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01/11/2010

n° 503 - Les Dossiers d'Irak :WikiLeaks - documents confidentiels - 31/10 - -: Fin -: Guerre d’Irak : les Etats-Unis face à leurs crimes.

n° 503 -  Les Dossiers d'Irak :WikiLeaks - documents confidentiels - 31/10 - -: Fin  -:  Guerre d’Irak : les Etats-Unis face à leurs crimes.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

WikiLeaks - documents confidentiels

n° 503                                                      31/10/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Dossier d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html  http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

 

b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

d) Sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

f) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Gilles Devers : La puissance des Etats-Unis passe par la torture.

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Layla Anwar, une intellectuelle irakienne, et les révélations de WikiLeaks.

5-2 Un tribunal pénal international attend les USA, maintenant ...

5-3 Le régime de Bagdad sous le feu.

5-4 Irak : l’horreur ordinaire.

5-5 La torture, pratique courante des policiers irakiens.


Avant propos

Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...


 


4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Gilles Devers : La puissance des Etats-Unis passe par la torture.

Ils sont fortiches les Ricains : la torture pour imposer la démocratie, en confiant le sale boulot aux irakiens... La masse de documents que publie WikiLeaks est un évènement rare, et d’une grande portée.

Depuis les mensonges flagrants de la Bush Compagny sur les armes de destruction massive, la torture par les soldats américains notamment à Abou Ghraib ou dans l’espace aérien, la privation totale des droits à Guantanamo, on peut jouer les blasés, et dire qu’on s’en doutait bien, et donc rien de neuf.

Pas d’accord. Car ce qui apparait à travers les 400 000 documents confidentiels publiés vendredi par le site WikiLeaks, c’est une pratique systématisée et de grande ampleur de la torture, connue, protégée et utilisée politiquement par les US. C’est aussi assez de précisions pour que la torture et le meurtre organisé ne soit pas une donnée générale, mais une réalité de fait. Parvenir à ce niveau précision, c’est rendre hommage, et déjà une peu justice, aux victimes.

M. Clegg, le vice-Premier ministre britannique Nick dans une interview à la télévision BBC One a réagi au juste niveau : « Nous pouvons déplorer la manière dont ces fuites ont eu lieu mais je pense que la nature des allégations faites est extraordinairement sérieuse. Leur lecture est affligeante et elles sont très graves. Je suppose que l'administration américaine voudra fournir sa propre réponse. Il ne nous appartient pas de leur dire comment le faire. Tout ce qui laisse à penser que des règles de base de la guerre, des conflits et du combat, ont été violées ou que de la torture a pu être de quelque manière que ce soit tolérée est extrêmement grave et doit être examiné ».

Du côté du Pentagone, on n’a pas vraiment compris ce qui se passe, ou on nous prend franchement pour des crétins. Pour l’un des porte-paroles, Geoff Morrell, a estimé que « la seule voie à suivre pour WikiLeaks est de restituer les documents volés et de les retirer de leurs sites internet au plus vite. Nous savons que nos ennemis glaneront ces informations pour comprendre comment nous fonctionnons, comment nous cultivons nos informateurs et réagissons en situation de combat, ainsi que pour s'informer sur les capacités de nos équipements militaires ». Même son de cloche chez une Hillary Clinton de plus en plus insupportable, déplorant cette publication qui peut « mettre en danger la vie des soldats et des civils des Etats-Unis et de leurs alliés ».

Ces documents ne sont pas des broutilles ou des ragots. Il s’agit des rapports d'incidents, rédigés par les officiers sur le terrain, constituant le fichier SIGACTS (« significant activity ») des forces américaines de janvier 2004 à décembre 2009. Le quotidien des horreuers de la guerre, des crimes de torture et des exécutions sommaires par milliers, et 600 cent civils tués par les soldats US en six ans aux checkpoints. Sans enquête, ni jugement, la question ne se posait pas : « Raisons de sécurité ».

Les documents montrent comment les officiers US ont constaté la pratique systématisée de la torture par les forces de sécurité irakiennes, ajoutée à des conditions de détention inhumaines. Je n’ai pas besoin de préciser que la définition de la torture et des traitements inhumains résultent des normes les plus impératives du droit international. Ces documents attestent ainsi que le commandement militaire US est complice d’actes de torture commis de manière systématiques sur des détenus, pour avoir transférer les pouvoir de sécurité en connaissance se cause. Les Etats-Unis s’affirment défenseur du droit, et refusent de ratifier le statut de la Cour pénale internationale : ce refus est l’aveu du crime.

Les US sont un Etat voyou qui inclut dans sa politique le recours à des pratiques criminelles. Les dirigeants, ces grands donneurs de leçons, ne connaissent le droit pour défendre leurs intérêts.

Maintenant, bonne lecture :

http://wikileaks.org/

http://warlogs.owni.fr/

http://wikileaks.org/iraq/diarydig

En 832, avait été à Bagdad la Maison de la Sagesse, d'où proviennent les illustrations, l’un des nombreux endroits du monde arabe où des savants se réunissent pour enseigner et étudier. Les Etats-Unis pourraient s’inspirer de cette civilisation.

Gilles Devers

Lundi 25 Octobre 2010

 http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Layla Anwar, une intellectuelle irakienne, et les révélations de WikiLeaks.

Irak - Réflexions sur les War Logs

(1ère partie)

par Layla Anwar (23 octobre 2010)
Blog An Arab Woman Blues

  (« Le blues d’une femme Arabe »)

Cet écrit pourrait être le premier d’une série de publications sur le sujet ; je ne suis pas encore fixée. Je reste libre de laisser fuir mes pensées comme bon me semblera…

Le 23 octobre 2010, la publication par WikiLeaks de documents classés de l’armée américaine a représenté pour moi un tournant important, autant sur le plan personnel qu’en tant qu’irakienne. Certes je ne suis pas la seule concernée, je connais d’autres irakiens qui se sont sentis un TANT SOIT PEU soulagés.

L’un d’eux s’est exprimé à cet égard sur Twitter : « Je vous aime WikiLeaks, désormais je pourrai peut-être dormir un peu plus en paix ».

Sans que je sache d’où, ces mots sont sortis de ma bouche : « Nous demandons aux États-Unis et à l’Iran d’expliquer pourquoi ils nous ont tués, torturés, violés et exilés ».

En tant qu’irakienne, j’ai eu le sentiment de me réveiller lentement d’un long cauchemar. Ce sentiment ne m’a pas lâché de la nuit…quelque chose me rongeait les tripes. Il fallait que ça sorte.

Ce quelque chose, ce n’était ni la rage ni la tristesse qui m’habitent habituellement, mais bien plus…d’où ce texte.

J’ai passé de longues heures à parcourir les rapports de la Guerre, ou « War Logs », sur le site Web de WikiLeaks. Je les ai lus et relus, même si les noms ont été supprimés…sachant pertinemment que cette fuite ne retrace que de manière infinitésimale ce qui s’est réellement passé, et ce qui se passe encore…

Il n’empêche que je les ai parcourus de long en large, pas dans leur totalité, mais en les filtrant et en les choisissant, au hasard...

Dans les temps anciens, où les récits écrits n’existaient pas, l’Histoire s’écrivait de manière orale…par transmission, ce que l’on appelait « l’historiographie orale ». Les War Logs s’apparentent en quelque sorte à une transmission orale des événements, tels qu’ils se sont déroulés...

Et dans les temps anciens, à partir de cette transmission orale d’événements historiques, les gens étaient en mesure de se faire une idée de ce qui se passait. Avec les War Logs, c’est pareil. Même si les noms ont été supprimés, des indications de lieux et de dates y sont données à partir desquelles il est possible de dépeindre un tableau de la situation, un tableau plus précis je dirai…

Mais pourquoi cette démarche s’est-elle imposée à moi ?  Après tout, les fuites viennent simplement CONFIRMER ce que j’écris dans ce blog depuis des années. Pourquoi ai-je eu besoin de cette confirmation publique des événements, venant d’une instance supérieure, après sept ans de carnage, de torture, de viols et d’exil ?

Pourquoi ce concitoyen irakien a-t-il dit : « désormais, je pourrai peut-être dormir un peu plus en paix » ? Il est certain pourtant que ces documents classés n’ont révélé rien de plus que ce qu’il ne savait déjà.

Je me suis endormie en ruminant ces questions, puis j’ai fini par comprendre…

Avez-vous le souvenir, à un moment ou à un autre de votre vie, d’avoir été témoin de quelque chose d’épouvantable, de l’avoir signalé, d’en avoir parlé sans que personne ne vous croit ? Même ceux qui vous étaient proches, ou que vous croyiez proches, ne vous ont pas cru. Sans répit, vous avez répété ce que vous avez vu, personne n’a cru un mot de ce que vous disiez.

Or, cette vérité dont vous avez été témoin, vous ne vous êtes jamais résolu à l’oublier. Certains vous ont ridiculisé, vous ont traité de tels ou tels noms, vous ont fait taire, vous ont menacé de vous tuer, vous ont collé une étiquette de menteur(se), vous ont accusé de mythomanie ou de conspiration personnelle…Et au ridicule, se sont ajoutés la minimisation et la déformation des faits, ainsi que la culpabilisation : « voyons, ce n’est rien de grave » ou « rien de tout cela ne s’est passé », « tout cela n’est que mensonge et source de problèmes »...et parfois la pression était telle que vous commenciez à vous demander si, après tout, vous n’aviez pas des tendances mythomanes…que peut-être vous aviez mal vu, que tout cela n’était qu’une illusion...En d’autres termes, lorsque vous avez apporté la vérité, ces personnes vous ont ôté toute crédibilité et vous ont fait douté de la véracité de votre récit. Il vous est arrivé de vous murer dans un silence d’autiste ou de parfois surcompenser par une attitude encore plus provocatrice…pourtant vous vous sentiez terriblement seul(e).

Mais vous avez tenu bon, vous n’avez pas lâché prise...et même terriblement seul(e), vous avez réalisé, dans cette démarche d’entêtement et d’obstination, à quel point les faits ont été étouffés. ÉTOUFFÉS.

En même temps, plus vous creusez les faits, plus vous prenez conscience d’autres facteurs encore plus importants : les réseaux, alliances et autres guerres en marge de cette dissimulation. C’est alors que vous comprenez : plus la dissimulation s’installe, plus le mensonge grossit, plus la minimisation enfle, plus les omissions s’accumulent, plus la Vérité devient synonyme de danger. La Vérité derrière ce qui s’est passé et ce qui se passe encore.

Et à un moment précis dans le temps, une voix, une instance bienveillante vient vous conforter en vous disant : « J’ai une histoire à raconter » et dans un langage cryptique, vient répéter votre vérité et la révèle au grand jour. Vous devez encore lire entre les lignes, mais dans votre for intérieur, vous pensez : « Enfin, je ne suis plus seul(e). Enfin, tout ce que je croyais n’être que le fruit de mon imagination, se révèle être la Vérité ».

Alors le fardeau devient un peu moins lourd à porter ; vous avez le sentiment que le cauchemar se termine et que vous pourrez dormir un peu plus en paix.

C’est ce qui s’est passé le 23 octobre 2010 pour de nombreux irakiens qui portaient seuls le fardeau de leur Vérité : ils s’en sont déchargé d’une petite partie et ont pu ainsi espérer dormir plus tranquillement en osant imaginer, comme je l’ai moi-même fait, que peut-être - peut-être - un jour se réveilleront-ils de leur cauchemar en solo…

Dans la prochaine publication, j’aborderai les War Logs proprement dits et certaines informations importantes concernant le nettoyage ethnique, le rôle de l’Iran et les autres mini-guerres qui se sont déroulées dans le cadre de la Guerre elle-même : l’Occupation et la Destruction de l’Irak. Inchallah.

Traduction : Magali Fauchet

30 octobre 2010

Par Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/article-une-intellectuelle-irakienne-et-les-revelations-de-wikileaks-59965732.html


5-2 Un tribunal pénal international attend les USA, maintenant ...

On s’en doutait, maintenant on le sait. Les américains, en Irak on eu un comportement ignoble et inhumain. La torture dans les prisons irakiennes a été constante, dans la rue on a tiré sans sommations sur des femmes enceintes, on a instauré un climat de terreur en donnant aux soldats l’ordre de ne rien dire à l’extérieur. Pire encore je pense : Wikileaks ayant prévenu du contenu des 400 000 fichiers qu’il est en train de révéler, l’administration américaine a pris les devants en mettant en ligne hier dans le New-York Times notamment un contre-feu tentant une dernière fois de disculper les tortures et les assassinats. Dans un article en trois volets faisant honte à la presse mondiale : même sous Goebbels la propagande n’est pas allée aussi loin dans la dénégation de crimes. Obama ou pas, l’Amérique s’enfonce dans le déni pur et simple de ses crimes.
Les textes commencent à sortir et c’est
AlJazeera qui hier soir en a sorti les premiers feuillets. Wikileaks l’avait promis, avait même cette fois prévenu : ça allait faire mal. C’est pire que ça : les révélations du site qui a décidé de montrer la face cachée d’une guerre sont une condamnation lourde d’un pays tout entier pour les exactions de ses soldats et les mensonges de leurs supérieurs. Les Etats-Unis devraient être condamnés devant un tribunal international avec ce que ces fiches montrent. Durant tout le conflit, la torture sur les prisonniers irakiens a eu lieue : en somme ; des Abou Ghraïb, il y en a eu partout. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Barack Obama s’est toujours refusé à montrer les dernières photos émanant de ce lieu infâme. Elles devaient révéler à quel point le système pénitentiaire été gangréné.
Peut-il y avoir pire encore que la torture ? Oui, répond Wikileaks sans hésiter : c’est la négation de la torture effectuée, ce qu’a fait constamment l’administration américaine. En éditant régulièrement des notes à ses soldats, diffusées par leurs supérieurs. La note Frago 242, notamment, du 16 mai 2005, qui énonce clairement que le silence de plomb sera de rigueur sur ses actes. "Tant que le rapport initial confirme que les forces américaines n’ont pas été impliqués dans le mauvais traitement de détenus, aucune investigation complémentaire sera effectué à moins qu’elle ne soit dirigée par HHQ (le quartier général des forces US)". A savoir qu’il suffisait d’en accuser les Irakiens, ce que fait manifestement depuis hier le New-York Times, qui rejette la responsabilité sur les seuls irakiens et ls gardiens de prison natifs. Un ordre modifié le 19 juin précisant que "seul un rapport initial sera effectué pour (selon les lois d"engagement) sur des violations apparentes .. n’impliquant pas les forces américaines." Ce premier rapport a été assez souvent d’établir que la torture avait eu lieu, et les résultats des entrevues et des examens médicaux ont été signalés dans détails horribles, comme le rapport de 2006 Juillet au sujet d’un détenu à Bagdad soupçonné d’être un combattant étranger" ajoute AlJazeera.
La description des tortures, je vous la passe : coups de marteaux, de tournevis, électrocutions et sodomisation avec divers objets. Et à la fin des morts. Et aussi certains qui avaient réussi à s’échapper comme par miracle de cet enfer pour devenir les grands prosélytes du mouvement de Ben Laden. Des "libérés" douteux, sélectionnés et visiblement remis en liberté pour aller prêcher la bonne parole de la haine entretenue : celle de cette création pure qu’est Al Qaida.
Les américains, comme aujourd’hui dans le NYT ont beau jeu de se retrancher derrière le droit international. "Le droit international n’exige pas des États-Unis d’enquêter sur ces allégations d’abus de détenus irakiens-sur-irakienne, parce que tous ont été rapportés après le 30 juin 2004 - quand l’Irak est redevenue un "pays souverain", selon la résolution des Nations Unies numéro 1546. Les États-Unis ne contrôlaient plus directement les services de sécurité de l’Irak, et donc, il n’étaient plus légalement obligé de les policer." nous rappelle Al-Jazeera en oubliant une chose : une cérémonie, celle de la remise des clés de prisons laissées sous la souveraineté américaine, et où ont été constatés des tortures et des décès. Celle par exemple de Camp Cropper, devenue Karkh Prison, décrite par mes soins le
17 septembre dernier. Pour se disculper, l’armée américaine peut toujours faire savoir que ce n’étaient pas des américains qui gardaient ses prisons mais des péruviens ou des chiliens, voire des ougandais : des mercenaires, recrutés par le Pentagone et payés au prix fort.
Il n’empêche, les tortures tombent sous un autre cadre de lois internationales auxquelles les Etats-Unis n’échapperont pas. "Plus important encore",  note le site, "de nombreux rapports sur de mauvais traitement de détenus suggèrent que les États-Unis ont sciemment contrevenu à à la Convention de l’Organisation des Nations Unies contre la torture. La convention - que les États-Unis ont ratifié en 1994 - Interdit aux signataires de transférer un détenu à d’autres pays "où il ya des motifs sérieux de croire qu’il serait en danger d’être soumis à la torture " ajoute le site, ce qui met un Donald Rumsfeld en fort mauvaise posture : il pourrait passer la fin de sa vie en prison comme responsable de ces méfaits. Personnellement, je lui souhaite. "Les allégations de milliers de tortures dans les prisons irakiennes, beaucoup d’entre elles sont étayées par des preuves médicales, et clairement semblent constituer des « motifs sérieux » de croire que des prisonniers transférés aux autorités irakiennes pouvaient avoir ét torturés. Les États-Unis ont transféré des milliers de prisonniers irakiens à leur garde ces dernières années, dont près de 2 000 qui ont été remis aux Irakiens en Juillet 2010." Celles font je vous ai parlé en septembre.

Pendant que l’on torturait et que le haut commandement US fermait les yeux, quatre hommes s’échappaient tranquillement de Camp Cropper. Comme lors de l’évasion rocambolesque d’un des leaders d’Al-Quaida, Abu Yahya al-Libi, survenue le 11 juillet 2005 à Bagram, au milieu de plus de 10 000 soldats américains. L’homme est depuis tous les jours à la une de SITE Group,  le site internet géré par une américano-israélienne née en Irak (et dont le père à été tué par Saddam Hussein). Qui prèche tous les jours le djihad, avec un jeune américain grotesque déguisé en djihadiste d"opérette. Les américains on menti sur la gestion de leurs prisons, continuent à mentir tous les jours en inventant un Al-Qaida perpétuel qui se régénère étrangement de leurs anciens prisonniers. Le mensonge est devenu trop grand, il ne pourra pas tenir plus longtemps. S’ils ont été aussi longtemps de mentir sur leurs actions véritables, en masquant les faits sur direction gouvernementale, s’ils ont été capables d’entretenir un mythe (et d"y revenir régulièrement il y a peu encore), s’ils ont été capables de rencontrer quelques semaines après le 11 septembre un des leaders islamistes, Al-Awlaki, présenté aujourd’hui comme "le nouveau Ben Laden " (en bernant encore une fois donc tout le monde), s’ils ont été capables d’en inventer d’autres et de fournir au FBI des histoires à dormir debout.... c’est simple. Les USA, s’ils ont été capables de mentir autant, et aussi longtemps, ont donc été largement capables aussi de mentir depuis le début. Or, ce début s’appelle le 11 septembre 2001...

24 Oct 2010 20:30:48 -0400
From: jp_lavoie@videotron.ca
To: irabec@hotmail.com


5-3 Le régime de Bagdad sous le feu.

Les 400 000 documents classifiés diffusés par WikiLeaks n’apprennent rien aux Irakiens.

Pour eux, la mort rode toujours au coin de la rue ; des hommes, des femmes et des enfants sont assassinés, torturés, mutilés, violés dans des prisons, secrètes ou non.

Mais, les Irakiens sont tout de même heureux que leurs malheurs soient enfin sur le devant de l’actualité mondiale. Les rapports internes des autorités militaires américaines ont, en effet, le mérite d’attester, partiellement, ce que de nombreux observateurs dénoncent inlassablement depuis 2003.

Pour le pouvoir : un complot fomenté à l’étranger

   Visiblement sur la défensive, Nouri al-Maliki n’a rien trouvé de mieux que d’accuser WikiLeaks de saboter sa campagne électorale, affirmant que la date choisie pour publier les documents n’était pas neutre. Un de ses proches, Haïdar Al-Jourani, est allé plus loin en parlant de complot fomenté à l’étranger (sans dire de quels pays il s’agit). Il a annoncé que le Premier ministre sortant allait porter plainte contre le site Internet pour diffusion de documents mensongers concernant sa participation à des massacres et à des arrestations. Ce n’est pas l’avis du sadriste Hakim Al-Zamili, ancien ministre de la Santé, pour qui WikiLeaks confirme les violations dénoncées par son mouvement sur les violations des droits de l’homme par les forces irakiennes.

   Jawad al-Bolani, ministre de l’Intérieur sortant, particulièrement visé par certains rapports, veut contre-attaquer en créant une commission sur les abus commis par les troupes américaines entre 2003 et 2009. On ne peut que l’approuver. Il est trop facile d’accuser le régime de Bagdad de tous les crimes. Mais ce ne sera qu’une enquête morte-née de plus, les Irakiens ne comptant plus les annonces de ce genre, jamais suivies d’effets.

Les dirigeants irakiens pourraient être condamnés pour crime de guerre

   Dans l’opposition parlementaire, Oussama Nujaifi, membre important d’Al- Iraqiya, a fort justement constaté que les crimes et les abus documentés par WikiLeaks n’étaient qu’« une petite partie de la réalité de ce qui s'est passé en Irak ». En revanche, il s’est bien gardé d’ajouter qu’Iyad Allaoui, chef de son bloc électoral, est impliqué dans des meurtres qualifiés de crimes de guerre, à commencer par le plus effroyable d’entre eux : le massacre de Fallujah en 2004.

   A la différence de George W. Bush et des troupes étatsuniennes, pour l’instant hors d’atteinte de la justice, car exemptés scandaleusement des domaines relevant de la compétence du Tribunal pénal international, les dirigeants irakiens sont passibles d’une condamnation devant cette juridiction. Pour l’administration américaine actuelle, cette menace pourrait être une façon de les tenir en laisse.

Source : WikiLeaks documents, the first reactions in Iraq (Road to Iraq – 23/10/10)

Gilles Munier

Dimanche 24 octobre 2010

G. Munier/X.Jardez

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.com/...


5-4 Irak : l’horreur ordinaire.
Le Monde, conjointement avec le New York Times, le Guardian, le Bureau of investigative journalism et le Spiegel, a pu consulter en avant-première 400 000 rapports de l’armée américaine en Irak, rendus publics ce vendredi par le site Wikileaks, spécialisé dans la publication de documents confidentiels. Il s’agit des rapports d’incidents, rédigés par les officiers sur le terrain, qui constituent le fichier SIGACTS ("significant activity") des forces américaines de janvier 2004 à décembre 2009. Une masse de documents qui décrivent, jour à près jour, les attaques, les échanges de tirs, les fouilles de caches d’armes, les arrestations, et les violences contre les civils.
Confidentiels, les "rapports d’incidents" ne sont pas classés secret défense. Les documents publiés par Wikileaks ne contiennent pas les rapports des forces spéciales américaines, ni les mémos des services de renseignement. Des évènements majeurs des six années d’occupation couvertes par ces fichiers, comme la mort de quatre mercenaires de l’entreprise Blackwater qui a déclenché la première bataille de Fallouja, en avril 2004, n’y sont évoqués que de manière très brève et imprécise.
L’intérêt de cette masse de documents est ailleurs : les 400 000 rapports jettent un regard nouveau sur le lourd tribut que les populations civiles ont payé à la guerre. Les cadavres de milliers de femmes et d’hommes, victimes d’exécutions sommaires, ont été découverts par les soldats américains. Ces mêmes soldats ont tué au moins six cent civils en six ans aux checkpoints, ou en ouvrant le feu sur des véhicules pris pour une menace. Un nombre indéterminé, et minimisé dans les rapports, d’Irakiens ont été les victimes collatérales des frappes aériennes contre les résistants.
Les documents montrent également que les violences de la police irakienne, régulièrement minimisées par l’état-major américain, sont une réalité quotidienne des soldats du rang, témoins directs de tortures pratiquées à grande échelle et couvertes par une partie de la hiérarchie policière. Les violences des soldats américains, notamment lors de l’arrestation des suspects, est aussi évoquée par les 400 000 fichiers.
Le comportement des forces de sécurité privées, promptes à ouvrir le feu y compris pour les motifs les plus futiles, est également abondamment décrit.
Les fichiers offrent aussi, pour la première fois, un regard “de l’intérieur” sur la conduite de l’occupation et ses pratiques. Ils disent à la fois l’ennui, l’absurdité, le stress du quotidien des soldats.
L’évolution du nombre de victimes du conflit
Les civils, victimes à la fois des assassinats politiques et crapuleux, des attaques et des ’dégâts collatéraux’ provoqués par l’armée américaine et la police irakienne, ont payé de très loin le plus lourd tribut à la guerre.
Les chiffres compilés d’après les rapports américains sont toutefois à prendre avec précaution : la nette diminution des morts violentes qu’ils montrent à partir de 2007 et le ’surge’, l’envoi massif de troupes sur le terrain, est partiellement fausse.

A partir de cette date, l’armée multiplie également les frappes aériennes, dont les victimes collatérales sont sous-évaluées dans les rapports.

A partir de juillet 2008 et la fin du ’surge’, le nombre de soldats américains présents diminue également : 55 000 hommes sont rapatriés aux Etats-Unis entre mi-2008 et fin 2009, ce qui diminue mécaniquement le nombre de rapports et ’d’incidents constatés’.
La Rédaction
(Samedi, 23 octobre 2010)

http://www.aloufok.net/spip.php?article2659


5-5 La torture, pratique courante des policiers irakiens.
Les rapports SIGACT, les "rapports d’incidents" des soldats sur le terrain publiés par WikiLeaks vendredi 22 octobre, et auxquels Le Monde a eu accès, montrent l’ampleur de la torture dans les commissariats irakiens.

Des pratiques que l’armée américaine ne pouvait ignorer, tout au long des six années couvertes par les rapports, mais face auxquelles les soldats semblent impuissants. “13 novembre 2005.

A 16 h, la deuxième brigade de combat signale la découverte de 173 personnes détenues dans une prison du ministère de l’intérieur près de Karada. De nombreux prisonniers portent des marques de torture, notamment des brûlures de cigarette, des bleus semblant résulter de passages à tabac et des plaies ouvertes. De nombreux détenus toussent. Ils peuvent être classés comme “blessés capables de marcher”. Environ 95 détenus étaient enfermés dans une même pièce, assis en tailleur avec un bandeau sur les yeux, tous tournés dans la même direction. D’après les détenus interrogés sur place, douze d’entre eux sont morts de maladie ces dernières semaines."
Les "rapports d’incidents" montrent que torture et mauvais traitement sont monnaie courante dans les centres de détention irakien. Ce n’est pas une nouveauté : les organisations humanitaires et la presse, dont Le Monde ont régulièrement démontré depuis 2003 l’existence de prisons secrètes et de violations répétées des droits de l’homme dans les prisons irakiennes.

“Le 19 octobre 2006 à Jabbar (zone 3) l’équipe de transition de la police nationale de la brigade 6-2 a conduit une opération de routine dans le centre de détention de la brigade 6-2 de la police nationale et identifié un cas probable de mauvais traitements sur détenu. Les mauvais traitements présumés auraient eu lieu au QG de l’unité 3-6-2 de la police nationale le soir du 18 octobre 2006. Le détenu, qui avait un bandeau sur les yeux, n’est pas en mesure d’identifier ses agresseurs.
Il affirme avoir été battu sur les pieds et les jambes avec un objet contondant, et avoir reçu des coups sur le visage et la tête. Il affirme avoir reçu des chocs électriques sur les pieds et sur le sexe, et avoir été sodomisé avec une bouteille d’eau. Les policiers de l’unité 3-6-2 affirment que ses blessures ont été causées par une chute à moto alors qu’il était poursuivi par la police. Le détenu avait de grandes difficultés à marcher, dues à des ecchymoses et à des gonflements de la plante des pieds. Le détenu avait des coupures et des ecchymoses sur les deux jambes (surtout sur la gauche), le bras gauche, à gauche du menton.
Il n’y avait pas de blessures visibles sur ses mains, le haut des bras, le torse, le haut des jambes, les fesses.”
Ce 19 octobre, malgré les signes visibles de sévices, le détenu continue d’affirmer, comme ses geôliers, qu’il est tombé de moto. Une version peu
crédible au regard de ses blessures, qui témoignent de mauvais traitements. Les soldats américains interviennent et le séparent des policiers irakiens afin qu’il puisse parler librement : "Lorsqu’il lui a été demandé si la moto s’était couchée sur la gauche ou sur la droite, il a mis un long moment avant de répondre, affirmant finalement être tombé à gauche. L’équipe de transition a isolé le détenu pour d’autres examens.”
Ce cas de torture est loin d’être un fait isolé. Pourtant, huit mois plus tôt, le major général Rick Lynch, porte-parole de l’armée américaine en Irak, détaillait aux journalistes les résultats des inspections-surprise des centres de détention irakiens qui avaient été mises en place. Sur les sept prisons inspectées, “nous n’avons vu aucun signe de sévices. Personne n’était torturé. Ces centres étaient surpeuplées, par rapport à nos standards, mais les détenus étaient correctement traités ; ils étaient nourris, ils avaient de l’eau.” Les rapports publiés par Wikileaks montrent cependant qu’à l’époque, l’armée américaine continue de découvrir régulièrement des cas de torture, notamment dans les commissariats irakiens.
“26 juin 2006. Des preuves de torture ont été constatées au commissariat de Housaybah. Grandes quantités de sang sur le sol de la cellule, un
câble utilisé pour infliger des chocs électriques et un tuyau en plastique étaient fixés au mur de la cellule. [...] Les gardiens ont été
informés des conséquences négatives sur les relations avec les forces de la coalition si les droits de l’homme n’étaient pas respectés. Une
formation sur les droits de l’homme sera donnée aux policiers irakiens par l’équipe de formation et de conseil de la police de la coalition.”
Lorsqu’ils constatent des cas de mauvais traitements de la part des policiers irakiens, les soldats américains sont tenus d’en faire le signalement. En revanche, ils ne sont pas chargés d’enquêter ou de prendre des sanctions : une procédure n’est enclenchée que s’il y a un soupçon d’implication de soldats de la Coalition. La phrase “Les forces de la coalition n’étant pas impliquées dans ces accusations, une enquête plus poussée n’est pas nécessaire” parsème les rapports sur les sévicesinfligés par la police, et constitue parfois la première ligne du rapport.

Sur le terrain, les soldats tentent cependant parfois de s’interposer ou de faire changer les pratiques, mais avec des moyens - et des résultats - très limités. Des mentions comme “Le commandement irakien a été notifié et les gardes irakiens ont été avertis qu’ils ne devaient plus maltraiter les détenus à l’avenir” abondent dans ces rapports, mais les soldats n’ont que peu de marge de manoeuvre pour s’assurer que la torture cesse : officiellement, ils n’ont pas d’autorité sur la police, indépendante. Or, la hiérarchie de la police irakienne, qui ne peut ignorer les sévices infligés dans les commissariats, se montre fort peu réceptive aux signalements des Américains.

“A 11 h 30, l’unité 2 d’enquête criminelle tenait une réunion avec l’officier de liaison de la police irakienne et son traducteur.
L’officier de liaison a dit qu’il entendait des cris provenant de l’étage du dessus, comme si quelqu’un était battu. L’unité d’enquête criminelle et l’officier de liaison sont montés à l’étage. En entrant dans le bureau d’enquête sur le blanchiment d’argent, ils ont trouvé un brigadier, deux enquêteurs et un suspect. Le suspect pleurait et se balançait d’un pied sur l’autre. L’unité d’enquête criminelle a demandé au brigadier si le prisonnier avait été battu. Au début, il n’a pas répondu, mais il a finalement reconnu que le prisonnier avait été frappé plusieurs fois pour le faire parler. Pendant l’interrogatoire du brigadier, l’officier de liaison a fouillé le bureau et trouvé deux tuyaux en plastique, un rouleau à pâtisserie avec une corde passant par le milieu, et un générateur électrique à manivelle avec des pinces (emporté comme pièces à conviction). L’équipe d’enquête criminelle a alors signifié au brigadier que son comportement était inacceptable et criminel. L’officier de liaison et l’unité d’enquête criminelle ont informé le Major général irakien. Alors que les détails de l’affaire lui étaient présentés, il a mis fin à la réunion et s’est mis à faire autre chose. ”
Les soldats américains ne peuvent ignorer l’ampleur de la torture et des mauvais traitements pratiqués dans les commissariats irakiens. Les civils aussi le savent et se montrent très méfiants envers les forces de sécurité irakienne. Pourtant, lorsqu’à partir de la fin 2009, l’armée américaine commence à prépare son retrait, les soldats multiplient les opérations de communication pour améliorer l’image de la police auprès des civils. Après l’assassinat d’un policier à Ninewah, dans la vallée d’Al Bardiyah, les soldats distribuent par exemple ces tracts en octobre 2009 : “Cette attaque meurtrière contre votre police était intentionnelle et lâche. [...] Aidez vos soldats, vos policiers et vos forces de sécurité pour qu’elles trouvent ces ennemis avant qu’ils ne commettent d’autres attaques !”

Les civils ne sont pas dupes : les victimes de mauvais traitements interrogés par les soldats américains doivent, c’est la procédure, se voir demander si elles craignent des représailles contre elles-mêmes ou leur famille si, au cours de l’enquête, leur identité est transmise aux autorités irakiennes. L’écrasante majorité des victimes répond "oui".

samedi 23 octobre 2010,

 La Rédaction - (Le Monde.fr)

http://www.aloufok.net/spip.php?article2658


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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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