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31/10/2010

n°460 - Afghanistan : Les dossiers:- - 30-10 : Suite- : Les résistants ne sont pas un groupe terroriste.

n°460  - Afghanistan : Les dossiers:-    - 30-10 : Suite- : Les  résistants ne sont pas un groupe terroriste.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Les dossiers

n°460 du 30-10

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Un quart des votes aux législatives annulés pour irrégularités =  23% !

2-2 Karzaï optimiste sur la réconciliation et la paix.

3 Annexe

3-1  Pascal Sacre: Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion.  



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Un quart des votes aux législatives annulés pour irrégularités =  23% !

 La Commission électorale afghane a annoncé mercredi avoir invalidé près d'un quart des suffrages exprimés lors des législatives du 18 septembre dernier, marquées comme la présidentielle de 2009 par des fraudes, des irrégularités et des attaques des résistants  résistants.

"Le nombre total de votes exprimés était d'environ 5,6 millions de votes.

Après un tri, 4.265.347 votes ont été considérés comme crédibles et un total d'environ 1,3 million de votes ont été invalidés", a indiqué Fazil Ahmad Manawi, le président de la Commission électorale indépendante (IEC).

Ces votes ont été "invalidés pour fraudes et irrégularités", a précisé à l'AFP le porte-parole de l'IEC, Noor Mohammad Noor. Ils représentent plus de 23% des quelque 5,6 millions de bulletins de vote glissés dans les urnes lors de ce scrutin qui doit désigner les 249 députés de l'Assemblée nationale.

Ce chiffre est comparable à celui de la présidentielle de 2009, qui avait vu la réélection controversée d'Hamid Karzai: un quart des votes (1,5 million) y avaient été annulés.

Il s'agit des premiers résultats officiels préliminaires du second scrutin législatif organisé depuis la chute des  résistants fin 2001.

Les résultats définitifs ne sont attendus que le 30 octobre.

Outre les fraudes et irrégularités, ces législatives ont été perturbées selon l'Otan par 396 attaques des résistants (contre 281 lors de la présidentielle de 2009), malgré la présence dans le pays des quelque 150.000 soldats de la coalition militaire internationale chargée de soutenir le gouvernement afghan.

M. Manawi a également annoncé que les dossiers de 224 candidats "suspects" avaient été transmis à la Commission des plaintes électorales (ECC), qui doit enquêter sur les candidats accusés de fraudes ou d'en avoir bénéficié. Au moins 25 députés sortants ont déjà été accusés de fraudes par l'IEC.

Le 22 septembre, l'ECC avait annoncé avoir reçu près de 4.000 plaintes pour irrégularités et possibles fraudes, dont plus de 2.000 pour le seul jour du scrutin.

Avant même la tenue du scrutin - précédé par une campagne éléctorale doublée d'une campagne d'intimidation des résistants ou de rivaux contre les candidats au parlement - responsables afghans et occidentaux avaient prévenu que des irrégularités et des fraudes étaient inévitables.

Selon un responsable occidental à Kaboul, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, le scrutin "était aussi corrompu et violent" que lors de la présidentielle de 2009, marquée par des fraudes massives en faveur du président sortant Hamid Karzaï. "Ces élections ne changeront rien au système de népotisme ni à l'équilibre des pouvoirs", a-t-il ajouté.

M. Karzaï est au pouvoir depuis la fin 2001, lorsqu'il a été installé par la coalition militaire emmenée par les Etats-Unis qui venait de chasser les  résistants. Il a ensuite été élu une première fois en 2004.

L'Assemblée nationale est un ensemble hétéroclite rassemblant d'anciens chefs de guerre de la résistance anti-soviétique, leurs anciens adversaires communistes, des technocrates formés en Occident et des personnalités de la société civile.

Souvent considérée comme une simple chambre d'enregistrement, elle a toutefois refusé à plusieurs reprises ces derniers mois d'approuver les ministres proposés par M. Karzaï, et retoqué plusieurs de ses décrets.

Le gouvernement Karzaï est de plus en plus soupçonné ou accusé de corruption dans plusieurs pays occidentaux engagés en Afghanistan, où l'insurrection menée des  résistants ne cesse de s'intensifier, faisant chaque année davantage de victimes parmi les civils et dans les rangs des forces internationales.

AFP. 

15.10.


2-2 Karzaï optimiste sur la réconciliation et la paix.

Le président Hamid Karzaï a fait part mercredi de son optimisme quant aux perspectives de réconciliation et de paix en Afghanistan, neuf ans après le début d'une guerre souvent considéré aujourd'hui en Occident comme quasiment inextricable.

Lors d'une longue allocution prononcée de son palais présidentiel à Kaboul, Karzaï n'a cependant fait aucune allusion aux pourparlers qui seraient en cours entre son administration et les trois principaux groupes d'résistants, dont les talibans du mollah Omar.

Il a affirmé que son gouvernement et ses alliés étrangers oeuvraient tous à un règlement de la situation, qui pourrait advenir selon lui d'ici un à deux ans. "Les espoirs de paix en Afghanistan se sont accrus. La communauté internationale, nos voisins et tous nos compatriotes s'investissent beaucoup dans ce but."

Faisant apparemment référence au Pakistan et à l'Iran, qui se disent soucieux de favoriser un règlement en Afghanistan, Karzaï a ajouté: "Nous sommes en contact avec nos voisins, afin qu'ils reprennent ce processus à leur compte."

"Nous avons tous espoir que nous assisterons à une amélioration de la sécurité et de la stabilité de notre pays d'ici une année ou deux, comparé à ce que nous avons connu hier et aujourd'hui."

DES "POURPARLERS DIRECTS ET SÉRIEUX"?

Pourtant, la violence en Afghanistan atteint à l'heure actuelle un niveau sans précédent depuis l'intervention internationale et le renversement du régime de taliban fin 2001, en dépit de la présence sur le terrain de près de 150.000 soldats étrangers.

Ces derniers, en majorité américains, sont placés sous commandement de l'Otan, qui doit se réunir au sommet le mois prochain à Lisbonne pour faire le point de la situation, tandis que le président Barack Obama procédera en décembre à une nouvelle évaluation de la stratégie des Etats-Unis sur le terrain.

Le chef de la Maison blanche a décidé fin 2009 de dépêcher 30.000 hommes de plus en Afghanistan pour renverser le cours de la guerre, tout en annonçant l'amorce d'un retrait militaire à compter de la mi-2011 si les forces afghanes s'avèrent en mesure de commencer à prendre elles-mêmes en main la sécurité du pays.

Karzaï plaide de longue date pour un arrangement avec les taliban pourvu que ceux-ci renoncent à la violence, répudient Al Qaïda et acceptent la nouvelle constitution afghane. Washington a formulé des conditions analogues.

La guérilla nie tout contact avec Kaboul et réclame le retrait préalable des troupes étrangères, mais le New York Times croit savoir que des pourparlers directs et sérieux pour mettre fin à la guerre ont été noués avec des chefs militaires du mouvement islamiste.

"DE SIMPLES CONTACTS, PAS DES POURPARLERS" ?

Le quotidien américain précise que des membres de la Choura (conseil) de Quetta, ville du Pakistan ou siège cette instance de direction des taliban, et un représentant du réseau Haqqani, autre groupe insurgé actif dans l'est de l'Afghanistan, avaient participé à ces contacts.

Le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général David Petraeus, a révélé la semaine dernière que ses hommes avaient facilité le déplacement d'un haut responsable taliban à Kaboul pour des contacts "préliminaires" en vue d'une éventuelle réconciliation.

Richard Holbrooke, le représentant spécial des Etats-Unis pour l'Afghanistan et le Pakistan, a déclaré néanmoins que les informations sur des pourparlers secrets entre les deux camps étaient exagérées.

De source proche de l'opposition afghane au Pakistan, on souligne pareillement qu'on ne doit pas brûler les étapes : "Il y a bien des contacts mais on ne peut les qualifier de pourparlers."

Karzaï, qui a mis sur pied un Conseil de paix de 70 membres dirigé par l'ancien président Burhanuddin Rabbani pour faciliter le processus de réconciliation, a déclaré la semaine dernière que cette instance avait élaboré un "mécanisme" à cette fin qui serait mis en branle sous peu.

20/10

http://www.lexpress.fr/actualites/2/le-president-afghan-optimiste-sur-la-reconciliation-et-la-paix_929559.html



3 Annexe

3-1  Pascal Sacre: Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion.

A la prisonnière 650.

Quelle différence y a-t-il entre des opposants politiques emprisonnés aux Etats-Unis, en Iran ou en Chine ?

Entre des prisonniers condamnés à mort, soumis à la torture, incarcérés sans procès et internés en institution psychiatrique en Norvège, aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite, en Iran ou en Chine ?

Entre Aafia Siddiqui, Lynne Stewart, Synnove Fjellbakk Tafto et Liu Xiaobo (Prix Nobel de la paix 2010), Farah Vazehan [1], Hossein Derakhshan [2] ?

Le traitement médiatique et politique de ces prisonniers d’opinion n’est pas du tout le même selon qu’ils servent ou desservent les intérêts de l’impérialisme des Etats-Unis et de leurs alliés.

Les prisonniers politiques dont nos médias ne parlent pas

Aafia Siddiqui, une femme pakistanaise de 36 ans, fut amenée le 5 août 2008 enchaînée, blessée aux épaules par deux coups d’armes à feu, squelettique, tremblante et en état de choc, dans une salle de tribunal de « la plus grande » démocratie occidentale, à New York.

Cette femme est diplômée en neurologie du Massachusetts Institute of Technology et de l’Université de Brandeis [3] aux USA, mère de trois enfants, elle a vécu de nombreuses années tranquilles aux Etats-Unis.

Elle a été accusée de tentative d’assassinat sur des officiers de l’armée et des agents du FBI, après avoir été interpelée puis emprisonnée au Pakistan dans des circonstances obscures, accusée de complicité avec le terrorisme à l’issue d’un simulacre d’enquête dans laquelle les simples déclarations des militaires US ont eu force de preuve.

Aafia Siddiqui avait été enlevée en mars 2003 avec ses trois enfants, à Karachi, par les services secrets pakistanais (ISI), et remise au personnel militaire étasunien qui l’avait transférée dans la terrible prison à l’intérieur de la base de Bagram, en Afghanistan. Aafia, c’était la « prisonnière 650 » dans ce qui est devenu le tristement célèbre « département tortures » de la prison de Bagram.

Sa sœur Fawzia, qui habite à Karachi, a déclaré : « Elle a été violée et torturée pendant 5 ans, nous ne savons rien de ce qui a pu arriver à ses trois fils. »

Siddiqui et d’autres femmes ont été, et sont toujours, incarcérées à Bagram et dans d’autres prisons qui pratiquent la torture pour le compte des Etats-Unis. Les déclarations des témoins selon lesquels elle aurait tiré sur des militaires avec un fusil d’assaut, laissé, on ne sait pourquoi, à portée de main, sont peu crédibles, mais furent retenues comme des preuves irréfutables.

Aafia fut la seule atteinte par une balle. Aucun des militaires n’a été blessé.

Imaginez cette histoire en Iran ou en Chine, avec une opposante politique au régime ! Ensuite, « on » l’a retrouvée en 2008 en Afghanistan, désorientée et ayant sur elle des plans pour faire sauter des édifices à New York…Digne de la série 24 heures chrono. Lady Al-Qaeda [sic !], surnom donné par le NY Daily New, a été condamnée en janvier dernier.

Pendant tout le procès, le Ministère public n’a pas cessé d’utiliser le terme de terroriste en se référant à elle.

Il n’y avait aucune preuve formelle attestant qu’elle avait tiré sur des militaires ou qu’elle s’était livrée à des activités terroristes. Au cours du procès, les témoins ont décrit Siddiqui comme « une femme complètement brisée ».

Elizabeth M. Fink, l’avocate d’Aafia Siddiqui a déclaré : « C’est une femme profondément traumatisée par les tortures qu’on lui a fait subir pendant les 5 années de sa détention, et par l’angoisse de ne pas savoir ce que ses fils sont devenus. On lui a seulement bandé ses blessures, alors qu’elle aurait eu besoin de bien d’autres soins dans un hôpital. A cause de la lutte contre le terrorisme la justice des Etats-Unis est devenue arbitraire, aveuglément féroce, infâmante pour le nom de notre pays dans le monde entier. » [4] Aafia Siddiqui, la « prisonnière 650 » de Bagram, n’est même pas une opposante politique mais plus probablement une victime anonyme sacrifiée sur l’autel de la lutte contre le prétendu terrorisme.

Elle fait partie de ces méchants inventés par l’Occident pour accréditer ses thèses afin que ses populations croient à sa fable de la guerre contre le mal.

« Lady Al-Qaeda » ! Un alibi fabriqué de plus pour justifier l’injustifiable.

Aafia Siddiqui a été condamnée à une peine de prison incompressible de 86 ans [5].

L’article « Triumph Of Evil » (Le Triomphe du Mal) [6], écrit par John Kozy, ancien professeur à l’université en philosophie et logique, témoigne de la corruption et de la dégradation de toutes les strates du système juridique et policier US : Cours locales et fédérales, Cour Suprême, Bureaux de procureurs, laboratoires d’« expertise ».

Les preuves sont manipulées, des témoignages partiaux sont pris comme faits avérés, les informateurs et les policiers sont crus sur parole, des aveux sont extorqués par la force et pris au sérieux par les juges.

Nous sommes très éloignés des séries télévisées (« Les Experts ») qui nous font prendre la mythologie pour la réalité.

Sur le terrain, révélée grâce à des témoignages de lanceurs d’alerte courageux et intègres, c’est bien à la criminalisation de toute une société que nous assistons. Le crime devient la règle, et la loi ne protège plus les gens mais est utilisée par le gouvernement étasunien pour nuire à sa population et protéger les dirigeants [7]. Cela s’observe également dans d’autres gouvernements occidentaux comme la France [8] ou l’Italie.

Comme le dit le professeur John Kozy,

« Les sociétés modernes ont justifié leur utilisation de méthodes criminelles en argumentant que de telles techniques étaient nécessaires pour combattre le mal. Mais la guerre menée par le bien contre le mal ne peut être gagnée en utilisant les armes du mal. Le mal n’apporte jamais de bien, et en usant de ces viles pratiques, la somme de mal augmente en quantité et qualité.

Tenter de sauver la nation en devenant ce dont vous essayez de sauver cette nation est suicidaire. [9] »

Contredisant la pensée malfaisante de Richard Dick Cheney [10], et de beaucoup de moralisateurs occidentaux, chaque fois que nous voulons combattre le mal en utilisant ses armes, torture, mensonges, sacrifices d’innocents, meurtres, massacres, jugements sans preuves, plutôt que le réduire, nous augmentons la quantité, et la qualité du mal dans nos sociétés.

C’est exactement ce cycle de violence progressive, degré par degré, avec son cortège de banalisations et de cynisme, d’arrogance et de mauvaise foi qui finalement conduit aux massacres de masse et aux comportements inhumains comme ceux de la période nazie. La complicité des médias et des « experts » y joue un rôle important.

« La fin justifie les moyens » est un slogan populaire dans nos pays qui cultivent et s’arrogent la bonne conscience.

Pourtant cela n’est pas vrai. N’importe quelle fin ne justifie jamais n’importe quel moyen. Les moyens utilisés déterminent la fin qui nous attend.

Même pour nous défendre du mal, user de moyens vils nous rend vil à notre tour, sans retour en arrière possible.

Le 19 novembre 2009, Lynne Stewart, âgée de 70 ans, avocate spécialisée dans la Defense des droits civils et militante de longue date, condamnée à 28 mois de prison, a été incarcérée pour conspiration et soutien matériel au terrorisme.

Lynne Stewart a consacré sa vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d’un avocat pouvaient frapper à sa porte [11].

« Sa seule faute est d’avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnels : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L’Administration Clinton n’a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et un traître. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était un traître à la nation. [12] »

Lynne Stewart, de même qu’Aafia Siddiqui, n’est pas une héroïne, pas plus qu’une terroriste.

C’est une victime d’un système odieux qui dit combattre le mal mais qui pour cela, en commet bien plus, sans que les médias, prompts à fustiger l’Iran, la Chine, Cuba ou le Venezuela au moindre écart de conduite, ne trouvent rien à y redire, quand c’est l’Occident.

« C’est une femme de 70 ans avec des années d’expérience de vie en tant que mère, grand-mère, activiste et avocate. Jeune femme blanche, elle s’est engagée et a lutté pour la cause de ses compatriotes noirs, parce qu’elle croyait dans la justice. Des décennies plus tard, elle a défendu le Cheik Omar-Abdel Rahman, parce qu’elle croyait toujours dans la justice. [13] »

Lynne a mis en garde les autres avocats de la Defense : « C’est un avertissement pour les autres avocats. [Le gouvernement leur envoie le message] Ne défendez pas vos clients avec trop de vigueur, ne faites pas de zèle ».

Synnove Fjellbakk Tafto, ancienne avocate du ministère des Affaires étrangères en Norvège, et dissidente politique, a été hospitalisée de force pour la cinquième fois et s’est vue administrer un traitement psychiatrique quelques jours après la publication d’un article subversif [14].

Un article subversif ?

Internée et obligée de prendre un « traitement » psychiatrique pour un article subversif ? Imaginez si madame Tafto était chinoise ou iranienne.

Depuis 1994, comme le rapporte Ron Paul, le député républicain US, madame Tafto accuse les dirigeants de son pays d’avoir trahi la nation en adoptant des accords anticonstitutionnels visant à contourner l’opposition de la population.

Ce mépris des acquis constitutionnels est devenu la règle en Occident, depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Il n’est pas propre à la Norvège, mais gangrène tous nos pays qui se targuent malgré tout de représenter des valeurs qu’ils bafouent tous les jours : égalité, vérité, liberté, honneur.

Comme les Irlandais en 2008 [15], les Norvégiens ont refusé à deux reprises, par référendum, de rejoindre l’Union Européenne, en 1972 [16] et en 1994 [17]. La militante a dénoncé notamment l’accord qui a malgré tout fait rentrer le pays dans l’Espace économique européen.

Dans son dernier article « subversif », elle accuse le ministre des Affaires étrangères norvégien, Jonas Gahr Störe, d’être un agent au service des intérêts mondialistes. La sanction est l’internement psychiatrique.

Terroriste. Traître qui mérite la pire punition. Ennemi antipatriotique.

Nos médias et nos gouvernants ont leurs formules pour salir, diaboliser toute résistance à l’autorité.

Des référendums bafoués, des votes et opinions populaires ignorés, des « terroristes » fabriqués, des emprisonnements et jugements arbitraires, des médias partisans, des films et séries TV propagandistes.

Des dissidents, des  résistants internés, torturés, incarcérés après en avoir faits nos ennemis, des « terroristes », après avoir diabolisé, sali leur image ou plus simplement fait en sorte que personne n’en entende parler.

C’est ainsi que se comportent nos démocraties occidentales, qui parviennent à tirer l’oreille à des pays comme la Chine ou l’Iran.

L’attribution de médailles et de prix, comme le Prix Nobel de la Paix, ou la Médaille de la Liberté, participe de cet endoctrinement des populations occidentales et plus généralement de celles des Etats-Unis et de leurs alliés de la Coalition.

Certains de ces alliés (Arabie Saoudite, Egypte, Colombie) le sont parce que, pragmatiques, ils y trouvent leur intérêt (financier, armements, permissions d’opprimer leur propre population) mais la plupart, dont les peuples européens, se persuadent eux-mêmes qu’ils se trouvent dans le camp du Bien et de la Justice.

Le Prix Nobel de la paix fait partie des « jouets », des artifices leur permettant de flatter leur bonne conscience.

Ainsi après Henry Kissinger, Al Gore, Barack Obama, voilà le « valeureux » dissident chinois Liu Xiaobo [18] décoré de la prestigieuse médaille.

Car à condition d’être de Chine ou d’Iran, les opposants politiques ont bonne presse en Occident.

Ces Prix et Médailles sont des instruments politiques utilisés par le système occidental et ses alliés, dans le but d’envahir le monde entier et de lui imposer ses doctrines, le capitalisme inégalitaire et la domination par une minorité, la légitimité d’une micro-caste de riches amoraux s’arrogeant le droit inné d’occuper le sommet de l’échelle sociale et de dominer tous les peuples du monde.

Cela est fait par la force (les guerres, les coups d’état, les assassinats) et surtout par la ruse (la moralisation démocratique, les prix et médailles, les fondations « philanthropes » et les organes « mondiaux » de régulation, FMI, Banque Mondiale, OMC, OMS, ONU).

Plusieurs auteurs et chercheurs indépendants, dont le Réseau Voltaire (« Le prix Nobel de la paix au service de l’impérialisme ») [19], Thierry Meyssan (« Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 ») [20], le professeur Domenico Losurdo (« Le Nobel de la guerre aux Messieurs du « Nobel de la paix ») [21], le professeur Chems Eddine Chitour (L’ordre occidental impérial : Stratégie d’attribution des prix Nobel) [22], nous révèlent toute la corruption qui règne au cœur de cette institution soumise, le Nobel, asservie comme toutes les autres institutions officielles aux mondialistes occidentaux, appuyés aujourd’hui sur les Etats-Unis et leurs alliés de la Coalition.

Ceux-ci nous gouvernent au moyen de leurres et instrumentalisent sans cesse notre bonne conscience, avec l’aide des médias et des institutions dans lesquelles nous avons naturellement confiance.

Sans risquer l’internement, l’incarcération ni la torture, vous pouvez toujours parler autour de vous de la « prisonnière 650 », en lui rendant son nom : Aafia Siddiqui et en rétablissant sa véritable histoire, voire signer la pétition réclamant sa libération, http://www.gopetition.com/petitions..., parler de Lynne Stewart, de Synnove Fjellbakk Tafto et afficher leurs photos, leurs calvaires, partout où vous pouvez.

Pascal Sacré

Sources :

[1] http://www.gopetition.com/petition/...

[2] http://www.guardian.co.uk/media/pda...

[3] L’Université de Brandeis (Brandeis University) est une université privée américaine située à Waltham dans le Massachusetts, à 16 km à l’ouest de Boston. http://fr.wikipedia.org/wiki/Univer...

[4] Aafia, un spectre au tribunal, http://www.legrandsoir.info/Le-vers...

[5] http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...

[6] The Triumph of Evil, by Prof. John Kozy http://www.globalresearch.ca/index....

[7] Le projet diabolique et criminel appelé États-Unis d’Amérique. Le gouvernement étasunien utilise la loi pour nuire aux gens et protéger les dirigeants, par John Kozy http://www.mondialisation.ca/index....

[8] Affaires Bettencourt, Karachi, Wildenstein… http://www.lemonde.fr/politique/art...

[9] Op.cit., The Triumph of Evil, by Prof. John Kozy

[10] Réflexion menaçante du vice président Cheney juste après l’attentat contre les Tours Jumelles : « Maintenant l’Amérique va devoir entrer dans le versant obscur de son histoire ».

[11] Lynne Stewart en prison : Quand la justice déraille, par Claude Herdhuin. http://www.mondialisation.ca/index....

[12] Op.cit., Lynne Stewart en prison : Quand la justice déraille.

[13] Ibid., Claude Herdhuin

[14] Revue Nexus, Juillet-Août 2010, n°69, p.4

[15] Les Irlandais rejettent à 53,4 % le traité de Lisbonne

http://www.lemonde.fr/europe/articl...

[16] Le 25 septembre 1972, les Norvégiens sont appelés à se prononcer par référendum au sujet de l’adhésion de leur pays aux Communautés européennes. A l’issue du scrutin, le non l’emporte avec 53,5% des suffrages. http://www.ena.lu/referendum_norveg...

[17 1994 la Norvège s’oppose pour la deuxième fois par référendum à l’entrée dans l’Union européenne. http://www.strasbourg-europe.eu/norvege,17976,fr.html

[18] Qui est Liu Xiaobo ? Ce que le jury Nobel vous cache http://www.mondialisation.ca/index....

[19] Les lauréats du Prix Nobel de la paix après le 11-Septembre http://www.mondialisation.ca/index....

[20] http://www.voltairenet.org/article1...

[21] http://www.futurquantique.org/?p=12677

[22] http://www.mondialisation.ca/index....

Pascal SACRE

17 octobre 2010

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html


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