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30/10/2010

n° 459 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 11-10 au 29-10 : -: Fin - Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures.


n° 459 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 11-10 au 29-10  :  -:  Fin - Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.




Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n° 459                                                                                                                                                du 11-10 au 29-10                   

C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



 Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 



Sommaire.

3-1 Ben Laden menace … la France.

3-2 Un GI risque des sanctions pour avoir tué accidentellement une otage....

3-3 La santé mentale : un problème capital en Afghanistan.

3-4 Corruption: un audit de ses banques privées.

3-5 Les Forces canadiennes se cherchent une nouvelle base en Asie...

4  Dossiers (Fin)

4-3 Selon Bob Woodward, la CIA a engagé le frère de Karzaï avant le 11-Septembre.

4-4 Rick Rozoff, : 10e anniversaire de l'invasion de l'Afghanistan : L'OTAN élargit la guerre de l'Afghanistan au Pakistan.

4-5 La route du Nord est devenue essentielle à la stratégie de l'Otan

4-6 L'OTAN permet (…)  aux  résistants de participer aux négociations avec le gouvernement Karzaï.

4-7 Les  résistants nient mener des pourparlers avec Karzai.

4-8 Guantanamo : Les dossiers

1 Malorie Beauchemin : Omar Khadr plaide coupable.

2 Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures

 



4-3 Selon Bob Woodward, la CIA a engagé le frère de Karzaï avant le 11-Septembre.

Lorsque l’on traite de l’Afghanistan dans les médias français, la question pourtant cruciale de la drogue y est très rarement évoquée. Or la géopolitique de la drogue, notamment en Asie centrale, est d’une importance primordiale, car elle induit des avantages stratégiques et financiers considérables pour ceux qui la contrôlent. L’Histoire contemporaine tend à nous démontrer que des acteurs étatiques – tels que la CIA – ont depuis les années 1950 mis en place une véritable géopolitique de la drogue à l’échelle globale, comme le démontre de manière très documentée le professeur Peter Dale Scott dans son dernier ouvrage, La Route vers le Nouveau Désordre Mondial[1].

Aujourd’hui, alors que les forces de l’OTAN et l’Armée Nationale Afghane (ANA) se montrent incapables de pacifier ce pays, la culture du pavot et la production de haschich atteignent des niveaux records, selon les statistiques du Bureau des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Il convient en effet de rappeler que le Directeur exécutif de l’ONUDC a récemment déclaré dans la presse que les liquidités apportées par le trafic de drogue global ont permis d’empêcher l’effondrement du secteur bancaire international en septembre 2008. Cette information illustre à quel point les revenus générés par le trafic de drogue s’avèrent stratégiques.

Ainsi, l’explosion de la culture du pavot et de la production d’opium en Afghanistan a donné lieu à de récentes protestations de la Russie, qui souligne la responsabilité première de l’OTAN dans cette situation. En effet, l’héroïne afghane a causé la mort d’un nombre considérable de citoyens russes depuis ces dix dernières années. Observable depuis le déclenchement de l’intervention de l’OTAN sur le théâtre afghan en octobre 2001, l’explosion de la culture et du trafic de la drogue en Afghanistan induit l’implication d’acteurs divers, qu’ils soient étatiques ou non. Parmi eux, Ahmed Wali Karzaï, gouverneur de la province de Kandahar et demi-frère du Président Hamid Karzaï, est accusé depuis de nombreuses années par la presse internationale – dont le New York Times – d’être un important trafiquant de drogue allié à la CIA.

Jusqu’à présent, il n’avait jamais été révélé qu’il  avait été un agent de la CIA avant le 11-Septembre. Le grand journaliste et auteur Bob Woodward vient de le rapporter dans son dernier livre, Obama’s Wars[2] – information que reprend le présent article. Au regard de l’importance d’Ahmed Wali Karzaï dans le dispositif de la CIA et de l’OTAN en Afghanistan, et de la manne financière que représente le trafic de drogue pour le secteur bancaire international, il serait nécessaire de reconsidérer les véritables objectifs de ce conflit. En effet, il n’a jamais été constaté que le surdéveloppement du trafic de drogue au sein d’une nation soit un facteur de stabilité, de prospérité et de démocratie.

Published on octobre 7, 2010 par .maxiM

http://www.reopen911.info/News/2010/10/07/washington-post-selon-bob-woodward-la-cia-a-engage-le-frere-de-karzai-avant-le-11-septembre/


4-4 Rick Rozoff, : 10e anniversaire de l'invasion de l'Afghanistan : L'OTAN élargit la guerre de l'Afghanistan au Pakistan.

Le 7 octobre, les États-Unis et leurs alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord entameront leur dixième année de guerre en Afghanistan, situé à plus de 3 000 milles des quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles.

Le mois suivant, des élections de mi-mandat auront lieu aux États-Unis et l'OTAN tiendra un sommet de deux jours au Portugal.

L'administration américaine cherche désespérément un triomphe – ou du moins, un semblant de triomphe – en politique étrangère, afin de conserver le contrôle du Parti démocrate au Congrès, et l'OTAN cherche à justifier une mission militaire qui s'avère la plus longue et la plus étendue de ses 61 années d'existence.

Le président Barack Obama a triplé le nombre de soldats de combat américains en Afghanistan, le portant à 100 000. Lorsqu'on inclut les forces provenant des autres pays membres de l'OTAN et des pays partenaires, cela fait plus de 150 000 soldats étrangers en Afghanistan, du jamais vu dans ce pays décimé par la guerre.

De ce nombre, 120 000 sont maintenant sous la commande de la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF), un nombre sans précédent pour une opération militaire dirigée par l'Alliance atlantique nord. La Force kosovienne de l'OTAN à son apogée comprenait 50 000 soldats, mais ils ne furent envoyés dans la province serbe qu'à la fin d'une guerre aérienne qui a duré près de trois mois.

Les 120 000 soldats de l'OTAN présentement actifs – provenant de 50 pays, alors que d'autres s'apprêtent à envoyer des troupes en surcroît – sont au coeur d'une guerre ouverte des plus longues et des plus meurtrières. C'est la première guerre terrestre de l'OTAN, ses premières opérations de combat en Asie.

L'année dernière a été la plus meurtrière pour les États-Unis et pour l'OTAN dans ce conflit qui perdure depuis neuf ans. Cette année s'est avérée aussi des plus coûteuses en termes de soldats tombés au combat. Et il reste encore trois mois. Washington et Bruxelles pourraient décider de sauver la face et de mettre un terme aux hostilités au moyen d'un stratagème incluant un règlement politique interne et des mesures fondées sur un véritable maintien de la paix international – plutôt que de compter sur les activités subversives menées par la ISAF, établie sur la base d'un mandat des Nations unies en décembre 2001 mais qui, aujourd'hui, est devenue l'instrument par lequel l'OTAN mène la guerre en Afghanistan ainsi que chez son voisin, le Pakistan.

Cette perspective est peu probable, puisque la métaphysique militaire prédominante à Washington depuis les dernières 65 années ne peut accepter qu'une victoire ou, du moins, un semblant de victoire. Un héritage de défaite en Afghanistan ne pourrait que ternir l'image d'un président qui n'aura pas réussi à assurer la victoire ainsi que de son parti qui serait alors accusé de manquer de coeur au ventre et de défaitisme.

En ce qui concerne l'OTAN, le concept stratégique qui sera adopté en novembre est fondé sur un concept d'expansion du bloc en une force expéditionnaire mondiale du XXIe siècle, et l'Afghanistan en est le banc d'essai. Si l'OTAN perd l'Afghanistan, si elle perd en Afghanistan, elle sera sujette aux critiques de ses pays membres et leurs citoyens qui auront sacrifié leurs fils et filles dans l'intérêt des ambitions internationales de l'OTAN.

Comme le déclarait l'ancien secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, il y a six ans : « Que fait l'OTAN en Afghanistan ‘ Elle défend des valeurs au Hindou Kouch dans un climat international bien connu de tous. Nous devons combattre le terrorisme partout. Si nous ne le combattons pas au Hindou Kouch, ce terrorisme se retrouvera chez nous. En d'autres mots, cette perception fragile [face aux agissements de l'alliance militaire de l'Atlantique nord en Asie du sud] doit être solidifiée et consolidée une fois pour toutes – pour l'avenir de l'OTAN, cette démarche est primordiale. »[1]

Non satisfaite du Vietnam qu'est devenu l'Afghanistan, l'OTAN a maintenant entrepris son incursion cambodgienne. Les implications de cette nouvelle incursion, par contre, sont beaucoup plus lourdes que pour le Vietnam des années soixante et soixante-dix, puisqu'elle se passe cette fois au Pakistan, un pays avec une population de presque 170 millions d'habitants et qui possède des armes nucléaires.

Au même moment où les États-Unis menaient leur vingtième attaque meurtrière à base de lancement de drones sur le sol Pakistanais, le 27 septembre, des attaques cinq fois plus importantes qu'au mois d'août, l'OTAN pour sa part menait une série d'attaques à base d'hélicoptères dans le nord-ouest du Pakistan. Invoquant le « droit à la légitime Defense » et la « poursuite immédiate » des  résistants soupçonnés d'avoir attaqué un camp de l'OTAN, l'avant-poste de combat de Narizah dans la province afghane de Khost, près de la frontière pakistanaise, des hélicoptères d'attaque de l'OTAN ont mené en fin de semaine deux raids dans les régions tribales où les frappes de drones ont tué un nombre record de personnes en un mois.

Le nombre de personnes tuées, qu'on nomme machinalement dans la presse occidentale  résistants, militants ou terroristes, était d'abord de 30, ensuite de 50, puis 60, 70, et plus tard « 82 et plus ».[2]

Nous ne connaîtrons jamais de façon définitive ni le nombre ni l'identité des victimes.

Selon les journaux, les cibles visées étaient des membres du réseau Haqqani, fondé par le dirigeant vétéran des moudjahidines, Jalaluddin Haqqani, un héros américain du temps qu'il menait des attaques à partir du territoire pakistanais contre des cibles afghanes, il y a quelques années. C'était un des « combattants de la liberté » de Ronald Reagan. Il y a deux ans, le New York Times écrivait : « Dans les années 80, Jalaluddin Haqqani était entretenu en tant qu'actif de la CIA et recevait des dizaines de milliers de dollars comptant pour son travail qui consistait à combattre l'armée soviétique en Afghanistan, selon un compte-rendu paru dans The Bin Ladens, le dernier livre de Steve Coll. À ce moment-là, Haqqani aidait et protégeait Osama bin Laden, qui mettait sur pied sa propre milice pour combattre les forces soviétiques, écrit Coll. »[3]

En ce qui concerne le regret exprimé par certains à l'effet que l'admirable Haqqani ait récemment fait des  résistants ses alliés – un de ceux-là étant feu Charlie Wilson, qui disait de Haqqani qu'il était « la bonté incarnée » – à l'occasion de émission de NBC, Meet the Press, l'année dernière, le président pakistanais Asif Ali Zardari avait déclaré aux téléspectateurs américains que le Taliban « faisait partie de votre passé et du nôtre, et le Renseignement inter-services pakistanais et la CIA les ont créés ensemble. Et je peux vous citer 10 livres, 10 philosophes et 10 articles qui confirmeront mes dires... »[4]

Le 27 septembre, deux hélicoptères de l'OTAN ont attaqué l'agence Kurram située dans les régions tribales pakistanaises, tuant six personnes et en blessant huit. Un porte-parole du gouvernement pakistanais local a dit que toutes les victimes étaient des civils. Selon le Dawn News, « ce n'est pas la première fois que l'OTAN bombarde la région. »[5] Donc trois attaques en trois jours causant 100 décès.

Le même jour, une frappe de missiles drone tuait quatre personnes à l'agence du Waziristan du nord. « L'identité des quatre personnes tuées lors de l'attaque n'est pas connue... »[6]

Ces incidents ont eu lieu alors que le nouveau livre de Bob Woodward, Obama's Wars, révélait qu'« une armée secrète de 3 000 soldats paramilitaires afghans dirigés par la Central Intelligence Agency avait mené des raids outre-frontière au Pakistan ».[7]

Après une montée en intensité échelonnée sur deux ans et consistant en des opérations secrètes – des attaques par hélicoptères de combat et des raids menés par des équipes spéciales d'assassins – les États Unis et l'OTAN sont impliqués à l'heure qu'il est dans une guerre dans le nord du Pakistan qui bat son plein et qui ne peut être niée.

Le Pentagone – les hélicoptères utilisés lors des attaques des 25 et 26 septembre étaient des Apaches américains et des Kiowas – a défendu les frappes de la fin de semaine en prétendant qu'elles respectaient leurs règles d'engagement et le porte-parole du département de la Defense, le colonel Dave Lapan, a dit que les États-Unis suivaient le « protocole approprié » à la lettre et que « nos soldats ont le droit de se défendre. »[8]

Un porte-parole de l'ISAF avait d'abord nié que les forces de l'Alliance avait mené des attaques à l'intérieur des frontières pakistanaises, bien que les porte-parole de la police afghane aient confirmé le contraire. Le 27 septembre, par contre, l'ISAF a confirmé que les forces de l'OTAN avaient mené des frappes meurtrières. Alors que la troisième attaque par hélicoptères de l'OTAN avait lieu le jour même, « les porte-parole de la Coalition ont dit que les attaques outre-frontières étaient conformes à ses règles d'engagement puisque les  résistants les avaient attaqués au delà de leurs frontières ».[9]

Un porte-parole de l'OTAN a informé la presse que « les forces de l'ISAF ont le devoir et la volonté de défendre l'autorité, selon leur mandat, de se défendre lors de l'accomplissement de leur mission ».[10]

Mehmood Shah, un ancien porte-parole de la sécurité du gouvernement pakistanais dans la région où les hélicoptères de combat et les frappes de drones ont tué plus de 200 personnes dans moins d'un mois, a dit au sujet de ces dernières attaques de l'OTAN : « Ces incidents sont vraiment un point tournant. Ils [l'OTAN] doivent comprendre que la prochaine fois pourrait mener à la guerre. Il faut déployer nos unités de combat pour faire feu sur eux. Cette frontière est sacrée. L'OTAN doit réaliser qu'elle a un mandat pour opérer en Afghanistan et non au Pakistan. »[11]

Le 27 septembre, le ministre de la Sécurité, Rehman Malik, a dénoncé les raids de l'OTAN en tant que violations de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du Pakistan et a annoncé au sénat du pays que l'ambassadeur afghan à Islamabad serait convoqué afin d'expliquer ces attaques. Malik et le gouvernement pakistanais savent, somme toute, que l'administration de Hamid Karzaï à Kaboul ne contrôle aucunement les agissements des États Unis et de l'OTAN dans son propre pays, encore moins au Pakistan. Le commentaire du ministre de la Sécurité était pour consommation interne seulement, visant à calmer l'indignation populaire, mais comme le Pakistan lui- même est maintenant un partenaire de l'OTAN et un auxiliaire des États-Unis[12], ses représentants, comme ceux de l'Afghanistan, ne seront aucunement prévenus en cas de futures attaques.

Malgré tout, la pression interne a poussé Malik à dénoncer les attaques contre son pays et à affirmer : « Je considère que les attaques en territoire pakistanais sont une atteinte à la souveraineté du Pakistan. » Un sénateur de la Ligue musulmane pakistanaise de Nawaz « a demandé au gouvernement d'informer le parlement de l'existence de tout accord conclu avec les États-Unis qui autoriserait les attaques par drones ».[13]

De même, le porte-parole de l'Office des affaires étrangères du Pakistan, Abdul Basit, est allé encore plus loin et a contesté de façon officielle et sans équivoque auprès des quartiers généraux de l'OTAN à Bruxelles les frappes aériennes menées au cours de la fin de semaine, émettant une déclaration qui dit en partie : « Ces incidents représentent une nette violation et un non-respect du mandat de l'ONU qui autorise l'ISAF à agir », et que ce mandat « se termine/prend fin » à la frontière afghane.

« Il n'existe pas de règlement ou d'entente au sujet des poursuites.... Toute suggestion du contraire n'est pas basée sur les faits. De telles violations sont inacceptables. »[14]

Le soir du 27 septembre, suite aux plaintes soulevées par les Pakistanais, l'ISAF de l'OTAN a tenté de limiter les dégâts en revenant à la prise de position originale défendue par le bloc militaire à l'effet qu'elle n'avait pas mené d'attaques au Pakistan. Le jour même, elle avait envoyé deux autres hélicoptères de combat dans le but de mener un troisième raid dans les régions tribales.

L'OTAN poursuivra ses attaques meurtrières en sol pakistanais peu importe la cible et ne donnera ni avertissement ni excuse. Les États Unis continueront d'intensifier leurs attaques de missiles Hellfire contre quiconque, en se contentant de rapports inexacts, anecdotiques et intéressés.

Le nombre de morts au Pakistan pour le mois de septembre est bien au-delà de 200 et pour l'année il se situe à plus de 2 000. La justification donnée par les États-Unis et l'OTAN pour expliquer ce carnage est que celui-ci vise à prolonger la politique de Barack Obama visant à « désorganiser, démanteler et vaincre » les réseaux d' résistants en Afghanistan jusqu'au Pakistan, prétendant ainsi mettre un terme plus rapidement à la guerre.

Il y a quarante ans, le prédécesseur d'Obama, Richard Nixon, commençait ainsi son discours annonçant l'expansion de la guerre du Vietnam au Cambodge : « Bonsoir, mes compatriotes américains. Il y a dix jours, dans mon rapport à la nation sur la question du Vietnam, j'ai annoncé la décision de retirer un autre 150 000 Américains du Vietnam dans l'année qui vient. J'avais dit à ce moment-là que je prenais cette décision malgré nos inquiétudes concernant les agissements de l'ennemi au Laos, au Cambodge et au Sud-Vietnam. Et à ce moment-là j'avais expliqué que si je devais constater que les agissements ennemis s'intensifiaient dans l'ensemble de ces régions et qu'ils mettaient en danger la vie des Américains qui devaient rester au Vietnam, je n'hésiterais pas à prendre des mesures fortes et efficaces pour régler la situation. »[15]

Il prétendait que des « sanctuaires ennemis » au Cambodge « mettaient en danger la vie des Américains qui étaient au Vietnam », et que « si cet effort de la part de l'ennemi s'avérait un succès, le Cambodge deviendrait une vaste région organisationnelle ennemie et un tremplin pour attaquer le Sud-Vietnam tout le long de sa frontière de 600 milles : un refuge vers lequel des troupes ennemies pourraient retourner pour fuir le combat sans craindre les représailles ».

Il avait commandé un déploiement pour « aller au coeur du problème, ce qui veut dire nettoyer les grands territoires vietnamiens et vietcong occupés, ces sanctuaires qui servent de bases pour mener des attaques contre les forces, tant cambodgiennes, américaines que sud-vietnamiennes, au Sud-Vietnam ».

L'application pratique de cette politique se résumait ainsi : « Nous avons mené des attaques cette semaine pour en finir avec les principaux sanctuaires ennemis sur la frontière du Cambodge et du Vietnam. »

Dans un langage très familier entendu récemment à Washington et à Bruxelles – seuls les pays ont changé de nom – Nixon avait déclaré : « Nous entreprenons cette action, non pas dans le but d'étendre la guerre jusqu'au Cambodge, mais dans le but de mettre un terme à la guerre au Vietnam... »

Washington étendit en effet la guerre du Vietnam jusqu'au Cambodge, avec les conséquences désastreuses que les peuples ne connaissent que trop bien, pour peu après déguerpir, vaincu, de l'Asie du sud-est, laissant derrière lui des régions entières du Vietnam et du Cambodge en ruines.

Le sort de l'Afghanistan et du Pakistan ne sera pas plus reluisant.

Notes
1. Radio Free Europe/Radio Liberty, le 12 novembre 2004
2.Le New York Times, le 27 Septembre 2010
3. Le New York Times, le 9 septembre 2008
4.
Meet the Press, le 10 mai 2010, http ://msnbc.msn.com/id/30658135
5.
Le Dawn News, le 28 septembre 2010
6. Le Daily Times, le 28 septembre 2010
7. Le Financial Times, le 27 septembre 2010
8. Associated Press, le 27 septembre 2010
9. Le New York Times, le 27 septembre 2010
10. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
11. The Guardian, le 27 septembre 2010
12. « L'OTAN entraîne le Pakistan dans son réseau mondial », Stop NATO, le 23 juillet 2010
13. Le Dawn News, le 28 septembre 2010
14. Le Dawn News, le 27 septembre 2010
15. Richard M. Nixon, Discours sur l'incursion cambodgienne,
http ://www.americanrhetoric.com/speeches/richardnixoncambodia.htm
http ://www.
(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste
)
- Rick Rozoff,

Stop NATO,

28 septembre 2010 -

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40157.htm#2 http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40157.htm


4-5 La route du Nord est devenue essentielle à la stratégie de l'Otan.

Nb Ndlr : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

Après les différentes attaques qui ont visé les dépôts de carburants au Pakistan, les forces de la coalition en Afghanistan pensent à s’appuyer de plus en plus sur le réseau de distribution du Nord (Northern Distribution Network – NDN), qui passe par l’Asie centrale. Les enjeux, tant économiques que politiques, sont de taille pour ces pays dont l’instabilité inquiète parfois le Département d’État américain.

Le Pakistan, depuis le début de l’offensive en Afghanistan en 2001, est le pays par lequel transite la plupart de l’approvisionnement non létal (nourriture, carburant, etc.) des forces de l’OTAN. Partant du port de Karachi, les containers parcourent 2 000 kilomètres le long de la PAKGLOC (Pakistan Ground Lines of Communication) et franchissent la frontière afghane par la passe de Khyber ou à Chaman, plus au sud. Le voyage dure une dizaine de jours, mais il est particulièrement dangereux.

La traversée de la zone tribale du nord-Pakistan est souvent l’occasion d’attaques de la part des résistants. Ces dernières semaines, plusieurs convois de carburants ont été détruits par les  résistants sur le territoire pakistanais. Karachi refuse pour l’instant d’en assurer la sécurité.
Du coup, les États-Unis et l’OTAN ont décidé d’utiliser une autre route. Celle du Nord. Moins utilisée, elle est pourtant vitale pour la coalition, qui se méfie de plus en plus du Pakistan. Plusieurs trajets alimentent l’Afghanistan par le Nord : le premier commence à Poti au bord de la mer Noire en Géorgie, longe le Caucase puis traverse la mer Caspienne à partir de Bakou pour atteindre le Kazakhstan et plonger ensuite au Sud en l’Ouzbékistan. Le deuxième, le plus emprunté, part de Riga en Lettonie et rejoint l’Ouzbékistan à travers la Russie et le Kazakhstan. Enfin, un troisième, plus difficile, fait un détour par le Kirghizstan et le Tadjikistan. Les trois finissent à Termez, ville frontière du sud de l’Ouzbékistan qui fait face à Hairatan en Afghanistan.

Depuis l’ouverture de cette route du nord, le trafic par le Pakistan est tombé de 80% à 50%. 30% du reste emprunte la NDN et 20% est acheminé en avion. Le carburant, dont la consommation a doublé depuis 2009 (
passant de 2 à 4,1 millions de litres par jour) provient désormais majoritairement des pays d’Asie centrale (Azerbaïdjan, Kazakhstan et Tadjikistan) alors que 40% seulement est issu des raffineries pakistanaises. Dans les deux ans, le tonnage total des marchandises transitant par la NDN doit passer de 25 000 à 40 000 tonnes.
Mais la NDN ne comporte pas uniquement des avantages. Les routes sont en mauvais état et les voies de chemins de fer quasi inexistantes. Les délais sont donc longs, même s’ils sont passés de 30 à 20 jours entre Kaboul et la frontière ouzbek. Des projets de construction ferroviaire sont néanmoins en cours. La Banque asiatique du développement a financé à hauteur de 165 millions de dollars la liaison entre Hairatan et la principale ville du Nord, Mazar-e-Sharif, distante de 75 kilomètres. L’inauguration est prévue en novembre 2010. Il restera à rénover la ligne transfrontalière entre Hairatan et Termez, longue de 10 kilomètres, mais qui a déjà atteint ses limites capacitaires.
D’autre part, l’instabilité chronique de certains États oblige les États-Unis à rester extrêmement prudents. Les récents troubles au Kirghizistan en avril et juin 2010 entretiennent par exemple l’inquiétude sur l’avenir de la base militaire américaine de Manas. Certains analystes craignent également une exportation du conflit afghan dans les pays frontaliers du nord. Le terrorisme islamiste est déjà présent en Ouzbékistan et au Tadjikistan, où des attaques contre des convois ont eu lieu.
Bref, la NDN est loin d’être une solution miracle au problème de l’approvisionnement. Malgré tout, elle est l’occasion pour les États d’Asie centrale de coopérer et de développer leurs infrastructures de transports. Autre point positif, les enjeux de la NDN pourraient dynamiser la relation Moscou-Washington, qui s’est souvent tendue par le passé quand les États-Unis s’approchaient de trop près des anciennes Républiques soviétiques.
Source : IISS, Eurasianet.org, The NY Times

11 octobre

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article4028


4-6 L'OTAN permet (…)  aux  résistants de participer aux négociations avec le gouvernement Karzaï.

Les discussions entre  résistants et l'entourage d'Hamid Karzaï vont bon train. Elles se déroulent avec le concours de l'OTAN, qui laisse passer les responsables  résistants venant de leurs bases au Pakistan, affirme le New York Times (NYT), mercredi 20 octobre, citant des responsables de l'alliance, à Kaboul. Ces discussions impliquent la choura (conseil de notables) de Quetta, des membres du réseau Haqqani et des membres de la choura de Peshawar.

Ces  résistants recevraient l'assurance qu'ils ne seraient pas attaqués ou capturés par les forces de l'OTAN, affirment des responsables afghans. Selon une source afghane citée par le NYT, l'un de ces représentants des  résistants aurait même été transporté dans un appareil de l'OTAN. Dans d'autres cas, les forces de l'OTAN auraient sécurisé les routes empruntées par les émissaires.

Les rumeurs autour de ces discussions se multiplient depuis quelques semaines. Le NYT affirme que trois membres de la choura de Quetta et un membre du réseau Haqqani ont pris part à ces discussions et ne dévoile pas leur identité à la demande de la Maison Blanche et d'Afghans prenant part à ces discussions.

Vendredi à Londres, le général Petraeus, commandant en chef des forces américaines en Afghanistan, avait révélé que les forces de l'OTAN avaient facilité l'accès de responsables  résistants à Kaboul, en vue de négociations avec le gouvernement afghan.

Le général a indiqué qu'un "certain nombre d'initiatives étaient en cours" dans le cadre du soutien au processus de négociation lancé par le président Hamid Karzaï. Les rebelles nient officiellement tout dialogue avec le gouvernement.

Selon le quotidien américain, le mollah Omar, responsable des  résistants, n'est pas partie prenante de ces discussions, en raison de ses liens avec les services pakistanais, et surtout de l'influence que veulent conserver l'Inter-Services Intelligence (ISI) sur l'Afghanistan. "L'ISI ne veut pas de ces négociations et fera tout pour les faire échouer", affirme une source afghane citée par le NYT.

La question du dialogue entre le gouvernement de Kaboul et les  résistants doit figurer au menu de la réunion mensuelle à la Maison Blanche consacrée à la situation en Afghanistan, a indiqué mardi le porte-parole du président américain Barack Obama. M. Obama va s'entretenir avec les plus hauts responsables civils et militaires sur l'évolution de sa stratégie dans ce pays, avant de quitter Washington pour faire campagne en vue des législatives de la mi-mandat, le 2 novembre. "La réconciliation [nationale] organisée par les Afghans a été évoquée lors de nombreuses réunions passées", a dit le porte-parole de la présidence américaine, Robert Gibbs, lors de son point de presse quotidien. "J'imagine que nous allons obtenir des informations du général [David] Petraeus, de l'ambassadeur [Karl] Eikenberry et d'autres sur leur évaluation des progrès de ces pourparlers, et leurs espoirs de voir ces progrès se poursuivre", a ajouté le porte-parole.

Lemonde.fr avec AFP |

 20.10

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/10/20/l-otan-permet-aux- résistants-de-participer-aux-negociations-avec-le-gouvernement-karzai_1428654_3216.html


4-7 Les  résistants nient mener des pourparlers avec Karzai.

Les  résistants ont démenti les déclarations du président Karzai sur des pourparlers secrets en cours avec eux dans le but de mettre fin à la guerre en Afghanistan, dans un communiqué diffusé mercredi par le centre américain SITE.

Dans leur communiqué mis en ligne, les  résistants, rejettent les affirmations de M. Karzai comme relevant "d'une propagande sans fondement" et de "la guerre psychologique régulière".

Dans un entretien avec la chaîne américaine CNN, M. Karzai a confirmé mener "depuis un bon moment" des pourparlers secrets avec les  résistants, en réponse à une question sur un article du Washington Post faisant état de "pourparlers secrets de haut niveau", entre les  résistants et le gouvernement afghan.

"Il ne s'agit pas d'un contact officiel régulier avec les  résistants, avec une adresse fixe, mais plutôt de contacts personnels non officiels, qui ont lieu depuis un bon moment", a-t-il déclaré, selon des extraits révélés dimanche de cette interview.

Les  résistants ont rappelé leur position selon laquelle ils ne négocieraient pas tant que les forces étrangères n'auront pas quitté l'Afghanistan.

"Nous voudrions dire clairement que la position de l'Emirat islamique est sans équivoque et définitive concernant des négociations: tenir des pourparlers avec l'ennemi (...) avec une présence militaire (étrangère) en Afghanistan est une perte de temps", soulignent-ils dans leur communiqué diffusé par le groupe de surveillance des sites islamistes SITE.

Mais le président Karzaï a souligné sur CNN qu'il n'y avait "pas de contact officiel avec une entité reconnue qui se rapporterait à un organe des  résistants et ferait le va-et-vient régulièrement avec nous".

"Cela ne s'est pas encore produit et nous espérons que nous allons pouvoir démarrer cela le plus tôt possible", a-t-il ajouté. "Mais des contacts ont eu lieu bien sûr avec plusieurs éléments du gouvernement afghan, au niveau de la communauté et aussi au niveau politique", a assuré M. Karzaï.

Selon le Washington Post, parmi les sujets abordés lors des pourparlers figurent l'octroi de postes au gouvernement pour des dirigeants  résistants et le retrait des quelque 150.000 forces américaines et des autres pays de l'Otan déployés dans le pays.

Interrogé sur ces informations, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, avait refusé de se prononcer directement mais indiqué que les Etats-Unis soutenaient la perspective d'un dialogue entre les  résistants et le gouvernement Karzaï.

24/10

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gGM1TrYnr_Q3kq88ArM4yU2AuvyQ?docId=CNG.fb674c2477a0714764006568f1868163.a91



4-8 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

1 Malorie Beauchemin : Omar Khadr plaide coupable.

Après huit ans dans la controversée prison de Guantanamo, après des années à jurer ne pas avoir commis les crimes qu'on lui reproche, le Canadien Omar Khadr a finalement plaidé coupable aux cinq chefs d'accusation qui pesaient contre lui en commission militaire, à Guantanamo.

Le seul Occidental encore détenu à la prison américaine dans l'île de Cuba a conclu une entente à l'amiable, qui prévoit qu'après une année supplémentaire de détention aux mains des Américains, il pourra faire une demande pour être transféré au Canada pour y purger le reste de sa peine.

Stoïque, la tête baissée et la voix faible, Omar Khadr a reconnu avoir lancé la grenade qui a tué le soldat Christopher Speer, lors d'une altercation entre les forces armées américaines et un petit groupe d'insurgés, en Afghanistan, le 27 juillet 2002.

La veuve du soldat Speer, Tabitha, était dans la salle d'audience et a fondu en larmes lorsque le juge a lu les faits reprochés au jeune Khadr.

Les procédures se poursuivront pendant quelques jours, afin que les sept membres du jury -tous des militaires- puissent entendre des plaidoyers et témoignages pour établir une sentence.

La sentence du jury ne prévaudra que si elle contient un nombre d'années de détention inférieur à la proposition contenu dans l'entente à l'amiable.

Les détails de cette entente seront connus à la fin des procédures, a assuré le juge Patrick Parrish.

Aujourd'hui âgé de 24 ans, Omar Khadr a été capturé en Afghanistan à l'âge de 15 ans.

Malorie Beauchemin, envoyée spéciale
La Presse
http://www.cyberpresse.ca/dossiers/omar-khadr/201010/25/01-4335812-omar-khadr-plaide-coupable.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


2 Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures.
Les médecins américains qui ont assisté aux interrogatoires de la CIA ont contribué à affiner les méthodes de torture, une pratique qui s'apparente à de l'"expérimentation humaine", selon une ONG. Ces praticiens ont ensuite pu émettre des recommandations pour améliorer ces techniques "d'interrogatoire".
"Il y a des preuves que les médecins calibrent la douleur infligée par les techniques d'interrogatoire et cherchent à améliorer leurs connaissances sur ces techniques", a expliqué lors d'une conférence de presse Nathaniel Raymond, un responsable de Physicians for Human Rights (PHR, Médecins pour les droits de l'homme), qui a publié lundi un rapport intitulé Expérimentations dans la torture.
"Il ne s'agit de logique à la Jack Bauer (l'agent spécial de la série "24 heures chrono", NDLR), mais de médecins qui recueillent des données utilisées pour déterminer si ce qu'ils observent rentre dans la définition de la torture" telle qu'elle a été établie par le ministère de la Justice, a-t-il poursuivi.
Les auteurs du rapport ont appelé à une enquête exhaustive sur les pratiques autorisées contre les "suspects de terrorisme". Mais, comme d'autres organisations de défense des droits de l'homme, ils ont reconnu ne pas trouver "une volonté politique au Congrès ni dans l'administration de prendre en mains ces questions".
Pour établir le rôle joué par les médecins de la CIA dans l'amélioration de l'efficacité des techniques qu'ils infligent aux détenus, PHR s'est appuyé sur des documents publics révélés depuis 2008, dont une série de notes internes qui ont attesté l'usage répété de la torture contre certains détenus enfermés dans les prisons secrètes de la CIA.
Les États-Unis ont théorisé au lendemain du 11-Septembre une liste de "techniques d'interrogatoires améliorées" que le ministère de la Justice a par la suite justifié au plan légal en limitant l'appellation torture à "une souffrance mentale ou physique sur le long terme équivalente à la douleur ressentie lors de la défaillance d'un organe ou la mort".
Simuler la noyade
Concrètement, PHR démontre dans son étude que les médecins ont par exemple observé que la simulation de noyade - qui a été pratiquée des dizaines de fois, si elle était répétée trop souvent avec de l'eau simple comportait des risques que le détenu attrape une pneumonie.
La différence entre la simulation de noyade pratiquée au tout début, à partir d'expériences ponctuelles sur des soldats volontaires, et après l'intervention des médecins "indique que les médecins de la CIA ont participé à la modification de la technique", affirme PHR.
De même, dit l'organisation, les médecins ont "analysé les données récupérées lors des interrogatoires de 25 détenus soumis à une combinaison de "techniques d'interrogatoire améliorées".
Parmi les techniques les plus connues, figure la privation de sommeil, la nudité forcée, le ligotage pendant des heures dans des positions inconfortables ou encore l'exposition à des températures extrêmes.
Les médecins de la CIA servent aussi de témoin, en cas de poursuites futures pour attester que les interrogateurs agissaient "en toute bonne foi", sous directives médicales et en présence d'un médecin.
"Ce rapport est la partie émergée de l'iceberg et il est nécessaire de conduire une enquête complète, de chercher les responsabilités et d'éviter qu'une telle chose puisse jamais se reproduire", a estimé Allen Keller, médecin spécialiste des effets de la torture lors de la conférence de presse.

AFP - 11 juin 2010




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·       " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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