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02/02/2011

n° 565 Dossier de Palestine - 02-02 - début - Requiem pour l’ingérence humanitaire médiatique.

n° 565 Dossier de Palestine - 02-02 - début -  Requiem pour l’ingérence humanitaire médiatique.


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

                                      N°565                                                     02-02

                                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : Les fraises de gaza

1-2 Ramzy Baroud « Le calvaire des Palestiniens » : Le cœur du problème c’est l’humanité.

1-3 René Naba : Israël : De la propagande partie. (2/3)

1-4  Le boom des blogues gazaouis.

Suite

2 Les brèves

2-1 L'occupation réutilise des bombes de gaz mortel dans la répression des Palestiniens.  

2-2 Rami Almeghari : L’aviation israélienne détruit une laiterie dans Gaza.

2-3 Hamas: la destruction de l’hôtel Shepherd va dans le sens d’une judaïsation de Qods.  

3 Dossier

3-1 Hébron-AlKhalil : le quotidien infernal de l’occupation israélienne.

3-2 Richard Falk : La violence d’Israël contre les manifestants du mur de la honte : du TERRORISME D’ETAT.

Fin

3-3 Alain Gresh : La prochaine guerre.

3-4 René Naba : Requiem pour l’ingérence humanitaire médiatique.



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : Les fraises de gaza

.http://www.viddler.com:80/explore/reportages01/videos/1/


1-2 Ramzy Baroud « Le calvaire des Palestiniens » : Le cœur du problème c’est l’humanité

Quand j’ai trouvé un exemplaire du dernier livre de William A. Cook, « Le calvaire des Palestiniens » dans ma boîte à lettres, j’ai ressenti par un peu d’inquiétude.

Rassemblant le travail de plus de 30 grands écrivains, ce manuel est celui qui aborde à mon sens le calvaire des Palestiniens de la façon la plus claire à ce jour.

Ramzy Baroud

Mercredi 22 Décembre 2010

15 septembre 1982 - Massacres perpétrés par les fascistes libanais avec l’aide de l’armée israélienne, dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à beyrouth

De l’introduction de la plume même de Cook : « L’Histoire cachée du projet sioniste de transformer la Palestine en un état juif », jusqu’au résumé des crimes d’Israël de Francis Boyles : « les crimes d’Israël contre les Palestiniens », le lecteur est convié à un voyage extensif qui le conduit tout au long de l’histoire de la Palestine d’avant et après la Nakba, la Catastrophe de 1947-48.
Cependant je craignais que quelque chose ne manque dans cette entreprise noble et monumentale : la réponse personnelle des Palestiniens aux cruautés qu’ils subissent. Est-ce que les Palestiniens seraient encore une fois présentés comme de simples victimes photographiées sur des posters pour réunir des dons ?
La photo de couverture était significative : un vieil homme à la barbe blanche et à l’air doux qui aurait pu être n’importe quel grand-père palestinien ou du Moyen-Orient caresse avec affection les cheveux d’un petit enfant. Les deux personnages sont accroupis devant une petite tente. Al-Nakba venait de les frapper, et les deux Palestiniens séparés par deux générations mais qui vivent le même drame ont l’air épuisé et hagard. Cependant d’une certaine manière le grand-père fait valoir avec détermination son droit d’aimer son petit-fils. Le refus de renoncer à son humanité a été le fer de lance de la lutte et de la résistance du peuple palestinien contre le cruel système d’occupation et d’oppression, pendant presque 63 ans.
Beaucoup d’universitaires le savent-ils ? Comprennent-ils bien ce qui donne la force à un vieillard palestinien d’un village de Cisjordanie d’affronter la brutalité des colons juifs, année après année, en rentrant de récolter les olives des rares oliviers qu’il lui reste ? Ou à une femme palestinienne de Gaza de faire les allers et retours jusqu’au bureau de la Croix Rouge pour y brandir une photo de son autrefois jeune fils qui souffre dans une prison israélienne ?

Ce qui leur donne la force de continuer à vivre n’est pas quelque chose qui peut être disséqué scientifiquement ou analysé intellectuellement. On peut seulement le ressentir, l’expérimenter et le comprendre partiellement. Cette compréhension toutefois est essentielle car ignorer la composante la plus importante du conflit palestinien, à savoir le peuple palestinien ferait perdre beaucoup de temps et d’efforts.

Il y a des intellectuels qui, avec les meilleures intentions du monde, considèrent souvent comme une seule et même chose la faiblesse compréhensive des leaders actuels de l’Autorité Palestinienne et la détermination du peuple palestinien. Ile ne font pas de différence entre les deux dans leurs écrits. Un des meilleurs auteurs sur la Palestine a noté à juste titre l’énorme différence de pouvoir entre les Palestiniens et Israël et a fait remarquer qu’un tel déséquilibre ne pourrait jamais engendrer des négociations équitables. A l’appui de ses dires, l’auteur écrit que les Palestiniens sont « un peuple presque totalement privé de pouvoir » qui négocie avec un « occupant puissant ».

Mais le peuple palestinien ne négocie avec personne. Ses représentants ne représentent qu’eux-mêmes et leurs intérêts personnels. Il est important de maintenir la distinction entre l’Autorité Palestinienne de Ramallah et le peuple palestinien qui lutte pour ses droits depuis tant d’années et qui a lancé deux des plus grandes manifestations populaires de pouvoir et de résilience : Le Premier Soulèvement de 1987 et l’Intifada al-Aqsa de 2000. Une population entière qui s’attaque à l’auto-proclamée « plus grande armée du Moyen-Orient » peut-être difficilement qualifiée « d’impuissante ». Le peuple palestinien s’est imposé comme un élément concret dans l’analyse du conflit et il a prouvé qu’il était un acteur puissant dans l’élaboration de son propre destin.

Jeff Harper, le directeur du Comité Israélien contre la Démolition de Maisons, comprend bien cela. Ceux qui militent pour la Paix et la Justice ont consacré des dizaines d’années à oeuvrer pour une solution juste du conflit, cela leur a donné l’occasion de travailler avec de nombreux Palestiniens. Il a donc compris quelque chose que les politiciens ignorent volontairement ou involontairement. « Tant que tous les Palestiniens -et pas seulement l’AP- ne seront par d’accord pour dire que le conflit est résolu, il ne le sera pas. » Il ajoute dans un article récent intitulé « Palestine 2011 » que « Israël et ses alliés ont le pouvoir de rendre la vie presque insupportable aux Palestiniens, mais ils n’ont pas celui d’imposer l’apartheid ou le warehousing*. »

Harper a raison et l’histoire a prouvé encore et encore cet état de fait. Il y a des limites au pouvoir du « puissant occupant ». Il peut tuer, confisquer, détruire et brûler, mais il ne peut pas forcer l’autre à se soumettre. De sorte que, parler de la victimisation des Palestiniens sans parler de leur résistance collective constitue une vision incomplète de la réalité historique.

Il est bien sur indispensable d’étudier le Calvaire des Palestiniens et d’en parler avec autorité et de manière extensive. Le récit détaillé des souffrances qu’occasionne « le lent génocide » permet de se rendre compte des violences expérimentées par les Palestiniens. Sans cela, nous ne pourrions jamais comprendre la colère, le ressentiment et la douleur partagés par plusieurs générations d Palestiniens en Palestine et dans la Diaspora.

La tragédie humaine est décrite dans toute sa réalité dans la première partie du livre. A chaque paragraphe le lecteur se trouve confronté a des épisodes sanglants. Mais si l’insoutenable violence de ce conflit est bien réelle, pourquoi tant de personnes voient-elles cela différemment ? La réponse se trouve dans la deuxième partie : « Propagande, Perception et Réalité ». Elle commence par une citation du slogan du Mossad israélien d’avant 2007 : « Pour tromper l’opinion, fais la guerre. » Il semble que ce slogan résume la conduite officielle d’Israël.

Cependant la société civile ne peut être trompée indéfiniment et le récit des initiatives extraordinaires prises par des gens ordinaires sur la terre entière sont ce qui donne toute sa valeur à la troisième partie. « Gouverner selon le droit ou par la force » est une introduction édifiante aux efforts des militants avec des thèmes qui vont de « Le tribunal Russel en Palestine » à « La nécessité d’un boycott culturel ».

Le Calvaire des Palestiniens n’est pas seulement une chronique supplémentaire de l’histoire d’une nation sans défenses. Tout en reconnaissant sans hésitation cette réalité, ce n’est pas du tout une apologie de l’état de victime. Le livre rend plutôt compte de l’inévitable passage de la souffrance à la résistance.

Dans l’essai : « Le nom qu’on lui donne a-t-il de l’importance ? » deux de mes auteurs favoris, Kathleen et (le défunt) Bill Christison écrivent : « La résistance palestinienne est palpable au fil de cette terrible histoire. Dans le même petit village, pendant qu’une famille s’en va d’autres construisent ».

C’est cet équilibre même entre destruction et construction, désespoir et espoir, occupation et persévérance qui fait la puissance du peuple palestinien. Leur pouvoir ne peut être comptabilisé mais on peut le sentir, l’expérimenter et le comprendre. « Le Calvaire des Palestiniens » est un livre qui relate une longue histoire de destruction en semant les graines de compréhension si nécessaires à l’avènement d’un changement significatif et durable.

[Note :]

* Voici la définition de Jeff Harper sur canalblog (http://mcpalestine.canalblog.com/ta...) Le concept de « warehousing », c’est-à-dire le parcage : Comment parquer les « humains excédentaires » dans des camps de réfugiés, dans des zones de déportation, dans des réserves amérindiennes, dans des bidonvilles, etc...

Ramzy Baroud

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com.

Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.
http://www.counterpunch.org/baroud1...
Traduction : D. Muselet

22 Décembre

 http://www.info-palestine.net

http://www.alterinfo.net/Le-calvaire-des-Palestiniens-Le-coeur-du-probleme-c-est-l-humanite_a52965.html


1-3 René Naba : Israël : De la propagande partie 2/3
I – Hasbara, Kiss, GIYUS. ORG, Spot and Shoot, le vade-mecum des outils de la stratégie israélienne de communication,

La place prépondérante qu’occupe Israël en termes d’ « unités de bruit médiatique » s’explique aussi par sa maîtrise des outils de la stratégie de communication moderne grâce à des techniques qui ont pour nom Hasbara, Kiss, GIYUS. ORG, abscons pour le grand public.

Hasbara (1) : Le terme hébreu « Hasbara » se traduit officiellement par « explication publique » mais signifie couramment « propagande », du latin propaganda, ce qui doit se propager.

Cela inclut non seulement le travail des relations publiques gouvernementales mais des questions plus secrètes que traite le pouvoir israélien avec une cohorte d’organisations privées et d’initiatives qui font la promotion de l’image d’Israël dans la presse, à la télévision et en ligne. Conséquence de la dégradation de l’image d’Israël, en général, et de l’armée israélienne, en particulier, consécutive au bellicisme de ses équipes gouvernementales, Israël déploie une équipe de cybernautes pour diffuser une désinformation positive.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a ainsi mis sur pied une équipe clandestine spéciale de travailleurs rémunérés dont le travail consiste à surfer sur l’Internet 24 heures sur 24 pour propager des informations positives sur Israël. Le recrutement s’opère parmi les soldats fraîchement diplômés et démobilisés, dotés de compétences linguistiques, en vue de ont jouer le rôle de surfeurs ordinaires, tout en propageant la ligne gouvernementale sur le conflit du Moyen-Orient. Les surfeurs de l’opération HASBARA ne s’identifient pas comme Israéliens, mais comme des surfeurs dont les propos ont une touche personnelle, mais qui reposent en fait sur un argumentaire mis au point par le ministère. Une équipe de cybernautes, en somme, pour diffuser de la désinformation positive en vue de tenter d’étouffer le débat, comme ce fut le cas lors de l’assaut naval israélien contre la flottille humanitaire de Gaza, en avril 2010.

L’existence d’une « équipe Internet de combat » est apparue au grand jour depuis qu’elle a été inscrite dans le budget du ministère des Affaires étrangères en 2009. Près de 105 000 € ont été réservés à une première phase de développement, et un financement supérieur est prévu pour la suite, en raison de l’importance prise par l’Internet dans la guerre psychologique contemporaine, au point de devenir un théâtre d’opérations dans le conflit israélo-palestinien. Le soutien à Israël qui s’exprime, d’une manière passionnée, dans les sections interactives des sites Internet, forums, chats, blogs, Twitters et Face book, n’est pas aussi spontané qu’il n’apparaît à première vue. Une synchronisation est effectuée avec un groupe de défense privé, particulièrement actif GIYUS. ORG (Give Israel Your United Support). Ce groupe disposerait de près de 50 000 activistes, équipés d’un programme téléchargé « MEGAPHON », chargé d’alerter leurs ordinateurs chaque fois qu’un article critiquant Israël est publié. Ils sont alors censés bombarder le site de commentaires de soutien à Israël.

Spot and Shoot (2) : En complément à la bataille de l’Internet, Israël a développé la guerre optronique (optique électronique) sous un programme intitulé Spot and Shoot (Repère et Tire), qui équivaut à un meurtre à distance par télécommande. Des opérateurs sont assis devant un écran de télévision à partir duquel ils peuvent contrôler l’action avec une manette de style PlayStation. Le but : tuer. Manié par des jeunes israéliennes qui font leur service militaire, Repère et tire, comme l’appelle l’armée israélienne, peut ressembler à un jeu vidéo, mais les silhouettes sur l’écran sont de vraies personnes, les Palestiniens de Gaza, qui peuvent être tués par la pression d’un bouton sur la manette. Des femmes soldats, situées loin de là dans une salle d’opération, ont la responsabilité de cibler et d’actionner les tirs des mitrailleuses télécommandées installées sur des tours de guet tous les quelques mètres le long de la grille électronique qui encercle Gaza. Le système est l’un des derniers dispositifs de « meurtre à distance » développé par la Compagnie israélienne d’armement Rafael, l’ancienne division de la recherche en armement de l’armée israélienne, désormais une firme gouvernementale distincte. Le contrôle à distance du matériel militaire comme ‘Spot and Shoot’ est le visage de l’avenir. Il espère que d’ici une décennie, au moins un tiers des machines utilisées par l’armée israélienne pour le contrôle terrestre, aérien et maritime seront télécommandées.

B- KISS : Pour « Keep It Simple and Specific » ou « Keep It Stupid and Simple ». La méthode repose sur le principe selon lequel une question simple et précise vaut souvent mieux que d’aller droit au but en attendant que l’utilisateur fasse lui-même un raisonnement plus complexe. Offrez à votre interlocuteur la possibilité de donner son opinion. Faites-lui sentir qu’il est spécial à vos yeux. Tenir compte des remarques de l’interlocuteur et signaler le lui, cela encouragera sa réceptivité à vos arguments.

II- L’argumentaire ou la proposition du “The Israël Project’s 2009, Global Language Dictionary »

Le principe de base repose sur l’axiome selon lequel le langage d’Israël et le langage des Etats-Unis sont synonymes, s’articulant sur des mots basiques : « démocratie », « liberté », « sécurité ».

Un rapport intitule “The Israël Project’s 2009 Global Language Dictionary », rédigé par Franz Lunzt, un américain sioniste, opérant pour le compte du groupe de pression, « The Israël Project (TIP) », basé à Washington, vise à faire la promotion de la version israélienne des évènements, en proposant d’expressions et vocabulaire « prêts à l’emploi » afin de donner une image positive d’Israël.

Ce rapport de 117 pages, établi en avril 2009 et mis à jour par Newsweek le 10 juillet 2010, part du constat que les médias sont la source principale de l’information sur le Moyen Orient pour la grande majorité des Américains. Il invite en conséquence les dirigeants pro israéliens à s’assurer que des histoires solides et « programmables à la TV » soient choisies et montrées dans les médias sur une base régulière.

Fondé sur des sondages auprès des Américains, le rapport est une leçon aux autorités américaines sur la manière de présenter le « plat Israël » à la planète. Le rapport se conclut par cette affirmation péremptoire : « ce n’est pas ce que vous dites qui compte. C’est ce que les gens entendent ».

De l’usage du vocabulaire et du ton : L’auteur donne plusieurs exemples des « mots pour le dire » dans des encadrés citant des exemples de ce qu’il ne faut pas dire, et ce qu’il faut dire. Il cite en exemple l’usage de l’Empathie :

« Même les questions les plus difficiles peuvent être contournées si vous êtres prêts à accepter la notion que l’autre côté a, au moins, une certaine crédibilité. Si vous commencez votre réponse avec « je comprends et je sympathise avec ceux qui » vous construisez déjà la crédibilité dont vous aurez besoin pour que votre audience sympathise et soit d’accord avec vous.

Un ton condescendant, paternaliste, fera fuir les Américains et Européens. « Nous sommes à un moment de l’histoire où les Juifs en général (et les Israéliens en particulier) ne sont plus perçus comme des personnes persécutées. Les audiences américaines et européennes -audiences non juives sophistiquées, éduquées, ayant leurs points de vue- les Israéliens sont souvent vus comme les occupants et les agresseurs » souligne-t-il.

L’auteur recommande de Différencier clairement Palestiniens et gens du Hamas. Par humilité, Ne pas prétendre qu’Israël est dans l’erreur ou sans-faute, mettre constamment l’accent sur les buts militariste du Jihad et du support iranien du terrorisme afin de créer de l’empathie pour Israël., rappelant régulièrement qu’Israël veut la paix, évoquant au passage des expressions telles « compromis », « diplomatie économique », « exemples d’efforts de paix » « prospérité économique » (pour les Palestiniens).

Dernière et non la moindre des recommandations : Parler du futur, jamais du passé, en laissant entrevoir un espoir. Eviter une attaque directe de votre opposant. Utiliser un ton doux. Montrer vos regrets que les Palestiniens aient été si pauvrement gouvernés. Et surtout « Ne pas parler de la religion, mais, en revanche, Faire un parallèle entre les États-Unis et Israël incluant la défense contre le terrorisme ».

III – Le lobby pro israélien aux Etats-Unis

Le CAIAP (3) – Le CAIAP « Le Comité Américano-israélien des Affaires Publiques », est le deuxième lobby le plus puissant du pays après la National Rifle Association(le lobby des porteurs d’armes) dans la liste du National Journal. Son objectif est simple : un Israël puissant, libre d’occuper les territoires qu’il veut, des Palestiniens affaiblis et un soutien américain aveugle à Israël. Il dispose pour ce faire d’un formidable réseau de partisans dans tout le pays. Ses 100 000 membres, une augmentation de 60% par rapport à 2001, sont dirigés par neuf bureaux régionaux, leurs dix bureaux satellites, et l’équipe de Washington, un groupe d’une centaine de personnes hautement professionnel qui comprend des lobbyistes, des chercheurs, des analystes, des organisateurs et des publicitaires soutenus par un énorme budget de 47 millions de dollars par an.

L’équipe du CAIAP est célèbre au Congrès pour sa dextérité à recueillir les dernières informations sur les affaires du Moyen-Orient pour les convertir en communiqués politiques digestibles et soigneusement orientés (selon leurs idées) à l’usage des assistants parlementaires. Le CAIAP concentre tous ses efforts sur le Congrès, la pression sur la branche exécutive est opérée par (le lobby) la « Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations » (la conférence des présidents des organisations majeures juives américaines). Ce groupe, moins connu que le CAIAP, dispose toutefois d’autant de pouvoir. Constitué des chefs de plus de 50 organisations juives américaines, la « Conference of Presidents » est censée représenter la voie collective de la communauté juive américaine, laquelle tend à être plutôt pacifiste au sujet des problèmes au Moyen Orient. Hillary Clinton continue de vouloir faire oublier sa déclaration de 1998 pour un Etat palestinien et le baiser donné à Suha Arafat en 1999. Elle a depuis cherché à compenser en votant selon les idées du CAIAP sur presque toutes les questions.

Pour les élections en cours, elle a reçu 80 000 dollars de la part des pro israéliens, plus que n’importe quel autre candidat au Congrès. Du fait des dons, le lobby pro israélien peut compter sur la moitié de la Chambre des députés, de 250 à 300 membres, pour faire tout ce que le CAIAP veut, sans poser de questions. Dans les faits, cette organisation est dirigée par son vice-président, Malcolm Hoenlein, longtemps proche du mouvement des colons. Pendant plusieurs années durant les années 1990, il a servi de président associé pour les dîners annuels new yorkais servant à récolter des fonds pour Bet El, une colonie militante près de Ramallah. En 20 ans de présence à la Conference, Hoenlein s’est assuré qu’Israël puisse poursuivre n’importe quelle politique choisie, y compris son expansion en Cisjordanie, sans aucune interférence des Etats-Unis. Durant les années Clinton, la « Conference of Presidents » était très enthousiaste durant la campagne pour le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. En octobre 1995, le « Jerusalem Embassy Act » a été largement accepté dans les deux chambres du Congrès. La loi prévoyait le transfert de l’ambassade à Jérusalem en 1999 à moins que le président n’invoque un désistement au nom de la sécurité nationale. Ne voulant pas s’opposer au CAIAP, le président Clinton laissa passer le projet de loi sans le signer. Comme prévu, des protestations véhémentes se firent entendre dans toutes les capitales arabes et Clinton accomplit son devoir et invoqua le désistement, et il n’y eut pas de transfert. Mais tous les 6 mois son administration doit soumettre au Congrès un rapport expliquant comment il appliquait la loi.

Autre exemple sous l’administration de George Bush jr, à l’occasion de la présentation, en avril 2003, de la « road map » (plan de route) pour le Moyen Orient. Le plan désignait une série de voies parallèles que les Israéliens et les Palestiniens devaient emprunter simultanément et qui devaient mener à la création d’un Etat palestinien indépendant au cours de l’année 2005. Le plan reflétait la conviction de l’administration selon laquelle, comme elle se préparait à envahir l’Irak, elle devait montrer au monde arabe qu’elle travaillait activement pour résoudre l’impasse israélo-palestinienne. Mais l’exigence qu’Israël travaille à un accord conjointement avec les Palestiniens semblait être pour le CAIAP et Sharon une pression politique regrettable et le lobby travailla avec ses amis au Congrès pour écrire une lettre qui en disait autant. Le plan de route finit par échouer. Cela a été causé par plusieurs facteurs, notamment la violence continue dans la région, mais la pression exercée par le CAIAP y a certainement contribué. Il en est de même pour le dossier nucléaire iranien. Un élément clé du réseau est le « Washington Institute For Near East Policy ». Le CAIAP a aidé á la création de cet organisme de réflexion en 1985, avec Martin Indyk, directeur de recherche du CAIAP qui en est devenu le premier directeur. Ses politiques sont globalement le miroir de celles du CAIAP. Le directeur exécutif, Robert Satloff, est un néo-conservateur, le directeur de recherche, Patrick Clawson, a été un partisan d’un changement de régime en Iran et pour une confrontation entre les Etats-Unis et Téhéran au sujet de son programme nucléaire. Enfin, dernier et non le moindre, l’éditeur du « Activities Update » n’est autre que Michael Lewis, fils de Bernard Lewis, l’universitaire de Princetown et interprète du monde arabe qui a donné des conseils á l’administration George Bush dans les mois précédant la guerre en Irak, et, surtout, Maître à penser de l’intellectuel évolutif Alexandre Adler, éditorialiste au Figaro et de la cohorte des néo conservateurs français.

IV – La capitulation américaine face à Israël : Une assistance au suicide

La capitulation de Barack Obama, président de la première puissance militaire de la planète, devant le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu sur les conditions de déroulement des négociations israélo-palestiniennes, la pression permanente exercée par Israël sur les Etats-Unis et l’Europe, tant en ce qui concerne la neutralisation du potentiel nucléaire iranien que sur les conclusions de l’enquête internationale du Tribunal spécial sur le Liban concernant l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, illustrent la prédominance du fait israélien dans la détermination de la diplomatie occidentale, au point de brider sa marge de manœuvre, entraînant, par contre coup, sa perte d’autonomie ; Un fait qui explique une part du rejet occidental dans la sphère arabo musulmane.

Jamais dans l’histoire de l’humanité, une superpuissance de 310 millions d’habitants n’est apparue aussi complètement inféodée à un petit pays de sept millions d’individus.

Jamais dans l’histoire, un pays au PIB annuel de l’ordre de 200 milliards de dollars, n’a autant imposé sa volonté à une superpuissance pesant 14. 510 milliards de PIB annuel. En vain.

Au point que des universitaires américains posent la question du bien fondé de cette alliance, notamment Andrew Bacevic, professeur des relations internationales à la Boston University, qui dresse le constat de « l’échec l’art occidental de la guerre (4) et que le militant de la paix israélien Uri Avnery estime que le soutien américain à Israël relève de l’assistance au suicide (5). L’hostilité grandissante de l’opinion mondiale vis à vis d’un tel comportement s’est récemment traduite par la reconnaissance de l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967 par le Brésil, la Bolivie, l’Argentine, ainsi que par la lettre de 26 anciens dirigeants européens (Chris Patten, Giuliano Amato, Felipe González, Lionel Jospin, Hubert Védrine, Romano Prodi, Javier Solana) appelant l’Union européenne à prendre des sanctions si, d’ici le printemps, le gouvernement israélien ne change pas de politique. Mais, curieusement, la sonnette d’alarme des dirigeants européens n’a pas rencontré beaucoup d’échos dans la presse internationale, particulièrement française, signe patent de la tétanie des medicarates devant le lobby pro israélien.

A suivre … RN

René Naba | 15.01.2011 | Paris

Notes

1- Jonathan Cook, The national (Nazareth) Le 25 juillet 2009. Pour consulter cet article, le lien suivant : http://www.thenational.ae/apps/pbcs.dll/article ?AID=/20090721/FOREIGN/707209856/1135

2 – A propos de Spot and shoot Cf à ce propos : http://news.antiwar.com/2010/07/12/israels-spot-and-shoot-system-aims-to-perfect-joystick-based-warfare/

3- Comment Israël tente d’étouffer le débat, Michael Massing 11 Mai 2006. Paru en anglais sous le titre “The Storm over the Israel Lobby” IN THE NEW YORK REVIEW OF BOOKS, VOLUME 53, NUMÉRO 10, 8 JUIN 2006, Voir en ligne :http://www.nybooks.com/articles/19062. Ainsi que : « Le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine » de John Mearsheimer et S.Valt –Editions La Découverte- septembre 2007 -« Une haine imaginaire ? Essai sur le nouvel antisémitisme en France » de Guillaume Weil Raynal- Editions Armand Collin-2006. -« Les nouveaux désinformateurs » de Guillaume Weil Raynal- Editions Armand Collon-2007.

4- Sur la stratégie globale de l’occident, Cf. à ce propos « La fin de l’histoire militaire ? Les Etats-Unis, Israël et l’échec de l’art occidental de la guerre par Andrew J. Bacevich, Professeur d’Histoire et de relations internationales à la Boston University, mis en ligne le 27 Décembre 2010 sur tom dispatch.com. Texte traduit en français par Albert Caillé. https://docs.google.com/viewer ?a=v&pid=gmail&attid=0.1&thid=12d2e2f02a282719&mt=application/

5- Uri Avnery : « En Israël, une telle assistance est un crime. En revanche, le suicide ne l’est pas. Ceux que les dieux veulent détruire, ils les rendent d’abord fous. Espérons que nous retrouverons nos esprits avant qu’il ne soit trop tard’ », écrit le pacifiste israélien face à l’hostilité grandissante de l’opinion mondiale vis à vis d’un tel comportement. (« Ship of fools 2 », Gush Shalom, 18 Décembre 2010).

René Naba

dimanche 16 janvier 2011,

par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1087


1-4  Le boom des blogues gazaouis.

Le blogueur gazaoui Sharif Al Sharif écrit pour exprimer sa frustration et parler de la crise humanitaire qu’il vit quotidiennement. Il dit : « Gaza n’est pas l’enfer, c’est juste un endroit plutôt malsain pour vivre »
GAZA-Ville, 27 janvier 2011 (IRIN)

Sharif Al Sharif, 27 ans, a créé son blogue en 2006 alors qu’il n’y avait encore qu’une poignée de blogueurs dans la bande de Gaza. Ils sont aujourd’hui plus de 50, dit-il. Au cours de la dernière année, les médias sociaux ont connu un véritable boom à Gaza. Des jeunes femmes et des hommes comme M. Sharif envahissent le Web pour communiquer avec une communauté mondiale de laquelle ils sont autrement exclus. Les internautes du monde entier sont de plus en plus nombreux à les lire.
Si M. Sharif s’est toujours intéressé à la politique, il n’a jamais aimé parler publiquement de ses opinions. Lorsqu’il a lancé son blogue, il n’avait pas d’agenda politique : « Je voulais simplement être entendu. Lorsque j’ai commencé à bloguer, j’ai senti que j’avais ma place dans ce monde, même si ce n’était qu’une place virtuelle. J’écrivais pour être reconnu ».
M. Sharif raconte son expérience de la vie quotidienne à Gaza et rédige souvent des critiques d’albums de musique ou de films qu’il a vus et aimés. Bref, il écrit à propos de tout ce qui lui tient à cœur. Vu le contexte dans lequel il vit, les sujets politiques et humanitaires sont inévitables. « Tout ici est lié à la politique : c’est dans l’air qu’on respire. Il est impossible de ne pas y penser », explique-t-il.
Après la prise de pouvoir du Hamas en 2007, les frontières avec l’Égypte et Israël ont été fermées et la circulation des personnes et des biens a été soumise à des restrictions très sévères. Plus de 1,5 million de personnes vivent maintenant confinées dans un territoire de 360 kilomètres carrés.
D’après M. Sharif, ce qui est le plus satisfaisant dans le fait de bloguer, c’est la possibilité de communiquer avec une vaste communauté en ligne : « Les jeunes Palestiniens ne vivent pas comme les jeunes du reste du monde. Ils n’ont pas la même expérience de vie. Alors, nous nous créons une vie sur Internet pour remplacer ce qui nous fait défaut ».
Tout comme M. Sharif, Ola Anan, 25 ans, tient
un blogue depuis 2006. Son anglais est parfait, mais elle préfère écrire en arabe. Son objectif premier est de créer un forum en ligne pour ses semblables afin de s’attaquer aux problèmes qui les touchent de près.
Ola Anan a créé son blogue « From Ghazza » en 2006. Pour elle, le blogue est un outil qui permet d’aborder des problèmes tant politiques que personnels avec des membres de sa communauté.
Selon elle, « les blogueurs locaux sont nombreux à écrire en anglais pour être lus par des gens de l’extérieur de Gaza, et en particulier de l’Occident. Je n’aime pas cette idée. Nous devons discuter de ces questions entre nous, et c’est pourquoi j’écris en arabe ».
« Ceux qui écrivent pour l’Occident ressentent toujours le besoin de parler de politique, mais il y a tant à faire au niveau social, comme d’œuvrer à la réconciliation [entre le Hamas et le Fatah, les deux factions rivales]. Je pense que nous devons résoudre ces problèmes nous-mêmes avant d’en parler aux gens de l’extérieur ».
Elle admet que les blogueurs palestiniens se montrent parfois réticents à s’attaquer aux problèmes locaux parce qu’ils craignent d’être lus par les mauvaises personnes. M. Sharif est du même avis : « Un de mes amis a abordé des questions très délicates sur son blogue et il s’est attaqué à certaines personnes [au pouvoir à Gaza] sur le plan personnel et professionnel. Il a reçu un avertissement de la part d’un ami d’un ami, qui lui a dit de se calmer et de laisser tomber ».
Public international
Qu’ils le veuillent ou non, les blogueurs de Gaza attirent de plus en plus de lecteurs étrangers. Pendant l’opération Plomb durci (entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009), la dernière incursion militaire israélienne dans la bande de Gaza, les journalistes se sont vu refuser l’entrée à Gaza. Les blogues gazaouis ont alors connu une popularité sans précédent auprès des lecteurs du monde entier qui souhaitaient connaître la réalité au-delà des gros titres.
Ola Anan étudiait alors en Belgique, mais elle a réussi à communiquer quotidiennement avec sa famille à Gaza. Pendant les trois semaines qu’a duré le conflit, elle a trouvé du réconfort dans l’écriture de son blogue et les commentaires postés en réponse à ses articles. Le nombre de visiteurs sur sa page est passé de 50 à 1 500 par jour.
« Les nouvelles ne disaient pas tout, au contraire. Par exemple, des blogueurs en Égypte ont demandé si les Gazaouis recevaient les dons qu’ils faisaient. Mes parents m’ont dit que des entrepôts de nourriture avaient été bombardés et que les hôpitaux étaient tous à court de fournitures », a-t-elle dit.
« Même si on envoyait de l’argent à Gaza, les habitants n’avaient aucun moyen de le récupérer parce que les banques n’avaient pas de réserves d’argent. J’avais le moyen de diffuser cette information », a-t-elle ajouté.
Les médias sociaux comme exutoire
Les blogues et les médias sociaux servent de plus en plus de soupape pour évacuer la pression. C’est ce que le groupe de jeunes Gazaouis
Gaza’s Youth Breaks Out, apparu sur Facebook fin 2010, a clairement démontré avec son manifeste passionné :
« Nous, les jeunes de Gaza, on en a marre d’Israël, du Hamas, de l’occupation, des violations permanentes des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale ! »
« Nous voulons crier, percer le mur du silence, de l’injustice et de l’apathie de même que les F16 israéliens pètent le mur du son au-dessus de nos têtes, hurler de toute la force de nos âmes pour exprimer toute la rage que cette situation pourrie nous inspire ».
Le groupe Facebook a désormais plus de 18 000 fans et les blogueurs gazaouis sont très présents sur le Web. C’est pourquoi, aussi longtemps qu’Israël maintiendra son blocus et limitera la circulation des personnes, Internet permettra d’entretenir un lien crucial entre les Palestiniens de Gaza et le monde extérieur.

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

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Source : IRIN
http://www.irinnews.org/fr/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.IRIN.270111.htm

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