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14/11/2010

n°559 - 'Tiré à part' - 13-11 - Suite - : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.


n°559 - 'Tiré à part' - 13-11 - Suite - : Israël maintient volontairement les Gazaouis à un niveau proche de la famine.   



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                                        



‘Tiré à part’ 

n°559 du 13-11

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be

 


Sommaire

1 Dossier

Suite

1-5 Zeev Sternhell : La droite israélienne a besoin de la guerre à perpétuité.

1-6 Zuhayr Andraos : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».

1-7 Khaled Amayreh : Les têtes nucléaires d'Israël. ...sont tournées vers Le Caire, Beyrouth, Damas, Téhéran ou peut-être La Mecque et Médine.

1-8 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète..



1-5 Zeev Sternhell : La droite israélienne a besoin de la guerre à perpétuité.

Reconnaissons-le, les chefs des partis de droite ont le sens de la stratégie et voient loin, tout comme ils savent trouver l’outil adéquat pour mener leur mission à bien.

Le nouvel amendement proposé à la loi de citoyenneté (1), voué à fomenter un état de constante hostilité entre les Juifs et tous les autres, n’est jamais qu’un aspect du plan plus vaste dont le ministre des Affaires Étrangères, Avigdor Lieberman, est le porte-parole officiel. L’autre aspect est la promesse du ministre aux nations du monde que notre guerre avec les Palestiniens sera éternelle. Israël a tout à la fois besoin d’un ennemi intérieur et extérieur, d’un constant sentiment d’urgence — car la paix, avec les Palestiniens dans les Territoires ou les Palestiniens de l’intérieur, est susceptible de l’affaiblir jusqu’à la limite du danger existentiel.

En effet la droite, y compris la plupart des dirigeants du Likoud, est pénétrée de la conscience que la société israélienne vit à l’ombre d’une menace d’implosion. Le virus démocratique et égalitaire dévore le corps politique de l’intérieur. Ce virus repose sur le principe universel des droits de l’homme et offre un dénominateur commun à l’ensemble des humains du fait qu’ils sont des êtres humains. Et quoi de plus commun aux êtres humains que leur droit à la maîtrise de leur propre destin et à l’égalité entre eux ?

Aux yeux de la droite, c’est précisément là le problème : les négociations en vue d’un partage territorial représentent un danger existentiel en ce qu’elles reconnaissent aux Palestiniens l’égalité des droits, sapant ainsi les fondements du statut unique des Juifs sur la Terre d’Israël. Aussi, afin de préparer les cœurs et les esprits au contrôle exclusif du pays tout entier par les Juifs, est-il nécessaire de s’en tenir au principe selon lequel ce qui compte vraiment dans la vie des êtres humains n’est pas ce qui les unit, mais bien ce qui les sépare. Et qu’est-ce qui sépare mieux les gens que l’histoire et la religion ?

Par ailleurs, une claire hiérarchie des valeurs existe. Avant tout, nous sommes juifs ; et seule la certitude d’une absence de conflit entre notre identité tribale-religieuse et les impératifs de la loi juive d’une part, et les valeurs démocratiques de l’autre, peut permettre à Israël d’être démocratique. Mais sa judéité se verra en tout cas accorder une nette préférence.  Ce qui nous garantit une lutte sans fin, puisque les Arabes vont refuser d’accepter la sentence d’infériorité que l’État de Lieberman et du ministre de la Justice, Yaakov Neeman, leur destine.

C’est pourquoi ces deux membres du cabinet, avec le soutien tacite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont repoussé la proposition voulant que le serment de fidélité s’inscrive “dans l’esprit de la déclaration d’Indépendance”(2). À leurs yeux, la déclaration d’Indépendance, qui promet l’égalité de tous sans distinction de religion ni d’origine, est un texte destructeur dont l’objectif réel en son temps était d’apaiser les Gentils et de s’assurer leur concours durant la guerre d’Indépendance. Aujourd’hui, dans un Israël armé jusqu’aux dents, seul un ennemi du peuple [juif] pourrait vouloir donner statut légal à une déclaration qui, de toute façon, n’a jamais été prise au sérieux que par quelques-uns.

C’est là que la dimension religieuse s’inscrit tout naturellement dans le tableau. Exactement comme pour les conservateurs révolutionnaires du début du xxe siècle (3) et les neoconservateurs nationalistes de nos jours, la religion joue un rôle décisif en soudant la solidarité nationale et en renforçant la société.

La religion s’entend là, bien sûr, comme un système de contrôle social dénué de contenu métaphysique. Ainsi des gens qui exècrent la religion et son substrat moral peuvent-il évoluer à l’aise aux côtés de quelqu’un comme Neeman, qui espère imposer un jour la loi rabbinique en Israël. De leur point de vue, le rôle de la religion est de décréter le caractère unique de la judéité et de repousser les principes universels au-delà des limites de la vie nationale.

C’est ainsi que la discrimination et les inégalités ethniques et religieuses sont devenues la norme, et que le processus de délégitimisation d’Israël a franchi un palier. Et tout ceci est l’œuvre de mains juives

Notes

(1)        ”Je jure de respecter les lois de l’État d’Israël comme État juif et démocratique”, tel est le texte du projet d’amendement à la loi de Citoyenneté (qui régit les modalités de l’accession à la citoyenneté israélienne pour les non-Juifs, la loi du Retour les régissant pour les Juifs) proposé par Avigdor Lieberman et voté le 10 octobre par le gouvernement, malgré l’opposition des ministres travaillistes et de trois des ministres du Likoud. [NdlT]

(2)        Selon un communiqué de l’AFP en date du 18 octobre, cependant, ce projet de serment serait d’ores et déjà en voie de modification, Benjamin Netanyahu ayant “demandé au ministre de la Justice de préparer un nouveau projet de loi […] qui concernera toutes les personnes qui demanderont la citoyenneté israélienne”, y compris celles bénéficiant de la loi du Retour, donc. [idem]

(3)       Mouvance intellectuelle et politique formée, dans l’Allemagne de l’après Première Guerre mondiale, de plusieurs courants unis dans la détestation de la république “bourgeoise” de Weimar et dans le rejet des Lumières.  Revendiquant une certaine modernité et mêlant des thématiques souvent perçues comme contradictoires, les représentants de la Konservative Revolution voulurent concilier libération nationale et libération sociale dans une troisième voie, ni communiste, ni nationale-socialiste. [idem]

Zeev Sternhell

Traduction : Tal pour La Paix Maintenant

Ha’aretz, le 15 octobre 2010


1-6 Zuhayr Andraos : Démocratie pour les « maîtres » et dictature contre les « esclaves ».

Avec l’ouverture de la 18ème session d’hiver de la Knesset, la discussion à l’intérieur des partis sionistes à propos de la nature démocratique et ethnique d’"Israël" a pris le pas. Dans son allocution, le président de la Knesset, Raoufin Revline a critiqué la déclaration du premier ministre, Benyamin Netanyahu, disant qu’il est impensable que le gouvernement ôte à la Knesset sa fonction et l’empêcher d’exercer ses tâches dans le cadre de ce qui s’appelle démocratie parlementaire, insistant sur le fait que l’Etat hébreu ne peut accepter que le gouvernement actuel continue à contrôler les projets de loi.
Revline, comme nous le savons, est un sioniste, et son discours traduit son souci à protéger l’Etat juif et son inquiétude quant à son avenir, mettant en garde contre le fait qu’"Israël" ne se transforme en un Etat semi-présidentiel, et c’est une mise en garde logique, du point de vue de quiconque a adopté le sionisme et a accepté ses enseignements. Ce mouvement et sa réalisation, "Israël", sont les deux faces d’une même monnaie : le colonialisme colonial, qui s’est emparé de
la Palestine et a installé un Etat sur ses ruines, et qui ne s’est pas contenté de cela, ses ambitions ont dépassé les frontières de la Palestine historique pour inclure le monde arabe.
La discussion à l’intérieur de l’institution sioniste en "Israël" reste une discussion interne, non pas parce qu’elle ne nous concerne pas, mais au contraire, nous devons l’étudier et définir ses dimensions et ses conséquences sur les Palestiniens de l’intérieur. Cependant, nous pensons que l’évolution de ce qui est appelé la démocratie ethnique est une évolution naturelle d’un régime de pouvoir installé sur des bases colonialistes et dont les outils sont coloniaux, ce qui veut dire que le danger réel que nous percevons aujourd’hui, sur la démocratie parlementaire, selon la logique du président de
la Knesset et quelques-uns de ses partisans, est chose acquise, le régime du pouvoir en "Israël" est devenu un régime semi-présidentiel, ou en termes plus clairs, un régime semi-fasciste, il s’agit d’une construction supplémentaire pour qu’"Israël" atteigne l’étape post-raciste et pré-fasciste.
De plus, nous affirmons en toute assurance que l’Etat hébreu, depuis sa fondation en 1948, n’a jamais été démocratique dans le sens exact du terme. Il a été et est toujours la démocratie de la majorité juive, ou la majorité automatique, cette démocratie mensongère qui fut le principal outil pour s’emparer des terres qui étaient restées entre les mains des Arabes et imposer des réalités sur le terrain dans le but d’empêcher le retour des réfugiés palestiniens, qui furent exilés loin de leur pays au cours de
la Nakba, et pour exercer la répression sous toutes ses formes contre ceux qui sont restés attachés à leur terre et leur patrie. Par conséquent, ce à quoi nous assistons aujourd’hui, ce déluge de lois racistes, est chose naturelle pour toute société gouvernée par une élite de droite et extrémiste qui considère, en paroles et en actes, que le fait d’atteindre l’apartheid, avec tous les aspects négatifs qu’il comporte sur la scène internationale, nécessite de se débarrasser de la démocratie parlementaire, que Revlin et ses compères considèrent comme la forteresse pouvant empêcher le régime de pouvoir en "Israël" d’être semi-présidentiel.
La démocratie israélienne est une démocratie pour les « maîtres » soit la majorité, et la dictature contre les «esclaves », c’est-à-dire les Arabes de ce pays. Il faut simplement rappeler, à titre d’exemple, que les Blancs aux Etats-Unis pensent qu’ils représentent la majorité dans ce pays, et que les décisions sont prises par la majorité. C’est vrai, les Blancs sont la majorité, mais n’y a-t-il pas un moyen qui permette aux intellectuels et décideurs d’étudier la possibilité de limiter la démocratie de la majorité, dans le but d’accorder à la minorité un espace donné de participation aux prises de décision et de définition de la nature du régime ? Cela n’existe pas, ni dans le pays qui se prétend celui des libertés, les Etats-Unis, ni dans l’Etat qu’il protège, "Israël", qui ne cesse de proclamer matin et soir qu’il est un oasis de démocratie dans le Moyen-Orient.
Même si nous admettons les célèbres points de Wilson, après la première guerre mondiale, qui furent désignés par impérialisme progressiste, ayant compris, entre autres, la diplomatie ouverte, la liberté de la presse, la liberté de commerce, le recul de l’armement, l’auto-détermination et la création de
la Société des Nations, etc.. et même la déclaration du premier président israélien, Haïm Weizmann disant que notre premier examen devant le monde sera la manière de nous comporter avec les minorités, même si nous admettons tout cela, nous ne pouvons en aucun cas considérer "Israël" comme une démocratie. Il est impossible qu’"Israël" devienne un jour démocratique, car ce qui y est désigné par démocratie est mort dès sa naissance, et aucun être sur cette planète ne peut lui rendre la vie. Que dire alors ses maîtres sont proches et même très proches du fascisme ?

Zuhayr Andraos

17 octobre 2010

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Zuhayr_Andraos.171010.htm


1-7 Khaled Amayreh : Les têtes nucléaires d'Israël. ...sont tournées vers le Caire, Beyrouth, Damas, Téhéran ou peut-être La Mecque et Médine
Intériorisons quelques-uns des faits axiomatiques stratégiques relatifs à la situation à laquelle sont confrontés les Arabes et les Musulmans dans cette région et au-delà :
Le premier fait est que les centaines de têtes nucléaires et bombes que possède Israël, ou qu’on admet généralement qu’il possède, ne sont tournées ni vers le Zimbabwe, le Gabon ou Haïti, mais vers Le Caire, Beyrouth, Damas, Téhéran ou peut-être
La Mecque et Médine.

Le deuxième fait est que l’acquisition par Israël de la capacité nucléaire vise à soumettre, intimider et maintenir le monde arabe dans un état de perpétuelle infériorité stratégique vis-à-vis de l’Etat hébreu. Un Israël nucléaire, non découragé par aucune dissuasion arabe réciproque, pourrait se permettre de commettre l’impensable, c’est-à-dire déporter de leur patrie ancestrale les Palestiniens restant. Il pourrait aussi s’autoriser à lancer des ultimatums contre des pays comme l’Egypte, à savoir menacer de détruire des cibles égyptiennes stratégiques comme le Barrage d’Assouan si le pays arabe aux 80 millions d’habitants ne se comporte pas comme il le souhaite.
Nous avons vu récemment comment les dirigeants égyptiens dociles se sont crus obligés de jouer les ‘marie-couche-toi-là’ devant un Israël ostensiblement hautain pendant la récente attaque génocidaire israélienne contre
la Bande de Gaza. Si l’Egypte avait eu une dissuasion stratégique, elle aurait montré un semblant de dignité nationale et aurait dit « non » aux menaces israéliennes, implicites ou explicites.
Le troisième fait est que le régime sous contrôle des Etats-Unis de non prolifération nucléaire est un ramassis d’absurdité. C’est une chimère destinée à amadouer et à réduire au silence les nations qui sont prêtes à vendre leur dignité nationale et qui veulent maintenir leurs peuples sous un risque stratégique perpétuel en échange de quelque aide financière et militaire envoyée par Washington. Inutile de dire qu’une telle aide conditionnelle n’a strictement aucune valeur stratégique.
Un exemple de ce fiasco (et de cette stupidité) arabe à cet égard est l’énorme et récent contrat d’armement entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Bientôt, 60 milliards de dollars d’argent musulman seront convertis en rouille et contribueront à hauteur de zéro pour cent à améliorer la sécurité globale des Musulmans vis-à-vis d’Israël.
C’est parce que la plupart des dynasties dictatoriales arabes sont davantage comptables devant leurs protecteurs américains que devant leurs propres peuples. Par conséquent, ces despotes n’achètent pas juste des armes aux Etats-Unis, ils doivent acheter des armes, sinon ils perdent leur statut d’ « allié précieux », ou plus exactement « marionnette précieuse » plutôt qu’allié !

Le quatrième fait est que les Etats-Unis et autres puissances occidentales permettent en toute connaissance de cause à Israël de posséder les armes nucléaires. En conséquence, l’allégation que ces puissances devraient protéger ces régimes et leurs populations d’une possible agression sioniste est encore plus une chimère, en particulier étant donné le fait que les Etats-Unis et autres gouvernements occidentaux sont eux-mêmes soumis à Israël et au pouvoir sioniste. En dernière analyse, les putes politiques américaines à Washington ne peuvent pas ni ne désobéiront aux ordres de leurs maquereaux israéliens ou juifs. Ils savent qu’ils commettraient un suicide politique, en interne, s’ils le faisaient.

Heureusement, quelques pays musulmans de la région ont compris la maxime intemporelle qui dit que si vous ne vous protégez pas vous-mêmes, personne ne vous protègera. Ces mêmes pays ont aussi compris que si vous ne créez pas une sorte d’assurance de destruction mutuelle vis-à-vis de votre ennemi, vous serez attaqué, humilié et brutalisé.
Malheureusement, des pays arabes plus grands et plus riches n’ont pas réussi à comprendre ce que le Pakistan et l’Inde ont compris. Au lieu de cela, ces régimes essentiellement autoritaires ont choisi de rester dans un état de soumission prostituée-proxénète vis-à-vis de Washington, qui, comme nous le savons tous, est dirigé par le lobby juif. Ariel Sharon n’a-t-il pas dit, « Nous dirigeons l’Amérique, et ces imbéciles d’Américains le savent. » ?
Il ne fait aucun doute que les Etats arabes, de
la Mauritanie ou Bahreïn, resteront dans un état d’infériorité stratégique vis-à-vis d’Israël tant qu’ils ne possèderont pas une réelle dissuasion nucléaire qui obligerait Israël à abandonner un peu de son insolence, de son arrogance et de son orgueil.
En bref, Israël n’oserait pas larguer une ou deux bombes nucléaires sur Le Caire, ni même la menacer, s’il savait qu’une ou deux bombes nucléaires pourraient tomber sur Tel Aviv ou Haïfa peu après toute attaque nucléaire éventuelle contre n’importe quelle capitale arabe ou musulmane. N’est-ce pas la raison réelle et profonde derrière la campagne israélienne frénétique contre la nucléarisation supposée de l’Iran ?
Il n’est jamais souhaitable de se lancer dans des calculs macabres, en particulier quand il s’agit des abominables armes nucléaires. Cependant, le comportement d’Israël, qui a beaucoup de similitudes avec celui des nazis, nous a convaincu de toujours attendre l’impensable, venant d’Israël.
Il y a quelques années, Israël a largué entre 2 et 3 millions de bombes à fragmentation sur le Liban, suffisamment pour tuer ou mutiler 2 à 3 millions d’enfants. Ensuite, les dirigeants dépravés du soi-disant « monde libre » ont réagi à cette monstruosité barbare avec cynisme, disant que « Israël a le droit de se défendre », comme si le Liban avait posé la moindre menace à Israël-nucléaire, qui tient l’Amérique et d’autres pays occidentaux à la gorge.
De même, l’armée de l’air israélienne a fait pleuvoir du phosphore blanc sur Gaza il y a près de deux ans, nous confrontant à des scènes qui auraient pu être empruntées à Dresde ou à d’autres villes allemandes réduites en cendres par les forces aériennes alliées dans les derniers mois de
la Deuxième Guerre mondiale.
C’est vraiment le cœur lourd que j’aborde ce sujet.
C’est pourquoi mon conseil aux Etats arabes de cette région est le suivant : mangez du sable, mangez de l’herbe, mangez de la merde !

Que les files d’attente pour le pain fassent dix mètres de long. Mais procurez-vous la bombe !

Ne soyez pas la risée du monde.

Ne laissez pas un Etat merdique comme Israël détruire la civilisation islamique.

Khaled Amayreh

Source : ISM

Traduction : MR pour ISM

Lundi 1er novembre 2010

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14548&type=analyse&lesujet=Armement%20isra%E9lien

http://www.ism-france.org/...


1-8 Jeffrey Blankfort : Israël est la menace la plus immédiate au futur de notre planète.

Jeffrey Blankfort est américain. Il est photographe, producteur d’émission de radio et analyste du Moyen Orient. C’est un militant pro-palestinien connu et ses articles ont été publiés dans beaucoup d’organes d’information progressistes.

Il offre des émissions sur KZYX à Mendocino et KPOO à San francisco. Auparavant Blackford a été le directeur de publication du Middle East Labor Bulletin et co-fondateur du Labor Committee of the Middel East. En février 2002, il a gagné un procès contre l’organisation sioniste Anti-Defamation League (ADL) qui avait espionné des citoyens américains qui critiquaient Israël et sa politique d’expansion.

Jeffrey a accepté de me donner un interview exclusif portant sur l’influence du lobby israélien sur les décideurs du gouvernement américain, le programme nucléaire illégal et secret d’Israël, le conflit Israélo-palestinien et la menace d’une attaque imminente d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran.

Blankfort ne craint pas de critiquer clairement le régime d’apartheid israélien et il croit qu’Israël est la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Kourosh Ziabari

Kourosh Ziabari : Dans votre article : "Le lobby israélien et la gauche : des questions difficiles" vous explorez de manière approfondie la domination du lobby israélien sur l’administration américaine et vous citez des exemples convaincants de l’influence de riches sionistes sur les multinationales et sur les médias de la pensée dominante en Amérique.

Ma question est la suivante : Quelle est la source de l’immense pouvoir et de l’immense richesse que les sionistes détiennent ?

Comment les Juifs ont-ils pu développer un pouvoir d’influence et des capacités financières telles qu’ils sont désormais capables de cadrer, changer et modifier les composantes de la politique des USA ?

Jeffrey Blankford : Cette question nécessiterait une réponse élaborée. Mais on peut dire qu’un segment important et bien organisé de la communauté juive s’est consacré, après la seconde guerre mondiale, à l’établissement et à la prospérité d’un état juif dans la Palestine historique dans lequel la vie et la subsistance des Palestiniens arabes autochtones n’avait aucune valeur.

Le fait que ce groupe ne représentait pas - et n’a jamais représenté - la majorité des Juifs américains a été largement compensé par l’ardeur de son militantisme au profit d’Israël dans tous les secteurs importants de la société américaine et à tous les niveaux de la vie politique de la nation. Son succès n’aurait pas été possible, cependant s’il n’y avait pas eu dans ses rangs un nombre important de riches hommes d’affaire juifs désireux de contribuer financièrement à acheter le soutien du Congrès américain ainsi que celui de pratiquement tout le corps législatif ou à intimider et faire taire les éventuels critiques d’Israël.

Bien avant la naissance des premiers sionistes, des banquiers et des capitalistes juifs s’étaient établi en Europe et aux USA, de sorte qu’il n’est pas surprenant que certains d’entre eux, à commencer par Lord Rothchild au début du siècle dernier, aient soutenu le projet sioniste. Aujourd’hui ils forment de loin le plus important groupe de donateurs privés des deux partis politiques.

Les médias, comme on peut s’y attendre, ont été une de leurs premières cibles, et on peut hélas constater chaque jour que des supporters avoués d’Israël qui ne sont pas nécessairement juifs, comme Rupert Murdoch, les contrôlent maintenant complètement.

Il n’y a aucun doute que le réseau de soutien d’Israël, qu’on appelle par euphémisme "lobby" a influencé de manière significative l’ensemble de la politique des USA au Moyen-Orient et a été un facteur déterminant de la gestion du conflit israélo-palestinien, cependant sa puissance a des limites. Certes, grâce à ses contacts à la Maison Blanche et au Pentagone, il a réussi à entraîner les USA dans la guerre d’Iraq, mais il n’est pas encore arrivé à convaincre Washington de bombarder l’Iran ni à obtenir le feu vert des USA pour bombarder les installations nucléaires iraniennes. Il est clair qu’il y a des éléments importants du Pentagone et des services secrets qui sont conscients qu’une attaque de l’Iran par les USA ou Israël provoquerait presque certainement une catastrophe globale.

KZ : Dans votre article vous faites allusion aux conflits et luttes entre Israël et l’Administration américaine des dernières dizaines d’années au cours desquelles les Présidents des USA, Richard Nixon en tête, ont essayé de contenir la politique d’expansion d’Israël et d’améliorer les conditions de vie des Palestiniens opprimés. En admettant que l’Administration ait vraiment tenté d’oeuvrer dans ce sens tout en réitérant sans cesse son engagement à garantir la sécurité d’Israël, pourquoi alors ses efforts ont-ils échoué ?

JB : Aucun Président américain, j’en ai peur, ne s’est soucié des conditions de vie du peuple palestinien. Arrêter l’expansion d’Israël et obtenir que Tel Aviv se retire de tous les territoires qu’il avait conquis en 1967 était pour les Américains une mesure d’intérêt national.

Tous les efforts précédents ont échoué parce qu’aucun président n’a voulu payer le prix politique intérieur nécessaire pour forcer Israël à se retirer des territoires occupés d’autant plus qu’ils savaient que leurs efforts seraient contrecarrés par l’écrasante majorité des deux chambres du Congrès quelle que soit leur affiliation politique de même que par les médias qui sont aux mains des sionistes.

Le seul qui ait fait un effort sérieux dans ce sens et qui ait osé affronter le réseau sioniste et le Congrès a été Georges Bush Senior quand il a refusé de satisfaire la demande d’Israël de 10 milliards de prêts garantis en 1991 et de nouveau en 1992 mais même lui dut finalement céder.

KZ : Les Israéliens ont l’habitude de qualifier d’antisémites pour les diffamer et les vilipender ceux qui osent critiquer leur politique et leurs actes belliqueux et agressifs. Ils accusent tous ceux qui les critiquent d’être antisémites. Cela inquiète les faiseurs d’opinion et les politiciens et les décourage de parler d’Israël en termes négatifs. Y a-t-il un moyen de faire prendre conscience au public que l’étiquette antisémite n’est pas rédhibitoire* et que critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme ?

JB : Les allégations "d’antisémitisme" brandies contre ceux qui critiquent Israël n’ont plus le poids qu’elle ont eues mais elles sont encore très efficaces particulièrement quand l’accusé est l’employé des médias dominants, comme nous l’avons vu dernièrement avec le cas d’Helen Thomas, d’Octavia Nasr et de Rick Sanchez et dans l’industrie du cinéma qui a été longtemps un bastion sioniste ayant été développée par des Juifs au 19ième siècle, bien qu’à l’époque aucun d’eux n’était sioniste.

Le pouvoir qu’a l’accusation d’antisémitisme de mettre les personnes publiques à genoux finira le jour où un assez grand nombre de personnalités américaines ne l’accepteront plus. Quand à dire quand cela arrivera, je n’en sais rien.

KZ : La Fédération des Scientifiques Américains a confirmé qu’Israël possédait jusqu’à 200 têtes nucléaires même si elles ne sont pas déclarées. Comme il n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, Israël n’a jamais permis à l’IAEA de contrôler son arsenal nucléaire. Nous savons déjà ce qui est arrivé à Mordecai Vanunu qui a perdu sa liberté pour avoir dit la vérité. Que pensez-vous qui va arriver au programme nucléaire israélien ? Tel Aviv va-t-il continuer à bénéficier du privilège de ne pas avoir à rendre compte de ses actes ?

JB :Tant que le réseau de soutien du sionisme contrôle le Congrès, tant qu’aucun Président américain n’a pas le courage de simplement mentionner l’existence des armes nucléaires israéliennes et tant que les USA continuent de tenir les cordons de la bourse de l’ONU, Israël bénéficiera de l’impunité et de l’immunité. Si la direction des mouvements antinucléaires américains maintenant disparus comme "le mouvement pour la paix" n’avait pas été dominée par les sionistes, il y aurait peut-être eu un débat sur le sujet, mais comme elle l’était le sujet a été considéré tabou.

KZ : Parlons maintenant de l’Iran. L’Iran est décrite dans les médias étasuniennes d’une manière déformée et hypocrite. Beaucoup d’Américains qui n’avaient jamais entendu parler de l’Iran sont aujourd’hui confrontés à l’image horrible et terrifiante qu’en donnent les médias dominées par les sionistes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la civilisation iranienne, ni de ce qu’ont de spécifique sa société et sa culture. Comment pourrait-on porter la vraie nature de l’Iran à la connaissance des Américains qui n’ont pas les moyens de la découvrir par eux-mêmes ?

JB : La plupart des Américains ne sont pas capables de trouver l’Iran ni quelque autre pays du Moyen Orient ni même n’importe quel pays du monde, sur une carte. Pour la plupart ils sont confrontés à ce qu’on pourrait appeler un "problème géographique" autant qu’historique. Il n’y a pas d’antidote à cela au monde et c’est la raison pour laquelle Washington peut se permettre de faire la guerre à des pays qui ne lui ont jamais fait aucun mal. Si les soldats étaient des appelés comme pendant la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Iraq ni celle de l’Afghanistan n’auraient duré aussi longtemps et il y aurait une grande opposition à une attaque contre l’Iran.

Quand Nixon a eu l’intelligence de supprimer la conscription des hommes de 18 ans au début des années 1970, cela a détruit l’épine dorsale du mouvement anti-guerre et c’est la raison pour laquelle Washington ne veut pas revenir à la conscription malgré la pression énorme résultant de la nécessité de maintenir une armée assez nombreuse pour mener plusieurs guerres de front. Sans la crainte que leur jeunes de 18 ans ne soient appelés au combat, il n’y a pas de mouvements contre la guerre et c’est pourquoi il n’y a pas d’opposition à la guerre digne de ce nom aux USA à l’heure actuelle.

KZ : Beaucoup de gens dans le monde croient que la presse américaine est complètement libre et peut dire tout ce qu’elle veut sans que la moindre restriction ou censure ne lui soit imposée par l’Administration. On peut presque dire que le gouvernement américain ne se mêle pas directement de ce qui concerne les médias ; cependant on a l’impression qu’il y a une pression implicite sur les médias pour ne pas dépasser la ligne rouge et violer des lois non écrites comme l’interdiction de critiquer Israël. Pouvez-vous nous en dire plus ?

JB : Ce n’est pas le gouvernement qui empêche les critiques d’Israël de s’exprimer, c’est la peur des réactions qu’engendre toute critique sincère d’Israël que ce soit dans un article ou un dessin humoristique des médias même si le journaliste est juif. Il y a plusieurs organisations, dont les plus importantes sont la Anti-defamation League, CAMERA et HonestReporting, qui sont capables d’envoyer immédiatement un torrent d’emails et de lettres à l’éditeur d’un journal qu’ils jugent offensant et parfois même de se rendre dans les bureaux du journal en question pour s’assurer que les médias comprennent bien ce qu’ils peuvent écrire ou pas. Comme il n’y a pas de pression équivalente en faveur de la critique d’Israël, les médias préfèrent éviter l’affrontement.

Il fut un temps où un certain nombre de journalistes des médias dominants écrivaient des articles critiques sur Israël sans avoir de problèmes. Mais c’était il y a 20 ans et ils ne sont plus là.

KZ : Voici ma dernière question : Comment voyez-vous l’avenir d’Israël ?

Va-t-il continuer à déterminer la politique étrangère américaine et contrôler les politiciens américains ? Est-il capable de maintenir le blocus de Gaza ? Et finalement Israël parviendra-t-il à survivre politiquement ?

JB : Tant que les supporters d’Israël ou ses agents aux USA parviennent à contrôler le Congrès américain et à intimider tous les présidents en exercice, et tant que ces mêmes forces dominent les médias, il n’y aura pas de changement aux USA ni à Gaza. Bien que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions se développe petit à petit aux USA, il n’y a pas l’intensité qu’il a ailleurs et ses cibles sont limitées à ce que les firmes américaines et Israéliennes produisent en Cisjordanie, aussi, si l’on veut être réaliste, il y a peu de chance que les USA exercent une pression déterminante sur Israël.

Ce que fait Israël, cependant, peut engendrer des changements qu’il est impossible de prévoir aujourd’hui. Après avoir été vaincu deux fois par le Hezbollah, les officiels israéliens ne cessent de menacer de déclarer une nouvelle guerre au Liban et comme les USA, l’Europe et l’ONU n’ont pas sanctionné leurs précédentes guerres au Liban, ils vont sûrement encore essayer.

A la différence des Palestiniens, les Libanais n’ont pas l’intention de se laisser faire et sont capables de rendre coup pour coup, comme les Israéliens en ont fait l’expérience quand les Libanais ont résisté à leur occupation et stoppé la Wehrmacht israélienne tant vantée en 2006.

Si Israël attaquait l’Iran les répercussions seraient peut-être suffisantes pour entraîner Israël dans un processus qu’on pourra sans doute qualifié d’autodestructeur. Pour le moment, vu le soutien inconditionnel à tous ses crimes dont il bénéficie de la part des Américains et son arsenal de d’armes nucléaires, je considère Israël comme la menace la plus immédiate à l’avenir de la planète.

Pour consulter l’original : http://dissidentvoice.org/2010/10/i...

Note du traducteur :

* A la différence de la France qui s’est dotée de la loi Gayssot, ce qui permet les poursuites juridiques et augmente donc d’autant la capacité d’intimidation du lobby sioniste.

Jeffrey Blankfort

Kourosh Ziabari est un reporter freelance et un correspondant de presse iranien.

Ses articles ont été publiés dans de nombreux médias et journaux comme le Tehran Times, Salem News, Palestine Think Tank, Press TV, Foreign Policy, Journal, Islam Online et Middle East Online. Il est membre de Llaxcala translaters Network for Linguistic Diversity.

Traduction : D. Muselet

28 octobre

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