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30/10/2010

n° 459 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 11-10 au 29-10 : -: Suite - Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures.


n° 459 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 11-10 au 29-10  :  -:  Suite - Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.




Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n° 459                                                                                                                                                du 11-10 au 29-10                   

C.De Broeder    &   M.Lemaire                       



 Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 



Sommaire.

2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

2-1 WikiLeaks/Afghanistan : nouvelles fuites.

2-2 Wikileaks enfonce des portes ouvertes.

2-3 Les Etats-Unis tiennent le mollah Omar pour responsable des attentats du 11 septembre et subséquemment "I...

2-4 François-Bernard Huyghe : Al-Qaïda entre alerte et routine.

3 Les Brèves

3-1 Ben Laden menace … la France.

3-2 Un GI risque des sanctions pour avoir tué accidentellement une otage....

3-3 La santé mentale : un problème capital en Afghanistan.

3-4 Corruption: un audit de ses banques privées.

3-5 Les Forces canadiennes se cherchent une nouvelle base en Asie...

4  Dossiers

4 -1Gamal Nkrumah : Transformer l’Afghanistan.

4-2 Tom Peters : La CIA entretient une armée de mercenaires active en Afghanistan et au Pakistan.

 



2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 WikiLeaks/Afghanistan : nouvelles fuites.

WikiLeaks a annoncé aujourd'hui la diffusion prochaine de quelque 15.000 nouveaux documents confidentiels de l'armée américaine sur la guerre en cours en Afghanistan, lors d'une conférence de presse à Londres.
"WikiLeaks n'a exploité qu'environ un rapport sur six des documents relatifs à l'Afghanistan afin de les examiner( ...) ce travail est désormais terminé est les rapports vont bientôt sortir", a déclaré Kristinn Hrafnsson.
Vendredi, le site Internet spécialisé dans le renseignement a publié près de 400.000 documents secrets de l'armée américaine sur la guerre en Irak. Et ses conclusions sont sans appel : la coalition internationale a bel et bien torturé des prisonniers irakiens et fermé les yeux sur des exactions commises par les forces irakiennes.
Présentés comme «la plus grosse fuite de documents militaires secrets de l'Histoire», les documents mettent en évidence «de nombreux cas de crimes de guerre qui semblent manifestes de la part des forces américaines, comme le meurtre délibéré de personnes qui tentaient de se rendre».
«
On parle de cinq fois plus de morts en Irak, un vrai bain de sang comparé à l'Afghanistan», a assuré sur CNN le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, jugeant que «le message de ces dossiers est puissant et peut-être un peu plus facile à comprendre que la complexe situation en Afghanistan». Refusant d'entrer dans les détails de ces révélations, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a condamné la fuite de tout document pouvant mettre en danger «la vie des soldats et des civils des Etats-Unis et de leurs alliés».

AFP 23/10/2010


2-2 Wikileaks enfonce des portes ouvertes.
Le site Wikileaks, qui avait publié 72 000 documents de l’armée de terre US en Afghanistan, vient de publier près de 391 832 télégrammes de rapports d’incidents de l’armée de terre US en Irak datés de la période 2004-2009.

Les documents ont été présentés dix semaines avant publication à quatre médias atlantistes, le New York Times, le Guardian, Le Monde et Der Spiegel afin qu’ils les analysent.

La presse dominante réagit principalement en s’étonnant de l’ampleur des violences de toutes sortes dont ces documents attestent. Elle en tire également des conclusions sur le rôle des mercenaires ou sur la faiblesse du gouvernement irakien.

Cette opération spectaculaire permet à la presse dominante de rattraper son retard en matière d’information.

 Les documents divulgués rapportent des événements dont la presse irakienne et la Résistance se sont fait l’écho au fur et à mesure au cours des dernières années et que la presse dominante s’est efforcée d’ignorer et de cacher à ses lecteurs.

Le Réseau Voltaire s’était étonné en son temps de cet aveuglement. Il avait alors, à titre d’exemple et pendant une période limitée à un mois, publié une sélection des principales informations connues, sous la forme d’une publication séparée : Janvier en Irak.

Cette expérience, réalisée il y a plus de 5 ans, montre que tout était déjà disponible pour qui voulait le savoir.

Il s’en suit également que nos analyses des 5 dernières années sur ce sujet se trouvent aujourd’hui confirmées, alors que les analyses de la presse dominante sont désormais infirmées par elle-même.

Notez, que le New York Times, le Guardian, Le Monde et Der Spiegel présentent leur remise à niveau comme un exploit journalistique, un scoop de très grande ampleur, au lieu de s’excuser auprès de leurs lecteurs pour leur avoir si longtemps menti.

Réseau Voltair


2-3 Les Etats-Unis tiennent le mollah Omar pour responsable des attentats du 11 septembre et subséquemment "I...

l ne remplit donc pas les critères" pour intégrer le processus de réconciliation…

nb : Ndlr : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information. 

Le département d'Etat des Etats-Unis a déclaré jeudi que le mollah Mohammed Omar, chef des  résistants, ne peut avoir un rôle constructif dans l'avenir de l'Afghanistan.(…)
Le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, a indiqué que les Etats-Unis tiennent le mollah Omar pour responsable des attentats du 11 septembre et qu'il soutient Oussama ben Laden.
"Au cours des années 1990, et même après les attentats du 11 septembre, il a eu plusieurs occasions de prendre ses distances vis-à-vis d'Oussama ben Laden. Il a choisi de ne pas le faire", a précisé le porte-parole.
"Il ne remplit donc pas les critères" pour intégrer le processus de réconciliation, a-t-il estimé, faisant allusion aux trois conditions qui exigent de renoncer à la violence, rompre les liens avec Al-Qaïda et respecter les lois de l'Afghanistan.
"Nous doutons fortement que le mollah (Omar) puisse tirer un quelconque profit de ce processus", a ajouté M. Crowley.
Bien que les Etats-Unis soient persuadés que le mollah Omar n'a aucun rôle à jouer dans le futur de l'Afghanistan, il paraît peu probable de parvenir à une réconciliation sans la participation des  résistants et de leurs dirigeants.
Le président afghan Hamid Karzaï a appelé à plusieurs reprises les dirigeants  résistants à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix.
Certaines informations publiées à Washington indiquent néanmoins que l'administration Obama se serait récemment dite ouverte à des négociations avec les  résistants, estimant que la guerre en Afghanistan ne peut être gagnée en ayant recours aux seuls moyens militaires.
Un haut responsable de l'Otan aurait de son côté déclaré que l'alliance offre aux dirigeants de la résistance  la possibilité de se rendre à Kaboul "en toute sécurité" pour négocier avec le gouvernement afghan.
Par ailleurs, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré jeudi que l'alliance était prête à aider le gouvernement afghan à entrer en contact avec les  résistants.

Source: xinhua


2-4 François-Bernard Huyghe : Al-Qaïda entre alerte et routine.

Nb Ndlr : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information. 

Ben Laden s’exprime et l’homme théoriquement le plus recherché de la planète, censé avoir produit le plus grave événement du nouveau millénaire, suscite quelque chose qui ressemble à un ennui médiatique non dissimulé.

En deux cassettes audio, les premières depuis le printemps dernier, l’émir apparaît souriant (en image fixe, bien sûr), parle sur fond de séquences des inondations du Pakistan.

Le thème qu’il développe (après plusieurs responsables d’Al-Qaïda) est la catastrophe climatique, sa solidarité envers les victimes musulmanes, la nécessité de créer un système efficace pour leur porter secours, la responsabilité des gouvernements qui préfèrent acheter des armes plutôt que protéger leurs citoyens, le réchauffement climatique qu’il déplore, son regret que le chef de l’État pakistanais ne se soit pas rendu sur place... Bref une suite de banalités, presque politiquement correctes, que n’importe quel journal pourrait imprimer.

Quelle que soit l’ampleur de la catastrophe (sans doute 1700 morts et des centaines de milliers de réfugiés) dans - il faut bien le dire – une relative indifférence des médias occidentaux, il y a un paradoxe.

Et dans les propos de Ben Laden "écolo" (encore que ce ne soit pas la première fois qu’il se préoccupe de ces questions), presque altermondialiste dans ses diatribes contre les puissants.

Et dans la façon dont sont accueillies les déclarations de l’homme qui sont supposées menacer le monde. Si l’on met de côté l’hypothèse selon laquelle la vidéo serait truquée, il y a là sujet à s’interroger sur le statut d’Al-Qaïda.

Au même moment, les annonces d’une reprise des activités de l’organisation se multiplient.

Des responsables américains du contre-terrorisme annonçaient récemment que Ben Laden et les siens auraient pu jouer un rôle important dans un très vague projet d’attaques coordonnées contre la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, "de style Mumbai", mais qu’une menace d’Al-Qaïda pour le Maghreb Islamique était peu vraisemblable sur le territoire européen.

Nous sommes tentés de souscrire à la seconde partie de la proposition (une campagne dans le style de celle du GIA posant des bombes en France en 1995 ne semble pas cohérente avec la stratégie de prises d’otages). Quant à la première information, le complot dont on ne sait trop s’il est ou non déjoué... elle est plutôt invérifiable.

Au moment où nous écrivons, il est question d’un projet menaçant les Américains en Europe et dont la source aurait été découverte au Nord-Waziristan (la zone du Pakistan où pourrait être réfugié Ben Laden).

Le même jour, autre source : des membres d’Al-Qaïda tenteraient de s’emparer de passeports occidentaux.

Ou encore, on apprend que la Suède relève son niveau d’alerte.

Bref, un ensemble de renseignements vagues, le plus souvent de sources anonymes mais toutes alarmistes, converge.

Elles aboutissent objectivement à redonner du lustre à Al-Qaïda dont beaucoup proclamaient le déclin et dont les dernières déclarations, guère suivies d’effet, ne donnaient pas l’impression d’un péril croissant.

Comment interpréter ces indices ?

Comme un montage occidental destiné à agiter l’épouvantail terroriste (comme on l’a dit à propos de la France) ?

Ce serait un peu simple.

Il se pourrait aussi que cela traduise la transformation d’Al-Qaïda en une poussière de groupes d’importance très diverses, n’ayant plus qu’un lien formel, purement nominal, voire publicitaire, avec l’organisation désormais mythifiée.

Ou que des groupes (dans le Sahel, au Pakistan, les indications ne sont pas claires) pourraient décider de passer au stade supérieur et frapper au cœur du dispositif ennemi, en Europe par exemple.

La logique des réseaux et le système de la "franchise" du nom Al-Qaïda se développeraient dans le sens de l’éparpillement et de l’autonomie.

La seule vraie question est : est-ce une bonne nouvelle ? Et un ennemi dispersé n’est-il pas plus difficile à combattre ?

François-Bernard Huyghe

François-Bernard Huyghe, chercheur associé à l’IRIS

Tous les droits des auteurs des Œuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site, sont réservés.
Publié le 12 octobre 2010 avec l'aimable autorisation de l'IRIS.

Source : Affaires stratégiques
http://www.affaires-strategiques.info/...



3 Les Brèves

3-1 Ben Laden menace … la France.

nb Ndlr : la publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage toutes l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

Oussama ben Laden s'est exprimé dans un nouveau message sonore cité mercredi par la chaîne de télévision Al-Jazira.

Le chef d’Al-Qaeda, Oussama ben Laden, a affirmé que la France ne connaîtrait la sécurité que si elle se retirait d’Afghanistan et cessait «ses injustices» à l’égard des musulmans, dans un message audio justifiant l’enlèvement de Français au Sahel, et diffusé mercredi sur al-Jazira.

De quoi justifier, explique ce soir le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, le maintien du plan «Vigipirate» rouge.

Dans ce court message sonore adressé «au peuple français», diffusé par la chaîne qatarie basée à Doha, Ben Laden estime en outre qu’il est «du droit» des musulmans de riposter par la violence contre «les envahisseurs français» à l’interdiction du voile intégral.

Le chef d’Al-Qaeda affirme, dans son réquisitoire, vouloir expliquer «les raisons» qui justifient «les menaces contre votre sécurité et la prise en otages de vos fils».

Fin septembre-début octobre, les autorités françaises avaient fait état d’une menace «réelle» dans le pays et appelé à la vigilance.

«Le seul moyen de préserver votre sécurité est de mettre un terme à toutes vos injustices à l’égard de notre nation, notamment votre retrait de la maudite guerre de Bush en Afghanistan, et de mettre fin au colonialisme direct et indirect», dit Ben Laden. Environ 3.750 soldats français sont stationnés en Afghanistan.

Il se demande comment la France peut «participer à l’occupation de nos pays et aider les Américains à tuer nos enfants et nos femmes», et vouloir en même temps «vivre en sécurité et en paix».

«Comme vous menacez notre sécurité, nous menaçons votre sécurité»

Le chef d’Al-Qaeda accuse en outre la France de «s’ingérer dans les affaires des musulmans, dans le nord et l’ouest de l’Afrique en particulier», justifiant l’enlèvement sur le site d’une mine d’uranium du groupe français Areva à Arlit (nord du Niger) de cinq Français, d’un Togolais et d’un Malgache.

«La prise en otages de vos experts au Niger, qui étaient sous la protection de vos agents est intervenue en réaction à l’injustice que vous pratiquez à l’égard de notre nation islamique», dit le chef d’Al-Qaeda.

«Tout comme vous tuez, vous êtes tués. Tout comme vous prenez des prisonniers, vous êtes pris en otages. Comme vous menacez notre sécurité, nous menaçons votre sécurité», ajoute-t-il.

Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué le 21 septembre l’enlèvement des cinq Français. Les autorités françaises ont assuré qu’elles étaient prêtes à engager des pourparlers avec Aqmi pour obtenir la libération de ces otages.

Selon des sources maliennes et françaises, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de l’Algérie.

Parmi ces otages, la Française Françoise Larribe a peu de temps avant son enlèvement, subi une chimiothérapie, selon un de ses proches. Selon des intermédiaires qui ont rencontré ses ravisseurs, elle a un besoin urgent de soigner un cancer.

Un dernier message diffusé début octobre

Evoquant l’interdiction du voile intégral en France, que le Parlement a voté le 14 septembre, et qui sera effective au printemps 2011, Ben Laden s’est par ailleurs demandé: «s’il est du droit de la France d’interdire aux femmes libres de porter le voile, n’est-il pas de notre droit de pousser au départ vos hommes envahisseurs en leur tranchant la tête?»

Le dernier message du chef d’Al-Qaeda avait été diffusé début octobre. Il s’inquiétait alors du changement climatique et lançait un appel à l’aide en faveur des victimes des inondations dévastatrices au Pakistan.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/monde/01012298820-ben-laden-demande-le-retrait-des-troupes-francaises-d-afghanistan?xtor=EPR-450206


3-2 Un GI risque des sanctions pour avoir tué accidentellement une otage....

Un soldat, présumé avoir tué accidentellement une travailleuse humanitaire britannique prise en otage en Afghanistan lors d'une opération destinée à la libérer, est susceptible d'encourir des mesures disciplinaires, rapporte le Guardian jeudi.

Selon le quotidien britannique, citant des sources à Kaboul et Londres, ce soldat des forces spéciales a lancé une grenade qui pourrait avoir tué Linda Norgrove, 36 ans, tuée le 8 octobre lors d'une opération de l'armée américaine destinée à la libérer.

Or, ce soldat a tardé à informer sa hiérarchie du fait qu'il avait lancé l'explosif, indique le Guardian.

Au cours de l'opération contre l’abri des preneurs d'otage, la Britannique s'est éloignée de ses ravisseurs et s'est allongée en position fœtale pour éviter d'être blessée, raconte le journal.

Mais le soldat américain ne l'a pas vue et a lancé, près de l'endroit où elle se cachait, une grenade à fragmentation qui a explosé à côté d'elle, selon le Guardian.

Grenade américaine

Des responsables avaient initialement annoncé qu'elle avait été tuée par un de ses ravisseurs qui s'était fait exploser à ses côtés, mais un examen de l'opération a révélé qu'elle pourrait avoir été tuée par une grenade américaine.

Les Etats-Unis ont lancé une enquête à ce sujet.

14/10/2010

 (Source AFP)

http://www.liberation.fr/monde/01012296239-un-gi-risque-des-sanctions-pour-avoir-tue-accidentellement-une-otage-britannique


3-3 La santé mentale : un problème capital en Afghanistan.

A l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale, organisée hier par l’Organisation mondiale de la Santé, le ministre par intérim de la Santé en Afghanistan, Suraya Dalil a affirmé que 60 % de la population afghane souffrait de stress et de troubles mentaux, le pays ayant été exposé ces dernières décennies à de nombreux événements ayant favorisé la « détérioration de la santé mentale ». L’offre de soins y est très limitée dans ce domaine : on compte 200 lits de psychiatrie dans tout le pays et seulement deux psychiatres.

Publié le 11/10/2010

http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/D3/25/document_actu_pro.phtml


3-4 Corruption: un audit de ses banques privées.

Le gouvernement afghan a annoncé mardi que toutes les banques privées feraient l'objet d'un audit après les accusations de détournements de fonds visant la Kabul Bank, le premier établissement privé du pays.
"Le gouvernement a décidé qu'une société fera l'audit non seulement de la Kabul Bank, mais aussi de toutes les banques privées en Afghanistan", a déclaré le porte-parole de la présidence, Waheed Omer.

Après des articles début septembre de la presse américaine, affirmant que la Kabul Bank était en difficulté pour cause de détournements de fonds par ses dirigeants, ses clients ont pris d'assaut toutes ses succursales pour vider leurs comptes.

19.10

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/corruption-l-afghanistan-ordonne-un-audit-de-ses-banques-privees-19-10-2010-1115449.php


3-5 Les Forces canadiennes se cherchent une nouvelle base en Asie...

Le gouvernement canadien envisage d’utiliser une base aérienne allemande en Ouzbékistan ou une base aérienne américaine au Kirghizistan pour pallier, à court terme, la perte de la base opérationnelle avancée (BOA) camp Mirage, située dans le désert près de Dubaï, a appris l’Agence QMI.

Les Émirats arabes unis expulseront dans trois semaines les Forces canadiennes du camp Mirage, parce que le gouvernement canadien refuse d'accorder à leurs compagnies aériennes nationales des vols supplémentaires en direction du Canada.

Privées du camp Mirage, les Forces canadiennes ont besoin d'un autre site en bordure de l'Afghanistan, à partir duquel l’équipement peut être acheminé sur le théâtre des opérations. Ce site peut également servir de transit lors du retrait des troupes.

Une source au sein du ministère de la Defense a confirmé deux possibles sites de remplacement temporaires, incluant une base aérienne allemande à Termez, en Ouzbékistan, et la base aérienne américaine de Manas, au Kirghizistan.

Les deux pays souffrent d'une mauvaise réputation internationale. L’Ouzbékistan est une dictature alors que l’instabilité politique règne en Ouzbékistan.

Le ministre de la Defense Peter MacKay a affirmé, dimanche, que plusieurs sites potentiels avaient été identifiés pour remplacer le camp Mirage.

« Il y a des négociations qui se déroulent en ce moment entre les planificateurs de mon ministère et les Affaires étrangères pour s’assurer d’un autre emplacement », a indiqué le ministre.

Ni le ministre MacKay, ni la porte-parole du ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon n’ont dit où se trouvaient ces bases.

« Pour des raisons évidentes, nous ne pouvons pas faire de commentaires sur les questions opérationnelles qui disent quoi que ce soit sur l’endroit où nous allons et sur ce que cela représente en termes de logistique. Ce ne serait pas sécuritaire », s’est contentée de préciser la porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Catherine Loubier.

Le capitaine Dave Scanlon, porte-parole du ministère de la Defense, estime que sans le camp Mirage, le Canada aura besoin d’autres escales pour transiter vers l'Afghanistan.

Il a toutefois ajouté que le ministère de la Defense ne prévoyait pas faire d’importants investissements dans les bases de Termez et de Manas. « Mais si vous avez entendu dire qu'il y a une possibilité que nous puissions avoir des endroits par où passer, comme le concept d’un aéroport de correspondance, alors cela pourrait être une possibilité », a ajouté M. Scanlon.

Le camp Mirage était un secret de polichinelle à Ottawa, même si les Forces canadiennes et le gouvernement n'ont jamais officiellement confirmé son existence ou son rôle.

Le camp Mirage, qui serait situé sur la base de l’armée de l’air Al Minhad dans les Émirats arabes unis, est un centre de transbordement créé en 2001 qui agit comme plaque tournante pour réapprovisionner les 2 750 soldats canadiens qui combattent à Kandahar.

 18/10

Agence QMI. 



4  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4 -1Gamal Nkrumah : Transformer l’Afghanistan.

lundi 21 septembre 2009 par

Gamal Nkrumah analyse la place de l’Afghanistan dans l’arène politique mondiale alors que le pays tient des élections présidentielles en plein scandale international sur le fiasco de l’Otan dans ce pays déchiré par la guerre.

Le peuple pashtun, toujours avec une fierté quelque peu suffisante et ses traditions religieuses conservatrices, montre une véritable diversité, avec la métamorphose de la clique au pouvoir, au sein d’un mouvement populaire qui profite d’une vague de soutien de la part des paysans et des pauvres des villes. Quoi qu’il en soit, si un décideur politique occidental croit que la nation productrice d’opium va finalement se comporter en lieutenant au service des intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux en Asie centrale, c’est que ce décideur politique a dû fumer quelque chose à base d’herbes.

A défaut de la moindre catharsis à l’horizon, il est de plus en plus évident que la route tourmentée de l’Afghanistan vers la démocratisation le mène à la poubelle de l’histoire, sauf à être rapidement rectifiée par un Islam politique du style Taliban. Les politiciens occidentaux hésitent dangereusement entre débiter des informations fallacieuses sur l’Afghanistan et les  résistants, et exprimer une naïve ignorance. Leur tendance à interpréter faussement les réalités sur le terrain en Afghanistan est déconcertante. Les dirigeants des  résistants, eux aussi, devraient réfléchir vers où la violence qu’ils instrumentent entraîne leur peuple.

Les chefs  résistants croient en l’efficacité de la violence révolutionnaire militante du style islamique. Le défi auquel ils sont confrontés aujourd’hui, c’est que ce n’est pas de la force dont ils ont besoin pour se développer, mais de la force morale de leur foi. L’Islam politique fait des adeptes non seulement en Afghanistan mais aussi dans tout le monde musulman. Les  résistants ont menacé de faire sauter les bureaux de vote pendant les élections présidentielles, prétendant que les votants étaient des « infidèles ».

Le président afghan en exercice, Hamid Karzai, lui-même Pashtun, n’inspire pas le respect à la majorité de son peuple. Et pourtant, selon toute vraisemblance, il sera le vainqueur des élections présidentielles. Il préside une démocratie malade et peu brillante, criblée de contradictions fondamentales. Les USA se prennent pour Dieu et Karzai est largement considéré comme le laquais de Washington, une position qui lui vaut les critiques de ses concitoyennes et concitoyens.

 

A chaque fois que Karzai rate une occasion, les  résistants marquent un point. (Photo : Claire Billet)

Pire, Karzai apparaît comme cédant et acceptant les aspects les moins efficients de l’idéologie islamiste militante. Non seulement il n’a rien à dire pour son léchage de bottes de ses maîtres et bienfaiteurs de Washington, mais il flirte aussi régulièrement avec les  résistants. Un récent faux pas a attiré l’attention internationale quand Karzai a approuvé un projet de loi permettant aux époux de ne pas nourrir leurs épouses si elles refusaient des relations sexuelles, une loi dont les critiques affirment qu’elle légalisait le « viol marital ». La loi s’appliquait seulement aux minorités musulmanes chiites d’Afghanistan qui constituent 15% de la population du pays. Mais toute femme afghane était tenue de par la loi de demander la permission à son époux pour rechercher un emploi. Voilà le genre de pratiques qui scandalisent ceux à l’étranger qui veulent organiser la démocratie en Afghanistan. « A l’évidence, ils tiennent les élections dans des circonstances défavorables, » a prévenu le secrétaire d’Etat US, Robert Gates.

En effet, à chaque fois que Karzai rate une occasion de se mettre en avant, les  résistants marquent un point et prospèrent. Karzai n’est pas en position de faire des sermons. Les  résistants propagent leur orientation idéologique militante. Mais ce qu’il faut faire en priorité, c’est mettre fin au désordre provoqué par les forces occupantes de l’OTAN. La guerre en Afghanistan n’est pas seulement une tragédie pour l’Afghanistan mais pour tout le monde musulman.

Karzai n’est pas le premier dirigeant afghan à être en état de disgrâce. Mais même lorsqu’il a voulu renégocier une démocratisation et une réforme politique à l’Afghane, ce qui était peu vraisemblable étant donné tout son passif par ailleurs, même alors une telle démarche aurait été vaine s’il n’impliquait pas la masse de son peuple, les Pashtun. Ce qui aurait été un vote présidentiel historique, évitant à l’establishment politique post-taliban de s’enfoncer davantage dans la corruption et le manque de pertinence nationale, a été largement tronqué par les déclarations hors propos et les débats. Et une telle confusion a été alimentée avec, comme toile de fond, des accusations largement répandues d’achats d’électeurs et de fraude électorale.

Les démocraties à dominante musulmane, là où elles existent, sont trop fragiles pour être traînées dans la boue comme cela. Les pays à majorité musulmane comme l’Indonésie ou le Bangladesh sont aux prises avec les dynamiques même d’une démocratie pluripartite du style occidental. La démocratie naissante au Pakistan voisin est pour le moins boiteuse, et c’est un euphémisme. Pourtant, en Afghanistan, personne, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, ne croit sincèrement que le pays est prêt pour une démocratie complète à la mode occidentale. La triste vérité est que l’Afghanistan a un long chemin à faire avant qu’une démocratie ne puisse y être consacrée institutionnellement. D’abord et avant tout, il faut travailler à une solution négociée avec les  résistants. Peu d’Afghans sont attirés par la démocratie, d’autant qu’elle a exacerbé les tensions sociales et créé des écarts de revenus inacceptables dans l’une des nations les plus pauvres et les moins développées du monde.

Le drame de l’Afghanistan ne va pas s’estomper avec les élections présidentielles de jeudi. La plupart des Afghans se rendent compte que la présidence de Karzai n’a pas été irréprochable. Assurément, beaucoup d’Afghans ne supportent pas qu’il leur ait été imposé par l’Occident. Karzai a été choisi par Washington pour faire avancer la cause de la démocratie. Le risque en Afghanistan où islamistes militants et islamistes modérés ont été à couteaux tirés pendant des années est que le pays se retrouve avec des lois et un cadre institutionnel sexistes et moins démocratiques, et avec des législateurs misogynes en charge du pays, fixant le rythme et l’orientation des changements.

Les Afghans doivent se faire à l’idée de la nécessité d’un compromis. Karzai a promis d’inviter les dirigeants  résistants à un grand conseil tribal, la loya jirga, s’il était réélu. Les  résistants ont intensifié leurs tirs de grenades autopropulsées sur les bâtiments du gouvernement et sur les troupes de l’OTAN. La seconde vérité de base est que réformer le système politique afghan oblige à en changer. Des signes montrent que certains éléments de la direction afghane résistent farouchement à cette idée.

S’en prendre aux Patchoun pour les pressions subies des  résistants est une réaction prévisible. Le Pentagone américain a publié cette semaine une liste de 367 tués ou capturés, des dirigeants tribaux - la plupart Pashtun - impliqués à la fois dans le trafic de stupéfiants et l’insurrection des  résistants. Il est vrai que beaucoup de dirigeants pashtun veulent être bien vus des  résistants.

Avec un tel système, la démocratie locale reste un rêve lointain. L’invasion de l’Afghanistan a été entérinée par les Nations unies, elle a été menée par les Etats-Unis et l’OTAN, les Nations unies n’étant qu’un simple observateur passif. C’est dans ce contexte que la controverse en Grande-Bretagne sur la présence militaire britannique en Afghanistan a soulevé un tollé. La vive sévère de la guerre conduite par le gouvernement du Premier ministre britannique, Gordon Brown, en Afghanistan a atteint son paroxysme.

« Nous devons continuer la lutte » insistait le Premier ministre Brown. Et d’expliquer que l’engagement britannique dans la guerre en Afghanistan était incontournable dans la lutte contre le terrorisme international, arguant que les trois quarts des actes terroristes en Grande-Bretagne venaient d’Afghanistan et de son voisin le Pakistan. « C’est pour la sécurité de la Grande-Bretagne et du reste du monde que nous devons absolument honorer notre engagement à maintenir un Afghanistan libre et stable, » a défendu Brown, quoiqu’un peu mollement.

Néanmoins, Brown a réitéré son appel à l’Europe pour que « l’Europe partage le fardeau » de la lutte contre le terrorisme en Afghanistan.

Mais alors, pourquoi l’Afghanistan est-il si capital pour la Grande-Bretagne, l’Europe et le monde ? Contrairement à l’Iraq, l’Afghanistan n’a pas de réserves de pétrole importantes. Oui, mais le pays a une situation stratégique, au carrefour de l’Asie centrale, du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud.

« Nous aurons besoin de plus de police et par conséquent d’un programme de formation de la police, » a extrapolé Brown. Son intention était sans doute de permettre au gouvernement afghan et à ses forces de police de mieux faire face au défi posé par l’islam politique militant dans le pays.

On estime à 95 le nombre de soldats blessés dans une action en juillet, mois qui fut le plus sanglant jusqu’à aujourd’hui de l’invasion et de l’occupation de l’Afghanistan par les troupes de l’OTAN en 2001. Le nombre de soldats tués a augmenté de façon spectaculaire, passant de 4 en juin de cette année à 22 en juillet. A ce jour, la guerre en Afghanistan a coûté la vie à 201 soldats britanniques, depuis le début en 2001. La remontée des  résistants fait ses marques. A ce rythme, le Président des Etats-Unis, Barack Obama, va inévitablement rencontrer les mêmes critiques chez lui. Après tout, en mettant ses pas dans ceux de l’ex-Président Bush, il a inscrit l’Afghanistan en tête de l’ordre du jour mondial.

 Gamal Nkrumah :

Du même auteur :

Un bon indien est un indien mort
Les empreintes de l’histoire (avec M. El-Sayed et R. Fisk)

Al-Ahram/Weekly publication n° 961, 20 au 26 août 2009 - traduction : JPP

lundi 21 septembre 2009 par

http://www.alterinter.org/article3444.html


4-2 Tom Peters : La CIA entretient une armée de mercenaires active en Afghanistan et au Pakistan.

Le 10 octobre 2010

Obama’s Wars (Les guerres d’Obama), le nouveau livre écrit par Bob Woodward, journaliste de longue date du Washington Post, confirme publiquement le fait que la CIA (Central Intelligence Agency) entretient une armée privée de mercenaires afghans depuis au moins 2002. Le 22 septembre, le Washington Post rapportait que les soi-disant CTPT (Counterterrorism Pursuit Teams – Equipes de poursuite contre-terroriste) fortes de 3.000 hommes « sont utilisées pour la surveillance, pour des raids et des opérations de combat en Afghanistan [et sont] cruciales pour la guerre secrète des Etats-Unis au Pakistan, selon des responsables en activité et d’anciens responsables américains ».

Des « responsables anonymes des services de renseignement » ont dit au Washington Post que la CIA a commencé à rassembler cette armée d’Afghans « presque immédiatement » après l’invasion du pays en 2001. Selon ce journal, ces unités se trouvent à Kaboul et à Kandahar ainsi que dans des bases nommées Firebase Lilley et Forward Operaiting base Orgun –E, dans la province de Paktika, le long de la frontière pakistanaise. L’agence Associated Press rapporta que « certains ont reçu leur entraînement dans les bases de la CIA aux Etats-Unis. »

Les forces des CTPT opèrent dans le secret et sont responsables devant l’armée afghane ou devant l’ISAF (International Security Assistance Force) conduite par les Etats-Unis. Mais certaines de leurs activités furent dévoilées dans les 76.000 documents militaires américains révélés par WikiLeaks, en juillet. Le Washington Post note que « des rapports militaires de terrain suggèrent que les forces paramilitaires afghanes peuvent … être brutales. Le 32 octobre 2007, le personnel militaire d’Orgun-E rapporta avoir traité un Afghan de trente ans pour une ‘amputation traumatique des doigts’ de la main gauche. Selon le rapport  l’homme avait été ‘blessé par des OGA afghans pendant un raid. » Le terme « OGA afghan » veut dire « Other Government Agency » (autre agence gouvernementale) et selon le Washington Post est « généralement utilisé pour faire référence à la CIA ».

De tels actes brutaux se produisent dans l’impunité. Jonathan Horowitz, un expert en droits de l’homme de l’Open Society Institute dit à Associated Press le 22 septembre qu’étant donné le statut secret du groupe « Pour la plupart des Afghans, il est pratiquement impossible qu’il soit tenu responsable de ses brutalités. Ces forces ne font pas partie d’une chaîne de commandement de l’armée afghane et si un civil est tué ou mutilé, les Etats-Unis peuvent dire que ce n’est pas leur faute. » Associated Press a rapporté que Horowitz « avait ajouté que des civils afghans on régulièrement accusé ces groupes paramilitaires de brutalités physiques et de vols durant des razzias nocturnes. »

Lors d’un incident qui s’est produit en juin 2009 et décrit par l’AP le groupe basé à Kandahar s’est lancé dans une « orgie meurtrière » après qu’un de ses membres ait été arrêté, tuant le chef de la police de Kandahar et neuf autres policiers. A l’époque, le commandant de l’ISAF, Chris Hall, dit à l’Agence France presse que « ni l’ISAF ni les troupes de la coalition n’étaient pour rien » dans ce massacre.

L’armée privée de la CIA a été active et ce, en complète violation de la souveraineté du Pakistan, dans les régions sous administration tribales qui bordent l’Afghanistan et sont considérées comme des refuges pour les combattants afghans résistant à l’occupation néo-coloniale. La chaîne de télévision CNN a rapporté le 22 septembre qu’« un ancien responsable du contre-terrorisme américain a dit qu’une équipe allait entrer au Pakistan pour faire du renseignement et pour fournir des information afin d’aider la CIA à tuer des gens suspects de terrorisme avec des missiles lancés à partir d’avions sans pilotes. »

Les frappes à partir de drones, dont la plupart ont lieu dans la région tribale du Nord-Waziristan, ont été intensifiées en août et en septembre. Depuis le début du mois de septembre, plus de 90 personnes sont mortes au cours de vingt raids effectués par des drones. Selon le journal pakistanais Daily Times, « beaucoup ont été frappés dans ou autour de la ville de Dattakhel, qui compte environ 40.000 habitants ». Alors que ceux qui furent tués sont inévitablement décrits comme étant des « terroristes » ou des « militants » par les services de renseignement pakistanais et américains, leur identité est rarement confirmée et il est clair que ce sont des centaines de civils qui ont été tués.

Le chercheur Zeeshanul Hasan Usmani qui gère le site web Pakistan Body Count, a dit à l’Express Tribune le 27 septembre qu’un total de 2.063 civils avaient été tués et 514 blessés par des frappes à partir de drones depuis que celles-ci ont commencé en 2004. Selon ses calculs, 57 civils ont été tués pour chaque victime de ces raids ayant été identifiée comme membre d’une organisation terroriste spécifique.

Dans une interview publiée le 24 septembre par Haider, un habitant de Peshawar a décrit comment son beau-frère avait été tué dans une attaque conduite par un drone alors qu’il visitait des amis dans la ville de Miranshah, au Nord-Waziristan. 31 personnes furent tuées au cours de cette attaque lorsqu’un missile frappa une maison pendant la prière du soir. Haider dit : « Les civils dans toutes ces régions ont très peur et sont dans l’angoisse. Ils ne peuvent pas travailler durant la journée ni ne peuvent dormir pendant la nuit. Dès qu’ils entendent le moindre bruit d’avion, il s’enfuient  paniqués de leurs maison et des bâtiments pour essayer de trouver un endroit où ils sont en sécurité. »

Mohammad Kamran Khan, un député du Nord-Waziristan a dit à l’Express Tribune que durant une récente visite dans cette région, il avait rencontré des gens qui « étaient très en colère contre moi à cause du fort nombre de civils tués dans ces attaques. Ils étaient en colère contre le gouvernement pakistanais et nos forces armées parce qu’ils ne faisaient rien pour arrêter ces attaques. Leur haine vis-à-vis de l’Amérique n’a jamais été aussi grande. »

The Pakistani government, while officially condemning the attacks, has been fully complicit with the CIA in carrying them out. Woodward’s book describes a meeting between then-CIA Director in which drone strikes were discussed. Zardari reportedly urged the CIA to continue the attacks, saying: "Collateral damage worries you Americans. It does not worry me."

Le gouvernement pakistanais, tout en condamnant officiellement ces attaques, en a été entièrement complice. Le livre de Woodward décrit une réunion entre l’ancien directeur de la CIA, le général Michael Hayden et le président pakistanais Asif Ali Zardari en novembre 2008 et au cours de laquelle les attaques par drones furent discutées. On rapporte que Zardari a pressé la CIA de continuer ses attaques, disant : « Vous vous faites du souci pour les dégâts collatéraux. Moi, cela ne me cause pas de souci. »

Les révélations faites dans le livre Obama’s Wars ajoutent à la crise du régime Zardari, généralement détesté tant pour sa réponse extrêmement inadéquate aux inondations dévastatrices qui touchent le Pakistan, que pour sa collaboration avec la guerre des Etats-Unis en Afghanistan. Le gouvernement pakistanais a immédiatement nié ce qui est affirmé dans le livre quant à une armée privée de la CIA opérant dans le pays. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdul Basit a dit à l'AFP (Agence France Presse) le 24 septembre : « Notre politique est claire, nous ne permettrons jamais des bottes étrangères sur notre sol quelles qu’elles soient … je peux donc vous dire qu'il n'y a aucune troupes étrangères participant à des opérations de contre-terrorisme à l'intérieur du Pakistan. » Le porte-parole de l’armée pakistanaise, le général Athar Abbas, a dit à l'AFP « si on trouvait de telles forces on leur tirerait dessus. »

Les Etats-Unis cependant, essayant d'écraser toute résistance à leur domination néocoloniale d’une région riche en ressources, poursuivent de façon irresponsable leur extension de la guerre au Pakistan. Dans un acte provocant, des hélicoptères américains ont par deux fois, le 25 septembre, poursuivi un groupe de militants présumés à travers la frontière pakistanaise depuis la province Afghane de Khost. Selon le chef de la police de cette province, Abdul Hakim Ishaqzai, ces hélicoptères ont tué plus de 60 personnes. Le 27 septembre, des hélicoptères ont de nouveau traversé la frontière dans la région de Kurram, tuant cinq autres personnes.

Basit a protesté contre le fait que ces frappes représentaient « une nette violation du mandat de l'ONU sur la base duquel opère l’ISAF et une nette infraction à son égard. » Un porte-parole de l’ISAF a, en réponse, dit de façon absurde à la société de presse McClatchy Newspapers le 27 septembre que les hélicoptères avaient poursuivi les militants « à cause du danger imminent qu’ils représentaient pour les troupes » et qu’ils avaient agi en situation de « légitime Defense ».

L'administration Obama, qui a collaboré étroitement avec Woodward dans la préparation de son livre, n'a rien dit sur les opérations transfrontalières de la CIA qui y sont révélées. Dans une interview avec la chaîne de télévision ABC le 27 septembre, Woodward a dit que l'administration était au courant des révélations faites dans le livre et avait autorisé leur publication.

Le livre annonce de même que les Etats-Unis ont un plan « de représailles » - développé par l'administration Bush et conservé par Obama - pour bombarder « au moins 150 » bases présumées d’Al Qaida au Pakistan au cas où trouverait qu’elles sont à l’origine d’une attaque terroriste majeure. Woodward écrit : « Il se peut que quelques sites ne soient plus actuels, mais selon ce plan on ne s’inquiéterait aucunement de ceux qui pourrait y vivre maintenant. Le plan… dicte une attaque punitive et brutale. »

Ce livre fait partie d'une campagne de menaces en cours contre le Pakistan. Le New York Times a rapporté le 27 septembre que l'augmentation des frappes de drones par la CIA reflétait une « frustration grandissante » face au refus de l'armée pakistanaise « de lancer des opérations militaires à l'intérieur du Nord-Waziristan ». L'article ajoutait que « selon des responsables américains, le Général David H. Petraeus, le commandant en chef des troupes américaines en Afghanistan, avait récemment lancé des avertissements voilés au commandement militaire pakistanais que les États-Unis pourraient lancer des opérations terrestres unilatérales dans les régions tribales si le Pakistan refusait de démanteler les réseaux militants du Nord-Waziristan. »

Tom Peters

Publié le 30 septembre 2010.

Le 10 octobre 2010


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