Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

23/11/2010

n° 463 - Les dossiers de la Lutte Afghane - 22-11 - Début - : Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan.


n° 463 -   Les dossiers de la Lutte Afghane  - 22-11  - Début  - : Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les dossiers de la Lutte Afghane 

n° 463 - du 22-11                                         C.De Broeder & M.Lemaire



Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

L’Otan tente une relance des relations avec la Russie…

1 Dossiers

1-1 Comment l’Onu ferme les yeux sur les violations des droits de l’homme en Afghanistan.

1-2 Rick Rozoff : Abandon du calendrier de retrait - Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan.

1-3 "Ceux que nous capturons sont exécutés sur le champ de bataille" - Quels sauvages !

Fin

1-4 Normand Beaudet : L'armée nationale afghane : La solution ou le piège?

1-5 Heidi Vogt : Les États-Unis auraient (ont) une prison secrète en Afghanistan.

1-7 Guantanamo : Les dossiers

1 Quand les médecins de la CIA perfectionnent les tortures…

2 Indépendance des Chercheurs : Ghailani  ou  l’es Etats-Unis : la détention sans jugement, en cause’. (I)

3 Etats-Unis : la détention sans jugement, en cause (II)



Tiré à part :

L’Otan tente une relance des relations avec la Russie

La Russie est l’invitée de marque du sommet de l’Otan qui s’ouvre ce vendredi à Lisbonne. Au menu aussi, le retrait d’Afghanistan, un « nouveau concept stratégique » et la mise en place d’un bouclier antimissile en Europe. Analyse dans « Le Soir »

Les Etats-Unis et leurs 27 alliés vont entériner l’afghanisation progressive des opérations militaires à partir du premier semestre 2011. Cette “transition”, c’est-à-dire le transfert progressif des responsabilités à l’armée afghane, doit s’achever fin 2014.

Présente en Afghanistan depuis 2003, jamais l’Alliance atlantique n’a mené une intervention armée aussi importante, aussi longue et aussi loin de ses bases traditionnelles, avec des pertes croissantes (650 morts dans ses rangs déjà cette année).

Les autres grands thèmes sont la défense antimissile en Europe, la rénovation de l’Otan et la relance de la coopération avec la Russie. Vendredi, les chefs d’Etat et de gouvernement commenceront par débattre d’un nouveau “concept stratégique”, qui doit servir d’ordre de mission à l’Alliance pour les 10 prochaines années.

Outre les dures leçons tirées de l’expérience afghane, il y sera question de s’organiser pour faire face aux menaces nouvelles : terrorisme, cyberguerre, piraterie, ou prolifération balistique et nucléaire.

Les 28 alliés doivent adopter la décision de principe de se doter d’un bouclier antimissile pour protéger le territoire européen. Ils vont aussi entériner une forte cure d’amaigrissement des structures permanentes de l’Otan, qui se traduira par une réduction d’un tiers de ses 20.000 civils et militaires.

Le samedi devrait être consacré à l’Afghanistan, avec la réunion des 48 pays participant à l’Isaf, la force internationale sous commandement Otan plus le Japon, ainsi que le président afghan Hamid Karzaï.

Relance des relations avec la Russie ?

Les dirigeants alliés rencontreront ensuite le président russe Dmitri Medvedev pour un sommet Otan-Russie, qui devrait approfondir leur coopération après la brouille consécutive à la guerre russo-géorgienne d’août 2008. On s’attend notamment à ce que Moscou accorde des droits de transit supplémentaires aux trains transportant des équipements pour l’Otan, des pays baltes à l’Afghanistan. Surtout, la Russie, surmontant sa méfiance à l’égard de tout ce qui pourrait affecter son arsenal de dissuasion, pourrait accepter d’étudier conjointement comment relier son propre bouclier antimissile et celui dont l’Otan veut se doter.

(afp)



1 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 Comment l’Onu ferme les yeux sur les violations des droits de l’homme en Afghanistan.

Les lecteurs de Rivarol connaissent depuis bien longtemps le caractère très “relatif” de l’attachement des organisations internationales aux « droits de l’homme », attachement qui varie au gré des intérêts financiers et géostratégiques des grandes puissances occidentales, au premier rang desquelles, bien sûr, les États-Unis et leur allié israélien. Ils ne seront donc pas surpris de ce nouvel épisode qui révèle une fois encore, mais avec une particulière clarté, la tartufferie qu’est cette prétendue préoccupation « droit de l’hommarde » à géométrie variable.

En effet, plusieurs journaux, notamment d’Afrique du Nord, ont révélé que l’Onu avait « volontairement passé sous silence » un rapport sur des « violations massives des droits de l’homme » en Afghanistan entre avril 1978 et décembre 2001, accusant “Soviétiques”, « factions islamistes » et « forces américaines » d’avoir pris part à des “atrocités”.

Ces informations font suite à la publication très attendue et très médiatiquement commentée d’un rapport controversé de l’Onu évoquant la possibilité de “génocide” commis par l’armée rwandaise en République Démocratique du Congo à la fin des années 1990.

Mais un autre rapport, commandité lui aussi par le Haut Commissariat de l’Onu aux droits de l’homme, tout aussi sulfureux et se penchant sur les crimes commis entre 1978 et 2001 en Afghanistan, a lui été délibérément bloqué par les Nations unies.

Ce rapport, finalisé en décembre 2004 après un an de travail, d’enquête et de recoupement d’informations, devait être publié en janvier 2005. Cette publication a tout d’abord été suspendue, puis reportée une première fois, puis une seconde fois… avant que le dossier ne soit définitivement enterré et rejoigne dans les archives poussiéreuses de l’institution internationale les autres rapports imprudemment rédigés sur des sujets qui fâchent.

Le document “étouffé” répertorie les diverses exactions et atteintes aux droits des gens perpétrées par toutes les factions qui ont participé aux diverses guerres qui ensanglantent cette terre martyre d’Afghanistan depuis la fin des années 1970. Les bavures et autres crimes des Gi’s américains y sont ainsi mis sur le même pied que ceux des troupes soviétiques d’occupation, des milices communistes ou des partisans moujahiddines.

Le rapport accuse en effet « Soviétiques, chefs communistes, moudjahidine, factions islamistes, et même forces américaines » d’avoir « pris part, à des degrés divers, aux atrocités (tortures, pillages, exécutions sommaires, détentions arbitraires, massacres de civils, viols en série, enrôlement d’enfants) endurées par les Afghans ».

Un affront que l’Oncle Sam ne pouvait tolérer ! Car chacun sait que l’armée américaine n’est pas une armée comme les autres, mais celle de la démocratie et de la civilisation, prédestinée à étendre le paradis libéral sur l’ensemble de la planète.

Le rapport a donc prudemment été dirigé vers les oubliettes par l’Onu dont on remarquera encore une fois la très grande célérité et la très grande discrétion lorsqu’il s’agit de ne pas contrarier les puissants. Une soumission éhontée aux intérêts américains qui donne un écho particulier aux récentes déclarations du président du Rwanda dénonçant une « Onu à deux vitesses ».

A la tribune de l’assemblée générale, Paul Kagamé a en effet fortement contesté le rôle de l’Onu dans les relations internationales, estimant qu’il était temps de réexaminer le fonctionnement et la place de l’institution au sein de la « gouvernance mondiale ». Reprochant « l’occidentalo-centrisme » de ladite institution, le président rwandais a notamment déclaré : « l’Onu a certains standards pour certains pays et d’autres standards pour les autres pays. Nous devons nous assurer que cette organisation ne devienne pas un outil pour les puissants, pour protéger leurs intérêts, renforcer leur influence ou subjuguer celles des autres ».

Difficile aujourd’hui de ne pas partager son constat.

© Rivarol n° 2974

11 novembre,

http://www.medialibre.eu/4146/comment-l%E2%80%99onu-ferme-les-yeux-sur-les-violations-des-droits-de-l%E2%80%99homme-en-Afghanistan


1-2 Rick Rozoff : Abandon du calendrier de retrait - Pas de fin à la guerre des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan. Abandon du calendrier de retrait

Les grands médias et les médias alternatifs ont reproduit une révélation récente, qui n'a surpris personne, provenant de la chaîne de journaux McClatchy : « L'administration Obama a décidé de renoncer publiquement à ce qu'elle avait auparavant appelé ses dates-clé en ce qui concerne la guerre en Afghanistan pour minimiser la promesse de Barack Obama de commencer le retrait des troupes américaines en juillet 2011. »[1]

Un article publié il y a un mois par cette chaîne, « Les États-Unis et l'OTAN en guerre : Une guerre de 15 ans en Afghanistan et au Pakistan »[2], le révélait et quiconque a suivi les nouvelles sur Internet pendant les semaines qui ont précédé la parution de l'article n'a pas été surpris des révélations de McCkatchy.

Le 25 octobre, le secrétaire du Conseil du Traité de l'Atlantique Nord, Edmund Whiteside, a fait un discours à l'Université Concordia à Montréal dans lequel il aurait dit selon la presse : « Vous pouvez vous attendre à ce que la guerre en Afghanistan, le plus long engagement militaire de l'histoire des États-Unis et du Canada, continue encore très longtemps. » « L'Afghanistan est une entreprise militaire de très longue durée », aurait-il dit.

Son opinion sera confirmée par le Sommet de l'OTAN à Lisbonne au Portugal la semaine prochaine, qui adoptera le nouveau Concept stratégique de l'alliance que dominent militairement les États-Unis : le maintien de l'arsenal nucléaire de l'OTAN et le stationnement de bombes nucléaires américaines en Europe. « Le Canada dit ne pas avoir besoin de missiles balistiques, a dit Whiteside. Le Canada, ne l'oublions pas, fait partie d'une alliance qui a une politique nucléaire. Cela n'est pas sans conséquences... »[3]

Le 8 novembre, un jour avant la parution de l'article de la chaîne McClatchy, le brigadier-

général allemand Josef Blotz, porte-parole de la Force d'assistance à la sécurité de l'Afghanistan qui est dirigée par l'OTAN et qui comprend 152 000 soldats provenant de 50 pays, a dit : « Nous n'avons pas établi de calendrier de retrait des troupes de la coalition de l'Afghanistan. »

Blotz a ensuite confirmé : « Il n'y a pas encore de calendrier. »

Au sujet du transfert du contrôle de la sécurité aux forces afghanes, il a ajouté : « Nous n'allons pas agir selon un calendrier rigide mais selon les conditions telles qu'elles se développeront dans les années qui viennent. »[4]

Le premier ministre du Canada Stephen Harper a dit le 11 novembre dernier, en marge du Sommet du G20 à Séoul, en Corée du Sud, qu'il avait décidé « de garder des soldats en Afghanistan dans un rôle non combattant d'entraînement une fois la mission de combat terminée en 2011 ».

L'Associated Press a cité un représentant du gouvernement canadien disant que le Canada « maintiendra 750 entraîneurs militaires et 250 membres de personnel de soutien en Afghanistan jusqu'en 2014... »[5]

Les médias ont rapporté que le jour précédent, le commandant en chef des forces britanniques dans le sud de l'Afghanistan, le major-général Nick Carter avait « présenté un tableau désastreux de l'effort de guerre en Afghanistan » pour rendre improbable un retrait ou même un début de retrait des troupes l'an prochain.

Carter a admis que « sous mon commandement j'ai perdu 302 soldats, la plupart américains. Le coût en vies et en argent est énorme. » Il a ajouté que l'OTAN ne serait pas en mesure de savoir s'il était en train de remporter la victoire (un mot qui ne signifie pas grand chose dans une guerre qui s'étire depuis dix ans et s'escalade à chaque jour) avant juin 2011 « quand la saison des combats va reprendre » et que l'Alliance atlantique et le Pentagone seront en mesure de « comparer les attaques des Talibans avec celles de cette année ».[6]

Les États-Unis et l'OTAN (la distinction est mince quand on sait que 140 000 des 150 000 soldats étrangers en Afghanistan servent maintenant sous le commandement de l'OTAN), ont perdu 633 soldats cette année en date du 11 novembre. Ils en ont perdu 521 l'an dernier et 295 en 2008. Sur le total de 2 203 morts parmi les soldats occidentaux dans le pays, 1 184 se sont produites dans les derniers 22 mois.

Citant des statistiques de la US Air Force, un reportage de ABC News du 10 novembre intitulé « Nombre record de frappes aériennes en Afghanistan » révélait que le nombre de frappes aériennes effectuées en Afghanistan en octobre – près de 1 000 – était le nombre mensuel le plus élevé depuis que la guerre a débuté en 2001, alors qu'il était de 700 le mois précédent, une hausse de 172 % par rapport à septembre 2009.

L'article mentionnait également que les sorties de combat américaines et de l'OTAN cette année, soit 26 948, dépassent déjà le nombre record de 26 474 établi l'année dernière.[7]

Ne serait-ce que depuis le début du mois dernier, les États-Unis ont lancé 20 attaques de drones de combat au Pakistan, qui ont tué plus de 130 personnes.

Une violation de l'espace aérien du Pakistan par un hélicoptère armé de l'OTAN a eu lieu dans les régions tribales fédérales du Pakistan le 2 novembre dernier ; c'était au moins la cinquième violation du genre depuis septembre et l'attaque au drone du 31 octobre avait causé la mort de trois soldats pakistanais.

Des députés de l'opposition ont exprimé plus tôt en novembre « leur sérieuse préoccupation face à la violation de l'espace aérien du Pakistan par les forces de l'OTAN » et ils « ont quitté une session du sénat en signe de protestation et condamné avec force les violations de l'espace aérien par les forces de l'OTAN ».[8]

Le magazine indien Frontline rapporte que « le président Obama a accru substantiellement ses dépenses pour la défense et étendu la guerre en Afghanistan » et que « l'administration Obama a complètement endossé la politique de l'administration Bush de tuer les personnes soupçonnées de terrorisme au moyen de drones aériens de combat sans pilotes ».

« Plutôt que de capturer les supposés terroristes dans leurs cachettes dans les villes densément peuplées ou les villages éloignés, ce qui est plus laborieux, les drones bombardent la maison ou le village ou les suspects se cachent. Cela cause beaucoup de dommages collatéraux. Le nombre de civils innocents qui sont tués par cette méthode dépasse de beaucoup le nombre des gens qui sont tués dans la lutte contre l'occupation. »

« Depuis qu'il est arrivé au pouvoir il y a deux ans, Obama a fait des drones meurtriers un élément clé de sa lutte contre les militants en Afghanistan et au Pakistan. Les drones sont aussi utilisés de façon indiscriminée pour cibler des militants au Yemen et en Somalie. »[9]

En cette dixième année de la guerre en Afghanistan, le conflit est maintenant beaucoup plus étendu, devenant plus important et mortel avec chaque semaine qui passe. Il va s'accroître encore davantage avant qu'il ne commence à diminuer, si jamais cela arrive.

La promesse de l'an dernier du président Obama de « repositionner » l'an prochain les forces de combat américaines et de l'OTAN de l'Asie centrale et du Sud – elles sont également en poste au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan – se révèle maintenant être une manipulation ouvertement politique, comme ce le fut depuis le début.

Un texte signé par Stephen M. Walt a été publié le 11 novembre sur le site du National Public Radio sous le titre : « La politique étrangère en Afghanistan : un attrape-nigaud ».

Walt est professeur de relations internationales au John F. Kennedy School of Government à l'Université de Harvard, siège au comité de rédaction de la politique étrangère, des études de sécurité, des relations internationales et du périodique d'études sur la guerre froide, et est le co-auteur avec John Mearsheimer du livre intitulé The Israel Lobby and US Foreign Policy.

Il se demande pourquoi tout ce brouhaha réel ou feint au sujet de l'article de McClatchy, indiquant :

« Je ne connais personne qui pense que les États-Unis pourraient changer les choses en l'espace de 18 mois, et ce délai n'est notamment pas plus qu'une manoeuvre politique conçue pour rendre l'escalade comparable à une étape provisoire. Les gens raisonnables peuvent être en désaccord avec la décision d'Obama d'escalader le conflit en Afghanistan (je pense qu'elle n'est pas la bonne), mais la tergiversation d'Obama sur cette question est l'une des raisons pour lesquelles certains de ses partisans les plus enthousiastes sont devenus désenchantés. »

Énumérant des précédents historiques et faisant allusion à la crédulité maladive du public, Walt ajoute : « Il y a une longue tradition de présidents qui disent au peuple américain que certaines nouvelles missions militaires ne dureront pas longtemps et ne coûteront pas tant que ça. Nixon nous a dit qu'il avait un "plan secret" pour mettre fin à la guerre du Vietnam (il n'en n'avait pas) et Bill Clinton a déclaré que les troupes américaines ne seront en Bosnie que pour 12 mois (cela a plutôt duré neuf ans). Le président George W. Bush et ses conseillers ont déclaré que l'occupation de l'Irak sera brève et s'autofinancera mais aujourd'hui nous sommes toujours là et maintenant Obama a fait essentiellement la même chose : vendant un plus grand engagement en suggérant que ce n'est que temporaire, puis reniant la date limite qu'il s'était lui-même imposée ».[10]

D'autres promesses de désamorcer un conflit qui s'avère non seulement la plus longue guerre de l'histoire américaine mais aussi en Afghanistan, vont visiblement suivre leur cours selon le cycle politique aux États-Unis, en particulier l'élection présidentielle de 2012 et la quête présumée d'Obama pour sa réélection, mais vont s'avérer aussi fausses que celles de l'an passée.

Le Pentagone et ce qui sera officiellement dévoilé les 19 et 20 novembre comme étant une OTAN mondiale ont tiré des avantages considérables de la guerre en Afghanistan, et ils ne sont pas prêts à y renoncer. Leurs forces armées se sont installées à long terme au centre de l'Eurasie. Et ils ont construit un réseau international d'installations et de partenariats militaires au service de la guerre, allant de la première base d'opération de transport aérien multinational stratégique en Hongrie jusqu'à une base de transit au Kirghizistan à travers laquelle au moins 50 000 soldats passent chaque mois vers et hors de l'Afghanistan et la subordination des forces armées d'un grand nombre de nations en Europe et en Asie.

Ces derniers jours, par exemple, la guerre en Afghanistan a offert aux États-Unis et à l'OTAN des possibilités sans précédent d'étendre leur portée militaire au monde entier :

Le président Nursultan Nazarbayev du Kazakhstan qui possède la plus grande réserve de pétrole et de gaz naturel dans le bassin de la mer Caspienne et qui a des frontières communes avec la Russie et la Chine, a visité le siège de l'OTAN à Bruxelles pour rencontrer le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Rasmussen « a remercié le président Nazarbaïev pour le soutien de son pays à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'OTAN en Afghanistan ».[11] et Nazarbaïev a annoncé que « plusieurs soldats kazakhs serviront au siège de la coalition internationale en Afghanistan ».[12]

L'amiral Giampaolo di Paola, président du Comité militaire de l'OTAN, s'est rendu en Géorgie pour rencontrer les ministres de la Défense et des Affaires étrangères du pays et le chef de l'état-major des Forces armées de la Géorgie et pour inspecter le Centre national de formation Krtsanisi soutenu par l'OTAN, le Bureau de liaison de l'OTAN nouvellement établi dans la capitale nationale et « le 33e bataillon de la 3e Brigade d'infanterie qui va remplacer [le] contingent du 32e bataillon actuellement déployé en Afghanistan ».[13] En août 2008, la Géorgie a mené une guerre de cinq jours contre la Russie et l'OTAN est en train de former ses forces armées pour autre chose que simplement la guerre en Afghanistan.

Le commandement des opérations spéciales des États-Unis a récemment conclu en Allemagne des exercices d'entraînement pour les troupes de la République tchèque, de la Lituanie et de la Pologne. Le Pentagone a décrit leur objectif comme suit :

« La coordination et la synchronisation entre les forces d'opérations classiques et spéciales (FOS) sont cruciales sur le champ de bataille moderne, puisque les deux jouent un rôle complémentaire au sein d'une responsabilité commune – qu'il s'agisse de la collecte de renseignements ou de mener des opérations de combat ... L'activité de formation fait partie de la mission de la brigade dont un exercice annuel d'entraînement ... afin de préparer des unités de forces conventionnelles attribués à la zone du Commandement étasunien des opérations européennes pour le déploiement en Afghanistan ».[14]

La Lituanie et la Pologne ont des frontières avec la Russie et les deux accueillent des forces de l'OTAN, le premier pays à une base aérienne et le second à un centre de formation. Plus tôt ce mois-ci le parlement tchèque a approuvé le déploiement en Afghanistan l'année prochaine de troupes supplémentaires, y compris des forces spéciales, ce qui accroît le contingent de ce pays pour l'OTAN à 720 soldats.

Également ce mois-ci, des troupes polonaises se sont entraînées à une base de la Garde nationale de l'Illinois, à une heure de route de Chicago, et un officier polonais impliqué dans la formation, a déclaré : « Nous nous entraînons ensemble parce que nous luttons ensemble. Si nous nous entraînons ensemble nous nous battons et travaillons mieux en Afghanistan. C'est une bonne idée de s'entraîner ensemble avant de se déployer. Nous sommes de bons soldats et de notre brigade a été déployée deux fois en Irak et en Afghanistan et nous travaillons à un niveau élevé. Nous sommes prêts. »[15]

Le lien entre les pays qui contribuent des troupes à la guerre en Afghanistan et l'engagement des États-Unis à intervenir en leur faveur dans des conflits avec des pays voisins a été mis en lumière récemment par Philip H. Gordon, secrétaire d'État adjoint pour les Affaires européennes et eurasiennes.

Lors d'une réunion de stratégie en Pologne le mois dernier il a dit : « Je crois qu'il y a beaucoup d'appui parmi les alliés pour un équilibre entre les missions traditionnelles de l'OTAN menées en vertu de l'Article 5, sur la défense collective, et le besoin d'affronter de nouveaux défis de sécurité dans le monde, et nous sommes très confortables avec cet équilibre. »[16]

Le parlement suédois a prolongé le déploiement de soldats en Afghanistan, où la Suède participe à des opérations de combat et a perdu des soldats pour la première fois en deux siècles, plusieurs mois après que le gouvernement ait éliminé le dernier élément de conscription pour satisfaire les demandes de « professionnalisation » de l'OTAN et après l'annonce d'un déploiement obligatoire pour tous les soldats.

La semaine dernière le ministre de la Défense de l'Allemagne Karl-Theodor zu Guttenberg était en Mongolie, qui a des frontières communes avec la Chine et la Russie, où il a rencontré « des soldats du premier contingent de la mission mongolienne, qui avait été déployé dans le secteur allemand en Afghanistan. »[17]

Dans le contexte de la visite du président Obama à Mumbai et New Delhi, on a appris que l'Inde pourrait être appelée à contribuer des soldats à la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan. L'analyste des affaires de la défense Bharat Singh affirmait récemment que « les près de 9 000 soldats indiens déployés dans des missions de maintien de la paix de l'ONU pourraient facilement être redéployés en Afghanistan. »[18]

En Bulgarie, où le Pentagone a fait l'acquisition de quatre nouvelles bases militaires, dont deux bases aériennes, depuis 2006, le ministre de la Défense Anyu Angelov a récemment déclaré que 7 % du budget de la défense (si on peut l'appeler ainsi) de la Bulgarie est consacré à la guerre en Afghanistan. Le nombre de soldats bulgare déployés en Afghanistan passera de 536 à plus de 600. Il a également dit que la Bulgarie « ne fixera pas d'échéance pour le retrait de ses troupes d'Afghanistan ».[19]

Néanmoins, James Warlick, ambassadeur des États-Unis en Bulgarie, qui intervenait à une conférence intitulée « L'Europe en Afghanistan : de la compréhension à l'appui » tenue au Club militaire de la capitale bulgare, a dit que « la Bulgarie pourrait accroître ses efforts en Afghanistan et faire plus ».[20]

La consolidation d'un partenariat militaire de longue portée pour la guerre en Afghanistan ne se limite pas à l'Europe de l'Est. Le mois dernier « un petit coin de Cornwall est devenu l'Afghanistan ». À la base de la Royal Air Force de St-Mawgan, 1 000 soldats du Corps de réaction rapide des forces alliées de l'OTAN ont pris part à « un important exercice d'entraînement, le premier en son genre au Royaume-Uni »[21] en préparation pour le déploiement en Afghanistan en janvier.

« Les soldats du Corps de réaction rapide étaient au pays pour préparer leur formation finale avant d'être déployés pour le service opérationnel en Afghanistan l'année prochaine.

« Les exercices du Corps de réaction rapide vise la formation des recrus en vue de leur participation à la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN. »[22]

De Cornwall à la Mongolie, du Kazakhstan à l'Illinois, de la Suède au pays de Gales, de la Pologne à la Géorgie, de la Lituanie à l'Inde et au-delà, l'OTAN et le Pentagone renforcent les partenariats et les réseaux militaires autour de la guerre en Afghanistan. Ni Washington ni Bruxelles n'est pressé d'abandonner un conflit qui leur a permis de mondialiser leurs rôles militaires.

Notes

1. Nancy A. Youssef, »Obama officials moving away from 2011 Afghan date », McClatchy Newspapers, 6 novembre 2010
2. « 
U.S. And NATO To Wage War 15-Year War In Afghanistan And Pakistan », Stop NATO, 6 octobre 2010
3. The Link, 2 novembre 2010,
4. Xinhua News Agency, 8 novembre 2010
5. Associated Press, 11 novembre 2010
6.
Daily Mirror, 11 novembre 2010
7. Luis Martinez, « Number of Afghan Air Strikes Highest Ever », ABC News, November 10, 2010
8. Daily Times, 4 novembre 2010
9. John Cherian, « Hellfire from the sky »,
Frontline, 6-19 novembre 2010
10. Stephen M. Walt, « Foreign Policy : Bait And Switch in
Afghanistan », National Public Radio, 11 novembre 2010
11. North Atlantic Treaty Organization, 26 octobre 2010 « ....
Kazakhstan : U.S., NATO Seek Military Outpost Between Russia And China », Stop NATO, 14 avril 2010
12.
Central Asia Online, 27 novembre 2010
13. Ministère de
la Défense de la Géorgie, 29 octobre 2010
14.
U.S. European Command, 26 octobre 2010
15. Belleville News Democrat, 1er novembre 2010
16. Polish Radio, 29 octobre 2010
17.
Ulaanbaatar Post, 5 novembre 2010 « .... Mongolia : Pentagon Trojan Horse Wedged Between China And Russia« , Stop NATO, 31 mars 2010
18. Daily Times, 7 novembre 2010
19. Sofia News Agency, 26 octobre 2010
20. Sofia News Agency, 26 octobre 2010
21. Pirate FM, 14 octobre 2010
22. This Is Cornwall, 14 octobre 2010
23. The Star, 1er novembre 2010

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

Rick Rozoff,

Stop NATO, le 2 novembre 2010 -

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40180.htm#3


Réflexions du compañero Fidel 

1-3 "Ceux que nous capturons sont exécutés sur le champ de bataille" - Quels sauvages !

Quels sauvages ! Me suis-je exclamé après avoir lu jusqu’à la dernière ligne les révélations que le fameux journaliste Seymour Hersh a publiées dans Democracy Now et qui sont présentées comme l’une des vingt-cinq nouvelles les plus censurées aux États-Unis.

Le texte, intitulé : « Les crimes de guerre du général étasunien Stanley McChrystal », a été inclus dans le Project Censored, élaboré par une université de Californie qui comprend les paragraphes essentiels de ces révélations.

« Le général Stanley McChrystal, qu’Obama a nommé responsable de la guerre en Afghanistan en mai 2009, avait été auparavant le chef de l’État-major interarmes des opérations spéciales (JSOC), qui dépendait de Dick Cheney [le vice-président de George W. Bush]. Le gros de la carrière militaire de trente-trois ans du général McChrystal reste classés [autrement dit secrète], dont ses services de 2003 à 2008 comme chef du JSOC, une unité d’élite si clandestine que le Pentagone en a nié l’existence pendant des années. Le JSOC est une unité spéciale d’ "opérations noires" [assassinats] de la Navy Seals (Forces spéciales de la marine de guerre) et de Delta Force [des soldats secrets de l’armée chargés d’opérations spéciales, qui s’appelle formellement "Détachement-delta opérationnel des forces spéciales" (SFOD-D), tandis que le Pentagone l’appelle Groupe d’applications de combats (CAG)].

"Seymour Hersh, Prix Pulitzer de journalisme, a révélé que l’administration Bush avait mis en place un ceinturon exécutif d’assassinats qui dépendait directement du vice-président Dick Cheney et au sujet duquel le Congrès ne s’est jamais soucié d’enquêter. Des équipes du JSOC se rendaient dans différents pays, sans même en parler à l’ambassadeur ou au chef de la station CIA, porteurs d’une liste de gens qu’ils recherchaient, qu’ils retrouvaient et qu’ils tuaient, pour repartir ensuite. Il existait une liste de cibles dressée par le bureau du vice-président Cheney. [...] Des personnes furent assassinées dans des dizaines de pays du Moyen-Orient et d’Amérique latine, a affirmé Hersh, qui a ajouté : "Un décret exécutif signé dans les années 70 par le président Ford interdit de telles actions. Ceci ne viole pas seulement ce décret, mais c’est illégal, c’est immoral, c’est contre-productif."

« Le JSOC a aussi été impliqué dans des crimes de guerre, dont la torture de prisonniers dans des sites de détention secrets, " fantômes" (ghost). Le camp Nama, en Iraq, confié au JSOC conduit par McChrystal, fut l’une des installations "fantômes", dont le Comité international de la Croix-Rouge ignorait l’existence et qui a été accusée des pires actes de torture. »

Le général était établi officiellement à Fort Braga, en Caroline du Nord, mais « il fréquentait assidument le camp Nama et d’autres base des forces spéciales en Iraq et en Afghanistan où opérèrent les forces sous son commandement ».

Le document aborde ensuite un point tout à fait intéressant, quand ces actions entraient en conflit avec des fonctionnaires qui, dans l’exercice de leurs fonctions, étaient contraints de faire des choses qui violaient ouvertement la loi et entraînaient de graves délits.

« Un interrogateur du Camp Nama a raconté qu’on enfermait les prisonniers dans des conteneurs pendant vingt-quatre heures sous des chaleurs extrêmes, puis qu’on les exposait à de très grands froids en les aspergeant périodiquement d’eau glacée, qu’on les bombardait de lumières brillantes et de musique bruyante, qu’on les privait de sommeil et qu’on les tabassait sauvagement".

Le document aborde ensuite les flagrantes violations des principes du droit international et des conventions souscrits par les USA. Les lecteurs cubains se rappelleront comment j’ai raconté durant deux Réflexions nos rapports avec la Croix-Rouge internationale à laquelle nous avions remis un grand nombre de prisonniers de l’armée ennemie tombés entre nos mains durant la Defense de la sierra Maestra et la contre-offensive stratégique menée ensuite contre l’armée cubaine, entraînée et équipée par les USA. Nous n’avons jamais maltraité un seul prisonnier et nous avons soigné immédiatement tous les blessés. Cette institution basée en Suisse pourrait en attester.

« Le Comité international de la Croix-Rouge est l’organe chargé, en droit international, de superviser le respect des conventions de Genève et il a donc le droit d’examiner toutes les installations où sont enfermés les prisonniers de n’importe quel pays en guerre ou sous occupation militaire.

« Expliquant pourquoi aucun autre média n’a suivi cette histoire, Hersh a affirmé : "Mes collègues de la presse accréditée ne la suivent pas souvent, non parce qu’ils ne veulent pas, mais qu’ils ne savent pas où se tourner. Si j’écris quelque chose sur l’État-major interarmes des opérations spéciales, qui est apparemment une unité classifiée, comment vont-ils m’en parler ? L’administration me dira que tout ce que j’écris est incorrect ou qu’elle ne peut pas faire de commentaires. Vous vous retrouvez vite au chômage avec des histoires pareilles. Je pense que les rapports avec le JSOC sont en train de changer sous Obama. Il y a plus de contrôle maintenant."

« …la décision de l’administration Obama de nommer le général McChrystal nouveau responsable de la guerre en Afghanistan et le maintien de la juridiction militaire pour les prisonniers qu’ont faits les USA dans leur guerre contre le terrorisme dans la prison de la baie de Guantánamo, sont, hélas, des exemples de la façon dont l’administration Obama suit les traces de Bush.

« Rock Creek Free Press a fait savoir en juin 2010 que Seymour Hersh, intervenant à la Conférence sur le journalisme d’investigation à Genève, avait critiqué le président Obama en avril 2010 et dénoncé que les forces étasuniennes réalisaient des "exécutions sur le champ de bataille" : "Ceux que nous capturons en Afghanistan sont exécutés sur le champ de bataille", a-t-il dit. »

À ce point, le récit recoupe une réalité extrêmement actuelle : le fait que le successeur continue de suivre la même politique que le délirant W. Bush, qui inventa une guerre pour s’emparer des ressources gazières et pétrolières les plus importantes du monde dans une région habitée par plus de 2,5 milliards de personnes, à la suite d’actes commis contre le peuple étasunien par une organisation d’hommes que la CIA recruta et arma pour lutter en Afghanistan contre les soldats soviétiques et qui continue de jouir de l’appui des alliés les plus proches des USA.

La zone complexe et imprévisible dont on se dispute les ressources s’étend du Moyen-Orient aux lointaines limites de la région chinoise du Xinjiang, en passant par l’Iraq, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes réunis, l’Iran et les anciennes républiques soviétiques du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, capable de fournir le gaz et le pétrole à l’économie en pleine croissante de la République populaire de Chine et à l’Europe industrialisée. La population civile de l’Afghanistan et d’une partie du Pakistan, un pays peuplé de 170 millions d’habitants et possesseur d’armes atomiques, est victime des attaques des drones yankees.

Parmi les vingt-cinq nouvelles les plus censurées par les grands médias et choisies, comme elle le fait depuis trente-quatre ans, par la Sonoma State University (Californie) pour la période 2009-2010, l’une concerne : « Les crimes de guerre du général Stanley McChrystal » ; deux autres ont trait à notre île : « Les médias ignorent l’aide médicale de Cuba en Haïti » et « Les prisonniers de Guantánamo sont toujours victimes de brutalités », et la quatrième s’intitule : « Obama réduit les dépenses sociales et augmentent les dépenses militaires ».

Notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, avait été le responsable politique de la mission médicale cubaine dépêchée au Pakistan dont le rude Nord-Est avait été ravagé par un terrible séisme et dont de vastes zones peuplées par la même ethnie aux mêmes culture et traditions, furent divisées arbitrairement par le colonialisme anglais en des pays qui tombèrent ensuite sous la coupe des USA.

Dans son intervention d’hier, 26 octobre, devant l’ONU, il a prouvé qu’il était excellemment informé de la situation internationale dans notre monde complexe.

Sa brillante plaidoirie et la Résolution votée hier par l’ONU demandent, par leur importance, des Réflexions que je me propose d’écrire.

Fidel Castro Ruz  

Le 27 octobre 2010

jeudi 28 octobre 2010, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article929


Les commentaires sont fermés.