Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

26/12/2010

n° 62 - Journal de PAKISTAN. - 19-11 au 25-12 : - Suite- Cinq millions de dollars cash pour les tortionnaires de la CIA.



n° 62 - Journal de PAKISTAN.  -   19-11 au 25-12 : - Suite- Cinq millions de dollars cash pour les tortionnaires de la CIA.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.

                                                                    n° 62- 19-11 au 25-12

     C.De Broeder & M.Lemaire                                                                                    

 



a)     Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

5  Dossiers

5-1 Fuites de WikiLeaks : La duplicité pakistanaise n'échappe pas à Washington.

5-2 L’Organisation de Coopération de Shanghai à un tournant ?

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 L’Organisation de Coopération de Shanghai à un tournant ?

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 Karachigate

6-1-1 Marion Cocquet : La majorité refuse de transmettre les documents sur Karachi.

6-2-2 Une nouvelle enquête fait des vagues.

6-1-3 GUILLAUME DASQUIÉ : Karachi: une ONG anticorruption porte plainte.

6-1-4 Dans le piège du "Karachigate".




5  Dossiers

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

5-1 Fuites de WikiLeaks : La duplicité pakistanaise n'échappe pas à Washington.

Une nouvelle série de notes diplomatiques publiée par WikiLeaks démontre que les États-Unis sont très méfiants des militaires pakistanais, malgré les milliards qui leur sont versés, et qu'ils craignent que des acteurs hostiles aux intérêts américains ne mettent la main sur du matériel nucléaire.

 « Notre inquiétude majeure n'est pas qu'un militant islamiste vole une arme complète, mais plutôt le risque que quelqu'un travaillant dans les installations du gouvernement du Pakistan puisse sortir suffisamment de matériel en douce pour fabriquer éventuellement une bombe », écrit l'ambassadrice américaine à Islamabad, Anne Patterson, dans une note du 4 février 2009.

Un peu plus de trois mois plus tard, Mme Patterson déplore dans une autre note que le gouvernement pakistanais n'ait pas encore mis en oeuvre une entente conclue en 2007 en vertu de laquelle les Américains devaient récupérer de l'uranium hautement enrichi entreposé près d'un réacteur de recherche nucléaire. L'uranium en question, dit-elle, suffirait à construire plusieurs bombes sales, voire une bombe nucléaire.

L'ambassadrice indique qu'Islamabad soutient que « la couverture sensationnelle de l'armement nucléaire pakistanais faite par les médias internationaux et locaux rend la procédure impossible à mettre en oeuvre ».

Un haut responsable pakistanais, précise Mme Patterson, prévient que si l'affaire devait être ébruitée, la presse pakistanaise n'hésiterait pas à « dépeindre ça comme la saisie des armes nucléaires du Pakistan par les États-Unis. »

L'uranium enrichi dont il est question a été en fait fourni par les États-Unis dans les années 60, afin de fabriquer des isotopes médicaux. Le réacteur nucléaire pakistanais a cependant été converti pour utiliser de l'uranium faiblement enrichi en 1990, de sorte que l'uranium hautement enrichi ne sert plus.

Un responsable de la question nucléaire au sein du département de l'Énergie a déclaré mardi que le combustible « est sous protection de l'Agence internationale de l'énergie atomique et ne fait pas partie du programme d'armement nucléaire du Pakistan ».

Sur la lutte contre les islamistes

Les notes divulguées par WikiLeaks ont été écrites par l'ex-ambassadrice Anne Patterson.

D'autres notes de l'ambassadrice américaine à Islamabad démontrent que les États-Unis ne sont pas dupes quant au double jeu de l'armée pakistanaise et des services de renseignements, l'ISI, dans le cadre de la lutte contre les islamistes radicaux.

Les talibans afghans, les réseaux islamistes dirigés par Jalaluddin Haqqani et Gulbuddin Hekmatyar, et le groupe Lashkar-e-Taïba, blâmé pour les attentats de Mumbai, profitent tous d'un appui militaire.

« Il n'y a aucune chance qu'une augmentation du niveau de l'aide [financière et militaire] soit perçue par le Pakistan comme une compensation suffisante pour abandonner leur soutien à ces groupes, qu'ils considèrent comme un élément important de leur appareil de sécurité nationale visant l'Inde », écrit l'ambassadrice américaine.

Mme Patterson ajoute que le resserrement des liens entre les États-Unis et l'Inde « alimente la paranoïa des autorités pakistanaises et les rapproche des groupes terroristes en Afghanistan et au Cachemire ».

Une autre note écrite en 2009 indique que le chef d'État-major pakistanais, le général Ashfaq Kayani, a été « totalement franc » lorsqu'interrogé sur la possibilité que le gouvernement afghan soit pro-Indien. « Les autorités pakistanaises augmenteront considérablement leur soutien aux groupes talibans de l'Afghanistan et du Pakistan, qu'ils considèrent comme un important contrepoids ».

La seule façon de convaincre le Pakistan d'abandonner tout soutien aux groupes extrémistes, écrit l'ambassadrice Patterson, « est de modifier la perception qu'a le gouvernement de ses propres besoins en matière de sécurité ». Régler le dossier du Cachemire, ajoute-t-elle, « améliorerait considérablement la situation ».

Quelques autres révélations tirées des documents de WikiLeaks:

•les États-Unis soupçonnent depuis longtemps que l'armée pakistanaise a exécuté des centaines de militants islamistes détenus dans le cadre de son offensive de la vallée de Swat. Selon Anne Patterson, cela s'explique par des traditions culturelles visant à « maintenir l'honneur » des unités militaires. Mme Patterson propose des mesures visant à corriger cette situation, mais recommande au département d'État de ne pas soulever la question publiquement afin de ne pas froisser l'armée pakistanaise; •des centaines de millions de dollars versés par les États-Unis à l'armée pakistanaise ont été détournés dans les coffres du gouvernement pakistanais.

L'armée pakistanaise a notamment réclamé 70 millions de dollars pour des radars aériens, même si les talibans n'ont pas d'avions, et 26 millions de dollars pour du fil barbelé. Une note de décembre 2007 souligne que l'armée pakistanaise n'a pas d'unité médicale héliportée, malgré le fait que les États-Unis leur aient versé 355 millions de dollars à cette fin; •le chef d'État-major Kayani a songé au printemps 2009 à destituer le président Asif Ali Zardari pour résoudre une crise politique l'opposant à son grand rival Nawaz Sharif. Les notes diplomatiques révèlent que Kayani admet qu'il se méfie du président Zardari, mais qu'il se méfie encore davantage de M. Sharif; •le président Zardari, qui a pris le pouvoir dans la foulée de l'assassinat de sa femme, Benazir Bhutto, a fait des arrangements en vue de son propre assassinat. Il veut que sa soeur, Faryal Talpur, assure sa succession.

Mise à jour le mercredi 1 décembre 2010 à 9 h 50

Radio-Canada.ca avec New York Times et The Guardian

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/12/01/004-wikileaks-

etats-unis-pakistan.shtml


5-2 L’Organisation de Coopération de Shanghai à un tournant ?

Après  10 ans d’activité l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) affronte une période de croissance difficile.

 Bien que fondée peu auparavant,  l’OCS surgit  comme une réponse prudente mais stratégique à la ‘guerre contre le terrorisme’ lancée par Washington après le 11 Septembre 2001 et à sa première opération militaire de grande envergure : l’invasion de l’Afghanistan.

L’exceptionnelle durée de ce conflit pourtant très inégal, asymétrique comme disent les experts , qui oppose la principale puissance militaire mondiale et son alliance à vocation globale  appelons là désormais, après le sommet de Lisbonne,  le GLOTAN  (GLOBAL OTAN ou GLOUTON OTAN  et en version espagnole GLOTON OTAN ) laisse à penser que son objectif premier n’est pas d’éliminer les talibans mais au contraire de laisser prospérer un  foyer infectieux  susceptible de contaminer le Pakistan voisin et de mobiliser les ressources militaires  et économiques des membres de l’OCS et au premier chef celles de la Chine populaire et de la Russie et requérant la présence militaire  illimitée du GLOTAN.

L’annonce par OBAMA d’un possible retrait des armées d’occupation de l’Afghanistan en 2014 n’est qu’un mensonge de plus à son actif qui au passage présuppose qu’il ait été entretemps réélu pour un second mandat.

Cette politique très classiquement impérialiste porte en elle une contradiction  importante : les pays du GLOTAN n’en ont plus les moyens financiers et ils vont devoir amplifier les attaques sur leur le niveau de vie et de protection sociale de leurs propres population  pour les trouver.

La destruction de l’OCS reste même s’il n’est pas affiché et précisément parce qu’il n’est pas affiché un objectif stratégique central pour l’impérialisme en tant que l’OCS donne corps, ampleur  géographique  et large spectre de domaines de coordination,  à l’alliance sino-russe.

L’année qui s’achève a été employée à tenter d’écarter la Russie de la Chine populaire. La méthode a consisté à  réorienter la politique extérieure de la Russie vers l’Ouest en lui faisant miroiter des relations privilégiées avec le GLOTAN , voire même un adhésion, en lui laissant attendre  , en vain jusqu’à présent et avec une probabilité de plus en plus faible , une ratification des nouveaux accords de réduction des armes nucléaires (START)  et d’une façon générale en faisant croire à la Russie qu’elle retrouvait la position privilégiée de cogestionnaire de l’équilibre de la terreur nucléaire qui avait été celle de l’URSS.

Cette offensive de charme a semblé rencontrer un  écho favorable du côté de la Présidence russe. Le durcissement des relations Russie/Iran en a été la manifestation la plus visible : vote des nouvelles sanctions de l’ONU, annulation du contrat de fourniture des missiles S 300. Le face à face MEDVEDEV/AHMADINEJAD  qui a eu lieu la semaine dernière à Bakou a certainement été l’occasion pour l’Iran de critiquer cette évolution diplomatique dont  le principal bénéficiaire s’avère être pour l’instant  les Etats-Unis et non la Russie.

Ce pas de clerc de la Présidence russe va probablement exclure MEDVEDEV de la candidature à un nouveau mandat en 2012 mais il a certainement beaucoup inquiété Pékin. Fidel Castro observateur attentif et profond de la scène diplomatique internationale considère que la position de MEDVEDEV peut s’expliquer par le fait qu’un accord Russie/GLOTAN sur le bouclier anti missile que les Etats-Unis par GLOTAN interposé ont décidé d’installer d’ici 2018 aux frontières occidentales de la Russie permettrait aux militaires russes d’aller s’assurer de l’intérieur du dispositif que le bouclier est une protection contre des missiles venus d’Iran ou d’encore plus loin (Chine populaire ?).

Hypothèse aimable qui suppose que les experts russes qui seraient admis dans le saint des saints du dispositif du bouclier auraient accès à tous ses secrets et qui fait l’économie de la question suivante : si l’Iran est le danger pourquoi ne pas installer le bouclier au plus prés chez des amis : Arabie Saoudite ou mieux encore en Turquie  membre de GLOTAN. A moins que le degré d’asservissement politique aux Etats-Unis des Européens membres du GLOTAN et de l’UE soit beaucoup plus élevé.  Cette hypothèse politique est la plus solide, considérant l’alliance récemment scellée entre les deux seules puissances nucléaires européennes : France et Grande-Bretagne et les allusions de plus en plus fréquentes, traité de Lisbonne aidant, à une adhésion globale de l’UE au GLOTAN ce qui ne laisserait le choix aux derniers « neutralistes » : Autriche   Irlande, Finlande, Suède, que de se soumettre ou de se démettre. L’orientation des actuels gouvernements au pouvoir dans ces 4 pays ne laisse guère de doute sur leur entière soumission à ce proche diktat.

Le deuxième angle d’attaque de l’OCS est celui des adhésions nouvelles

L’OCS a accordé  le statut d’observateur à tous  les Etats voisins de son périmètre géographique : Mongolie, Pakistan, Iran, Inde et Belarus  qui l’ont souhaité mais confrontée à une demande d’adhésion complète de l’Iran elle avait préféré procéder à un gel des adhésions arguant qu’elle ne pouvait pas admettre en son sein un pays sanctionné par l’ONU. Argument spécieux s’il en fut puisque l’Iran n’aurait pas été sanctionné à nouveau par le Conseil de Sécurité  si les deux principaux membres de l’OCS s’y étaient opposés.  Depuis  l’OCS annonce avoir élaboré des règles et procédures précises d’adhésion  lui permettant de rouvrir à nouveau ses portes.

C’est précisément le  moment choisi par  la diplomatie indienne pour annoncer que le pays envisage d’adhérer. Aucune réaction officielle pour l’instant ni de l’OCS ni de la Russie ni de la Chine à cette annonce. L’affaire est embarrassante. La candidature de l’Inde survient sitôt achevée la visite d’OBAMA en Inde qui  avait pour objectif politique, outre ses objectifs économiques d’ouverture du marché indien aux produits US, de sceller la grande alliance stratégique pour le XXI° siècle : INDE/USA avec la Chine Populaire comme adversaire évident bien que non désigné.

De deux choses l’une : ou bien l’Inde est mandatée par Washington pour être le cheval de Troie de l’OCS  ou bien la bourgeoisie indienne joue, comme elle sait le faire, sur tous les tableaux à la fois s’alliant avec tout le monde et  prête à trahir n’importe qui.

Pour essayer de comprendre ce jeu il convient de situer plus précisément ses ambitions. Si l’OCS accepte l’Inde en son sein elle prend résolument parti dans le conflit indo-pakistanais contre le Pakistan  et  s‘engage contre la véritable intifada de grande envergure  qui s’installe au Cachemire là où l’Inde endosse les habits (techniques, experts  et outils de contre insurrection) israéliens. D’autre part en acceptant l’Inde, rival  sinon adversaire de la Chine, l’OCS mettrait  à bas l’alliance de longue date entre la Chine et le Pakistan.

Dernier aspect : l’un des objectifs de l’OCS étant la lutte contre les « extrémismes » l’Inde  enrôlerait sous sa bannière bourgeoise capitaliste la Chine et la Russie dans sa politique d’écrasement des ses oppositions internes : intifada kashmiri d’un côté, naxalites/maoïstes de l’autre.

Dans ce contexte il ne fait  guère de doute que la Chine populaire  s’opposera à l’adhésion  de l’Inde (si celle-ci fait l’objet d’une candidature officielle). Si la Russie tient la même position, l’OCS est sauvée, dans le cas contraire son avenir est celui d’une structure internationale molle  faite de relations de bon voisinage sur fond de concurrence acharnée pour l’accès aux immenses ressources naturelles de l’Asie Centrale, les Etats-Unis et le GLOTAN s’invitant au festin par le truchement de l’Afghanistan sous tutelle.

Documents comaguer accessibles sur http://comaguer.over-blog.com

 


 

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 Karachigate

6-1-1 Marion Cocquet : La majorité refuse de transmettre les documents sur Karachi.

La majorité a refusé mercredi de transmettre à la justice les documents d'une mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi, qui avait provoqué la mort de 11 Français en 2002.

Le bureau de l'Assemblée nationale s'est réuni pour se prononcer sur cette demande appuyée par l'opposition.

Le président de l'Assemblée, l'UMP Bernard Accoyer, a estimé dans un communiqué que la transmission des documents "porterait atteinte au respect de la parole donnée" aux personnes auditionnées et rappelé le principe de séparation des pouvoirs.

Le bureau, a-t-il ajouté, "a jugé qu'une telle demande risquait de mettre en péril l'avenir même de l'instruction menée" par le juge d'instruction Marc Trévidic.

"L'utilisation de ces auditions à des fins judiciaires pourrait remettre en cause la régularité de toute la procédure, ce qui serait très préjudiciable aux victimes", a-t-il dit.

Le retour en France d'une partie des commissions versées au Pakistan dans le cadre d'un contrat de vente de sous-marins Agosta, une pratique appelée "rétrocommission", est au centre de l'enquête sur la mort des 11 Français qui travaillaient à leur construction au Pakistan.

Le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic estime que l'arrêt du versement des commissions a pu mener à l'attentat de Karachi, qui serait une forme de vengeance.

Selon Le Monde, le contrôleur général des armées, Jean-Louis Porchier, a confirmé devant la mission avoir appris l'existence de rétrocommissions

Jean-Louis Porchier, qui a lui-même enquêté sur le contrat Agosta de 1994, a mentionné ses contacts avec Michel Ferrier, ancien membre du Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), selon le quotidien.

"M. Ferrier m'a dit: 'ce contrat ne sert à rien. Ce contrat permet le recyclage d'argent pas très net du côté du Pakistan et du côté français, il permet de verser des rétrocommissions", a-t-il expliqué à la mission parlementaire.

Soupçonnant que son rival Edouard Balladur avait pu bénéficier de rétrocommissions en marge de la vente de sous-marins pour financer sa campagne électorale, Jacques Chirac, élu à l'Elysée en 1995, avait chargé son ministre de la Défense, Charles Millon, d'arrêter le paiement des commissions, selon plusieurs dépositions rendues publiques.

Edouard Balladur était Premier ministre de Jacques Chirac avant l'élection de ce dernier et Nicolas Sarkozy était son ministre du Budget.

L'ancien secrétaire général de l'Elysée (1995-2002) et ex-Premier ministre (2005-2007) Dominique de Villepin a fait part fin novembre devant un juge d'instruction de ses "très forts soupçons" quant à l'existence de rétrocommissions.

Marion Cocquet

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/la-majorite-refuse-de-transmettre-les-documents-sur-karachi-15-12-2010-1275493_240.php


6-1-2 Une nouvelle enquête fait des vagues.

Le parquet de Paris a donné son feu vert pour une enquête sur le contrat Sawari II. Le juge van Ruymbeke pourrait en être écarté, au grand désespoir des parties civiles qui dénoncent le «saucissonnage judiciaire» du dossier Karachi. 

Des sous-marins aux frégates, du Pakistan à l'Arabie saoudite, c'est l'attentat de Karachi, dans lequel onze salariés de la DCN avaient trouvé la mort le 8mai 2002, qui est en toile de fond. Le parquet de Paris a donné le feu vert à l'ouverture d'une information judiciaire pour enquêter sur le contrat Sawari II, qui porte sur la commande, signée sous le gouvernement Balladur en 1994, de trois frégates dérivées des Lafayette, un contrat de près de trois milliards d'euros qui aurait donné lieu à de juteuses commissions de l'ordre de 500millions d'euros. C'est le juge van Ryumbeke, qui enquête sur un volet du contrat Agosta - les sous-marins pour le Pakistan - qui avait demandé, fin novembre, au parquet d'élargir ses investigations au contrat SawariII. Dès mai2010, le rapport d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi, présenté par le député Bernard Cazeneuve, avait souligné le lien entre le contrat Agosta et Sawari II. «Les deux contrats ont en effet mobilisé les mêmes intermédiaires en vue de la mise en place d'un dispositif de commissions totalement dérogatoire et anormalement opaque», soulignait, hier, Bernard Cazeneuve. L'attentat aurait pu avoir été commandité par des intermédiaires mécontents de ne pas avoir touché de commissions, soit sur Agosta, soit sur Sawari II.
Un nouveau juge?
Il paraissait logique que ce soit le juge van Rymbeke qui poursuive l'instruction. Le parquet en a décidé autrement en ouvrant, le 6décembre, une information judiciaire distincte qui pourrait être confiée à un autre juge au motif que «ces faits nouveaux sont de nature différente». La présidente du tribunal de grande instance de Paris, Chantal Arens, devra trancher. François Baroin a laissé entendre, hier, à l'Assemblée, qu'un nouveau juge serait désigné...
«Les parties civiles ne sont pas dupes»
De quoi faire bondir les parties civiles. Dès lundi, maître Olivier Morice, l'avocat des parties civiles, a sorti l'artillerie lourde. Il craint que le parquet ne cherche à freiner l'enquête et que le juge van Ruymbeke n'en soit écarté. L'avocat a adressé une missive à Chantal Arens, dès lundi, dans laquelle il rappelle gentiment à la présidente qu'elle peut tout à fait nommer le même magistrat instructeur, le juge van Ruymbeke. L'avocat ne mâche pas ses mots: «Les parties civiles ne sont pas dupes de la volonté de saucissonnage judiciaire du parquet, qui a pour principal objectif de rendre moins efficace l'avancée d'une justice indépendante.» Selon MeMorice, «ceux qui orientent, depuis le début de cette affaire, la démarche du parquet n'ont d'autre souci que la protection de hautes personnalités politiques françaises susceptibles d'être inquiétées» (*). «Je m'inquiète du risque de saucissonnage des enquêtes», a aussi déclaré le député Bernard Cazeneuve, qui dénonce «de nouvelles manoeuvres visant à entraver le cours de la justice».
(*) Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a dénoncé, hier, des «propos diffamatoires» et assuré que «le parquet de Paris n'entend pas entrer dans la polémique».

15 décembre

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/affaire-karachi-une-nouvelle-enquete-fait-des-vagues-15-12-2010-1148122.php


6-1-3 GUILLAUME DASQUIÉ : Karachi: une ONG anticorruption porte plainte.

L’ONG Anticor, dédiée à l’étude des phénomènes de corruption, a déposé plainte ce mercredi dans le volet financier du dossier Karachi. Cet après-midi, l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti, s’est constitué partie civile entre les mains du juge Renaud Van Ruymbeke.

Dans un courriel transmis à «Libération», l’avocat estime que «les révélations de ce dossier mettent en évidence l’importance structurelle de la corruption dans le fonctionnement de l’Etat et ce jusqu’à son plus haut niveau. La gravité des faits dénoncés ne peut échapper à personne, tant elle démontre, que les plus hautes autorités de l’Etat ont utilisé les prérogatives du pouvoir qui leur étaient démocratiquement confiées par les citoyens, pour satisfaire contre l’intérêt général, contre l’intérêt économique, des intérêts partisans et personnels».

Une audience de la chambre de l’instruction consacrée au volet financier du dossier Karachi se déroulera le 10 janvier. Cette chambre chargée d’examiner le bien-fondé des procédures judiciaires devra se prononcera sur la recevabilité de l’instruction de Renaud Van Ruymbeke sur les soupçons de corruption entourant la vente de sous-marins Agosta, en 1994, au Pakistan. L’enquête menée pour l’heure par le magistrat est la conséquence d’une plainte des familles de victime de l’attentat de Karachi, pour entrave et pour corruption.

Le délit d’entrave vise la Direction des constructions navales (DCN), soupçonnée de ne pas avoir transmis à la justice tous les éléments permettant d’élucider l’affaire de l’attentat terroriste du 8 mai 2002 à Karachi, au cours duquel onze salariés ont péri.

Plainte irrecevable?

Le délit de corruption vise les décideurs politiques Français, soupçonnés d’avoir mis en place un système de corruption lors de la signature de ce contrat par le gouvernement Balladurien.

Selon l’analyse du parquet, la plainte des familles de victimes pour ce deuxième délit ne serait pas recevable, car il n’existerait pas de lien juridique entre leur préjudice (la perte d’un proche dans l’attentat de 2002) et les faits de corruption politique entachant le contrat (signé en 1994). C’est ce désaccord d’interprétation juridique qui devra être tranché le 10 janvier prochain par la chambre de l’instruction.

En outre, et contrairement aux déclarations d’hier de l’avocat des familles de victimes de l’attentat de Karachi, les dernières réquisitions du parquet sur les contrats Agosta et Sawari II ne consisteraient pas à les disjoindre. Elles demanderaient davantage de les confier, ensemble, à un magistrat investi de ces dossiers.

GUILLAUME DASQUIÉ

15/12

http://www.liberation.fr/politiques/01012308296-karachi-une-ong-anticorruption-porte-plainte


6-1-4 Dans le piège du "Karachigate".

Un règlement de comptes électoral entre Jacques Chirac et Édouard Balladur, en 1995, est-il à l’origine de l’attentat qui, sept ans plus tard, fit quinze morts dans la mégapole pakistanaise?
  De jour en jour, l’étau judiciaire se resserre, et les protagonistes supposés de l’affaire sont à cran. Nicolas Sarkozy en tête. Il est loin le temps – juin 2009 – où le président Sarkozy qualifiait de «fable grotesque et ridicule» les développements judiciaires et médiatiques susceptibles de le mettre en cause dans l’enquête sur l’attentat de Karachi. Aujourd’hui, la récitation de cette «fable» semble mettre le chef de l’État français hors de lui. Pensant être couvert par la confidentialité, il a, lors d’un entretien avec plusieurs journalistes, le 18 novembre, qualifié, avec une ironie aussi amère que douteuse, de «pédophiles», les impertinents reporters qui l’interrogeaient sur son éventuelle implication dans le dossier. La brutalité de la réaction présidentielle, largement relayée par la presse, témoigne d’une certaine nervosité au plus haut niveau de l’exécutif, déjà, ébranlé, depuis des mois, par les affaires "Clearstream" et "Bettencourt". Le 8 mai 2002, 14 personnes, dont 11 techniciens français de la Direction de la construction navale (DCN), sont tuées à Karachi, au Pakistan, dans l’explosion de leur autocar, percuté par une voiture bélier. Elles travaillaient à la construction de trois sous-marins de type "Agosta 90B", un contrat officiellement chiffré à 850 millions d’euros, dont près de 80 millions d’euros de commissions destinées à divers intermédiaires. Rapidement attribué à la nébuleuse Al-Qaïda, cet résistants kamikazefait toujours, huit ans après, l’objet d’une enquête internationale menée, sur le plan financier, par le juge Renaud Van Ruymbeke, et, sur le plan criminel, par le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui a hérité du dossier abandonné par son collègue Jean-Louis Bruguière, aujourd’hui, à la retraite. Un dossier «troué comme du gruyère», comme dit un magistrat, en raison du manque de coopération des ministères concernés et de l’annulation de plusieurs actes de procédure. Parmi ces derniers
: les premières conclusions, à chaud, de Randall Bennett, le responsable de la sécurité diplomatique, à l’ambassade américaine au Pakistan. Lequel se montrait, à l’époque, sceptique, concernant la piste Al-Qaïda, avant de changer d’avis. Fédérées au sein d’un collectif, les familles des victimes sont bien décidées à ne pas se laisser impressionner par la raison d’État. Surtout, depuis que les magistrats instructeurs ont affirmé que la piste qaidiste ne devait pas exclure l’éventualité d’une défaillance de l’État français dans le règlement des intermédiaires de ce contrat d’armement. En clair, l’attentat de Karachi pourrait être l’œuvre d’une faction des services secrets pakistanais, furieux de l’arrêt des versements promis. Et avoir pour origine le financement de l’élection présidentielle française de 1995. Une campagne marquée, à droite, par l’affrontement entre Édouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole (mais aussi, par ailleurs, le ministre du Budget), et Jacques Chirac. En 2009, les magistrats, au premier rang desquels Marc Trévidic, ont avisé, directement, les familles des victimes de la «cruelle logique» d’un attentat lié à un règlement de comptes politico-financier. À l’appui de cette thèse, la suspension par le Président Chirac, dans les semaines qui ont suivi son élection et au nom de la «moralisation de la vie publique», du versement des commissions au Pakistan et, du même coup, des rétro-commissions rapatriées, en France, grâce, selon le dossier d’instruction, à l’entregent de diverses personnalités. Lesdites rétro-commissions auraient pu servir – le conditionnel est de rigueur – au financement de la campagne présidentielle de Balladur. «La mèche est allumée, c’est une machine infernale, un nouvel épisode des guerres fratricides dont la droite française a le secret, explique une source judiciaire. Même Sarkozy et Chirac, pour une fois, dans le même bateau, ne savent plus comment éteindre l’incendie». Car, au-delà de la douleur des familles et des valises de billets qui, traditionnellement, accompagnent la signature des grands contrats d’armement, se profile une véritable affaire d’État. Avec cette question qui fait froid dans le dos: du sang français a-t-il été versé à cause d’un règlement de comptes électoral entre Chirac et Balladur? Officiellement, les magistrats recherchent les commanditaires et les auteurs de l’attentat, sans nul doute, des Pakistanais. Mais pour parvenir à un début de réponse judiciaire crédible, il convient de découvrir le mobile du crime en passant au scanner les conditions de ce contrat et, surtout, de ses à-côtés financiers. Une tâche de longue haleine, entre les documents verrouillés par le secret-défense et la frilosité, voire, l’hostilité du ministère de la Justice et de son bras armé, le parquet (ministère public), dont le manque d’indépendance vient d’être épinglé par la Cour européenne des droits de l’Homme. Illustration de la longévité du personnel politique français, la plupart des acteurs et témoins du «Karachigate» sont toujours aux affaires. Sarkozy, on l’a vu, était ministre du Budget de Balladur, en 1994. L’actuel chef de l’État a-t-il été avisé du montage financier du contrat Agosta? A-t-il été informé de la création de deux sociétés offshore au Luxembourg (Heine et Eurolux) destinées au transit des commissions versées aux intermédiaires? Réponse courroucée du chef de l’État à un journaliste, le 19 novembre à Lisbonne: «Mais jamais, mon pauvre, j’ai donné mon aval. [...] Enfin, je ne suis pas spécialiste du Luxembourg!» Interrogé sur la levée du secret-défense concernant plusieurs documents réclamée, avec insistance, par les juges, Nicolas Sarkozy est d’accord sur le principe, tout en modulant son propos: «On ne va pas tout déclassifier pour que les services secrets du monde entier se disent: “l’information qu’on donne, ça va sortir”. [...] J’ai le sens de l’État». Premier ministre de Jacques Chirac, en 1995, Alain Juppé confirme, quant à lui, avoir alors été sollicité par ce dernier pour «suspendre le versement de commissions», dans le dossier Agosta. « Je n’en sais rien de plus. », affirme le nouveau ministre de la Défense, qui, son récent retour au gouvernement à peine savouré, affirme être «à la disposition de la justice». Si le feu couve sous ce dossier, depuis plus d’un an, deux hommes ont, récemment, soufflé sur les braises, à la grande satisfaction de Me Olivier Morice, le conseiller des victimes. Qualifié «d’avocat excité» par Sarkozy, il souhaite que tout ce beau monde, chef de l’État inclus, s’explique devant la justice, au moins, à titre de témoin. Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense (1995-1997), a, déjà, déclaré au juge Van Ruymbeke «avoir l’intime conviction» que des rétro-commissions avaient été, illégalement, versées en France. Une «intime conviction» et de «très forts soupçons» de financement politique illégal que partage l’ennemi intime de Sarkozy, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, désormais, en piste pour la présidentielle de 2012. On s’en doute, l’opposition parlementaire ne peut que faire son miel de cette énième guerre fratricide, au sein de la droite. Quand le parti présidentiel, l’UMP, chante le grand air de la «calomnie» – une mélodie un peu galvaudée, ces derniers mois –, Bernard Cazeneuve, le député-maire socialiste de Cherbourg (ville qui accueille l’arsenal de la DCN et d’où sont originaires la plupart des victimes), parle, lui, d’«entrave délibérée» au travail d’enquête. « Que ceux qui nous promettent la vérité passent aux actes. On ne vise personne, on ne veut la tête de personne, nous voulons juste savoir pourquoi nos pères et nos maris sont morts. », explique, à "Jeune Afrique", Sandrine Leclerc, l’une des porte-parole de l’association de victimes Vérité-Attentat-Karachi, qui appelle à plus de «sérénité», pour laisser les juges d’instruction «faire leur travail». Des juges d’instruction, dont Sarkozy avait, en janvier 2009, annoncé la future suppression, provoquant une véritable levée de boucliers, pour défendre une fonction considérée comme l’un des remparts de la démocratie française. L’accumulation des affaires judiciaires qui rongent le débat politique et la détermination des magistrats enquêteurs rendent ce projet, désormais, irréalisable. Ce n’est pas la moindre des conséquences du «Karachigate».  
Source: "Jeune Afrique"

Lundi 20 Décembre 2010

 http://french.irib.ir

Les commentaires sont fermés.