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13/02/2011

n°155 - Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 13-02- Fin - : Qui a le plus intérêt à un Liban déstabilisé ?

1-4 Manlio Dinucci : Le Bassin du Levant assiégé par Israël.

Ressources énergétiques : l’exploitation déjà confiée à des sociétés états-uniennes.

A la fin de l’année 2012, Israël commencera à pomper du gaz dans le gisement offshore de Tamar, confié à un consortium international chapeauté par la société états-unienne Noble Energy. Celle-ci apportera ce mois-ci une seconde plate-forme de forage (Pride North America) pour étendre les prospections dans le Bassin du Levant. Dans cette zone de la Méditerranée orientale - estime l’agence gouvernementale états-unienne, U.S. Geological Survey - se trouvent des réserves de gaz se montant à 3500 milliards de m3, et des réserves de pétrole pour 1,7 milliard de barils. On se prépare donc à de grandes affaires : en une année, l’indice énergétique de la Bourse de Tel Aviv a augmenté de 1700 %.

Mais il y a un problème : les réserves énergétiques du Bassin du Levant n’appartiennent qu’en partie à Israël. Les gisements de gaz Tamar et Léviathan se trouvent à environ 100 km des côtes, hors des eaux territoriales israéliennes qui s’étendent jusqu’à 22 km de la côte. Toutefois, selon la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer, Israël peut exploiter les réserves offshores de gaz et de pétrole dans une zone allant jusqu’à 370 km de la côte. Mais il en va de même pour les autres pays riverains. Il est donc déterminant de définir les zones respectives.

Dans les eaux libanaises, d’après la compagnie norvégienne Petroleum Geo-Services, il y a de gros gisements de gaz et pétrole. A ce propos, le ministre des Affaires étrangères Ali Shami a demandé le 4 janvier au Secrétaire général des Nations-Unies d’empêcher que ces gisements soient exploités par Israël. La réponse ne s’est pas faite attendre : le jour suivant, le porte-parole onusien Martin Nesirsky a rejeté la requête en déclarant que les Nations-Unies ne sont pas préparées pour intervenir dans la dispute. Même réponse de la part de l’Unifil (United Nations Interim Force in Lebanon) : le porte-parole Andrea Tenenti a déclaré au quotidien libanais The Daily Star (6 janvier) qu’ « une frontière maritime n’a jamais été établie » et que « la ligne de bouées dans la zone de Naqoura, non reconnue par le gouvernement libanais, a été instaurée unilatéralement par Israël ». Puis, le coordinateur spécial pour le Liban, Michael Williams, a diplomatiquement déclaré qu’« il pourrait y avoir un rôle pour les Nations Unies, mais nous devons en discuter avec nos juristes à New York » (The Daily Star, 11 janvier).

En réalité, donc, l’ONU laisse les mains libres à Israël dont le gouvernement a prévenu qu’il n’hésitera pas à employer la force pour protéger « ses » gisements. Comme le parlement libanais a approuvé une loi sur l’exploration des réserves énergétiques offshore et allouera les premières concessions au début de 2012, s’ouvre ainsi un contentieux qui pourra facilement conduire à une nouvelle guerre israélienne contre le Liban.

Qu’entend faire l’Italie, qui joue un rôle de premier plan dans l’Unifil, d’un point de vue naval aussi ? Attendra-t-elle que les navires de guerre israéliens bombardent les côtes libanaises, comme ils le firent déjà en 2006, pour s’emparer des réserves offshore du Liban ?

Il est plus difficile encore que les Palestiniens réussissent à exploiter les réserves énergétiques de leurs Territoires. Il résulte de la carte établie par U.S. Geological Survey (voir ci-dessous, NdA) que la plus grande partie des gisements de gaz se trouve dans les eaux côtières et dans le territoire de Gaza. L’Autorité palestinienne en a confié principalement l’exploitation à la compagnie British Gas, qui a creusé deux puits, Gaza Marine-1 et Gaza Marine-2, qui ne sont cependant jamais entrés en fonction.

Le gouvernement israélien a d’abord rejeté toutes les propositions, présentées par l’Autorité palestinienne et par British Gas, d’exporter le gaz en Israël et en Égypte. Elle a ensuite ouvert une négociation directe avec la compagnie britannique, qui détient la majorité des droits d’exploitation, pour arriver à un accord excluant les Palestiniens. Ce n’est pas un hasard si la négociation a été lancée en juin 2008, ce même mois où commençait (selon ce qui est admis même par des sources militaires israéliennes) la préparation de l’opération « Plomb durci » lancée contre Gaza en décembre 2008 (voir l’article par Michel Chossudovsky « La guerre et le gaz naturel : l’invasion israélienne et les gisements de Gaza en mer », Mondialisation.ca, le 12 janvier 2009, NdA). L’embargo qui a suivi, blocus naval compris, a de fait exproprié les Palestiniens du droit d’exploiter leurs propres réserves énergétiques, dont Israël veut s’emparer d’une façon ou d’une autre.

Le plan prévoit de relier, à travers un gazoduc sous-marin, les puits palestiniens de Gaza au port israélien d’Ashqelon, où, à partir de 2012, arrivera le gaz du gisement de Tamar. À une dizaine de kilomètres, au sud, il y a Gaza où les autorités israéliennes laissent passer au compte-gouttes le combustible pour la centrale électrique : ce qui provoque de continuels black-out qui, en laissant hôpitaux et stations d’épuration sans énergie, augmentent les victimes de l’embargo.

Manlio Dinucci - Mondialisation

 13 janvier

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9956

 



 


1-5 Raoul Marc Jennar : Qui a le plus intérêt à un Liban déstabilisé ?

            En 2005, le premier ministre du Liban, Rafic Hariri, un homme d'affaires très lié à l'Arabie saoudite, est tué lors d'un attentat à Beyrouth. Immédiatement, Jacques Chirac, très proche du millionnaire libanais (dont il occupe actuellement un appartement quai Voltaire à Paris) et Georges W. Bush désignent la Syrie comme commanditaire de l'attentat et font adopter par le Conseil de Sécurité une résolution créant un tribunal spécial chargé d'identifier, de mettre en examen et de juger les auteurs et les commanditaires de cet attentat.

            Cette décision a surpris de très grands spécialistes du droit pénal international.  Ainsi l'article publié dans Le Monde diplomatique d’avril 2007 par trois éminents juristes, Géraud de Geouffre de La Pradelle, Antoine Korkmaz et Rafaëlle Maison, « Douteuse instrumentalisation de la justice internationale au Liban ».  En effet, pour la première fois depuis la création de l'ONU, un tribunal pénal international ad hoc est créé non pas pour juger des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des crimes de génocide. Mais d'un assassinat politique. Un assassinat comme il y en a eu, hélas, des centaines, sinon des milliers depuis 1945. Rares sont ceux qui ont connu des suites judiciaires.

            Dès lors, au-delà des considérations juridiques, on est en droit de se poser la question : pourquoi cet assassinat-ci ? Aucun procès international pour les assassinats de leaders historiques de la décolonisation comme Ben Barka ou Patrice Lumumba. Aucun procès international pour les « assassinats ciblés » décidés par le gouvernement israélien.  Aucun procès international pour des journalistes et des magistrats abattus ou disparus alors qu'il procédaient à des enquêtes impliquant des décideurs politiques.

            Depuis sa mise en place, ce « tribunal spécial pour le Liban » (TSL), s'est surtout caractérisé par les démissions successives de plusieurs de ses cadres et par l'obligation devant laquelle il s'est trouvé de se déjuger en libérant des officiers libanais incarcérés en dépit d'un dossier dont il a finalement fallu reconnaître qu'il était vide. La piste syrienne fut, depuis lors, abandonnée. En 2009, l'ONU renonçait à compléter les effectifs du tribunal, « faute d'accusés ».

            Mais depuis quelques mois, des informations distillées hors du Liban, laissent entendre que ce ne serait plus la Syrie, mais un autre acteur de « l'empire du mal », le Hezbollah, qui serait impliqué dans l'attentat. Le Hezbollah, c'est tout à la fois un courant religieux libanais (le chiisme), un parti politique libanais et une composante militaire de la « résistance libanaise ». Une organisation considérée comme terroriste par les USA et Israël. La question n'est pas de savoir si on aime ou si on n'aime pas un mouvement comme celui-là. Rien ne rend proche d'un tel mouvement l'athée et l'objecteur de conscience que je suis. Mais l'observateur de la vie politique libanaise ne peut ignorer que le Hezbollah, que cela plaise ou non, est une partie intégrante de la société libanaise. Outre le fait qu'il exerce une influence décisive sur l'essentiel du Sud-Liban et sur une partie de Beyrouth, il compte des élus au Parlement et jusqu'hier des ministres dans le gouvernement d'union nationale. Et surtout, aux yeux d'un grand nombre de Libanais, y compris des chrétiens comme Michel Aoun et son Courant Patriotique Libre, il incarne la volonté de résister à Israël. La capacité du Hezbollah à s'opposer, l'été 2006, à une offensive de l'armée israélienne, performance militaire unique dans l'histoire du conflit israélo-arabe, fait à la fois sa force au Liban mais aussi sa faiblesse dans un camp occidental aveuglément derrière l'Etat hébreux.

            Alors que les autorités libanaises procèdent depuis une bonne année au démantèlement d'un réseau d'espionnage israélien dans le système libanais des télécommunications, on apprend que le TSL, se basant sur des écoutes téléphoniques, se prépare à inculper des membres du Hezbollah. Celui-ci a répondu en affirmant détenir des preuves – qu'il n'a pas montrées jusqu'ici – de l'implication d'Israël dans l'attentat de 2005 et de sa capacité, via son réseau d'espions dans le système de télécommunication libanais, à en attribuer la responsabilité au mouvement chiite.

            Cette mise en cause du Hezbollah, distillée depuis trois mois à partir de sources étrangères, n'a plus cessé depuis lors d'empoisonner la vie politique du Liban au point de paralyser complètement son gouvernement. Au moment précis où Israël, avec la collaboration de compagnies américaines, prétend détenir le monopole de l'exploitation des très importants gisements de pétrole et de gaz dans une partie de la Méditerranée qui relève de la souveraineté du Liban. Au moment aussi où, en Israël, l'échec de 2006 nourrit plus que jamais des idées de revanche.

            Une médiation tentée par la Syrie et l'Arabie saoudite a échoué. Il s'agissait d'éviter que les activités du TSL ne mettent en péril la vie du gouvernement libanais et la fragile paix qui règne entre les composantes de ce pays qui compte pas moins de 22 groupes ethniques et 17 communautés confessionnelles (4 musulmannes, 6 chrétiennes catholiques, 7 chrétiennes non catholiques) et qui a connu une guerre civile extrêmement meutrière de 1975 à 1989. Cette médiation vient d'échouer.

            Le premier ministre Saad Hariri, fils du premier ministre assassiné, en visite à Washington, a subi la pression des plus inconditionnels alliés d'Israël, Nicolas Sarkozy et Hilary Clinton, pour faire passer le fonctionnement du TSL avant toute autre considération. Au prix de la survie de son gouvernement et de la stabilité du Liban.

Quel est, dans la région, le pays qui va en profiter  ? Quid crimen prodest ?

 Raoul Marc Jennar

Consultant en relations internationales

Lundi 31 janvier 2011

Dernier livre : "Trente ans depuis Pol Pot" (L'Harmattan)

Article publié sur le blog de l'auteur et sur Médiapart


Liban, israël, clinton, lieberman, colonialisme, obama, hezbollah, finul, états-unis,France, Biden, Hariri, Nasrallah, Suleiman, résistance, Syrie, Iran, Bombe nucléaire, Maison Blanche, Abdallah.

Nations Unies, Ban Ki-Moon, résolution 1559, Conseil de Sécurité des Nations Unies, israélo-américaines, dossiers du Liban 


n°155 -  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 13-02-   Fin -  : Qui a le plus intérêt à un Liban déstabilisé ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban 

n°155 du 13-02

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du liban" est  visible   : a) sur nos blogs : http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

                                                                                http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-6 Georges Corm : « Le Tribunal spécial n’accroît pas la crédibilité de la justice internationale ».

1-7 Yahia Gouasmi : Cour Pénale Internationale et Tribunal pour le Liban au service d' Israël!

1-8 Nasrallah: Bellemare menace al-Jadid et ignore les fuites des médias occidentaux.

1-9 Soraya Hélou : Jour de colère et lendemain amer.

1-10 Soraya Hélou : Plus qu'un accord, une alliance fondamentale.

2 Annexe

2-1 Une commission rogatoire internationale concernant Thierry Meyssan ?  

2-2 Rafic Hariri : Mythe ou Mystification ?



1-6 Georges Corm : « Le Tribunal spécial n’accroît pas la crédibilité de la justice internationale ».
Entretien réalisé par Stéphane Bussard

Alors que l’acte d’accusation du TSL devait être remis lundi, l’ex-ministre libanais des Finances Georges Corm livre son analyse sur un Pays du Cèdre dont le gouvernement vient de chuter à la suite de la démission de onze de ses ministres

Grande confusion autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Ce dernier démentait lundi dans l’après-midi avoir remis l’acte d’accusation dans l’enquête sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri. Avant de se rétracter. Celui-ci est très attendu, tant il est dit qu’il incrimine le Hezbollah. Il a déjà fait une victime : le gouvernement de Saad Hariri. Ex-ministre libanais des Finances et consultant, Georges Corm livre son analyse.

Le Temps : Comment analysez-vous la chute du gouvernement Hariri ?

Georges Corm : Dans un gouvernement de coalition, les partis viennent et repartent. Ici, Amal, second parti chiite du Liban après le Hezbollah, le Courant patriotique libre de Michel Aoun, le plus important parti chrétien du pays, et le Hezbollah ont décidé de s’en aller. Cela participe du processus démocratique et je m’étonne qu’il y ait un tel chahut à l’étranger à ce propos.

– C’était un gouvernement d’unité nationale. Pourtant, les sujets de disc orde abondaient…

– C’était un gouvernement d’entente et non pas d’unité nationale. Les sujets de discorde ne sont pas nouveaux. Le principal concerne le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). L’enquête internationale sur l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri n’en finit plus. Cela fait cinq ans que cela dure sans résultats plausibles et avec tout un pays anxieux et retenant son souffle.

– Que voulez-vous dire ?

– Il y a eu des témoignages fantaisistes ou peu crédibles qui ont été pris en compte sans précaution par la Commission d’enquête internationale des Nations unies qui a précédé l’institution du tribunal. Dix-huit Libanais, dont quatre généraux de l’armée, ont été emprisonnés pendant trois ans et demi sur la base de ces témoignages. Certains des témoins ont été protégés par des Etats, comme la France, même après que ces derniers eurent reconnu avoir fait de fausses allégations. Comment peut-on garantir qu’il n’y aura pas de nouveau recours à des témoins aussi peu crédibles, alors que depuis deux ans on assiste à un déni de réparation pour les victimes des faux témoignages et au refus surprenant du procureur du TSL ou du Département juridique de l’ONU de faire la lumière sur les errements de l’enquête, lorsqu’elle était dirigée par le juge allemand Mehlis. Il est donc normal que les fuites organisées depuis un an et demi dans les médias sur un acte d’accusation imminent du procureur auprès du TSL contre des éléments du Hezbollah aient fait monter à nouveau les tensions au Liban. Mais j’ai de la peine à comprendre les raisons qui auraient pu pousser le Hezbollah à assassiner Rafic Hariri.

– Le TSL a été voulu par les Libanais. N’aurait-il jamais dû voir le jour ?

– A l’origine, dans l’atmosphère de surexcitation mondiale causée par l’assassinat de Rafic Hariri, une majorité de Libanais pensait que ce serait une bonne solution. Par la suite, l’accord qui a permis de l’instituer n’a toutefois pas été négocié conformément aux procédures constitutionnelles libanaises : le président de la République a été écarté des discussions, en dépit de ses remarques juridiques de première importance, et il n’a pas signé l’accord, de même que le parlement ne l’a pas ratifié. Il s’agit là de deux dispositions majeures qui n’ont pas été respectées en 2006-2007 par le gouvernement de Fouad Signora, proche du Courant du Futur que dirige la famille Hariri. Il est curieux que les Nations unies aient passé outre au manquement à toutes les procédures constitutionnelles libanaises et aient inscrit la constitution du TSL sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, employé exclusivement lorsqu’une situation menace la paix mondiale. Je ne pense pas que c’était vraiment le cas, mais la mainmise onusienne constitue sous cette forme une hypothèque très lourde sur la souveraineté du Liban en matière judiciaire.

– Et financièrement ?

– Le TSL coûte beaucoup au Liban. Sa contribution équivaut au budget annuel du Ministère libanais de la justice. C’est cher payé pour une instance siégeant hors du pays, même si elle comprend deux juges libanais. De plus, le TSL a accès à toutes les informations disponibles sur les citoyens libanais, ce qui ne manque pas d’inquiéter beaucoup d’entre eux, soucieux de la protection des libertés individuelles. En tant que juriste, je rappelle que le droit pénal international s’applique exclusivement aux crimes contre l’humanité, aux crimes de guerre et aux génocides. Les assassinats politiques, ainsi que les actes terroristes ne font pas partie des domaines de compétence de la justice pénale internationale. Il n’a jusqu’ici jamais été institué de tribunaux à caractère international pour juger les auteurs présumés d’assassinats politiques et surtout leurs commanditaires : je pense aux assassinats de John F. Kennedy ou d’Olof Palme, d’Aldo Moro ou encore de Benazir Bhutto, une très grande figure politique au Pakistan.

– Combattre l’impunité, c’est pourtant une manière d’assurer la paix future.

– Ce slogan, c’est de la rhétorique creuse. Les jugements et condamnations n’ont malheureusement jamais dissuadé d’assassiner des hommes politiques, pas plus que les cours pénales internationales n’ont empêché les actes de violence collective. Des milliers de pages de comptes rendus d’enquête ont été écrites sur l’assassinat de Kennedy, sans résultat probant. Il y a eu deux premiers ministres et deux présidents de la République libanais tués au cours du demi-siècle écoulé. Personne ne s’est préoccupé de ces assassinats ou a pensé constituer une justice internationale spéciale. On peut donc s’interroger sur les vraies motivations du TSL.

– Le Liban est à nouveau la proie des puissances étrangères. La Syrie et l’Arabie saouditeont proposé leur médiation, mais celle-ci a échoué.

– Il semble évident que les Etats-Unis ont paralysé cette médiation. Tout chef d’Etat étranger qui fait des déclarations tonitruantes sur le Liban ou au profit de l’un ou l’autre parti politique n’aide pas notre pays et pratique une ingérence intolérable dans les affaires intérieures libanaises. Durant la période 2005-2008, ces déclarations étaient presque quotidiennes. 2011 semble aller dans le même sens.

– Et la Syrie, qui a retiré ses troupes du Liban peu après la mort d’Hariri, ne fait-elle pas un grand retour au Pays du Cèdre ?

– Elle l’avait déjà effectué en 2008, lorsque les relations officielles ont été rétablies entre les deux Etats, avec échange d’ambassadeurs cette fois, conformément au désir de la grande majorité des Libanais et des gouvernements occidentaux. La crise actuelle n’ajoute rien de neuf. Mais la crainte existe qu’un acte d’accusation vienne mettre en cause aussi la Syrie et l’Iran, qui soutiennent le Hezbollah, alors que la Syrie avait été précédemment blanchie après les accusations féroces lancées contre elle par la Commission d’enquête onusienne et que l’Iran n’a pas été mis en cause jusqu’ici. Cette justice pénale internationale spéciale est prise dans les jeux de la redoutable géopolitique régionale. C’est malheureux que le Liban soit à nouveau kidnappé pour être un champ d’expérimentation et un pion dans l’échiquier du Moyen-Orient. Je ne pense pas non plus que cela consolide la crédibilité de la justice pénale internationale.

Georges Corm 

Source : LE TEMPS Liban mardi 18 janvier 2011

mercredi 9 février 2011, par Comité Valmy

date de la publication CV : 6 février 2011

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1147


1-7 Yahia Gouasmi : Cour Pénale Internationale et Tribunal pour le Liban au service d' Israël!

 7 février

En novembre 2006, le Centre Zahra France a procédé à un dépôt de plainte auprès de la Cour Pénale Internationale (La Haye, Pays-Bas) contre Israël, suite à l’agression du Liban en été 2006 : http://www.centre-zahra.com/justice/depot-de-plainte-contre-israel-suite-a-la-guerre-du-liban-2006-213.html .
Revenons sur les faits. Prétextant l’enlèvement de deux soldats israéliens dans la région du Sud-Liban, Tsahal (l'armée israélienne) pénètre au Liban le 12 juillet 2006, avec l'objectif de venir à bout du Hezbollah. Les chiffres suivants des Nations Unies figurent dans le dépôt de plainte. Le nombre de morts libanais est de 1200, dont 45% d’enfants et 100 combattants du Hezbollah. Les blessés libanais se chiffrent à 3680, et le nombre de personnes déplacées est de 971361. On déplore également l’exécution de civils libanais par des militaires israéliens, des destructions matérielles massives, et le tapissage de 159 villes et villages libanais par plus de 4 millions de bombes à fragmentation !  Tous ces faits justifient ainsi pleinement un dépôt de plainte contre Israël pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».
Voici la réponse de la Cour Pénale Internationale (CPI), datée du 28 mai 2008 :
http://www.centre-zahra.com/justice/reponse-du-tribunal-penal-international-215.html . En résumé, Israël ne reconnaissant pas la compétence de la Cour Pénale Internationale, cette dernière n’est pas compétente, à moins que l’affaire ne lui soit soumise par le Conseil de Sécurité. Or, le Conseil de Sécurité de l'ONU n’a jamais condamné Israël, les États-Unis opposant systématiquement leur veto !
Pourtant, ce même Conseil de Sécurité a voté en 2007 la création du Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), afin de faire la lumière sur l’assassinat de Rafiq Hariri, Premier ministre libanais de 1992 à 1998 puis de 2000 à 2004. De nombreux observateurs – libanais et non libanais – ont relevé les multiples pistes sérieuses que ce « tribunal » n’a pas voulu exploiter. Pire, des complicités allemandes et israéliennes ont été soigneusement étouffées (voir les révélations faites par le site du Réseau Voltaire : http://www.voltairenet.org/article167550.html ).
Une fois de plus, le deux poids, deux mesures concernant l’entité sioniste est à l’œuvre. Israël est, de par sa nature même, au-dessus du droit international et ses « tribunaux ». Ceux-ci ne sont que des outils de l’USraël, destinés à donner un habillage juridique à leur attaques criminelles. Tous ces organismes internationaux sont totalement dans les mains du sionisme mondial : les faits récents le prouvent amplement.
Dans le cas du Liban, le tribunal créé sur-mesure par le Conseil de Sécurité des Nations Unies a deux fonctions. La première est d'effacer toutes les pistes qui conduisent à Israël dans l’assassinat de Rafiq Hariri. Et la seconde est de désigner de faux coupables : le Hezbollah, puis la Syrie et l’Iran, c’est-à-dire le Front de la Résistance. Celui-ci, qui s’oppose catégoriquement au sionisme, n’accepte pas de trahir la cause de la Palestine en échange de millions de dollars… Il n’y a pas, heureusement, que des Ben Ali et des Moubarak !
Pourquoi avoir créé un Tribunal Spécial pour l’assassinat d’un dirigeant libanais, mais avoir opposé une fin de non-recevoir pour l’assassinat de milliers de Libanais avec son cortège de destructions ?  La réponse de la Cour Pénale Internationale ne nous surprend pas. Elle illustre – et confirme – la domination des lobbies sionistes sur tous ces organismes prétendument internationaux. Aujourd’hui, l’expression « droit international » signifie tout simplement « droit pour l’USraël de frapper les nations et les peuples qui refusent de se soumettre au sionisme ».
Seule une volonté ferme, un refus de toute compromission avec l’ennemi, et le courage de l’affronter peuvent faire reculer l’agression et la servitude qui en résultent. Cette leçon est connue du Front de la Résistance (Liban, Syrie, Iran, Palestine). Les peuples arabes de Tunisie, d’Égypte, de Jordanie, du Yémen… l’ont également apprise, comme le montrent leur révolte actuelle. Ils savent qu’ils n’ont rien à attendre de ces organismes soi-disant internationaux, mais qu’ils doivent prendre en main leur propre destin. C’est ce qu’ils font, et le mouvement ne pourra que s’étendre et s’approfondir…

Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

 7 février

Source : P.A.S


1-8 Nasrallah: Bellemare menace al-Jadid et ignore les fuites des médias occidentaux.

Le secrétaire générale du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah a tenu à remercier le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), le député Walid Joumblatt et son parti , pour sa position en faveur de la Résistance et de l'opposition , estimant qu’elle représente un rempart pour édifier une nouvelle phase et faire face aux défis qui guettent le pays !
Lors d'un discours diffusé sur la chaine de télévision AlManar, Sayyed Nasrallah a critiqué le procureur général du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), Daniel Bellemare qui selon lui s’est permis de menacer une institution médiatique libanaise en l’occurrence la chaîne  libanaise el-Jadid ( New TV), de poursuites judiciaires, pour avoir diffusé des fuites sur les enquêtes du TSL, alors qu’il ne s’était même pas dérangé pour le faire à l'encontre des médias occidentaux qui ont publiés des fuites pendants plusieurs années!
Pour ce qui est de la situation politique au Liban, le numéro un du Hezbollah a critiqué le Premier ministre sortant Saed Hariri pour avoir soupçonné une tentative d'élimination politique à son encontre, car l'opposition cherche à nommer quelqu'un d'autre à sa place, alors que lui et son parti ont déclaré avoir confiance dans le jeu démocratique au Liban.
Et de souligner que c’est  tout un mouvement de résistance nationale qui est victime d’une tentative d'élimination de la part de l'ennemi israélien et de ses alliés !
 
Les principales idées de son discours télévisé :
Deux titres : Le TSL et  la  situation politique libanaise
Pour ce qui est du TSL, l’acte d’accusation a été délivré  au moment où des consultations parlementaires devaient avoir lieu, sachant qu’il a été dit qu’il faut une période de dix à quinze jours pour qu’il soit délivré !
Le fait que sa délivrance a été accélérée prouve que l’acte d’accusation n’est qu’un instrument politique pour faire pression sur certaines parties libanaises.

Aussi,  pour la première fois Monsieur  Bellemare a adressé des menaces (de poursuite judiciaires, ndlr) contre  une chaîne de  télévision libanaise al-Jadid pour avoir publié des fuites sur les enquêtes de la commission, sachant que pendant des années, les médias occidentaux dont récemment la chaîne satellitaire canadienne, ont publié des fuites sur ces mêmes enquêtes, sans qu'il ne bronche!! La raison en est que les fuites émanant d’al-Jadid mettent en cause une certaine partie libanaise alors que les autres fuites émanant des médias occidentaux concernent la Résistance et le Hezbollah !
Ce qui prouve à quel point Bellemare est loin d’être impartial et que le TSL est politisé !
De toute façon nous allons attendre ce qui va se passer dans les jours à venir avec la publication de l’acte d’accusation, d’ailleurs nous avons déjà riposté, nous savons son contenu…
En conclusion , je m’adresse à ceux qui veulent utiliser  cette phase entre la délivrance de l’acte d’accusation et sa publication, pour leur dire que si vous voulez en tirer profit en exerçant des pressions contre nous, détrompez-vous vous n’arriverez à rien !
Il est hors de question de nous soumettre à un quelconque compromis ou à vos choix politiques, c’est dans ce sens que nous avons dit que ce qui était bon avant la délivrance de l‘acte ne l'est plus après!
 La  situation politique libanaise :
Premier point : la position de Walid Joumblatt,  d’abord je  le remercie, lui et son parti pour avoir pris une telle position en notre faveur, nous l’apprécions   et nous allons construire là-dessus une nouvelle phase et ouvrir une nouvelle page à travers laquelle nous allons affronter les menaces  qui guettent notre pays !
Deuxième point : L’opposition  compte demander au Premier ministre qui sera désigné un gouvernement dans lequel tout le monde participera;  nous avons certes des divergences  quant au choix de la  personnalité du futur Premier ministre mais nous n’avons nullement l’intention d’annuler quiconque,  car le nouveau gouvernement doit représenter l’ensemble des forces politiques libanaises et donc le fait de choisir un candidat autre que Saed Hariri ne veut pas dire que nous voulons éliminer la représentation de la communauté sunnite…

Troisième point : ces derniers jours  nous avons entendu des offenses adressées contre la personne d’Omar Karamé et qu'on ne peut en aucun passser sous silence.  Malheureusement ces offenses insinuent que la nomination d’Omar Karamé en tant que Premier ministre signifie la nomination de  l’assassin  de Rafic Hariri !!! C’est inadmissible, car cette famille (sunnite) est réputée pour son patriotisme et sa dignité, toute son histoire est propre et donc toute offense adressée contre Omar Karamé est une offense adressée contre nous !
Cette campagne de diffamation a été lancée sous prétexte qu’Omar Karamé est le candidat de l’opposition.  Or Omar Karamé ne s’est pas présenté comme candidat à la présidence ministérielle,  il ne l’a pas demandé,  il n’a contacté personne pour ce faire,  il n’a menacé personne, au moment où les contacts diplomatiques fusant de toutes parts  battent leur plein pour élire un autre candidat, leur candidat..
Oui, j’ai contacté Omar Karamé et je lui ai dit que nous avons besoin de vous au cas où nous remportons les consultations parlementaires.. Mais,  Omar Karamé a répondu : «  je remercie votre confiance mais vous savez que je suis vieux et ma santé est fragile sans compter  la situation est sensible ce qui nécesite un certain dynamisme et donc  je préfère que vous choisissez quelqu’un  d’autre. Toutefois s’il  n’y a pas d’alternative je pourrai accepter cette responsabilité pour protéger la Résistance » telle a été la réponse d’Omar Karamé.
L’homme est rentré chez lui,  il n’a pas parlé à personne...
 Mais je m’adresse à tous ceux qui ont offensé cet homme,  vous êtes en face d’un homme qui est courageux  car il est prêt à assumer ses responsabilités nationales quand le devoir l’appelle et humble qui ne court pas derrière le pouvoir !
Et donc nous apprécions les hommes jouissant d’une grandeur d’âme !
Quatrième point : concernant les propos de Saed Hariri sur les tentatives de son élimination politique dont il se dit victime !
De tous temps au Liban,  les premiers ministres se sont succédés et donc nous avons un grand club de premiers ministres. Or, jamais un ministre sortant n’a parlé d'élimination politique quand il était remplacé par un autre candidat, désigné selon les règes du jeu démocratique au Liban..
Ensuite,  vous nous parlez du respect du jeu démocratique et que vous vous allez recourir aux institutions politiques alors pourquoi parler d'élimination politique ! Et donc il est du droit des blocs parlementaires de désigner le candidat qu’il lui leur semble convenable !
J’estime que dans de pareilles situations, le fait de parler d'élimination politique est une tentative pour intimider l’opposition, ensuite quand Saed Hariri  parle d'élimination politique, il parle de sa personne. Mais, qu’en est-il de l'élimination politique  de tout un mouvement de résistance de la part de la Communauté internationale, un mouvement de résistance réputé dans le monde arabo-musulman pour son honnêteté,  sa noblesse et qui protège son pays contre les agressions de l’ennemi israélien, en imposant une équilibre de dissuasion que l'ennemi reconnait lui-même !
N’est-ce pas là l'élimination politique de la Résistance en faveur de l‘ennemi israélien alors qu’il existe des moyens pour l’empêcher ?
Dernier point : récemment nous avons entendu des pays dire qu'ils respectent les institutions politiques  du Liban,  son indépendance, son autonomie, sa démocratie..
Or, une question se pose: supposons qu'il résulte des consultations parlementaires une nouvelle majorité, (c’est une hypothèse qui n’est pas encore garantie), laquelle désigne un autre candidat que Saed Hariri,  est-ce que ces pays qui ont affirmé  respecter la démocratie au Liban , garderont le même position ou vont-ils changer de ton ? A mon avis, ils adopteront un autre discours, d’ailleurs nous entendons dors et déjà un discours dramatisant quimet enm garde contre la division du pays, la menace du projet iranien voire d’une guerre israélienne pis encore certains pronent un discours confessionnel !
De toute façon toutes ses allégations sont fausses,  il s’agit de la pure désinformation...
J’espère que le monde respectera la démocratie libanaise si jamais les consultations parlementaires désignent un candidat autre que Hariri comme Premier ministre.
Il faut savoir que c’est une catastrophe nationale, que le destin d’un pays, son honneur, sa fierté, dépendent d’un seul homme.. C’est une insulte au  peuple libanais !

23/01/2011

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=171145&language=fr


1-9 Soraya Hélou : Jour de colère et lendemain amer.  

 Le Courant du Futur a accompli hier son baroud d’honneur, qui n’est d’ailleurs nullement en l’honneur de son chef l’ancien Premier ministre Saad Hariri. Certes, ses partisans ont prouvé lundi et mardi leur capacité de nuisance dans plusieurs régions du pays, de la Békaa au Nord, en passant par la capitale et le Chouf côtier. Mais on était bien loin du déploiement discipliné, silencieux et rapide de mardi dernier effectué par des partisans de l’opposition dans certains quartiers de la capitale. Les partisans du Courant du Futur sont descendus dans la rue pour y semer le chaos, le désordre et la peur chez les citoyens. Routes barrées, vitrines cassées, immeubles brûlés, rien n’a été épargné à ce pauvre pays, livré à la colère des partisans de cheikh Saad, dérangés par le fait que ce dernier a perdu la bataille politique et constitutionnelle de la désignation à la tête du prochain gouvernement. Non seulement à travers la terrible journée d’hier, les masques sont tombés sur ceux qui depuis cinq ans se posent en défenseurs de la démocratie et de ses valeurs, mais aux yeux de nombreux sympathisants du 14 mars, ils sont devenus les véritables causes du désordre et de l’angoisse sur l’avenir. Comment expliquer en effet tous ces actes de violence et cette paralysie du pays en riposte à un processus démocratique et constitutionnel? Pourquoi toute cette hargne et cette haine avec des slogans insultants alors que le successeur de Saad Hariri au sérail n’est pas une figure du 8 mars et est aussi un homme apprécié des sunnites à travers ses nombreuses œuvres de bienfaisance ?  
Il y avait réellement quelque chose de démesuré dans cette réaction de colère de ce qu’on a appelé la rue sunnite et d’ailleurs, sur toutes les chaînes de télévision hier, les proches de cheikh Saad tentaient de justifier l’injustifiable et surtout de diminuer l’ampleur des actes de violence que tous les Libanais ont pourtant pu voir. Les Tripolitains étaient d’ailleurs les plus choqués face à l’invasion
( c’est pratiquement de cela qu’il s’agissait) des partisans du député Khaled Daher venus du Akkar pour casser et semer le chaos dans leur ville, tout comme ils se sont sentis humiliés par le discours prononcé sur la place principale de leur ville par des orateurs venus de Beyrouth. Même les députés de la ville membres du Courant du Futur comme Samir Jisr se sentaient dépassés et n’appréciaient pas ce qui se passait. Ils étaient d’ailleurs les mieux placés pour sentir l’atmosphère de leur ville et ils pensaient que si des élections législatives se tenaient demain, le Courant du Futur les perdrait à Tripoli.
En dépit du chaos généralisé, des scènes de casse et de l’explosion de haine, le chef du Courant du Futur a pris son temps pour s’adresser à ses partisans, espérant sans doute modifier la nouvelle équation politique en effrayant le Premier ministre désigné. Mais il a surtout fait l’objet d’une plus grande condamnation. Comment expliquer qu’un leader politique qui se veut rassembleur, respectueux de la démocratie et des institutions de l’Etat laisse ses partisans faire ce qu’ils ont fait pour la seule raison que la majorité des députés a voté pour un autre que lui ? Son attitude ressemblait bien plus à celle d’un Néron des temps modernes (qui a brûlé sa propre cité) qu’à celle d’un Abdel Nasser qui reconnaît la défaite et propose de se retirer…
Mais n’est pas homme d’Etat et leader qui veut, en dépit de toues les efforts déployés pour lui en donner l’allure, voire l’envergure. C’est dans les temps de crise que l’homme révèle sa véritable trempe et on ne peut pas dire que cheikh Saad a été à la hauteur. Face à la main tendue par Négib Mikati, il a lancé un vindicatif : « ne donnez pas de raison au peuple de se mettre en colère ». Et tout en condamnant les dérapages, il n’a, à aucun moment, demandé à ses partisans de se retirer de la rue, montrant à ceux qui avaient encore des doutes qu’il était derrière la décision des manifestations, dans le but de pousser son successeur désigné à se récuser ou ne pas pouvoir accomplir la mission qui lui a été confiée. Tout au long de ses cinq années de leader sunnite, Saad Hariri a utilisé  deux armes: l’argent et la fibre confessionnelle et même pour son départ du pouvoir, il a voulu les utiliser encore une fois. En vain. Tripoli est fière de son nouveau Premier ministre et à Beyrouth, beaucoup de sympathisants se posent des questions. Pourquoi le pays a-t-il été paralysé pendant deux jours et sont-ce vraiment ces hordes qui vont construire l’Etat de droit tant chanté et promis dans les slogans électoraux?
La journée de colère se termine pour cheikh Saad par un lendemain amer: un coup sérieux a été porté à sa crédibilité et à sa popularité, l’allié d’hier à Tripoli s’est détaché de lui et même les capitales du monde occidentales qui l’appuyaient ont publié des déclarations pour dire: nous attendons les actions du nouveau gouvernement pour le juger. Le rideau est tombé et les mauvais acteurs doivent se retirer de la scène.

Source : Fadwa Nassar

Soraya Hélou  

 26 janvier


1-10 Soraya Hélou : Plus qu'un accord, une alliance fondamentale.
Il y a cinq ans exactement, le Liban vivait un moment historique qui a, non seulement modifié les équilibres politiques internes, mais porté un coup fatal aux projets de division communautaire, de guerre islamo-chrétienne et de complot contre la résistance. Au début, les citoyens ont été pris de court: les images véhiculées par les chaînes de télévision du général Michel Aoun aux côtés de sayed Hassan Nasrallah avaient de quoi surprendre. A ce moment-là, les positions de deux leaders semblaient éloignées l’une de l’autre. Certes, des négociations étaient entreprises depuis l’été 2005 entre des représentants des deux parties, mais nul ne pensait qu’elles pouvaient aboutir à cette alliance spectaculaire.
Les détracteurs des deux leaders, essentiellement des figures du 14 mars effrayées par cet accord qui bouleversait leurs plans et ceux de leurs parrains internationaux ont voulu y voir un coup médiatique, une riposte un peu facile à la manifestation qui avait secoué Achrafieh la veille avec le déferlement des partisans d’islamistes proches du courant du Futur dans ce secteur en principe pour protester contre les caricatures danoises prenant pour cible le Prophète et qui s’était transformé en actes de vandalisme. D’autres ont préféré croire qu’il s’agissait d’une manœuvre politique, d’une convergence d’intérêts ponctuels, misant sur le fait que le général Aoun ne pourrait entraîner sa base chrétienne dans un tel virage.
Et pourtant… Cinq années et de nombreux développements dramatiques plus tard, l’alliance consacrée par la signature d’un document d’entente tient toujours bon. Elle s’est même approfondie et elle est devenue une constante dans le paysage politique libanais. Au moment où l’ex-opposition devenue nouvelle majorité s’apprête à former un nouveau gouvernement sous la présidence du Premier ministre Négib Mikati, l’alliance entre le Hezbollah et le CPL a montré une fois de plus sa solidité, ayant réussi à faire passer la majorité d’un camp à l’autre par le biais d’un vote parlementaire constitutionnel et démocratique.
Cette alliance née à la suite des élections législatives de 2005 qui avait vu l’émergence d’une majorité basée sur l’accord quadripartite entre le Hezbollah, Amal, le Courant du Futur et le PSP avant que les deux dernières formations se retournent contre les premières, s’est consolidée à travers la guerre israélienne de 2006 et l’appui sans limites accordé par le CPL à la résistance. Elle s’est ensuite concrétisée par le sit-in de l’opposition au centre ville destiné à obtenir la chute du gouvernement Siniora, avant de porter ses premiers fruits officiels à travers l’accord de Doha qui lui a permis d’obtenir un gouvernement
d’union nationale et un découpage électoral plus favorable aux chrétiens. Le général Aoun n’a pas abandonné le camp de la résistance, en dépit de toutes les pressions exercées sur lui, internes et internationales et en dépit de la terrible campagne médiatique et populaire menée contre lui, mais le Hezbollah non plus n’a jamais abandonné son allié, faisant siennes ses revendications politiques et sa lutte contre la corruption. Aoun a assuré une profondeur stratégique chrétienne et nationale au Hezbollah, évitant son isolement en prélude à un nouveau coup porté contre lui et le Hezbollah a soutenu le général dans sa bataille politique, sécuritaire et nationale, lui assurant une stabilité stratégique qui lui a permis de devenir un acteur de premier plan sur la scène locale.
Ensemble, les deux alliés ont mené toutes les batailles de ces dernières années, évitant au pays les troubles sécuritaires et faisant en sorte de surmonter le clivage confessionnel qui a coûté cher au Liban pendant les années de guerre civile.
Aujourd’hui, cette alliance a mené l’ex-opposition vers la conquête de la majorité parlementaire. Elle doit désormais relever le défi de l’exercice du pouvoir. Il y a de grandes chances qu’elle réussisse cette nouvelle étape et tous ceux qui avaient misé sur son effritement doivent aujourd’hui revoir leur pari. L’alliance conclue le 6 février 2006 se renouvelle chaque jour, à chaque nouvelle étape que traverse le Liban et dans les maisons des partisans du CPL et de ceux du Hezbollah qui tiennent le même langage, engagés pour les mêmes causes et se considèrent comme partenaires à part entière dans la construction d’un Liban de coexistence, de démocratie, d’arabité. Plus fort encore, les deux camps ont déjoué par leur volonté et leur détermination, et surtout par leur vision commune, le plan d’implantation des Palestiniens.

Soraya Hélou
Lundi 7 février 2011

Article publié sur Résistance islamique au Liban

http://french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=2873&cid=284 

 


2 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Une commission rogatoire internationale concernant Thierry Meyssan ?

Poursuites politiques à l'encontre du Réseau Voltaire
Nous portons à votre connaissance l’information révélée le 27 janvier 2011 par le site italien de la revue universitaire de Géopolitique Eurasia. Cette information permet de comprendre que la France de Sarkozy est plus impliquée qu’on ne pourrait le penser dans la déstabilisation du Liban. Elle démontre à quel point l’Elysée est engagé à empêcher la démocratie de fonctionner normalement au Liban. Elle démontre que Nicolas Sarkozy, associe la France, à l’insu de ses citoyens, dans la mise en œuvre du plan criminel élaboré à Tel Aviv et Washington. Plan qui doit conduire, par toutes sortes de manipulations secrètes, à criminaliser une force politique importante au Liban, le Hezbollah, et aboutir à sa liquidation.
Le 3 novembre 2010, soit dix jours avant de quitter le ministère français de la Justice, Michèle Alliot-Marie a fait délivrer à son homologue libanais une commission rogatoire internationale concernant Thierry Meyssan, en sa qualité de responsable de publication du Réseau Voltaire.
La commission a été reçue par le ministre libanais, Ibrahim Najjar, représentant des Forces libanaises de Samir Geagea (condamné pour l’assassinat d’un Premier ministre, puis relâché sous la pression US) dans le gouvernement de Saad Hariri, soutenu par Paris. Elle était accompagnée d’une note de la Chancellerie soulignant la gravité des publications de Voltairenet.org qui porteraient atteinte aux bonnes relations franco-libanaises.
Cette commission rogatoire fait suite à une instruction conduite par la vice-présidente du Tribunal de Grande Instance de Paris pour des articles publiés en 2007 et 2008, dénonçant la propagande sioniste, notamment les imputations d’un média français selon lesquelles le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, serait un agent communiste formé en Corée du Nord ; imputations reprises au Congrès des Etats-Unis pour consolider la théorie d’un Axe du Mal et reconduire des sanctions unilatérales contre le Liban.
En définitive, l’audition s’est tenue à Beyrouth le 26 janvier 2011, lendemain du changement de majorité parlementaire et de la désignation du nouveau Premier ministre. Dans ce contexte politique, les articles incriminés et la note de la Chancellerie française ont pris une toute autre saveur. La Nouvelle majorité est formée par 68 députés représentant plus de 70 % des électeurs.
Il a été constaté que toute poursuite était prescrite depuis longtemps, à la fois en droit libanais et en droit français, de sorte que cette commission rogatoire était nulle et non avenue. Une copie carbonée des divers documents a été placée sous scellés au coffre du Tribunal libanais de sorte que si l’autre original arrivait « endommagé » à Paris, elle puisse lui être opposée.
Aucun juge libanais n’avait exécuté de commission rogatoire internationale française depuis plusieurs années.
Thierry Meyssan réside au Liban. Voltairenet.org est un site internet multilingue qui était hébergé en Russie, en 2007-08. Ses lecteurs sont majoritairement non-Français.

31 janvier

canempechepasnicolas 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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