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08/11/2010

n°60 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 06-11 : - : Suite - : La guerre contre l’Iran a commencé.


n°60  - Géopolitique & stratégie d'Iran - 06-11  : - : Suite  - : La guerre contre l’Iran a commencé.

 


Géopolitique & stratégie d'Iran

 n°60 du 06-11                                C.De Broeder & M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse :

fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Suite

1-4 Dmitri Kossyrev : Le dialogue avec l’Iran aura lieu, mais de quoi parlera-t-on?

1-5 Ben Cramer : L’Iran et les dérives atlantistes de quelques Européens.

1-6 La guerre contre l’Iran a commencé

1 Israël et le Pentagone défient Ahmadinejad.

2 L'Iran salue l'annonce américaine de classer Joundallah "groupe terroriste".



1-4 Dmitri Kossyrev : Le dialogue avec l’Iran aura lieu, mais de quoi parlera-t-on?

L’Iran accepte la reprise des négociations. Pour tous les responsables de politique étrangère c’était une très grande nouvelle, d’autant plus que l’information est tombée vendredi, constituant en quelque sorte le point culminant de la semaine dernière. L’Iran accepte de relancer les pourparlers sur son programme nucléaire avec le ‘’ G-6 ’’, les cinq membres permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne.
Actuellement, depuis la semaine dernière déjà, Téhéran est en correspondance avec Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, pour fixer l’heure et le lieu des négociations. La rencontre devrait avoir lieu entre le 10 et le 18 novembre, probablement à Vienne, pour se rapprocher des spécialistes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont le siège se trouve précisément dans la capitale autrichienne.
Cependant, ce n’est plus un scoop. Les sources diplomatiques, dès la fin septembre, dans les couloirs de l’Assemblée générale de l’ONU, disaient que l’Iran, après une année d’interruption, voudrait de nouveau négocier. Et en termes de délais on parlait effectivement de novembre. Certes, le dialogue avec l’Iran aura lieu. Mais de quoi va-t-on parler?
Le mois dernier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait séduit ses électeurs par quatre conditions dont le respect permettrait aux négociations d’aboutir à quelque chose. Par exemple, l’Occident doit définir ce qu’il cherche à obtenir par le biais des négociations, l’amitié ou l’hostilité. C’est une question rhétorique. Or la dernière condition est très significative: le ‘’ G-6 ‘’ doit donner son avis concernant l’arsenal nucléaire d’Israël.
ette idée a été si souvent émise dans les déclarations similaires de propagande des Iraniens, qu’on essaye de ne pas y faire attention. Dommage. C’est réellement un problème pertinent. Il suffit de se référer à l’opinion des divers participants aux futures négociations.
Avec les Européens, tout est plus ou moins clair, ils prennent traditionnellement la responsabilité de l’organisation car, en réalité, ils jouent ici un rôle passif, le rôle d’assistants fatigués et sans enthousiasme des Etats-Unis. La situation concernant l’Iran, ainsi que le problème de l’arsenal nucléaire d’Israël, ‘’ ce n’est pas leur guerre ‘’.
La Russie et la Chine se sont lassées de Téhéran et de son art de provoquer des scandales. Néanmoins, on disait que du point de vue de Moscou et de Pékin, les sanctions de l’ONU, ratifiées par les deux capitales en juin de cette année, seraient les dernières. Notamment car lors des négociations sur ces mesures, la Russie et la Chine ont clairement averti les Américains et les Européens qu'il ne faudrait pas, après les sanctions de l’ONU, adopter ses propres sanctions, plus rigides : dans le cas contraire vous n’aurez plus jamais notre soutien. Néanmoins, les occidentaux ont fait exactement le contraire. Mais les sources russes ont fait preuve d’optimisme en conseillant d’attendre jusqu’en novembre pour relancer les négociations.
Il reste Washington. Mais aux Etats-Unis on parle peu des négociations de Vienne. On s’y prépare aux élections dans les deux chambres du Congrès, dans les organismes législatifs locaux, des gouverneurs etc., où la défaite guette ‘’ le parti d’Obama ‘’. Or contrairement aux autres membres du ‘’ G-6 ‘’, Israël et l’Iran nucléaires représentent un thème de politique nationale pour les Etats-Unis et ses électeurs. Un mot de travers pourrait coûter les votes de certains électeurs.
Mais cela ne signifie pas que la diplomatie américaine de fait rien à l’approche des négociations. Elle le fait discrètement. Récemment, à Hanoi, lors des entretiens tenus dans le cadre de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ANASE),
la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, qui s’était rendue exprès dans la ville de Sania dans le sud de la Chine, a rencontré les autorités chinoises pour déterminer si la Chine remplacerait les compagnies occidentales dans le cas où elles quitteraient le marché iranien. Des négociations similaires ont régulièrement lieu avec Moscou, on trace des ‘’ lignes rouges ‘’ pour chaque partie. Tout le monde prépare le terrain et attend l’issue des élections. Est-ce que les forces conservatrices seront réellement capables d’influencer la politique étrangère des Etats-Unis ? Ou seront-elles incapables d’apporter à cette politique les changements nécessaires?
Pour l’instant les conservateurs reprennent courage : les sanctions contre l’Iran fonctionnent.

A Téhéran il est difficile de payer avec des cartes bancaires, le pays est étouffé financièrement, les entreprises japonaises et européennes quittent le pays, remplacées, toutefois, par les entreprises sud-coréennes et chinoises.

Mais, quoi qu’il en soit, des changements concrets devraient se produire dans la situation de l’Iran. Lesquels?

Il serait utile de citer deux articles du journal américain Foreign Affairs, principale édition traitant de la politique étrangère.
En exprimant, bien sûr, son avis et l’avis des auteurs, un article
(http://www.foreignaffairs.com/articles/66569/avner-cohen-and-marvin-miller/bringing-israels-bomb-out-of-the-basement) recommande de ‘’ sortir la bombe nucléaire d’Israël de sa cave ‘’, en d’autres termes reconnaître Israël en tant qu’Etat nucléaire officiel, à l’instar de l’Inde. Pourquoi? Le deuxième article (http://www.foreignaffairs.com/articles/66535/mustafa-akyol/an-unlikely-trio) explique que seulement deux puissances régionales pourraient devenir des alliés fiables des Etats-Unis au Proche Orient face au fondamentalisme sauvage et agressif, ce sont la Turquie et l’Iran. On en vient à la conclusion logique suivante : on peut présenter l’Iran en tant que ‘’ méchant ‘’, mais il est impossible d’éviter constamment un dialogue sérieux avec Téhéran.
Evidemment, personne ne souhaite que Mahmoud Ahmadinejad triomphe en imposant, enfin, au ‘’ G-6 ‘’ une discussion sur un sujet extrêmement important, l’équilibre des forces et des intérêts au Proche-Orient, au lieu de ses ‘’ torts ‘’ concernant le nucléaire clairement non pacifique.

Dans une région où l’arsenal nucléaire non reconnu (ni réfuté) d’Israël, selon diverses évaluations, compris entre 80 et 500 têtes nucléaires, a son importance. Et cela influe sur le comportement de l’Iran. Quelle que soit la qualification de ce comportement – indigne, scandaleux etc.
Le redémarrage des relations avec Israël et la région se produira aux Etats-Unis tôt ou tard, plus tôt serait le mieux. Le Proche-Orient devient tout simplement trop grand pour que les Etats-Unis puissent se permettre de continuer à soutenir inconditionnellement Israël et construire sa politique dans la région en partant de cet axe. Devrait-on réellement parler de cela avec l’Iran? Il faudra bien le faire un jour, que ce soit sous Barack Obama ou sous un autre réformateur.
Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti
ni de la rédaction de ce journal.

Par Dmitri Kossyrev,

RIA Novosti

AFP/ Behrouz Mehri

http://fr.rian.ru/discussion/20101102/187771223.html


1-5 Ben Cramer : L’Iran et les dérives atlantistes de quelques Européens.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas les Français mais les Britanniques qui se méfient le plus des conséquences imprévisibles que pourraient avoir des opérations militaires à l’encontre de sites (nucléaires ou pas) en territoire iranien.

C’est du moins ce qui ressort de sondages récents. Cette méfiance est un signe de sagesse dans la mesure où le recours au nucléaire, où qu’il soit, peut être la conséquence de ce qu’on appelle le « stress of war ». Parmi les autres stress, il y en a un que les stratèges n’ignorent point : les jours du Traité de Non Prolifération (TNP) sont comptés.

En attendant, les élites européennes ne semblent pas très mobilisées pour débloquer la situation, ou calmer le jeu. L’Union Européenne dans la rubrique politique étrangère ressemble fort à la Conférence du désarmement (CD) à Genève, cette institution qu’on surnomme parfois la Belle au Bois Dormant. Les initiatives de la PESC en matière de non-prolifération ne sont que des copies conformes aux déclarations du State Department à Washington.

La PESC est tellement imbibée d’Otanisme qu’elle n’a pas songé une seule seconde à créer un Conseil de Sécurité au sein des 27 Etats membres (même l’Union africaine s’est dotée d’un conseil de sécurité). Un conseil de Sécurité qui ne valoriserait pas ceux qui détiennent des armes de destruction de masse, contrairement à l’ONU.

Le chemin du renouveau, de l’initiative est donc emprunté par des acteurs qu’on n’attendait pas sur le dossier : la Turquie d’Erdogan et le Brésil de Lula. Incroyables mais vrais, voilà les Turcs- souvent dépeints comme alignés sur Washington, - qui se positionnent en successeurs des Roumains durant la guerre froide (sur le dossier TNP), ou des Polonais du temps de Rapacki…. (le plan de dénucléarisation du ministre, très mal vu à Moscou) ou de la Suède d’Olof Palme.

Certains experts des relations internationales imaginent déjà de futurs castings avec des Turcs réconciliés avec les Grecs, même sur le sort de Chypre, qui demanderont poliment aux Américains de ranger leur matériel et de se retirer, comme De Gaulle le fit avec fracas et panache à partir des années 60.

Envers et contre tout, faisant fi des maquettes de l’Europe de Maastricht, ou de Nice, il se pourrait que de nouvelles puissances reprennent le flambeau gaulliste, tentent de se distancier de l’Empire, quitte à innover le concept du ‘non-alignement’ (la première conférence a eu lieu il y a 50 ans !). Il n’est pas exclu que l’un de ces « alliés » qui regarde plus loin que l’horizon de Lisbonne fasse insérer dans sa Constitution (à défaut de constitution européenne digne de ce nom) un article du style : le pays « ne pourra accepter/accueillir aucune base militaire étrangère sur son territoire et ne pourra participer à aucune guerre d’agression ». (article 10 de la Constitution Bolivienne).

De la dénucléarisation à la neutralité.

Aucun document de la PESC n’a encore mis en avant la nécessaire dénucléarisation de l’ensemble européen, ne serait-ce que pour donner une petite chance de survie au TNP en 2015. Bref, l’Europe fait fausse route. Pas un commissaire à Bruxelles, pas un parti politique au Parlement pour initier un modèle de dénucléarisation comme le Parlement de Mongolie a réussi à l’imposer (zone exempte d’armes nucléaire reconnue comme telle par l’ONU) à partir de février 2000.

L’idée de dénucléarisation (du sol européen) nous entraîne bien vite au-delà. C’est normal. Après tout, le continent européen compte en son sein toutes sortes de territoires y compris des pays sans armée (Andorre, Islande, Lichtenstein, Monaco, San Marino), des territoires non militarisés dont les îles Aland (Finlande) et l’archipel du Spitzberg (Norvège). Cette diversité a longtemps été un atout même si le pire n’est pas non plus à exclure avec l’indépendance du Groenland, par exemple, un territoire qui, en dépit ou à cause des variations climatiques, pourrait être entraîné dans une nouvelle « guerre froide » face à tous ceux qui convoitent l’Arctique.

L’Europe compte aussi des Etats neutres. Tous les cinq (Autriche, Finlande, Irlande Malte, Suisse) dont 4 membres de l’UE traversent ces temps-ci une crise d’identité. Que le citoyen Français lambda croit encore qu’être ‘finlandisé’ est quasiment une maladie, et un exemple de subordination à l’égard de Moscou, en dit long sur les dégâts du lavage du cerveau au temps de la guerre froide. Mais, plus grave encore, 2/3 des habitants de la Finlande d’aujourd’hui estiment que leur nation finira par adhérer à l’Alliance Atlantique « dans un avenir prévisible ». Pourtant, au vu de la crise économique et financière que les Européens traversent –y compris les budgets militaires - , au vu des clashs potentiels soulevés ci-dessus (Afghanistan, Iran), on peut légitimement se demander pourquoi plaider la cause de la neutralité de l’Europe est si inaudible dans les instances européennes. Pourquoi aucun parti politique pourtant à court de recette n’a mijoté cette idée et présenté l’ébauche d’un programme du genre ?!

Une France plus gaullienne aurait-elle pu ambitionner de freiner les dérives atlantistes de quelques Européens ? Même sous Chirac ? Peu importe le scénario. Aujourd’hui, avec une Union Européenne qui se fond dans ce magma qu’est l’OTAN, l’Europe comme la France vit à contretemps.

« Les dirigeants européens vont demander des liens plus étroits avec l’OTAN », révèle l’Irish Times. Un document préparatoire au Conseil européen du 16 septembre 2010 "présente les relations avec l’OTAN comme une manière d’exploiter davantage les liens de l’Europe avec Washington", en particulier dans les domaines économique et stratégique, explique le quotidien de Dublin. C’est la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui serait chargée de mettre en œuvre la recommandation des 27 Etats membres. Cette recommandation tombe au plus mauvais moment de l’Alliance. Cherchez l’erreur.

Espérons que les prochains manuels d’histoire au service des générations futures n’insisteront pas trop, le révisionnisme aidant, sur les aspects "positifs" de l'otanisme qui aurait libéré le joug des peuples d’Europe centrale et orientale et fait disparaître le Mur de Berlin.

Ben Cramer

http://www.csotan.org:80/ao/article.php?ao_id=39&art_id=507&Mois=octobre&Year=2010


1-6 La guerre contre l’Iran a commencé

1 Israël et le Pentagone défient Ahmadinejad.

La France étant plongée dans une de ses crises sociales récurrentes comme la fièvre quarte, elle est toute occupée à se regarder le nombril et à se lamenter sur elle-même. C’est pourquoi elle ne prête pas trop d’attention à des événements lointains et peu spectaculaires : aucune image de télé n’est disponible les concernant, et la quasi-totalité des budgets transmissions des grandes chaînes ont été dépensés dans la couverture de l’épopée souterraine des mineurs chiliens.

Et pourtant, la première guerre high tech du XXIe siècle a bel et bien commencé, et elle oppose Israël soutenue par le Pentagone1 à l’Iran et ses succursales syriennes, libanaises et gazaouites.

On se doutait bien que les autorités de Washington et de Jérusalem ne restaient pas totalement inertes devant les provocations répétées de Téhéran et l’échec patent de la politique de la main tendue d’Obama et de l’Union européenne pour mettre un terme aux ambitions nucléaires du régime des mollahs. Planification, négociations politico-stratégiques et préparatifs logistiques allaient bon train en coulisses pendant que les grands leaders distrayaient le grand public en focalisant leur attention sur la question mineure2 du conflit israélo-palestinien.

Mystérieuse explosion à Khorammabad

Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que les acteurs de ce conflit de l’ombre commencent à « communiquer » par des canaux parallèles, mais bien connus de ceux qui suivent attentivement ces questions.

Au cours de ce mois d’octobre, on a successivement appris :

1. Qu’un virus nommé Stuxnet, mis au point dans le cadre d’une étroite coopération entre les services israéliens et américains avait mis le souk dans les systèmes de gestion de la centrale nucléaire iranienne de Bushehr.

2. Qu’une « mystérieuse explosion » s’était produite le 12 octobre dans la base souterraine ultra-secrète de Khorramabad, à l’ouest de l’Iran, abritant des missiles à moyenne portée, provoquant la mort de plusieurs dizaines (certains disent même plusieurs centaines) de Pasdarans chargés de leur garde. Comme par hasard, cette explosion s’est produite au moment où Mahmoud Ahmadinejad défiait verbalement Israël à quelques kilomètres de sa frontière nord.

3. Que le Hezbollah libanais était approvisionné, via la Syrie, en missiles d’une portée de 250 km, permettant d’atteindre les centres vitaux d’Israël à partir de bases situées hors de la zone théoriquement contrôlée par la FINUL (Force d’interposition des Nations Unies au Liban).

Téhéran a minimisé les deux premières affaires en parlant « d’accident » pour l’explosion dans la base des missiles, et en niant officiellement qu’un virus informatique soit la raison des retards répétés dans la mise en route de la centrale de Bushehr.

On ne commente pas non plus ces deux affaires à Jérusalem et à Washington, mais les canaux par lesquels elles sont parvenues à la connaissance du public3 et les précisions avec lesquelles ces informations sont rapportées est un signe qui ne trompe pas : les services spéciaux israéliens ne sont pas totalement étrangers à ces affaires et tiennent à le faire savoir.

Quant aux informations sur les nouvelles capacités militaires de la milice du Hezbollah, elles ont donné lieu à un « scoop » récent du journaliste du Figaro Georges Malbrunot, ancien otage en Irak, qui sert habituellement de « petit télégraphiste » lorsque les services syriens ont un message à faire passer. C’est ainsi qu’au mois de juillet dernier, la révélation par ce même Malbrunot de l’utilisation par le Qatar de sociétés de sécurité israéliennes avait rendu fou de rage Serge Dassault, propriétaire du Figaro engagé dans de délicates négociations pour la vente de « Rafale » à l’émirat du Qatar…

Pour l’instant, cette guerre contre l’Iran est à mi-chemin entre le stade de la gesticulation et les premières escarmouches annonciatrice de la grande confrontation.

La suite dépend du nouveau cours que prendra la politique étrangère d’Obama après la débâcle démocrate annoncée lors des midterm du 2 novembre. Le départ de Rahm Emmanuel de la Maison Blanche et celui, annoncé pour juin, de son plus proche conseiller David Axelrod marque sans doute la fin de la tentative de faire plier Benyamin Netanyahou sur la question des constructions dans les implantations.

Mais qu’adviendra-t-il ensuite ? Quelques augures conservateurs, comme l’ancien représentant américain à l’ONU John Bolton prédisent le pire : ligoté par un Congrès républicain en politique intérieure, Obama serait tenté de se concentrer sur des objectifs internationaux, par exemple en exigeant d’Israël qu’il adhère au Traité de non-prolifération nucléaire en échange du renoncement, par Téhéran à se doter d’armes atomiques. Ils annoncent aussi, en cas de blocage des pourparlers directs entre Palestiniens et Israéliens, que les Etats-Unis pourraient soutenir à l’ONU une résolution établissant un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza dans les frontières de 1967.

On ne voit pas comment Hillary Clinton (qui n’a pas perdu espoir de succéder, en 2016, à Barack Obama) pourrait souscrire à une telle ligne, et rien ne permet de penser que le successeur de James Jones à la tête du Conseil national de sécurité sera en mesure de « vendre » cette politique au Pentagone et au Congrès. Ce dernier tient, rappelons-le, les cordons de la bourse, et peut ainsi s’opposer au Président en coupant les vivres de projets qui lui sont chers. Il faudrait alors que cette politique d’Obama soit plébiscitée par l’opinion pour qu’elle ait quelque chance de s’imposer.

En attendant, au Proche-Orient, les bruits de bottes sont de plus en plus sonores…

nb

Les « couacs » entre le Pentagone et la Maison Blanche viennent de faire l’objet d’un livre de Bob Woodward Obama’s wars. Une « autonomisation » de l’action du Pentagone, dans certaines limites, n’est pas totalement à exclure…

Avis aux commentateurs : d’un point de vue géopolitique, ce conflit reste mineur en dépit de sa durée et des litres d’encre et de salive qu’il fait couler.

Notamment le journaliste indépendant israélien Jacques Benillouche (Slate.fr) et Stéphane

Publié le 29 octobre 2010 à 06h00

http://www.causeur.fr/la-guerre-contre-l%E2%80%99iran-a-commence,7698


2 L'Iran salue l'annonce américaine de classer Joundallah "groupe terroriste".

Les autorités iraniennes considèrent comme terroriste le groupe monarchiste Tondar et l'accuse d'avoir mené des attentats meurtriers en Iran.

Téhéran accuse les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux de soutenir ce groupe, responsable selon l'Iran d'un attentat meurtrier contre une mosquée à Chiraz (sud) qui avait fait 14 morts et quelque 200 blessés en 2008.

L'Iran a salué la décision des Etats-Unis de classer comme organisation terroriste le groupe sunnite Joundallah qui mène une rébellion sanglante dans le sud-est iranien, la qualifiant de "pas dans la bonne direction", selon l'agence de presse Fars jeudi.

Cette déclaration, faite par le porte-parole de la diplomatie iranienne, a été publiée le jour du 30e anniversaire de la prise par des étudiants islamistes de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979, devant laquelle des milliers d'Iraniens ont manifesté aux cris de "Mort à l'Amérique".

Téhéran et Washington ont rompu leurs relations diplomatiques depuis et les tensions se sont accrues entre les deux pays ces dernières années, en particulier à cause du programme nucléaire controversé de l'Iran.

"Lutter contre le terrorisme relève de la responsabilité de toutes les nations, et la République islamique d'Iran estime que classer le groupe terroriste (Joundallah, ndlr) dans la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis est un pas dans la bonne direction", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, cité par Fars.

"L'Iran va évaluer dans les faits le changement de la politique américaine à l'égard des groupes terroristes comme le Joundallah, Tondar (monarchiste) ou le Pjak", a-t-il ajouté.

Le groupe Joundallah, dont les membres sont des sunnites appartenant à l'ethnie balouche, mène depuis dix ans une rébellion sanglante dans la province du Sistan-Balouchistan, frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan.

Téhéran accuse Joundallah d'être entraîné et équipé par les services de renseignement américains, israéliens, britanniques mais aussi pakistanais, dans le but de déstabiliser le pouvoir central. Le chef du groupe, Abdolmalek Righi, a été pendu le 20 juin et le groupe a promis de venger sa mort.

"La désignation d'organisations terroristes joue un rôle essentiel dans notre combat contre le terrorisme et est un moyen efficace de limiter le soutien aux activités terroristes et de faire pression sur des groupes pour qu'ils abandonnent le terrorisme", écrit le département d'Etat dans son communiqué mercredi.

Concrètement, le classement interdit à toute personne de soutenir le Joundallah et prévoit le gel des avoirs que le groupe pourrait détenir aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis avaient classé en février 2009 parmi les organisations terroristes le groupe rebelle kurde Pjak qui a mené des opérations armées dans le nord-ouest de l'Iran.

jeudi 4 novembre 2010

http://www.lyonne.fr/france_monde/international/l_iran_salue_l_annonce_americaine_de_classer_joundallah_groupe_terroriste_@CARGNjFdJSsBFxgFChw-.html


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