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30/01/2011

n° 63 - Journal de PAKISTAN. - 26-12 au 29-01 : Début - : « Barack Obama : L’impérialisme à visage humain(…) »


n° 63  - Journal de PAKISTAN. - 26-12 au 29-01   : Début - :  « Barack Obama : L’impérialisme à visage humain(…) »



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

n° 63- 26-12 au 29-01              

                    C.De Broeder & M.Lemaire                          

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                             http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     ·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



Sommaire.

Tiré à part :

Le Pakistan au cœur des débats.

La tension au Pakistan sur fond de l'assassinat du gouverneur du Pendjab.

Résultats mitigés pour la stratégie américaine en 2010.

Dommages Collatéraux...

Salve de tirs de drones américains, 15 morts au total  

18 pertes civiles, cadeau de Noël des Américains aux Pakistanais.  

Paroles & action du président...

Najate Zouggari : Tariq Ali : « Barack Obama : L’impérialisme à visage humain(…) »

1 Au jour le jour

2 Positions

3 Politique

a) locale

b) Usa

Fin

Le Pakistan en chiffres 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Vidéo : Le gouverneur du Penjab pakistanais tué dans une fusillade.

4-2 John Pilger : Droits et devoirs des journalistes. Pourquoi les guerres ne sont-elles pas rapportées honnêtement?



Tiré à part :

23-01

Un sit-in de protestation contre ces tirs a réuni à Peshawar (nord-ouest) plus de 10.000 militants du principal parti i pakistanais, Jamaat-i-Islami (JI), selon la police.

Les manifestants brandissaient des banderoles disant "Mort à l'Amérique", "Arrêtez les attaques de drones au Pakistan", "Non à l'ingérence américaine au Pakistan" ou "Ecoute Obama, ne tue pas des musulmans innocents".

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j96ZJWosGCi7mDjWfWI7VmWfYNAQ?docId=CNG.dcf9c2b2b1625a79a2fc3f6349dfa759.e31

23-01

Dans la Mir Ali, environ 1.800 hommes ont manifesté dimanche contre ces fréquentes frappes de drones, ont rapporté des témoins. Les marchés y étaient fermés et il n'y avait pas de circulation sur la route d'habitude très fréquentée Bannu-Miranshah, qui passe par Mir Ali.

"Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates pour arrêter les attaques de drones sinon nous lancerons un mouvement de protestation et marcherons sur Islamabad", a averti un chef tribal devant les manifestants qui scandaient des slogans contre les Etats-Unis et la CIA.

Le 19 janvier, cinq rebelles présumés avaient été tués dans des attaques similaires, ainsi que trois le 12 du mois, cinq le 7 et 15 le 1er janvier.

Déjà vendredi, plusieurs centaines de Pakistanais des régions tribales avaient manifesté contre les attaques de drones, affirmant qu'elles tuaient des innocents, notamment des femmes et des enfants. La manifestation avait rassemblé à Miranshah plus de 1.000 personnes criant là aussi des slogans contre les Etats-Unis et la CIA.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j96ZJWosGCi7mDjWfWI7VmWfYNAQ?docId=CNG.dcf9c2b2b1625a79a2fc3f6349dfa759.e31



Le Pakistan au cœur des débats.

La tension au Pakistan sur fond de l'assassinat du gouverneur du Pendjab.

Salman Taseer, 66 ans, gouverneur de l'état du Pendjab et figure saillante du parti du peuple pakistanais (PPP) au pouvoir a été abattu par un de ses gardes qui l'a criblé de 29 balles dans la capitale Islamabad.

Des milliers de Pakistanais ont bravé, mercredi, les violences, à Lahore, pour assister aux funérailles du gouverneur du Pendjab, assassiné la veille.  Ils ont réclamé aux autorités pakistanaises d'identifier et d'arrêter les auteurs de l'assassinat de Salman Taseer. Le Premier ministre Youssuf Raza Gilani a décrété 3 jours de deuil national, en appelant au calme pour éviter les violences. Des émeutes ont aussitôt éclaté à Lahore, la capitale du Pendjab, dès l'annonce de l'assassinat de ce gouverneur très populaire. L'assassinat de M. Taseer a notamment été dénoncé par l'ONU et l'Union européenne. Le Secrétaire général de l'ONU a condamné, dans un communiqué, l'assassinat de cet homme politique du Pakistan et a réclamé une grande fermeté contre les auteurs. Le Secrétaire général de l'ONU a indiqué dans son communiqué que l'assassinat de Taseer était une grande perte pour le peuple et le gouvernement pakistanais. Les enquêteurs devaient de leur côté déterminer si le garde de M. Taseer, Malik Mumtaz Hussain Qadri, avait agi seul ou s'il s'agissait d'un complot plus large. Selon les autorités, il s'est immédiatement rendu et a avoué avoir tué le gouverneur en raison de son opposition à la loi sur le blasphème. Dix personnes ont été arrêtées à la suite du meurtre, dont le superviseur de la sécurité qui a mis le meurtrier sur le planning de travail ce jour là, et son adjoint, a indiqué le ministre de l'Intérieur Rehman Malik. L'assassinat du gouverneur du Pendjab intervient alors que le gouvernement, minoritaire au parlement après la défection dimanche d'un de ses principaux alliés au sein de la coalition au pouvoir, est désormais à la merci de l'opposition, qui peut le faire tomber si elle s'unit pour déposer une motion de censure. Son chef Nawaz Sharif a lancé mardi un ultimatum à M. Gilani, lui donnant trois jours à partir de la fin du deuil national pour annoncer des réformes.

Jeudi 6 Janvier 2011

 http://french.irib.ir


Résultats mitigés pour la stratégie américaine en 2010.
La stratégie américaine, marquée par d'importants renforts en 2010 puis l'annonce d'un retrait progressif à partir de 2011 en Afghanistan, et par un déluge de missiles visant Al-Qaïda au Pakistan, n'a pas produit d'effets décisifs sur le front de la "guerre contre le terrorisme".

Car, avec près de 700 morts, 2010 est de très loin l'année la plus meurtrière en neuf ans de guerre en Afghanistan pour les quelque 140.000 soldats de la force de l'Otan, aux deux tiers américains, face à des talibans qui, avec leur tactique de guérilla, ont gagné du terrain jusque dans le nord.

L'objectif de Washington, repris cette année par l'Otan, de retirer leurs troupes de combats à partir de 2011 et de confier aux forces afghanes la responsabilité de la totalité de la sécurité du pays d'ici la fin 2014 est, pour les experts, au mieux optimiste, au pire utopique.

 Une image restera à l'esprit en cette fin d'année 2010: la visite-éclair début décembre du président américain Barack Obama, en pleine nuit et tenue secrète pour "raisons de sécurité".

Il est venu dire à ses soldats qu'ils étaient en train de "briser l'élan des talibans" mais n'a pas quitté la base américaine pour se rendre à Kaboul et rencontrer son homologue afghan Hamid Karzaï, en raison d'une mauvaise météo selon la Maison Blanche.

Cette visite furtive, raillée par les talibans qui ont moqué une "fuite d'Afghanistan en pleine nuit", illustre le contraste entre des déclarations parfois enflammées à Washington et la retenue des chefs militaires sur le terrain.

 AngolaPress, 11/12/10 11:36



Dommages Collatéraux...

28-12- 2010
Au moins 16 personnes ont été tuées dans quatre attaques de drones américains lancées mardi après-midi dans la région tribale pakistanaise du Waziristan Nord, ont rapporté les médias locaux.

Au cours de la première frappe, les drones américains ont tiré deux missiles sur deux maisons situées dans la région de Tehsil Ghulam Khan dans le Waziristan Nord, tuant cinq personnes qui se trouvaient dans leur maison.

Lors de la deuxième frappe, quelques minutes après la première, trois personnes auraient été tuées, alors qu'une chaîne de télévision locale affirme que 12 personnes auraient trouvé la mort. Lors de la troisième frappe, le bilan fait état de quatre morts et de deux blessés. Lors de la quatrième frappe, au moins quatre personnes ont été tuées, a rapporté la chaîne de télévision Geo.

L'armée américaine a ainsi lancé une dizaine de raids de drones au Pakistan depuis le début du mois de décembre. Toutes les frappes ont été menées dans la même zone du Waziristan Nord, à l'endroit qui borde l'Afghanistan et qui abriterait les  résistants au Pakistan. Une centaine de personnes ont été tuées dans ces frappes depuis le début du mois. 

xinhua

 

Salve de tirs de drones américains, 15 morts au total  

29/12
Trois attaques de drones américains contre des campements et véhicules de « rebelles » présumés ont fait au moins 15 morts mardi dans une zone tribale du nord-ouest du Pakistan frontalière de l'Afghanistan, selon des responsables de la sécurit
Ces attaques comme la quasi-totalité des bombardements de drones américains ces derniers mois, ont visé le Waziristan du Nord, bastion des combattants talibans pakistanais et de leurs alliés d'Al-Qaïda, et base arrière des talibans afghans qui vont mener des attaques contre l'Otan en Afghanistan.
Washington ne cesse de presser Islamabad de lancer une offensive terrestre dans ce district semi-autonome, mais l'armée pakistanaise a jusqu'ici répondu qu'elle n'était pas encore prête à le faire.
Quatre attaques de drones y ont au total été menées lundi et mardi.
Mardi matin, "un drone a tiré quatre missiles sur deux campements rebelles" dans le village de Ghulam Khan, tuant cinq combattants à une vingtaine de km à l'est de Miranshah, la principale ville du district, a déclaré à l'AFP un responsable local de sécurité. Un autre responsable local a confirmé ce bilan à l'AFP, également sous couvert de l'anonymat.
Dans l'après-midi, deux autres séries de tirs ont, en l'espace de 15 minutes, tué dix combattants à Nawab, un village situé à la frontière afghane, selon plusieurs responsables locaux.   
"Les drones ont tiré des missiles sur trois voitures", a déclaré à l'AFP un de responsables des services de sécurité. Des responsables des services de renseignement à Miranshah et Peshawar ont confirmé ces tirs et ce bilan.   
Lundi, toujours dans le Waziristan du Nord, un drone avait tiré six missiles sur un véhicule et une maison, tuant au moins quinze rebelles présumés, selon des responsables locaux de la sécurité.   
L'un des bombardements de drone précédents avait tué au moins 25 « rebelles présumés » à la mi-décembre dans le district tribal de Khyber, frontalier de l'Afghanistan, selon des responsables pakistanais.   
Les bilans de ces sources sont impossibles à vérifier en raison de l'accès limité aux zones visées. 

Lancée en 2004, la campagne de tirs de drones américains Predator ou Reaper sur le nord-ouest du Pakistan s'est nettement intensifiée depuis l'été 2008 et les salves de missiles sont devenues très fréquentes, voire quotidiennes à certaines périodes, ces derniers mois.   
Les responsables américains qualifient volontiers les zones tribales pakistanaises d'endroit "le plus dangereux du monde", où les cadres d'Al-Qaïda planifient des attentats en Europe et aux Etats-Unis et entraînent leurs kamikazes.   
Ils y bénéficient du soutien et de la logistique des talibans pakistanais, dont les kamikazes ont perpétré l'essentiel des quelques 400 attentats; ces attentats ont fait près de 4.000 morts dans tout le pays depuis l'été 2007, lorsqu'ils ont décrété le jihad à Islamabad pour dénoncer l'alliance du gouvernement pakistanais avec les Etats-Unis.   
Les zones tribales pakistanaises sont également la principale base arrière des talibans afghans qui vont mener des attaques de l'autre côté de la frontière contre les forces américaines et de l'Otan déployées en Afghanistan.

 http://www.almanar.com.lb 
 

 

18 pertes civiles, cadeau de Noël des Américains aux Pakistanais.  

18 personnes ont été tuées, aujourd’hui, dans un raid de drones américains, dans la province du Waziristan, au Pakistan. Deux drones américains ont lancé 4 missiles sur les régions civiles du Waziristan, selon un responsable de la sécurité de Miranshah, Chef-lieu de la province. Ces deux attaques ont ciblé Mandi Khel et Gholam Khan, deux villes situées, respectivement, à 25 et 15 kilomètres du nord de Miranshah.

Hier, aussi, 9 civils pakistanais ont perdu la vie, dans les raids des drones américains.

Les vols des drones américains au-dessus des régions tribales pakistanaises se sont intensifiés, ces derniers mois, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme.

01/01/2011

 http://french.irib.ir

03-01

Trois attaques au missile américaines ont fait 18 morts samedi dans le nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane, rapportent de hauts responsables du renseignement pakistanais.

Des missiles ont détruit un véhicule qui circulait dans le Nord-Waziristan, faisant au moins neuf morts. Deux heures plus tard, des drones ont tiré sur les personnes qui ramassaient les corps, faisant cinq morts supplémentaires.

AP

Des obus tirés d'Afghanistan tuent cinq civils.

Cinq civils, dont trois femmes, ont été tués jeudi dans le nord-ouest du Pakistan par des obus de mortier tirés depuis l'Afghanistan voisin, ont annoncé vendredi des militaires pakistanais.

En Afghanistan, la force internationale de l'Otan (Isaf) et l'armée afghane, utilisent des mortiers.

Par le passé, les  résistants comme la coalition internationale ont tiré à quelques reprises en direction du territoire pakistanais, où les talibans afghans disposent d'importantes bases arrières. "Jeudi soir, cinq obus de mortier ont explosé dans le village de Teti Madakhel", dans le district tribal du Waziristan du Nord, un bastion des talibans pakistanais alliés à Al-Qaïda et aux talibans afghans, a expliqué à l'AFP un haut responsable militaire pakistanais, sous couvert de l'anonymat.

"Cinq civils --trois femmes et deux hommes-- ont péri et six personnes ont été blessées", a ajouté cette source.

14/1

http://www.romandie.com/i


Paroles & action du président...

Najate Zouggari : Tariq Ali : « Barack Obama : L’impérialisme à visage humain(…) »

Depuis plus de 40 ans, Tariq Ali, historien né au Pakistan et figure de la gauche radicale britannique, analyse et critique la politique étrangère des États-Unis qu’il qualifie d’impérialiste. À l’occasion de la traduction en français de son dernier livre, Obama s’en va-t-en guerre (Éditions La Fabrique, 2010), nous l’avons rencontré pour l’interroger sur les conflits engagés par les États-Unis.

L’arrivée au pouvoir de Barack Obama aurait-elle modifié la vision du monde de la bannière étoilée ? Ses propos, tout comme l’argumentation du livre, balaient l’ensemble des illusions formées sur la présidence du métis de la Maison Blanche. Le dirigeant actuel, en dépit d’une couleur dont il a su habilement jouer, s’est contenté de marcher dans les pas de son prédécesseur friand de bretzels, de chapeaux texans et de croisades contre « l’Axe du Mal ». Assurément plus cultivé et plus sympathique que George W. Bush, ce qui n’était guère difficile, Obama a pourtant fait pire dans certains contextes – l’Afghanistan et le Pakistan. Retour sur la politique étrangère de l’Oncle Barack.

CQFD : L’ambassade des États-Unis en France a récemment invité une série d’individus « issus de la diversité». Comment expliquez-vous l’engouement des personnes qui ont accepté cette invitation et comment interpréter cette entreprise américaine de séduction dans les recoins populaires de la République française, notamment la banlieue ?

Tariq Ali : Lors de la victoire d’Obama, les États-Unis ont décidé qu’ils allaient exploiter au mieux l’événement. J’ai écrit dans mon livre qu’Obama était la facette la plus inventive de l’impérialisme. C’est exactement ce que montrent les invitations lancées aux minorités. Or, maintenant, ça fait de moins en moins recette. L’excitation qui consistait à avoir un président métis à la Maison Blanche est passée. En dernière instance, ce qui compte, c’est ce que vous faites, vos politiques et leur capacité à provoquer un changement… Ce changement n’a pas vraiment eu lieu. Le fait qu’il ne soit pas blanc devient alors sans intérêt, sauf pour les fanatiques de droite qui l’attaquent encore au moyen d’allégations stupides. Une vaste majorité d’Afro-Américains n’a pas voté pour Obama lors des récentes élections de mi-mandat. Je pense que beaucoup de ceux qui acceptent les invitations de l’ambassade américaine se sentent flattés, parce qu’ils n’ont probablement pas l’habitude d’être invités dans ce type de lieu. Ils projettent leurs propres illusions sur Obama : « Il va faire ceci, il va faire cela. » Or, en pratique, le bilan des réformes est plutôt décevant.

Quelle fonction Obama peut-il alors jouer dans l’économie du rêve américain ? Et à quelle hypothèse de résistance cette fonction peut-elle renvoyer ?

Dans un système politique américain dominé par deux partis qui défendent les intérêts des plus riches et cherchent à maintenir les acquis de l’impérialisme américain, la seule hypothèse valable que l’on puisse former est celle d’un troisième parti qui serait différent, qui refléterait d’autres intérêts, sociaux et politiques. Je pense qu’il pourrait recueillir les suffrages de deux à trois millions de personnes. Mais, à ce jour, les États-Unis ne sont pas parvenus à réaliser cette hypothèse. En contrepartie, nous avons une oligarchie bien réelle, une oligarchie politique, économique et militaire qui dirige en permanence le pays.

L’un des plus grands politologues américains, Sheldon Wolin, a écrit un livre, Democracy Incorporated, dans lequel il démontre que la démocratie américaine est mise en danger par l’omnipotence des grandes entreprises et par le fait que, pour devenir président, il faut dépenser des millions et des millions de dollars avant seulement de pouvoir prétendre à cette place. Donc, la question qui se pose est : combien de temps ce système de gouvernance peut-il encore durer avant que ne s’organise la résistance du peuple américain ?

Lors du bombardement de Gaza par l’armée israélienne pendant vingt-deux jours consécutifs, le président demeura silencieux. Est-ce un effet de l’autocensure liée aux poids des groupes de pression tels que l’influent American israel public affairs committee (Aipac) ou l’expression d’une défense des intérêts américains au Proche-Orient ?

Il y a un grand débat sur cette question aux États-Unis. On trouve des gens qui pensent que c’est dans l’intérêt des États-Unis de protéger Israël, quel que soit le prix à payer, d’autres qui considèrent que la politique américaine à l’endroit d’Israël est irrationnelle et contrevient plus largement aux intérêts américains dans la région. Et je suis plutôt d’accord avec cette deuxième position. Israël est complètement intégré à la structure même de la politique américaine. D’ailleurs, le chef d’état-major d’Obama, Rahm Emmanuel, a été commandant dans l’armée israélienne.

Les médias américains couvrent le conflit israélo-palestinien sans la moindre contextualisation : on raconte qu’Israël se défend contre des attaques terroristes. Mais, depuis Gaza et le rapport du juge Goldstone, il y a eu un tournant et les divergences à l’intérieur même de la communauté juive sont apparues au grand jour.

Il faut souligner que la France est le pays où il est le plus difficile de formuler ces commentaires. Une poignée d’individus dans les médias dominants ont placé cette question en zone interdite. Je me rappelle quand j’ai publié le roman Un sultan à Palerme, j’étais supposé me rendre à France Culture pour une longue interview. À la dernière minute, ils annulent. Ils ont expliqué à mon éditrice, Sabine Wespieser : « Il a trop écrit sur la Palestine. »

Comment expliquez-vous la continuité de la politique menée par Bush ? Quel projet est-il globalement fixé et la politique d’Obama a-t-elle les moyens d’y parvenir ?

Le régime d’Obama est assurément un régime de continuité : tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. La politique étrangère de Bush a donc été poursuivie, à l’exception de l’Afghanistan et du Pakistan pour lesquels Obama est bien pire que Bush. Il a provoqué une escalade de violence, et fait plus de morts que Bush lui-même, avec les attaques de drones. L’explication est très simple : un président américain dirige non seulement les États-Unis mais aussi le système impérialiste qu’il se doit de préserver. À moins que des mouvements sociaux ne se créent par le bas ou que les États-Unis essuient un revers magistral dans quelque endroit du monde, je ne vois pas comment la situation pourrait changer.

Quand les drones américains ont frappé le Pakistan, ces attaques aériennes ont été qualifiées de « bavures militaires ». Comment Obama a-t-il justifié ce total de 183 frappes au 10 octobre 2010 ?

Des militaires pakistanais ont dit aux forces US : « Dans cette maison, il y a des terroristes. » Alors, à une centaine de kilomètres d’altitude, ils ont détruit cette cible avec un drone. Quand je vais au Pakistan, où j’ai souvent l’occasion de me rendre, on me demande si je veux voir les maisons de ceux qui ont été tués, et vous savez qu’il s’agit, dans 90 % des cas, de gens ordinaires. Il y a presque un an, quand il y avait des manifestations à Téhéran et qu’une femme a été tuée [Neda Soltani, dont la mort a été filmée et diffusée sur Internet, ndlr.], l’ensemble des médias occidentaux s’est saisi de l’événement et Obama est apparu larmoyant à la Maison Blanche tandis que les gouvernants européens poussaient de hauts cris.

Ce même jour exactement, les drones américains tuaient cinquante personnes au Pakistan : des femmes et des enfants pour la plupart d’entre eux. Qui s’en est ému ?

Le président Obama considère l’Afghanistan et le Pakistan comme une zone de guerre unique : l’Afpak. Pouvez-vous décrire plus précisément cette zone et développer les enjeux géostratégiques qui y sont rattachés?

La zone Afpak est la zone interfrontalière dans laquelle vivent les Pachtounes. Ils s’offrent mutuellement refuge, évidemment. D’un côté ou de l’autre de la frontière, vous avez des gens du même village, de la même tribu, qui parlent la même langue. Des liens se nouent et, souvent, il y a des mariages. Les Américains essaient de détruire cela et la stratégie consiste simplement à vider les lieux. Ils ont ainsi poussé l’armée pakistanaise à déplacer deux millions de personnes de cette région et à détruire leurs villages. Ces gens vivent maintenant dans des camps de réfugiés, au sein de leur propre pays. Voilà ce qu’est l’Afpak et voilà ce dont Obama est responsable et pourquoi les Pakistanais le détestent.

Les Américains croient qu’ils ne peuvent pas gagner la guerre en Afghanistan à cause du refuge trouvé par les militants au Pakistan. C’est la vieille rengaine impérialiste : on ne peut pas gagner au Vietnam, alors, bombardons le Cambodge ! Ils font exactement la même chose dans cette région, et ils créent davantage d’ennemis et davantage de haine. Jamais ils ne gagneront la guerre en Afghanistan. La seule question, c’est : combien de gens vont-ils encore tuer avant de se retirer ? Et le fait que des pays européens aient des troupes là-bas est révoltant car la plupart de leurs citoyens sont opposés à cette guerre. Les opinions ne sont pas dupes du fait qu’il s’agit d’une guerre cynique ne remplissant plus aucune fonction. Les Américains ont donné le pouvoir aux personnes les plus corrompues du pays : la famille Karzai s’est enrichie dans le commerce parallèle, le trafic d’héroïne et les détournements de fonds. Voilà ce à quoi l’Occident apporte son soutien ! Grâce à un bulletin de la CIA, on sait que le moyen de gagner les cœurs et les esprits en Europe consistait à justifier cette guerre par l’émancipation des femmes… Or, la condition des femmes s’est dégradée avec l’occupation. Le nombre de bordels a augmenté de 500 % depuis le début de l’occupation ! Voilà comment les États-Unis et leurs alliés de l’Otan libèrent les femmes !

Concernant l’Afghanistan, vous écrivez : « les avancées dont les médias nous rebattent les oreilles sont illusoires ». Pouvez-vous expliquer le rôle des médias dans l’assentiment à la guerre d’une large fraction de l’opinion publique occidentale ?

Les choses sont simples : à chaque fois que l’Occident part en guerre, les médias sont à ses côtés. Et maintenant, il y a de plus en plus de médias embarqués [embedded medias], des journalistes qui vivent avec les soldats, qui vont en mission avec eux. Ainsi, même s’ils n’étaient pas tellement pro-guerre au départ, ils le deviennent car ils s’identifient aux soldats qui veillent sur eux.

L’analyse critique des médias en temps de guerre est inexistante. Les journalistes sont devenus des propagandistes : le consensus néolibéral et la justification de la guerre se retrouvent dans la plupart des journaux de référence. Parfois, en privé, ils peuvent avouer : « Oui, nous savons que c’est de la merde, mais bon. » En public, ils continuent d’écrire ce qu’il faut écrire pour percevoir leur salaire.

La lutte contre ce consensus de façade ne peut être menée qu’à travers les médias alternatifs. C’est ce qui émerge lentement, le fait que nous ayons le web et des sites – Counterpunch, Democracy Now – que beaucoup de monde va visiter, notamment quand il y a une guerre, prouve que les gens ne croient même plus en leur propre presse ! Cette presse tire avantage du fait que nous vivons dans un monde consumériste, dépolitisé, fondé sur le crédit et l’intérêt pour la vie des célébrités. La presse alternative pourrait enrayer ce processus.

Pensez-vous que les récentes « révélations » de Wikileaks soient une expression de ces nouveaux médias alternatifs dont vous faites l’éloge ou simplement un tour de passe-passe spectaculaire par lequel les médias dominants se blanchissent à bon compte ?

Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer les révélations de Wikileaks. Elles ont embarrassé le gouvernement d’Obama et ses satrapes européens, comme le démontrent les poursuites à l’encontre de Julian Assange. Certains médias de référence, eux-mêmes, ont été gênés de devoir publier ces « leaks ». Gareth Porter de Counterpunch a critiqué les publications partielles de câbles diplomatiques par le New York Times et le Washington Post : l’acquisition supposée de missiles nord-coréens par l’Iran a ainsi été rapportée, mais le câble où cette version est réfutée par les Russes est passé sous silence, ainsi que celui où la présence de tels missiles n’est clairement pas prouvée. Certains de ces câbles peuvent donc être assimilés à des ragots diplomatiques, mais pas tous. Ils confirment plutôt ce que nous savions déjà des politiques impérialistes.

Najate Zouggari

Janvier 16th,

CQFD

http://www.inversalis-productions.eu/blog/2011/01/barack-obama-limperialisme-a-visage-humain/


Commentaires

Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-22: THÉORÈME DES 3 ÉQUILIBRES.

ORIGINE CATASTROPHES .


Cordialement

Clovis Simard

Écrit par : clovis simard | 30/06/2011

Les commentaires sont fermés.