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20/12/2010

n° 467 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - du : 17/12 – Début : L’Amérique se tire une balle dans le pied.

 

n° 467 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - du : 17/12 – Début : L’Amérique se tire une balle dans le pied.

 


      Aujourd'hui, face aux ambitions hégémonique de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité accepte les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .  

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre! 

   Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan 

n°467  17/12/10

C.De Broeder    &   M.Lemaire



Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne  : Afp- ats - Ap - Reuters, Xinhuanet),  Al Manar & Chine nouvelle,   ainsi que les sources d'informations de la résistance. 

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance . idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Marc



Le Dossier " 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de l'Afghanistan " est visible  sur ...

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

e) sur sur le site http://www.aredam.net ou il  est placé à la rubrique n° 14, en page d'index :14  Journal de Bagdad, La guerre en Irak.

f) sur le site de la Solidarité socialiste : http://socialisme-solidarite-che.skynetblogs.be/  

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Corée, Afghanistan, Iran : Pressions pour un durcissement de la politique de Washington.

1-2 Ataulfo Riera : Le Sommet de l’OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.

2 Annexe  

2-1 « Les États-Unis sont toujours les premiers en termes de dépenses militaires avec 43% du total mondial.

2-2 Robots de guerre (et de guerre civile).

2-3 L’Amérique se tire une balle dans le pied,

Suite

2-4 Accord sur un gazoduc reliant Turkménistan, Afghanistan, Pakistan, Inde.

2-5 L’Organisation de Coopération de Shanghai à un tournant ?

Fin:

2-6 Peter Dale Scott : Afghanistan-USA : L’opium, la CIA et l’administration Karzai.



1  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-1 Corée, Afghanistan, Iran : Pressions pour un durcissement de la politique de Washington.

La prochaine présidente républicaine de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants sera selon toute probabilité Ileana Ros-Lehtinen. C'est une cubano-américaine de Floride que la presse décrit comme une anti-communiste passionnée.  Elle vient d'annoncer qu'elle demandera à la Maison Blanche de durcir les sanctions contre la Corée du Nord et de la réintroduire dans la liste des pays qui soutient le terrorisme (une liste dont G. W.Bush l'avait retirée).

Le président Obama semble prêt à suivre cette pente, puisqu'il vient de déclarer dans son discours du Veteran's Day en Corée du Sud que l'engagement des Etats-Unis au service de la sécurité de ce pays ne faiblirait pas.

Dimanche dernier, l'aile interventionniste du parti républicain sortie gagnant des dernières élections au Congrès appelait à une alliance avec le président Obama sur la base d'une ligne plus dure en matière de politique de sécurité et de relations internationales.  

Le Washington Post écrivait : "Le Président Obama a de bonnes chances de se faire réélire en 2012 s'il fait des progrès en Afghanistan, s'il adopte une ligne plus dure contre l'Iran, si l'économie s'améliore et s'il n'y a pas d'attaque terroriste majeure aux Etats-Unis, a déclaré un haut responsable du Parti républicain samedi.  

Le sénateur Lindsey O. Graham (Caroline du Sud), qui est devenu le principal porte-parole du Grand old Party pour les questions de sécurité, a estimé que si Obama recherchait une coopération avec les Republicains, un effort miltaire américain continu en Afghanistan est "un domaine où le Républicains se sentiront à l'aise de se tenir aux côtés du président" et seront susceptibles de lui apporter plus de soutien même que beaucoup dans son propre parti."  

Atlasaltern -

Publié dans : x - Ingérence impérialisme global –

11 novembre


1-2 Ataulfo Riera : Le Sommet de l’OTAN à Lisbonne consacre le militarisme du XXIe siècle.

Une stratégie « pour le XXIe siècle adaptée aux nécessités et aux dangers de la nouvelle ère globale », qui consacre définitivement son rôle de bras armé de la globalisation capitaliste et de gendarme planétaire des intérêts des grandes puissances impérialistes, Etats-Unis en tête. L’occupation et la guerre en Afghanistan se poursuit avec des moyens renforcés.

Le Sommet de l’OTAN au Portugal, réunissant les chefs d’Etats des 28 pays membres, a adopté « une nouvelle stratégie de défense et de sécurité » (« OTAN 2020 ») pour cette organisation criminelle internationale. Une stratégie « pour le XXIe siècle adaptée aux nécessités et aux dangers de la nouvelle ère globale », qui consacre définitivement son rôle de bras armé de la globalisation capitaliste et de gendarme planétaire des intérêts des grandes puissances impérialistes, Etats-Unis en tête. L’occupation et la guerre en Afghanistan se poursuit avec des moyens renforcés. La prise de décision interne pour mener de nouvelles opérations et interventions militaires – sur base d’une définition de la « sécurité » pour le moins élastique - sera simplifiée pour être accélérée et de nouvelles bases militaires seront établies à travers le monde.

Du « péril rouge » à la « menace terroriste » : justifier la guerre permanente

Créée le 4 avril 1949, l’OTAN était alors une organisation politico-militaire dirigée contre l’URSS sur le sol européen. Après la chute du Mur de Berlin en novembre 1989, loin de se dissoudre, l’OTAN commence au contraire à étendre à la fois ses zones d’intervention et ses objectifs, qui vont de la défense des « approvisionnements en ressources vitales », à la lutte contre « la prolifération des armes de destruction massive » ou contre « le terrorisme ». L’OTAN intègre également peu à peu les anciens pays membres du Pacte de Varsovie, l’ancien glacis défensif de l’URSS, reculant ses frontières jusqu’aux portes d’une Russie qui se sent ainsi encerclée et menacée. A partir de 1995, elle intervient directement dans le conflit en ex-Yougoslavie et le 24 mars 1998, elle déclenche une campagne de bombardements intensifs contre la Serbie, sans mandat de l’ONU.

En avril, 1999, le 50e sommet de l’OTAN adopte son premier « concept stratégique pour le XXIe siècle », qui transforme l’organisation initialement à vocation régionale en organisation militaire globale. Le 12 septembre 2001, suite aux attentats à New York, est mis en oeuvre de l’Article 5 de la Charte de l’OTAN sur la « solidarité mutuelle entre Etats membres » et le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU confie à l’OTAN la conduite des opérations militaires en Afghanistan, consacrant ainsi sa première opération militaire de grande ampleur « hors zone » et, cette fois-ci, sous mandat des Nations Unies.

Afghanistan : L’OTAN est le problème, pas la solution

L’Alliance s’embourbe dans un conflit qu’elle ne peut pas gagner et qui s’étend de plus en plus au Pakistan, constituant ainsi un foyer de déstabilisation permanente dans la région, justifiant ainsi en retour sa présence permanente, ce qui est bien son objectif. Mais en attendant, ce sont les populations civiles qui payent le prix fort de ce « Grand Jeu » pour le contrôle de la zone géostratégique essentielle de l’Asie Centrale et de ses ressources. Selon les Nations Unies, depuis 2001, plus de 10.000 Afghans sont morts à cause de la guerre, dont 2.400 rien qu’en 2009. Près de 300.000 personnes ont quitté leur pays depuis 2001, la grande majorité survivant dans des camps de fortune au Pakistan. Une infime partie de ces exilés tente sa chance en Europe, où ces mêmes gouvernements qui détruisent leur pays se refusent à leur accorder le droit d’asile.

En dépit des farces électorales, c’est l’occupation militaire internationale qui permet, seule, la survie du régime du président fantoche Amid Kharzaï. L’OTAN impose ainsi à la population un régime despotique, réactionnaire et corrompu et une économie libérale de marché qui a totalement échoué à réduire la misère. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la situation humanitaire a empiré depuis que les opérations de l’OTAN ont débutées : 61% de la population souffre de malnutrition chronique, 65% n’a pas l’accès à l’eau potable. Quant au droit des femmes, utilisé comme prétexte pour l’intervention militaire de 2001, leur situation s’est dégradée sous de nombreux aspects. Mais qui s’en soucie aujourd’hui ?

L’Alliance militaire déclare mettre tout en œuvre pour reconstruire un pays... qu’elle détruit activement par ailleurs. Mais le déséquilibre entre l’effort militaire et l’aide civile est béant : depuis 2001, 140 milliards de dollars ont été dépensés pour la guerre et seulement 7 milliards pour « l’aide civile »… et 40% de cette aide est consacrée à payer des entreprises capitalistes étatsuniennes et européennes, qui ont remporté ainsi de juteux contrats. La technique est désormais bien rodée, ces entreprises « reconstruisent » ce que l’OTAN, qu’elles suivent comme des charognards, a détruit. La décision, prise au Sommet de Lisbonne, de renforcer les capacités « civiles » de l’Alliance n’a pas d’autre but que d’institutionnaliser ce partage des rôles.

Fer de lance de la prolifération nucléaire et de la course aux armements

L’OTAN possède aujourd’hui 480 missiles nucléaires déployés dans 5 pays (dont la Belgique). Malgré l’opposition des populations concernées, elle relance activement la course aux armements nucléaires entre les grandes puissances, avec la construction d’un bouclier antimissile en Pologne et en Tchéquie qui coûtera la bagatelle de près de 800 millions d’euros.

Les dépenses militaires cumulées des membres de l’Alliance s’élevent quant à elles à plus de 1.000 milliards d’euros et, malgré la crise, ses 28 Etats membres se sont engagés à consacrer jusqu’à 2% de leur budget à leur machine de guerre. De plus, l’institutionnalisation du financement de l’OTAN implique que les budgets consacrés par les gouvernements des Etats membres à l’Alliance échappent à tout contrôle ou opposition des parlements nationaux.

L’Union Européenne complice

Tous les traités européens consacrent l’OTAN comme le cadre privilégié de la coopération militaire. Le Traité de Lisbonne affirme que l’OTAN « reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre ».

Les Etats européens avalisent le déploiement du système antimissile US en Pologne et en République Tchèque ainsi que l’élargissement géographique de l’OTAN ; ils acceptent que les définitions de ses missions soient toujours plus globalisées pour en faire l’instrument principal au service de la politique de domination économique, politique et militaire des USA et de leurs alliés. 25 des Etats membres de l’UE sur 27 ont envoyé des troupes en Afghanistan ; plus de la moitié des soldats étrangers présents sont européens... et parmi eux 600 militaires belges et plusieurs avions de combat « humanitaires ».

Revendiquer, comme le font la plupart des Partis Socialistes ou des partis Verts, la construction d’une « véritable politique de sécurité et de défense européenne », indépendante face à l’OTAN parce que cette dernière est dominée par les Etats-Unis, est donc absurde. En quoi l’impérialisme et le militarisme européens sont-ils plus « démocratiques », « humanitaires » et « acceptables » ? Il ne s’agit pas de défendre un bloc impérialiste contre un autre, mais bien de mobiliser contre l’OTAN, « l’Europe de la défense » et le militarisme qu’ils incarnent l’un et l’autre à la perfection.

Assez d’argent pour la guerre !

L’OTAN, on le voit, constitue une menace tangible pour la paix. C’est un instrument de domination profondément non démocratique et hors de tout contrôle des institutions parlementaires des pays membres. En Belgique, comme l’a dénoncé la CNAPD, le gouvernement « en affaires courantes » a refusé de soumettre à la discussion parlementaire le contenu de sa note préparatoire au Sommet de Lisbonne, dont les décisions seront pourtant lourdes de conséquences. Vous avez dit, démocratie ?

L’adoption du nouveau concept stratégique de l’OTAN intervient au moment où la crise du capitalisme accroît les tensions commerciales, sociales et guerrières dans le monde et la fuite en avant dans la course aux armements, pour le seul profit du complexe militaro-industriel. En 2009, 1.531 milliards de dollars ont été dépensés en armements dans le monde (+50% par rapport à 2000). Or, une infime partie de ces moyens suffirait à répondre aux besoins les plus criants. 15 milliards de dollars par an suffisent pour fournir de l’eau potable à tous les humains ; 20 milliards pour éradiquer la faim et la malnutrition et 12 milliards pour éduquer tous les enfants. La folie et l’irrationalité du capitalisme s’illustrent de manière particulièrement tragique dans ces quelques chiffres. Le combat contre la guerre et l’impérialisme est indissociable de la lutte contre un système capitaliste qui engendre ces crises, cette misère et ces injustices criminelles.

La dissolution de l’OTAN est plus que jamais un objectif nécessaire. La sécurité des peuples ne peut être assurée que par des réponses politiques et sociales ; elle doit se baser sur la solidarité, le respect des droits démocratiques les plus larges, sur la justice sociale et la satisfaction des besoins sociaux. Ce que le système actuel est bien incapable d’assurer – d’autant plus avec la crise et l’explosion de ses contradictions -, ce pourquoi il maintient et renforce un instrument aussi nuisible que l’OTAN.

Portugal : Les criminels de guerre sont accueillis à bras ouverts, les pacifistes sont refoulés

Le militarisme et les libertés démocratiques les plus élémentaires, comme le droit de se déplacer et de manifester, ne font pas bon ménage. Le gouvernement portugais l’a parfaitement démontré à Lisbonne en réprimant et en expulsant les activistes venus protester contre le Sommet de l’OTAN. Ayant provisoirement suspendu les Accords de Schengen sur la libre circulation des personnes au sein de l’UE, la police portugaise a refoulé au moins 150 activistes, dont un autobus venu de la lointaine Finlande, affrété par l’Union d’Objection de Conscience de ce pays, et un autre venu de Madrid, composé par nos camarades d’ « Izquierda Anticapitalista » (Gauche anticapitaliste) dans l’Etat espagnol et par l’organisation « Ecologistas en Accion ».

D’autres activistes, venus de France ou d’Italie, ont été refoulés et expulsés dès leur arrivée à l’aéroport de Lisbonne, la police ayant trouvé des tracts ou des appels contre l’OTAN dans leurs bagages... En outre, plusieurs blogs et pages Facebook appelant aux mobilisations contre l’OTAN ont été censurés.

Novembre 2010,

 Ataulfo Riera

http://www.pressegauche.org/spip.php?article5943



2 Annexe  

2-1 « Les États-Unis sont toujours les premiers en termes de dépenses militaires avec 43% du total mondial.

Les dépenses militaires mondiales ont continué d’augmenter en 2009 pour atteindre un nouveau record, selon un rapport annuel publié mercredi 2 juin par l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri).
Au cours de l’année écoulée, le monde a consacré 1.531 milliards de dollars (1.244 milliards d’euros) au secteur militaire, soit à prix constant une augmentation de 5,9% par rapport à 2008 et de 49% par rapport à 2000, écrit le Sipri.

La France dépense 64 milliards de dollars à sa défense

Les États-Unis sont toujours les premiers en termes de dépenses militaires avec 661 milliards de dollars en 2009, soit 43% du total mondial. Une augmentation de 47 milliards sur un an qui représente plus de la moitié (54%) de la progression planétaire, souligne le Sipri.
Pour la Chine, l’Institut ne dispose pas de chiffres officiels, mais selon ses estimations, l’Empire du milieu a affecté 100 milliards de dollars à ses dépenses militaires en 2009.
La France, elle, leur a consacré 63,9 milliards de dollars.
L’Institut a constaté une hausse des dépenses militaires dans 65% des pays pour lesquels il a pu se procurer des chiffres.
Par zone géographique, c’est l’Asie-Océanie qui a le plus augmenté ses dépenses avec une hausse de 8,9%. »


2-2 Robots de guerre (et de guerre civile).

Comme ce fut toujours le cas, seule la mise au point de nouvelles armes fait vraiment avancer les technologies. Nous en avons un nouvel exemple avec les annonces récentes de l'US Army.

Le XM25

Il s'agit d'abord d'un lanceur de grenade « intelligent ». L'objet réinvente le fameux fusil à tirer dans les coins, rêve de tous les combattants confrontés à des ennemis qui se cachent derrière des murs ou dans des fossés pour tirer sur eux sans risques. Il a été baptisé XM25 Counter Defilade Target Engagement System, ou Système capable d'atteindre une cible cachée.

 

Des années de recherche/développement auraient été nécessaires pour aboutir au produit final, d'un coût individuel de 25 à 30.000 dollars. L'armée compte en commander en 2011 au moins 12.000 afin d'équiper les forces d'infanterie et les forces spéciales engagées en Afghanistan. La nouvelle arme devrait selon les experts changer sensiblement le rapport des forces dans la lutte de proximité contre les résistants. Ceux-ci y ont généralement l'avantage vu leur bonne connaissance du terrain.

 

Le militaire au prise dans un combat de rue ou sur un terrain accidenté avec un adversaire qui se dissimule derrière un mur, dans un fossé ou à l'intérieur d'un bâtiment ouvert, n'aura que quatre opérations à faire si la cible se trouve à moins de 700 mètres: ajuster au dessus de l'endroit où se cache l'adversaire un viseur à laser doté de différents capteurs sophistiqués, recueillir les données de tirs rassemblées par le système, introduire ces données dans la micro-puce incluse dans la grenade du lance-grenade et faire feu.

 

La grenade explosera exactement au dessus ou à côté de la cible de façon à l'atteindre par des éclats meurtriers. L'opération ainsi décrite semble complexe, mais les automatismes sont tels qu'un soldat de seconde classe peut s'en acquitter après un court entraînement. Les dégâts collatéraux (touchant des civils) seraient ainsi considérablement diminués. Sans ce dispositif en effet, les militaires visés font généralement usage en riposte à des armes beaucoup plus lourdes et imprécises.

Inutile de préciser que l'arme, que l'on prévoit d'utiliser aujourd'hui en Afghanistan et au Pakistan, pourra servir dans d'éventuels combats de rue menés sur le territoire national lui-même. On sera il est vrai loin alors du Taser.

Pour en savoir plus, voir:

XM25 Counter Defilade Target Engagement System http://www.defensenews.com/story.php?i=4028048

Voir aussi http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-1334114/New-US-Army-rifle...

Les systèmes de type MAARS ((Modular Advanced Armed Robotic System)

Dans les combats urbains, en dehors du XM25 que nous venons de présenter, l'US Army et les compagnies privées engagées à son côté sont de plus en plus intéressées par l'emploi de robots capables de se substituer momentanément ou durablement aux personnels humains. Mais que l'on n'imagine pas des robots humanoïdes sur le modèle de RobotCop. Il suffit de faire appel à de petits engins robotisés: mini-chars d'assaut de la taille d'une voiture d'enfant ou drones de 1 à 2 m. d'envergure.  

Les modèles en cours de développement sont équipés d'un grand nombre de capteurs et d'effecteurs les rendant aussi autonomes que possible dans des tâches délicates telles que l' exploration d'un immeuble miné ou la recherche d'un sniper embusqué. Ils peuvent aussi servir de sentinelles infatigables pour garder des enceintes protégées ou des frontières. Selon les missions, ils peuvent faire appel aux différents modèles d'armes dont ils sont équipés, ou servir d'observateurs rapprochés pour guider des tirs de missiles sol-sol ou air-sol.

Dans la plupart des cas, ils sont suivis par des techniciens se trouvant loin de la ligne de tirs, capables de relayer le robot en cas de problèmes non prévus. Mais ils disposent cependant d'une large autonomie, afin de pouvoir faire face seuls aux difficultés.

L'US Army a organisé récemment pour tester ces machines des « Robotics Rodeo » se déroulant dans des décors urbains réels. L'une de leur qualité, très appréciée, est – outre la capacité à détecter le moindre événement suspect pouvant échapper à un observateur humain - leur indifférence à la peur. Selon l'expression d'un des experts, qu'il ne sera pas nécessaire de traduire: « they do'nt panic under fire ». Ce serait au contraire les résistantsqui paniqueraient lorsqu'ils se trouveraient confrontés à un engin de la taille d'une tondeuse à gazon qui leur enverrait sans prévenir des rafales de tirs mortels  

La firme iRobot fondée par Rodney Brooks, bien connue de nos lecteurs, est très engagée dans le développement de tells armes. Mais le marché est vaste et attire bien d'autres brillants roboticiens. Pour être juste, quelques débats se font jour sur le caractère éthique s'attachant à l'emploi de robots dans des opérations militaires ou de maintien de l'ordre. De tels débats sont organisés par exemple à l'initiative du Yale Interdisciplinary Center for Bioethics. Nous y avons déjà fait allusion. Le robot, ou même le technicien distant censé dans certains cas le contrôler, sauront-ils clairement distinguer un ennemi d'un ami? Loin d'être diminués, les risques de dégâts collatéraux aux dépens des civils pourront en être augmentés. Plus généralement, l'utilisation de ces armes, ayant pour résultat de minimiser les pertes humaines, ne va-t-elle pas produire des armées ou des nations dites « trigger-happy », autrement dit portées sur la gâchette. Cela pourrait, à une certaine échelle, non seulement favoriser une course aux armements de haute technologie, mais même de nouveaux conflits.

Les experts en stratégie militaire, les industriels de l'armement et même certains défenseurs des droits civils plaident l'argument contraire. Les futurs combattants, étroitement « mariés » à des systèmes d'intelligence artificielle selon le modèle de l'anthropotechnique que nous utilisons dorénavant couramment pour notre part (voir notre essai « Le paradoxe du Sapiens » http://www.editions-bayol.com/pages/livres-titres/paradoxe.php ) seront infiniment plus prudents, avertis et respectueux des lois de la guerre que des militaires livrés à leurs seuls réflexes.

De toutes façons, disent-ils, la question ne se pose déjà plus. Ils rappellent qu'en Irak et en Afghanistan, l'utilisation de drones plus ou moins robotisés ( Predator, Reaper, Raven et Global Hawk ) a permis d'éviter aux militaires des milliers de sorties qui auraient été meurtrières. Actuellement, par ailleurs, l'armée emploie plus de 6.000 robots télécommandés pour détruire divers armes létales telles que les IED (improvised explosive device) ou mines improvisées.

Ceux qui voient loin, parmi ces stratèges, font valoir dans certains échanges privés que ces armes insensibles aux sentiments seront bien utiles lors des futures guerres civiles qu'ils prévoient sur le territoire américain lui-même, opposant par exemple l'Etat fédéral à des gangs armés d'immigrants, sinon à des Etats ou des villes sécessionnistes, Alors l'US National Guard ou l'US Army ne devront pas faire comme le firent certains (rares) soldats français durant la Commune, refuser de tirer sur les irésistants.

Mondialisation.ca,

Le 2 decembre 2010

VIDEO* Démonstration de MAARS.

 http://www.youtube.com/watch?v=n6Fisf5_9T4http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22231


2-3 L’Amérique se tire une balle dans le pied,

02/12

Pour tenir le calendrier de la guerre en Afghanistan qu'elle s'est fixé, l'Amérique a recours à opportunisme militaire et en oublie ses véritables intérêts. Sa politique de sécurité en Asie centrale commence à manquer d'éthique et de lucidité.

Dans sa longue bataille depuis dix ans pour sécuriser l’Afghanistan, les Etats-Unis ont jonglé avec des politiques étrangères contradictoires en Ouzbékistan et au Kirghizstan, ces deux états fragiles d’Asie centrale et seconds rôles essentiels dans la guerre. Il y a la politique consistant à engager les deux états post soviétiques émergents pour leur propre bien sur la voie d’une bonne gouvernance, des droits de l’homme et des liens commerciaux – l’habituelle pêche miraculeuse de la diplomatie américaine. Puis il y a la politique consistant à les utiliser comme pôles logistiques dans la guerre d’Afghanistan.

Malheureusement, ces deux politiques ont souvent adopté des voies contradictoires, affaiblissant l’influence de longue date de l’Amérique dans la région et en certaines occasions, pénalisant sa capacité à mener la guerre. Et tandis que les Etats-Unis continuent d’envoyer encore plus de troupes en Afghanistan, l’opportunisme militaire, une fois encore, prend le dessus sur les autres objectifs en Asie centrale.

C’est, dans un certain sens, compréhensible : l’Amérique a une guerre à mener avec un calendrier serré qu’elle s’est elle-même imposé. Les vagues projets de promotion des droits de l’homme dans une obscure région voisine pour se donner bonne conscience peuvent attendre.

Mais ce que cette position omet de prendre en considération, c’est qu’une Asie centrale affaiblie, corrompue et abusive n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis, ni dans celui de l’Afghanistan d’ailleurs. Le gouvernement afghan a déjà un imposant voisin, écartelé et ingouvernable : le Pakistan. Une approche plus judicieuse consisterait à contrebalancer les besoins de sécurité les plus urgents et réels de l’Afghanistan avec une approche plus saine en Asie centrale.

Le gouvernement américain est disposé à passer outre certaines pratiques douteuses

Au Kirghizstan, pays montagneux, sans débouché maritime, et dont l’histoire est une succession d’instabilités civiles et de renversements éclair de gouvernements, les responsables politiques enragent suite à la récente décision du Département d’Etat américain de renouveler un contrat controversé de livraison de carburant pour leur base aérienne de Manas, un poste clé des opérations aériennes en Afghanistan.

Le contrat, accordé une fois encore à une mystérieuse société américaine, permettra aux avions américains de continuer de voler sur l’Afghanistan, ce qui est l’objectif primordial des Américains dans la région. Mais la nature opaque de cet accord pourrait affaiblir un peu plus la présence déjà fragile des Etats-Unis au Kirghizstan, où l’on considère que le contrat est entaché de corruption et qu’il n’aura servi qu’à gonfler les comptes bancaires de deux dictateurs successifs.

Les enquêteurs parlementaires américains n’ont trouvé aucune preuve de dessous-de-table dans ce contrat, mais ils ont tout de même décelé certains éléments de fraude et de négligence qui indiquent – au minimum – que le gouvernement américain est disposé à passer outre certaines pratiques douteuses. Le carburant à destination de la base aérienne provenait principalement de Russie, et les négociants locaux du principal prestataire du Pentagone ont faussement déclaré qu’il était destiné à la consommation civile, ce qui leur permettait de bénéficier de taxes d’importation plus faibles.

Compte tenu des volumes de carburant en question, les principaux intervenants, y compris les acheteurs, les vendeurs et les responsables américains, devaient ou auraient dû être au courant de la manoeuvre. Du point de vue du Pentagone, cependant, les prestataires ont fait exactement ce qu’ils avaient à faire : livrer le carburant à un prix raisonnable. C’est pour cela que le contrat a été renouvelé.

Bien que fragile et violent, le Kirghizstan est le plus démocratique des états de la région et pourrait être l’allié naturel de l’Amérique. Mais, en poursuivant une politique étrangère bornée et focalisée sur le carburant, l’Amérique ne s’est pas épargnée. En effet, cette politique a donné du grain à moudre aux responsables politiques pro-russes qui n’aimeraient rien de moins que de voir les Américains chassés du Kirghizstan.

La base a fait l’objet d’un intense maquignonnage. Lors d’une réunion en février, l’ambassadeur américain au Kirghizstan a interpellé son homologue Chinois sur des rumeurs prétendant que la Chine aurait proposé 3 milliards de dollars aux Kirghiz en échange de la fermeture de la base américaine. Les deux diplomates discutaient en russe. « Visiblement troublé, (l’ambassadeur Chinois) perdit temporairement ses moyens en russe et commença à bredouiller en chinois à l’assistant qui prenait diligemment des notes en silence juste derrière lui, » selon un câble diplomatique américain obtenu par le site internet Wikileaks.org.

« L’armée américaine a acquis un impact démesuré sur la politique étrangère américaine en Asie centrale »

Cette réunion avait lieu quelques mois à peine après que Washington a contré les pressions russes sur les Kirghiz pour fermer la base. Lors de cette réunion, le très chevronné envoyé Chinois avait conseillé à l’ambassadeur Américain de payer 150 millions de dollars par an aux Kirghiz pour garder la base. « De manière très inhabituelle, l’assistant silencieux s’est alors exclamé : ‘ou peut-être devriez-vous leur donner 5 milliards de dollars et vous vous débarrasserez de nous et des Russes,’ avant de fondre sous le regard horrifié de l’ambassadeur (Chinois). »

Depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001, les militaires américains ont acquis un poids démesuré dans l’élaboration de la politique étrangère américaine. Deux guerres et des budgets Défense conséquents ont donné au Pentagone les moyens et l’assise pour agir dans des domaines traditionnellement réservés aux diplomates. En Iraq, par exemple, de jeunes officiers américains se promenaient avec des liasses de billets pour gagner l’allégeance d’résistantsindécis. Aucun diplomate ne peut se mesurer à ce genre d’influence.

Une chose similaire s’est aussi passé à un macro-niveau. Un récent rapport publié par la Fondation Open Society de George Soros couvrant la dernière décennie de dépenses militaires en Asie centrale a découvert que, rien que pour 2007, les Etats-Unis ont accordé 145 millions de dollars d’aide militaire à la région. Cela représente « six fois le montant accordé pour promouvoir l’autorité de la loi, la gouvernance démocratique et le respect des droits fondamentaux. » Le rapport conclut que « l’armée américaine a acquis un impact démesuré sur la politique étrangère américaine en Asie centrale. »

Cette réalité n’est jamais aussi visible qu’en Ouzbékistan. Le Pentagone y a entretenu une base militaire jusqu’en 2005, année au cours de laquelle le régime Ouzbek a massacré une foule de manifestants pacifiques, mettant le gouvernement américain face un dilemme : détourner le regard et garder la base, ou s’exprimer et être prié de quitter le pays. Certains faucons ont suggéré une critique voilée du régime, mais les Américains n’ont eu d’autre choix que de condamner le massacre et être exclus.

Une leçon à retenir est qu’une politique de sécurité détachée des autres considérations humaines n’est pas une politique de sécurité viable. Des bases militaires qui n’existent que par le bon vouloir de régimes lunatiques ne peuvent constituer les bases fondatrices de la sécurité américaine.  

Les Etats-Unis sont retournés en Ouzbékistan au cours de l’année écoulée – pas de soldats cette fois-ci, juste quelques voies d’approvisionnement en soutien de la guerre en Afghanistan – où ils sont apparemment en train d’implanter la même politique centrée sur le militaire qu’ils appliquaient avant 2005. Et les partisans pro-démocratie locaux et occidentaux disent que les responsables américains en Ouzbékistan n’ont démontré qu’un intérêt relatif à leurs problèmes.

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