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22/10/2010

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Fin : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.

N° 554 - Dossier de Palestine - 21-10 - : Fin   : - : La reconnaissance d'Israël comme Etat juif est dur à vendre.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                 



Dossier de Palestine

N° 554                                                     21-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Le sionisme ne passera pas, le BDS aura sa peau ! Le combat continue.

3-2 Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-3 Ronnie Ksrils : Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

3-4 Sami Hermez : Réponse à celles et ceux qui critiquent le mouvement de boycott.

3-5 Alima Boumediene-Thiery : "Le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France".

3-6 Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l'Égypte »…

3-8 Silvia Cattori : Un bateau Swiss Made pour Gaza.

3-9 De Londres à Gaza.


3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 Le sionisme ne passera pas, le BDS aura sa peau ! Le combat continue.
Chères amies, Chers amis,
Les parties civiles et le ministère public qui attaquaient la sénatrice Alima Boumediene-Thiery (Verts) et Omar Slaouti (NPA) pour leur participation à une action de boycott des produits israéliens dans le magasin Carrefour de Montigny ont été déboutées ce jeudi 14 octobre 2010 par le tribunal de Pontoise.
Après que Me Antoine Comte, avocat de la défense eut fait valoir les nombreuses irrégularités commises par les plaignants dans cette affaire, les juges n'ont même pas estimé nécessaire d'entendre développer les autres arguments sur le fond.
Courageux, mais pas téméraires, ni le colon israélien Sammy Ghozlan, ni son acolyte du CRIF William Goldnadel (également israélien), ne se sont montrés au procès. Ils sont restés chez eux.
En revanche, les militants se sont massivement déplacés pour soutenir Alima et Omar et pour réaffirmer leur détermination à poursuivre et amplifier la campagne de boycott, désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël. Ils sont venus par centaines malgré les grèves des transports. Ils sont venus de différents coins de France et même de Belgique. Nous sommes, pour beaucoup, allés en cortège de la gare Pontoise jusqu'au tribunal, où les prises de paroles et les slogans ont scandé la totalité de l'après-midi, jusqu'à l'annonce de cette victoire peu avant 18 H.
Un immense merci à tous ceux qui, depuis des mois, se mobilisent pour le droit et la justice.

Le combat n'est pas terminé.

Le jugement en appel de sakina Arnaud à bordeaux sera rendu le 22 octobre prochain, et le procahin procès BDS sera celui de nos camarades de Mulhouse le 29 novembre.
Mais une manche importante vient d'être gagnée : ne boudons pas notre plaisir !
Amicalement

CPCP/IRC !  
CAPJPO-EuroPalestine


3-2 Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

Le sionisme, ennemi du Genre Humain, n'a rien à nous interdire en ce qui concerne le boycott de son état. Les "agents" sionistes n'ont aucun ordre à nous donner en ce qui concerne notre choix d'acheter tels produits plutôt que tels autres. Nous boycottons la Chine parce qu'elle torture les animaux, au même titre, nous boycottons l'état sioniste pour son Inhumanité et parce qu'ils vend des produits qui viennent de terres qu'il a volé à un Peuple. Les "agents" sionistes n'ont aucune leçon de morale à nous donner non plus. Aux Juifs encore moins qu'aux autres. Nous leur dénions ce droit car pour nous ils n'ont ni Morale, ni Moralité, ni Ethique. Ils ne peuvent prétendre à nous servir d'exemple quand on voit la politique criminelle qu'ils soutiennent. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. De surcroit, nous vivons en France et ici ce n'est pas chez eux. Ils n'ont pas à dicter leur conduite aux Français, aux Français Juifs moins qu'aux autres. Nous sommes assez grands et suffisamment Elevés en Conscience pour savoir où se situent le Bien et le Mal. Si pour eux, Voler, Tuer, Mentir, c'est bien alors... ceci implique qu'ils se situent aux Antipodes du Bon Jugement. Ils n'ont donc pas à Juger ceux qui se conforment aux Valeurs et Lois Morales.

Pour combattre le Sionisme, il faut en faire une affaire de Conscience. Ceci seul importe. Notre Conscience est notre Dieu, notre Guide, selon les Lois Humaines rétablies par Yeshoua, et tous ceux qui vont à l'encontre de ces Lois sont les Ennemis des gens sensés. Nous n'avons ni à subir leur chantage, ni à supporter leurs menaces, ni à nous laisser fléchir par leur fausse Justice. Ils ne sont pas nos Maîtres, et nous, pas leurs Esclaves.

Vendredi 8 octobre

http://www.europalestine.com/spip.php?article5468
http://www.fischer02003.over-blog.com/article-proces-politique-58470963.html
http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/10/07/PROCES-POLITIQUE


3-3 Ronnie Ksrils : Le boycott d’Israël par l’Afrique du Sud.

Un boycott international a contribué à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud ; aujourd’hui, les Sud-Africains sont à la tête de l’opposition mondiale au racisme en Israël, écrit Ronnie Kasrils.

 Des personnalités sud-africaines, dont Desmond Tutu, ont approuvé  les récentes initiatives de boycott des institutions israéliennes.

Quand le dirigeant Albert Luthulli fit appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne le boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid en 1958, la réponse fut un vaste et enthousiaste mouvement qui joua un rôle important dans la fin de l’apartheid. Au milieu des boycotts sportifs, des engagements d’auteurs dramatiques et d’artistes, des actions de travailleurs pour bloquer les produits sud-africains et les empêcher de pénétrer le marché local, et de la pression constante sur les Etats pour qu’ils retirent leur soutien au régime d’apartheid, le rôle des universités se trouva lui aussi en première ligne.

 L’une des avancées significatives fut la résolution prise par 150 universitaires irlandais de ne pas accepter de postes universitaires ou de nominations en Afrique du Sud. En 1971, le Conseil du Trinity College de Dublin prit la décision de ne pas acquérir de participation dans toute entreprise de la République qui aurait des échanges commerciaux même par l’intermédiaire d’une filiale. Le Conseil décida par la suite que l’université ne conserverait aucun lien officiel ou institutionnel avec toute institution universitaire ou gouvernementale en Afrique du Sud.

Près de quatre décennies plus tard, la campagne de boycott, de désinvestissements et de sanctions gagne du terrain une fois encore en Afrique du Sud, et cette fois, contre l’apartheid israélien.  

Déjà ce mois-ci, plus de 100 universitaires dans toute l’Afrique du Sud, de plus de 13 universités, ont apporté leur soutien à l’initiative de l’université de Johannesburg pour qu’il soit mit fin à la collaboration avec l’occupation israélienne. La campagne a encore progressé depuis et elle inclut aujourd’hui 200 sympathisants. La pétition universitaire sur l’ensemble du territoire, appelant à résilier tout accord entre l’université de Johannesburg et l’université israélienne Ben-Gourion au Néguev, a suscité un intérêt considérable. Avec la récente approbation de certaines voix éminentes d’Afrique du Sud, telles que Kader Asmal, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Mahmood Mamdani, Barney Pityana et Desmond Tutu, la déclaration confirme toute la force qu’a prise l’appel au boycott en Afrique du Sud :  « Nous, universitaires, reconnaissons que tous nos travaux universitaires s’inscrivent dans des contextes sociaux larges - particulièrement dans des institutions qui sont engagées dans la transformation sociale. Les institutions sud-africaines ont l’obligation de revoir les relations qu’elles ont forgées durant l’ère de l’apartheid avec d’autres institutions qui ont fermé les yeux sur l’oppression raciale, au prétexte d’un travail "purement universitaire ou scientifique" ».  

Les universités israéliennes ne sont pas visées par le boycott à cause de leur identité ethnique ou religieuse, mais de leur complicité avec le système israélien d’apartheid. Comme les universitaires qui soutiennent l’appel l’expriment avec clarté dans leur déclaration, l’université Ben-Gourion entretient des liens matériels avec l’occupation militaire. Les attaques d’Israël contre Gaza en 2009, qui coûtèrent la vie à plus de 400 enfants, ont suscité une large condamnation internationale. La violation par Israël du droit international fut confirmée plus tard par le juge sud-africain, Richard Goldstone, dans son rapport aux Nations-Unies. L’université Ben-Gourion a directement et indirectement soutenu ces attaques en offrant des bourses et des cours en supplément aux étudiants qui avaient été enrôlés dans les unités combattantes actives et en fournissant des garanties spéciales aux étudiants partis dans le cadre de la réserve pour chaque jour de service.

La position de principe des universitaires en Afrique du Sud par laquelle ils prennent leur distance avec les institutions qui soutiennent l’occupation est à l’image des avancées déjà enregistrées en faisant valoir que le régime israélien est coupable d’un projet colonial illégal et immoral. Le Conseil de Recherches en sciences humaines d’Afrique du Sud, dans une réponse lors d’une enquête demandée par le gouvernement sud-africain en 2009, publia un rapport qui confirme que le racisme structurel et l’oppression imposés quotidiennement par Israël sont constitutifs d’un régime d’apartheid et de colonialisme, semblable à celui qui modela nos vies en Afrique du Sud.

Plus récemment, la réaction internationale à l’attaque honteuse contre la Flottille (le 31 mai dernier) qui transportait des fournitures médicales et d’autres produits de base pour la population ghettoïsée de Gaza fut un signe de l’érosion de la légitimité d’Israël aux yeux de la communauté internationale. En Afrique du Sud, le rappel de notre ambassadeur en Israël et la délivrance à l’ambassadeur d’Israël à Pretoria de l’une des formes les plus dures de condamnation diplomatique, de démarche, fut une déclaration forte où le gouvernement sud-africain reconnaissait que les actes d’Israël méritaient notre plus grand mépris.

La campagne de boycott, désinvestissements et sanctions contre Israël est maintenant lancée en Afrique du Sud. Les syndicats d’Afrique du Sud ont publiquement apporté leur soutien ; tout particulièrement par l’action de l’an dernier du syndicat sud-africain des travailleurs des Transports et activités connexes où ils refusèrent de décharger tout produit israélien sur le port de Durban - un engagement qui fut renouvelé en juillet de cette année.  

Le boycott par les consommateurs gagne également du terrain, notamment avec le lancement récemment d’une campagne publique qui amène les militants sud-africains à boycotter la firme Ahava, les Cosmétiques de la mer Morte, et à rejoindre le mouvement international de boycott des produits israéliens.

La campagne de boycott et de sanctions contre l’apartheid d’Afrique du Sud a, en fin de compte, aidé à libérer tant les Blancs que les Noirs sud-africains. Les Palestiniens et les Israéliens profiteront de la même manière de cette campagne internationale non violente - une campagne que tous les Sud-Africains peuvent faire avancer.

La pétition demandant à mettre fin aux relations entre l’université de Johannesburg et l’université Ben-Gourion du Néguev est disponible sur : http://www.ujpetition.com

Vote du 30 septembre 2010 : Les champions sud-africains du boycott universitaire d’Israël  

PACBI (Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël) se félicite de la décision du Sénat de l’Université de Johannesburg « de ne pas poursuivre une relation de longue date avec l’Université Ben Gourion en Israël dans sa forme actuelle » et de fixer des conditions « à la poursuite des relations ».  

Le fait que le Sénat de l’université de Johannesburg ait fixé un ultimatum de six mois à l’université Ben Gourion pour mettre fin à sa complicité avec l’armée d’occupation et pour que cessent les politiques de discrimination raciale contre les Palestiniens est vraiment un début significatif du recul de l’attitude « les affaires d’abord » qui a régi les accords entre les deux institutions jusqu’à tout récemment.  

PACBI salue chaleureusement tous ceux qui ont travaillé en ce sens et qui ont approuvé la campagne pour rompre les liens avec l’université Ben-Gourion. La pétition sans précédent approuvée par les directions de quatre universités sud-africaines et par des personnalités de premier plan tels que l’archevêque Desmond Tutu, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Barney Pityana, et Kader Asmal, ne mâche pas ses mots en appelant à rompre des liens avec Ben-Gourion et, implicitement, avec toutes les institutions israéliennes qui se rendent complices des violations du droit international.

PACBI

* Ronnie Ksrils

Diffusé le 30 septembre par omar.barghouti2@gmail.com à partir de l’article : South Africa Champions the Academic Boycott of Israel (PACBI)

 

* Ronnie Ksrils a milité de longues années dans les structures clandestines de l’ANC [African National Congress - Mouvement anti-appartheid en Afrique du Sud]. Il a assuré plusieurs fonctions ministérielles dans les gouvernements post-apartheid.

Du même auteur :

  Israël 2007 : pire que l’apartheid - 1er juin 2007

29 septembre 2010 - The Guardian - traduction : JPP

SourcesInfo-Palestine

Posté par Adriana Evangelizt

http://palestine.over-blog.net:80/article-le-boycott-d-israel-par-l-afrique-du-sud-58502894.html


3-4 Sami Hermez : Réponse à celles et ceux qui critiquent le mouvement de boycott.

C’est le niveau élevé du soutien dont profite Israël qui rend cet Etat si prédisposé au BDS... Israël serait incapable de continuer l’occupation ne serait-ce qu’un seul jour, sans le soutien des Etats-Unis et de l’Union européenne.

L’appel au boycott invite les Israéliens à se tenir aux côtés des Palestiniens, en solidarité.

Au cours de ces trois dernières années (2007/2009), le mouvement de boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël a fait un grand pas en avant. Beaucoup de personnes dans le monde ont répondu à cet appel, des actions d’organisations dans les supermarchés en France et en Grande-Bretagne, protestant contre les produits israéliens fabriqués ou cultivés dans les colonies, jusqu’aux cinéastes qui retirent leurs films des festivals, et aux personnalités israéliennes qui prennent publiquement position en faveur du mouvement BDS. Rien que dans une période récente, un fonds norvégien de plusieurs milliards s’est désinvesti de l’entreprise israélienne d’armement Elbit, pendant que d’autres entreprises, comme Véolia, conglomérat français impliqué dans la construction et la gestion du tramway de Jérusalem, essuyaient des revers grâce à la mauvaise publicité que le mouvement de boycott avait générée.

La liste des actions BDS qui furent couronnées de succès est devenue bien trop longue pour les énumérer toutes, et pourtant, il y a encore beaucoup de gens qui ne croient pas dans ce mouvement et qui émettent des réserves sur un certain nombre de points. Ils expriment deux préoccupations principales auxquelles il est rarement répondu, ou seulement de façon superficielle. La première c’est, pourquoi y a-t-il un mouvement de boycott contre Israël, et pas contre d’autres pays comme la Chine, le Soudan ou les Etats-Unis. Cette objection est souvent associée à l’idée que ce boycott serait inhérent à de l’antisémitisme. La seconde préoccupation met en avant que le boycott serait anti-dialogue, un argument qui va de pair souvent avec l’accusation qu’il serait une censure et constituerait une forme de punition collective.

Le boycott d’autres pays

Deux récentes déclarations publiques sur le boycott au cours de cet été, celles de Naomi Klein (1) et de Neve Gordon (2), anticipent toutes les deux la première critique, mais sans aller suffisamment loin dans leur argumentation pour démontrer pourquoi il est nécessaire de boycotter Israël et pourquoi nous ne boycottons pas d’autres pays. Gordon ne pose la question que pour l’ignorer presque complétement, pendant que Klein fournit deux explications qui, associées, commencent à former une réponse cohérente. Dans son article publié par The Nation le 8 janvier 2009, répondant à la question, pourquoi ne boycottons-nous pas d’autres pays occidentaux qui violent également les droits de l’homme, Klein dit : « Le boycott n’est pas un dogme ; c’est une tactique. La raison pour laquelle la stratégie BDS doit être essayée contre Israël est pratique : dans un pays si petit et si dépendant commercialement, elle peut vraiment marcher. » Bien qu’il soit exact, cet argument ne répond pas pleinement aux critiques.

Il existe plusieurs autres raisons pour lesquelles nous ne boycottons pas certains des autres pays cités ci-dessus. De loin la plus importante, et abordée brièvement par Klein lors de son interview par Cecilie Surasky pour Alternet (1), le 1er septembre 2009, c’est que les gens à travers le monde ne boycottent pas, en réalité ils répondent à un appel au boycott qui émane de la société civile palestinienne. Klein n’est pas la première à dire cela ; des vétérans de la campagne antiapartheid pour l’Afrique du Sud, dont le boycott fut un succès, ont également insisté sur la nécessité qu’il y avait de se tenir aux côtés des communautés autochtones. Le boycott est une initiative qui tient compte de ce que demande la communauté opprimée et il suit son exemple. L’idée est qu’il n’existe aucun mouvement, en dehors du Tibet dans le cas de l’oppression chinoise, ou de l’Iraq dans celui de l’occupation américaine, qui appelle la communauté internationale à un boycott. C’est important ! Le mouvement BDS vient de l’intérieur de la société palestinienne et c’est ce facteur qui le rend si puissant et si efficace. S’il y avait des appels à boycott venant de l’intérieur de pays comme les Etats-Unis, la Chine ou la Corée du Nord, contre ces gouvernements oppresseurs, alors il serait intéressant d’entendre de tels appels.

La remarque initiale de Naomi Klein, où elle dit que BDS n’est pas dogmatique mais tactique, est cruciale ; elle est cruciale en ce sens que le mouvement ne prétend pas que BDS puisse être utilisé avec succès dans chaque combat contre l’oppression partout où il se déroule, mais que dans certains cas d’apartheid ou d’oppression coloniale, c’est un outil hautement efficace. Le cas d’Israël s’avère particulièrement saillant parce que ce pays reçoit un montant quasiment surréaliste d’aides et d’investissements étrangers venant du monde entier, la plupart des Etats-Unis notamment grâce auxquels il bénéficie d’un statut spécial. Cela rend l’Etat israélien et ses institutions encore plus responsables de leurs actions quotidiennes devant la communauté internationale que dans le cas d’un pays comme le Soudan, fréquemment évoqué par les critiques du boycott à cause de la violence au Darfour. Cela signifie aussi, dans le cas du boycott et du désinvestissement économiques, que la communauté internationale doit cesser (à peine une punition) ses cadeaux et son soutien, au lieu de permettre à Israël de jouir de son statut spécial. C’est le niveau élevé du soutien dont profite Israël qui rend cet Etat si prédisposé au BDS, alors que pour certains des autres pays souvent cités dans les débats sur le boycott, comme dit Klein, « il y a (déjà) des sanctions très claires de la part des Etats contre ces pays. »

Dans le même article de septembre (1), Yael Lerer, éditeur israélien, interviewé aux côtés de Klein, reprend cette position : « Ces pays ne disposent pas de festivals de films, et Madonna ne va pas faire de concerts en Corée du Nord. Le problème ici, c’est que la communauté internationale traite Israël comme si c’était un Etat normal, comme si c’était un Etat européen, occidental. Et c’est cela la base de l’appel au boycott : la relation particulière que les universités israéliennes ont avec les universités européennes et celles des Etats-Unis, une relation que les universités du Zimbabwe n’ont pas. Je crois qu’Israël serait incapable de continuer l’occupation ne serait-ce qu’un seul jour, sans le soutien des Etats-Unis et de l’Union européenne. »

Celles et ceux qui critiquent BDS doivent garder à l’esprit l’aspect tactique du mouvement. Nous ne pouvons pas boycotter tous les pays dans le monde, mais cela ne veut pas dire que le BDS contre Israël ne peut être utilisé comme un outil pour obliger à reconstruire les relations entre Palestiniens et Israéliens. Cela nous amène à l’autre critique du boycott, qui l’accuse d’être anti-dialogue.

Le boycott est le dialogue

Depuis la signature des accords d’Oslo en 1994, beaucoup ont suivi ce chemin du dialogue - j’ai essayé pendant plusieurs années - et ils ont constaté que c’était une stratégie qui ne cherchait qu’à gagner du temps, pendant que le gouvernement israélien construisait sa réalité sur le terrain. Nous avons vu que dialoguer était devenu le slogan des anciens criminels pour leur permettre de se laver les mains du sang qu’ils avaient fait couler et apparaître comme des pacifiques alors qu’ils poursuivaient leurs stratégies d’oppression ; le président israélien Shimon Peres a été un maître dans l’art d’utiliser de telles tactiques. J’ai constaté sur les campus universitaires aux Etats-Unis, où j’ai étudié, que le dialogue était une façon de neutraliser la confrontation, et d’aseptiser un conflit sale. Mais éviter la confrontation ne fait que favoriser le statu quo, et le statu quo, jusqu’à la campagne BDS, était en faveur de l’occupation.

Le mouvement de boycott va, bien sûr, à l’encontre de tels dialogues, mais il n’est pas contre le dialogue dans son sens véritable. En réalité, par son essence même, BDS est un mouvement qui suppose le dialogue, et qui réintroduit le sens du mot dialogue à sa juste place - celle où l’on voit une communication entre deux partenaires égaux, et non un occupant qui impose ses exigences et dicte ses conditions à l’occupé. BDS est censé promouvoir le dialogue en localisant ceux qui sont engagés dans un combat réel et constant contre le sionisme - et cela apparaît comme le plus approprié, non dans les formes économiques du boycott, mais dans ses formes culturelles et universitaires où artistes, musiciens, cinéastes, universitaires et autres personnalités culturelles, sont capables de se retrouver, de converser et construire des réseaux face aux institutions oppressives qui sont la véritable cible de ces boycotts. Là où le boycott économique crée une pression économique, le boycott culturel favorise le dialogue et la communication précisément parce qu’il rend honteux et fait fuir ceux qui collaborent directement avec le gouvernement israélien et ses institutions.

La force de toutes ces formes de BDS est dans leur reconnaissance que la vraie justice ne pourra s’exercer que quand Israéliens et Palestiniens œuvreront ensemble à une cause commune, quand ils se rendront compte que leur combat est partagé, et quand les Israéliens comprendront qu’ils doivent se sacrifier aux côtés des Palestiniens s’ils veulent une paix véritable. La force de BDS, c’est qu’il offre une alternative au combat national mené par le Hamas et le Fatah, et qu’il appelle les Israéliens à rejoindre les Palestiniens dans leur combat, à aller au-delà de cet espace, confortable, où l’on se contente de prêcher la paix, pour entrer dans le domaine de l’action qui exige une attitude qui dise « Non, pas les affaires d’abord ! ». En effet, BDS fournit les moyens de générer un mouvement nouveau qui peut être une réponse aux principaux partis politiques palestiniens qui ont bafoué le droit d’un peuple à résister, en dépit de leurs réalisations passées. Une part significative de ceci provient du fait que BDS permet un discours qui va au-delà de la « fin de l’occupation », qu’il pose les exigences du droit au retour et de l’égalité des droits pour les Palestiniens en Israël, comme priorités absolues.

Si Israéliens et Palestiniens peuvent construire un mouvement ensemble, s’ils peuvent lutter ensemble, alors ce mouvement incarnera le monde qu’ils souhaitent créer, un monde qui sera partagé. On le voit, BDS n’est pas une tactique pour un mouvement national ; à mesure qu’il prend de la force, on verra qu’il a des ennemis des deux côtés de la fracture nationaliste. Sa force en tant que tactique réside dans sa capacité à promouvoir un mouvement qui défie le discours nationaliste. Il peut créer les conditions rendant possible un mouvement qui reconnaisse que, même si l’autodétermination nationale reste un élément central dans un monde dirigé par des nationalismes antagonistes, elle ne doit pas être contrainte aux notions traditionnelles du nationalisme, basées sur la supériorité d’une ethnie et l’exclusion d’une autre, ou sur la force des partis politiques actuels. De cette façon, BDS n’est pas anti-dialogue, au contraire, il appelle les Israéliens à faire un pas en avant en envisageant collectivement un autre type de relation sur la terre d’Israël/Palestine.

Il est temps de sortir de nos espaces de confort pour nous confronter, de ne plus nous contenter de parler de tolérance et de dialoguer pour le plaisir de dialoguer. Il est temps de réaliser qu’un peuple reconnaît déjà l’humanité de l’autre, mais qu’une politique intervient pour veiller à ce que « nous », nous ne « leur » accordions pas cette humanité. Il est temps de réaliser que ce n’est pas l’Israélien qui est la cible du BDS, mais le gouvernement israélien et les institutions israéliennes qui collaborent à l’occupation des Palestiniens, les humilient et les diabolisent. Enfin, il est temps de réaliser que BDS est une stratégie non violente, qui peut réussir, précisément parce qu’il travaille à faire évoluer doucement des attitudes et à construire des ponts vers une vision commune de la justice et de l’égalité, et parce qu’il crée économiquement un véritable sentiment de manque à gagner, par conséquent, une véritable pression sur les gouvernements et institutions israéliens, qui va au-delà d’un « processus de paix » pour la forme.

(1) - Naomi Klein : boycotter Israël sans mettre fin au dialogue sur la Palestine - Cecilie Surasky

(2) - Boycotter Israël : une stratégie, pas un principe - Neve Gordon

Sami Hermez

Sami Hermez prépare un doctorat en anthropologie à l’université de Princeton, et travaille sur les questions de la violence et de la non-violence.

mercredi 13 octobre 2010


3-5 Alima Boumediene-Thiery : "Le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France".
Dans une interview au quotidien algérien La Nouvelle République, la sénatrice livre sa réaction face aux manoeuvres d’intimidation en cours.
Interview de M. Hadj Hamiani

Que pensé de ce procès ?
C’est un procès politique, évidemment, et à mon avis avec des relents racistes…Au préalable, il faut savoir que la garde des sceaux, ministre de la justice, avait déclaré en séance publique de l’Assemblée Nationale qu’elle ne poursuivrait pas… car chaque citoyen, d’autant plus parlementaire avait une liberté d’expression, Or il en est rien… Elle a explicitement demandé au parquet de poursuivre avec un chef d’inculpation de « provocation à la discrimination en raison de l’appartenance à une nation ». Il est clair qu’un lobby a fait son travail, et personne n’ose jamais le nommer… Et bien je refuse de céder à cette peur, le lobby sioniste n’a pas à faire sa loi en France.
De plus, je ne suis pas la seule parlementaire à m’être engagée dans ce combat pour le respect du droit international et exiger la fin de l’impunité dont bénéficie Israël de la part des grands depuis plus de soixante ans ans. Nous sommes nombreux à soutenir qu’Israël se doit de respecter les résolutions de l’ONU et les accords d’association qu’il a signés avec l’Union européenne. Or, je suis l’unique parlementaire française qui a l’honneur d’une plainte et d’une poursuite au Tribunal…


Mon nom « Boumediene » y est peut être pour quelque chose ! Mais je suis fidèle à une tradition anti-colonialiste et suffisamment forte de mes convictions pour continuer le combat. Et puis je veux que
la Justice Française se prononce clairement, comme l’ont fait la Belgique, la Grande-Bretagne, …
D’une part, quid du Droit International, quand les Institutions internationales sont incapables de se faire respecter et que les citoyens prennent le relais pour combler leur déficit ? D’autre part, cette justice doit nous reconnaître le droit à la liberté d’expression en général, et le droit de critiquer la politique israélienne sans être qualifié antisémite, en particulier.
Je ne supporte plus ce chantage à l’antisémitisme ! Evidemment que l’histoire a été horrible et inacceptable pour les juifs en Europe, et que
la France en porte une grande responsabilité… Mais l’antisémitisme est une affaire trop sérieuse pour être utilisée à tord et à travers… et l’Histoire ne peut pas justifier les horreurs d’aujourd’hui !! On ne répare pas une injustice en créant une nouvelle injustice, en plus, envers un peuple qui n’a aucune responsabilité historique ! Et puis l’antisémitisme et l’antisionisme, c’est différent, ne faisons pas d’amalgame ! Faire croire à l’opinion publique, que c’est la même chose, est très dangereux et peut avoir des effets pervers…
Aujourd’hui, le sionisme est une politique de colonisations, d’occupations des terres et d’expulsions, et c’est au nom du sionisme qu’Israël commet des crimes comme à Gaza, à Naplouse, à Jenine… C’est inacceptable, comme tous les crimes contre l’humanité, qu’ils soient en Afrique, en Asie, au Moyen Orient… ou hier en Europe ! Pour ces raisons, je me reconnais comme anti-sioniste !
Que pensez-vous de ce grand soutien émanant de parlementaires ou de simples citoyens, Algériens, Français, Belges voire des Israéliens ?
Tout d’abord permettez moi de les remercier, en mon nom et au nom de tous les militants pour
la Justice et la solidarité avec le peuple palestinien, en particulier ces citoyens israéliens qui ont le courage de dire non à cette colonisation et qui ont compris que la paix ne peut pas se faire sans la justice. C’est aussi la preuve que ce problème n’est pas un problème entre « juifs et arabes » comme certains veulent le faire croire, mais bien un problème international qui doit interpeller tous les citoyens épris de justice, de paix et de liberté.
Cette dynamique est une opportunité pour aller plus loin et concrétiser nos grands discours. Des parlementaires arabes, africains, européens, etc… m’ont envoyé leur soutien, aussi, je m’adresse à eux pour leur dire : « continuons et allons plus loin… en tant que parlementaires, nous revient le droit de ratifier ou refuser des accords bilatéraux !… en tant que responsables et élus exigeons le gel de tous ces accords tant que le gel et le retrait des colonies ne sont pas effectifs !… Ayons le courage de dire que les droits humains ne doivent pas être sacrifiés pour des intérêts économiques et commerciaux ! … Exigeons que nos partis politiques soient cohérents et refusent toutes relations politiques avec les politiques israéliens qui ne feraient pas une priorité de cet objectif !
Je suis convaincue que ces actions non-violentes, néanmoins conséquentes auront de l’impact. Si tous les parlementaires, quelles que soient leurs couleurs et leurs choix politiques, mais qui ont à cœur ce problème, faisaient pression sur leur gouvernement, pour qu’un gel des relations diplomatiques et économiques soit décrété jusqu’à la fin de la colonisation par Israël et la reconnaissance d’un Etat Palestinien viable et indépendant, nous aurions fait un grand pas vers la paix !
Allez-vous continuer à boycotter les produits israéliens (BDS) ?
Evidemment, que nous allons continuer la campagne… la question ne se pose même pas… Nous ne sommes pas dans l’illégalité, mais dans la recherche de Justice. L’histoire nous a prouvé que la guerre contre l’Apartheid en Afrique du Sud a pris des années, mais que le boycott a été décisif ! Donc non seulement nous devons le poursuivre et l’amplifier au niveau commercial, mais aussi promouvoir le boycott dans tous les domaines… cela a commencé au niveau sportif, culturel,… alors, continuons au niveau universitaire, politique, touristique, … dans tous les domaines. Sans cesse, nous devons mettre à l’index la politique coloniale d’Israël et mettre les responsables au pied du mur, en exigeant la fin et le retrait des colonies, et l’application des résolutions internationales, de manière non-violente mais déterminée.
Qu’attendez-vous de ce procès ?
Qu’il rende à
la Justice la place qu’elle mérite ! Indépendante du pouvoir politique, et donc juger en son âme et conscience, en quoi nous avons enfreint la loi ? Elle doit refuser de criminaliser la solidarité, comme le demande la Chancellerie qui cède aux officines du CRIF, en nous poursuivant pour avoir osé critiquer Israël. Le droit de critiquer la politique menée par un Etat, quel qu’il soit, n’est pas un crime : cela relève de la liberté d’expression, et ce procès doit le dire avec force et vigueur ! Qu’il prouve que l’impunité d’Israël doit cesser et que les citoyens sont en droit de le revendiquer !
Exiger le respect du Droit International, de ses résolutions et de ses conventions, n’est pas illégal, me semble-t-il ?
Alors
la Justice française doit le dire comme l’ont dit hier la Justice belge, britannique… la Justice n’est pas à géométrie variable, selon les forces en présence dans le pays, elle est universelle non ? Je voudrais terminer par une phrase : « la force sans le droit c’est la barbarie, mais le droit seul est faible, c’est la force du droit qui doit s’imposer … et l’opinion publique internationale constitue la force nécessaire pour que le droit devienne efficace ».

6-10-2010

http://www.europalestine.com/spip.php?article5468


3-6 Mohammad Sawalha : « Nous attendons depuis une semaine à Lattaquié le feu vert de l'Égypte »…
Entretien

Intervieuw : Silvia Cattori

Mohammad Sawalha, vice président du Comité international pour briser le siège de Gaza, exprime, dans cet entretien, son inquiétude au sujet des difficultés que les autorités égyptiennes imposent au convoi Viva Palestina, bloqué depuis une semaine au port de Lattaquié en Syrie dans l’attente de l’autorisation égyptienne de se rendre à Al-Arish.

Silvia Cattori : Le cinquième convoi Viva Palestina [1] qui est parti de Londres le 18 septembre est bloqué à Lattaquié en Syrie depuis une semaine. Les autorités égyptiennes vont-elles laisser le convoi accoster à Al-Arish ?

Mohammad Sawalha : Tous les participants, qui sont venus de trois directions - le premier convoi d’Europe, le second d’Afrique du Sud, le troisième de Jordanie et des pays du Golfe - attendent maintenant au port de Lattaquié. Depuis une semaine, 400 personnes et 150 véhicules chargés de médicaments et de matériel scolaire attendent que l’Égypte accepte de leur accorder la permission de poursuivre leur route vers Gaza, en passant, comme elle l’avait initialement accepté, par Al Arish. Nous attendons la réponse des autorités égyptiennes. Nous leur avons donné, comme elles l’ont demandé, la liste des noms des participants, des véhicules et des produits que nous transportons. Nous avons rencontré l’ambassadeur égyptien à Damas en Syrie ; il nous avait promis de nous répondre samedi. Jusqu’à ce jour il ne nous a donné aucune réponse.

Silvia Cattori : Pour quelle raison les Égyptiens bloquent-ils le convoi ? Ils avaient pourtant défini et accepté cet itinéraire de longue date ?

Mohammad Sawalha : Ce n’est pas la première fois, malheureusement, que l’Égypte n’autorise pas nos convois à continuer naturellement leur route vers Gaza en passant par son territoire. Or, c’est la seule manière d’aller à Gaza. C’est pourquoi, de longue date, nous avons prié l’Égypte de ne pas nous donner de fausses informations. Notre objectif est de rappeler qu’Israël organise le siège contre les Palestiniens, et pas de donner l’impression que l’Égypte est partie prenante de ce siège. Les autorités égyptiennes nous ont promis de faire en sorte que tout se déroule bien. Mais jusqu’à maintenant rien ne se passe.

Silvia Cattori : Craignez-vous qu’elles aient changé d’avis sous la pression d’Israël ?

Mohammad Sawalha : Nous n’en avons pas la preuve. Nous sommes dans l’attente impatiente de poursuivre notre route. La manière avec laquelle ils ont agi avec nous auparavant, en nous retardant, cause de nombreux tracas et souffrances pour les participants ; nous avons avec nous des personnes âgées, l’une d’elle a 83 ans et un grand nombre ont plus de 60 ans. L’Égypte doit comprendre qu’il est inacceptable de laisser des gens souffrir de la sorte sans raison. Ils veulent juste aller à Gaza pour soutenir leur frères et sœurs.

Par leur présence les gens qui participent au convoi veulent simplement dire au monde que ce siège israélien n’a pas lieu d’être. C’est un siège criminel, et c’est le devoir de chacun d’aller au secours des habitants de Gaza pour leur apporter de l’aide.

Silvia Cattori : Après un si long voyage, trois semaines sur les routes dans des conditions très inconfortables, quel est le moral des participants ?

Mohammad Sawalha : Je puis vous assurer que, malgré les grandes difficultés auxquelles ils font face, leur moral est très haut. Ils sont conscients qu’ils servent une cause noble, leur objectif étant de défier le siège inhumain qu’Israël impose au peuple palestinien. Bien sûr, ils souffrent, surtout les gens plus âgés, mais chacun d’eux est prêt à attendre le temps que l’Egypte les autorise à continuer leur route.

Silvia Cattori : Le paradoxe n’est-il pas que, alors que le siège est imposé par Israël, dans cette histoire c’est l’Egypte qui se trouve ainsi en première ligne ?

Mohammad Sawalha : Ce n’est pas notre décision. Depuis le début, nous avons demandé aux autorités égyptiennes de nous laisser passer sans autres. Mais pour être francs, la politique égyptienne qui maintient fermée la frontière de Rafah, seule porte pour entrer à Gaza, n’est pas acceptable pour nous. Ils l’ouvrent parfois, comme après le massacre de Gaza, en disant que c’est pour des raisons humanitaires. Mais cela est inacceptable, cette frontière de Rafah devrait être toujours ouverte comme n’importe quelle frontière entre pays. Les Palestiniens ont le droit de vivre dans la dignité et la liberté comme n’importe quelle nation au monde. C’est ce que nous croyons et, pour cette raison, nous devons nous battre jusqu’à ce que nous ayons atteint cet objectif.

[1] Voir :
 « De Londres à Gaza – Entretien avec Kevin Ovenden », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 28 septembre 2010.
 « Le combat pour briser le siège illégal de Gaza continue », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 25
septembre 2010

Source : Silvia Cattori

11 octobre

http://www.silviacattori.net/...


3-8 Silvia Cattori : Un bateau Swiss Made pour Gaza.

Entretien avec le parlementaire suisse Jean-Charles Rielle

Réunis à Genève début octobre, les représentants de la Coalition internationale pour lever le siège de Gaza (Britanniques, Suisses, Grecs, Suédois, Malaisiens, Turcs, Etats-uniens, Norvégiens, Hollandais, Irlandais, Italiens, Algériens, Koweitiens, Jordaniens ainsi que d’autres pays arabes) ont affirmé leur détermination à briser le blocus maritime imposé par Israël à la population de Gaza.

Bien que le bateau suisse, soit prêt depuis août, il a fallu reporter le départ de la deuxième Flottille de la liberté au printemps prochain parce que de plus en plus de pays veulent la rejoindre.

Parmi les 45 passagers qui partiront sur le bateau suisse (il y a eu 500 demandes) il y a des parlementaires. Jean-Charles Rielle, 58 ans, député socialiste au Parlement suisse, qui s’exprime ici, est l’un d’entre eux.
Silvia Cattori : Vous venez d’annoncer (1) que vous partirez avec la nouvelle Flottille qui se mobilise en faveur de la population assiégée de Gaza. Cela vous honore, car peu de personnalités politiques osent s’exprimer de manière critique quand il s’agit d’Israël. Quel évènement vous a-t-il conduit à vous impliquer de la sorte ?

Jean-Charles Rielle : Je suis allé deux fois à Gaza, en janvier 2009 quelques jours après la catastrophe humanitaire provoquée par l’intervention israélienne, et en janvier 2010 pour faire un bilan un an après (2). C’est à ces moments-là, que j’ai pu effectivement mesurer l’ampleur du problème, et ses conséquences notamment pour la santé de la population qui subit ce siège. Le médecin que je suis a pu prendre la mesure de la gravité de la situation. Il est temps de faire cesser ce blocus pour que ce peuple puisse devenir libre. Libre de ses choix, libre de se déplacer, libre d’avoir accès à l’essentiel. Aucun pays, aucun peuple ne peut accepter d’être soumis à un tel blocus par une armée occupante.

C’est pour ces principes que, moi-même et quelques autres parlementaires, dont Josef Zisyadis et Carlo Sommaruga, nous nous battons en participant - si le calendrier des sessions parlementaires le permet - à cette Flottille. C’est un combat qui est simplement éthique et appelle à faire respecter le droit international.

Nous serions déjà partis avec la première Flottille de la liberté si son départ n’avait pas eu lieu au moment où nous siégions à Berne. J’aimerais vous dire que je me réjouis très fortement de cette grande coalition qui se met en place actuellement, du nombre de pays représentés et du nombre de bateaux. Il convient de tout mettre en œuvre pour que ce siège soit levé. Le fait qu’il y ait un bateau suisse parmi cette coalition, ajoute une symbolique importante.

Silvia Cattori : La dernière tentative s’est terminée dans le sang, avec l’assaut des commandos israéliens sur le Mavi Marmara qui ont tué neuf Turcs et en ont blessés cinquante autres. Y a-t-il plus de chances de faire céder Israël cette fois-ci ? Y a-t-il une garantie qu’Israël ne fera pas subir à cette deuxième Flottille les violences qu’il a infligées à la précédente ?

Jean-Charles Rielle : Par son ampleur, cette deuxième Flottille doit pouvoir continuer d’interpeller le monde entier sur la nécessité de lever ce blocus et a pour but de conduire, il faut l’augurer, à la levée de ce blocus qui frappe Gaza. On verra la réponse d’Israël à ce moment-là.

Silvia Cattori : Par ce blocus, Israël cherche à briser l’esprit de résistance du peuple palestinien et à le couper du Hamas. Ce qu’Israël redoute en vérité n’est-il pas l’impact politique de ces flottilles ? Autrement dit, ces internationaux qui se mobilisent pour Gaza ne font-ils pas passer l’idée que la résistance du peuple palestinien (qu’Israël qualifie de terrorisme) est un droit légitime ?

Jean-Charles Rielle : Mais la résistance est un droit légitime, et pas seulement pour le peuple palestinien. Tout peuple a le droit de disposer de sa liberté de mouvement, d’avoir accès à l’essentiel en matière de nourriture, et de tout ce qui fait qu’un homme est libre et qu’il peut s’assumer. Le droit international condamne ce blocus par Israël. Il faut qu’il soit respecté. En tant qu’élu au Conseil national, je représente le Canton qui est le dépositaire des Conventions de Genève. Il est important d’exiger que ce blocus soit levé.

Silvia Cattori : Israël peut faire tout ce qu’il veut parce que le rapport de force lui est favorable. Si les autorités de l’État d’Israël ont pu jusqu’ici mener une politique agressive contre leurs voisins arabes, n’est-ce pas parce qu’elles ont le soutien entier ou bienveillant des États occidentaux ? Berne n’est pas en reste, comme vient de le démontrer le voyage officiel en Israël de notre ministre de la défense, M. Ueli Maurer (3). Cet exemple n’indique-t-il pas qu’il n’y a pas à Berne de véritable volonté politique de rendre justice au peuple palestinien et que vos démarches pèsent de peu de poids ?

Jean-Charles Rielle : Ecoutez, si on pensait n’avoir aucun poids, on ne ferait pas tout ce que l’on est en train de faire avec la Flottille. Je crois que les rapports de force peuvent s’inverser lorsque l’on défend l’éthique et les droits fondamentaux.

Silvia Cattori : Le voyage de M. Maurer reflète-t-il la position du Conseil fédéral ?

Jean-Charles Rielle : Dans ce cas précis je rappelle que la politique menée par notre ministre des affaires étrangères, Mme Micheline Calmy-Rey, est très claire en ce qui concerne les droits du peuple palestinien. Il y a là, avec M. Maurer, un ministre qui a une autre sensibilité et qui, malgré toutes les demandes qui lui étaient adressées de ne pas se rendre en Israël, y est allé. Cela est grave, d’autant qu’en sa qualité de ministre de la défense, son voyage a une forte charge symbolique.

Que l’on s’en tienne, sur le plan diplomatique, à observer une certaine neutralité, cela on peut le comprendre. Mais M. Maurer, en tant que ministre de la défense de notre pays, se rend en Israël à un moment où il ne devrait pas y aller. Il a cru bon de favoriser les échanges militaires - et tout ce que cela peut comporter - à un moment tout-à-fait inopportun.

Quand nous l’entendons déclarer, en Israël, que sa visite se justifie parce que la Suisse , comme pays neutre, doit visiter tous les pays, nous disons que, dans ce cas précis, c’est injustifiable, car il s’agit ici d’un ministre de la défense qui négocie des contrats d’armes pouvant servir notamment à renforcer la politique que nous dénonçons.

Nous lui disons que sa place n’était pas en Israël ; que ce n’était pas un moment approprié et qu’il n’avait pas à aller en Israël. Il devra rendre des comptes à son retour, sur l’image qu’il fait porter à la Suisse par sa présence en Israël, en tant que ministre de la défense, alors que le blocus qui pèse sur Gaza viole le droit international.

Pour l’élu que je suis, le médecin que je suis, il s’agit d’œuvrer pour faire en sorte que le droit international soit respecté, que le siège de Gaza soit levé afin que le peuple palestinien puisse vivre libre. Il s’agit d’abord d’un combat éthique.

Silvia Cattori : Nous vous remercions.
Notes

 (1) Conférence de presse à Genève, le 11 octobre 2010, de la Coalition de la Flottille 2 de la liberté pour Gaza. Cette coalition fondée en avril 2010 par les ONG : The European Campaign to end the Siege on Gaza, Free Gaza Movement, The IHH Humanitarian Relief Foundation, Ship to Gaza- Sweden, Ship to Gaza-Greece rassemble aujourd’hui des centaines d’organisations et associations dans le monde. Le bateau suisse est soutenu par quelques 200 ONG.

(2) Voir : http://www.rielle.info/gaza2009.htm ; http://www.rielle.info/gaza2010.htm

(3) Voir : « Ueli Maurer en Israël sur fond de dégel », par Simon Bradley, Swissinfo, 8 octobre 2010. http://www.swissinfo.ch/fre/detail/content.html?cid=28504236&rss=true

15 octobre 2010

Copyright Silvia Cattori, Mondialisation.ca

Silvia Cattori est journaliste en Suisse. 

 Son site : http://www.silviacattori.net/

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=21470


3-9 De Londres à Gaza.

Entretien avec Kevin Ovenden

Soumise par Israël à un siège inhumain, menacée d’asphyxie, depuis ce jour de février 2006 où elle a voté massivement en faveur du Hamas, la population de Gaza n’a pas cédé au chantage de la faim comme l’escomptait Israël.

Le militant britannique Kevin Ovenden, coordinateur du cinquième convoi humanitaire ‘Viva Palestina’ (*) parti de Londres le 18 septembre 2010 en direction de Gaza, répond ici aux questions de Silvia Cattori.

Silvia Cattori : Dans quel état d’esprit avez-vous entamé ce cinquième convoi ? Les difficultés et les violences essuyées lors de vos précédentes expéditions [1] ne vous ont-elles pas effrayé ? N’avez-vous pas peur ?

Kevin Ovenden : Nous n’avons pas peur. C’est mon quatrième convoi vers Gaza. J’étais aussi à bord de la Flottille de la Liberté. Nous sommes conscients des difficultés. Elles sont de deux sortes. Il y a d’une part les difficultés logistiques, les imprévus du voyage, l’organisation de l’aide, l’organisation du transport, car une partie de notre voyage doit se faire par mer. Et il y a d’autre part les difficultés politiques parce que, bien sûr, certains s’opposent politiquement à ce que nous apportions une aide à Gaza. C’est en particulier le cas d’Israël, et de ceux qui collaborent au siège israélien illégal et immoral contre Gaza. Nous sommes donc conscients des difficultés, mais nous n’avons pas peur. D’abord parce que nous ne sommes pas seuls, parce que nous avons des millions de gens qui nous soutiennent. Quand nous sommes arrivés en France samedi, nous avons reçu un soutien extraordinaire. Nous savons que nous sommes massivement soutenus.

Silvia Cattori : Viva Palestina a été créé, en janvier 2009, par le député britannique Georges Galloway, pour apporter une aide humanitaire à la population assiégée de Gaza. Il s’agit d’un problème politique. Votre action n’a-t-elle pas avant tout une portée politique ?

Kevin Ovenden : En effet, notre mission est d’apporter de l’aide, de manière massive, pour mettre en évidence la question politique. Car la question politique est la cause des souffrances à Gaza. Les souffrances, à Gaza, ne sont pas dues à un désastre naturel, comme un tsunami, ou une inondation comme au Pakistan, elles sont dues à l’action politique d’Israël et de ses soutiens, qui affame la population de Gaza. Notre message est que le siège doit prendre fin. Le siège est injuste et insoutenable, et ce message doit passer. Après l’attaque contre le Mavi Marmara, même des hommes politiques qui, historiquement, avaient toujours soutenu les actions d’Israël, se sont permis de le critiquer, par exemple le Premier ministre britannique David Cameron qui, dans une récente déclaration à Istanbul, a décrit Gaza comme une prison à ciel ouvert. Les Israéliens lui ont demandé de corriger ses déclarations, mais il ne l’a pas fait.

Silvia Cattori : Ces convois et flottilles, déterminés à briser le siège qui affame Gaza, soulèvent l’admiration. Néanmoins, jusqu’ici, elles sont restées sans effet sur les autorités israéliennes. N’est-ce pas frustrant ?

Kevin Ovenden : Non, ce n’est pas frustrant, car nous devons nous rappeler que cela dure depuis très longtemps, depuis des décennies, depuis plus de 60 ans. Si vous avez une vision à long terme, il est clair que l’opinion publique dans le monde entier est en train d’évoluer contre Israël, et pas en faveur d’Israël. Vous pouvez le constater sur de nombreuses années. Mais si vous considérez seulement les quatre dernières années, l’attaque israélienne contre le Liban en 2006 a abouti à une défaite militaire et politique et, dans le monde, à une nouvelle compréhension de l’agression israélienne. Puis il y a eu l’attaque contre Gaza en 2008 et 2009 qui a entraîné en Occident un soutien aux Palestiniens plus fort que jamais et qui a mis sous pression ceux qui soutiennent Israël. Et maintenant l’attaque contre le Mavi Marmara a conduit à une délégitimation encore plus forte de la politique israélienne envers la Palestine. Ce n’est donc pas frustrant : si l’on considère le long terme, les choses évoluent dans notre sens.

Silvia Cattori : Ces liens de fraternité entre les peuples occidentaux et des Arabes et musulmans, qui se nouent autour de la mobilisation en faveur de Gaza, ne sont-ils pas ce que craint Tel-Aviv ?

Kevin Ovenden : C’est une très bonne question. Je dois dire qu’il s’agit d’un des développements majeurs entre les peuples du Moyen-Orient, les musulmans, et l’Occident, qui se rassemblent dans le monde, et Israël est très attentif aux conséquences de ce mouvement. C’est pourquoi les Israéliens et leurs partisans essayent de diviser ce mouvement, essayent de le diffamer, de le salir, de prétendre que ce mouvement est du « terrorisme islamique », des choses de ce genre. Ils craignent ce qu’ils appellent une « alliance rouge-verte ». Le rouge pour la gauche historique à l’Ouest, l’idéal historique de la gauche, de liberté, d’anticolonialisme, le meilleur idéal de la gauche, et le vert, non comme la couleur des écologistes mais comme la couleur de l’Islam, des musulmans, des gens qui sont également contre l’injustice et peut-être inspirés par des motivations religieuses. Ils veulent donc briser cette alliance et nous, nous voulons résister grâce à cette alliance.

Silvia Cattori : Raison pour laquelle Israël tente le tout pour le tout depuis 2008 pour faire capoter vos entreprises et cherche à semer la division en incriminant les participants de confession musulmane, comme il l’a montré lors du massacre le 31 mai (1) contre la Flottille de la Liberté ?

Kevin Ovenden : Oui, vous avez tout-à-fait raison. Si vous la suivez, vous voyez que la propagande des Israéliens au sujet de l’attaque contre le Mavi Marmara consiste essentiellement à dire que « les gens qui étaient dans ce bateau n’étaient pas des gens normaux, n’étaient pas des militants pacifistes occidentaux ; les gens qui étaient dans ce bateau étaient des musulmans, des Turcs, des fondamentalistes, des terroristes… » Je dois vous dire que je ne suis pas musulman, et que mon amie Nicole qui était avec moi sur le Mavi Marmara, vient de Nouvelle Zélande et n’est pas musulmane. Ce qu’ils disent pour nous diviser n’est pas vrai.

Silvia Cattori : Ne pensez-vous pas que les forces armées Israéliennes vont à nouveau tout tenter pour faire échouer ce convoi avec, malheureusement, l’aide de Moubarak ?

Kevin Ovenden : Nous verrons. Je pense qu’il va être difficile pour Israël de nous attaquer. Nous serons en mer. Nous passerons dans les eaux où le Mavi Marmara a été attaqué, parce que les Égyptiens insistent pour que nous allions par là. Donc malheureusement nous devons passer par la mer parce que les autorités égyptiennes disent que nous ne sommes pas autorisés à passer par le sud. Je pense qu’il est politiquement impossible pour les militaires israéliens de nous attaquer.

Silvia Cattori : Israël viole toutes les lois internationales. Mais demeure impuni. Lors de sa visite à Paris en avril 2010, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, avait eu le courage politique de qualifier Israël de « principale menace pour la paix régionale » et de « principale cause des guerres et des malheurs au Proche Orient », marquant ainsi un désaccord total avec la politique étrangère du Président Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner. La voix de M. Recep Tayyip Erdogan est-elle isolée ?

Kevin Ovenden : Je dirais que la position de M. Erdogan est en avance par rapport à la position de la plupart des personnes impliquées, mais qu’il n’est pas isolé. Nicolas Sarkozy représente un extrême en Occident. Je vous ai donné l’exemple de David Cameron, qui est un conservateur, qui est de droite, mais qui est plus critique vis-à-vis d’Israël que ne l’était Tony Blair. Je pense que les hommes politiques occidentaux peuvent être poussés [à modifier leur position, ndt]. Israël et ses amis espéraient que M. Erdogan et son parti politique de l’AKP seraient isolés en Turquie et que l’alliance historique entre la Turquie, l’OTAN et Israël serait rétablie, aussi forte qu’elle l’a été pendant de nombreuses années. Mais cela ne va pas se produire. Si vous regardez les plus récents développements en Turquie (en septembre), il y avait un référendum dans lequel la droite, l’armée, et certaines personnes qui ont été fourvoyées, même à gauche, appelaient toutes à voter contre Erdogan. Les mesures qu’il proposait étaient progressistes. Même si, peut-être, elles ne vont pas assez loin, elles n’en sont pas moins dirigées contre la constitution adoptée en 1982 à la suite du coup d’État militaire de 1980. 58 % des votes ont été en faveur du référendum d’Erdogan. La position d’Erdogan, et de l’AKP s’est renforcée en Turquie. Parce qu’elle reflète les sentiments du peuple turc, et les hommes politiques à l’Ouest comme à l’Est doivent le reconnaître. S’ils pensent qu’ils peuvent tout simplement traiter des gens comme Erdogan ou Hugo Chavez, par des coups d’État militaires, et ainsi de suite, ils font une erreur. Ils doivent comprendre que, si ces hommes d’État sont en place et s’ils ont une voix, c’est parce que des millions de gens pensent de la même façon.

Silvia Cattori : Vous n’ignorez pas qu’Israël peut compter, partout en dehors d’Israël, sur l’aide des sayanims [2]. C’est-à-dire sur ces citoyens de confession juive, qui par déchirement, par patriotisme, collaborent à l’occasion avec les agents du Mossad, participent à la désinformation et à la déstabilisation pour contrer ceux qui se battent contre la politique d’apartheid de l’État juif. Êtes-vous attentif à cet aspect des choses ?

Kevin Ovenden : Bien sûr, nous sommes conscients qu’il y a des gens qui voudraient déstabiliser le mouvement, de l’intérieur. Nous prenons diverses précautions : certaines dont je vais vous parler, d’autres que nous gardons pour nous. Nous examinons les gens, nous évaluons qui vient sur le bateau, nous encadrons les gens pour nous assurer que leur comportement ne compromette pas le convoi.

Silvia Cattori : Nous vous remercions et vous souhaitons bonne route.

Entretien réalisé le 20 septembre 2010, lors du passage du convoi Viva Palestina à Lyon.

28 septembre 2010 |

Thèmes : Gaza Mouvements de solidarité Droit international

(*) Viva Palestina est une association britannique à but humanitaire créée par Georges Galloway. Voir ici le départ de Londres du cinquième convoi :

Silvia Cattori

http://www.silviacattori.net:80/article1351.html



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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