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04/01/2011

n°1 - Dossier : Guerre en Côte d’Ivoire - Fin : Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique -1ap - Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique

n°1 - Dossier : Guerre en Côte d’Ivoire  - Fin : Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique -1ap - Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



 Dossier : Guerre en Côte d’Ivoire

     n°1                                                                         03-01

                                                 C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



 

Sommaire

3 Dossier

3-1 Coudy : Côte d’Ivoire : un cas d’école...

4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique

4-2 Robert Lee Obassandjo : « War on Africa » - exercice de décryptage géopolitique : guerre en Côte d’Ivoire (I).

4-3 Robert Lee Obassandjo : « War on Africa » - exercice de décryptage géopolitique : guerre en Côte d’Ivoire (II)



3 Dossier

Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information

3-1 Coudy : Côte d’Ivoire : un cas d’école...

Le 28 novembre 2010, deuxième tour des élections présidentielles tant attendues en Côte d’Ivoire.

Le 2 décembre 2010, Gbagbo est déclaré victorieux par le Conseil Constitutionnel de son pays et Ouattara est déclaré victorieux par la Commission Electorale Indépendante. Un pays pour deux Présidents ça fait du bordel. Il ne faut pas être Einstein ou politologue pour le deviner.

Je ne suis ni pro-Ouattara ni pro-Gbagbo,

Je suis pro-indépendance et pro-souveraineté.

Je ne suis ni pro-Conseil Constitutionnel, ni pro-Commission Electorale Indépendante,

Je suis contre l’ingérence dans les institutions d’un pays.

Telle est ma position, affirmée et assumée. Je regrette celle de l’Union Africaine (qui assiste à la prestation de serment de Gbagbo puis se rétracte) et de la CEDEAO car comme la Communauté Internationale il ne respecte pas les institutions et la souveraineté nationale de la Côte d’Ivoire. Quand à Wade il aurait mieux fait de se taire et attendre son tour en 2012.

Et qu’on ne vienne pas me dire que la manière dont Gbagbo a pris la Côte d’Ivoire est anti-démocratique et que c’est pour cela que la communauté internationale réagit ainsi car la démocratie on en parle et on en veut quand ça nous arrange et on critique le Président anti-démocratiquement élu quand on le peut. Eh ouais, Poutine lui on ne lui dit rien mais on décroche son téléphone, on compose son numéro et on le félicite. Il n’est pas Président mais c’est comme si. Tandja au Niger aurait pu prendre exemple sur lui.

Dans le même temps Compaoré, communément appelé l’Homme de la France et pendant un moment le médiateur de la crise ivoirienne, est réélu au Burkina. Des fraudes sont constatées mais il passe. 23 ans de pouvoir et surtout il à la France derrière lui donc les fraudes on s’en balance. Vive la françafrique ! Quand un Président fait l’affaire ce n’est pas grave s’il n’y a pas la démocratie dans son pays, il peut rester tant qu’il veut au pouvoir, jusqu’à sa mort et ensuite transmettre le relais à son fils biologique ou spirituel. Ça sent un scénario déjà vu, vous reconnaîtrez Omar et Ali Bongo du Gabon.

Gbagbo, tu ne fais pas l’affaire de la françafrique. Elle a eu raison de Bockel, et de Marion et Rot avant lui, et veut avoir raison de toi. Pourquoi ? Réponse simple, beaucoup d’intérêts économiques français en Côte d’Ivoire. Bolloré sait de quoi je parle et est embêté comme certains partis et politiques français pour qui les croisières en Yacht risquent de rester des agréables souvenirs. Hein, Sarko !?

Ouattara, si tu aimes tant ton pays, n’envoies pas tes compatriotes à la mort en leur demandant de marcher sur la RTI quand tu sais que tu n’as pas le soutien de l’armée. Prends exemple sur IBK au Mali en 1992 et retentes ta chance la prochaine fois.

Alpha Condé tu n’y échapperas pas, tu as eu la chance que Gbagbo n’a pas eu, la communauté internationale a fait fi des fraudes qu’il y a eu lors du deuxième tour des premières élections démocratiques guinéennes et Diallo t’as laissé le pouvoir sans trop d’histoires.

Communauté internationale tu ne vaux rien et n’est pas crédible. En janvier 2009, tu t’insurgeait bien tard contre les massacres de Palestiniens par l’armée israélienne à Gaza et ce fut en vain. Aujourd’hui tu t’insurges contre le Président ivoirien et tu veux qu’on te prenne au sérieux. Ah oui, j’ai oublié, l’Afrique est le terrain où tu fais le plus de bruit, où tu sais mieux t’insurger, où tu es la mieux écoutée, et où tu mets tes menaces d’arrêt de la coopération (partielle en attendant le retour « à l’ordre démocratique ») en exécution. Normal, l’Afrique, après colonisations, indépendances et politiques économiques bidon (plans d’ajustement structurels), a été mis sous perfusion et son traitement est la "coopération".

Coudy

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1176



4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique

 


27 décembre 2010


L’Administration américaine accorde un intérêt croissant à l’Afrique, qui occupe une place importante dans les plans des grandes entreprises US dans les domaines de l’énergie et de l’industrie alimentaire, constamment à la recherche de matières premières.
La Chine constitue le premier concurrent des Etats-Unis sur le Continent noir. Ses relations avec l’Afrique remontent à un demi-siècle, lorsque Pékin s’efforçait de développer les relations qu’elle avait établies avec les mouvements de libération nationale. Elle a hérité de nombreux liens économiques et commerciaux et de privilèges pétroliers de l’époque de la Guerre froide.
L’Afrique, riche en pétrole, gaz, or, uranium, cacao, café, banane… et disposant d’immenses ressources naturelles, constitue la principale réserve mondiale de matières premières, et représente le marché le plus alléchant des cinquante prochaines années.
A la fin du XXème siècle, les Etats-Unis étaient occupés à liquider les derniers bastions de l’influence française en Afrique. Ils ont provoqué, pour cela, une série de guerres civiles, de conflits ethniques et tribaux et de guerres interétatiques, avec l’aide d’Israël.
La semaine dernière, Washington a intensifié son activité autour du Soudan et de la Côte d’Ivoire et les Nations unies sont l’outil direct des Etats-Unis dans ces deux pays. Les indices montrent qu’une guerre civile dévastatrice est en préparation en Côte d’Ivoire, où tout conflit risque de prendre une connotation communautaire entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, à majorité chrétienne.
Au Soudan, les derniers préparatifs pour le référendum sur la sécession du Sud s’accompagnent de préparatifs pour l’ouverture d’une ambassade israélienne dans ce nouvel Etat, et de pressions sur le président soudanais Omar Hassan al-Bachir pour obtenir des concessions pétrolières au Nord, sous la menace de l’activation de la Cour pénale internationale contre lui.
Tenter de réduire l’influence de la Chine en Afrique semble une tache difficile à cause de l’étendue de la présence de ce pays dans le continent et la taille de la communauté chinoise, estimée à 5 millions d’hommes d’affaires et d’experts, qui ont pris racines dans les sociétés africaines, ces 20 dernières années. En parallèle à la lutte contre la présence chinoise, l’alliance américano-israélienne tente de faire face à l’influence grandissante de l’Iran, notamment en Afrique de l’Ouest.
La partition du Soudan, le conflit en Côte d’Ivoire, et la poursuite des conflits en Somalie et au Yémen, dans la Corne de l’Afrique, ne sont que le début de décennies de troubles alimentés par les Américains et les Israéliens dans le but de contrôler les ressources pétrolières et minières ainsi que les voies de transport commercial.

 

Les contradictions des démocraties occidentales.

Il faut parfois s’amuser à faire des comparaisons de réactions et souligner les contradictions des défenseurs de la démocratie occidentale : les bien-pensants comme Sorhozy ou Choi qui hurlent à la dictature au sud de la Côte d’Ivoire et ferment les yeux sur les massacres dans les zones CNO ou légitiment les coups d’état et les escadrons tenus par les hommes de Ouattara. On voit bien à quel point ce qu’on appelle « l’opinion » n’est rien d’autre que l’expression de manipulations aux services des multinationales et des intérêts géostratégiques de l’impérialisme occidental. 

La façon dont la France (défenseur des libertés et promotrice des droits de l’homme) a réagi dans la crise ivoirienne depuis son déclenchement en 2002 montre bien l’existence d’une véritable complicité avec les rebelles ivoiriens.
Ceux qui n’ont pas vécu directement la crise sur le terrain croiront à une cabale de dénigrement contre l’ex-puissance coloniale mais les ivoiriens seuls témoins de ce pan de l’histoire de leur pays savent de quoi il s’agit. de quoi relève-t-il ? Le 11 septembre 2002, des personnes puissamment armées, qui ne sont certainement pas venus de nulle part, ont attaqué les institutions de la République, assassinant au passage des civils, des militaires, des policiers, des gendarmes et leurs familles.
Ceci n’émeut personne, ni les organisations des droits humains ni les défenseurs de la démocratie moderne représentés par les puissances occidentales. Les assaillants dont l’action de prendre le pouvoir a été annihilée par la résistance militaire et populaire, et qui se sont par la suite repliés au nord, divisant de facto la Côte d’Ivoire en deux, n’ont jamais été inquiétés. Les occidentaux ont plutôt trouvé des terminaisons pour affranchir l’action des rebelles ivoiriens :
‘’C’est un problème ivoiro-ivoirien’’, ‘’c’est une guerre identitaire ou une guerre réligieuse’’, etc. etc. Les exactions physiques, les charniers découverts, le pillage de l’économie avec le trafic du diamant auraient pu être imputés à Soro Guillaume qui s’est réclamé chef dela rébellion alors que tous les Ivoiriens savent que le vrai père reste Alassane Dramane Ouattara qui, à la faveur de son échec à la présidentielle, vient de reprendre sa chose en main.
Les chefs rebelles dont les mains continuent d’être trempées du sang des Ivoiriens, des viols et des pillages n’ont jamais souffert de la moindre sanction occidentale ou sous-régionale (les petits valets nègres). Koné Zakaria est adulé par les chefs d’Etat de la Sous-région, Wattoa traine ses mains souillées de sang dans les couloirs de l’Elysée, lorsque Ouattara, commanditaire de cette rébellion se raffine l’image pour se donner celle d’un enfant docile et innocent.
Si les rebelles sont ainsi adulés par les gendarmes du monde, ce n’est pas le cas pour ceux qui ont été sauvagement assassinés dans la nuit 11 septembre 2002. Charles Blé Goudé et certains membres de la galaxie patriotique sont frappés par une interdiction de sortie du pays ; le pays lui-même est frappé par des Embargos de tous ordres. A un moment donné, toutes sortes de ‘’maladies’’ avaient été attribuées à la zone gouvernementale et pour lesquelles le couteau de la menace était devenu permanent notamment l’exploitation des enfants dans les champs de cacao, les escadrons de la mort, la xénophobie…
Cette conspiration internationale qui connait aujourd’hui ses aboutissants à travers la crise actuelle, a fait beaucoup de tord aux ivoiriens reconnus à présent comme les bourreaux en faisant passer les Vrais bourreaux (les rebelles) pour les victimes. De toute cette réflexion résulte l’interrogation suivante : comment les démocraties occidentales qui condamnent les groupements terroristes et armées tels que l’ETA, l’Al-Qaïda, les FARC, les Forces unies d'autodéfense de Colombie peuvent-elles apporter leur soutien à Alassane Ouattara, le père d’une rébellion armée ?

Vendredi 31 Décembre 2010

http://www.alterinfo.net/Les-contradictions-des-democraties-occidentales_a53252.html


4-2 Robert Lee Obassandjo : « War on Africa » - exercice de décryptage géopolitique : guerre en Côte d’Ivoire (I)

Il y eut d'abord « war on terrorism », avec les résultats que l'on sait : une Amérique empêtrée en Irak comme en Afghanistan, une Amérique de plus en plus haïe à cause de ses cavalcades militaires à but lucratif recouvert des oripeaux d'une « démocratie » à l'occidentale de moins en moins crédible.
Il semble bien qu'au travers de la crise ivoirienne se dessine une stratégie parfaitement similaire : obligée d'abandonner ses fantasmes sur le Nouvel Ordre Mondial et le nouveau Moyen Orient, l'Amérique qui refuse de renoncer à son hégémonie se résout à s'attaquer à cette Afrique utile si prometteuse de croissance, pour autant qu'on la laisse faire.
Il s'agit d'abord de décrypter la réalité de la crise ivoirienne au-delà du sempiternel discours médiatique occidental et ensuite d'imaginer ce qu'il pourrait advenir s'il prenait envie à certains de vouloir régler cette affaire ivoirienne par la force. Nous y consacrerons trois articles dont celui-ci est le premier.
Si Obama n'est pas Bush, l'illusion n'est cependant plus de mise : le président américain est bien entre les mains de l'aile ultra-libérale de l'échiquier politique américain, une aile très minoritaire mais la plus puissante et la mieux structurée.
Depuis longtemps en politique, il n'est plus nécessaire de faire masse pour dominer. Au contraire, mieux vaut être très minoritaire mais fortement déterminé, supérieurement organisé et le mieux pourvu financièrement. Tout le reste s'achète ou se conquiert. Comment expliquer autrement le succès par exemple des bolcheviques de 1917, voire des nazis en 1933
Le président Obama ne manque pas non plus d'alliés, certains étant encore suffisamment aveugles pour suivre l'Amérique dans ses aventures.
En Côte d'Ivoire, d'aucuns semblent assembler toutes les pièces du puzzle, éléments nécessaires au déclenchement d'un conflit qu'ils imaginent certainement « frais et joyeux », malgré les démentis de l'histoire même récente. Il ne manquera bientôt que le brandon et le boute-feu. Au-delà des apparences médiatisées et du discours dominant, qu'on en juge :
- l'Occident qui fut longtemps dominant est désormais dans une crise profonde, économiquement et déclinant sur un plan intellectuel (le déclin n'est pas une posture intellectuelle, c'est un constat démontré par l'histoire de la corruption et de l'incompétence des élites) ;
- l’Occident est constitué de deux pôles : le premier est hégémonique mais il ne lui reste au bilan que la puissance militaire, l'autre est géopolitiquement invertébré jusqu'à l'inexistence et totalement inféodé au premier dans les rets subtils d'un ultra-libéralisme déjà ancien ;
- aucun de ces deux pôles n'ont su anticiper, après la disparition de l'URSS, la vitesse de la montée en puissance du monde dit « émergeant », la Chine en particulier, ni ses conséquences immédiates, à savoir que les dirigeants occidentaux n'y dicteront plus leur lois comme ils étaient accoutumés à le faire ;
- partout dans le monde, l'Occident est en reflux à tout égard, excepté en Afrique et pour cause ;
- cette Afrique est, quant à elle à la veille d'une formidable croissance ;
- la tentation est évidente pour certains cercles d'intérêts puissants, désormais bloqués partout ailleurs, d'imaginer sortir de leur situation de déclin en captant cette croissance ;
- l'Afrique, par ses ressources formidables et le marché gigantesque qu’elle représente, risque bien de redevenir une zone d'affrontement entre bloc de puissances ;
- le Golfe de guinée avec sa forte odeur de pétrole et la faiblesse des Etats qui le constituent, est un objectif économique et stratégique vital pour les Etats-Unis d’Amérique et quelques miettes pour leurs séides.
C'est d'abord et avant tout dans ce contexte précis que se pose la question ivoirienne pour l'Occident. Son discours sur la démocratie et les droits de l'homme ne sont qu'un paravent pour pouvoir y intervenir. C'est un paravent à géométrie variable puisqu'on ne trouve rien à redire aux élections truquées qui viennent d'avoir lieu en Guinée, au Gabon et en Égypte et demain ailleurs (onze sont prévues en 2011).
L'acteur américain éprouve une difficulté certaine pour agir seul sur le continent africain. L'expérience du Liberia, une création typiquement américaine, celle de la formidable raclée qu'il a reçue à Mogadiscio, et d'autres l'amènent à devoir faire sous-traiter ses ambitions cachées par d'anciennes puissances colonisatrices, ce qui explique notamment le rôle pour le moins étonnant de la presse française dans la crise ivoirienne.
S'agissant de la crise ivoirienne elle-même, M. Ouattara y est bien le représentant des intérêts occidentaux et que M. Gbagbo, moins docile, est supposé d'une manière ou d'une autre vouloir s'y opposer quelque peu.
Vouloir choisir entre l'un ou l'autre en matière de vertu républicaine est une de ses billevesées dont la presse occidentale est friande. L'un comme l'autre ont fraudé sans retenue mais avec d'inégals succès. L'un comme l'autre disposent de financements d'origine douteuse. Les deux ont démontré un égale cynisme aux affaires. Le débat ne porte donc pas sur les personnes mais sur les intérêts dont ils sont porteurs et qu’ils représentent.
Le pays lui-même est divisé. On le doit à cette fausse habileté du vieux Houphouët qui attire l'émigration du nord croyant régler des questions internes. Avec le temps et les mauvais comportements, c'est une situation du type « nord pauvre » contre « sud riche » qui prévaut. La question est donc sans solution immédiate. Qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre des deux présidents, la guerre civile est tôt ou tard assurée.
Croire l'inverse, reviendrait en quelque sorte à croire que Akim Taci, O. Ben Laden, A. Karzaï etc., tous un temps candidats promus de l'hégémonisme américains, sont des modèles de vertu démocratique.
Il reste maintenant aux occidentaux à imposer leur candidat. C'est à moitié fait : au terme d'une manœuvre pour le moins douteuse, on fait proclamer Ouattara élu dans son QG de campagne, un hôtel de luxe d'Abidjan, devant un panel trié de journalistes occidentaux, dans des conditions légalement contestables, par le président de la CEI, partisan de M. Ouattara et immédiatement exfiltré vers un grand hôtel de Neuilly.
On notera que s'il y a un « crétin » dans cet affaire, c'est bien « la ménagère occidentale de moins de cinquante ans », cet objet médiatique qui seul peut croire au lamento qu'on lui dessert dans la presse occidentale.
Les réactions consécutives à l'attitude de M. Gbagbo montrent que les états-majors occidentaux ne s'attendaient absolument pas à ce demi-échec. M. Obama y a perdu énormément sur le plan international en se ravalant maladroitement au rôle de marionnette de l’étranger et des milieux ultralibéraux. Mme Clinton confirme son rôle de représentante de la finance démocrate de Wall-street, les organisations africaines leur suivisme de la politique américaine, l'ONU qu'elle n'est qu'un « machin ».
Il faut s'attendre à énormément de maladresses, d'erreurs d'appréciation et de fautes politiques de la part des acteurs politiques occidentaux qui se révèlent assez « amateurs », ce qui préjuge mal de la suite des opérations. Là se trouve le véritable risque.
Toute la question pour les occidentaux se résume désormais à : « comment bouter Gbagbo hors du pouvoir » ? Ceci fera l'objet de notre prochain article.
Le temps et la propagande vont jouer un rôle déterminant mais symétriquement inverse.

Robert Lee Obassandjo

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkAFykkFulWZDbmCYf.shtml


4-3 Robert Lee Obassandjo : « War on Africa » - exercice de décryptage géopolitique : guerre en Côte d’Ivoire (II)

Dans une première partie ont été analysés les éléments structurants des ambitions inavouées des intervenants extérieurs de la crise ivoirienne.
Le président Obama s’est dit depuis « préoccupé par la stabilité » en Afrique de l'Ouest alors qu'au même moment des rumeurs de bruit de bottes agitent la Lagune d'Abidjan : un corps expéditionnaire monterait en puissance à partir Nigéria voisin. « Toujours parler paix, toujours agir guerre », disait Napoléon.
Nous sommes bien là au cœur d'une guerre qui se prépare. Les anciens avaient coutume de dire : « res, non verba ». Les stratocrates modernes leur répondent : « verba et res », appliquant en cela un des principes fondamentaux de la stratégie, à savoir que « action que multiplie communication égale constante », autrement dit : « ne pas dire ce que l'on fait et dire ce que l'on ne fait pas ». Pendant que la propagande prépare, distrait et formate les esprits, l'action occulte se charge de mettre en œuvre les stratégies cachées.
A titre d'exemple, quand la presse occidentale commence à invoquer avec insistance de nombreuses victimes d'exactions, de charnier, d'épurations ethniques voire de génocide, et alors que toute l'histoire récente démontre qu'elle l'a toujours tu ou nié quand c'était effectivement le cas, il faut commencer à se méfier sérieusement : la manipulation est en cours.
Dans tous ces cas-là, il y a aussi un « méchant » qui est très méchant et coupable de toutes les turpitudes. Et à chaque fois il y a heureusement le camp des « gentils » qui se doit d'intervenir, les occidentaux, même par la guerre s'il le faut. Mais personne ne semble remarquer combien le méchant est faible en regard de la force des gentils, et personne n'observe non plus sur quel tas de richesse il se trouve qu'il est assis. Personne n'observe enfin que toute guerre n'est finalement qu'un transfert accéléré de pouvoir et de richesse. Observer tout cela serait en effet très inconvenant et les kapos médiatiques de la pensée conforme sont là pour y mettre bon ordre.
Après ce bref préambule, il convient maintenant de décrypter en quoi la situation ivoirienne s'oriente vers une guerre. La question est désormais, si on en croit les médias qui nous serviront ici de fil directeur, de savoir comment bouter le Gbagbo hors du pouvoir. Au compteur de la source ONU, il en serait à 173 victimes et quelques 19 000 réfugiés tout en notant qu'il n'y a rien sur les propres exactions de l'ONUCI, les milliers de viols comptabilisés depuis des années et les trafics en tous genres de la rébellion et des forces nouvelles de Soro et de Ouattara.
Il revient donc à la « communauté internationale » de se charger de cette éviction et, pour ce faire, elle dispose quatre armes :
• la condamnation, l'isolement et l'ostracisation par l'arme diplomatique et politique (c'est ainsi par exemple que les « ouattaristes » ont pu s'emparer de l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris, aidés en cela par un fort contingent d'éléments de « la grande maison » comme disent les Français qui sont des experts en petitesse) ;
• l'étranglement par assèchement des moyens de subsistance de l'Etat ivoirien via l'arme économique et financière ;
• l'imposition du candidat élu par l'intervention directe d'une force militaire et sécuritaire ;
• l'instauration d'un climat d'insécurité physique et psychologique, associée à la restriction aux denrées alimentaires et aux services de première nécessité au moyen de l'arme de la subversion qui vise à couper la population du pouvoir.
Chacune de ces armes présente des avantages supposés et des inconvénients bien réels mais qui ne se vérifient qu'à l'usage. A ce jour, c'est l'inefficacité objective de l'action menée de la communauté internationale qui prédomine.
Pourquoi un résultat si faible ? C'est bien involontairement que les médias en dévoilent la raison quand ils déclarent benoitement que « presque toute la communauté internationale réclame le départ de Laurent Gbagbo ». Or, justement, tout est dans le « presque ». Ce qui amène naturellement à devoir s'interroger sur la réalité cette « communauté internationale » au nom de laquelle évincer le récalcitrant serait une obligation si ardente obligation. Serait-ce un phantasme ?
En reprenant la terminologie récemment définie par Hubert Védrines, il y a dans cette communauté internationale des nations « mondialisatrices » et des nations « mondialisées », ce qui est une autre façon de présenter la théorie de Fernand Braudel sur la structuration internationale en « centres » et en « périphéries ».
Dans la question qui nous préoccupe, ce sont les nations mondialisatrices qui sont à la manœuvre,et plus exactement:
• « la » nation mondialisatrice et ses nations vassales, leur but étant de tordre le bras plus ou moins amicalement aux autres nations pour faire croire à une « communauté »,
On distingue plusieurs catégories parmi ces autres nations dites mondialisées :
• les nations vassales qui adore leur bourreau, la nation mondialisatrice, au point de s'en faire l'allié indéfectible (on se souviendra de Tony Blair un temps surnommé le caniche de Bush : rôle qui a échu depuis à un autre dirigeant européen) ;
• les nations qui n'ont d'autre choix que de subir cette tutelle mondialisatrice ou qui s'en accommodent pour diverses raisons ;
• les nations qui n'ont d'autre choix que de subir cette tutelle mondialisatrice mais qui ne s'en accommoderont jamais et attendent le moment opportun pour choisir leur camp ;
• les nations à fort potentiel qui considèrent les Etats-Unis comme leur ennemi stratégique majeur mais qu'elles ne veulent affronter que de manière indirecte voire imperceptible pour les plus habiles, en attendant mieux.
C'est dans ces deux dernières catégories que se recrute le « presque » évoqué précédemment. Si on précise que s'y retrouve forcément d'une manière ou d'une autre les nations qui constituent le BRIC, le rapport de force effectif – « res » – (démographique et potentiel économique) est l'inverse du rapport de force apparent que recouvre la formulation médiatique de « communauté internationale » – « verba » : les nations mondialisatrices ou assimilées sont donc potentiellement en posture de faiblesse.
La tutelle mondialisatrice, imbue de nouvel ordre mondial, exerce sa tutelle au travers d’un ensemble d'organisations mondiales, régionales et sous-régionales qu'elle domine. Leur position dans la crise consiste à relayer unaniment le discours dominant pro outtariste, avec pour conséquence prévisible d'entacher durablement leur crédibilité.
Inéluctablement, certaines nations seront obligées de faire jouer leurs propres intérêts dans la crise ivoirienne mais à leur manière. Et pour ce qui concerne la dernière des catégories mentionnée plus haut, leurs intérêts divergent forcément de ceux des Etats-Unis … et de ceux de la France qui s'est beaucoup (trop) exposée dans cette affaire.
Par conséquent, il faut s'attendre à un blocage subtil et progressif de l'emploi des armes politique et diplomatique mais également économique et financière mises en œuvre contre Gbagbo. Ainsi, aucune mesure coercitive ne pourra être prise au Conseil de Sécurité de même que la zone du franc CFA pourrait bien échapper à la France qui n'est plus vraiment en position de d'y imposer ses vues.
Ce blocage sera alors de nature à pousser à l'emploi de la force par une option militaire et sécuritaire les tenants de l'imposition du président légitimement reconnu, autrement dit à la guerre.
Pourquoi ? Il y a trois raisons principales à cela :
• les enjeux sont colossaux dans ce nouveau bras de fer est-ouest / nord-sud ;
• les dirigeants du coté occidental, force est de le reconnaître, ne sont pas à la hauteur de ces enjeux, comme c'est souvent le cas dans l’Histoire, ce qui les amènera à commettre de graves erreurs d'appréciation ;
• le retard stratégique des Etats Unis d’Amérique est patent.
L'importance de ce dernier point mérite un développement particulier. Toute l'histoire de la stratégie montre que ce ne sont pas les crises qui, en soi, sont dangereuses mais plutôt l'inaptitude des élites en place à savoir les traiter. Le schéma de pensée, celui de l'intervention qui sera adoptée, sera calqué sur celui mis au point à la disparition de l'URSS, un contexte particulier où les Etats-Unis, aveuglés par leur puissance, ont très justement été qualifiés « d'hyperpuissance ». Celle-ci n'est plus qu'un souvenir car le contexte est en train de s'inverser :
• l'image de l'américain libérateur et le « mythe de la bonne guerre » ont disparu pour laisser place à une haine qui a provoqué pour la première fois une attaque sur le sol américain lui-même ;
• la cavalcade militaire US entamée sous Bush père dans les années 1990 pour un nouvel ordre mondial tourne à l'échec patent (Irak, Afghanistan) ;
• les États-Unis n'ont pas su anticiper la vitesse de la montée en puissance des pays émergents dont la Chine, un adversaire pour la première fois de leur histoire à leur taille ;
• comme toutes les idéologies mortifères (communisme, nazisme), l'ultra libéralisme US possède en lui-même le germe de sa propre destruction sous la forme de crises économiques basées uniquement sur une cupidité immaîtrisable.
Le contexte a donc considérablement évolué. Pas les esprits.
C'est donc avec les idées et les concepts d'un passé proche mais désormais révolu qu'on aborde un conflit nouveau et d'envergure. Pire, ces idées et ces concepts vont se heurter à des stratégies parfaitement asymétriques et indécelables par les approches classiques : tout est prêt insidieusement pour un schéma à l'afghane.
Appliqué au cas ivoirien, quel sera donc le schéma d'intervention par la force ? Deux conditions doivent être réunies au préalable
• trouver des force supplétives :

 pas question pour les US de s'investir directement – le souvenir incompréhensible de Mogadiscio est encore présent, pas question non plus pour la force française d'intervenir directement compte tenu de son passé et de son passif, inutile de compter sur l'ONUCI dont la valeur militaire est quasi nul, impensable enfin d'envisager de faire intervenir l'OTAN : trop « blanc » ;
cette force sera africaine mais nécessairement encadrée et fortement soutenue par les occidentaux.
• créer les conditions nécessaires à une « incontestable » intervention, autrement dit instrumentaliser, prétexter ou créer un drame humanitaire, ce qui nécessite :
 d'une part l'emploi de la quatrième arme de l'action déstabilisatrice par la subversion et l'action clandestine ;
 d'autre part l'activation sur place de « services spécialisés » certainement déjà à pied d'œuvre, et la collaboration active des rebelles FN et des seigneurs de la guerre qui les encadrent, autrement dit les forces prétendument « démocratiques » du pays, ses pseudo-libérateurs.
Bien sûr, certains hurleront à la théorie du complot alors que des précédents existent. Comment expliquent-ils par exemple ce qui s'est passé au RWANDA et ailleurs.
Dans une troisième et dernière partie, nous tenterons de décrypter le chaos qui s'annonce, sachant que ce type de situation pourrait convenir à certains comme le cas somalien tendrait à le montrer.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkAFykkFulWZDbmCYf.shtml



 Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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