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25/10/2010

n°147 - Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 24-10 - : Fin : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».

n°147 - Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban  -  24-10  -  : Fin  : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban 

n°147 du 24-10                                                               C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

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Sommaire :  

3 Annexe

3-1 Ahmadinejad aux milliers de personnes : Vos causes sont les nôtres, nous sommes dans la même tranchée...

3-2 Gilles Munier: Shula, la Mata Hari du Proche-Orient.

3-3 Zuhayr Andraos : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».

3-4 Chems Eddine Chitour : Stratégie d'attribution des prix Nobel.

 



3 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1 Ahmadinejad aux milliers de personnes : Vos causes sont les nôtres, nous sommes dans la même tranchée...

Banlieue sud S'il a pu paraître modéré au cours de la journée, le président Ahmadinejad a laissé libre cours à sa vision profonde et globale de « la fin prochaine de l'entité israélienne et des plans du capitalisme sauvage visant à contrôler la région et à travers elle le monde ». Il est vrai que la foule en délire rassemblée au terrain al-Raya dans la banlieue sud avait de quoi enthousiasmer le plus froid des tribuns. D'ailleurs, à plusieurs reprises, devant la chaleur de l'accueil qui lui a été réservé, Ahmadinejad a eu les larmes aux yeux et l'émotion a perturbé son élocution.

Venus depuis les premières heures de l'après-midi pour trouver des places, des milliers de Libanais ont envahi le terrain al-Raya, dans la banlieue sud, drapeaux et portraits dans les mains, tuant le temps en attendant de voir l'invité de marque, le président de la République islamique d'Iran. Jusqu'à la dernière minute, les présents ne savaient pas si le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, viendrait aussi ou s'il se contenterait d'apparaître sur grand écran, comme d'habitude.  

À 19h15, le président iranien arrive sur place, accueilli dans une longue et chaleureuse accolade par cheikh Naïm Kassem. Le ministre Ali Abdallah ne le quitte pas d'un pouce, n'hésitant pas à écarter des coudes les anonymes souhaitant saluer le président.  

Ahmadinejad est si ému qu'il ne cesse de balbutier des prières. Il dira ensuite dans son discours qu'il remercie Dieu de lui avoir permis de vivre cet instant et de venir au Liban.  

Auparavant, c'est Hassan Nasrallah qui prend la parole et, une fois n'est pas coutume, il ne prend pas trop de temps, préférant laisser la place à son invité. 

Apparaissant sur grand écran, il commence par souhaiter la bienvenue au président iranien au nom d'Amal, du Hezbollah, des « fils de l'imam Sadr, des disciples de l'ayatollah Khomeyni, des familles des martyrs, du peuple résistant, au nom des purs et des nobles... »

 

Nasrallah affirme dans ce qu'il appelle un témoignage devant Dieu que, même s'il est fier d'appartenir à ceux qui croient dans la « wilayet al-fakih », l'Iran n'a pas un projet propre pour la région. « Au Liban, son projet est libanais, en Palestine, il est palestinien, et dans le monde arabe, il est arabe, déclare-t-il. Il faut donc cesser d'effrayer les populations avec le soi-disant projet iranien. Ce que veut l'Iran en Palestine, c'est ce que veulent les Palestiniens et ce qu'ont réclamé pendant des années les Arabes avant que certains ne renoncent à ces droits : la terre, de la mer au fleuve, le retour des réfugiés et la création d'un État palestinien souverain et indépendant. Le crime de ce président est qu'il l'exprime avec transparence sur toutes les tribunes, aux Nations unies et à Genève. Les États ne le supportent pas car il dit qu'Israël est un État illégal et qu'il est voué à disparaître. Pourtant, l'Iran adopte la même position que Abdel Nasser lors du sommet de Khartoum avec ses trois "non". » 

Nasrallah a encore affirmé que depuis qu'il est devenu secrétaire général du Hezbollah, en 1992, l'Iran n'a demandé aucune contrepartie à son soutien, pas même un remerciement. Au contraire, il a toujours joué un rôle positif pour éteindre les feux, déjouer les projets de guerre et de discorde et aider les plus faibles. Il a ainsi rappelé que l'imam Khamenei a invité dans un communiqué les musulmans à ne pas faire assumer aux chrétiens les propos de Jonas, ni aux musulmans les propos insultants contre Aïcha, ni en Irak les explosions visant une communauté... Il a affirmé que l'Iran « est une bénédiction divine », invitant les Libanais à profiter de cette bénédiction et à ne pas écouter « les démons américains »...

Le député Assaad Hardane et l'ancien député Oussama Saad (un chrétien et un sunnite) montent ensuite à la tribune remettre un écusson au président iranien, et celui-ci leur prend les mains pour les lever vers le ciel, enflammant ainsi la foule.

Le président iranien commence ensuite son discours par des propos émus sur sa présence au Liban et sur la beauté de ce pays, la pureté des regards tournés vers lui, qualifiant le Liban de « terre bénie ». Il salue aussi la diversité religieuse au Liban... 

Passant aux questions politiques, il affirme que le monde est à la veille d'un grand changement qui commence dans cette région. Il rappelle que les « arrogants » ont utilisé leur force pendant des siècles pour contrôler la région, et à travers elle, le monde. Rien ne les a arrêtés pour imposer leur volonté et ils ont bafoué les aspirations des peuples, leurs cultures et leur dignité. Selon lui, leur pensée matérialiste est en contradiction avec les principes religieux... Dans une allusion indirecte au changement de pouvoir aux États-Unis, il a affirmé que les anciens colonisateurs et esclavagistes ont essuyé une violente défaite. Ils ont modifié leurs traits, mais le plan est toujours le même.

Ahmadinejad revient ensuite sur la création de l'entité israélienne, pour compenser les dégâts de la Seconde Guerre mondiale et profitant d'un moment d'égarement des Arabes. « Ils ont implanté une entité hostile et lui ont donné les moyens d'imposer sa force, tout en couvrant ses crimes. Voyez-vous dans le registre des sionistes autre chose que des crimes ?... » Il estime que cette entité est la concrétisation du projet capitaliste et, pour preuve, il a relevé l'appui unanime dont bénéficie Israël. Mais selon lui, les peuples ont d'autres aspirations. Il attire l'attention des présents sur le fait que lorsqu'ils envahissent un pays, les ennemis misent sur la discorde et les divergences religieuses et ethniques. C'est, selon lui, ce qui s'est passé en Irak. Il ajoute que les ennemis ne veulent pas d'un peuple fort et uni pour pouvoir lui imposer leurs volontés. « Heureusement, grâce à l'éveil des peuples, le plan a été découvert. Les peuples connaissent désormais l'importance de l'unité. »

Évoquant les événements « douloureux » du 11 septembre 2001 aux États-Unis, Ahmadinejad réclame la formation d'une équipe indépendante chargée d'enquêter sur les dessous de ces tragiques événements, d'autant que les Américains en ont profité pour envahir l'Afghanistan puis l'Irak. Ces événements ont ainsi servi de prétexte pour atteindre des objectifs impérialistes. Selon lui, pour connaître la vérité, il faut ouvrir les boîtes noires. Selon lui, c'est une issue honorable pour tout le monde car il semble de plus en plus clair que ces événements ont été accomplis selon un plan préétabli ayant des objectifs expansionnistes. Pour Ahmadinejad, la solution consiste dans le retrait (des Américains) de la région, la présentation d'excuses aux populations et le versement d'indemnités. « Sinon, les peuples de la région, avec l'aide de Dieu, les expulseront et livreront les coupables à la justice. »

Le président iranien évoque aussi les milliers de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes et il informe les présents que l'épouse et le fils de Mohsen Moussaoui, diplomate iranien enlevé au Liban en 1982, font partie de la délégation qui l'accompagne. Il en profite pour affirmer que les informations en sa possession lui font croire que ce diplomate et ses trois compagnons sont encore vivants et retenus en otages en Israël. Il réclame pour eux la visite de la Croix-Rouge et la libération, avec les autres « otages palestiniens ». Pour Ahmadinejad, la pollution de l'air, les changements climatiques, la crise économique sont dus au système unilatéral et au capitalisme sauvage qui bafoue les valeurs humaines...

 

Revenant au Liban, il rappelle comment l'entité israélienne a essuyé des défaites par étapes, dont la dernière est la riposte courageuse de l'armée libanaise (à Adaïssé). Selon lui, ces défaites ainsi que la résistance héroïque à Gaza montrent la faiblesse de l'entité israélienne. « Se sentant dans une impasse, celle-ci peut chercher à provoquer des étincelles, dit-il, mais chaque étincelle ne fera qu'accélérer sa chute (...). Ils parlent de paix et continuent de s'étendre en bafouant les droits palestiniens et les résolutions internationales. L'entité sioniste est raciste et signifie le déplacement d'un million et demi d'habitants initiaux. »

Selon lui, la solution consiste dans « la reconnaissance des droits des Palestiniens et dans le retour des envahisseurs vers leurs pays d'origine, sinon les cyclones du peuple palestinien et des autres peuples libres les emporteront. » Ahmadinejad demande à certains régimes de la région d'écouter leurs peuples, qui appuient les Palestiniens. « Quant à ceux qui protègent l'entité sioniste, ils doivent savoir qu'ils doivent mettre un terme à son hégémonie et ils doivent réparer le mal qu'ils ont fait. S'ils se sentent coupables à l'égard des sionistes, ils n'ont qu'à leur donner des compensations chez eux. » Tout en critiquant l'ONU qui est contrôlée, selon lui, par quelques États, il estime qu'aller à l'encontre de la volonté des peuples de la région, c'est aller vers l'échec. « Cette entité chargée de contrôler la région de l'Euphrate au Nil s'est enfermée dans des murs qu'elle a elle-même construits. » Il évoque ensuite « un front commun » entre le Liban, la Syrie, l'Irak, la Palestine, la Turquie et l'Iran.

Tout en assurant que l'entité sioniste est en pleine déroute, il invite le peuple du Liban, « pays des purs », à ne pas écouter les démons qui n'aiment pas l'unité et l'harmonie. « Vous avez jeté le désespoir dans la cour des démons. Sachez que vos causes sont celles de l'Iran. Nous sommes ensemble dans une même tranchée. Votre dignité et votre développement sont les nôtres. Le peuple iranien sera toujours à vos côtés. » Tout en affirmant que le nouvel ordre mondial doit être global et juste, permettant à tous les peuples de participer à la gestion des affaires du monde, il rend un vibrant hommage aux Libanais et surtout aux jeunes moujahidine, leur criant : « L'avenir est à vous. Nous sommes fiers de vous »...

L’Orient-Le Jour  - 

Jeudi 14 octobre 2010 

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/674848/Ahmadinejad_aux_milliers_de_personnes+%3A_Vos_causes_sont_les_notres%2C_nous_sommes_dans_la_meme_tranchee....html

3-2 Gilles Munier : Shula, la Mata Hari du Proche-Orient.

 A Beyrouth, entre 1947 et 1961, Shulamit Cohen, dite Shula, prostituée de luxe formée par le Mossad, a recruté de hautes personnalités libanaises et infiltré le parti chrétien Kataeb sans grandes difficultés. Démasquée par les services secrets syriens, condamnée à mort pour communication de secrets d’Etat à l’ennemi, elle a finalement été échangée contre des prisonniers arabes, après la guerre de juin 1967. En Israël, Shula est considérée comme une héroïne nationale.

Juive originaire d’Argentine, Shula émigra en 1937 en Palestine, après un séjour en Irak où ses parents avaient tenté de faire fortune. Agée d’une vingtaine d’années, elle fut recrutée par un officier du service secret de la Haganah, le Shai, dont elle était tombée amoureuse. Le Mossad, en voie de création, lui apprit les ficelles du métier d’espionne, façon Mata Hari, l’art de séduire et de manipuler, et l’envoya en Grande-Bretagne apprendre l’anglais et les bonnes manières.

Après son arrivée à Beyrouth en 1947, son mariage fut arrangé avec Joseph Kishik, un commerçant juif libanais, sa couverture pour débuter ses activités. Première victime de taille : Mahmoud Awad, plusieurs fois ministre, qu’elle recevait à son domicile. Le nombre de ses clients augmentant, elle se servit d’un directeur de casino pour rencontrer Camille Chamoun, président de la République, habitué du lieu… En 1956, Shula dirigeait un réseau de prostituées de luxe comprenant des jeunes filles mineures, et possédait plusieurs bordels où des caméras installées par le Mossad filmaient les ébats des clients importants.

Point d’orgue de son ascension dans les milieux de la dolce vita libanaise, elle ouvrit le Rambo Pub, rue Hamra, artère centrale de Beyrouth, pour en faire le point de rencontre de ses agents et étendre ses activités de renseignement. C’est là qu’avec des passeurs libanais, elle organisa l’entrée en Israël de milliers de juifs irakiens fuyant les attentats « antisémites » perpétrés à Bagdad… par le Mossad.

Le 3 décembre 2002, Shulamit Cohen-Kishik a reçu le Prix Menahem Begin pour avoir fourni à Israël des renseignements de grande valeur et aidé les juifs orientaux à s’installer en Palestine. Ses deux fils font parler d’eux : David Kishik, extrémiste mêlé à une affaire de fabrication de faux documents de propriété destinés à expulser des Palestiniens de leurs terres, et Yitzhak Levanon, représentant d’Israël aux Nations unies lors de l’opération « Plomb durci », contre Gaza et actuel ambassadeur au Caire où il se plaint de l’attitude des autorités envers les diplomates israéliens et la communauté juive égyptienne.

Gilles Munier 

Les articles paraissant dans AFI-Flash sont disponibles sur France-Irak Actualité

Cliquez sur: http://www.france-irak-actualite.com


3-3 Zuhayr Andraos : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».
Avec l’ouverture de la 18ème session d’hiver de la Knesset, la discussion à l’intérieur des partis sionistes à propos de la nature démocratique et ethnique d’"Israël" a pris le pas.

Dans son allocution, le président de la Knesset, Raoufin Revline a critiqué la déclaration du premier ministre, Benyamin Netanyahu, disant qu’il est impensable que le gouvernement ôte à la Knesset sa fonction et l’empêcher d’exercer ses tâches dans le cadre de ce qui s’appelle démocratie parlementaire, insistant sur le fait que l’Etat hébreu ne peut accepter que le gouvernement actuel continue à contrôler les projets de loi.
Revline, comme nous le savons, est un sioniste, et son discours traduit son souci à protéger l’Etat juif et son inquiétude quant à son avenir, mettant en garde contre le fait qu’"Israël" ne se transforme en un Etat semi-présidentiel, et c’est une mise en garde logique, du point de vue de quiconque a adopté le sionisme et a accepté ses enseignements. Ce mouvement et sa réalisation, "Israël", sont les deux faces d’une même monnaie : le colonialisme colonial, qui s’est emparé de
la Palestine et a installé un Etat sur ses ruines, et qui ne s’est pas contenté de cela, ses ambitions ont dépassé les frontières de la Palestine historique pour inclure le monde arabe.
La discussion à l’intérieur de l’institution sioniste en "Israël" reste une discussion interne, non pas parce qu’elle ne nous concerne pas, mais au contraire, nous devons l’étudier et définir ses dimensions et ses conséquences sur les Palestiniens de l’intérieur.

Cependant, nous pensons que l’évolution de ce qui est appelé la démocratie ethnique est une évolution naturelle d’un régime de pouvoir installé sur des bases colonialistes et dont les outils sont coloniaux, ce qui veut dire que le danger réel que nous percevons aujourd’hui, sur la démocratie parlementaire, selon la logique du président de la Knesset et quelques-uns de ses partisans, est chose acquise, le régime du pouvoir en "Israël" est devenu un régime semi-présidentiel, ou en termes plus clairs, un régime semi-fasciste, il s’agit d’une construction supplémentaire pour qu’"Israël" atteigne l’étape post-raciste et pré-fasciste.
De plus, nous affirmons en toute assurance que l’Etat hébreu, depuis sa fondation en 1948, n’a jamais été démocratique dans le sens exact du terme. Il a été et est toujours la démocratie de la majorité juive, ou la majorité automatique, cette démocratie mensongère qui fut le principal outil pour s’emparer des terres qui étaient restées entre les mains des Arabes et imposer des réalités sur le terrain dans le but d’empêcher le retour des réfugiés palestiniens, qui furent exilés loin de leur pays au cours de
la Nakba, et pour exercer la répression sous toutes ses formes contre ceux qui sont restés attachés à leur terre et leur patrie. Par conséquent, ce à quoi nous assistons aujourd’hui, ce déluge de lois racistes, est chose naturelle pour toute société gouvernée par une élite de droite et extrémiste qui considère, en paroles et en actes, que le fait d’atteindre l’apartheid, avec tous les aspects négatifs qu’il comporte sur la scène internationale, nécessite de se débarrasser de la démocratie parlementaire, que Revlin et ses compères considèrent comme la forteresse pouvant empêcher le régime de pouvoir en "Israël" d’être semi-présidentiel.
La démocratie israélienne est une démocratie pour les « maîtres » soit la majorité, et la dictature contre les «esclaves », c’est-à-dire les Arabes de ce pays. Il faut simplement rappeler, à titre d’exemple, que les Blancs aux Etats-Unis pensent qu’ils représentent la majorité dans ce pays, et que les décisions sont prises par la majorité. C’est vrai, les Blancs sont la majorité, mais n’y a-t-il pas un moyen qui permette aux intellectuels et décideurs d’étudier la possibilité de limiter la démocratie de la majorité, dans le but d’accorder à la minorité un espace donné de participation aux prises de décision et de définition de la nature du régime ? Cela n’existe pas, ni dans le pays qui se prétend celui des libertés, les Etats-Unis, ni dans l’Etat qu’il protège, "Israël", qui ne cesse de proclamer matin et soir qu’il est un oasis de démocratie dans le Moyen-Orient.
Même si nous admettons les célèbres points de Wilson, après la première guerre mondiale, qui furent désignés par impérialisme progressiste, ayant compris, entre autres, la diplomatie ouverte, la liberté de la presse, la liberté de commerce, le recul de l’armement, l’auto-détermination et la création de
la Société des Nations, etc.. et même la déclaration du premier président israélien, Haïm Weizmann disant que notre premier examen devant le monde sera la manière de nous comporter avec les minorités, même si nous admettons tout cela, nous ne pouvons en aucun cas considérer "Israël" comme une démocratie.

Il est impossible qu’"Israël" devienne un jour démocratique, car ce qui y est désigné par démocratie est mort dès sa naissance, et aucun être sur cette planète ne peut lui rendre la vie. Que dire alors ses maîtres sont proches et même très proches du fascisme ?

Zuhayr Andraos

Dimanche 17 octobre 2010

Article publié sur Résistance islamique au Liban

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Zuhayr_Andraos.171010.htm


3-4 Chems Eddine Chitour : Stratégie d'attribution des prix Nobel.

 «Nous ne saurons jamais tout le bien qu’un simple sourire peut être capable de faire.»
Mère Thérésa (Prix Nobel de la Paix).
Rituellement, le mois d’octobre de chaque année voit la consécration selon un scénario bien rodé l’attribution de Prix Nobel que la doxa occidentale présente comme le summum de la consécration «universelle» d’un mérite personnel. Si parmi les différents Nobel décernés ceux concernant les sciences physiques et biologique (physique, chimie et biologie) ne prêtent généralement pas à contestation, encore que les lobbys des principaux occidentaux sont là à recommander fortement «leurs champions», les prix Nobel de la paix et à un degré moindre ceux de littérature amènent à questionnement.
Nous allons dans ce qui suit tenter de voir clair dans la stratégie de délivrance des Prix Nobel par l’Occident en fonction de ses intérêts. Pour rappel, le prix Nobel de la paix récompense «la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix», selon les volontés, définies par testament, d’Alfred Nobel. Dans Le monde d’hier, Souvenirs d’un Européen (Die Welt von Gestern. Erinnerungen eines Europäers), Stefan Zweig raconte que Florence Nightingale aurait été à l’origine de la fondation de ce prix en convainquant Alfred Nobel de réparer «le mal qu’il avait causé avec sa dynamite».(1)
Même Hitler...

En clair, Alfred Nobel était un marchand de mort qui s’est enrichi et qui, sur le tard, voulait, jouer au «pyromane-pompier». On nous dit que les nominations pour cette distinction sont le fruit de propositions argumentées et détaillées, émises par des membres d’Assemblées nationales ou des Congrès législatifs, des cercles de professeurs en université dans le domaine de la géopolitique, du droit et des sciences politiques, d’anciens lauréats du prix,(...). Plusieurs d’entre elles sont désormais connues et médiatisées1, notamment celles comprises entre 1901 et 1955. Quand certaines de ces listes ont été révélées à la presse, on a pu découvrir qu’Adolf Hitler avait été un temps nommé en 1939 par Erik Brandt, membre du Parlement suédois, avant que celui-ci ne soit revenu sur sa décision quelques jours plus tard. D’autres propositions de ce genre ont été soumises au Comité telles que Benito Mussolini (en 1935) ou encore Joseph Staline (en 1945 et en 1948). (1) C’est dire l’instrumentalisation qui avait lieu en coulisses pour introniser quelqu’un et barrer la route aux autres.
Les Nobels de la paix et de la littérature de cette année ne se distinguent pas des précédents par les «méthodes» de nomination. Le prix Nobel de la paix a été octroyé à un Chinois. Pierre Haski nous en parle: «Liu Xiaobo, 54 ans, a été condamné en décembre 2009 à onze ans de prison pour son rôle dans la rédaction et la dissémination de
la Charte 08, un texte réclamant la démocratisation de la Chine, signé par plusieurs milliers de personnes (lire le texte intégral). Ce texte est inspiré de la Charte 77 des dissidents tchèques à l’époque communiste, et Vaclav Havel, dissident puis président tchèque, a parrainé la «candidature» de Liu Xiaobo à ce prix Nobel. Le choix du Comité Nobel est certain de déclencher la colère de Pékin, qui avait envoyé un vice-ministre des Affaires étrangères à Oslo, cet été, pour mettre en garde le président du Comité Nobel contre les conséquences d’une possible attribution du prix à ce dissident emprisonné. Le vice-ministre avait prévenu que ce choix aurait des conséquences négatives sur les relations sino-norvégiennes. (2)
«Lors de son procès, il a fait une remarquable plaidoirie personnelle dans laquelle il espérait être «la dernière victime de l’inquisition intellectuelle en Chine». Un texte dans lequel il applaudit aux progrès considérables accomplis par
la Chine depuis la fin de l’ère maoïste avec la mort du Grand Timonier en 1976, mais en souligne les lacunes en termes d’Etat de droit et de respect des valeurs universelles auxquelles il proclame son attachement. La Chine n’a jamais reçu directement de prix Nobel. En 1989, l’année du massacre de Tiananmen, le prix Nobel de la paix avait été attribué au dalaï lama, le leader spirituel tibétain exilé en Inde. Et en 2000, l’écrivain Gao Xingjian, exilé en France et devenu citoyen français, recevait le prix Nobel de littérature.» (2)
Pékin a qualifié la récompense de «dévoiement» et mis en garde
la Norvège contre de possibles répercussions diplomatiques. En 1989, de retour des Etats-Unis, où il avait enseigné à la Columbia University de New York, cet enseignant de l’Université normale de Pékin participe au mouvement démocratique de la place Tiananmen, déclenché par les étudiants. (...) Exclu de l’université, il devient un des animateurs du Centre indépendant PEN Chine, un regroupement d’écrivains. Il garde un contact étroit avec le monde intellectuel; et même s’il ne peut pas être publié en Chine, ses livres sont notamment diffusés à Hongkong. Dans une interview récente, il gardait espoir dans une démocratisation progressive de la Chine: «Cela va progresser très lentement, mais les demandes de liberté - de la part des gens ordinaires, mais aussi des membres du parti - ne seront pas faciles à contenir.» Liu Xiaobo est marié et n’a pas d’enfant. Pékin s’était officiellement déclaré opposé à l’attribution du Nobel à l’opposant (3).
On le voit, trois prix Nobel ont été attribués en vingt ans à des Chinois d’origine pour leur prise de position contre leur patrie. Si dans l’absolu, leur combat pour la liberté et leur compétence sont dit-on connues, il n’en demeure pas moins qu’ils ne sont pas les seuls. Il doit certainement y avoir des personnalités chinoises ou autres à compétences semblables compte non tenu de leur engagement contre leur pays
La même «méthode» permet d’expliquer l’attribution du Nobel de littérature le 7 octobre à l’écrivain hispano-péruvien Mario Vargas Llosa. «Sympathisant communiste lors de sa jeunesse universitaire et proche de Castro jusqu’en 1971, Mario Vargas Llosa devient l’apôtre du néolibéralisme: ´´J’espère qu’ils me l’ont donné (le prix Nobel) plus pour mon oeuvre littéraire que pour mes opinions politiques. Mais si mes opinions politiques, en défense de la démocratie et de la liberté et contre les dictatures, ont été prises en compte, je m’en réjouis» déclarait jeudi Mario Vargas Llosa à l’Institut Cervantès de New York, devant une foule de journalistes qui recueillaient ses réactions à l’obtention du Nobel». (4)
On le voit, Mario Vargas Llosa a des doutes et pense que le Prix Nobel lui a été attribué pour ses positions politiques de droite. «Interrogé sur le futur de l’Amérique latine, il souligna qu’elle présente aujourd’hui «des gouvernements de gauche et de droite qui sont démocratiques. C’est une grande nouveauté par rapport au passé, lorsque ni la droite ni la gauche n’étaient démocratiques, l’une croyant aux putschs militaires et l’autre à la révolution». Il ajoutait aussitôt: «Cuba et le Venezuela représentent pour moi un recul, mais mon impression est que ce courant autoritaire, antidémocratique, va vers la sortie. Il a de moins en moins d’appui populaire, comme on vient de le voir, par exemple, aux élections [législatives] vénézuéliennes». (...) L’existence d’un caudillo charismatique suppose toujours l’abdication de la volonté, du libre arbitre, de l’esprit créateur et de la rationalité de tout un peuple devant un individu reconnu comme être supérieur, mieux doté pour décider du bien et du mal pour un pays tout entier en matière économique, politique, culturelle, sociale, scientifique, etc. Est-ce cela que nous voulons? Qu’un nouveau Chavez vienne nous libérer de Chavez?´´»(4)
Il est bien connu que l’Occidental qui se veut le seul détenteur de sens dicte la norme universelle, de sérier le bien et le mal. Ses «arguments» pour convaincre, font appel à la démocratie aéroportée, notamment par drones interposés qui permet à un bidasse du fond d’une salle climatisée du Texas de décider avec son Joysticks du bien et du mal en traquant sa cible avec une joie sadique. La cible détruite, il rentre chez lui avec la satisfaction du devoir bien fait; et si c’est une bavure, c’est un autre service qui est chargé de la faire oublier... L’autre façon de combattre ses ennemis consiste à activer d’autres canaux, au-delà de fomenter des troubles, on encourage les dissidences dans les pays qui posent problème à «l’ordre impérial».
Il n’est pas question pour nous de rejeter en bloc, toutes les attributions, nous devons nous incliner, par exemple, humblement devant Mère Théresa qui méritait mille fois cette distinction, il nous faut nous souvenir que Gandhi- l’apôtre de la non violence- n’a pas eu le prix Nobel, malgré qu’il ait été nominé plusieurs fois
La Grande-Bretagne s’était opposée. Cependant, on ne peut pas nier les «malversations politiques de toutes sortes autour de l’attribution des prix Nobel. Ainsi, durant la guerre froide on rapporte que l’écrivain soviétique Boris Pasternack a eu le prix Nobel pour un manuscrit exfiltré en 1959 par la CIA et proposé au comité Nobel alors que le livre était encore sous forme de manuscrit. Il en fut ainsi de Soljenitsyne, de l’ouvrier polonais Lech Walesa qui avait la bénédiction d’un certain Carol Woythyla, futur pape Jean-Paul II, minèrent l’empire soviétique de l’intérieur à partir de ses satellites la Pologne et la Tchécoslovaquie avec Vaclav Havel (Littérature), le même Vaclav Havel qui parraina la demande du dissident chinois pour le prix Nobel de la paix 2010. Le coup de maître de l’Occident fut donné à l’empire soviétique en attribuant le prix Nobel de la paix à Mikhaïl Gorbatchev. Ce fut à la fois la fin de l’histoire pour Fukuyama, la fin de la guerre froide et le début du Choc des civilisations pour Samuel Huntington, déclinée d’une façon soft comme la guerre contre «le terrorisme» avec ses multiples variantes (l’Irak, le Hamas, l’Iran, l’Afghanistan)
Ce fut d’abord l’Indonésie musulmane qui en fit les frais en abdiquant sa souveraineté sur le Timor Oriental. Pour faire connaître la «cause», Mgr Belo, un homme d’église, se vit attribuer le prix Nobel et à ce titre sa cause eut plus de visibilité. On ne peut pas ne pas y voir une lutte sourde contre l’Islam. S’agissant du feuilleton des prix Nobel octroyés aux dirigeants arabes «normalisés» qui acceptent l’ordre impérial avec Israël comme poste avancé de la démocratie en Barbarie. Deux séries de prix Nobel pour rien: Sadate et Begin, ce qui a permis de neutraliser définitivement l’Egypte. Arafat, Rabin qui a permis Oslo et le dépeçage de ce qui reste de
la Palestine. De même la guerre contre l’Iran a vu l’attribution du prix Nobel de la paix à Shirin Ebadi. Tout est bon pour déstabiliser les pays qui n’acceptent pas de rentrer dans le rang.
Qui a entendu des prix Nobel de la paix de ces dernières années maintenant qu’ils ont rempli la mission historique qui était attendue d’eux. Malgré des médias complaisants ils n’arrivent pas à faire surface, ou si, il arrive qu’un prix Nobel soit chassé comme un malpropre avec un silence assourdissant des médias, il en fut ainsi de Mairead Corrigan prix Nobel de la paix expulsé d’Israël pour délit d’opinion qui avait de la compassion pour les enfants palestiniens, elle fut chassée par les Israéliens, personne n’a trouvé à redire. De même Monseigneur Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix, fut interdit de conférence dans une université US. Cris Toffolo, présidente du programme d’études «Justice et Paix» de l’université catholique Saint-Thomas de Minneapolis/St.Paul, était toute fière d’avoir réussi à inviter l’archevêque sud-africain et célèbre militant anti-apartheid Desmond Tutu, à venir parler devant ses étudiants. Mais la direction de l’université, craignant qu’il puisse y avoir une «controverse», décida de «se concerter avec la communauté juive de la ville» (...) Doug Hennes, vice-président de l’université, justifie la décision: «Nous avons eu vent d’un certain nombre de choses qu’il a dites et que certaines personnes trouvent ces propos antisémites car opposées à la politique israélienne. Nous ne l’accusons pas d’être antisémite. Mais il a comparé l’État d’Israël à Hitler et nous estimons que ce genre d’équivalences morales sont insultantes pour certains membres de la communauté juive.»(5)
Le Nobel de la paix ou de la guerre ?

La Chine n’est pas l’Urss, elle est la deuxième puissance économique du monde elle détient les bons de Trésor américains (près de 1500 milliards de dollars), elle se permet de venir en aide à plusieurs pays européens (Grèce, Espagne). Elle ne veut pas surévaluer sa monnaie comme l’exigent l’Europe, les Etats- Unis et le Japon, ces derniers créent des devises papiers. En fait, ce n’est pas une personne aussi respectable soit-elle qui fera dévier la Chine de son combat contre la faim, combat qui lui a permis de sortir de la misère 400 millions de personnes. Nous voyons comment en Europe les protestations des citoyens étaient respectées: trois millions de personnes dans la rue et on fait comme s’ils n’y avait aucune protestation.
Quand l’Occident réduit en miettes des pays comme l’Irak, l’Afghanistan, il amène une démocratie par drones interposés. Il n’y a jamais autant de morts que depuis l’octroi du prix Nobel à Barack Obama. C’est assurément le prix Nobel de la guerre qu’il eut fallu lui attribuer. On se demande pourquoi Mahmoud Abbas n’a pas eu le prix Nobel, lui qui a fait de la reddition sans condition un mode de gouvernement et de négociation.
Nous aspirons tous à la démocratie mais il faut se demander si l’exemple chinois, tout en précaution et cinétique de développement optimal, n’est pas le meilleur schéma. Que veut l’Occident: la démocratie partout comme en Irak et en Afghnistan? ou plus simplement une explosion de
la Chine qui fera mal d’abord aux Chinois? La démocratie occidentale du «cause toujours» pour les sans-grade est à opposer à un «despotisme éclairé» qui donne à manger à tout le monde, qui ne laisse personne sur le bord de la route. Tout le problème est là. L’Occident et ses larmes de crocodile n’est intéressé que par les dissidents qui, d’une façon ou d’une autre et qu’on le veuille ou non, sont complices de la démolition de leur pays. Ainsi va le Monde.
1. Le prix Nobel de la paix: Encyclopédie Wilkipédia.
2. Pierre Haski: Le Prix nobel de la paix à Liu Xiaobo Rue89 | 08/10/2010
3. L’opposant chinois Liu Xiaobo reçoit le prix Nobel de la paix 2010 Le Monde.fr avec AFP et Reuters 08.10.10
4. Christian Galloy. Mario Vargas Llosa: un anti-Chavez prix Nobel de littérature 2010 LatinReporters.com 8 octobre 2010
5. Un prix Nobel de la paix interdit de conférence dans une université US http://www.voltairenet.org/article151938.html 4 octobre 2007

Pr Chems Eddine Chitour, Ecole nationale polytechnique.

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Dimanche 10 octobre 2010

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Chems-Eddine_Chitour.101010.htm



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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