick Rozoff : 10e anniversaire de l'invasion de l'Afghanistan : L'OTAN élargit la guerre de l'Afghanistan au Pakistan.

Le 7 octobre, les États-Unis et leurs alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord entameront leur dixième année de guerre en Afghanistan, situé à plus de 3 000 milles des quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles.

Le mois suivant, des élections de mi-mandat auront lieu aux États-Unis et l'OTAN tiendra un sommet de deux jours au Portugal.

L'administration américaine cherche désespérément un triomphe – ou du moins, un semblant de triomphe – en politique étrangère, afin de conserver le contrôle du Parti démocrate au Congrès, et l'OTAN cherche à justifier une mission militaire qui s'avère la plus longue et la plus étendue de ses 61 années d'existence.

Le président Barack Obama a triplé le nombre de soldats de combat américains en Afghanistan, le portant à 100 000. Lorsqu'on inclut les forces provenant des autres pays membres de l'OTAN et des pays partenaires, cela fait plus de 150 000 soldats étrangers en Afghanistan, du jamais vu dans ce pays décimé par la guerre.

De ce nombre, 120 000 sont maintenant sous la commande de la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF), un nombre sans précédent pour une opération militaire dirigée par l'Alliance atlantique nord. La Force kosovienne de l'OTAN à son apogée comprenait 50 000 soldats, mais ils ne furent envoyés dans la province serbe qu'à la fin d'une guerre aérienne qui a duré près de trois mois.

Les 120 000 soldats de l'OTAN présentement actifs – provenant de 50 pays, alors que d'autres s'apprêtent à envoyer des troupes en surcroît – sont au coeur d'une guerre ouverte des plus longues et des plus meurtrières. C'est la première guerre terrestre de l'OTAN, ses premières opérations de combat en Asie.

L'année dernière a été la plus meurtrière pour les États-Unis et pour l'OTAN dans ce conflit qui perdure depuis neuf ans. Cette année s'est avérée aussi des plus coûteuses en termes de soldats tombés au combat. Et il reste encore trois mois. Washington et Bruxelles pourraient décider de sauver la face et de mettre un terme aux hostilités au moyen d'un stratagème incluant un règlement politique interne et des mesures fondées sur un véritable maintien de la paix international – plutôt que de compter sur les activités subversives menées par la ISAF, établie sur la base d'un mandat des Nations unies en décembre 2001 mais qui, aujourd'hui, est devenue l'instrument par lequel l'OTAN mène la guerre en Afghanistan ainsi que chez son voisin, le Pakistan.

Cette perspective est peu probable, puisque la métaphysique militaire prédominante à Washington depuis les dernières 65 années ne peut accepter qu'une victoire ou, du moins, un semblant de victoire. Un héritage de défaite en Afghanistan ne pourrait que ternir l'image d'un président qui n'aura pas réussi à assurer la victoire ainsi que de son parti qui serait alors accusé de manquer de coeur au ventre et de défaitisme.

En ce qui concerne l'OTAN, le concept stratégique qui sera adopté en novembre est fondé sur un concept d'expansion du bloc en une force expéditionnaire mondiale du XXIe siècle, et l'Afghanistan en est le banc d'essai. Si l'OTAN perd l'Afghanistan, si elle perd en Afghanistan, elle sera sujette aux critiques de ses pays membres et leurs citoyens qui auront sacrifié leurs fils et filles dans l'intérêt des ambitions internationales de l'OTAN.

Comme le déclarait l'ancien secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, il y a six ans : « Que fait l'OTAN en Afghanistan ‘ Elle défend des valeurs au Hindou Kouch dans un climat international bien connu de tous. Nous devons combattre le terrorisme partout. Si nous ne le combattons pas au Hindou Kouch, ce terrorisme se retrouvera chez nous. En d'autres mots, cette perception fragile [face aux agissements de l'alliance militaire de l'Atlantique nord en Asie du sud] doit être solidifiée et consolidée une fois pour toutes – pour l'avenir de l'OTAN, cette démarche est primordiale. »[1]

Non satisfaite du Vietnam qu'est devenu l'Afghanistan, l'OTAN a maintenant entrepris son incursion cambodgienne. Les implications de cette nouvelle incursion, par contre, sont beaucoup plus lourdes que pour le Vietnam des années soixante et soixante-dix, puisqu'elle se passe cette fois au Pakistan, un pays avec une population de presque 170 millions d'habitants et qui possède des armes nucléaires.

Au même moment où les États-Unis menaient leur vingtième attaque meurtrière à base de lancement de drones sur le sol Pakistanais, le 27 septembre, des attaques cinq fois plus importantes qu'au mois d'août, l'OTAN pour sa part menait une série d'attaques à base d'hélicoptères dans le nord-ouest du Pakistan. Invoquant le « droit à la légitime défense » et la « poursuite immédiate » des résistants soupçonnés d'avoir attaqué un camp de l'OTAN, l'avant-poste de combat de Narizah dans la province afghane de Khost, près de la frontière pakistanaise, des hélicoptères d'attaque de l'OTAN ont mené en fin de semaine deux raids dans les régions tribales où les frappes de drones ont tué un nombre record de personnes en un mois.

Le nombre de personnes tuées, qu'on nomme machinalement dans la presse occidentale résistants, militants ou terroristes, était d'abord de 30, ensuite de 50, puis 60, 70, et plus tard « 82 et plus ».[2]

Nous ne connaîtrons jamais de façon définitive ni le nombre ni l'identité des victimes.

Selon les journaux, les cibles visées étaient des membres du réseau Haqqani, fondé par le dirigeant vétéran des moudjahidines, Jalaluddin Haqqani, un héros américain du temps qu'il menait des attaques à partir du territoire pakistanais contre des cibles afghanes, il y a quelques années. C'était un des « combattants de la liberté » de Ronald Reagan. Il y a deux ans, le New York Times écrivait : « Dans les années 80, Jalaluddin Haqqani était entretenu en tant qu'actif de la CIA et recevait des dizaines de milliers de dollars comptant pour son travail qui consistait à combattre l'armée soviétique en Afghanistan, selon un compte-rendu paru dans The Bin Ladens, le dernier livre de Steve Coll. À ce moment-là, Haqqani aidait et protégeait Osama bin Laden, qui mettait sur pied sa propre milice pour combattre les forces soviétiques, écrit Coll. »[3]

En ce qui concerne le regret exprimé par certains à l'effet que l'admirable Haqqani ait récemment fait des Résistants ses alliés – un de ceux-là étant feu Charlie Wilson, qui disait de Haqqani qu'il était « la bonté incarnée » – à l'occasion de émission de NBC, Meet the Press, l'année dernière, le président pakistanais Asif Ali Zardari avait déclaré aux téléspectateurs américains que le Taliban « faisait partie de votre passé et du nôtre, et le Renseignement inter-services pakistanais et la CIA les ont créés ensemble. Et je peux vous citer 10 livres, 10 philosophes et 10 articles qui confirmeront mes dires... »[4]

Le 27 septembre, deux hélicoptères de l'OTAN ont attaqué l'agence Kurram située dans les régions tribales pakistanaises, tuant six personnes et en blessant huit. Un porte-parole du gouvernement pakistanais local a dit que toutes les victimes étaient des civils. Selon le Dawn News, « ce n'est pas la première fois que l'OTAN bombarde la région. »[5] Donc trois attaques en trois jours causant 100 décès.

Le même jour, une frappe de missiles drone tuait quatre personnes à l'agence du Waziristan du nord. « L'identité des quatre personnes tuées lors de l'attaque n'est pas connue... »[6]

Ces incidents ont eu lieu alors que le nouveau livre de Bob Woodward, Obama's Wars, révélait qu'« une armée secrète de 3 000 soldats paramilitaires afghans dirigés par la Central Intelligence Agency avait mené des raids outre-frontière au Pakistan ».[7]

Après une montée en intensité échelonnée sur deux ans et consistant en des opérations secrètes – des attaques par hélicoptères de combat et des raids menés par des équipes spéciales d'assassins – les États Unis et l'OTAN sont impliqués à l'heure qu'il est dans une guerre dans le nord du Pakistan qui bat son plein et qui ne peut être niée.

Le Pentagone – les hélicoptères utilisés lors des attaques des 25 et 26 septembre étaient des Apaches américains et des Kiowas – a défendu les frappes de la fin de semaine en prétendant qu'elles respectaient leurs règles d'engagement et le porte-parole du département de la Défense, le colonel Dave Lapan, a dit que les États-Unis suivaient le « protocole approprié » à la lettre et que « nos soldats ont le droit de se défendre. »[8]

Un porte-parole de l'ISAF avait d'abord nié que les forces de l'Alliance avait mené des attaques à l'intérieur des frontières pakistanaises, bien que les porte-parole de la police afghane aient confirmé le contraire. Le 27 septembre, par contre, l'ISAF a confirmé que les forces de l'OTAN avaient mené des frappes meurtrières. Alors que la troisième attaque par hélicoptères de l'OTAN avait lieu le jour même, « les porte-parole de la Coalition ont dit que les attaques outre-frontières étaient conformes à ses règles d'engagement puisque les résistants les avaient attaqués au delà de leurs frontières ».[9]

Un porte-parole de l'OTAN a informé la presse que « les forces de l'ISAF ont le devoir et la volonté de défendre l'autorité, selon leur mandat, de se défendre lors de l'accomplissement de leur mission ».[10]

Mehmood Shah, un ancien porte-parole de la sécurité du gouvernement pakistanais dans la région où les hélicoptères de combat et les frappes de drones ont tué plus de 200 personnes dans moins d'un mois, a dit au sujet de ces dernières attaques de l'OTAN : « Ces incidents sont vraiment un point tournant. Ils [l'OTAN] doivent comprendre que la prochaine fois pourrait mener à la guerre. Il faut déployer nos unités de combat pour faire feu sur eux. Cette frontière est sacrée. L'OTAN doit réaliser qu'elle a un mandat pour opérer en Afghanistan et non au Pakistan. »[11]

Le 27 septembre, le ministre de la Sécurité, Rehman Malik, a dénoncé les raids de l'OTAN en tant que violations de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du Pakistan et a annoncé au sénat du pays que l'ambassadeur afghan à Islamabad serait convoqué afin d'expliquer ces attaques. Malik et le gouvernement pakistanais savent, somme toute, que l'administration de Hamid Karzaï à Kaboul ne contrôle aucunement les agissements des États Unis et de l'OTAN dans son propre pays, encore moins au Pakistan. Le commentaire du ministre de la Sécurité était pour consommation interne seulement, visant à calmer l'indignation populaire, mais comme le Pakistan lui- même est maintenant un partenaire de l'OTAN et un auxiliaire des États-Unis[12], ses représentants, comme ceux de l'Afghanistan, ne seront aucunement prévenus en cas de futures attaques.

Malgré tout, la pression interne a poussé Malik à dénoncer les attaques contre son pays et à affirmer : « Je considère que les attaques en territoire pakistanais sont une atteinte à la souveraineté du Pakistan. » Un sénateur de la Ligue musulmane pakistanaise de Nawaz « a demandé au gouvernement d'informer le parlement de l'existence de tout accord conclu avec les États-Unis qui autoriserait les attaques par drones ».[13]

De même, le porte-parole de l'Office des affaires étrangères du Pakistan, Abdul Basit, est allé encore plus loin et a contesté de façon officielle et sans équivoque auprès des quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles les frappes aériennes menées au cours de la fin de semaine, émettant une déclaration qui dit en partie : « Ces incidents représentent une nette violation et un non-respect du mandat de l'ONU qui autorise l'ISAF à agir », et que ce mandat « se termine/prend fin » à la frontière afghane.

« Il n'existe pas de règlement ou d'entente au sujet des poursuites.... Toute suggestion du contraire n'est pas basée sur les faits. De telles violations sont inacceptables. »[14]

Le soir du 27 septembre, suite aux plaintes soulevées par les Pakistanais, l'ISAF de l'OTAN a tenté de limiter les dégâts en revenant à la prise de position originale défendue par le bloc militaire à l'effet qu'elle n'avait pas mené d'attaques au Pakistan. Le jour même, elle avait envoyé deux autres hélicoptères de combat dans le but de mener un troisième raid dans les régions tribales.

L'OTAN poursuivra ses attaques meurtrières en sol pakistanais peu importe la cible et ne donnera ni avertissement ni excuse. Les États Unis continueront d'intensifier leurs attaques de missiles Hellfire contre quiconque, en se contentant de rapports inexacts, anecdotiques et intéressés.

Le nombre de morts au Pakistan pour le mois de septembre est bien au-delà de 200 et pour l'année il se situe à plus de 2 000. La justification donnée par les États-Unis et l'OTAN pour expliquer ce carnage est que celui-ci vise à prolonger la politique de Barack Obama visant à « désorganiser, démanteler et vaincre » les réseaux d'résistants en Afghanistan jusqu'au Pakistan, prétendant ainsi mettre un terme plus rapidement à la guerre.

Il y a quarante ans, le prédécesseur d'Obama, Richard Nixon, commençait ainsi son discours annonçant l'expansion de la guerre du Vietnam au Cambodge : « Bonsoir, mes compatriotes américains. Il y a dix jours, dans mon rapport à la nation sur la question du Vietnam, j'ai annoncé la décision de retirer un autre 150 000 Américains du Vietnam dans l'année qui vient. J'avais dit à ce moment-là que je prenais cette décision malgré nos inquiétudes concernant les agissements de l'ennemi au Laos, au Cambodge et au Sud-Vietnam. Et à ce moment-là j'avais expliqué que si je devais constater que les agissements ennemis s'intensifiaient dans l'ensemble de ces régions et qu'ils mettaient en danger la vie des Américains qui devaient rester au Vietnam, je n'hésiterais pas à prendre des mesures fortes et efficaces pour régler la situation. »[15]

Il prétendait que des « sanctuaires ennemis » au Cambodge « mettaient en danger la vie des Américains qui étaient au Vietnam », et que « si cet effort de la part de l'ennemi s'avérait un succès, le Cambodge deviendrait une vaste région organisationnelle ennemie et un tremplin pour attaquer le Sud-Vietnam tout le long de sa frontière de 600 milles : un refuge vers lequel des troupes ennemies pourraient retourner pour fuir le combat sans craindre les représailles ».

Il avait commandé un déploiement pour « aller au coeur du problème, ce qui veut dire nettoyer les grands territoires vietnamiens et vietcong occupés, ces sanctuaires qui servent de bases pour mener des attaques contre les forces, tant cambodgiennes, américaines que sud-vietnamiennes, au Sud-Vietnam ».

L'application pratique de cette politique se résumait ainsi : « Nous avons mené des attaques cette semaine pour en finir avec les principaux sanctuaires ennemis sur la frontière du Cambodge et du Vietnam. »

Dans un langage très familier entendu récemment à Washington et à Bruxelles – seuls les pays ont changé de nom – Nixon avait déclaré : « Nous entreprenons cette action, non pas dans le but d'étendre la guerre jusqu'au Cambodge, mais dans le but de mettre un terme à la guerre au Vietnam... »

Washington étendit en effet la guerre du Vietnam jusqu'au Cambodge, avec les conséquences désastreuses que les peuples ne connaissent que trop bien, pour peu après déguerpir, vaincu, de l'Asie du sud-est, laissant derrière lui des régions entières du Vietnam et du Cambodge en ruines.

Le sort de l'Afghanistan et du Pakistan ne sera pas plus reluisant.

Notes
1. Radio Free Europe/Radio Liberty, le 12 novembre 2004
2.Le New York Times, le 27 Septembre 2010
3. Le New York Times, le 9 septembre 2008
4.
Meet the Press, le 10 mai 2010, http ://msnbc.msn.com/id/30658135
5.
Le Dawn News, le 28 septembre 2010
6. Le Daily Times, le 28 septembre 2010
7. Le Financial Times, le 27 septembre 2010
8. Associated Press, le 27 septembre 2010
9. Le New York Times, le 27 septembre 2010
10. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
11. The Guardian, le 27 septembre 2010
12. « L'OTAN entraîne le Pakistan dans son réseau mondial », Stop NATO, le 23 juillet 2010
13. Le Dawn News, le 28 septembre 2010
14. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
15. Richard M. Nixon, Discours sur l'incursion cambodgienne,
http ://www.americanrhetoric.com/speeches/richardnixoncambodia.htm
http ://www.
(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste
)
- Rick Rozoff,

Stop NATO,

28 septembre 2010 -

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40157.htm#2 http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40157.htm


3-3 Guy Van Sinoy, Charles-André Udry : Irak-Afghanistan: Les bourbiers de l'Oncle Sam.

Engagés en Afghanistan depuis 2001 et en Irak depuis 2003 dans des guerres devenues de plus en plus impopulaires, où la victoire est de plus en plus improbable, les Etats-Unis du prix Nobel de la « Paix » Barack Obama multiplient les opérations de pure communication afin de redorer leur blason.  Loin de se résoudre, ces deux conflits majeurs s'enlisent dans des pays ravagés, avec des centaines de milliers de victimes civiles. (LCR-Web)

Afghanistan: les Etats-Unis ont déjà perdu la guerre (Guy Van Sinoy)

Le 7 octobre 2001, peu après les attentats du 11 septembre à New York, les Etats-Unis intervenaient militairement en Afghanistan, avec le soutien militaire d'autres puissances occidentales - Royaume-Uni, France, Canada (1) – et l'appui de l'Alliance du Nord (le Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan) (2). Selon les dires de George W. Bush, cette guerre s'inscrivait dans le cadre de la "lutte contre le terrorisme". Le but déclaré était de capturer Oussama Ben Laden et de détruire dans ce pays l'organisation Al-Qaïda qui bénéficie du soutien des Talibans.

Le véritable enjeu de la guerre

Mais le problème de l'état-major militaire américain n'était pas d'affronter et de vaincre militairement, dans le cadre d'une guerre conventionnelle, un adversaire clairement identifié et localisé. Le caractère montagneux du pays rend plus difficiles les opérations militaires, contrairement à l'Irak qui est plus urbanisé.

Le véritable enjeu était, au-delà de l'isolement et de la capture de Ben Laden, de mettre sur pied un pouvoir politique favorable à l'impérialisme américain et qui jouisse du soutien d'une partie significative de la population afghane. C'était et cela reste un objectif impossible à atteindre pour l'impérialisme dans un pays où le tissu social, dévasté par trente ans de guerres, est en lambeaux. L'Afghanistan figure d'ailleurs en avant-dernière position dans le classement mondial de l'indice de développement.

Trois décennies de guerre ont ravagé l'Afghanistan

Dans le passé, l'URSS a participé au maintien de l'ordre mondial dans le cadre de sa coexistence pacifique avec l'impérialisme. L'intervention militaire soviétique en Afghanistan de 1979, s'inscrivait dans ce cadre, l'Afghanistan étant considéré comme faisant partie de la zone d'influence de la bureaucratie du Kremlin. En dix ans, la guerre entre les troupes soviétiques et les moudjahidines (soutenus et financés par la CIA) a fait plus d'un million de morts dans la population afghane, dont la majorité de civils, et 14.000 morts dans l'armée soviétique.

Après le retrait des troupes soviétiques en 1989, une lutte armée a opposé les Talibans (commandés par le mollah Omar) à l'Alliance du nord ayant à sa tête le commandant Massoud. En 1996, les Talibans, soutenus par les Etats-Unis, sont parvenus à s'imposer et à prendre le pouvoir. La guerre déclenchée par les Etats-Unis en 2001 correspond donc à un renversement d'alliances: les Talibans, auparavant soutenus par les Etats-Unis, devenaient un adversaire. S'il paraissait difficile, voir impossible, de les anéantir, il fallait du moins réduire fortement leur influence.

Un bourbier semblable à celui du Vietnam

En septembre 2010, cela fera 107 mois que les troupes impérialistes sont en Afghanistan, soit plus longtemps que l'armée américaine au Vietnam où elle est restée 103 mois. Les troupes de l'Oncle Sam ont certes perdu moins de soldats qu'au Vietnam (un millier en Afghanistan, plus de 58.000 au Vietnam). Mais Ben Laden court toujours et les Talibans sont loin d'être affaiblis. Ils se sont même renforcés dans le Sud et sont capables de mener des opérations militaires jusque dans la capitale.

Les Etats-Unis ont mis en place un régime fantoche corrompu avec à sa tête Hamid Karzaï, un aventurier politique d'origine pachtoune qui, après avoir soutenu Massoud, a collaboré avec les Talibans lors de leur prise du pouvoir en 1996, avant d'être porté à la tête du pays par les milieux néoconservateurs américains de la Maison Blanche. Le régime de Karzaï, dont l'autorité au-delà de la capitale Kaboul est extrêmement limitée, ressemble comme deux gouttes d'eau au régime fantoche sud-vietnamien porté à bouts de bras pendant des années par les Etats-Unis et qui s'est effondré comme un château de cartes peu après le retrait des troupes US.

La déroute de la stratégie de la contre-insurrection

Présenté jusqu'ici comme l'homme providentiel capable mener à bien la stratégie choisie par Obama, le général McChrystal, commandant des forces américaines et de celles de l'OTAN en Afghanistan, était parvenu, en décembre 2009, à obtenir du président américain l'envoi de 30.000 hommes supplémentaires en Afghanistan. Il vient d'être limogé en juin dernier pour s'être moqué ouvertement du vice-président Joe Biden et est remplacé par le général Petraeus, précédemment chef d'état-major en Irak. Petraeus, qui est un peu plus poli que son prédécesseur, représente un changement sur la forme et non sur le fond. Car les deux militaires sont partisans de la doctrine de la contre-insurrection (COIN) qui consiste à occuper militairement le terrain de façon massive, de tenter de gagner la confiance de la population et de ne pratiquer que des frappes militaires très ciblées contre l'ennemi tout en évitant de commettre des "dégâts collatéraux" (c'est-à-dire de tuer inutilement des civils innocents). Cela c'est la théorie.

En pratique, sur le terrain, la population civile subit de plein fouet la guerre et le ressentiment est immense. Au cours des quatre premiers mois de 2010, les forces de l'OTAN ont tué quelque 90 civils, soit une hausse de 76% par rapport à la même période en 2009. Pour éviter ce genre de bavures, McChrystal avait donné des consignes strictes de prudence: "Pour chaque innocent que vous tuez, vous vous créez dix nouveaux ennemis". En vain.

Curieusement, cette doctrine de la contre-insurrection s'inspire des échecs militaires de la France en Algérie (1962) et des Etats-Unis au Vietnam (1975). Elle exige avant tout un gouvernement qui soit crédible et légitime aux yeux de la population. C'est-à-dire l'inverse du régime de Hamid Karzaï dont la réélection en août 2009 a été invalidée pour raison de fraudes massives, et dont la "victoire" électorale au deuxième tour du scrutin n'a été acquise que par le désistement de l'autre candidat. En fin de compte, les Talibans ne cessent de gagner du terrain. 101 soldats de l'OTAN ont été tués au cours des six premiers mois de 2010.

Négociations inévitables avec les Talibans

Conscients de l'impasse, les responsables européens pressent les Américains d'entreprendre des négociations avec les Talibans afin de trouver un compromis politique avant d'entamer le retrait des troupes. Karzaï, qui sent le vent tourner, veut parler avec les Talibans. Après la réunion de la Loya Jirga (Grande assemblée du peuple afghan), de juin dernier, il a demandé lé libération de certains prisonniers talibans détenus par les Américains. Le président afghan multiplie d'autre part les contacts avec les responsables pakistanais qui représenteront un intermédiaire important dans les négociations avec les Talibans. Certains chefs talibans, de leur côté, ont fait savoir qu'ils étaient prêts à discuter avec les Américains.

Pour l'instant les conseillers d'Obama croient encore en la possibilité d'infliger une défaite militaire majeure aux Talibans. Pourtant la partie se jouera sur le terrain politique et non sur le terrain des opérations militaires. Plusieurs questions subsistent. Les Talibans afghans sont-ils prêts à négocier une paix au prix de l'abandon de leurs relations avec Al-Qaïda? Le Pakistan ne profitera-t-il pas de la situation pour dicter ses conditions à Kaboul? Mais une chose est certaine: les Etats-Unis ont dores et déjà perdu cette guerre et ils devront rapatrier leurs troupes sans avoir atteint les objectifs qu'ils s'étaient fixés il y a près de 10 ans.

Notes

(1) L'armée belge, de son côté, participe aux opérations militaires en Afghanistan à Kaboul (protection de l'aéroport), à Kunduz (déminage, neutralisation d'explosifs, protection de l'aéroport et déchargement du fret) et à Kandahar (avions de combat F-16). Elle fournit aussi des instructeurs chargés de former et d'appuyer un bataillon afghan.

(2) L'Alliance du Nord a été dirigée par le commandant Massoud jusqu'au 9 septembre 2001, date de son assassinat.

Guy Van Sinoy, Charles-André Udry

Jeudi, 09 Septembre 2010

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3-4 Neuf ans de guerre en Afghanistan: signes de négociations avec les résistants.

La guerre en Afghanistan est entrée jeudi dans sa 10e année alors que les forces internationales cherchent une stratégie de sortie et que les signes de négociations entre des résistants et le gouvernement du président Hamid Karzaï se multiplient.

Le 7 octobre 2001, des missiles de croisières Tomahawks et des bombes larguées par des bombardiers B1 et B52 frappaient Kaboul et plusieurs villes d'Afghanistan: l'opération Justice sans limite menée par les Américains et les Britanniques venait de commencer. Et deux mois plus tard, le régime des résistants tombait.

Neuf ans après, ce qui ne devait être qu'une chasse aux commanditaires des attaques du 11 septembre a tourné au bourbier et au casse-tête politico-militaire.

Le nombre de soldats des forces internationales a été multiplié par dix, les Afghans ont voté à quatre reprises pour élire leur président et leurs députés, des milliards de dollars d'aide internationale ont afflué dans le pays, mais le constat est clair: depuis trois ans, l'insurrection a gagné du terrain et en intensité et les pertes des forces internationales, comme celles des civils, atteignent un niveau record.

Du coup, l'idée qu'une négociation avec les résistants est la seule solution pour mettre fin au conflit n'a jamais été aussi largement partagée.

Le patron des forces américaines et internationales en Afghanistan, le général David Petraeus, a indiqué fin septembre à l'AFP que des résistants avaient commencé à "approcher" le gouvernement et les militaires étrangers pour déposer les armes. "Ce sont les toutes premières étapes. Je ne pense pas qu'on puisse parler de négociations, il s'agit des toutes premières discussions", avait déclaré le général américain, qui commande plus de 152.000 militaires étrangers déployés.

"Certains viennent voir le gouvernement, d'autres viennent nous voir", avait-il précisé.

"La réconciliation avec les hauts responsables des résistants est du domaine du gouvernement afghan", avait souligné Petraeus, confirmant que de hauts responsables des résistants avaient pris contact avec Kaboul.

Le quotidien américain Washington Post a rapporté mercredi que, pour la première fois, des représentants autorisés du commandement suprême des résistants dirigé par le mollah Mohammad Omar, menaient des pourparlers en secret avec le gouvernement.

Des sources ont indiqué au quotidien américain que les dirigeants résistants savent "qu'ils vont être marginalisés" et qu'ils ont décidé de participer aux pourparlers pour maintenir leur position au sein de la direction des résistants.

"Ils savent que des éléments plus radicaux sont en train d'être promus au sein du mouvement", a ajouté la source citée par le Washington Post.

De son côté, le Guardian a rapporté jeudi que les gouvernements afghan et américain avaient eu récemment des contacts avec les résistants du réseau Haqqani, un des ennemis les plus redoutés par les forces de l'Otan. Le groupe est proche des résistants et est responsable de quelques-unes des attaques les plus meurtrières. Il entretient des liens étroits avec des groupes islamistes étrangers, dont Al-Qaïda.

Parallèlement, le président Karzaï a mis en place un plan de réconciliation avec les résistants, qui consiste notamment à financer un programme visant en priorité les rebelles - "soldats" de base de l'insurrection - qui déposeraient leurs armes en échange d'emplois et d'argent.

Et il a officiellement inauguré jeudi le Haut conseil de la paix, chargé d'établir des contacts avec les résistants.

"Chaque province, chaque district, chaque village attendent du Haut conseil de la paix des efforts. Des efforts pour rétablir la paix sur cette terre", a déclaré le chef de l'Etat afghan lors de l'inauguration du conseil.

Cette commission - qui comprend près de 70 membres, dont des chefs de guerre, des femmes et des membres du gouvernement - se veut une enceinte de négociations et doit représenter l'ensemble de la société, dans des discussions de paix avec les résistants.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gZ8N6c...


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