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26/12/2010

n° 62 - Journal de PAKISTAN. - 19-11 au 25-12 : - Fin- Cinq millions de dollars cash pour les tortionnaires de la CIA.


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n° 62 - Journal de PAKISTAN.  -   19-11 au 25-12 : - Fin- Cinq millions de dollars cash pour les tortionnaires de la CIA.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.

                                                                    n° 62- 19-11 au 25-12

     C.De Broeder & M.Lemaire                                                                                    

 



a)     Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

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b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

6-1 Karachigate

6-1-5 Karachigate: un témoin accuse Balladur et Léotard.

6-1-6 Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme… l’Elysée a commandé une mission secrète en 2008 et 2009.



 


6-1-5 Karachigate: un témoin accuse Balladur et Léotard.

La confidence, livrée il y a un an dans le huis clos d’une petite salle de l’Assemblée nationale, pourrait faire grand bruit. Un ancien haut dignitaire de l’armement français, Jean-Louis Porchier, a révélé à des députés de la commission de la défense nationale qu’une partie des commissions du contrat des sous-marins pakistanais au cœur de l’affaire de Karachi était destinée, d’une part, au financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, en 1995, et, d’autre part, au Parti républicain, le mouvement politique du ministre de la défense de l’époque, François Léotard.

Ce dernier fut un soutien de poids du candidat Balladur.

Les propos rapportés par les députés confirment, presque mot pour mot, ceux que M. Porchier nous avait tenus dans le cadre du livre Le contrat: Karachi, l’affaire que Sarkozy veut oublier (éd. Stock), publié au mois de mai. Reste qu’ils sont désormais consignés dans un dossier judiciaire, les comptes rendus des auditions menées par la mission d’information ayant été transmis au juge antiterroriste Marc Trévidic, chargé de l’affaire de l’attentat de Karachi, par le député communiste Jean-Jacques Candelier, début décembre.

Ancien contrôleur général des armées, Jean-Louis Porchier a été chargé, en 1997 et 1999, de deux enquêtes sur le contrat Agosta – la vente, signée en septembre 1994, de trois sous-marins au Pakistan par le gouvernement Balladur –, qui s’est avéré une gabegie industrielle et financière pour l’Etat français, selon les conclusions du militaire.

Invité par les députés à s’exprimer sur les commissions versées en marge du contrat Agosta, appelées “frais commerciaux exceptionnels” (FCE) dans le jargon de l’armement, M. Porchier a d’abord jugé leur volume «totalement excessif et injustifié». Au total, les commissions ont représenté 84,7 millions d’euros, soit 10,25 % du montant du contrat (826 millions d’euros).

De fait, l’enquête des juges Marc Trévidic et Renaud Van Ruymbeke – en charge quant à lui de l’aspect financier – sur l’affaire de Karachi a d’ores et déjà permis d’établir qu’un réseau d’intermédiaires, dirigé par deux hommes d’affaires d’origine libanaise, Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir, avait été «imposé» in extremis par le gouvernement Balladur dans le contrat Agosta à l’été 1994, alors que les négociations étaient déjà closes.

Selon plusieurs témoignages et documents à la disposition des juges, une partie des 33 millions d’euros de commissions promises au réseau Takieddine/El-Assir aurait servi, en retour, au financement illicite de la campagne présidentielle de M. Balladur, en 1995. C’est ce que l’on appelle une rétrocommission, proscrite par le code pénal.

«Ce contrat est vraiment une ânerie, une ineptie»

Face aux députés, M. Porchier a livré sur le sujet une anecdote explosive.

La voici: «J’ai rencontré, au moment de l’enquête, le directeur du contrôle de l’export du SGDN (Secrétariat général de la défense nationale, NDLR), M. Ferrier, qui m’a dit : “Ce contrat ne sert à rien. Il n’est pas significatif pour lutter contre la réduction du plan de charge de la DCN Cherbourg (qui a construit les sous-marins, NDLR). Cela ne sert à rien aux Pakistanais car ce n’est pas avec trois sous-marins qu’ils vont rétablir l’équilibre avec l’Inde. Ce contrat permet le recyclage d’argent pas très net du côté du Pakistan et, du côté français, il permet de verser des rétrocommissions. Il y a 10% de rétrocommissions sur l’ensemble des FCE. Sur ces 10%, il y en avait une partie pour la campagne électorale de M. Balladur et une autre pour M. Léotard”.»

Jean-Louis Porchier a affirmé aux parlementaires apporter du «crédit» aux propos de son interlocuteur du SGDN, qu’il a, par ailleurs, dit être réputé dans son milieu pour son «franc-parler». Quand nous avions rencontré M. Porchier quelques semaines plus tard, il nous avait présenté Michel Ferrier comme «l’un des personnages les mieux informés en France sur les dessous des marchés d’armement».

L’ancien contrôleur général des armées avait poussé la précision, lors de notre rendez-vous, jusqu’à indiquer que sur les 8,5 millions d’euros de rétrocommissions destinées aux politiques, la moitié avait été dévolue à la destinée présidentielle de M. Balladur. «J’étais scandalisé. Et manifestement, mon interlocuteur aussi. Je me souviens qu’il était formel, il était très précis donc visiblement bien informé», nous avait confié le militaire.

Quelques extraits des propos de M. Porchier, tirés de notre livre Le Contrat:

«Voici en substance ce que (M. Ferrier) m’a dit : “Ce contrat est vraiment une ânerie, une ineptie, et ce de tous les points de vue. Il ne sert à rien aux Pakistanais, qui ne pourront pas s’opposer à l’Inde avec trois pauvres sous-marins. Pour Cherbourg pareil, c’est peanuts. Par ailleurs, cela coûte beaucoup d’argent à l’Etat français, puisque le contrat est largement déficitaire. En fait, cela a servi, côté pakistanais, à blanchir l’argent sale, l’argent de la drogue. Et, côté français, à financer les politiques.”»

«Je lui ai demandé ce qu’il voulait dire par là, et il m’a répondu : “C’est simple, 10 % des commissions versées aux intermédiaires étaient destinés aux rétrocommissions en France, soit à peu près 50 millions de francs. La moitié de cette somme a servi à financer la campagne d’Edouard Balladur, l’autre moitié à renflouer les caisses du Parti républicain”.»

Interrogé à son tour, fin 2009, par la mission d’information parlementaire, Michel Ferrier, la source de Jean-Louis Porchier, s’est montré manifestement embarrassé par le poids de la confidence qui lui a été attribuée. «Si vous mettiez ces propos au conditionnel, je pourrais les accepter. Il est possible que je les ai tenus, mais sur un ton badin…», a-t-il d’abord déclaré aux députés. Comme si l’argent noir des ventes d’armes françaises pouvait être, au SGDN, un motif entendu de «badinerie».

Devant un tel louvoiement, le président de la mission parlementaire, le député Yves Fromion (UMP), l’a relancé: «Pourquoi avez-vous alors fait une pareille affirmation ?»

Réponse de l’intéressé: «Cela était vraisemblable.» Puis: «Je le répète, M. Porchier a mis à l’indicatif des propos que j’ai sans doute tenus au conditionnel», a-t-il ajouté, tout en prétendant que, finalement, dans son souvenir, il n’y avait pas eu de financement de campagne présidentielle avec les rétrocommissions du contrat Agosta. L’ancien responsable du SGDN a slalomé, esquivé, nuancé. L’affaire est sensible, il est vrai.

Les démentis de l’ancien chef de la DGSE

A preuve, un autre témoignage, beaucoup plus récent celui-là puisque recueilli le 7 décembre par le juge Van Ruymbeke. Il émane de Jacques Dewatre, patron de la Direction générale des services extérieurs (DGSE) entre 1993 et 2000. Lors de son audition en qualité de témoin, que Mediapart révèle aujourd’hui, l’ancien responsable des services secrets a livré au magistrat une version pour le moins troublante.

A l’en croire en effet, la DGSE ne serait à aucun moment intervenue pour enquêter sur d’éventuelles rétrocommissions versées en marge du contrat Agosta, contrairement à ce qu’affirment des témoins de premier plan.

«Je ne vois pas comment la DGSE aurait pu enquêter sur des commissions liées à des marchés d’armement pour lesquels elle n’a aucune compétence», a résumé M. Dewatre au cours de son interrogatoire, dont nous publions la retranscription intégrale. «De 1993 à 2000, je n’ai jamais eu connaissance d’une enquête demandée à la DGSE sur les commissions ou rétrocommissions des marchés d’armement», a-t-il martelé.

Soit très exactement le contraire de ce que Charles Millon, ministre de la défense entre 1995 et 1997 – et à ce titre ayant tutelle sur la DGSE –, a déclaré dans notre ouvrage Le Contrat, puis plus récemment devant le juge Van Ruymbeke.

Pour mémoire, voici l’extrait de la déposition de M. Millon, recueillie le 15 novembre:

LE JUGE: Les services secrets ont-ils été chargés par le ministère de la défense de tracer les mouvements de fonds issus des rétrocommissions comme vous l’avez indiqué en citant des pays aux auteurs du livre Le Contrat (page 225) ?

CHARLES MILLON: Je leur ai dit exactement que la DGSE avait recherché s’il y avait des dépôts de sommes qui relevaient de contrats de commissions liés à l’armement et il est apparu qu’il y avait des mouvements dans les pays cités par les auteurs mais jamais la DGSE n’est parvenue à avoir une preuve tangible de ces dépôts et mouvements. C’est Dewatre qui supervisait ces opérations.

M. Dewatre s’est inscrit en faux devant le magistrat: «Je pense que M. Millon a fait une confusion sur le service concerné. Je n’ai jamais supervisé ce genre d’opérations concernant les marchés d’armement, soit pour rechercher des traces de commissions, soit pour rechercher des traces de rétrocommissions. Il s’agit d’une affaire franco-française et la DGSE ne travaille que sur l’étranger», a-t-il assuré.

Même démenti s’agissant d’éventuelles écoutes téléphoniques, pourtant évoquées (notamment) par Charles Millon, il est vrai moins formel s’agissant du service demandeur.

«Je ne me souviens pas qui a procédé aux écoutes. Je sais que cela a été fait dans le cadre de la réglementation (…) Le souvenir que j’en ai est que ce sont les collaborateurs (de François Léotard, son prédécesseur au ministère de la défense, NDLR) qui auraient reçu des menaces de mort», a déclaré l’ancien ministre au juge, le 16 novembre.

«Je les ai sollicitées auprès du premier ministre, M. Juppé, en la personne de son directeur de cabinet, M. Gourdault-Montagne, aujourd’hui ambassadeur. C’est mon directeur de cabinet Jean-Louis Chaussande qui l’a contacté. François Lépine, Patrick Molle et Pierre-Louis Dillais avaient reçu des menaces de mort et c’est la raison pour laquelle les écoutes ont été ordonnées. Il s’agissait d’une procédure officielle, les écoutes étant réalisées, je crois, au centre des Invalides», avait encore précisé M. Millon.

«Je n’ai pas le souvenir d’avoir sollicité, ni lu, le verbatim d’écoutes sur des dangers de mort concernant des membres du cabinet du ministre de la défense», a pourtant assuré M. Dewatre.

Des écoutes ! Quelles écoutes ?

L’ancien maître espion a suggéré une autre piste: «D’autres services au ministère de la défense disposent probablement de contingents d’écoute: la DPSD, la gendarmerie notamment. La DPSD, ex-sécurité militaire, est une direction qui dépend du ministre de la défense et qui est chargée de la sécurité du personnel militaire

M. Dewatre a enfin contesté que M. Millon, comme il l’a affirmé, ait pu être destinataire de rapports oraux émanant d’«agents de la DGSE». «Je suis étonné des propos de M. Millon car le directeur général de la DGSE est le correspondant habituel du ministre de la défense ou de son directeur de cabinet, lesquels n’ont, de mémoire, pas évoqué les problèmes de marchés d’armement avec moi. Je ne peux pas dire s’ils avaient des contacts avec d’autres membres de la DGSE

Les déclarations de l’ancien patron des services secrets sont d’autant plus surprenantes qu’elles ne contredisent pas seulement celles de Charles Millon. D’anciens membres de la DGSE nous ont confirmé que ce service avait bien procédé à l’époque à des écoutes téléphoniques. D’ailleurs, leur existence avait été révélée dès le mois de juillet 1996, à la Une du Monde.

Vu l’embarras que cet article retentissant avait alors suscité au sommet de l’Etat, on peut supposer que le pouvoir n’aurait pas manqué de contester cette information si elle avait été ne serait-ce que partiellement inexacte. Or, aucun démenti n’avait été opposé.

Ce n’est pas tout, Dominique de Villepin lui-même, dans Le Contrat, puis devant le juge Van Ruymbeke, a livré une version similaire. Face au magistrat, le 25 novembre, l’ancien secrétaire général de l’Elysée (1995-2002) a ainsi évoqué une mission de vérification menée, sur certains contrats d’armement sensibles, «avec le concours de la DGSE». «Le suivi des commissions, tel qu’il avait été opéré par la DGSE, faisait ressortir de forts soupçons de rétrocommissions», avait même précisé M. de Villepin.

Ce dernier avait aussi évoqué l’existence de ces fameuses écoutes téléphoniques, dont l’origine semblait bien provenir de la DGSE: «Dans les conclusions qui ont été présentées par le ministre de la défense aux différentes étapes, puisque j’ai eu également dans cette période des contacts avec le directeur de cabinet du ministre de la défense ainsi que de façon régulière avec le directeur général de la sécurité extérieure, il a été fait référence à des extraits d’écoutes. Dans ces extraits, ces intermédiaires évoquaient leurs relations avec des personnalités publiques françaises», avait ainsi affirmé M. de Villepin.

Etonnant, le témoignage de M. Dewatre apporte plus de questions que de réponses. Il pourrait surtout suggérer, en creux, une autre piste: celle d’une enquête «officieuse» qui aurait été menée, au sein de la DGSE, par une petite équipe jugée sûre par les chiraquiens, et ce à l’insu même du patron des services secrets. Dans Le Contrat, l’actuel patron du contre-espionnage, Bernard Squarcini, nous confiait ceci: «A l’époque, la DGSE était très pro-chiraquienne et agissait comme une sorte de brigade du chef.»

http://www.gaullisme.fr/?p=11209

 


6-1-6 Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme… l’Elysée a commandé une mission secrète en 2008 et 2009.
La présidence de la République va avoir de plus en plus de mal à maintenir que l’affaire Karachi
«ne concerne en rien» Nicolas Sarkozy. L’ex-n°2 des services secrets français a affirmé la semaine dernière au juge Renaud Van Ruymbeke avoir été mandaté en juin 2008 par l’Elysée pour négocier avec l’ancien dirigeant d’une société écran de la Direction des constructions navales (DCN), qui menaçait de faire des révélations sur les dessous politico-financiers de grands contrats d’armement s’il ne lui était pas versé une indemnité de 8 millions d’euros.

Parmi les dossiers concernés se trouvait, en premier lieu, celui des sous-marins Agosta vendus en 1994 par la France au Pakistan au cœur de l’affaire Karachi, a confié Alain Juillet, ancien directeur du renseignement de la Direction générale des services extérieurs (DGSE), au juge Van Ruymbeke, le 17 décembre dernier.

Ancien agent du service « Action » de la DGSE dans les années 1960, dont la carrière a ensuite oscillé entre la vie des affaires – il a travaillé chez Ricard, Mamie Nova ou Marck & Spencer – et les services secrets, M. Juillet, 68 ans, a expliqué en détail au magistrat dans quelles circonstances il en était venu à travailler pour le compte de l’Elysée sur cette affaire, selon le compte-rendu de son audition dont Mediapart a pu prendre connaissance en intégralité.

«Début juin 2008, Bernard Delpit, adjoint de François Pérol à l’Elysée (M. Pérol était alors secrétaire général adjoint de la présidence, NDLR) me téléphone et me dit: « On a un problème. Quelqu’un nous a écrit en nous demandant des indemnités très importantes. Est-ce que vous pouvez voir ce qu’il y a derrière tout cela ? »», a expliqué Alain Juillet, qui était, à l’époque, haut responsable à l’intelligence économique (HRIE) à Matignon, auprès du premier ministre. C’est-à-dire un spécialiste des affaires réservées. 

Ce «quelqu’un» aux prétentions exorbitantes dont parle l’Elysée n’est pas n’importe qui. Il s’appelle Jean-Marie Boivin, l’homme clé des commissions occultes de la DCN. Au Luxembourg, M. Boivin a été entre 1994 et 2004 le principal dirigeant d’une «shadow company» de l’entreprise d’armement française, baptisée Heine.

8 millions d’euros pour «services rendus»

D’après une note retrouvée par hasard en 2007, à Paris, au siège de la DCN, par des policiers français, puis en 2009, au Luxembourg, par des policiers luxembourgeois, la création de Heine fin 1994 aurait été directement validée par Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget du gouvernement d’Edouard Balladur (voir ci-dessous). 

C’est par Heine, pion central d’un vaste système offshore qui passait aussi par l’Irlande ou l’Ile de Man, qu’ont transité 33 millions d’euros de commissions suspectes dans le cadre du contrat Agosta, sommes promises à des intermédiaires «imposés» à la dernière minute par le gouvernement Balladur dans les négociations, alors que celles-ci étaient déjà closes, à l’été 1994.

Parmi les intermédiaires en question figure notamment l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, un proche des balladuriens d’hier et des sarkozystes d’aujourd’hui.

Or, une partie des commissions injustifiées du contrat Agosta aurait, en retour – ce que l’on appelle une rétrocommission -, servi au financement illégal de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, en 1995, dont Nicolas Sarkozy fut l’un des principaux animateurs.

En 2004, la DCN a décidé de couper les liens avec Jean-Marie Boivin et Heine moyennant une indemnité de 610.200 euros. Une somme jugée insuffisante par Jean-Marie Boivin.

A partir de là, M. Boivin et ses associés luxembourgeois n’ont cessé d’écrire aux plus hautes autorités de l’Etat pour réclamer le versement d’une indemnité de plus en plus conséquente au fil des ans (jusqu’à 8 millions d’euros), faute de quoi d’encombrantes affaires de corruption liées aux ventes d’armes risquaient bien de resurgir du passé.

C’est ainsi que le 16 mai 2007, jour de l’intronisation de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, le nouveau président de la République reçoit une lettre et une copie d’une facture de 8 millions d’euros émise par Heine, avec pour seul motif: «services rendus» (voir ci-dessous).

D’autres courriers suivront, envoyés cette fois à François Pérol, l’un des plus proches collaborateurs du chef de l’Etat. «M. Pérol était furieux de recevoir des courriers de M. Boivin. Il en avait assez», a rapporté Alain Juillet au juge Van Ruymbeke.

«Il a surtout parlé de Karachi»

L’ancien n°2 de la DGSE a expliqué avoir rencontré à trois reprises Jean-Marie Boivin entre septembre 2008 et mai 2009, à chaque fois à Londres, une fois mandaté officiellement par l’Elysée pour régler le problème.

«M. Boivin parle beaucoup, a confié Alain Juillet, qui dit n’avoir jamais caché sa fonction lors de leurs rendez-vous. Il m’a livré sa version de Heine qui avait été créée pour faire transiter les commissions dans un réseau de comptes extérieurs et que c’est lui qui avait tout monté pour le compte de la DCN». 

Dans le cabinet du juge, M. Juillet a clairement fait part du caractère sensible de ce dossier: «Je me suis aperçu (…) qu’il y avait des histoires dont personne ne voulait parler mais qui existaient en dessous et qui faisait que Boivin se sentait très fort (…) En effet, dans la société Heine, il y avait des quantités de mouvements financiers».

Il poursuit: «Je pensais qu’il n’était pas de l’intérêt général que toutes ces histoires sortent dans les médias luxembourgeois ou ailleurs, même si à l’époque ces commissions étaient légales. J’étais convaincu qu’il avait des archives et qu’il valait mieux les récupérer et négocier avec lui une indemnité de départ raisonnable».

Selon son témoignage à la justice, Alain Juillet a obtenu le feu vert de la présidence de la République pour négocier en bonne intelligence avec Jean-Marie Boivin.

Lors de leurs différentes rencontres à Londres, M. Boivin «a surtout parlé de Karachi», a assuré l’émissaire secret de l’Elysée. «C’est le premier que j’ai entendu dire que l’attentat était lié à l’arrêt du versement des commissions. Pour lui, c’était une évidence». M. Juillet a dit au juge Van Ruymbeke avoir pris avec des pincettes les affirmations de son interlocuteur: «Comme il parlait beaucoup, je me demandais toujours quelle était la part de ce qu’il avait lu (dans la presse, NDLR) et de ce qu’il rajoutait».

Le juge demande alors au témoin si Jean-Marie Boivin a livré des noms d’intermédiaires. «Il a cité le nom de Takieddine», a répondu M. Juillet. «Mais c’était après que la presse en a parlé. Il disait que Takieddine avait été commissionné et qu’il n’était pas content de ne pas avoir touché les commissions. Personnellement, j’étais d’autant plus prudent que je pense que la clé de l’attentat est plus dans la vente des sous-marins à l’Inde, plus performants que ceux qu’on avait vendus au Pakistan».

«La cerise sur le gâteau»

M. Juillet a aussi affirmé que Jean-Marie Boivin ne lui a jamais fait état de rétrocommissions qui auraient profité à des officiels français en marge des ventes d’armes qu’il a eu connaître.

L’ancien espion garde manifestement un souvenir mitigé de l’homme de l’ombre de la DCN: «Il disait, sans être plus précis, qu’il savait beaucoup de choses et que si on ne reconnaissait pas son bon droit, il serait obligé de se défendre (…) Quand on l’écoutait, on a l’impression qu’il savait tout. Mais quand on lui posait des questions précises, c’était totalement flou».

Pour autant, M. Juillet a confié au juge qu’il était légitime de verser à M. Boivin une somme comprise entre 2,5 et 3 millions d’euros pour l’indemniser. Ce que les présidents successifs de la DCN, entre 2008 et 2009, ont refusé catégoriquement. C’est pourquoi, selon M. Juillet, aucun terrain d’entente n’a pu être trouvé jusqu’à ce qu’il quitte son poste à Matignon en juin 2009 pour rejoindre un cabinet d’avocats d’affaires.

Seulement voilà, un jugement d’un tribunal de l’Ile de Man évoque l’existence d’un protocole d’accord conclu en janvier 2009 entre M. Boivin, la DCN et l’Etat français sur les 8 millions d’euros réclamés.

Interrogé par le juge sur l’existence d’un tel accord, Alain Juillet a affirmé, médusé: «Je n’en suis pas revenu, pour moi ce n’était pas possible (…) Si on lui a payé 8 millions, comme le disent les journaux, c’est qu’il y a des choses qui m’ont échappé. J’ai lu dans les journaux que DCN avait envoyé deux personnes pour voir Boivin et négocier avec lui. Or, moi, jamais personne ne m’en parlé. Je me suis demandé si, en parallèle, il n’y avait pas eu une autre négociation. Et si je n’avais pas, en définitive, été une espèce de paravent».

L’affaire est devenue complètement brumeuse pour M. Juillet il y a quelques semaines, selon son témoignage à la justice. «La cerise sur le gâteau, a-t-il ainsi indiqué au juge, c’est que j’ai reçu, il y a un mois et demi, une lettre de Suisse m’informant que M. Boivin avait remis toutes les pièces à un représentant de DCN». C’est-à-dire que M. Boivin aurait honoré sa part du contrat en faisant une croix sur une partie de ses archives en échange du versement des millions d’euros demandés.

 

Fabrice Arfi Fabrice Lhomme

11. décembre 2010

http://www.gaullisme.fr/?p=11016


Pakistan.

Généralités.

Nom officiel du pays : République islamique du Pakistan.

Création : fondé le 14 août 1947, le Pakistan entretient des relations très tendues avec l'Inde depuis sa création en raison, notamment, du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire.

Pays limitrophes : Chine, Inde, Iran, Afghanistan.

Superficie : 803 000 km2.

Nombre d'habitants : 163 902 000 (estimation pour 2007).

Démographie

Population (estimation INED, en millions)

157,9

 

Composition de la population (en %)

Pendjabis (50 %), Sindis (15 %), Pathans (Pachtounes, 15 %), Mohajirs (immigrés d''''Inde au moment de la partition et leurs descendants, 8 %), Baloutches (5 %), autres (7 %).

 

Population urbaine

34 %. Principales villes : Karachi (9,2 millions d''''habitants), Lahore (5 millions), Faisalabad (1,9 million), aggl. Islamabad-Rawalpindi (1,4 million).

 

Densité (hab./km²)

198,4

 

Espérance de vie (années)

62,9

 

Fécondité (nombre moyen d'enfants/femme)

4,27

 

Taux d'alphabétisation (%)

44

 

Croissance démographique annuelle (%)

2,0

Nom des habitants : Pakistanais.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Langues : ourdou et anglais.

Monnaie : roupie pakistanaise.

Religions : musulmans 97 % (dont sunnites 74 %, chiites [dont 2 millions d'ismaéliens] 26 %), autres (chrétiens, hindous, ahmadis, parsis [zoroastriens], 3 %).

Capitale : Islamabad.

Arme de destruction massive : le Pakistan dispose de l'arme nucléaire, à l’instar de l’Inde (puissances nucléaires de fait [les cinq autres puissances nucléaires officielles étant la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie]). 

 

Nature de l'État : république à régime parlementaire.

Chef d’État : Asif Ali Zardari (né le 21 juillet 1956 à Nawabshah, Pakistan), élu président du Pakistan le 6 septembre 2008. Veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto (1953-2007).

Chef du gouvernement : Yousaf Raza Gilani (né en 1952 à Karachi, Pakistan).

Constitution : adoptée en 1973. Révisée en avril 1997 et en décembre 2003. La Constitution, suspendue le 15 octobre 1999 suite au coup d''''Etat du général Pervez Musharraf, le 12 octobre 1999. Chef de l''''état-major, Musharraf s''''est proclamé chef de l''''exécutif. Il a créé un Conseil de sécurité nationale (8 personnes), organe exécutif suprême.

En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Parlement islamique (Assemblée nationale, 237 membres élus pour 5 ans au suffrage universel, 20 sièges réservés à des femmes et 10 à des non-musulmans ; et Sénat, 87 membres élus pour 6 ans par les assemblées provinciales) a été dissolu par Musharraf le 15 octobre 1999. Cependant, les partis politiques ont été maintenus

Partis au pouvoir : Ligue musulmane du Pakistan (Pakistan Muslim League, PML-Q), Parti du peuple pakistanais (PPP, social-démocrate).Autres partis : Jamaat-i-Islami (JI, Alliance démocratique islamique, fondamentaliste sunnite).
Muttahida Majlis-e-Amal (MMA, alliance de six partis religieux islamiques, dont le principal parti est le Jamaat-i-Islami).
Muttahida Qaumi Movement (MQM, ex-Mohajir Qaumi Movement, parti des musulmans venus d'Inde lors de la partition, en 1947 ; formation dirigée depuis Londres).

Adhésions supranationales : OMC (Organisation mondiale du commerce), OCI (Organistion de la conférence islamique), IDB (Banque interaméricaine de développement), ADB (Banque pour le développement de l’Asie). . Le pays est composé de 4 Provinces : Pendjab, Sind, Province-de-la-Frontière-du-Nord-Ouest (NWFP) et Baloutchistan, chacune dotée d''''une Assemblée. Il existe également 2 Territoires : les Zones tribales (FATA, autonomes, situées dans la NWFP, mais en relation directe avec Islamabad) et le Territoire de la capitale. Le Pakistan administre également une partie du Cachemire, l''''Azad Kashmir, le "Cachemire libre", et les Territoires du Nord. Le Pakistan revendique la région du Cachemire de l''''Etat indien du Jammu-et-Cachemire. En 1998, la charia et la sunna deviennent lois suprêmes ; il existe une Cour fédérale islamique chargée de veiller au respect de la charia. En mai 2000, la Cour suprême a validé le coup d''''Etat du 12 octobre 1999 en permettant au général Musharraf de rester au pouvoir pendant 3 ans.

Le Pakistan a été réintégré dans le Commonwealth en mai 2004 après cinq ans d'exclusion..

http://www.courrierinternational.com/fiche-pays/pakistan

http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Le%20Pakistan%20:%20un%20pays%20en%20guerre%20et%20en%20faillite./11010250



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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