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12/01/2011

n°3 - Journal de Côte d’Ivoire - 12-01 - Début - Minuit moins cinq en Côte d’Ivoire.

n°3 - Journal de Côte d’Ivoire - 12-01 - Début - Minuit moins cinq en Côte d’Ivoire.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre


       Journal de Côte d’Ivoire  

n°3                              12-01

    Par C.Debroeder &  M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blog : 

http://www.dhblogs.be/categories/International.html

http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Toussaint Alain : Minuit moins cinq en Côte d’Ivoire.

Communiqué de la Ligue Panafricaine du Congo-UMOJA (LPC-U)

Côte d`Ivoire : l`indignation sélective de la communauté internationale.

1 Politique

Amar Djerrad: Élections controversées en Côte d’Ivoire: Entre l’ultimatum, la ténacité et le recompte des voix.

Deux avocats de Gbagbo proposent le recomptage des voix.

 Suite

Politique internationale

Voisins & Occident  

Benin : Côte d'Ivoire : les solutions viendront du peuple ivoirien lui-même.  

3 Les brèves

3-1 Côte d'Ivoire: les ambassadeurs de Grande-Bretagne et du Canada renvoyés …

3-2 « Les guerres états-uniennes pour piller l’Afrique.

4 Dossier

4-1 Préparation de l’opération ‘’Code d’honneur’’ : Sarkozy a programmé des massacres à Abidjan.

4-2 Convergence des luttes : Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier.

Fin

5 Analyse

5-1 T. B. Azoguenoo: Opinion d'un Africain sur la crise actuelle en Côte-d'Ivoire.

5-2 Bwemba-Bong : Opération françafricaine de hold-up électoral en Côte d’Ivoire.

 



Tiré à part :

Toussaint Alain : Minuit moins cinq en Côte d’Ivoire

« S’ils s’engagent dans une aventure militaire, ils perdront ! »
EXTRAIT

afiavimag : Au sujet de la Côte d’Ivoire, vous avez déclaré à Bruxelles : « Le coup d’État a échoué ! ». Qu’entendez-vous par là ?

Toussaint Alain : M. Alassane Ouattara est l’auteur du plus long coup d’État de l’histoire du monde. En septembre 2002, avec une bande armée, il a tenté de renverser le pouvoir du président Gbagbo. Ce coup d’état s’est mué en rébellion armée qui a provoqué la partition entre le nord et le sud du Pays. D’accord de paix en accord de paix, de gouvernement de réconciliation nationale en gouvernement de réconciliation nationale, nous sommes arrivés aux élections présidentielles de 2010. Aujourd’hui, nous estimons que M. Ouattara, par sa posture et son comportement, menace la stabilité de la Côte d’Ivoire déjà précaire et l’ensemble de la sous-région Ouest-africaine. Il faut que l’opinion publique européenne comprenne qu’Alassane Ouattara est loin d’être un démocrate. Il est l’opérateur, le sponsor, le bénéficiaire d’une rébellion armée qui a déjà fait plus de 5000 victimes en Côte d’Ivoire. Il faudra qu’un jour ce Monsieur et ses co-acteurs répondent de leurs crimes devant le tribunaux ivoiriens ou internationaux.

 

La Côte d’Ivoire se prépare-t-elle à affronter une intervention militaire extérieure ?

Je pense qu’il s’agirait d’une initiative totalement suicidaire. Il ne faut pas oublier que la Côte d’Ivoire compte 22 millions d’habitants dont plus de 40 % de ressortissants étrangers, principalement originaires d’Afrique de l’Ouest (Burkina-Faso, Sénégal, Mali, Nigeria, Ghana). S’ils voulaient mettre leurs ressortissants en danger, ces pays africains, qui soutiennent une intervention militaire contre la Côte d’ivoire, ne s’y prendraient pas autrement. Or, il faut choisir la voie de la raison qui est celle de la négociation et de la discussion. La Côte d’ivoire n’a pas engagé une action de belligérance contre ses voisins ou un État étranger. Il s’agit d’un contentieux post-électoral ! S’il fallait faire la guerre à tous les pouvoirs qui se retrouvent dans la même situation que la nôtre, c’est l’Afrique toute entière qui s’embraserait. Le risque d’une guerre déclenchée de l’extérieur n’est pas à exclure, mais nous ne le souhaitons pas.

 

L’ONU, l’UE, la France, les USA, la CEDEAO et le Nigeria se montrent chaque jour plus décidés à recourir à l’option militaire pour « déloger Laurent Gbabgo » ...

S’ils sont décidés, eux, à faire la guerre, nous, nous sommes décidés à faire la paix. Et s’ils s’engagent dans une aventure militaire, ils perdront ! Nous avons aujourd’hui la capacité et les moyens de faire face à ce type de danger. Néanmoins, une aventure militaire aurait de très lourdes conséquences pour tous les acteurs engagés dans un tel processus. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous privilégions le dialogue. Par ailleurs, regardons la situation du Nigeria. Ce pays est confronté à de graves troubles intérieurs, des rivalités et affrontements inter-ethniques, des enlèvements de ressortissants européens et américains. Le Nigeria ferait mieux de balayer devant sa porte avant de se lancer dans une aventure guerrière. En conclusion, nous voulons la paix mais si nous sommes contraints à la guerre, nous ne serons pas les perdants ...

 

A la veille d’une éventuelle attaque, la Côte d’Ivoire est-elle soutenue par un ou plusieurs pays dits « émergents » (Chine, Inde, Brésil, etc.) ?

Il suffit d’observer la réunion spéciale portant sur la Côte d’Ivoire qui s’est tenue à la Commission des droits de l’homme à Genève (23 décembre 2010). Et d’examiner ensuite le communiqué final qui en est sorti. Ce qui avait été initialement proposé a été recalé par un certain nombre de pays ... C’est tout ce que je peux vous dire. Aux uns et aux autres d’en tirer les interprétations qui conviennent. J’ajouterais que la Côte d’Ivoire est loin d’être seule, en Afrique de l’Ouest, centrale, du Nord et du Sud comme en Europe, également. Nous comptons aussi des alliés en Amérique latine et en Asie. La Côte d’Ivoire a des partenaires raisonnables qui ne sont pas aveuglés par la haine anti-Gbagbo. Cela fait dix ans que l’instabilité perdure dans notre pays ! Et la « Communauté internationale » n’a jamais songé à une intervention militaire ou même à des sanctions contre la rébellion armée afin de faire cesser la partition territoriale. Aujourd’hui, à la faveur d’un contentieux électoral, il s’agirait d’attaquer notre pays avec des troupes étrangères pour, comme vous dites, « déloger Laurent Gbagbo » ? Il serait temps que les grandes puissances se prennent un peu plus au sérieux ...

 

Le dernier rapport de l’ONU sur les violences commises en Côte d’Ivoire fait état de 173 morts, crimes dont les auteurs seraient principalement les partisans de Laurent Gbagbo ...

Qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la rage ... Je ramène les auteurs de ce rapport à l’ensemble des évènements et violences qui ont eu lieu en Côte d’ Ivoire depuis septembre 2002. Il ne faut pas faire de distinguo entre les morts ; compter les victimes qui seraient le fait d’un camp et oublier celles qui seraient le fait de l’autre camp. Il faut que toutes les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire soient prises en considération ! Dans cette perspective, ce n’est pas celui qu’on croit qui se retrouvera devant la CPI (Cour Pénale Internationale). M. Ouattara et M. Soro (Premier ministre désigné par Alassane Ouattara, ndlr), les patrons de la rébellion, savent pertinemment qu’ils portent la responsabilité de milliers de crimes dans la zone du Nord qu’ils occupent. S’il y a eu une enquête de l’ONU sur les récents évènements, cela ne peut que nous réjouir. Mais les morts de 2010 ne doivent pas faire oublier ceux des années précédentes. Ceux-ci sont essentiellement le fait d’Alassane Ouattara qui a fait assassiner des milliers de femmes et d’enfants en Côte d’Ivoire ...

 

Vous estimez la Côte d’Ivoire victime d’un « complot international » piloté par la France de Sarkozy. Comment Sarkozy a-t-il pu convaincre Obama, une majorité de dirigeants de l’UE, de l’ONU et de la CEDEAO de se faire « les complices d’un coup d’État » ?

Depuis septembre 2002, date du déclenchement de la rébellion, la France a toujours été à l’initiative de toutes les résolutions concernant la Côte d’Ivoire. Aux Nations-unies, c’est à l’initiative de la France que se tiennent les réunions sur la crise ivoirienne. La France a choisi de soutenir d’autres dirigeants que Laurent Gbagbo. C’est cette logique qui continue, année après année. Aussi longtemps que Gbagbo sera au pouvoir, la France se dressera contre lui. Désormais, par on ne sait quel tour de passe-passe, le pouvoir français est parvenu à embarquer M. Obama dans une aventure guerrière. Il s’agit de protéger des intérêts occidentaux au moment où la Chine, et plus largement l’Asie, fait une percée économique extraordinaire sur le continent africain. Ce qui intéresse la France et les États-Unis, c’est moins la promotion de la démocratie que les ressources pétrolières, minéralogiques de la Côte d’Ivoire et du Golfe de Guinée. Aujourd’hui, pour transporter le pétrole du Golf arabo-persique aux États-Unis, il faut compter trois mois, avec toutes les menaces terroristes qui pèsent sur les tankers. A partir du Golfe de Guinée, le même transport ne prend que trois semaines jusqu’à la Côte Est américaine. Il s’agit d’enjeux géopolitiques et géostratégique. Il y a également la menace d’AQMI (Al-Quaeda Maghreb Islamique) en Afrique du Nord. Compte tenu de cette donnée, les USA ont aussi besoin d’alliés en Afrique de l’Ouest. Mais le président Gbabgo n’a jamais mené d’actions contre les intérêts français et américains. Bien au contraire puisqu’il a permis aux 600 entreprises françaises de renforcer leurs parts de marché sur le territoire ivoirien.

 

Vos adversaires ivoiriens ont jugé nulle et non avenue la proposition de Laurent Gbagbo visant à créer un « comité d’évaluation international » pour sortir de la crise. Quelle carte vous reste-t-il pour rétablir le dialogue avec le parti d’Alassane Ouattara ?

Je sais que la raison finira par l’emporter. M. Ouattara se retrouvera à une table de négociation avec le Président Gbagbo. Parce qu’il faudra qu’on en revienne à la dimension nationale de la crise. On a créé une crise internationale de façon artificielle avec une substitution d’acteurs. Désormais, les premiers concernés doivent se retrouver. Le président Gbagbo et son épouse, M. Ouattara, M. Soro et M. Bédié doivent se retrouver pour discuter. Je pense que nous arriverons à cela dans une dizaine de jours. Parce que la situation de blocage n’arrange personne ! Ni le Président Gbagbo, ni M. Ouattara, ni ses parrains.

 

Revenons au « contentieux post-électoral ». Le Conseil Constitutionnel ivoirien (CC) a constaté des fraudes au Nord du pays et a annulé ces résultats partiels tout en proclamant la victoire de Gbagbo. Or, selon l’article 64 nouveau du Code électoral, en cas de fraudes, le CC doit invalider l’ensemble du scrutin pour le réorganiser. Pourquoi le CC n’a-t-il pas pris cette décision ?

C’est un article parmi d’autres. Le Conseil Constitutionnel, la Constitution et le Code électoral ivoiriens prévoient que le candidat qui souhaite introduire un recours, doit le transmettre au CC. Cette instance doit alors se prononcer dans un délai de un à sept jours. Après l’examen des éventuels recours, le CC proclame les résultats définitifs. Dans les deux textes, il y a plus de 70 articles. Chacun fait donc son marché, s’arrête à l’article qui l’arrange de manière opportuniste et ignore les autres articles. En ce qui concerne le traitement et l’annonce des résultats, le CC est saisi de recours dans les délais. C’est ce qui s’est passé à l’issue du second tour. Lorsque le CC a constaté qu’il y avait 2200 P-V trafiqués, il les a écarté, puis a proclamé les résultats ...

 

La CC avait-t-il le droit d’annuler des résultats partiels ?

Parfaitement ! La même décision a d’ailleurs été prise en France lors de l’élection présidentielle opposant Mme Royal à M. Sarkozy. A l’issue du second tour, il y a eu une ou deux circonscriptions françaises pour lesquels les votes ont été annulés. Annulation qui a conduit à recalculer avant proclamation des résultats. Les règles constitutionnelles sont les mêmes entre les deux Républiques. La différence, c’est que l’irrégularité constatée chez nous ne concerne pas une ou deux circonscription mais se retrouve à l’échelle du département, de la ville et de la Région. Il y a eu industrialisation de la fraude. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’opposition a refusé le comptage électronique. Les ordinateurs sont paramétrés : si vous avez, par exemple, plus de votants que d’inscrits dans une circonscription, la machine rejette automatiquement les résultats. Or, sur les P-V litigieux de M. Ouattara, c’est ce type d’anomalies qui a été constatée ... Pour résumer : la fraude est bizarrement concentrée au Nord du pays et profite à M. Ouattara. Ce dernier, qui a pourtant l’habitude de se plaindre, n’a pas introduit de recours au CC. Y compris contre les résultats exprimés au Sud qui lui sont défavorables. Cela signifie au moins une chose : au Sud du pays, (favorable à Laurent Gbagbo, ndlr), le vote s’est déroulé d’une manière globalement satisfaisante.

 

Vos adversaires affirment que M. Ouattara n’est pas l’homme des USA. Si vous deviez donner un exemple du contraire, quel serait-il ?

D’abord, la rébellion a été montée et financée depuis Ouagadougou (Burkina-Faso). La Côte d’Ivoire a été coupée en deux et le nord du pays est contrôlé par le Burkina-Faso, puissance étrangère aussi petite soit-elle qui a soutenu le candidat Ouattara. Entre les deux tours du scrutin, M. Ouattara se rend au Sénégal à la convocation du Président Wade ; c’est une preuve supplémentaire. Le président du Nigeria, Jonathan Goodluck, a financé à hauteur d’un milliard de FCFA la campagne électorale de M. Ouattara. L’agitation, l’excitation de l’ONU, des États-Unis et de la France montre bien qu’Alassane Ouattara est le candidat de l’extérieur. C’est un pantin, un instrument dont ils ont besoin pour s’accaparer la Côte d’Ivoire. Il y a tellement de problèmes plus graves dans le monde que le contentieux post-électoral ivoirien qu’il y a de quoi s’étonner de cette subite agitation. La Somalie, le Soudan, le Liban, Gaza et Israël/Palestine n’ont toujours pas trouvé de solutions mais L’ONU n’a rien d’autre à faire que de s’occuper des problèmes post-électoraux en Côte d’Ivoire ? Cette Institution invente des charniers, crée la psychose, communique autour d’une future guerre civile ... Soyons sérieux : Alassane Ouattara est un agent américain au service d’intérêts étrangers !

 

Au-delà des partis-pris, la crise ivoirienne réactive une question centrale : après le cinquantenaire des indépendances africaines, ce continent est-il réellement libre et indépendant ?

Tout le monde sait qu’aujourd’hui l’Afrique n’est pas libre ... La plupart des pays africains ont à leur tête des dirigeants cornaqués par les capitales occidentales. Ce sont des présidents aux ordres ; leur politique est essentiellement menée dans le but d’appauvrir les africains et d’enrichir les grandes puissances occidentales. Cette question des indépendances est effectivement centrale et ce qui se passe en Côte d’Ivoire, sans doute déterminant pour le futur de l’Afrique. C’est pour cela que nous souhaitons que ce conflit se résolve dans la paix. L’époque des Africains qui vendaient d’autres africains à des puissances négrières ne doit pas se renouveler. Lorsqu’on évoque la possibilité que le Nigeria, aidé de mercenaires burkinabé, sénégalais et togolais, attaque la Côte d’Ivoire pour rétablir je ne sais quel « président élu », on en revient aux souvenirs des temps anciens, de la trahison africaine dans la Traite négrière. Cette lutte pour une véritable indépendance doit s’amplifier et s’intensifier. De manière pacifique, par le débat d’idées et la confrontation des concepts. Kwamé N’Krumah, Patrice Lumumba, Sekou Touré et d’autres n’ont pas vécu et lutté en vain ! Le Président Gbagbo est dans la lignée de ces pères fondateurs de l’Afrique. A la lumière de ce que nous vivons aujourd’hui, nous comprenons mieux ce que l’Occident a appelé « la sagesse de Félix-Houphouët Boigny » (premier Président de la Cote d’Ivoire, décédé en 1993, ndlr). Houphouët était prisonnier du système de la Françafrique. Il avait le choix entre vivre et diriger son pays sans déplaire ou être assassiné et provoquer une guerre civile. Cette « sagesse », c’est d’être soumis et docile. Lorsqu’on ne choisit pas cette option, souhaitée par le maître blanc, on devient un « xénophobe », un « va-t-en guerre » et un « fraudeur d’élections ». Laurent Gbagbo est un patriote et un panafricain authentique qui a choisi la liberté contre l’asservissement. A Abidjan, la France aurait voulu un petit-commis de Paris, au service de ses ambitions. Le Président Gbagbo, lui, est un chef d’État, fût-il d’un pays qui n’a pas voix au chapitre concernant les résolutions prises au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Toussaint Alain
Conseiller UE de Laurent Gbabbo

Propos recueillis par Olivier Mukuna

Source : afiavi

Url de l'article : http://www.michelcollon.info/Minuit...

http://www.michelcollon.info:80/Minuit-moins-cinq-en-Cote-d-Ivoire.html

 

Communiqué de la Ligue Panafricaine du Congo-UMOJA (LPC-U)

Considérant la situation politique actuelle en Côte d’Ivoire, suite au second tour des élections présidentielles ;

Considérant les prises de position de l’ONU, l’Union Européenne (U.E.), des États-Unis d’Amérique, de l’Union Africaine (U.A.), l’U.E.M.O.A et de la C.E.D.E.A.O sur la situation en Côte d’Ivoire ;

Considérant que le refus de la création d’un État fédéral en 1963 a consacré la balkanisation de l’Afrique, et de ce fait l’Afrique est restée une zone d’influences pour les puissances occidentales ;

Considérant que Kwamé Nkrumah nous enseigne : « Il est clair que nous devons trouver une solution africaine à nos problèmes, et que ceci peut seulement être trouvé dans l'unité africaine. Divisés, nous sommes faibles ; unie, l'Afrique peut devenir l'une des plus grandes forces dans le monde …» ;

Considérant qu’un conflit postélectoral, sur notre continent, n’a jamais été réglé par des organisations régionales en décrétant l’usage des armes de guerre ; considérant qu’aucune goutte de sang d’un enfant africain ne doit couler pour la résolution de ce conflit...
 

Nous, Ligue Panafricaine du Congo-Umoja, appelons tous les Africains et tous les peuples épris de paix et de liberté, à se lever contre cette volonté d’hégémonie persistante de l’Occident sur les peuples opprimés.

Nous appelons la jeunesse africaine à la résistance face aux valets locaux et autres ennemis de la Renaissance africaine.

Nous réaffirmons avec force que la crise postélectorale en Côte d’Ivoire doit trouver une solution africaine, par la négociation et qu’aucune goutte de sang d’un enfant africain ne doit couler pour la résoudre. Depuis la nuit des temps, sous l’arbre à palabres ou ailleurs, les Africains ont expérimenté à plusieurs reprises l’art de la négociation.
 

Nous disons « NON » à la vision occidento-centrée, qui veut conduire nos peuples à la guerre, l’occasion étant trop belle pour les marchands de la mort, qui jubilent déjà sur les hyper profits générés par la vente de leurs armes et autres produits de destruction encore à l’essai.
 

Nous appelons toutes les organisations panafricaines à une action collective, concertée et globale pour, non seulement dénoncer cet état de fait, mais aussi prendre des mesures conservatoires pour que ceci soit un dernier épisode d’un système qui n’a que trop longtemps duré.

Thomas Sankara disait : « Il faut proclamer qu'il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 40 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu'il a été grand hier et donc, peut-être aujourd'hui et demain. Fonder l'espoir ».

Fait à Paris, le 02 janvier 2011.
PS :
http://lpcumoja.unblog.fr   

 

Côte d`Ivoire : l`indignation sélective de la communauté internationale.

Le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo ne doit pas pour autant faire oublier d'autres violations de la démocratie qui se déroulent dans l'indifférence générale. Honduras, Afghanistan, Egypte, Irak : Jack Dion met en évidence un « deux poids, deux mesures » flagrant de la communauté internationale, uniquement préoccupée par le dirigeant ivoirien sortant.
Pour débloquer la situation en Côte d’Ivoire, les Etats-Unis ont proposé à Laurent Gbagbo, président autoproclamé, de l’accueillir outre Atlantique, et même de lui confier un poste de professeur. Pourquoi pas ? On espère seulement que dans l’hypothèse où il accepterait cette proposition, le grand ami de certains socialistes français n’aura pas en charge l’enseignement du droit ou de la justice, ce qui serait du plus mauvais effet. On notera également que les Etats-Unis, s’ils étaient vraiment fidèles aux principes qu’ils prétendent défendre aux quatre coins du monde, auraient dû formuler une telle offre à Hamid Karzaï. En effet, le président afghan a été élu à la présidence de la République dans des conditions aussi ubuesques que celles en vigueur en Côte d’Ivoire. Seulement voilà : aussi corrompu soit-il, Hamid Karzaï est un ami de l’Amérique, de l’Otan, et de la « communauté internationale » - celle-là même qui prétend dire le droit en Côte d’Ivoire, mais qui l’oublie en Afghanistan ou ailleurs.

Telle est d’ailleurs la raison pour laquelle Laurent Gbagbo peut se maintenir au pouvoir, malgré l’hostilité (justifiée) de toutes les instances prétendant définir les règles d’une démocratie a minima. A force de jouer avec les principes et de pratiquer la règle du deux poids, deux mesures, on permet à des apprentis sorciers de se transformer en bouc émissaire à moindre frais.

L’exemple afghan n’est pas le seul. Le président élu du Honduras, pays voisin des Etats-Unis, Manuel Zelaya, a été renversé par un putsch en juin 2009, puis expulsé manu militari. D’après les documents révélés par WikiLeaks, l’ambassadeur américain au Honduras parlait lui-même d’un « coup d’Etat » en bonne et due forme. Et que s’est-il passé ? Rien. Les pustchistes sont toujours au gouvernement, et la « communauté internationale » se contente de surveiller Chavez, président du Venezuela voisin. Le nombre de journalistes assassinés pour avoir rappelé que le droit avait été violé au Honduras continue à augmenter, lentement mais sûrement. Mais la « communauté internationale » préfère s’émouvoir du sort de la presse à Cuba. A l’Onu, à l’Union Européenne, à la Maison Blanche, le Honduras n’existe pas. Comment, dans ces conditions, avoir la moindre crédibilité pour faire la leçon à un Gbagbo ?

On pourrait multiplier les exemples de cette hémiplégie contagieuse. Le viol du suffrage universel est intolérable en Côte d’Ivoire, mais il l’est en Egypte, où Moubarak, grand ami des Etats-Unis, fait la loi (électorale) comme bon lui semble. Il l’est également en Irak, pays où il a fallu plusieurs mois de négociations pour former un gouvernement issu d’élections qui feraient passer Abidjan pour un havre de démocratie. Mais comme ce sont les émissaires américains qui ont constitué l’équipe gouvernementale, dont les principaux membres sont arrivés dans les fourgons de l’armée d’occupation, la « communauté internationale » brille par son silence.

Ladite « communauté internationale » n’est pas plus loquace avec les frasques d’un Berlusconi en Italie, qui ferait passer Chavez pour un prix Nobel de la paix, ou d’un Viktor Orban en Hongrie, qui est un mixte des deux à lui tout seul. Que le nouveau pouvoir hongrois redécouvre la censure pour délit d’opinion, cela ne semble émouvoir personne. La Hongrie, nonobstant ses étranges mœurs, est même devenue présidente du Conseil de l’Union Européenne. Va-t-on demander à Viktor Orban d’aller rappeler les principes démocratiques à Laurent Gbagbo ?
Où l’on voit que le président autoproclamé de Côte d’Ivoire peut compter sur ses ennemis de l’extérieur pour soigner sa popularité à l’intérieur, quitte à pousser son pays vers l’abime.

5 janvier

Marianne2.fr -

http://news.abidjan.net/h/386060.html



Politique

Amar Djerrad : Élections controversées en Côte d’Ivoire: Entre l’ultimatum, la ténacité et le recompte des voix.

Jamais des élections en Afrique n’ont subi de telles ingérences que celles de Côte d’Ivoire qui ont opposé Laurent Gbagbo, le président sortant, et Alassane Ouattara. Surtout de la part de la France dont le jugement ne peut être que suivi en vertu d’un principe tacite, partagé, relatif à l’attitude à prendre envers les ex-colonies.   
Aussi, leur faut-ils des dirigeants obéissants au risque de les évincer par la force s’il le faut. Dès lors, ils est tout fait pour s’ingérer, dans les affaires des pays récalcitrants, en soutenant à l’occasion l’opposition pour prendre le pouvoir; refaire si nécessaire le même scénario si celle-ci n’entre pas ‘dans leur rang’.  
Sur la Côte d’Ivoire, Sarkozy s’autorise une affligeante ingérence en donnant un ultimatum à L. Gbagbo de céder le pouvoir «avant la fin de la semaine».  
Logiquement, qui de Ouattara annoncé «vainqueur» par la commission électorale indépendante ou de Gbagbo déclaré président par le Conseil Constitutionnel, doit être légalement Président de Côte d'Ivoire si l’on veut respecter la légalité?  
Si changement il doit y avoir il ne doit venir que des ivoiriens. Ils sont les seuls à voir mieux ce qui les arrange sans se laisser guider par un Occidentdont les travers à se mêler des affaires des autres mènent au désordre et aux divisions.  

Une franco-ivoirienne résidente à Abidjan donne cette réponse à une question sur les réactions aux «commentaires» «…Ils sont très mal perçus. Ce n'est pas aux États-Unis et à la France de … se prononcer sur notre constitution…ce qu’[ils] ignorent, c'est que Gbabgo est soutenu par la population…» Gbagbo dénonce un «complot Franco-Américain» tout en mettant en garde contre un risque de guerre civile en cas de coup de force. Il révèle lors d’une interview le rôle des ambassadeurs de France et des États-Unis

«…Ils sont allés chercher le président de la Commission électorale... pour le conduire à l'hôtel du Golf QG de mon adversaire. Là-bas…on apprend…que mon adversaire est élu…Il y a un complot qui vise à installer Ouattara au pouvoir…». A propos de la Cédéao est la menace d’utilisation de la force, Gbagbo répond «Regardez un peu où ça se passe[élections] plus ou moins bien, ou plus ou moins mal, où il n'y a pas d'élection du tout…Si on devait aller en guerre dans tous ces cas-là, je crois que l'Afrique serait perpétuellement en guerre…Ici, nous avons des lois et une Constitution…Et selon cette Constitution, c'est moi qui suis élu président…». Il poursuit
«Quand j'ai été attaqué en 2002, nous n'avons vu ni la France, ni les États-Unis, ni la Cédéao prendre la moindre sanction. Les agresseurs…étaient connus… Aujourd'hui ils retrouvent tous la parole et ils disent «haro sur Gbagbo»
Quant à A. Ouattara, il a essuyé 2 revers en échouant à mobiliser les foules pour une marche et une grève générale. Lorsque ses partisans ont pris d’assaut l’Ambassade de Côte d’Ivoire à Paris, la France autorise, au même moment, «l’autorité légitime» à nommer un nouvel ambassadeur, suivie de la GB.
Après avoir été économiste FMI, Ouattara occupe différents postes à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest. PM sous Houphouët-Boigny, il est remplacé pour devenir en 1994 DG adjoint du FMI. Il jouit d'une bonne réputation auprès de grandes institutions financières.
Le 2 décembre 2010 Ouattara est annoncé vainqueurs par la Commission électorale indépendante. Le Conseil constitutionnel proclame, le lendemain, le président sortant réélu en invalidant les résultats dans 7départements du Nord. Les présidents français et américain appellent Gbagbo à se retirer suivis de Catherine Ashton et du SG de l'ONU.   Ouattara, a donné à Gbagbo jusqu'à vendredi 31 décembre minuit pour quitter le pouvoir. Son PM, Guillaume Soro, qui déclare qu’il « n'aurait pas d'ennuis s'il se retirait dans ce délai...sinon [il sera] envisagé d'autres mesures ». l'UE accroît la pression par des sanctions contre 59 de ses proches (y compris des membres du Conseil Constitutionnel)  
Mais L. Gbagbo ne compte «pas céder» en opposant aux ultimatums une fin de non-recevoir. Il dénonce lors d’un discours de vœux à la télévision «une tentative de coup d’Etat sous la bannière de la communauté internationale »
Entre les ultimatums qui expirent et les manifestations reportées, la situation est bloquée. Blé Goudé du haut d’une tribune demande aux jeunes de prendre d’assaut, s’il le faut, «à mains nues» le QG de Ouattara - un Hôtel protégé par ses fidèles et des Casques bleus - qui se justifie, selon lui, par le fait qu’il devient « un lieu où se conçoit le plan de déstabilisation de la Côte d’Ivoire». Au sujet du soutien de Sarkozy, Blé Goudé révèle que c’est parce que le «président français aura besoin du soutien financier de Ouattara pour sa campagne de 2012».  
On reproche à Ouattara (69 ans surnommé ADO) son ascension grâce à l’influence de sa maitresse la française Dominique Nouvian - qu’il a ensuite épousée à Neuilly-sur-Seine, mariage célébré par le maire Nicolas Sarkozy - d’origine sépharade née à Constantine, femme d’affaire, qui a acquis sa puissance dans les milieux du ‘bisness’ sociétés immobilières en Côte d’Ivoire en gérant les propriétés immobilières de Félix Houphouët-Boigny et de Omar Bongo, à Paris, Canne puis au Gabon à Ouagadougou et au Burkina Faso. Elle acquiert, en 1998, les franchises Jacques Dessange aux EU en devenant présidente de la compagnie French Beauty Services à Washington.
Ce cumul d’activité la rendant fortunée, elle se tourne vers «l’humanitaire» en créant la fondation «Children of Africa». Ses détracteurs disent «Qui croirait que les enfants d’Afrique sont la couverture d’un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l’a fait !»
Mais voilà que deux célèbres personnalités françaises s’y mettent de la partie. Il s’agit de l'ex-ministre des AE françaises Roland Dumas et du ténor du barreau Jacques Vergès que les pros Ouattara traitent de «vieillards, octogénaires, coutumiers des scandales, rejetés par une société française». Ces 2 personnalités qui ont rencontré Gbagbo proposent simplement le «décompte de nouveau de toutes les voix … sous le contrôle international…» et Vergès précise qu’il «ne vois pas qui de bonne foi peut le refuser». Il fait aussi cette significative remarque sur I-Télé «
Qu'est-ce qui autorise le gouvernement français à intervenir dans une querelle électorale en Côte d'Ivoire? Le temps de la colonisation et des juges de paix à compétence étendue est terminé», tandis que Roland Dumas estime qu’il y a « quelques indications pour pouvoir dire que tout le monde n'est pas d'accord dans la communauté internationale. Elle se résume à quelques personnalités qui se mêlent de tout et dont on va examiner le cas»

Jeudi 6 Janvier 2011

Amar Djerrad

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EkAuFEulAkVUBJHiDj.shtml

 

http://www.alterinfo.net/Elections-controversees-en-Cote-d-Ivoire-Entre-l-ultimatum-la-tenacite-et-le-recompte-des-voix_a53463.html

Deux avocats de Gbagbo proposent le recomptage des voix.

Deux célèbres avocats français Roland Dumas et Jacques Vergès ,recrutés par Laurent Gbagbo, ont proposé dimanche un recomptage des voix du scrutin présidentiel du 28 novembre en Côte d'Ivoire, pour départager le sortant et son rival Alassane Ouattara, qui revendiquent tous deux la victoire.
"Nous sommes pour le décompte de nouveau de toutes les voix, si tout le monde est d'accord, sous le contrôle international", ont déclaré l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Roland Dumas et Jacques Vergès lors d'une conférence de presse.
"Faisons le décompte, je ne vois pas qui de bonne foi peut le refuser", a lancé Jacques Vergès au terme d'une visite de trois jours à Abidjan où ils ont rencontré à "trois reprises" Laurent Gbagbo.
"Nous avons trouvé quelqu'un de décidé à faire éclater la vérité sur certaines choses et à sortir de cette crise, pas à n'importe quel prix", a ajouté M. Dumas.
Laurent Gbagbo a proposé à plusieurs reprises la mise sur pied d'un "comité d'évaluation" international sur la crise post-électorale, une offre restée pour l'heure sans écho.
Le pays est plongé dans une grave crise depuis que M. Gbagbo a été proclamé réélu par le Conseil constitutionnel, qui a invalidé les résultats de la commission électorale donnant M. Ouattara vainqueur. 
La communauté internationale reconnaît ce dernier comme président légitime et exige le départ du sortant.

03/01/2011

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=168440&language=fr

 

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