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23/12/2010

n°64 - Dossier d'Iran – 22-12 - Début - Iran: le scénario irakien "très probable".

 


n°64 - Dossier d'Iran – 22-12 - Fin -  Iran: le scénario irakien "très probable".


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Dossier d'Iran

                                                                                                          n°64 – 22-12

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

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Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Michel Chossudovsky : nucléaire préemptive contre l’Iran.

5-2 Fredrik Dahl : Faut-il transiger avec l'Iran pour trouver un accord ?

6 Histoire

6-1 L’Iran s’émancipe

7 Manipulation de l’opinion :

7-1 Yediot Ahranot: "Une base militaire iranienne au Venezuela avant 2011".


5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Michel Chossudovsky : nucléaire préemptive contre l’Iran.

Les mystérieux « documents de l’ordinateur portatif ».

Utiliser des faux renseignements pour justifier une guerre nucléaire

Le 9 juin 2010, le Conseil de sécurité (CS) de l’ONU a adopté l’imposition d’une quatrième ronde de sanctions radicales contre la République islamique d’Iran. La résolution 1929 du CS comprend un embargo élargi sur les armes, ainsi que des « contrôles financiers renforcés » :

[Résolution 1929 (9 juin 2010)] Décide que tous les États doivent empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à l’Iran, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs nationaux ou des personnes relevant de leur juridiction, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, qu’ils aient ou non leur origine dans leur territoire, de chars de combat, véhicules blindés de combat, systèmes d’artillerie de gros calibre, avions de combat, hélicoptères d’attaque, navires de guerre, missiles et lanceurs de missiles […], décide également que tous les États doivent empêcher la fourniture à l’Iran par leurs nationaux ou à partir de leur territoire ou à travers leur territoire de toute formation technique, ressources financières ou services financiers, conseils, autres services ou aide liés à la fourniture, à la vente, au transfert, à la livraison, à la fabrication, à l’entretien ou à l’utilisation de telles armes et de matériel connexe, et invite tous les États à faire preuve de vigilance et de retenue concernant la fourniture, la vente, le transfert, la livraison, la fabrication et l’utilisation de toutes autres armes et du matériel connexe; (Le Conseil de sécurité impose des sanctions à l’Iran à l’issue d’un vote divisé par le rejet de la résolution par le Brésil et la Turquie, comprend le texte complet de la résolution 1929, Département de l’information des Nations Unies, 9 juin 2010, c’est l’auteur qui souligne.)

La Fédération de Russie et la République populaire de Chine ont toutes deux cédé aux pressions étasuniennes en faveur de la résolution 1929. En novembre, après la publication d’un décret par le président Dmitri Medvedev, Moscou a annoncé l’annulation de son accord de coopération militaire avec l’Iran relatif au système de défense aérien S300.

Sans l’aide militaire de la Russie, l’Iran est une cible facile. Son système de défense aérien dépend de la coopération militaire soutenue de la Russie.

Ces développements frappent au cœur même de la structure des alliances militaires. Ils empêchent la Russie et la Chine de vendre des armes à la fois stratégiques et conventionnelles, ainsi que de la technologie militaire à leur allié de facto : l’Iran. En réalité, il s’agissait de l’un des principaux objectifs de la résolution 1929, que Washington a l’intention de renforcer.

Faux renseignement

La résolution 1929 est basée sur un mensonge fondamental. Elle maintient la notion que l’Iran est une puissance nucléaire en devenir et une menace à la sécurité mondiale. Elle donne un feu vert à l’alliance militaire États-Unis-OTAN-Israël pour menacer l’Iran avec une attaque nucléaire punitive préemptive en utilisant le CS de l’ONU comme approbation systématique.

La position des États-Unis au CS de l’ONU est en partie fondée sur de soi-disant documents du renseignement fournissant des « preuves » du programme d’armement nucléaire iranien.

En novembre 2005, le New York Times a publié un rapport de William J. Broad et David E. Sanger intitulé « Relying

 on Computer, U.S. Seeks to Prove Iran's Nuclear Aims

 » (Les États-Unis cherchent à prouver les visées nucléaires de l’Iran en se fiant à un ordinateur). Les allégations de Washington rapportées dans le New York Times reposaient sur des documents « obtenus d’un ordinateur iranien volé par une source inconnue et donnés au renseignement étasunien en 2004 ». (Voir Gareth Porter, « Exclusive Report: Evidence of Iran Nuclear Weapons Program May Be Fraudulent », Global Research, 18 novembre 2010, c’est l’auteur qui souligne.)

Ces documents comprennent « une série de dessins d’un véhicule de rentrée » qui pourrait apparemment s’adapter à une arme nucléaire produite par l’Iran.

À la mi-juillet, de hauts représentants du renseignement étasunien ont invité les chefs de l’agence d’inspection de l’énergie atomique en haut d’un gratte-ciel donnant sur le Danube à Viennes et ont révélé le contenu de ce qu’ils disaient être un ordinateur portatif iranien volé.

Selon une demi-douzaine d’Étasuniens et d’Européens ayant participé à la réunion, les Étasuniens ontprojeté rapidement sur un écran et étalé sur une table de conférence une sélection de plus de mille pages des simulations et des comptes-rendus d’expériences provenant de l’ordinateur iranien en disant qu’ils montraient un effort de longue date visant à concevoir des ogives nucléaires.

Les Étasuniens ont reconnu dès le départ que les documents ne prouvent pas que l’Iran possède une bombe atomique. Ils les ont présentés comme étant la preuve la plus convaincante jusqu’ici que, malgré l’insistance de l’Iran sur l’aspect pacifique de son programme nucléaire, le pays tente de développer une ogive compacte adaptée à son missile Shahab, lequel peut atteindre Israël et d’autres pays du Moyen-Orient. (William J. Broad et David E. Sanger, « Relying on Computer, U.S. Seeks to Prove Iran's Nuclear Aims », New York Times, 13 novembre 2005)

Le département d’État étasunien a par la suite remis ces « documents secrets » à l’Agence internationale d’énergie atomique (AIEA), dans le but de démontrer que l’Iran développait un programme d’armement nucléaire.

Alors que leur authenticité a été remise en question à plusieurs occasions, un récent article du journaliste d’enquête Gareth Porter confirme sans équivoque que les mystérieux documents de l’ordinateur portatif sont faux. Les dessins contenus dans les documents ne sont pas liés au missile Shahab mais à un système de missile nord-coréen obsolète qui a été désarmé par l’Iran au milieu des années 1990.

Comme c’est stupide! Les dessins présentés par les représentants du département d’État des États-Unis concernaient « la mauvaise ogive de missile » :

En juillet 2005, […] Robert Joseph, le secrétaire d’État adjoint des États-Unis pour le contrôle des armements et de la sécurité nationale, a fait une présentation formelle des prétendus documents du programme d’armement nucléaire iranien aux hauts représentants de l’agence à Viennes. M. Joseph a rapidement montré à l’écran des extraits des documents, en portant une attention particulière à la série de dessins ou « schémas » techniques montrant 18 façons d’adapter une charge utile non identifiée dans le véhicule de rentrée ou l’« ogive » du missile balistique iranien à moyenne portée, le Shahab-3.

Toutefois, lorsque les analystes de l’AIEA ont été autorisés à étudier les documents, ils ont découvert que ces schémas étaient basés sur un véhicule de rentrée que les analystes savaient avoir déjà été abandonné par l’armée iranienne en faveur d’un nouveau modèle amélioré. L’ogive montrée dans les schémas avait la forme habituelle de « bonnet d’âne » de la version originale du missile No Dong nord-coréen, acquis par l’Iran au milieu des années 1990 […]

Les documents du portatif illustraient le mauvais véhicule de rentrée en train d’être reconçu […] (Gareth Porter, op. cit.)

Qui étaient derrière la production de faux renseignement ? Gareth Porter suggère que le Mossad israélien a été une source de faux renseignement concernant le présumé programme d’armement nucléaire de l’Iran :

L’origine des documents du portatif pourrait ne jamais être irréfutablement prouvée. Cependant les preuves accumulées indiquent qu’Israël en est la source. Déjà en 1995, le chef de la division de la recherche et de l'évaluation du renseignement militaire de Tsahal (Armée de défense israélienne), Yaakov Amidror, a tenté sans succès de persuader ses homologues étasuniens que l’Iran prévoyait « devenir nucléaire ». Selon des sources israéliennes citées par un service de presse pro-israélien, en 2003-2004 les hauts représentants de la CIA considéraient les rapports du Mossad sur le programme nucléaire iranien comme une tentative de faire pression sur l’administration Bush pour qu’ils envisagent une action militaire contre les sites nucléaires iraniens. (Ibid.)

Mensonges et fabrications pour justifier un programme militaire

Les documents de l’ordinateur portatif ont été essentiels pour assurer la position étasunienne au Conseil de sécurité de l’ONU.

Nous avons là un cas évident de faux renseignements comparables à ceux présentés par Colin Powell en février 2003 sur les présumées armes de destruction massive de l’Irak. Les faux renseignements présentés au CS de l’ONU ont servi de justification à l’invasion de l’Irak en mars 2003.

« La preuve, ou plutôt l’absence de celle-ci, parle d’elle-même. Dans les mois qui ont mené à la guerre en Irak, l’administration Bush a produit des centaines de pages de renseignement pour les membres du Congrès et les Nations Unies démontrant comment le président de l’Irak, Saddam Hussein, possédait des tonnes d’armes chimiques et biologiques et poursuivait activement un programme d’armement nucléaire.

Les renseignements recueillis par la CIA et la Defense Intelligence Agency (DIA), une agence du département de la Défense qui récolte des renseignements pour le Pentagone, ont été utilisés par l’administration Bush pour convaincre le public que l’Irak représentait une menace pour le monde. (Voir Jason Leopold, « Powell Denies Intelligence Failure In Buildup To War, But Evidence Doesn’t

Hold Up », Global Research, 10 juin 2003)
Le système de missile iranien Shahab

Les États-Unis ont encore une fois utilisé de faux renseignements pour fabriquer une justification pour aller en guerre.

La position des États-Unis et du Conseil de sécurité de l’ONU tombe à l’eau. La question qui importe est la suivante : la Russie et la Chine vont-elles revoir leur position au CS des Nations Unies concernant le régime de sanctions contre l’Iran ?

Le mouvement antiguerre des États-Unis s’opposera-t-il aux plans de Washington visant à mener une guerre nucléaire préemptive contre l’Iran, sur la base de faux renseignements ?

Article original en anglais : The Mysterious "Laptop Documents". Using Fake Intelligence to Justify a Pre-emptive Nuclear War on Iran, publié le 24 novembre 2010.

Michel Chossudovsky

Traduction par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).    

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22142

www.Mondialisation.ca


 

 

5-2 Fredrik Dahl : Faut-il transiger avec l'Iran pour trouver un accord ?

Les grandes puissances devront peut-être revoir à la baisse leurs exigences de suspension des activités d'enrichissement nucléaire de l'Iran, si elles veulent réussir à trouver une solution diplomatique à des années de contentieux sur les activités atomiques de la république islamique.

En échange, l'Iran devrait autoriser l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) à effectuer davantage d'inspections, plus intrusives et plus systématiques, pour garantir que le régime des mollahs ne met pas secrètement au point des armes nucléaires, comme le soupçonnent les Etats-Unis.

"Il me semble que c'est la démarche la plus prometteuse pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons", explique Shannon Kile, de l'Institut international de recherche sur la paix (SIPRI), dont le siège est à Stockholm.

"Cela nécessiterait un compromis de part et d'autre. C'est le seul moyen de parvenir à un règlement négocié", ajoute Kile, qui dirige le département Armes nucléaires au SIPRI.

Si les Etats-Unis et leurs alliés européens peuvent, eux, envisager un tel accord, il risque de provoquer une levée de boucliers en Israël, pour qui l'Iran est la plus grave menace à sa sécurité.

Certains pays arabes sont eux aussi si inquiets de la puissance de l'Iran qu'ils ont demandé à Washington de faire cesser le programme nucléaire iranien, par la force si nécessaire, au vu de télégrammes diplomatiques américains divulgués par le site internet WikiLeaks ces derniers jours.

APAISER LES INQUIÉTUDES

Les six puissances (5+1, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne) ont entamé lundi leurs premières négociations avec l'Iran depuis plus d'un an.

On ne s'attend dans les milieux diplomatiques à aucune avancée particulière aux négociations de Genève, qui doivent prendre fin ce mardi, mais on espère que cela marquera le début d'un processus permettant de résoudre un lourd contentieux, qui risque de dégénérer en conflit armé au Proche-Orient.

"Je pense que le mieux que l'on puisse espérer, c'est un accord pour organiser de nouvelles négociations", déclare David Hartwell, analyste chez IHS Jane sur l'Afrique du Nord et le Proche-Orient.

L'Occident souhaite qu'au bout du compte, l'Iran accepte de cesser tout enrichissement d'uranium, processus qui peut produire des substances soit pour un usage civil, soit pour un usage militaire. Le refus de Téhéran de cesser cet enrichissement a contribué à l'adoption de quatre trains de sanctions par l'Onu depuis 2006 à l'encontre de l'Iran.

"C'est une question de fierté nationale chez les Iraniens. Je ne les vois tout bonnement pas cesser d'enrichir (de l'uranium)", estime un diplomate occidental.

"Le mieux que l'on puisse viser, c'est les autoriser à enrichir, à un degré réduit. Les Iraniens, de leur côté, devraient accepter des mesures permettant à l'AIEA de vérifier qu'il n'y a pas (en Iran) d'activités non déclarées", dit-il.

Selon Kile, les pays du groupe 5+1 devront à un moment ou un autre "trouver une formule qui autorise les Iraniens à continuer leur programme d'enrichissement(...), tout en apaisant leurs inquiétudes concernant l'usage du programme".

 Fredrik Dahl

(Reuters) -

Eric Faye pour le service français

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101207.REU6228/faut-il-transiger-avec-l-iran-pour-trouver-un-accord.html


6 Histoire

6-1 L’Iran s’émancipe

Depuis la révolution islamique de 1979 qui, rappelons-le, a détruit le principal bastion impérialiste du Moyen-Orient, le régime de Téhéran hante les nuits des dirigeants occidentaux.

Le cauchemar s’est d’abord installé à Washington, unique organisateur du coup d’Etat de 1953 qui installa la violente dictature du Shah et qui n’a jamais vraiment admis qu’une ambassade des Etats-Unis dans un pays étranger ait pu être occupée, son personnel séquestré (sans violence) et ses archives minutieusement analysées sans que, à un moment ou à un autre, la terrible vengeance d’un bombardement puis d’une agression sanglante et d’une invasion ne viennent régler son compte au régime honni pour avoir osé lever la main sur les serviteurs de l’Empire.

Pourtant, depuis 30 ans, la vengeance reste inassouvie.
Toutes les attaques indirectes, qu’elles fussent militaires ou civiles, ont échoué.
La première et la plus meurtrière fut la guerre Iran/ Irak. Déclenchée par Saddam Hussein qui se crut investi de la mission de confiance de liquider le nouveau régime iranien alors qu’il s’agissait, manœuvre machiavélique s’il en fut, d’épuiser les deux seuls membres de l’OPEP assez puissants pour contrebattre l’influence saoudienne « modératrice » (c'est-à-dire soumise aux Etats-Unis) dans l’organisation pétrolière.

Saddam Hussein, que la CIA avait aidé à assoir son régime en lui fournissant les listes des militants communistes qui avaient participé avec lui au renversement de la monarchie en 1978 et qu’il élimina avec soin, pensait, fatale erreur d’analyse, qu’il était un ami des Etats-Unis. Or l’Empire n’a pas d’amis, il n’a que des vassaux ou des laquais.
La deuxième est permanente. Il s’agit de l’embargo économique dont le contenu se durcit sans cesse au fil des résolutions du Conseil de Sécurité mais qui, s’il a compliqué la tâche du pays, n’a pas produit l’appauvrissement attendu pas plus que les émeutes populaires qui auraient dû en être la conséquence et a été souvent tourné pas des firmes occidentales avides de marchés nouveaux.
La troisième est la politique d’encerclement poursuivie depuis 2001 dans le cadre de « La guerre contre le terrorisme ». L’Iran, on s’en souvient, a été classé par G.W. BUSH dans l’AXE DU MAL et s’est retrouvé flanqué à l’Est (Afghanistan) et à l’Ouest (Irak) d’armées US en campagne accompagnées de grandes quantités de mercenaires payés par le Pentagone et assistées de contingents de divers alliés membres de l’OTAN ou alignés comme l’Australie. Mais les Etats-Unis ne peuvent pas utiliser ces deux bases extérieures pour attaquer l’Iran puisqu’ils n’y maitrisent pas la situation intérieure. Embourbés en Afghanistan, ils viennent d’être contraints d’accepter en Irak la constitution d’un gouvernement qui, vus sa constitution et ses appuis parlementaires, n’est certainement pas prêt à s’en prendre à son voisin iranien.
La quatrième est l’ingérence intérieure qui a pris diverses formes : subornation de Rafsandjani, essai de révolution de couleur au printemps 2010, soutien à la dissidence baloutche… mais qui n’a pas donné les résultats escomptés.
Ne restait plus que le prétexte de l’arme nucléaire iranienne permettant de brandir en permanence depuis 2007 la menace d’une attaque militaire d’envergure directe. Que l’exécutant soit l’armée sioniste ou l’armée US elle-même est un débat très secondaire : les bombardiers israéliens ne volent pas sans le GPS étasunien. Ceci n’a pas empêché l’Iran de poursuivre sa politique de nucléaire civil couronnée par la mise en service en août de la première centrale nucléaire de Bushehr fournie par la Russie.
L’Iran a donc bien résisté.
Mais le fait nouveau est qu’il est maintenant passé très sérieusement à la phase de la contre-attaque.
Son premier terrain d’intervention est le Proche-Orient, où son soutien officiel affirmé au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien réduit très sérieusement la liberté d’action militaire d’Israël qui, profitant de la protection impériale et de l’impunité qu’elle lui assurait, avait pris depuis 1948 l’habitude d’intervenir militairement et en toutes occasions chez ses voisins.
Ce champ est en train de s’élargir considérablement. Axe du mal ou pas, l’Iran a renforcé ses relations diplomatiques et économiques avec des pays qui sont eux-mêmes en résistance aux ingérences étasuniennes (et souvent simultanément sionistes) Parmi eux : le Venezuela, la Bolivie, le Belarus, Cuba. Il développe également des relations avec le continent africain, comme en témoigne la récente visite du Ministre des Affaires Etrangères iranien au Burkina Faso, où il a été très bien accueilli par le plus fidèle agent de la FRANCAFRIQUE : Blaise Campaoré.
Mais le plus important est la création récente d’une aire d’influence régionale. L’Iran entretenait déjà de bonnes relations avec l’Arménie, pays qu’il approvisionne en gaz et avec qui il maintient une frontière ouverte permettant à celle-ci de ne pas se trouver étranglée par ses voisins turc et géorgien.
Surtout, l’Iran vient de signer des accords de coopération très importants avec deux de ses voisins du Nord : le Turkménistan et l’Ouzbékistan, qui vont permettre à ces deux pays enclavés, soucieux l’un et l’autre de ne pas dépendre de la seule Russie pour l’acheminement de leur commerce extérieur, d’utiliser le territoire iranien pour accéder à l’Océan Indien. Pour le Turkménistan en particulier, pays très peu peuplé mais qui dispose de réserves de gaz naturel parmi les plus importantes du monde, cette ouverture vers le Sud est un moyen d’échapper aux contraintes léonines que pouvait lui imposer GAZPROM pour exporter son gaz. Le Turkménistan et l’Ouzbékistan étaient déjà complices pour laisser le passage à un gazoduc alimentant la Chine qui a été ouvert cette année. Leur désenclavement se poursuit donc. De surcroit, les trois pays partagent un souci commun de sécurité : celui de combattre la déstabilisation et les multiples influences souterraines que peut engendrer l’immense trafic d’héroïne d’origine afghane.
Il est une autre question sur laquelle Turkménistan et Iran vont pouvoir coordonner leurs positions : celle du statut de la Caspienne. Jusqu’à la disparition de l’URSS, la situation était claire : la Caspienne n’avait que deux pays riverains : l’URSS et l’Iran, et le partage de la souveraineté sur cette mer s’était fait très simplement en tirant un trait droit entre les deux frontières terrestres (trait noir sur la carte ci-dessous).
Les riverains sont aujourd’hui au nombre de 5 : Azerbaïdjan, Russie, Kazakhstan, Turkménistan et Iran. Du point de vue du droit international, la Caspienne, mer fermée, doit être découpée comme un lac entre les riverains sans eaux internationales en son milieu.
Jusque là tout le monde s’entend : pas question de créer des eaux internationales pour y voir arriver tous les grands prédateurs transnationaux avides de gaz et de pétrole, deux ressources naturelles abondantes dans tout le bassin de la Caspienne. Pour la délimitation des zones de souveraineté nationale, l’Iran est depuis 1991 en désaccord avec la Russie et revendique une zone plus étendue que dans le partage précédant (pointillés blancs sur la carte ci-dessous). Une position commune ferme de l’Iran et du Turkménistan par rapport à la Russie risque fort d’être appuyée par le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan. Il faudra attendre les commentaires sur la réunion qui s’est tenue à ce sujet à Téhéran ces derniers jours mais il est manifeste que sur ce sujet, l’Iran a repris la main et que la Russie risque de payer cher et son ralliement (au mois de juin) aux nouvelles sanctions de l’ONU proposées par les Etats-Unis et son refus (au mois d’août) de lui livrer les missiles S300 défensifs commandés.
Dernier succès iranien : un accord de coopération militaire signé en août avec le sultanat d’Oman.
Le sultanat d’Oman comporte en fait deux territoires : une vaste zone semi-désertique sur la mer d’Arabie et un territoire plus petit mais plus accueillant et plus peuplé sur le golfe d’Oman et la rive Sud du détroit d’Ormuz. A eux deux, Oman et Iran contrôlent donc les deux rives d’un des détroits les plus stratégiques et les plus surveillés du monde en raison du flux pétrolier intense qui l’emprunte. Dans ces conditions, les gesticulations porte-avionesques des Etats-Unis (2 porte-avions) et de la France (1 porte-avions) dans le Golfe Persique (tout comme l’ouverture d’une base militaire française à Abou Dhabi) peuvent être désormais considérées comme autant d’aveux d’impuissance, d’autant plus que du côté des pays arabes riverains : Koweït, Qatar, Bahreïn, l’inquiétude est grande, même s’ils ne se fâchent pas ouvertement avec l’alliance US/ISRAEL, de voir le Golfe Persique transformé en champ de bataille au nom d’intérêts qui leur sont étrangers.
Retournant les menaces contre ceux qui les ont orchestrées, l’Iran est en train d’organiser un voisinage régional confiant et coopératif appelé à devenir un nouveau pôle du monde multipolaire en gestation sous nos yeux.
88.4 Mhz région marseillaise ou sur http://www.radiogalere.org
 Source : Comaguer

25 novembre 2010

http://www.michelcollon.info:80/L-Iran-s-emancipe.html



7 Manipulation de l’opinion :

7-1 Yediot Ahranot: "Une base militaire iranienne au Venezuela avant 2011".

 « L’Iran est sur le point d’installer une base militaire pour des missiles sol-sol au Venezuela », a souligné le quotidien israélien le Yediot Ahranot, qualifiant ce projet de « cauchemar pour les Etats-Unis, parce que la base en question sera dans l’arrière-cour de Washington.
Les informations du Yediot ont été puisées du journal allemand « De Volt » qui a effectué un reportage journalistique complet sur le renforcement des relations entre Téhéran et Caracas, et entre les Présidents Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadinejad.
Selon ces sources, l’accord signé le 19 octobre dernier entre les deux pays stipule l’installation d’une base militaire iranienne. Les Iraniens renforceront leur force de dissuasion contre les Etats-Unis en déployant des armes stratégiques à 2000 km de Washington, au moment où la distance qui sépare l’Iran des Etats-Unis est de 10000 km seulement.
 “Le Venezuela s’est engagé de permettre à des officiers iraniens, des experts en missiles, et des membres des gardiens de la Révolution Islamique de diriger la base militaire, en coordination avec des officiers vénézuéliens. D’après l’accord, la base militaire sera utilisée par l’Iran pour lancer des missiles balistiques, alors que le Venezuela pourra l’utiliser pour ses besoins nationaux, comme pour dissuader la Colombie », ajoute le quotidien israélien, qui précise que la construction de la base en question sera entamée avant 2011, et que des missiles de type Shehab-3 et Scud y seront déployés. Sur un autre plan, les Etats-Unis se demandent si les liens croissants de l'Iran avec le Venezuela, le Brésil et la Bolivie, pouvaient accroître la production d'uranium en Amérique latine, selon des câbles diplomatiques américains obtenus par Wikileaks et publiés mercredi.
Washington s'est renseigné au moins depuis 2007 sur les possibilités d'une telle augmentation de production, notamment au Venezuela, un pays qui a intensifié ces dernières années ses relations avec l'Iran, selon le journal espagnol El Pais.
Les diplomates de plusieurs ambassades des Etats-Unis en Amérique latine estiment, selon ces câbles, que "les rumeurs sur l'uranium ne doivent pas être dédaignées" dans ces pays sud-américains, notamment au Venezuela.
Dans leurs câbles, les diplomates américains expliquent que les liens croissants entre le Venezuela et l'Iran sont fondés principalement sur des "raisons idéologiques", le président vénézuélien Hugo Chavez et son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad ayant des "discours anti-américains".
Cependant, les ambassadeurs expliquent que les réserves d'uranium n'ont pas encore été prouvées au Venezuela. Selon eux, le pays n'a par ailleurs pas de scientifiques avec lesquels mener un programme nucléaire.
L'ambassade des Etats-Unis à Caracas a néanmoins informé de la présence de 57 techniciens iraniens "qui ont travaillé dans des organismes liés aux mines et à la géologie".
Elle a également cité l'existence d'études géologiques menées avec l'aide de l'Iran et d'anciens rapports mentionnant la présence d'uranium dans plusieurs zones du pays.
 En Bolivie, un allié du Venezuela dans la région, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a évoqué la taille « disproportionnée" de la mission diplomatique iranienne à La Paz, possible symptôme de l'intérêt de Téhéran pour les "réserves d'uranium" boliviennes, selon un câble.



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