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04/03/2011

n°473 - Afghanistan : Les dossiers - 03-02 - : Fin - Il était une fois dans l’Empire du Mal…

n°473 - Afghanistan : Les dossiers  - 03-02 - : Fin - Il était une fois dans l’Empire du Mal…



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Afghanistan 

Les dossiers

n°253 du 30-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "Afghanistan le dossier" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

d) un sommaire à :  http://www.palestine-solidarite.org/journaux.CathyetMarc.htm

cette page est accessible depuis la page d'accueil ( http://www.palestine-solidarite.org/ ) colonne de gauche.

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire : 

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Richard Hétu : Afghanistan : découverte de gigantesques réserves de minerais

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Michael Parenti : Afghanistan : l’envers du miroir

3-2 Cindy Sheehan : Il était une fois dans l’Empire du Mal…

4 Annexe

4-1 La console de jeu, une arme contre le stress post-traumatique des soldats américains(…).

 



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Richard Hétu : Afghanistan : découverte de gigantesques réserves de minerais.

Le New York Times fait état dans cet article publié aujourd’hui en première page de la découverte par les États-Unis de gigantesques réserves de minerais en Afghanistan susceptibles de transformer en profondeur l’économie du pays et peut-être même la guerre qui y perdure. Ces gisements, qui comprendraient notamment du fer, de l’or, du niobium et du cobalt, vaudraient près de 1 000 milliards de dollars et suffiraient pour faire de l’Afghanistan un des premiers exportateurs mondiaux de minerais.

Selon une note du Pentagone, l’Afghanistan pourrait également devenir «l’Arabie saoudite du lithium», ce métal étant un composant indispensable des batteries rechargeables utilisés pour les téléphones, les ordinateurs et les voitures électriques. La photo qui coiffe ce billet montre un paysage de la province de Ghazni, où le lithium serait abondant.

La découverte de ces gisements par une petite équipe de géologues du Pentagone pourrait être une bonne nouvelle pour un pays ravagé par des décennies de guerre. Mais elle pourrait également exacerber les problèmes afghans reliés à la corruption, à l’insurrection et au tribalisme.

Richard Hétu

Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York depuis 1994. Il est également l'auteur de trois livres, dont les romans La route de l'Ouest (vlb 2002) et Rendez-vous à l'Étoile (vlb 2006). Il vit à Manhattan avec sa famille.

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Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Michael Parenti : Afghanistan : l’envers du miroir

L’Afghanistan : une toute autre histoire…

Barack Obama a été cité comme étant un ardent défenseur de l’escalade de la militarisation en Afghanistan. Il serait important de se pencher sur l’histoire récente de ce pays afin de comprendre le lien qui existe entre cette histoire et le rôle joué en coulisse par les USA.  

Moins d’un mois après les attaques du 11 sept 2001, les dirigeants du gouvernement Bush ont entrepris une série de bombardements aériens contre l’Afghanistan, ce pays qui abritait Osama Ben Laden et son organisation terroriste Al Qaeda. Plus de vingt ans plus tôt, en 1980, les USA interviennent afin de stopper l’envahisseur russe, qui attaque l’Afghanistan, avec l’accord des plus virulents critiques en matière de politique étrangère américaine. Mais l’histoire n’est pas si simple.

L’histoire réelle

Depuis très longtemps le système d’acquisition des terres en Afghanistan est resté le même. Plus de 75% des terres appartenaient à de riches seigneurs – parmi lesquels on pouvait compter à peine 3% de propriétaires ruraux. Durant les années soixante une coalition révolutionnaire forme le parti démocratique du peuple (PDP). En 1973, le roi fut renversé. Le gouvernement qui le renversa s’est avéré être autocratique, corrompu et impopulaire. Il dut abandonner le pouvoir grâce aux actions du peuple, fortement assisté par l’armée.

Les militaires qui prirent le pouvoir invitèrent le PDP à former un nouveau gouvernement sous l’égide de Mohammed Taraki, un poète et écrivain. Il créera une coalition démocratique menée par un marxiste. Washington ne s’en inquiétera ni n’accusera l’URSS pour ce fait.

Le gouvernement Taraki légalisera les syndicats, facilitera l’accès aux services de santé ainsi qu’à la propriété. Il amorcera une campagne d’émancipation de la femme en offrant l’éducation publique autant à celle-ci qu’aux enfants de différentes tribus.

Un rapport du San Francisco Chronicles (du 17 novembre 2001) mentionnait que le régime Taraki avait créé à Kaboul une cité cosmopolite où 50% des universitaires étaient des femmes. Ces femmes se déplaçaient et conduisaient des voitures. Les artistes foisonnaient. Les gens étaient en paix.

Le gouvernement Taraki entreprit l’éradication de la culture de l’opium. Il abolira les dettes contractées par les agriculteurs et entreprit une réforme des terres. Les gens voyaient le futur de façon positive et avec espoir. Mais plusieurs opposants se manifestèrent. Ces « seigneurs des terres » s’opposèrent à cette réforme agricole et les fondamentalistes religieux refusèrent d’appuyer ce mouvement d’égalité des sexes ainsi que l’éducation des femmes et des enfants.

Sa politique égalitaire d’économie collective déplut à la sécurité nationale des USA et valut au gouvernement Taraki une intervention à grande échelle contre son pays, montée de toutes pièces par la CIA, des militaires pakistanais et Saoudiens ainsi que par les seigneurs du pays (mullah, trafiquants d’opium…) dépossédés de leurs anciens pouvoirs.

Hafizulla Amin, soupçonné avoir été embrigadé par le CIA lors de ses études en terre américaine, était à ce moment-là un haut-placé du gouvernement Taraki. En septembre 1979, il se saisit du pouvoir grâce à un coup d’état armé. Il fit exécuter Taraki, élimina l’opposition et annula toutes réformes et instaura un état religieux fondamentaliste islamique. Il fut renversé deux mois plus tard par le PDP secondé d’éléments sympathisants de l’armée. De la bouche même de Zbigniew Brezinski l’administration Carter soudoyait, à l’aide d’énormes sommes d’argent, le gouvernement en place en finançant les extrémistes musulmans. S’ensuivit de brutales attaques contre les écoles et les enseignants en milieu rural par des Moudjahidines corrompus.

Ceci se déroula avant l’intervention russe en Afghanistan. En 1979, le gouvernement du PDP, en état de siège, demande à Moscou l’envoi de troupes militaires afin de contenir le Moudjahidine (des guerriers islamistes) ainsi que les mercenaires privés venant de l’étranger (engagés et financés par la CIA). L’URSS, étant déjà engagée en Afghanistan à plusieurs niveaux comme l’industrie minière, l’éducation, l’agriculture et la santé, l’envoi de troupes leur semble alors naturel mais représentait évidemment des dangers plus importants. Il fallut plusieurs interventions de Kaboul avant que Moscou n’acquiesce à la demande.

Jihad et Résistants à la sauce CIA

L’intervention de l’URSS s’avérera être une opportunité en or pour les USA de transformer la résistance des seigneurs terriens en mouvement de résistance une guerre sainte afin d’expier les communistes athéistes en les expulsant hors du pays. Sur une période de plusieurs années les USA et l’Arabie Saoudite ont consacré 40$ milliards durant la guerre d’Afghanistan. La CIA et ses alliés ont recruté, équipé et entraîné près de 100 000 Moudjahidines provenant de 40 pays musulmans différents incluant le Pakistan, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Algérie et l’Afghanistan. Parmi tous ceux qui ont répondu à l’appel il faut compter le millionnaire de droite Osama Ben Laden et sa bande.

Après l’échec d’une longue et pénible guerre, les Soviétiques évacuent le pays en 1999. On admet de façon générale que le gouvernement du PDP s’est effondré peu après le départ des Russes. Cependant, ce mouvement connaissait un niveau de popularité important et put alimenter une résistance durant au moins trois années – prolongeant ainsi la vie de l’Union Soviétique d’au moins une année.

Après avoir pris possession du pays, les Moudjahidines entrent en guerre entre eux. Ils ravagèrent les villes, terrorisèrent les citoyens, organisèrent des exécutions publiques massives, fermèrent les écoles, commirent des viols et réduirent Kaboul en ruine.

En 2001, Amnistie Internationale rapportait que les Moudjahidines utilisaient le viol « afin de contrôler, intimider une population vaincue ainsi que pour récompenser les soldats. » Cette tribu de Moudjahidines criminalisés dut se trouver un moyen de se financer : ils forcèrent les paysans à planter à nouveau des plants d’opium. L’ISI du Pakistan – un petit frère de la CIA - mit en place des centaines de laboratoires de transformation d’héroïne partout dans le monde.

Créée et largement financée par la CIA la force armée milicienne des Moudjahidines avait maintenant une existence bien établie. Parmi ces Moudjahidines, plusieurs retournèrent dans leur pays (Algérie, Tchétchénie, Kosovo, Kashmire) commettant des attaques terroristes au nom d’Allah contre les diverses corruptions profanatiques.

En Afghanistan, dès 1995, une branche extrémiste des Sunis islamiques, les « Résistants » - fortement financés et conseillés par le ISI et la CIA, supportés par le parti politique islamique du Pakistan- ces Résistants se sont frayés un chemin jusqu’au pouvoir, s’emparant de presque tout le pays en s’adjoignant les tribus rebelles grâce aux menaces et à la corruption.

Les Résistants promettaient de mettre fin à la criminalité et à la rivalité qui était la caractéristique des actions menées par les Moudjahidines. Des meurtriers suspectés ainsi que des espions furent exécutés en public dans des stades à chaque mois. Les voleurs se voyaient amputés d’une main. Les Résistants condamnaient toutes formes « d’immoralité » ce qui incluait le sexe avant le mariage, l’adultère et l’homosexualité. Toutes musiques étaient hors la loi, le théâtre, les librairies, la littérature, l’éducation et la recherche scientifique.

Les Résistants ont instauré un règne de terreur religieuse en imposant une interprétation encore plus stricte que celle du clergé de Kaboul. Les hommes devaient porter la barbe et les femmes la burga ce qui les couvre de la tête aux pieds. Les gens qui ne se pliaient pas assez vite à ces règles étaient ramenés à l’ordre par le ministère de la Vertu. Une femme qui fuyait un mari violent ou qui se plaignait d’être battue était elle-même fouettée par les autorités théocratiques. Les femmes étaient tenues à l’écart de la vie publique, n’avaient pas accès à la majorité des soins de santé, ni à la scolarité, ni au travail en dehors du domicile. Les femmes jugées immorales étaient lapidées à mort ou brûlées vives.

Rien de tout cela n’inquiétait Washington qui s’entendait (on le savait) à merveille avec les Résistants. Pas plus tard qu’en 1999, les USA avaient sur leur liste de paie tous les dirigeants Résistants jusqu’au jour où le président W. Bush eut à se rallier l’opinion publique en octobre 2001 afin de bombarder l’Afghanistan. Et c’est à partir de ce moment, pas avant ni après, qu’il se mit à dénoncer l’oppression des femmes en Afghanistan. Mme Bush, Laura Bush, se présenta du jour au lendemain comme une ardente féministe en dénonçant devant le public les abus commis envers les femmes afghanes.

Si on devait attribuer un point positif au sujet des Résistants il faudrait mentionner qu’ils ont fait stopper les vols, viols et massacres organisés par les Moudjahidines. En 2000, les autorités résistantes ont mis un frein à la culture de l’opium dans les régions sous leur gouverne. Un effort qui fut jugé positivement par l’ONU. En sortant les Résistants du pays et en instaurant un gouvernement Moudjahidine – choisi évidemment par les pays de l’ouest – à Kaboul en décembre 2001 la production d’opium s’est accru de façon drastique. Les années de guerre qui ont suivi tuèrent des dizaines de milliers d’Afghans. Il faut aussi compter les pertes civiles attribuées aux troupes américaines et ceux qui sont morts de la faim, du froid et du manque d’eau potable.

La « guerre sainte » pour le pétrole et le gaz

Alors qu’ils affirmaient lutter contre le terrorisme, les leaders américains ont trouvé d’autres raisons, fort alléchantes, afin de pouvoir plonger encore plus profondément en Afghanistan : cette région est riche en pétrole et en gaz. Une dizaine d’année avant le 11 setembre 2001, le 18 mars 1991, le Time magazine rapportait que l’élite américaine voyait d’un bon œil l’idée d’installer de façon permanente une présence militaire en Asie Centrale.

La découverte d’une réserve importante de gaz et de pétrole au Kazakhstan et au Turkménistan servira de leurre alors que la chute de l’URSS permit une meilleure marge de manouvre afin de poursuivre une politique agressive dans cette partie du monde. Des compagnies américaines mirent la main sur 75% de ces réserves mais ils rencontrèrent un problème important : comment transporter ce butin hors de cette région isolée… ?

Les autorités américaines refusèrent d’utiliser le pipeline russe ni la route qui traverse l’Iran jusqu’au Golfe Persique. À la place ils explorèrent une suite de possibilités visant à installer un pipeline. On a pensé à traverser l’Azerbaïdjan, la Turquie jusqu’à la méditerranée ou bien, jusqu’à la Chine vers le Pacifique. Finalement, la route projetée par UNOCAL, une compagnie américaine, traversait l’Afghanistan et le Pakistan jusqu’à l’océan Indien. Les négociations intenses entreprises par cette compagnie auprès du régime Résistant ne porteront pas fruit. Mais en 1998, une compagnie argentine fit une offre compétitive pour la construction du pipeline. La guerre entreprise par W. Bush tomba à point pour la compagnie américaine qui voyait ses chances d’obtenir le contrat subitement, croître.

Il est intéressant de constater que ni l’administration Clinton ni celle de W. Bush n’avaient placé l’Afghanistan sur sa liste de pays « producteur de terroristes » même s’ils savaient Ben Laden protégé par les Résistants d’Afghanistan car il aurait été impossible politiquement pour Washington de négocier avec Kaboul un traité au sujet d’un pipeline.

En somme, les USA avaient, avant le 11 septembre 2001, entrepris de s’en prendre aux Résistants rendant ainsi le gouvernement de Kaboul complaisant à son égard. Ceci permettra une présence armée des USA en Asie Centrale. Les événements du 11 septembre 2001 auront donné des ailes au projet d’invasion militaire en précipitant l’opinion publique américaine directement vers l’acceptation de cette idée.

Il est facile d’être d’accord avec John Ryan lorsqu’il affirme : « Si Washington avait laissé le gouvernement marxiste de Taraki tranquille, il n’y aurait pas eu d’armées de Moudjahidines, ni d’interventions de l’URSS, ni de guerre pour détruire l’Afghanistan ni d’Osama Ben Laden et encore moins de 11 septembre. » Mais cela est trop demander à Washington : laisser en paix un gouvernement progressiste de gauche qui était en train d’organiser une économie autour des besoins collectifs d’une nation, plutôt que de bâtir des richesses privées.

L’intervention des USA en Afghanistan n’a prouvé rien de plus que bien d’autres interventions organisées par les USA : celles du Cambodge, de l’Angola, du Mozambique, de l’Éthiopie, du Nicaragua, du Panama et de bien d’autres pays encore. Le but poursuivi est toujours le même : annihiler l’émancipation d’un pays qui vise l’égalité sociale et mettre en place une idéologie de réforme économique. Et par-dessus tout, ces interventions ont fait naître des éléments négatifs du passé et laissé l’économie et la vie des gens en ruine.

La guerre contre l’Afghanistan, ce pays déjà brûlé par les guerres et à l’économie dévastée continue d’être « commercialisée » par les autorités américaines avec en prime cette lutte contre le terrorisme. Même s’il s’agissait du vrai but visé, il ne faut pas se laisser leurrer et oublier les détails suivants… La destruction d’un gouvernement de gauche, s’accaparer d’un des derniers plus vastes réservoirs de pétrole au monde et, une fois de plus, occuper militairement et activement un pays étranger.

À côté de tout ça le message de « changement » d’Obama semble bien vide de sens…

Michael Parenti

Mondialisation.ca,

Article original en anglais : Afghanistan, Another Untold Story, publié le 4 décembre 2008.

Traduction : Drummerboy, mars 2009.

Copyright © 2008 Michael Parenti.

http://www.mleray.info/pages/Afghanistan_lenvers_du_miroir-2462353.html


3-2 Cindy Sheehan : Il était une fois dans l’Empire du Mal…

L’Empereur Obama et son prédécesseur l’Empereur Bush ont été mis en place par les mêmes institutions que celles qui ont installé Moubarak et Karzai.

La différence est que nous sommes nombreux à croire encore, et avec la complicité des médias, que nous avons un « choix » en politique.

Les élites du monde ne qualifient jamais ces types de dictateurs, mais leurs peuples si.

Il était une fois, dans l’Empire du Mal, un homme extrêmement stupide et méchant appelé George Walker Bush (le IIIème George de l’Empire) qui fût élevé au rang de Dirigeant Suprême du Pays.

George III avait été un étudiant plus que médiocre et avait échoué dans toutes ses tentatives de gestion d’entreprises et se révéla un désastre sans nom au poste de gouverneur d’une des provinces lointaines de l’Empire du Mal appelée le Texas. La hache du son bourreau s’y abattait avec frénésie et il démantela le système d’éducation tout en ravageant l’environnement.

Ce n’était pas que George Walker Bush était plus méchant que les autres Dirigeants de l’Empire du Mal, mais son arrogante stupidité et méchanceté rebuta bon nombre de ses sujets. Et aussi parce qu’il avait volé son titre non par un coup d’état subtil, comme la première fois, mais par un coup d’état qui balaya les derniers semblants de démocratie.

Au cours du premier Règne de George III, l’Empire du Mal fut attaqué à cause de ses Mauvaises Actions à travers le monde et George III et son Consort, Richard le Malsain, expédièrent les Armées de l’Empire du Mal dans différentes régions du globe pour assassiner, violer et piller, provoquant ainsi encore plus de haine et de ressentiment envers l’Empire du Mal et il advint que les Sujets de l’Empire commencèrent à s’agiter.

Les Sujets de l’Empire se soulevèrent pour tenter de chasser George et Richard mais les Royaux Lèche-Culs du Parlement refusèrent de déchoir les dictateurs avant la fin de leur mandat au Sommet du Pouvoir.

George et Richard retournèrent ensuite à leurs vies confortables parmi la Noblesse de l’Empire, mais ils laissèrent derrière eux deux guerres et une des plus graves crises économiques que leurs Sujets aient jamais connues.

Soudain, en l’An du Seigneur 2008, un Ange apparut (sur CNN) et dit : « Réjouissez-vous, O grands Privilégiés ! Le Seigneur est avec vous. Soyez bénis parmi les Nations ! » Et l’Empire du Mal vit son sauveur : Barack Obama.

Les Sujets du Royaume des Démocrates se réjouirent en grand pompe et le souvenir des épreuves et malheurs des dernières huit années s’effacèrent des Mémoires – bien que les épreuves et malheurs fussent toujours présents.

Cependant, au Royaume des Républicains, ces mêmes épreuves et malheurs - devant lesquels ils étaient aveugles pendant tout le règne de George III et de Richard le Malsain - apparurent soudain comme par enchantement et ils se désespérèrent et se lancèrent dans la création de Tea Parties où l’on vous sert des bêtises et du racisme, mais pas de thé.

Quelle conclusion peut-on tirer de ce conte de fée ? Que les Etats-Unis sont une Mythocratie où les marionnettes qui sont apparemment aux commandes s’agitent en réalité sous les instructions des véritables maîtres du pays : la Corporatocracie (pas mieux - excuses du traducteur).

En résumé, les Assassins Financiers sont formés pour bâtir l’empire Américain. Pour créer des situations où le maximum de ressources sont redirigées vers ce pays, vers ses entreprises, vers son gouvernement. En fait, nous avons été très efficaces – John Perkins (Les Confessions d’un assassin financier. )

Ceci n’est pas une folle théorie conspirationniste et les Etats-Unis ne sont pas le seul pays à être dirigé par des super-riches – les mouvements antimondialistes ainsi que les mouvements qui s’opposent au G8, G20, OMC et la Banque Mondiale, le savent bien.

Regardez le récent soulèvement en Egypte. La marionnette de cette oligarchie globale, Moubarak, s’est accroché au pouvoir pendant 18 jours, allant jusqu’à envoyer ses sbires pour assassiner les manifestants afin de retarder son départ inévitable.

Pourquoi Moubarak s’est-il accroché si longtemps ? Il a dit à Christiane Amanpour, de CNN, qu’il ne voulait même plus être « président », après trente ans de viols et de pillages. Il est resté, selon un article récent du UK Telegraph, pour pouvoir mettre sa fortune, estimée à 70 milliards de dollars, en lieu sûr. Moubarak n’allait pas partir avant d’avoir soigneusement planqué jusqu’au dernier centime, hors d’atteinte des autorités suisses qui voudraient bloquer ses comptes ou du peuple qui voudrait récupérer l’argent volé.

Moubarak n’a jamais été un fonctionnaire de l’état au service du peuple égyptien car les fonctionnaires d’état n’amassent pas des fortunes dignes d’un Pharaon. On lui a donné des milliards de pièces d’argent tachées de sang pour trahir son peuple et le peuple palestinien.

L’homme de paille, la marionnette de l’oligarchie en Afghanistan, Hamid Karzai, ainsi que sa famille, sont assis sur une mine d’or qu’ils partagent avec leurs maitres : de vastes ressources naturelles et le commerce de l’Opium organisé par la CIA. Selon un document de Wikileaks publié l’année dernière, les Etats-Unis étaient « bouleversés » par le niveau de corruption en Afghanistan et les millions (sinon les milliards) de dollars des contribuables US qui entraient dans le pays pour repartir aussitôt vers des destinations telles que Dubai, où Karzai et ses copains ont planqué le magot au cas où ils se verraient un jours chassés du pouvoir par un soulèvement populaire. Si les Etats-Unis sont si « bouleversés » par toute cette corruption en Afghanistan, pourquoi laissent-ils Karzai en place ? Ce n’est pas parce qu’il a été « démocratiquement » élu au cours d’une élection ouvertement truquée. Non, c’est parce qu’il accepte de danser au rythme de la main du marionnettiste qui est fermement enfoncée dans une de ses parties intimes.

Certains pays réussissent à préserver une certaine indépendance à l’égard de l’oligarchie mondiale et un de ces pays se trouve à 150 km de la Floride : Cuba.

Bien que Cuba ait servi d’épouvantail entre les Etats-Unis et l’URSS au cours de la Guerre Froide, l’île n’a jamais représenté une menace militaire ou économique pour nous. Mais elle rappelle constamment aux Impérialistes Mondiaux qu’il y a encore des endroits, aussi petits soient-ils, où on peut à la fois être libre et survivre.

La propagande contre Cuba est incroyablement biaisée et pathétiquement niaise, et il n’y a pas besoin de creuser bien profond pour découvrir la vérité. Mais posez-vous la question suivante : pourquoi les Etats-Unis sont-ils obsédés par Cuba et les frères Castro alors qu’ils ont soutenu plus de dictatures en Amérique latine qu’on ne saurait compter ? Pourquoi ont-ils renversé Allende au Chili pour lui préférer un assassin et oppresseur épouvantable comme Pinochet ?

Pourquoi l’Empire est-il obsédé par le populaire et démocratiquement élu Hugo Chavez au Venezuela, tout en soutenant un narco-état violent comme la Colombie ?

Le récent coup d’état appuyé par le CIA (tous les coups d’état sont appuyés par la CIA) au Honduras, qui a renversé Zelaya pour installer un régime plus favorable à l’oligarchie, est encore un exemple de cette hypocrisie flagrante.

La raison pour laquelle tous les Karazai et Moubarak du monde sont appréciés par les mondialistes et détestés par leurs peuples est la même que celle pour laquelle tous les Chavez et Castro du monde sont détestés par les mondialistes et appréciés par leurs peuples (et par d’autres qui s’en inspirent) – parce que des dirigeants comme Chavez et Castro infligent un camouflet à la Corporatocracie par leur obstination à affirmer que les richesses et ressources de leurs pays respectifs appartiennent aux peuples.

Espérons que les soulèvements contre les élites du monde, qui n’ont pas commencé avec Egypte mais où ce fut une évidence, ne s’arrêteront pas là.

Ici nous vivons au coeur de ce rêve devenu réalité pour tout mondialiste qui se respecte : les Etats-Unis d’Amérique. Ah... l’Amérique... là où ceux qui sont tout en bas de l’échelle économique pensent encore pouvoir réussir à se frayer un chemin à coups de griffes, de poings et de pieds jusqu’au sommet... Et ce ne sont pas quelques dures réalités qui les réveilleront de cette quête de l’impossible devenue cauchemar et soigneusement entretenue par Madison Avenue.

Si la majorité d’entre nous n’arrivent même pas à comprendre que peu importe celui qui sera désigné par l’élite pour nous faire un numéro à la Maison Blanche, alors nous avons perdu d’avance.

L’Empereur Obama et son prédécesseur l’Empereur Bush ont été mis en place par les mêmes institutions que celles qui ont installé Moubarak et Karzai. La différence est que nous sommes nombreux à croire encore, et avec la complicité des médias, que nous avons un « choix » en politique.

Les élites du monde ne qualifient jamais ces types de dictateurs, mais leurs peuples si.

Ce conte de fées aura-t-il une fin heureuse ? Ce sont les peuples qui décideront.

Cindy Sheehan

http://cindysheehanssoapbox.blogspo...

16 février 2011

Traduction "si vous remplacez Bush par Sarkozy et Obama par DSK... oups.... je viens de vous raconter la fin du film" par VD pour le Grand Soir, avec probablement les erreurs et coquilles habituelles.

URL de cet article 12788
http://www.legrandsoir.info/Il-etait-une-fois-dans-l-Empire-du-Mal.html

http://www.legrandsoir.info:80/Il-etait-une-fois-dans-l-Empire-du-Mal.html



4 Annexe

4-1 La console de jeu, une arme contre le stress post-traumatique des soldats américains(…).

Le traitement du syndrome de stress post-traumatique (PTSD) chez les soldats américains s'est enrichi d'une nouvelle méthode mieux adaptée aux jeunes générations: les jeux vidéo de réalité virtuelle qui simulent des scènes de guerre irakiennes ou afghanes.

Le jeu thérapeutique Virtual Iraq ou Virtual Afghanistan est une adaptation du jeu de simulation Full Spectrum Warrior sur la console Xbox, financé en partie par l'armée américaine.

Les soldats s'immergent dans des zones de combat grâce à des écrans montés sur lunettes et se retrouvent ainsi dans les mêmes conditions que pendant leur déploiement, décrit le responsable du projet, Albert Rizzo, chercheur à l'Université de Californie du Sud.

"Au premier abord, cela semble contre-intuitif. Pourquoi remettre quelqu'un dans une situation où le but est de l'angoisser un peu et de lui faire revivre des expériences traumatiques?", lance-t-il.

Mais les chercheurs ont découvert qu'en augmentant progressivement le niveau de stress d'un patient jusqu'à un niveau modéré tout en l'encourageant à verbaliser son expérience traumatique, ils parvenaient à réduire les symptômes de stress.

Ces symptômes prennent la forme de cauchemars, de souvenirs récurrents, d'une neutralisation des émotions ou de l'évitement de lieux qui rappellent certains événements. Les soldats souffrent aussi souvent d'hyper-vigilance, un mécanisme de protection vital en zone de guerre mais handicapant dans la vie quotidienne.

Les lunettes détectent les mouvements de la tête et mettent à jour en temps réel les images projetées, donnant au patient l'impression qu'il se déplace dans un village afghan ou irakien.

Les tremblements d'un char, les explosions de bombe font vibrer le casque et un mécanisme émet des odeurs de fumée, de poudre, de pneus en feu ou d'essence pour compléter l'illusion.

La méthode a les mêmes objectifs que les thérapies traditionnelles, où les patients devaient exprimer "par l'imagination les choses dont ils avaient peur ou qui les ont traumatisés", explique Albert Rizzo.

Mais il y a des "gens qui n'arrivent pas bien à visualiser les choses, et on sait que l'un des symptômes de PTSD est le refus", la fuite, détaille le médecin.

Le traitement d'un trouble mental par jeu vidéo se révèle aussi moins intimidant pour des jeunes adultes de la génération des consoles.

20 à 30% des soldats de retour d'Irak ou d'Afghanistan souffrent de troubles post-traumatiques, selon des chiffres officiels de l'armée américaine.

Le syndrome serait à l'origine de nombreux suicides d'anciens combattants. Selon le Pentagone, 309 soldats se sont donné la mort en 2010, contre 267 en 2008.

Le traitement par réalité virtuelle est toujours en phase d'expérimentation et d'autres études évaluent le simulateur comme un outil de diagnostic de PTSD.

Selon une autre étude, 16 des 20 soldats ayant utilisé le simulateur mis au point par Albert Rizzo ne souffraient plus de troubles post-traumatiques à l'issue du traitement.

28/1

AFP



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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