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08/02/2011

N° 8 - Journal de Côte d'Ivoire - 27.01 – Début : Côte d’Ivoire - Un pays sous influences.

N° 8  - Journal de Côte d'Ivoire - 27.01 – Début : Côte d’Ivoire - Un pays sous influences.


 Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne des journaux en ligne :

Nos informations sont le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos.



       Journal de Côte d’Ivoire

                    n°8                              25-01 au 07-02  

  C.Debroeder &  M.Lemaire



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                         http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire

Tiré à part :

Alassane Dramane Ouattara de désillusion en désillusion : Il avait promis chasser Gbagbo avant fin janvier

1 Côte d'Ivoire

2 Politique 

3 Politique internationale

4 Dossier

4-1 Jean Pestieau :Côte d’Ivoire - Un pays sous influences.

4-2 Tafsir Ndické Dieye : Ne tirez pas sur l’ambulance, la Côte d’Ivoire est blessée.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 

5-1 Patrice Mboma : Pourquoi Ouattara a perdu la présidence en Côte d’Ivoire!

6 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Francis Arzalier : Côte d'Ivoire : des centaines de morts : pour qui, pour quoi ?

6-2 Olivier Mukuna : Sarkozy, l’ennemi des espoirs démocratiques africains.

7 Annexe

7-1Guy Marius SAGNA : Vers une nouvelle vague de luttes de libération populaire démocratique.


Tiré à part :

Alassane Dramane Ouattara de désillusion en désillusion : Il avait promis chasser Gbagbo avant fin janvier

 1 février
On est bien le 1er février 2011 et Laurent Gbagbo est toujours au Palais présidentiel. Solidement à la barre. Et pourtant le président du Rdr avait promis avec force qu’il le ferait partir de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire pour s’y installer. Dans un entretien qu’il a eu avec la presse le jeudi 6 janvier, Alassane Dramane Ouattara n’avait pas fait de mystère sur son intention de faire partir Laurent Gbagbo du Palais présidentiel. “Vous savez, je suis le premier à souffrir. Ceci étant, la situation que vivent mes militants du Rhdp, ce sont tous les Ivoiriens qui vivent cette situation, nous allons y arriver, j’en ai la conviction. Je travaille à cela et je puis vous dire que chaque fois que je me suis appesanti pour régler un problème, je l’ai réglé. A la fin du mois de janvier, Laurent Gbagbo ne sera plus au pouvoir. Il partira d’une manière ou d’une autre, avait déclaré à la presse Alassane Dramane Ouattara. Convaincu de réussir son coup, Ouattara avait insisté en ces termes : “Ecoutez, je vous dis que Laurent Gbagbo partira avant la fin du mois de janvier. J’ai toute une série de mesures en cours qui vont le faire tomber comme un fruit pas mûr mais un fruit pourri”.
Si Alassane Dramane Ouattara redevient normal et retrouve un peu de lucidité, il doit réaliser que la fin du mois de janvier est bien derrière lui. C’est-à-dire le délai sinon le sursis accordé à Laurent Gbagbo a bien expiré et Laurent Gbagbo demeure confortablement au Palais présidentiel et solidement assis dans le fauteuil du président de la République de Côte d’Ivoire. Qui donc de Gbagbo et de Ouattara fait la crise de folie ? Ce n’est certainement pas Laurent Gbagbo. Mais incontestablement et sûrement Alassane Dramane Ouattara qui vit dans les nuages au point de ne pas se rendre compte que le mois de janvier est bel et bien fini sans qu’aucune de ses menaces ne soit traduite dans les faits.
Dans le même entretien, le président-délégué de la communauté internationale auprès de la Côte d’Ivoire avançait sans scrupule que les refondateurs fuyaient et quittaient massivement le pays pour d’autres horizons. “Si vous suivez les mouvements comme nous le suivons, les personnes qui soutiennent Laurent Gbagbo où qui l’ont soutenu partent en grand nombre. Tous les hôtels à la frontière ghanéenne sont occupés par ceux que nous appelons les refondateurs. La plupart ont commencé à prendre la fuite, ils partent tous les jours par dizaine par avion vers les destinations Dubaï, etc., ça commence à se désintégrer… Laurent Gbagbo serait surpris car il n’aura plus de soutien”, avait soutenu Alassane Ouattara.
Mais comment ce monsieur qui est caché entre les 4 murs d’un hôtel et qui a du mal à voir le soleil peut savoir que les refondateurs sont en fuite et remplissent les hôtels à la frontière du Ghana et partent pour Dubaï ? Qui sont ces refondateurs qui prennent la fuite ? Il ne cite aucun nom. Supposons que cela soit vrai et que Laurent Gbagbo perde tous ses soutiens comme l’affirme Ouattara, alors qu’est-ce qui l’empêche de faire mouvement vers le Palais présidentiel pour s’y installer tranquillement ?
Comme lui, le chef rebelle Guillaume Soro avait pour sa part déclaré que Laurent Gbagbo sera chassé du pouvoir le 31 décembre 2010 à partir de minuit. Laurent Gbagbo est toujours là, bien installé. Lui et son gouvernement sont à la tâche. Quant à Alassane Dramane, il va de désillusion en désillusion. Plus il menace, plus les Ivoiriens l’ignorent royalement. Plus il lance les mots d’ordre de pays mort, plus les Ivoiriens s’acharnent au travail et vaquent tranquillement à leurs occupations. Une façon de lui dire qu’il n’est rien et ne représente rien à leurs yeux. Ouattara devrait par conséquent comprendre qu’il est vraiment un homme qui compte sur des puissances étrangères pour gouverner la Côte d’Ivoire. Etant dans une telle posture, rien ne lui réussira car les Ivoiriens ne sont pas fous pour la brader. Pour sortir de cette impasse déshonorante et honteuse, pendant qu’il est temps, Ouattara ferait bien de sortir de ses illusions pour saisir la main tendue de Laurent Gbagbo qui l’invite à la discussion.
Benjamin Koré

http://news.abidjan.net/h/389664.html





1 Côte d'Ivoire occupé :

Guy Marius Sagna : Agression militaire de la Côte d’Ivoire : Not in my name !

 Le nouveau cours pris par la crise décennale ivoirienne, depuis le deuxième tour des élections présidentielles, suscite un des plus grands débats ayant mobilisé les africains dans la dernière période.

De ce débat, il convient de tenter d’en tirer les enseignements pour les peuples africains.  

Entre structure semi coloniale,…  

L’Afrique n’est pas encore sortie des marécages de l’histoire semi coloniale. Dans cette étape marécageuse, après la Sierra Leone, le Libéria, le Rwanda, le Congo…la Côte d’Ivoire, aucun des Etats multinationaux issus du congrès colonial de Berlin n’est à l’abri. Y compris ceux qui faisaient office de vitrines du bien fondé du « OUI » à la communauté franco-africaine gaullienne et qui devaient prouver que les parias Algériens du FLN et Guinéens de Sekou Touré avaient eu tort de vouloir pour leur peuple la souveraineté.

En ce cinquantenaire du meurtre de Patrice Lumumba (17 janvier 1961), les peuples africains ne doivent plus être dupés par les gesticulations de ce qui est dénommée la « communauté internationale ». Sa complicité dans les assassinats des Lumumba, Sankara, Moumié, Um Nyobé, O. Afana, A. Cabral…ses complicités et silences face aux exactions des Deby, Kérékou, Bongo, Biya, Eyadema, Mobutu, Houphouêt, Senghor..., qu’elle a soutenu suffisent à n’accorder aucun crédit à ses cris de jeunes vierges effarouchées dans la crise ivoirienne. Cette « communauté internationale » n’a que faire des peuples elle n’a que des intérêts pour lesquels elle ne recule devant aucun crime.

Mais ces gros intérêts s’amenuisent. La loi de la baisse tendancielle du taux de profit est passée par là. La crise systémique de l’impérialisme marquée tout dernièrement par les crises islandaise, grecque et irlandaise profilant une crise espagnole, portugaise, ... et de l’euro est passée par là. Le passage d’un monde unipolaire à un monde multipolaire avec les BRIC est aussi passé par là. La solution pour l’impérialisme c’est :

1) la remise en cause de tous les acquis des travailleurs dans les pays du centre d’où les récentes formidables luttes contre la réforme des retraites en France, les luttes des étudiants en Angleterre et en Espagne, les grèves en Grèce…

2) le maintien à tout prix de la domination dans les pays de la périphérie et leur plus grande pressurisation.

3) la guerre qui a déjà commencé en en Afghanistan, en Irak et qu'il cherche à prolonger ailleurs.

Rappelons à tous ceux qui, en Afrique, se signent au nom du FMI, de la BM et de l’OMC que depuis son indépendance en 1921, c’est la première fois, en 2010 contre la volonté populaire, que la souveraineté de l’Irlande est remise en cause. Ce qui a amené la rue irlandaise à conclure : « L’Irlande n’existe plus ! Nous habitons dans la république du FMI ». Ce qui a amené les impérialistes à se frotter les mains devant le pain béni que constituent les cas irlandais et grec. Appliquer au centre les méthodes réservées jusque là à la périphérie ! Démontrant ainsi la justesse de cet enseignement fort juste de K. Marx : « les travailleurs à la peau blanche ne sauraient être libres là où les travailleurs à la peau noire sont marqués au fer rouge ».

C’est dire donc que dans nos prises de positions sur la Côte d’Ivoire, nous ne devons pas oublier qu’à l’instar du Sénégal, du Bénin, du Mali, du Niger…de toute l’Afrique de l'ouest prise dans le piège du « nazisme monétaire » du franc CFA, la Côte d’Ivoire que se disputent sous nos yeux Gbagbo et Ouattara est une république du FMI. Une Côte du FMI ! Par conséquent, la question qui taraude la « communauté internationale » est : comment pérenniser le statut de « république du FMI » de la Côte d’Ivoire, c'est-à-dire de 40% du PIB de l’UEMOA, avec le maximum de garantie ?

A l’échelle de l’Afrique et durant ces cinquante dernières années, à cette question, cette « communauté internationale » véritable communauté impérialiste a répondu par les assassinats ciblés (la même chose qui est proposée pour Gbagbo aujourd’hui), les coups d’état, les successions dynastiques. Dans ce cadre, le passage à l’EFORTOM (Ecole de Formation des Officiers Ressortissants des Territoires d’Outre Mer), devenue plus tard l’EFORTDM (Ecole de Formation des Officiers du Régime Transitoire des troupes Marines), était une garantie de la servilité du chef de l’Etat aux injonctions néo coloniales. C’est pourquoi tous ces ex pensionnaires suivants des écoles militaires ci-dessus citées ont pu devenir présidents : Mathieu Kérékou (Bénin), André Kolingba (Centrafrique), Seyni Kountché (Niger), Saye Zerbo (Haute Volta), Moussa Traoré (Mali), François Bozizé (Centrafrique), Sangoulé Lamizana (Haute Volta), Gnassingbé Eyadema (Togo), Gabriel Ramanantsoa (Madagascar), Jean Bédel Bokassa (Centrafrique), Ali Seibou (Niger), Omar Bongo (Gabon). Ils faisaient partie de ceux qui avaient satisfait à la devise de l’école militaire de Fréjus : « mieux savoir pour mieux servir ». Ajoutons : mieux servir les desseins de l’ex colonisateur.

Les nouveaux Fréjus ont pour nom : OMC, Banque Mondiale, FMI pour ne citer que ces institutions internationales impérialistes. Si vous voulez être président avec la bénédiction de la « communauté internationale » y passer est un « must ». C’est de bonne guère pour ceux qui n’ont pour seul souci que la domination et l’exploitation de l’Afrique. Vincent Geisser, chercheur au CNRS dans un entretien avec Christophe Boisbouvier, ne dit pas autre chose parlant du cas Tunisien quand il affirme : « je pense que les américains misent sur un remplacement de Ben Ali. L’idéal pour les américains, ça serait une sorte de personnalité libérale appartenant au système, ministre en poste ou ancien ministre, qui pourrait avoir une très forte insertion dans les institutions internationales, un ancien de la Banque Mondiale ou du FMI (Fonds Monétaire Internationale) et qui serait susceptible d’engager, d’enclencher une transition démocratique en Tunisie ». Espérons que la révolution démocratique en cours en Tunisie balayera les visées impérialistes des USA tout en inspirant les autres peuples du nord et du sud de l'Afrique.  

 

…superstructure anti démocratique…  

Le soutien financier au candidat le plus sûr n’est plus suffisant. Ni pour le candidat ni pour ses souteneurs. D’où la régénération féodale de la dévolution dynastique, le refus pour l’impérialisme de mettre tous ses œufs dans un même…candidat. Mais aussi à toutes ces pratiques électorales qui ont donné naissance à des typologies électorales : « élections trafiquées » et élections fabriquées ou élections courues d’avance. Les dernières élections en Egypte, Burkina Faso, Togo, Gabon…en sont une illustration. Les ELECAM, CENI, CENA, CEI, LEPI…n’y font rien. La possibilité d’être candidat, le montant de la caution, le fichier électoral, l’organisation du processus électoral, la publication et l’acheminement des résultats…sont autant d’éléments qui donnent lieu à des débats entre majorité et opposition. C’est ainsi qu’il faut comprendre la création de nouvelles circonscriptions administratives et électorales au Sénégal à la veille des prochaines élections présidentielles de 2012. Et les silences de la « communauté internationale » impérialiste sont la preuve de sa position à géométrie variable sur les élections en Afrique. Quoi de plus normal !

Les élections en Afrique sont un aspect de la démocratie « africaine » qui est la nécessaire superstructure de la structure néo ou semi coloniale depuis 50 ans d’inDEPENDANCE. On ne domine pas avec un régime de liberté, de transparence, d’impartialité. On ne domine pas en donnant aux masses dominées les armes de leur émancipation.

Une démocratie caractérisée par le présidentialisme. Cela n’est pas fortuit car il est plus sûr, quand on veut perpétuer un système de domination, de miser sur un seul homme plutôt que sur tout un parlement.

Un présidentialisme dont le chef nomme des proches à tous les emplois civils et militaires. D’où une CEI acquise à Ouattara et un conseil constitutionnel acquis à Gbagbo. Des zones contrôlées par chacun des camps où bourrage d’urne, intimidation des électeurs, falsification de PV…ont été pratiquées par chaque camp. Résultats deux présidents.

En réalité, le cas ivoirien participe à révéler, du Caire au Cap et de Dakar à Mogadiscio, cette hideuse "démocratie" qui n’est pas africaine mais plutôt semi coloniale et dont tous les artifices et institutions créées pour soi disant garantir la sincérité des élections ne changent rien au fond : maintenir la domination. Et cela montre aussi que si au Burkina, en Egypte…nous avions eu deux zones, deux administrations et deux institutions chargées de proclamer les résultats, nous aurions eu aussi deux résultats. Et au Sénégal nous aurions deux présidents de comité de veille. Un pour le pouvoir et un deuxième pour l’opposition.

Mais cela ne revient pas à dire que les peuples, démocrates et progressistes africains ne doivent pas se battre pour la démocratie. Les progressistes défendent toujours le respect de la démocratie même lorsqu’il bénéficie (temporairement) aux ennemis des classes ouvrières, paysannes et populaires, aux adversaires de tout projet souverain, national et démocratique de tout Etat. Car, mieux que mille discours l’expérience vécue par les peuples est leur meilleur moyen de conscientisation.

Tout cela nous pousse à dire que ce qui est en cause en Côte d’Ivoire c’est le statut de « république du FMI », partagé par tous les pays de l’Afrique de l’Ouest (pour ne parler que de cette partie du continent), statut auquel correspond une démocratie au service du maintien de cette république. Une « démocratie » qui fait dans la division par la manipulation des sentiments religieux, régionalistes, voire tribalistes et ethnicistes ce qui a donné naissance à l’ « ivoirité » en Côte d'Ivoire.  

 

…et conjoncture ivoirienne

 Alors c’est prendre l’effet pour la cause que de vouloir intervenir militairement en Côte d’Ivoire. Mais surtout prendre les peuples africains pour des amnésiques ignorants. A l’intangibilité des frontières coloniales semble succéder une « intangibilité » des résultats électoraux favorables à la communauté internationale impérialiste que l’on veut défendre au prix d’une guerre civile et d’une partition de la côte d’Ivoire.

C’est pourquoi aucun appel ne sera de trop pour empêcher la sous-traitance par l’UE et les EU de l’invasion de la Côte d’Ivoire par la CEDEAO.

« Vous vous tromper de guerre ! », « Pas d’intervention militaire en Côte d’Ivoire ! » disent déjà en chœur plusieurs personnalités et organisations d’Afrique et du monde.

Chaque citoyen d’un pays de la CEDEAO doit dire à son gouvernement qu’une invasion de la Côte d’Ivoire pour pérenniser une « république du FMI » au prix de l’assassinat d’ivoiriens ne se fera pas en mon nom. Not in my name !

Guy Marius Sagna

17 janvier 2011



2 Politique 

2-2 Des Canons ... pas du beurre

Le cacao plus exporté.

Le gouvernement d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, "informe les opérateurs économiques de l'arrêt immédiat de toute exportation de café et de cacao", à compter de ce lundi jusqu'au 23 février", selon un communiqué.
"Le gouvernement rappelle que les contrevenants à cette mesure seront considérés comme finançant les activités de l'administration illégitime de Monsieur Laurent Gbagbo et s'exposent à des sanctions internationales, sans préjudice des poursuites pénales des juridictions nationales", poursuit le communiqué signé du Premier ministre de M. Ouattara, Guillaume Soro. "Sont exclues uniquement de cette mesure les quantités dont les droits ont déjà été perçus avant le 24 janvier 2010", et "la commercialisation intérieure du café et du cacao est autorisée", est-il ajouté.

AFP 24/01


2-3 Sur le terrain

Abidjan: incendie de véhicules de l’ONU, qui accuse le camp Gbagbo

La situation restait très tendue jeudi en Côte d’Ivoire, l’ONU accusant des partisans de Laurent Gbagbo d’avoir incendié deux de ses véhicules et endommagé trois autres à Abidjan, où des quartiers sont sous couvre-feu nocturne après des violences meurtrières en début de semaine.

Jeudi, « les forces civiles et militaires du camp du président Gbagbo ont commencé à attaquer des véhicules de l’Onuci à Abidjan. Ainsi, deux véhicules de l’Onuci ont été brûlés et trois autres ont été endommagés, dont une ambulance », a affirmé l’Onuci dans un communiqué.

Le ministère de l’Intérieur du gouvernement Gbagbo a récusé ce bilan. « Nous avons dénombré un seul véhicule incendié par des habitants », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère, Abdoulaye Traoré.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a condamné de son côté « un total de six incidents » jeudi, soulignant qu’il s’agissait de « crimes selon la loi internationale ».

Les Etats-Unis se sont dits « de plus en plus préoccupés par l’incitation à la violence du régime Gbagbo contre » les soldats de l’ONU.

Dans la nuit de mardi à mercredi, trois Casques bleus avaient été « légèrement blessés » dans une « embuscade » tendue par les forces pro-Gbagbo au quartier d’Abobo (nord), avait accusé l’Onuci.

Paris a condamné cet acte ainsi que « les appels à la haine contre l’Onuci relayés par certains médias ivoiriens, en particulier la radio-télévision » RTI.

Le président sortant Laurent Gbagbo, appelé par l’ONU à céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara qu’elle reconnaît comme vainqueur de l’élection de novembre, a exigé le départ de l’Onuci.

Selon des habitants, la nuit avait été calme dans les quartiers d’Abobo, fief de M. Ouattara, et Anyama (nord), où un couvre-feu nocturne a été instauré par M. Gbagbo de mercredi jusqu’à samedi matin après des affrontements sanglants en début de semaine.

Des vendeuses de poissons et de légumes avaient réinstallé leurs étals là où la veille étaient postés des forces de l’ordre en armes.

La nuit « s’est relativement bien passée. On a dormi, on n’a pas entendu de crépitement de balles comme dans la nuit de mardi au mercredi », a déclaré sous couvert d’anonymat un réparateur de téléphone mobile.

« On n’est pas tellement serein, on est dans une période très sensible », a toutefois confié ce jeune homme.

Les heurts entre des éléments armés non identifiés et des membres des Forces de défense et de sécurité (FDS), fidèles au chef d’Etat sortant, ont fait au moins 11 morts, dont huit membres des forces de l’ordre.

Le chef d’état-major des FDS a accusé le camp Ouattara d’être à l’origine des violences « assimilées à des actes de guerre » et averti que ses forces étaient prêtes à riposter.

« Nous réfutons ces accusations. Ce sont bien les forces de l’ordre qui ont encore une fois cherché à provoquer la population paisible », a répliqué le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi.

A Genève, le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a quant à lui fait état de nouvelles allégations concernant l’existence d’un charnier dans le pays, après deux autres cas rapportés fin décembre, mais aucune de ces informations n’a pu être vérifiée par l’ONU sur place.

Le regain de tension démontre la persistance de la crise dans laquelle la Côte d’Ivoire est plongée depuis l’élection, une crise marquée selon l’ONU depuis mi-décembre par 247 morts, dont des victimes de violences interethniques sans lien direct avec l’affrontement politique.

Pour tenter de trouver une issue pacifique à la crise, le Premier ministre kényan Raila Odinga, envoyé par l’Union africaine, est attendu ce week-end à Abidjan pour une nouvelle médiation africaine,

M. Gbagbo est sous la menace d’une opération militaire, en préparation au niveau de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’il ne cède pas le pouvoir à M. Ouattara. La Cédéao a envoyé une délégation dans les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

AFP

http://www.inversalis-productions.eu/blog/2011/01/abidjan-incendie-de-vehicules-de-lonu-qui-accuse-le-camp-gbagbo/

 

Des affrontements meurtriers.

Au moins quatre personnes ont été retrouvées mortes, ce mardi, dans le quartier d’Abobo – fief d’Alassane Ouattara -, à Abidjan, selon notre envoyé spécial, après des affrontements avec les forces de sécurité loyales à Laurent Gbagbo.

Regain de tension ce mardi à Abidjan, où de violents affrontements ont opposé des partisans d’Alassane Ouattara aux forces de l’ordre ivoiriennes, loyales à Laurent Gbagbo. Ces heurts ont provoqué la mort d’au moins quatre personnes dans le quartier d’Abobo, à Abidjan, où des tirs sporadiques étaient toujours entendus à la mi-journée. « Nous nous sommes rendus à l’endroit où les tirs ont eu lieu et nous avons compté quatre corps. Des témoins ont affirmé en avoir vu cinq », affirme Mathieu Mabin, envoyé spécial de FRANCE 24 en Côte d’Ivoire.

De son côté, un journaliste de Reuters a rapporté avoir vu les corps de deux manifestants et de trois policiers, touchés par des balles, étendus dans les rues de la capitale économique ivoirienne.

Les affrontements ont débuté tôt ce matin, dans le quartier d’Abobo, « dans le secteur PK 18, connu pour être un bastion d’Alassane Ouattara », précise Mathieu Mabin. Un meeting de Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo et chef des « Jeunes patriotes », devait se tenir dans l’après-midi dans ce quartier. « Les forces de sécurité ivoirienne ont voulu boucler le périmètre pour sécuriser le meeting et c’est à ce moment là, que les affrontements ont éclaté », explique l’envoyé spécial de FRANCE 24.

Gbagbo rejette la politique de la main tendue

« Ce qui est non négociable, c’est la victoire de Laurent Gbagbo, officiellement élu et proclamé, qui gouverne le pays », a-t-il lancé.

Depuis le second tour de l’élection présidentielle le 28 novembre, les violences ont fait plus de 200 morts, selon les Nations unies.

France 24

14-01

http://www.inversalis-productions.eu/blog/2011/01/regain-de-tension-a-abidjan-apres-des-affrontements-meurtriers/ 


2-5 Les grandes manœuvres

Un journal ivoirien annonce l’arrivée de mercenaires à Dakar pour chasser Gbagbo.

Lu dans le journal Le Temps qui paraît à Abidjan : « C’est une information de première main. Et à prendre au sérieux. Parce que la France dans sa volonté d’attaquer la Côte d’Ivoire est prête à tout. Sarkozy multiplie de ce fait, les actions envers les Usa et certains pays de la sous-région à savoir le Nigeria et le Sénégal. De grandes oreilles occidentales révèlent en effet, des mouvements suspects de militaires à Dakar, la capitale sénégalaise.

Le 2 janvier, deux avions de transport de troupes américaines ont débarqué nuitamment à l’aéroport de Dakar, des hommes et de l’armement militaire. Il s’agit en effet d’officiers américains, français et nigérians. Il y a le Général William Ward de Africom accompagné du sergent chef James Roy du 10e régiment des Marines de la Caroline du Nord. A eux, s’ajoute le capitaine de vaisseau Gilles Rodrigues de l’ambassade de France au Nigeria. Puis le vice-amiral Nigérian Dicko. Ces hommes sont arrivés à Dakar à bord de deux avions de transport de troupes de l’Us Air Force. Ils avaient avec eux, des soldats tous de peau noire. Visiblement, il s’agit de mercenaires qui ont été positionnés à Dakar. Ces chiens de guerre sont de nationalités éthiopiennes et djiboutiennes. Ils sont basés là-bas pour une formation en vue d’intervenir militairement en Côte d’Ivoire sous le couvert de l’Ecomog. Vu que la plupart des pays de la Cedeao ne sont pas chauds pour une intervention militaire en vue d’attaquer la Côte d’Ivoire. Au dernier moment, l’officier français, le capitaine de vaisseau Gilles Rodrigues et le vice-amiral nigérian sont retournés à Lagos. Laissant à Dakar, le reste des hommes et l’armement stationné à l’aéroport militaire de Dakar. Ainsi va la France de Sarkozy dans son entêtement à déclarer la guerre à la Côte d’Ivoire. »

Politico

Janvier 16th

http://www.inversalis-productions.eu/blog/2011/01/un-journal-ivoirien-annonce-larrivee-de-mercenaires-a-dakar-pour-chasser-gbagbo/



3  Politique internationale

a) Pays voisins

Nigeria

Le Nigeria prêt à attaquer.

Le Nigeria demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'autoriser la force en Côte d'Ivoire pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir, déclare le ministre des Affaires étrangères Odein Ajumogobia dans une lettre ouverte publiée dans plusieurs journaux aujourd'hui.
Actuellement présidée par le Nigeria, "la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) réclame sans équivoque un soutien international via une résolution spécifique du Conseil de sécurité des Nations unies pour valider l'usage de la force", mais "en dernier recours", écrit M. Ajumogbia.
Selon lui, la grave crise actuelle pourrait déboucher "sur une véritable guerre civile" et elle "a été précipitée par le seul Laurent Gbagbo", le président sortant ivoirien qui refuse de céder sa place à Alassane Ouattara. Ce dernier est reconnu comme président élu de Côte d'Ivoire par la majeure partie de la communauté internationale après l'élection de novembre dernier.

AFP

 24/01 



Les grandes manœuvres

Union africaine

Frédéric Couteau : A la Une : une nouvelle médiation pour la Côte d’Ivoire.

C’est la dernière trouvaille de l’Union africaine pour tenter de régler la crise en Côte d’Ivoire : après la troïka ouest-africaine composée des présidents béninois, sierra-léonais et cap-verdien, après la médiation du Premier ministre kenyan Raïla Odinga, voici maintenant le quintette…

Cinq chefs d’Etat africains : les présidents de la Mauritanie, du Burkina, du Tchad, de l’Afrique du Sud et de la Tanzanie. Leur photo est à la Une ce matin du quotidien abidjanais L’Intelligent. « Tout commence dans trois jours », s’exclame le journal qui nous décrit l’agenda de ce quintette. Les chefs d’Etat vont nommer, dans les trois jours, une équipe d’experts qui se réunira à Addis Abeba avant de se rendre en Côte d’Ivoire, et d’aller rendre compte ensuite à Nouakchott au quintette qui se rendra lui-même à Abidjan pour soumettre aux parties ses propositions de sortie de crise…
 
Marge de manœuvre très limitée… 
Ce nouveau ballet diplomatique ne convainc guère la presse ivoirienne… Pour L’Inter, « la mission des cinq chefs d’Etat est plombée d’avance. » En effet, rappelle le journal, l’ONU ne veut pas entendre parler d’une quelconque remise en cause des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre qui, pour elle, a vu la victoire de Ouattara… Alors dans ces conditions, s’interroge le journal, « que viennent donc faire les cinq chefs d’Etat de l’UA en Côte d’Ivoire, dès lors que la possibilité du recomptage, d’une vérification du scrutin ou encore d’aboutir à un partage de pouvoir entre Gbagbo et Ouattara ne devrait plus faire partie de leur mission ?
 
L’équipe dirigée par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz vient-elle négocier le départ en douceur de Laurent Gbagbo du pouvoir, après que plusieurs autres chefs d’Etat aient échoué à faire plier l’échine à l’actuel locataire du Palais d’Abidjan ? », s’interroge encore L’Inter. « Autant le dire tout net, soupire le journal, la mission de ces présidents africains s’annonce déjà périlleuse. »
 
Même pessimisme pour Soir Infos : « les chefs d’Etat représentant les 5 régions d’Afrique ont de fortes chances de buter sur l’intransigeance de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara, respectivement déclarés président de la République par le Conseil constitutionnel et la Commission électorale indépendante. Les deux leaders ivoiriens, faut-il le souligner, rappelle Soir Infos, s’arc-boutent sur un préalable qu’ils jugent +non négociable+. A savoir, reconnaître que chacun d’eux, est le président élu de la Côte d’Ivoire, à l’issue de la présidentielle du 28 novembre 2011. »
 
Du côté de la presse d’opinion, c’est le scepticisme qui prévaut également et chacun voit midi à sa porte… Le Temps quotidien pro-Gbagbo, constate qu’après ce sommet de l’Union africaine, « Gbagbo est toujours aux commandes » et que « le camp Ouattara perd, selon lui, la sérénité. »
Pour sa part, Le Nouveau Réveil, quotidien pro-Ouattara, estime « qu’en dépit des décisions très claires de l’Union africaine sur l’issue de la présidentielle du 28 novembre dernier, Gbagbo et ses partisans refusent de s’avouer vaincus. Mieux, poursuit-il, ils se préparent à livrer une autre bataille avec l’arrivée prochaine des chefs d’Etat à Abidjan. Même si le recomptage des voix ne fait pas partie de l’ordre de mission officiel des mandataires de l’UA, ils veulent à tout prix saisir cette occasion pour défendre leur position, déplore Le Nouveau Réveil, en espérant inverser le cours des évènements. »
 
Vers une asphyxie financière ?
Alors qu’est-ce qui pourrait faire bouger les lignes en Côte d’Ivoire ? Comment la communauté internationale peut-elle contraindre Gbagbo à quitter le pouvoir ? Il y a l’option militaire, qui ne semble pas d’actualité en raison des risques d’embrasement du pays. Reste le levier économique… Et c’est cette hypothèse que privilégient deux sites d’informations français… Pour Rue 89, « les ressources de Gbagbo sont en voie d’assèchement. (…) Pour payer les fonctionnaires et l’armée, il a besoin d'environ 70 milliards de francs CFA par mois (137 millions d’euros) », relève le site qui estime que l’homme fort d’Abidjan a « de quoi tenir jusqu’à mars. » Après, les caisses seront vides…
 
Analyse similaire pour le site d’information SlateAfrique pour qui « l’asphyxie financière reste sûrement la principale chance pour Alassane Ouattara de parvenir à s’imposer face à son rival. Mais chaque décision allant en ce sens est longue à mettre en œuvre, relève le site, ce qui a permis jusqu’à présent à Laurent Gbagbo de trouver à chaque fois une nouvelle parade. » Et SlateAfrique de s’interroger : « que se passera-t-il si Laurent Gbagbo se sent financièrement pris à la gorge ? Ne risque-t-il pas, comme en 2004, de jouer sur le sentiment anti-français ou anti-étranger pour s’en sortir ? L’exaction de trop pourrait conduire l’ONUCI et la force militaire française Licorne à intervenir. Cela ne garantirait pas le départ de Laurent Gbagbo, mais cela replongerait certainement le pays dans la guerre. » 

Frédéric Couteau

http://www.rfi.fr/emission/20110201-une-une-nouvelle-mediation-cote-ivoire



b) UE - Otan -  Onu -  Nations Unies - Autres organisations

UE

Côte d`Ivoire : L`Union européenne attend Ouattara….

L'Union européenne (UE) ne reprendra effectivement son aide à la Côte d'Ivoire que lorsque Alassane Ouattara aura pris pleinement ses fonctions de président de la République, a affirmé lundi à Addis-Abeba, en Ethiopie, le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs.
«Nous avons arrêté toutes nos interventions en Côte d'Ivoire, à l'exception des programmes qui profitent directement aux groupes sociaux vulnérables. Et qui ne sont pas mis en œuvre par des structures gouvernementales», a-t-il déclaré à la pesse en marge du deuxième jour du 16ème sommet ordinaire de chefs d'Etat et de gouvernement des pays-membres de l'Union africaine (UA). «Je réaffirme que notre aide ne reprendra que quand M. Ouattara, qui est pour nous le seul président de la Côte d'Ivoire, pourra exercer toutes ses fonctions», a affirmé M. Piebalgs.

Parmi les décisions prises dans la capitale éthiopienne concernant le règlement de la crise politique ivoirienne figurent la création d'un panel de haut niveau dirigé par le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré.

1 février

http://news.abidjan.net/h/389673.html


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