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07/03/2011

n°1 - Journal de Libye - 01-03 au 05-03 - Fin- La Libye dans le grand jeu du nouveau partage de l'Afrique.


n°1 - Journal de Libye - 01-03 au 05-03 - Fin- La Libye dans le grand jeu du nouveau partage de l'Afrique.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

                              n°1                                       01-03 au 05-03

        C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

5 Dossier

5-3 Mohamed BELAALI : L’impérialisme est l’ennemi des peuples : le cas de la Libye.

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 Stefanie Schüler : Hugo Chavez propose une médiation internationale pour la Libye.

7  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

7-1 Annie : la légitimation d’une intervention étrangère en Libye.  

7-2 Pathé M Bodje : Saddam Hussein ? Must Disarm.

7-3 Sara Flounders : La Libye et l’impérialisme

  



5-3 Mohamed BELAALI : L’impérialisme est l’ennemi des peuples : le cas de la Libye.

Profitant de la révolte du peuple libyen contre le régime de Kadhafi devenu despotique et anachronique, l’impérialisme américain et son caniche européen tentent par tous les moyens d’intervenir en Libye pour installer un régime qui servira leurs intérêts. Leur volonté de pomper, à l’instar d’un vampire, le pétrole Libyen est sans limite. Le peuple libyen serait alors privé de sa révolution, de sa richesse et connaîtrait une situation aussi tragique que celle que subit actuellement le peuple irakien ou afghan par exemple. Les crimes et les ravages de l’impérialisme en Irak, pour ne citer que ce pays, donnent la mesure de la cruauté et de la barbarie dont le capitalisme est capable. Une intervention américaine en Libye risque de briser également cet immense espoir soulevé par la révolution tunisienne et égyptienne dans les masses arabes opprimées pour une société meilleure débarrassée de la domination impérialiste et de ses serviteurs locaux. L’histoire nous a toujours enseigné que l’impérialisme est l’ennemi des peuples.

La Libye est un pays riche en pétrole et en gaz naturel. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie(EIA), le pays produit 1,79 million de barils par jour d’or noir et de gaz naturel et exporte 1 million de barils/jour. La Libye possède des réserves de brut parmi les plus importantes du monde (44 milliards de barils). La Libye produit un pétrole d’une rare qualité (brut léger à faible teneur en soufre)dont le rendement au raffinage est très élevé donc recherché sur le marché.

Cette précieuse énergie est encore indispensable au fonctionnement de la civilisation capitaliste et contribue à l’accumulation du capital au niveau planétaire. L’impérialisme américain se prépare très sérieusement à intervenir dans un pays aussi stratégique que la Libye qui est au cœur de la méditerranée et coincé entre la Tunisie en pleine révolution et l’Égypte dont l’issue de la révolution reste imprévisible. En s’installant en Libye, les États-Unis pourront plus facilement détourner les objectifs d’émancipation de la tutelle impérialiste de la révolution tunisienne et égyptienne.

Hillary Clinton a déclaré publiquement que les États-Unis ont des contacts directs avec les insurgés libyens et que toutes les options pour éliminer Kadhafi du pouvoir restent ouvertes. Mais l’administration d’Obama ne se contente pas seulement de produire des déclarations menaçantes, elle a envoyé au large des côtes libyennes des forces navales et aériennes. Washington examine également la possibilité d’établir ce que les militaires appellent « no-fly zones » (zone d’exclusion aérienne) dans le ciel libyen. Le prétexte humanitaire est lui aussi invoqué, une fois de plus, pour préparer une éventuelle intervention militaire. « L’humanitaire et la guerre sont deux moyens contradictoires mais complémentaires . Il est difficile de distinguer clairement l’humanitaire du militaire tellement les deux instruments sont imbriqués l’un dans l’autre. On fait la guerre au nom de l’humanitaire et on invoque l’humanitaire pour justifier la guerre. Mais l’humanitaire reste souvent subordonné au militaire »(1). Le 28 février 2011, Hillary Clinton déclarait « Nous croyons qu’il y aura des besoins pour aider à des interventions humanitaires, nous savons également qu’il va y avoir probablement malheureusement des besoins pour des missions de sauvetage ».

L’histoire du peuple libyen est riche en luttes glorieuses contre l’invasion étrangère. Omar Al Mokhtar (1862/1931) ce « lion du désert », pendu par les italiens, incarnait cet esprit de résistance à l’occupant étranger. Le peuple libyen qui mène aujourd’hui un combat contre un régime qui l’a longtemps effacé, même s’il a accompli de réels progrès dans le passé, doit s’inspirer de cette grande figure de la résistance et s’opposer de toutes ses forces à l’impérialisme. C’est au peuple libyen et à lui seul,qui a déjà donné généreusement des martyrs par centaines, que revient l’immense tâche de faire triompher la révolution libyenne, partie intégrante de la révolution arabe en marche.

Révolutionnaires, progressistes et démocrates, il est de notre devoir de soutenir les masses arabes en lutte et de dénoncer partout l’impérialisme, ennemi de tous les peuples.

Mohamed Belaali

(1) http://www.legrandsoir.info/L-human...

URL de cet article 12966
http://www.legrandsoir.info/L-imperialisme-est-l-ennemi-des-peuples-le-cas-de-la-Libye.html



6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 Stefanie Schüler : Hugo Chavez propose une médiation internationale pour la Libye.

Hugo Chavez a fait ce lundi une proposition étonnante : le président vénézuélien veut organiser une médiation internationale pour la Libye. Cette mission pour la paix pourrait être rejointe par tous les pays qui souhaitent une solution pacifique et non militaire à la crise politique qui bouleverse la Libye, rapporte El Universal. « Selon Hugo Chavez, la communauté internationale doit tout faire pour éviter que le sang coule entre frères libyens. Le président vénézuélien dit être l’ami de nombreux présidents et chefs de gouvernements européens », écrit encore le journal. « Et c’est sur eux qu’il compte pour mettre en place cette médiation internationale. Hugo Chavez préfère instaurer un groupe de contact au lieu d’engager une guerre. »

Beaucoup plus critiques, les confrères de Las Ultimas Noticias résument le chef de l’Etat ainsi : Hugo Chavez refuse toujours de condamner le colonel Kadhafi. « Expliquant qu’il ne possède pas suffisamment d’informations pour appuyer la thèse de crimes contre l’humanité qui sont reprochés au dictateur libyen, Hugo Chavez a déclaré : ‘C’est une campagne de mensonges qui se tissent sur la Libye, je n’en ai pas le moindre doute. Je ne vais pas condamner Kadhafi. Je serais un lâche de condamner celui qui a été mon ami ‘. »

http://www.rfi.fr/ameriques/20110301-hugo-chavez-propose-une-mediation-internationale-libye



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Annie : la légitimation d’une intervention étrangère en Libye.  

Chers camarades,

L’appel auquel Carole fait référence (http://www.avaaz.org/fr/libya_stop_the_crackdown_fr) ne nous enjoint pas seulement de soutenir le peuple libyen contre la répression : il ouvre sur la légitimation d’une intervention étrangère en Libye.  

Il convient de savoir où nous allons dans ce soutien du combat des Libyens contre le régime de Kadhafi. S'agit-il de soutenir un peuple contre un régime dont les profiteurs se sont approprié l’essentiel du produit national ?

On pourra d'ailleurs observer que l’importance du prélèvement s’est nettement accrue depuis que le régime libyen a donné aux impérialismes « occidentaux » des gages qui ont amené ceux-ci à décréter Kadhafi, jusqu'alors voué aux gémonies, « respectable ».

S'agit-il seulement de soutenir le peuple libyen contre ces profiteurs qui pratiquent aujourd'hui la répression ‑ répression sur laquelle nous sommes d'ailleurs très diversement informés : « la chaîne de télévision Al Jazeera a fait état du bombardement par l'armée des populations de Tripoli et Bengazi (d'où sont partis les troubles le 15 février), alors que le gouvernement a évoqué le bombardement de dépôts d'armes » (Atlas alternatif, 22 février 2011). Sommes-nous absolument sûrs que c’est Tripoli qui ment, comme on nous l’a certifié pour Milosevic, Saddam Hussein et alii ?

S'agit-il, au motif que les Etats-Unis, l’Union européenne et l’OTAN ont déclaré la croisade contre le régime libyen, de couvrir une intervention militaire ayant toutes les caractéristiques de la politique de la canonnière qui a été appliquée ‑‑  sous divers prétextes, tous couverts du manteau de la défense de la démocratie contre les rouges, les terroristes, les islamistes, etc. ‑‑ aux Balkans, à l’Irak, à l’Afghanistan, etc.

Si je ne me trompe, l’OTAN n’a pas prôné d’intervention en Tunisie et en Egypte, dont les impérialismes étrangers contrôlent encore les gouvernements en place, mais il s’agite fébrilement contre la Libye.

On nous a honteusement dupés sur toutes les circonstances de lancement des croisades contre les Serbes, contre Saddam Hussein, contre les islamistes d’Al Qaïda (groupement dont tel ancien responsable des Renseignements généraux, comme nombre de personnalités étrangères, dément jusqu'à l’existence) ? Je rappelle à tous les camarades sous quels divers nobles  prétextes s’est mise en place l’intervention militaire contre la Yougoslavie (pas contre les Serbes seuls, malgré les apparences, contre l’existence de la Yougoslavie, seule digue qui résistait encore, dans cette zone, aux impérialismes américain et allemand rivaux), contre l’Irak, contre l’Afghanistan, et le bilan qu’on peut en dresser après près de vingt ans de nouvelles guerres coloniales et de démembrements territoriaux.

La défense des populations victimes de répression s’impose aux syndicats et à tout mouvement démocratique. Mais assurément pas le soutien à l’application, par les impérialismes « occidentaux » de « la technique d’une guerre civile extérieure » ‑‑ expression utilisée par un homme politique français à l'époque où les impérialismes italien et allemand appliquaient ladite formule à l’Espagne républicaine, depuis juillet 1936, avec le soutien passif et actif des impérialismes, tous réunis, des démocraties.

Le Snesup n'est pas l’organe de BHL ni des va-t-en-guerre, il ne saurait se transformer en instrument du « devoir d’ingérence » ‑‑ nouveau synonyme du colonialisme pur et dur ‑‑ prescrit par un récent ministre des Affaires étrangères. Il ne saurait prendre la responsabilité du soutien à une nouvelle guerre pour le contrôle américain ou « occidental » du pétrole, comme la chose a été faite contre l’Irak, désormais revenu à l’âge de pierre. Il faut se méfier d’un consensus suspect et bien lire les textes de pétition.

Amitiés,

Annie



7-2 Pathé M Bodje : Saddam Hussein ? Must Disarm.

C'est comme si la bobine de ce navet de 2003 avait fait d'elle-même un flash back : on a l'impression, à écouter Obama sur la crise libyenne, d'entendre encore Bush Jr réciter sa litanie contre l'Irak : "Saddam Hussein Must Disarm". Le prétexte, à l'époque, c'était les armes de destruction massive ; aujourd'hui, pour voler au secours de populations longtemps maintenues dans un terrorisme d'État naguère pourtant béni par tous, les États-Unis déploient la grande armada autour de Benghazi, jetant la gêne aussi bien auprès des insurgés locaux que de la communauté internationale. ; car comment et pourquoi sauver les Libyens et pas les Iraniens ou les Palestiniens en bute à Israël depuis cinquante ans et dans des proportions pires encore ?

Aujourd'hui, avec la contre-offensive du camp des loyalistes, à l'ouest comme au sud, la déclaration de guerre aura-t-elle lieu pour permettre à Obama de déclencher les hostilités et de déloger par la force des armes le leader de la Jamhariya ?

Alors que des navires de guerre Us entraient en Méditerranée en effet, la tactique de guerilla enclenchée par le camp khadaffiste démontrait que les insurgés n'étaient pas des foudres de guerre et les dissensions occidentales posent une sérieuse équation à ceux qui veulent  voler  au secours des populations locales : faut-il, comme avec l'Irak, imposer un blocus de l'espace aérien libyen pour empêcher Khadafi de bombarder les insurgés ? Car, après une première opération de communication menée par le fils mardi, le guide lui-même reprenait apparemment les choses en main et a retrouvé ses élans de tribun des premières heures de la Révolution du 31 août  1969.

Pourquoi, alors, tant d'empressement au moment où la France, engluée dans les affaires d'un président homme-orchestre, à la fois premier ministre, ministre de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de la Culture, que cette Gaule donc se cherche des ministres aptes à la fonction ? Il ne reste plus en effet que l'onction de la "communauté internationale" (Usa-Europe) pour lancer la nouvelle "Tempête du Désert", probablement le 20 mars prochain, journée internationale de la Francophonie. Car il faut sauver le peuple libyen martyre et l'extraire des griffes de ce sanguinaire despote éclairé qui a déjà fait près de 7.000 morts. Les Iraniens tentent-ils depuis un an une révolution du jasmin qui ne dit pas son nom ? Les Palestiniens n'essayent-ils pas de rompre le joug colonial et raciste d'Israël depuis plus de cinquante ans ? Apparemment dans l'indifférence généralisée de ce même Occident ayant d'autres impulsions et motivations que celles de l'humanitaire.

 Et, comme de par le passé, c'est aussi l'heure des bravades dans le camp d'en face, tout en sachant devoir livrer une ultime bataille perdue d'avance. Quelques heures après l'annonce par le Pentagone du déploiement de forces américaines près de la Libye, en effet, les spartiates de Khadaffi se sont signalés à Dehiba, poste à la frontière avec la Tunisie ; et  le Guide a multiplié les effets pour ne pas se laisser contourner et étouffer, avec des raids nocturnes sans grand succès à date.
 

 Non mais, sommes-nous entrain de revivre l'histoire à rebrousse-poil ?
Car le script actuel ressemble étrangement à ce qui se faisait naguère, quand le monde avait quand même une conscience morale.  Nous ne sommes pas loin, en effet, des événements de 1986 avec le bombardement des États-Unis de la Libye (appelé opération "Gorge d'El Dorado) le  15 avril 1986 avec un certain mauvais acteur de série "B" nommé Ronald Reagan, à l'époque de "Terminator" où il fallait montrer ses biceps. Avec la seule différence qu'à l'époque, l'humanité avait quelque dignité.  Ainsi,  l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 41/38 du 20 Novembre 1986 qui « condamne l'attaque militaire commise contre la Jamahiriya arabe libyenne socialiste le 15 avril 1986, qui constitue une violation de la charte des Nations Unies et du droit international. »

Tout évoque aussi le 21 octobre 1805 (1) avec la bataille de Trafalgar : la grande armada yankee, appuyée par la flotte de la fière Albion de Nelson, mouille aux larges de Trafalgar-Tripoli, à la recherche de Khadaffi. Aujourd'hui, après les événements du 11 septembre, l'Amérique, seule au besoin, la "communauté internationale", mouton de Panurge, à contre-cœur,  recherchent Ben Laden sous tous les tchadors, sous tous les traits, sous toutes les latitudes. La révolution de jasmin et le printemps arabe de 2011 sont donc un bon prétexte pour régler définitivement son compte à ce terroriste des années 80 que la France a reçu en grandes pompes en décembre 2007, au point de coûter son poste à Rama Yade dans la rubrique liquidée (par la suite) des Droits de l'homme.

 La parodie de l'histoire nous ramène au Moyen-Age de la modernité. Et les missiles "Scud" vont probablement circuler sous peu, une fois l'Onu poussée à adopter une résolution autorisant certains à liquider d'autres plus faibles, sous le couvert moderne d'un malthusianisme géopolitique.
Il n'empêche : l'assassinat de Saddam Hussein le 31 décembre 2006 n'a pas bouleversé la face du monde et n'a pas permis une meilleure humanisation des relations internationales.
Pathé MBODJE,
Journaliste, sociologue

Publié le 05/03/2011
1)-La bataille de Trafalgar oppose le 21 octobre 1805 la flotte franco-espagnole sous les ordres du vice-amiral Villeneuve, à la flotte britannique commandée par le vice-amiral Nelson (source : Internet
).

http://www.sudonline.sn/saddam-hussein--must-disarm_a_1843.

http://fr.rian.ru/world/20110301/188747262.html


7-3 Sara Flounders : La Libye et l’impérialisme .

De toutes les luttes qui se déroulent actuellement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la plus malaisée à décortiquer est celle qui se passe en Libye.

Quel est le caractère de l’opposition au régime de Kadhafi et qui, rapporte-t-on, contrôle actuellement la ville de Benghazi, dans l’est du pays ?

 

Est-ce précisément une coïncidence si la rébellion a démarré à Benghazi, située au nord des champs pétroliers les plus riches de la Libye et proche en même temps de ses oléoducs, gazoducs, raffineries et port GNL ? Existe-t-il un plan de partition du pays ?
Quel est le risque d’intervention militaire impérialiste, ce qui pose un très grave danger pour la population de toute la région ?

 

La Libye n’est pas comparable à l’Égypte. Son dirigeant, Mouammar Kadhafi, n’a pas été une marionnette de l’impérialisme comme Hosni Moubarak. Durant de nombreuses années, Kadhafi a été l’allié de pays et de mouvements combattant l’impérialisme. En prenant le pouvoir en 1969, à la faveur d’un coup d’État militaire, il a nationalisé le pétrole libyen et a utilisé une grosse partie de cet argent pour développer l’économie libyenne. Les conditions de vie se sont considérablement améliorées, pour le peuple.


Pour cette raison, les impérialistes étaient bel et bien décidés à écraser la Libye. En fait, en 1986, les États-Unis ont lancé des frappes aériennes sur Tripoli et Benghazi, lesquelles avaient tué 60 personnes, dont la petite fille de Kadhafi – chose que l’on mentionne rarement dans les médias traditionnels. Des sanctions dévastatrices ont été imposées à la fois par les États-Unis et par les Nations unies, afin de couler l’économie libyenne.


Après l’invasion de l’Irak par les Américains, en 2003, et la destruction d’une grande partie de Bagdad via une campagne de bombardement orgueilleusement baptisée « shock & awe » (choc et terreur) par le Pentagone, Kadhafi a tenté d’écarter d’autres menaces d’agression contre la Libye en faisant d’importantes concessions politiques et économiques aux impérialistes. Il a ouvert l’économie aux banques et sociétés étrangères, il a abondé dans le sens des demandes d’« ajustements structurels » émanant du FMI, privatisant ainsi de nombreuses entreprises de l’État et réduisant fortement les subsides de l’État à l’alimentation et au carburant.


Le peuple libyen souffre de ces mêmes prix élevés et du chômage à la base des rébellions qui éclatent ailleurs et qui découlent de la crise économique capitaliste mondiale.


Il ne fait pas de doute que la lutte pour la liberté politique et la justice économique qui balaie actuellement le monde arabe a également trouvé son écho en Libye. On, ne peut douter que le mécontentement suscité par le régime de Kadhafi motive une section signification de la population.


Toutefois, il est important que les progressistes sachent qu’un grand nombre des personnages dont l’Occident fait la promotion en tant que dirigeants de l’opposition sont à long terme des agents de l’impérialisme. Le 22 février, la BBC a montré des séquences où l’on voit à Benghazi des foules qui arrachent le drapeau vert de la république pour le remplacer par celui du monarque renversé (en 1969, NdT), le roi Idris – qui avait été une marionnette de l’impérialisme américain et britannique.


Les médias occidentaux appuient une bonne partie de leurs reportages sur des faits supposés, fournis par le groupe d’exilés du Front national pour la sauvegarde de la Libye, formé et financé par la CIA américaine. Cherchez sur Google en introduisant le nom du front plus CIA et vous découvrirez des centaines de références.


Dans un édito du 23 février, The Wall Street Journal écrivait ceci : « Les États-Unis et l’Europe devraient aider les Libyens à renverser le régime de Kadhafi. » On n’y dit mot des chambres de commission ou des corridors de Washington sur une intervention destinée à aider le peuple du Koweït, de l’Arabie saoudite ou du Bahreïn à renverser leurs dirigeants dictatoriaux. Même avec tout le semblant d’intérêt accordé aux luttes de masse secouant la région actuellement, la chose serait impensable. Quant à l’Égypte et à la Tunisie, les impérialistes tirent sur toutes les ficelles possibles pour retirer les masses des rues.


Il n’a pas été question d’intervention américaine pour aider le peuple palestinien de Gaza quand des milliers de personnes ont perdu la vie suite au blocus, aux bombardements et à l’invasion par Israël. Ce fut exactement le contraire : les États-Unis sont intervenus afin d’empêcher la condamnation de l’État sioniste occupant.

 

Il n’est pas difficile de voir où résident les intérêts de l’impérialisme, en Libye. Le 22 février, Bloomberg.com disait, à ce propos, que, tout en étant le troisième pays producteur de pétrole de l’Afrique, la Libye est en même temps le pays qui possède les plus importantes réserves – prouvées – du continent, avec 44,3 milliards de barils. C’est un pays à la population relativement peu nombreuse mais qui doté d’un important potentiel de production de bénéfices pour les compagnies pétrolières géantes. Voilà comment les grosses fortunes voient la Libye et c’est ce qui sous-tend les préoccupations qu’elles expriment quand aux droits démocratiques du peuple libyen.


Obtenir des concessions de Kadhafi ne suffit pas, pour les barons impérialistes du pétrole. Ils veulent un gouvernement dont ils peuvent disposer directement, le cadenasser, le tenir en dépôt et le mettre en fût. Ils n’ont jamais pardonné à Kadhafi d’avoir renversé la monarchie et nationalisé le pétrole. Dans sa rubrique « Réflexions », Fidel Castro, de Cuba, met en exergue la soif de pétrole de l’impérialisme et met en garde contre le fait que les États-Unis posent actuellement les bases d’une intervention militaire en Libye.


Aux États-Unis, certaines forces tentent de lancer au niveau de la rue une campagne de promotion en faveur d’une telle intervention américaine. Nous devrions nous y opposer carrément et rappeler à toutes les personnes bien intentionnées les millions de morts et de personnes déplacées provoquées par l’intervention américaine en Irak et en Afghanistan.


Les progressistes éprouvent de la sympathie pour ce qu’ils considèrent comme un mouvement populaire en Libye. Nous pouvons aider un tel mouvement en soutenant ses revendications légitimes tout en rejetant toute intervention impérialiste, quelle que soit la forme qu’elle puisse revêtir. C’est au peuple libyen qu’il revient de décider de son avenir.

Sara Flounders

original en anglais : Libya and Imperialism, publié le 24 février 2011.

Sara Flounders est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Sara

Flounders publiés par Mondialisation.caTexte

5-3-

Traduit de l'anglais par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


Commentaires

France-Libye : "Aube de l'Odyssée"





Si le Nez de Cléopâtre
Avait Été Plus Long, ...

Par Pathé MBODJE,
journaliste, sociologue








Le cinq majeur de la reconquête coloniale moderne (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Italie et Canada) y participent ; mais c'est une frappe française qui a déclenché le 19 mars l'opération « Aube de l'Odyssée" contre la Libye, avec l'objectif avoué de faire appliquer la résolution 1973 adoptée par le Conseil de sécurité de l'Onu d'instaurer une zone d'exclusion aérienne et d'imposer un cessez-le-feu. Un peu plus d'un mois après le début avorté de la révolution de Jasmin en Libye, la réaction avait été sanglante avec quelque 8.000 victimes, selon certaines sources. Samedi et dimanche, près de 200 missiles Tomahawk sont tombés sur des objectifs en Libye, avec, en retour, des menaces de riposte de Kadhafi déclarant nulle la résolution 1973 de l'ONU imposant une zone d'exclusion aérienne visant de fait la partition du territoire libyen.
La sollicitude française dans le dossier libyen appelle quelques commentaires. Contre la volonté des partenaires de l'Union européenne, Paris s'est lancée seule dans la reconnaissance du mouvement rebelle armé libyen. L'Élysée a conséquemment entamé les démarches diplomatiques nécessaires pour la mise en place de dispositions pratiques pour la préservation de cette entité, obligeant le nouveau ministre des Affaires étrangères à bousculer tout sur son passage pour obliger le Conseil de sécurité de l'Onu à adopter une résolution (la 1973) rapidement appliquée et mise en œuvre, alors que d'autres décisions du même conseil sont demeurées sans suite ou n'ont jamais connu de début d'exécution, surtout dans le cas israélien. Enfin, la France a porté le premier coup, en se donnant la sale besogne d'attaquer des troupes au sol, sans discernement.
Lancée exactement huit ans, jour pour jour, après l'opération "Tempête du Désert" américaine de reprendre le contrôle de l'Irak en pleine journée internationale de la Francophonie, Paris a sans doute mal choisi sa dénomination d'une Odyssée, prolongement de la Guerre de Troie (Iliade; entre 1334 et 1135 av. ...) causée par l'enlèvement de la belle Hélène par Pâris , Ulysse mettra dix ans d'une aventure pleine de rebondissements pour retrouver la belle Pénélope et son fils Télémaque. Le rapprochement serait excessif si, en plus de la diplomatie du chéquier dont il est le champion, Khadaffi se serait également montré fort élégant ailleurs.
L'urgence était signalée : la reconquête de Benghazi, dernier bastion rebelle, aurait rendu caduque toute velléité de secours à apporter à un peuple martyr appelé soudain à remettre en cause le bras nourricier qui a étendu ses doigts à travers l'Europe et aidé quelque président original à accéder au pouvoir. Ainsi s'expliquerait la hargne de Paris à en découdre coûte que coûte avec son ancien allié, terroriste hier, fréquentable jusqu'à récemment.
« Outre aussi le contentieux financier qui l'opposerait à Sarkozy et la volonté du peuple libyen de vivre dans un pays plus démocratique, Mouammar Kadhafi serait vraisemblablement victime de son projet de mettre en place les États-Unis d'Afrique... Un projet qui vise à rassembler toutes les richesses du continent, à en contrôler l'extraction ensemble entre africains et à en assurer la distribution équitable à tous, sans avoir besoin du diktat des Occidentaux, pour l'intérêt du continent africain. Vous conviendrez que la réalisation d'une telle œuvre avec le soutien des pays émergents tels que la Chine, le Brésil, l'Inde, etc, pourrait changer la donne sur le plan international ». (LePoste.fr, 19 mars 2011)
L'explication des plus simplistes : Khadaffi n'est pas le timonier qui mènera l'Afrique au gouvernement l'Union, en cette période de récession où ses pétrodollars sont plus appréciés que ses idées par ses pairs africains ; partant alors du parallélisme entre l'Iran et l'Afghanistan et de la mauvaise querelle d'intention autour d'armes de destruction massive et de repaire du terrorisme international, il faut sans doute alors plus faire jouer l'aspect néo-colonial nouvelle formule de puissances ayant collaboré en toute intelligence avec l'ennemi d'hier et qui, à la faveur d'une "révolution" spontanée ou suscitée, cherchent désormais à s'en débarrasser, au mépris de la réalité interne à l'État de ce dictateur.
Dans l'exemple libyen, Benghazi a toujours été le fief de la rébellion, là d'où tout est parti : avec une poignée de rebelles, Khadafi réussit le coup d'État parfait le Premier septembre 1969 ; le fond contestataire restera chez les fidèles du roi Idriss qui ont cru leur heure venue le 15 février dernier, à la faveur du mouvement contestataire du bassin méditerranéen.
Le mouvement pacifique tunisien et égyptien, en particulier, se transforme en Libye en mouvement révolutionnaire armé. Refusant toute aide extérieure, les insurgés ont voulu rééditer l'exploit de 1969...avant de déchanter et d'appeler à la rescousse une France qui était allée un peu trop vite en besogne en les reconnaissant et en les recevant à l'Élysée, avant d'emballer sa diplomatie pour entraîner les autres à sa suite.
La bataille est lancée, il reste à trouver un cheval de Troie pour la gagner.

20.03.2011

Écrit par : Pathé MBODJE | 21/03/2011

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