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23/12/2010

n°64 - Dossier d'Iran – 22-12 - Début - Iran: le scénario irakien "très probable".


n°64 - Dossier d'Iran – 22-12 - Début -  Iran: le scénario irakien "très probable".


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Dossier d'Iran

                                                                                                          n°64 – 22-12

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm 

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

Tiré à Part

Ahmadinejad demande la levée des sanctions contre l'Iran.

Nucléaire/Iran: le scénario irakien "très probable".

Henri Guirchoun et Vincent Jauvert : La guerre secrète contre le programme nucléaire iranien.

Au jour le jour

Attentats de Téhéran: Ahmadinejad accuse Israël et l'Occident

Arrestation en Iran des assassins présumés d’un scientifique nucléaire
La RII décline la proposition américaine.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Affaire Stuxnet : La cyberguerre a commencé.

Suite

2 Brèves

2-1 S-300 pour l'Iran: les USA apprécient le sacrifice de la Russie.

2-2 Corée, Afghanistan, Iran : Pressions pour un durcissement de la politique de Washington

2-3 "Dubaï n'interrompra jamais ses échanges économiques avec l'Iran",

2-4 Priorité turque: consolider ses liens avec l’Iran.  

2-5 Exportation de matériel nucléaire vers l’Iran.

3 Dossier & Point de vue

3-1 Nucléaire: l'Iran déterminé malgré attentats et attaques informatiques.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 "Israël" n'est pas un partenaire de paix, l’Iran soutient la cause arabe.
4-2 Nucléaire: reprise des négociations entre l'Iran et les Six à Genève.

4-3 Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères : « la Chine soutient une approche constructive à l’occasion de la reprise du dialogue sur le dossier nucléaire.

4-4 Nucléaire iranien: la Grèce appelle à poursuivre les négociations.

Fin

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Michel Chossudovsky : nucléaire préemptive contre l’Iran.

5-2 Fredrik Dahl : Faut-il transiger avec l'Iran pour trouver un accord ?

6 Histoire

6-1 L’Iran s’émancipe

7 Manipulation de l’opinion :

7-1 Yediot Ahranot: "Une base militaire iranienne au Venezuela avant 2011".

 



Tiré à Part.

Ahmadinejad demande la levée des sanctions contre l'Iran.

Mahmoud Ahmadinejad a déclaré ce mardi que les discussions entre l’Iran et le groupe P5+1 [qui réunit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU - Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie – plus l’Allemagne] porteraient leurs fruits en cas de levée préalable des sanctions frappant la République islamique.

«En mettant de côté toutes les mauvaises décisions ainsi que vos manières inconvenantes, en supprimant toutes ces résolutions (punitives) qui n'ont aucun impact sur le peuple iranien, en mettant de côté et en annulant toutes les restrictions que vous avez mises en place (…). Si vous entamez le dialogue après avoir agi de la sorte, les pourparlers porteront sans nul doute leurs fruits», a déclaré à l'adresse des Six le chef de l'Etat iranien dans un discours telévisé retransmis sur Press TV.

Reuters

07.12.10

http://www.20minutes.fr/ledirect/635015/monde-ahmadinejad-demande-levee-sanctions-contre-iran

 

Nucléaire/Iran: le scénario irakien "très probable".

La crise liée au programme nucléaire iranien a de grandes chances d'évoluer selon le "scénario irakien", c'est-à-dire de déboucher sur un règlement armé, a estimé jeudi Nikolaï Novikov, un expert de l'Institut russe des recherches stratégiques.
"Les efforts de Téhéran pour poursuivre son programme atomique augmentent le risque de destruction armée de ses sites nucléaires. Une réédition du scénario irakien est très probable", a indiqué le spécialiste au lendemain d'une table ronde sur le thème "Sécurité de la Russie: facteur nucléaire".
D'après M. Novikov, les autorités iraniennes sont inflexibles dans leur décision de mettre au point des sites embrassant l'ensemble du cycle du combustible nucléaire. Les experts occidentaux sont particulièrement préoccupés par le programme d'enrichissement d'uranium mené par l'Iran et par la construction du réacteur de recherche à eau lourde IR-40.
"Si Téhéran réalise ces programmes, il sera potentiellement capable de produire des quantités non négligeables de matériaux nucléaires de qualité militaire", a ajouté le spécialiste russe.
La communauté internationale réagira en détruisant les sites nucléaires iraniens, estime l'expert.
Alléguant l'existence d'armes de destruction massive en Irak, Washington et ses alliés y ont mené en mars 2003 une opération militaire de grande envergure, qui a débouché sur la chute du régime de
Saddam Hussein.

26 Novembre

 http://fr.rian.ru/


Henri Guirchoun et Vincent Jauvert : La guerre secrète contre le programme nucléaire iranien.

Attaques informatiques, sabotages, exfiltrations de transfuges... Alors que demain s'ouvrent à Genève de nouvelles négociations entre l'Iran et le groupe des P5+1, voici l'enquête qu'Henri Guirchoun et moi-même publions cette semaine dans le "Nouvel Observateur" à propos de la guerre secrète contre le programme nucléaire iranien.

C'est un ver à deux têtes - un virus informatique qui pourrait changer la face du monde. On l'appelle Stuxnet. On l'a découvert en juin dernier mais il agit depuis un an et demi. Il est programmé pour une mission diabolique : s'insinuer dans l'alimentation électrique de certains moteurs. Il en prend le contrôle, puis les rend fous. Il les fait tourner de manière erratique, de plus en plus vite, jusqu'à l'explosion. Après son forfait, il rétablit le courant normal, pour ne pas laisser de trace. Tel un tueur à gages, un 007 informatique.
Selon une étude récente, Stuxnet a une cible étonnamment précise : les moteurs qui marchent de 807 à 1 210 hertz et sont gérés par un système Siemens. Des moteurs qui ne se trouvent que dans un seul type d'engin : les centrifugeuses installées dans l'usine de Natanz, en Iran - des milliers de machines qui enrichissent de l'uranium et dont le Conseil de Sécurité exige l'arrêt, redoutant qu'elles ne fassent partie d'un programme militaire clandestin. Selon toute vraisemblance, le ver est donc un outil de sabotage destiné à désorganiser Natanz et à ralentir la République islamique dans sa (probable) course à la bombe.

Mission accomplie ? En octobre, le vice-président iranien a révélé qu'un virus s'était attaqué aux installations atomiques de son pays en infectant plus de 30 000 ordinateurs. Le 29 novembre, le président Ahmadinejad a reconnu qu'il s'agissait d'un virus et que quelques centrifugeuses avaient été mises « hors service ». Mais il a affirmé que les dégâts avaient été minimes et maîtrisés. A-t-il sous-estimé les dommages ? L'Agence internationale à l'Energie atomique écrit que, le 16 novembre, la moitié de l'usine de Natanz (des milliers de machines) était à l'arrêt, ce qui n'était jamais arrivé depuis sa mise en route en 2006. Au siège de l'AIEA, des diplomates soutiennent que Stuxnet est la cause de cette gigantesque avarie. Un spécialiste mondial de la criminalité informatique, Ralph Langer, affirme que « cette attaque a nécessité des années de préparation » et que « seul un Etat » a pu monter une telle opération. Lequel ?

Stuxnet est-il né en Israël, au nord de TelAviv, comme on le dit ? Non loin des QG du Mossad et de l'armée, dans l'un de ces buildings ultramodernes où une kyrielle de sociétés high-tech ont leur siège ? Il y a des raisons de le penser. « La plupart de ces firmes ont été fondées par des petits génies de l'informatique qui ont fait leurs classes dans l'unité du renseignement militaire chargée de la cyberguerre et des écoutes, la 8200. Comme tout le monde, ils effectuent leurs périodes de réserve et restent donc opérationnels... », explique Aharon B., lui-même ancien du renseignement.
Au-delà des hypothèses sur Stuxnet, une certitude : tous les services occidentaux mènent une guerre secrète très active contre le programme atomique iranien. Depuis la découverte du site de Natanz en 2002, c'est, pour eux, une mission prioritaire. Dans son dernier livre, le journaliste Bob Woodward révèle la liste des opérations clandestines commanditées par l'administration Bush et toujours en cours. Elles sont classées par ordre d'importance. Les actions de la CIA visant « à stopper ou à gêner» les activités nucléaires de la République islamique arrivent en deuxième position, juste derrière les opérations contre Al-Qaida. Même chose au MI6 britannique. Le 28 octobre, son patron, sir John Sawers, est sorti de sa réserve légendaire justement pour parler de l'Iran. Le maître-espion a fait sensation en déclarant publiquement qu'il était nécessaire de «mener des opérations conjointes de services de renseignement pour rendre plus difficile [à Téhéran] le développement de l'arme nucléaire ».
Au nom de cette mission historique, c'est l'union sacrée de tous les agents secrets. Même en Israël. «L'affaire iranienne a entraîné une révolution culturelle au sein de l'Aman [le renseignement militaire] et du Mossad, explique le journaliste Ronen Bergman, qui prépare un livre sur les opérations secrètes du Mossad. Leurs chefs ont décidé de coopérer pleinement avec des services étrangers, amis ou non, contrairement à la doctrine traditionnelle qui privilégie le travail en solo. » En France aussi, l'entente cordiale prévaut. «Le nucléaire iranien est l'un des rares sujets, avec le terrorisme, à propos duquel il n'y a pas de guéguerre entre la DGSE, la DRM et la DCRI, mais au contraire une coordination exemplaire, au plus haut niveau », explique l'expert François Heisbourg, qui suit ces questions sensibles.
Une solidarité inédite
Une opération est emblématique de cette collaboration sans précédent : la découverte, dans la montagne de Qom, d'une seconde usine d'enrichissement. « Cela a cristallisé la solidarité internationale contre le programme nucléaire militaire iranien », confie l'ancien patron du Mossad, Ephraïm Halevy.
Tout commence en 2003. En analysant les clichés du satellite militaire français Hélios et en les croisant avec des images radars américaines, les photos- interprètes de la DGSE («une petite unité d'une douzaine de personnes » selon Philippe Vasset, le rédacteur en chef d'« Intelligence Online ») repèrent les premiers travaux. Ils ne savent pas encore de quoi il s'agit. Ils transmettent l'information aux services alliés. Le Mossad réussit à recruter une source impliquée dans cette construction.

La taupe fournit des photos de l'intérieur du site, des tunnels. On hésite sur leur destination. Tout s'éclaire en 2007. « Un autre service [probablement le MI6] a mis la main sur la liste des commandes passées pour ces tunnels : des valves, des tuyauteries en alu, des appareils de mesure de pression... , raconte un officiel français. Il n'y avait pas de doute : les Iraniens avaient l'intention d'y installer une usine clandestine d'enrichissement. » Une bombe !
Lorsqu'il s'agit de révéler cette découverte au monde, là encore, c'est l'union sacrée. Au début de l'été 2009, juste après la réélection truquée d'Ahmadinejad, l'Elysée veut rendre public le « dossier Qom ». Mais, au même moment, une source du MI6 dans le tunnel se fait repérer par le contre-espionnage iranien et exécuter. Inquiets pour leur propre taupe sur place, les Israéliens demandent que l'on reporte cette publication. Ce n'est qu'en septembre, en marge du sommet de Pittsburg, qu'Obama, Brown et Sarkozy révèlent ensemble l'affaire, affichant une solidarité inédite de leurs services secrets. Entre-temps, la source israélienne a été exfiltrée via la Turquie - où, jusqu'à sa fermeture récente à cause du refroidissement des relations entre Jérusalem et Ankara, le Mossad disposait de son poste le plus important à l'étranger. Il fallait absolument la sauver, pour ne pas décourager les autres.
Dans cette guerre de l'ombre, rien n'est plus important que le recrutement de taupes et de transfuges. Au début, le BND - service de renseignement allemand - réussit les plus beaux coups. En 2002, il parvient à retourner un homme d'affaires iranien - nom de code « Dauphin » - dont l'entreprise participe à la construction de Natanz. L'homme fournit des détails sur le site. Il met aussi la main sur des rapports secrets concernant les recherches nucléaires militaires, qu'il recopie sur son ordinateur portable. Il espère les monnayer auprès du BND pour obtenir un jour l'asile politique. Mais en 2004, l'homme est démasqué par le contre-espionnage iranien et tué. Sa femme a le temps de s'enfuir via la Turquie en emportant l'« assurance- vie » de son mari. Grâce aux 1 000 pages de documents contenues dans l'ordinateur de «Dauphin», les services occidentaux, puis l'AIEA, apprennent que les Iraniens ont commencé à travailler sur des têtes nucléaires.
En 2005, la CIA prend la relève du BND, dont le réseau iranien est décimé. Le patron de l'Agence, Porter Gross, lance le programme Brain Drain visant à retourner des scientifiques et hauts gradés iraniens. Ils misent sur leurs contacts avec leur famille à l'étranger, à Los Angeles, Dubaï, Paris ou Toronto. Avec l'aide du Mossad, la CIA établit une liste de dizaines de « défecteurs » potentiels, à commencer par ceux qui ont séjourné en Occident. Le général Ali Reza Asgari en fait probablement partie. Il a étudié aux Etats-Unis dans les années 1970. Vice-ministre de la Défense et conseiller du président modéré Khatami, il est mis sur la touche en 2004, après la première élection d'Ahmadinejad. Il est mûr pour Brain Drain. Trois ans plus tard, il disparaît lors d'un voyage privé, toujours en Turquie, vraisemblablement après une opération d'exfiltration menée par la CIA et le Mossad. « Son débriefing a permis une avancée capitale sur le programme nucléaire », explique Aharon B..
Outils de désinformation
Le jeune chercheur Shahram Amiri fait, lui, défection lors d'un voyage en Arabie Saoudite, en juin 2009. Selon le «Daily Telegraph », il est interrogé par la CIA quelque part dans l'Arizona. Il révèle que l'université où il travaillait à Téhéran est, en fait, le QG du programme nucléaire militaire. Les services secrets américains lui auraient versé 5 millions de dollars. Mais disait-il la vérité ? Etait-il un agent double ? Quatorze mois après sa défection, il retourne à Téhéran. Le doute s'installe sur la valeur de ces transfuges tant désirés, qui peuvent devenir de puissants outils de désinformation au service du régime iranien. Cela n'arrête pas le Brain Drain. Le 9 octobre, le vice-président iranien est contraint de reconnaître que plusieurs personnes qui travaillaient dans les installations nucléaires ont été récemment recrutées par des services occidentaux. Menaçant, il ajoute que la plupart ont été exécutés pour haute trahison.
C'est une guerre à mort, des deux côtés. Le Mossad, la CIA et leurs alliés ont, semble-t-il, engagé une campagne d'assassinats ciblés de responsables du nucléaire iranien. On leur attribue plusieurs morts suspectes. Il est vraisemblable que certains groupes hostiles au régime central iranien - Kurdes, Azéris, Baloutchs - soient utilisés dans ces opérations, même s'ils sont sur la liste des organisations terroristes du Département d'Etat. En janvier 2007, un chercheur de 44 ans, Ardeshir Hassanpour, est retrouvé sans vie, après avoir inhalé trop de gaz toxique. Il travaillait à l'usine de conversion d'uranium d'Ispahan. Trois ans plus tard en janvier 2010, un professeur de physique, Masoud Ali Mohamadi, est tué à Téhéran par l'explosion d'une moto. Enfin, le 27 novembre, les voitures de deux experts nucléaires ont, selon la télévision iranienne, explosé simultanément à Téhéran. L'un d'eux serait décédé. Il était l'un des rares spécialistes de la séparation isotopique en Iran. Autant de décès bien étranges qui désorganisent le programme atomique.
Pour le retarder davantage encore, les services occidentaux ont développé d'autres d'outils, moins violents. Des résolutions de l'ONU interdisant la vente à Téhéran de certains matériaux et équipements clés, les Iraniens cherchent à s'approvisionner sur le marché noir. Pour piéger les trafiquants, les douanes américaines ont créé de fausses sociétés grâce auxquelles elles ont monté des opérations d'une sophistication rare. En 2007, l'un de ces James Bond des douanes, se faisant passer pour un homme d'affaires balte, donne rendez- vous à un intermédiaire iranien à Tbilissi, en Géorgie. La police locale cueille l'homme puis l'extrade aux Etats-Unis. De même, le service spécial des customs a permis à la police canadienne de mettre la main, en mars 2009, sur Mahmoud Yadegari. Depuis Toronto, ce jeune Irano-Canadien tentait d'acheminer à Téhéran, via la Malaisie, des transducers, des instruments de mesure indispensables dans une cascade de centrifugeuses. En janvier 2010, c'est un certain Kevin Chen qui est arrêté à Guam pour avoir vendu, via Hongkong et Taïwan, des détonateurs (et des pièces de missiles) à la République islamique.
Le programme nucléaire en difficulté
Il y a plus subtil encore : saboter le matériel acheté par l'Iran. Les opérations sont encore plus complexes. Les Suisses Tinner, le père et ses deux fils, travaillaient pour le réseau pakistanais d' Abdul Khan, qui vendait clandestinement des matériels nucléaires. Urs, le plus jeune des Tinner, a admis avoir été retourné en 2003 par les Américains. Dans une opération conjointe de la CIA, du MI6 et du Mossad, il a fourni à l'Iran des pompes à vide - des équipements nécessaires aux centrifugeuses - qui avaient été préalablement détraquées. «Avant d'être envoyées à Téhéran, ces machines ont fait un petit détour, raconte David Albright qui, à Washington, dirige une ONG spécialisée dans l'étude de la prolifération nucléaire. Elles sont passées en catimini par Oak Ridge et Los Alamos, dans des labos atomiques américains où elles ont été sabotées. » Selon Albright, c'est sans doute un intermédiaire du Lichtenstein qui les a finalement « refourguées » aux Iraniens...
Récemment, la guerre secrète a investi le champ diplomatique. L'administration américaine a décidé de convaincre les pays qui continuent de fournir l'Iran en matériels sensibles de s'abstenir. Depuis l'été et les dernières résolutions de l'ONU, un émissaire du Département d'Etat, Robert Einhorn, fait le tour des capitales en question avec, sous le bras, des lourds dossiers préparés par les services secrets. En octobre, il était à Pékin. Aux autorités chinoises, il a présenté une liste d'entreprises qui vendent à l ' Iran des fibres de carbone, des jauges à pression ou des tubes en alliage très solide, autant de matériels interdits, indispensables aux usines d'enrichissement. Message implicite : si vous continuer de laisser faire, on le fera savoir à la presse internationale, ce qui sera très mauvais pour votre image de pays responsable.
Au total, la guerre secrète sous toutes ses formes a eu l'effet recherché : le programme nucléaire iranien connaît des difficultés importantes. « Leur usine d'enrichissement s'arrête, leurs cadres se font assassiner ou fuient à l'étranger et ils n'ont plus de quoi construire les milliers de centrifugeuses qu'ils avaient planifiées. Bref, il semble que nous soyons en train de réussir», déclare Patrick Clawson, du Washington Institute for Near East Policy. François Heisbourg partage son optimisme : «Avant, le temps jouait contre nous ; maintenant, il joue contre l'Iran. »
Est-ce à dire que l'Iran est sur le point de renoncer à ce programme ? «Je ne le crois pas du tout, dit Olli Heinonen, l'ancien chef des inspecteurs de l'ONU, qui a rejoint l'université de Harvard cet été. La preuve : les Iraniens cherchent à construire d'autres usines d'enrichissement dans des endroits secrets. Pour brouiller les pistes et rendre la tâche plus difficile aux services occidentaux, ils creusent des tunnels en de nombreux lieux. » Il ajoute que l'AIEA dispose d'informations très précises et non encore publiées sur de possibles travaux de militarisation de l'atome en cours à Téhéran, y compris des photos. Un officiel français, au fait du sujet, confirme ces informations. Il dit aussi que la Corée du Nord pourrait fournir à l'Iran le matériel dont il a besoin et qu'il n'arrive plus à se procurer.
Cependant, dans l'administration Obama, certains pensent que, pour l'instant, les activités nucléaires iraniennes sont sous contrôle. « Ils nous disent que, grâce à leurs réseaux d'espionnage technique et humain, ils savent tout ce qui se passe dans les installations atomiques iraniennes et que, si Téhéran commençait à construire une bombe, ils seraient prévenus sous quatre jours », raconte un homme qui est souvent briefé par la Maison-Blanche. Si bien que l'administration Obama estime avoir plus de temps que prévu pour la diplomatie. Combien ? Les pessimistes disent un an, les autres peut-être deux. Et si cela ne marche pas ? Les uns pensent qu'on devrait accepter l'idée d'un Iran nucléaire et tout mettre en place pour le contenir. D'autres qu'il suffira d'intensifier la guerre secrète.
En Israël, on voit les choses autrement. «A la fin des années 1970, le Mossad a lancé une série impressionnante d'opérations clandestines visant à retarder le programme nucléaire irakien, rappelle le journaliste Ronen Bergman. En 1979, dans les chantiers de La Seyne-sur-Mer, il a détruit la cuve d'un réacteur atomique avant sa livraison à Bagdad. Pourtant, trois ans après, Israël est parvenu à la conclusion qu'il n'y avait plus d'autre choix que de bombarder la centrale d'Osirak » Sans le feu vert de Washington.

Henri Guirchoun et Vincent Jauvert

dimanche, 05 décembre 2010

http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/12/05/la-guerre-secrete-contre-l-iran.html#more



Au jour le jour

Attentats de Téhéran: Ahmadinejad accuse Israël et l'Occident.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a accusé les services secrets israéliens et occidentaux d'être impliqués dans les attentats de Téhéran qui ont coûté la vie, lundi, à Majid Shahriari, physicien nucléaire et professeur à l'Université Shahid Beheshti, rapporte l'agence ISNA.
"Nul doute que les récentes attaques terroristes en Iran ont été organisées par le régime sioniste et les pays d'Occident", a déclaré le président de la République islamique devant les journalistes.
M.Ahmadinejad a toutefois souligné que la mort du physicien n'arrêterait pas la réalisation du programme nucléaire iranien.
Selon l'agence ISNA, le professeur Majid Shahriari a été tué lundi par une bombe lancée dans sa voiture par des motocyclistes. Son collègue, Fereidoun Davani-Abbasi, a été blessé lors d'une attaque similaire. Les épouses des scientifiques ont aussi été blessées. La police iranienne impute ces explosions à des terroristes.
Le programme nucléaire iranien est au cœur de vives tensions entre l'Iran et les pays occidentaux qui accusent Téhéran de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Au cours des dernières années, plusieurs scientifiques iraniens ont été victimes d'attentats ou de disparitions inexpliquées.

http://fr.rian.ru/world/20101129/187994047.html


Arrestation en Iran des assassins présumés d’un scientifique nucléaire.
Les autorités iraniennes ont arrêté un certain nombre de personnes accusées d'être responsables du meurtre d'un scientifique nucléaire et d'être liées à des services d'espionnage étrangers, a annoncé le ministre iranien des Renseignements Heydar Moslehi. Le scientifique Majid Shahriyari a péri dans un attentat à la bombe contre son véhicule lundi à Téhéran, et un autre scientifique nucléaire a été blessé dans un attentat du même genre, également dans la capitale, le même jour.

03/12/2010
http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/680683/Arrestation_en_Iran_des_assassins_presumes_d'un_scientifique_nucleaire.html


La RII décline la proposition américaine.

Le représentant iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltaniyeh, a rejeté, vendredi, une proposition des États-Unis et de certains pays occidentaux prévoyant la création d’une banque de combustible nucléaire.

« La création d’une telle banque n’est pas décidée par la majorité des pays membres. Partant de là, cette instance, si elle voit le jour, servira les intérêts des Etats qui sont adeptes de l’exclusivisme et de l’apartheid nucléaire. », a affirmé Soltaniyeh, vendredi soir, au cours de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’Agence. « Cet exclusivisme va à rebours des droits reconnus, par le TNP, pour tous ses signataires, d’où notre refus d’accepter cette proposition, qui risque de monopoliser, davantage, la technologie liée au cycle du combustible et d’institutionnaliser ce monopole. », a-t-il ajouté.

L'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) a adopté, vendredi, à Vienne, en faveur de la proposition américaine, mais le vote a été loin de faire l’unanimité. 28 pays se sont prononcés pour, six pays en développement (Venezuela, Tunisie, Afrique du Sud, Equateur, Brésil et Argentine) se sont abstenus et le Pakistan n'a pas participé au vote.

 04/12/2010

 http://french.irib.ir  



1     Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 James Blitz, Joseph Menn et Daniel Dombey (FT) : Affaire Stuxnet : La cyberguerre a commencé.

19/11/2010

Israël a-t-il, il y a quelques mois, lancé un « ver » informatique à l’assaut du programme nucléaire iranien?

Peut-être. Quelle est l’ampleur des dégâts?

Personne n’en sait rien. Est-ce l’apparition d’un nouveau type de conflit? Sans doute, hélas!

Assis dans son bureau, à Hambourg, Ralph Langner, un spécialiste allemand de la cybersécurité, se souvient du jour où il s’est retrouvé nez à nez avec le ver informatique* Stuxnet. « Les bras m’en sont tombés, raconte-t-il. Étant dans le métier depuis vingt ans, j’avais prévenu mes clients que ce genre de tuile risquait d’arriver. Mais jamais je n’aurais pensé que ça prendrait une forme aussi sophistiquée et agressive! »

Le logiciel malveillant Stuxnet est apparu il y a cinq mois. Depuis, il n’inquiète pas seulement les experts en nouvelles technologies, mais aussi les militaires et les gouvernements. À commencer par le régime iranien, dont le programme nucléaire pourrait avoir été sérieusement touché.

Il y a des années que les États ont pris conscience de la cybermenace. Le Pentagone admet que des hackers attaquent périodiquement ses systèmes de sécurité et tentent de s’emparer de ses secrets militaires. Et l’on a déjà vu un acteur (la Russie, sans doute) mener deux cyberattaques de grande ampleur, l’une contre l’Estonie en 2007, l’autre contre la Géorgie en 2008, qui ont désorganisé brièvement les réseaux de communication de ces deux pays.

L’apparition de Stuxnet a fait naître de nouvelles craintes. Car, pour la première fois, un groupe à ce jour inconnu est parvenu à fabriquer un ver capable de se propager tout seul et de pénétrer des systèmes industriels (d’une usine, d’une raffinerie ou d’une centrale nucléaire) afin d’en prendre le contrôle. « Il est programmé pour tout faire exploser, comme un cybermissile », explique Langner, qui a été l’un des premiers à attirer l’attention sur ses capacités destructrices.

Stuxnet a été découvert en Biélorussie, dans une entreprise de sécurité. En août, Microsoft a révélé qu’il avait infecté plus de quarante-cinq mille de ses ordinateurs. Les spécialistes ont alors établi qu’il visait spécifiquement des systèmes informatiques conçus par la firme allemande Siemens et utilisés pour faire fonctionner des pipelines ou des centrales électriques et nucléaires dans le monde.

Référence biblique

À la fin de septembre, la cible et les motifs de l’attaque se sont précisés. L’américain Symantec, qui aide les particuliers et les entreprises à sécuriser leurs systèmes d’information, a révélé que 60 % des ordinateurs infectés par le virus se trouvaient en Iran. Les autorités de ce pays ont reconnu que le ver avait infecté les systèmes Siemens de son réacteur nucléaire civil de Bouchehr, qu’elles espèrent être bientôt opérationnel.

Après cet aveu, les rumeurs sur l’origine de Stuxnet se sont intensifiées. Sa complexité et le fait qu’il soit configuré pour attaquer uniquement un certain type d’installations industrielles ont conduit les experts à penser que seul un État pouvait en être le concepteur. Certains montrent du doigt Israël, qui a beaucoup investi dans Unit 8-200, son centre secret contre la guerre informatique, et qui, convaincu que l’Iran s’efforce de se doter de l’arme atomique, considère ce pays comme une menace mortelle. La découverte dans le code du ver du mot « Myrtus » (une référence biblique à la reine Esther, l’une des grandes figures de l’histoire juive) conforterait cette hypothèse.

Mais deux autres pays, les États-Unis et le Royaume-Uni, s’inquiètent eux aussi des intentions iraniennes et sont dotés d’organismes qui pourraient être à l’origine de Stuxnet: le Pentagone, à Washington; l’Agence de sécurité nationale (NSA), dans le Maryland; et le Government Communications Headquarters (GCHQ), à Cheltenham, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Les agences de renseignements ont tenté d’évaluer les ravages causés par ce ver. Fin septembre, l’Iran a affirmé qu’aucun des centres vitaux de Bouchehr n’avait été endommagé, mais l’information est invérifiable. D’autant qu’au même moment Hamid Alipour, directeur adjoint de la société d’État iranienne des technologies informatiques, affirmait que « l’attaque continuait » et que « de nouvelles versions du ver se propageaient ».

Pourquoi Israël ou un autre pays s’en seraient-ils pris à Bouchehr? « Quiconque attaque un réacteur nucléaire est un irresponsable, car il risque de causer d’irréparables dommages à l’environnement, estime Mark Fitzpatrick, de l’Institut international d’études stratégiques, à Londres. D’autant que Bouchehr ne constitue pas une menace pour les Occidentaux. » À l’en croire, il serait plus intéressant de savoir si Stuxnet a contaminé la centrale à uranium enrichi de Natanz…

Dans de sales draps

Quoi qu’il en soit, l’affaire Stuxnet soulève bien d’autres problèmes. Son apparition laisse augurer une ère de guerre informatique durant laquelle un certain nombre d’États – et même des organisations terroristes – pourraient être amenés à faire usage de cette arme de destruction massive. « On n’est plus dans un scénario de film catastrophe, mais dans une tentative bien réelle de sabotage de systèmes de contrôle industriels », souligne Éric Chien, qui a étudié les ravages du ver chez Symantec.

Voici, selon Langner, comment Stuxnet se développe. D’abord, ses concepteurs doivent accéder au réseau des installations visées. Une infrastructure sensible n’est presque jamais connectée à internet, ce qui rend les attaques en ligne impossibles. Dans le cas de Bouchehr, le ver a sans doute été inoculé par des clés USB infectées qu’une agence de renseignements étrangère aurait installées en secret lors de la construction du réacteur par des ingénieurs russes. Le ver peut alors prendre le contrôle de l’ordinateur et exploiter les ressources de celui-ci pour assurer sa reproduction. « Et là, poursuit Langner, vous êtes dans de sales draps. Stuxnet peut s’infiltrer dans les systèmes de contrôle de l’usine. » Impossible, dès lors, de l’arrêter. « Même si les ingénieurs découvrent son existence et déconnectent leurs ordinateurs portables, le ver est programmé pour poursuivre son attaque. »

Comment les gouvernements occidentaux entendent-ils se protéger contre pareille menace? À Washington, on redoute depuis longtemps que des hackers réussissent à voler des secrets industriels ou gouvernementaux. On craint aussi le développement d’une « petite » cybercriminalité, comme le vol de données bancaires. Mais Stuxnet a ravivé la crainte d’une guerre informatique de grande ampleur au cours de laquelle des infrastructures vitales seraient détruites.

Patron du nouveau centre chargé de défendre le Pentagone contre ce type d’attaques, le général Keith Alexander le reconnaît volontiers: un nouveau Stuxnet pourrait provoquer une « catastrophe majeure ». Les dirigeants américains affirment aussi vouloir protéger le secteur privé, mais beaucoup doutent qu’ils tiennent leur promesse. « Logiquement, c’est notre boulot de protéger les infrastructures privées du pays, commente Richard Clarke, un ancien responsable de la lutte antiterroriste. Hélas, le gouvernement n’a pas de politique en ce domaine… » Plusieurs officiers supérieurs mettent notamment en garde contre la très grande vulnérabilité des centrales hydroélectriques occidentales.

Les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie) pourraient décider conjointement de fixer des règles du jeu, comme elles le font pour lutter contre la prolifération nucléaire. « Nous savons que nous pouvons nous causer mutuellement de graves dommages, et personne n’y a intérêt », résume un ancien conseiller de Barack Obama. Il n’empêche: toutes les tentatives de la Maison Blanche pour parvenir à un accord ont échoué. Et les soupçons qui pèsent sur Israël, allié des États-Unis, à propos de Stuxnet ne vont pas arranger les choses.

Autre difficulté: « Comment riposter à ces cyberattaques alors qu’il est quasi impossible d’en déterminer la provenance? » s’interroge William Lynn, le secrétaire adjoint américain à la Défense.

Toutes ces questions vont assurément dominer les débats sur la sécurité mondiale au cours de la prochaine décennie. Mais dans l’immédiat, il s’agit avant tout d’évaluer l’ampleur des dégâts que Stuxnet a infligés aux Iraniens. S’ils sont importants et ont frappé leur programme nucléaire, Américains, Israéliens et Européens se frotteront les mains. Il n’y aurait pourtant pas de quoi se réjouir. Car cela signifierait que la guerre de l’informatique vient de commencer. 

* Logiciel malveillant qui, contrairement à un virus informatique, n’a pas besoin d’un programme hôte pour se reproduire et s’infiltrer dans les systèmes de contrôle des installations industrielles. Son objectif est d’espionner l’ordinateur dans lequel il se trouve, de détruire ses données et/ou d’envoyer de multiples requêtes vers un serveur internet dans le but de le saturer.

Olivier MONTULET

« Si un homme pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-en la teneur, de crainte de faire du tort à des innocents, par ignorance, et d’en éprouver ensuite des remords »

 Les Appartements, 49.6., Coran

« Quelque critiques que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien; c’est dans les occasions où tout est à craindre, qu’il ne faut rien craindre; c’est lorsqu’on est environné de tous les dangers, qu’il n’en faut redouter aucun; c’est lorsqu’on est sans aucune ressource, qu’il faut compter sur toutes; c’est lorsqu’on est surpris, qu’il faut surprendre l’ennemi lui-même »

Sun-Tse, L’Art de la Guerre

« La liberté commence où l’ignorance finit »

Victor Hugo

James Blitz, Joseph Menn et Daniel Dombey (FT)

19/11/2010


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