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11/03/2011

n° 84 - Guerres de l'Otan. - 10-03 – Début - La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ?

n° 84 - Guerres de l'Otan. - 10-03 – Début - La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Guerres de l'Otan.

n° 84- 10-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Annie : Il faut se méfier d’un consensus suspect et bien lire les textes de pétition.

Diana Johnstone : La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ? 

Et pendant ce temps en Afghanistan, l'Otan massacre discrètement.

Fidel Fidel  : Le pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

Fin

1 Guerres de l'Otan

2  Politique 



OTAN  retire toi de Libye.



Tiré à part :

Annie : Il faut se méfier d’un consensus suspect et bien lire les textes de pétition.

Chers camarades,

L’appel auquel Carole fait référence (http://www.avaaz.org/fr/libya_stop_the_crackdown_fr) ne nous enjoint pas seulement de soutenir le peuple libyen contre la répression : il ouvre sur la légitimation d’une intervention étrangère en Libye.  Il convient de savoir où nous allons dans ce soutien du combat des Libyens contre le régime de Kadhafi. S'agit-il de soutenir un peuple contre un régime dont les profiteurs se sont approprié l’essentiel du produit national ? On pourra d'ailleurs observer que l’importance du prélèvement s’est nettement accrue depuis que le régime libyen a donné aux impérialismes « occidentaux » des gages qui ont amené ceux-ci à décréter Kadhafi, jusqu'alors voué aux gémonies, « respectable ». S'agit-il seulement de soutenir le peuple libyen contre ces profiteurs qui pratiquent aujourd'hui la répression ‑ répression sur laquelle nous sommes d'ailleurs très diversement informés : « la chaîne de télévision Al Jazeera a fait état du bombardement par l'armée des populations de Tripoli et Bengazi (d'où sont partis les troubles le 15 février), alors que le gouvernement a évoqué le bombardement de dépôts d'armes » (Atlas alternatif, 22 février 2011). Sommes-nous absolument sûrs que c’est Tripoli qui ment, comme on nous l’a certifié pour Milosevic, Saddam Hussein et alii ?

S'agit-il, au motif que les Etats-Unis, l’Union européenne et l’OTAN ont déclaré la croisade contre le régime libyen, de couvrir une intervention militaire ayant toutes les caractéristiques de la politique de la canonnière qui a été appliquée ‑‑  sous divers prétextes, tous couverts du manteau de la défense de la démocratie contre les rouges, les terroristes, les islamistes, etc. ‑‑ aux Balkans, à l’Irak, à l’Afghanistan, etc. Si je ne me trompe, l’OTAN n’a pas prôné d’intervention en Tunisie et en Egypte, dont les impérialismes étrangers contrôlent encore les gouvernements en place, mais il s’agite fébrilement contre la Libye.

On nous a honteusement dupés sur toutes les circonstances de lancement des croisades contre les Serbes, contre Saddam Hussein, contre les islamistes d’Al Qaïda (groupement dont tel ancien responsable des Renseignements généraux, comme nombre de personnalités étrangères, dément jusqu'à l’existence) ? Je rappelle à tous les camarades sous quels divers nobles  prétextes s’est mise en place l’intervention militaire contre la Yougoslavie (pas contre les Serbes seuls, malgré les apparences, contre l’existence de la Yougoslavie, seule digue qui résistait encore, dans cette zone, aux impérialismes américain et allemand rivaux), contre l’Irak, contre l’Afghanistan, et le bilan qu’on peut en dresser après près de vingt ans de nouvelles guerres coloniales et de démembrements territoriaux.

La défense des populations victimes de répression s’impose aux syndicats et à tout mouvement démocratique. Mais assurément pas le soutien à l’application, par les impérialismes « occidentaux » de « la technique d’une guerre civile extérieure » ‑‑ expression utilisée par un homme politique français à l'époque où les impérialismes italien et allemand appliquaient ladite formule à l’Espagne républicaine, depuis juillet 1936, avec le soutien passif et actif des impérialismes, tous réunis, des démocraties.

Le Snesup n'est pas l’organe de BHL ni des va-t-en-guerre, il ne saurait se transformer en instrument du « devoir d’ingérence » ‑‑ nouveau synonyme du colonialisme pur et dur ‑‑ prescrit par un récent ministre des Affaires étrangères. Il ne saurait prendre la responsabilité du soutien à une nouvelle guerre pour le contrôle américain ou « occidental » du pétrole, comme la chose a été faite contre l’Irak, désormais revenu à l’âge de pierre. Il faut se méfier d’un consensus suspect et bien lire les textes de pétition.

Amitiés,

Annie

 

Diana Johnstone : La Lybie : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ? 

Moins de 12 ans après que l'OTAN ait mis la Yougoslavie en pièce sous les bombes, et détaché la province du Kosovo de la Serbie, il y a des signes que l'alliance militaire se prépare pour une autre petite «guerre humanitaire» victorieuse, cette fois contre la Libye. Les différences sont, bien entendu, énormes. Mais penchons-nous sur quelques-unes des similitudes troublantes.

 

Un chef de file diabolisé. 

En tant que "nouvel Hitler", l'homme que vous adorez détester et avez besoin de détruire, Slobodan Milosevic était en 1999 un néophyte par rapport à Mouammar Kadhafi aujourd'hui. Les médias avaient eu moins d'une décennie pour transformer Milosevic en un monstre, alors qu'avec Kadhafi, ils ont disposé de plusieurs décennies. Et Kadhafi est plus exotique, parle moins l'anglais et se présente devant le public dans des tenues qui pourraient avoir été créées par John Galliano (un autre monstre récemment démasqué). Cet aspect exotique suscite les moqueries et mépris ancestraux envers les cultures inférieures avec lesquels l'Occident a gagné sa place victorieuse, avec lesquels l'Afrique a été colonisée, et avec lesquels le Palais d'Eté de Beijing a été ravagé par les soldats occidentaux se battant pour rendre le monde sûr pour la dépendance à l'opium.

 

Le choeur des «nous devons faire quelque chose» 

Comme avec le Kosovo, la crise en Libye est perçue par les faucons comme une opportunité pour affirmer la puissance. L'inénarable John Yoo, le conseiller juridique qui a coaché l'administration Bush II dans les avantages de la torture des prisonniers, a utilisé le Wall Street Journal pour conseiller à l'administration Obama d'ignorer la Charte des Nations Unies et de sauter dans la mêlée libyenne. «En mettant de côté les règles archaïques de l'ONU, les États-Unis peuvent sauver des vies, améliorer le bien-être global, et, en même temps, servir ses propres intérêts nationaux» a proclamé J.Yoo. Et un autre théoricien de l'impérialisme humanitaire, Geoffrey Robertson, a déclaré à The Independent que, malgré les apparences, violer le droit international est légal.

 

Le spectre des «crimes contre l'humanité» et du «génocide» est évoqué pour justifier la guerre. 

Comme avec le Kosovo, un conflit interne entre un gouvernement et des rebelles armés est présenté comme une «crise humanitaire» dans lequel un seul côté, le gouvernement, est supposé être «criminel». Cette criminalisation a priori est exprimée en faisant appel à un organe judiciaire international pour examiner les crimes qui sont supposés avoir été commis, ou être sur le point d'être commis. Dans son éditorial, Geoffrey Robertson rend clair comme du cristal la manière dont la Cour pénale internationale est utilisée pour préparer le terrain à une intervention militaire éventuelle. La CPI peut être utilisé par l'Occident pour contourner le risque d'un veto du Conseil de sécurité à une action militaire, explique-t'il :

    "Dans le cas de la Libye, le Conseil a au moins à un important précédent en endossant à l'unanimité une référence à la Cour pénale internationale. [...] Alors, qu'advient-il si les inculpés lybiens non-arrêtés aggravent leurs crimes - par exemple en pendant ou en fusillant de sang-froid leurs adversaires, des témoins potentiels, des civils, des journalistes ou des prisonniers de guerre ? [Notons que jusqu'à présent il n'y a pas d'"inculpés", et aucune preuve des "crimes" que ces inculpés pourraient "aggraver" de diverses façons imaginaires. Mais Robertson est désireux de trouver un moyen pour l'OTAN de "relever le gant", si le Conseil de sécurité décide de ne rien faire.]     
    "Les imperfections du Conseil de sécurité exigent la reconnaissance d'un droit limité, sans son mandat, pour une alliance comme l'OTAN d'utiliser la force pour empêcher la perpétration de crimes contre l'humanité. Ce droit se pose une fois que le Conseil a identifié une situation comme une menace à la paix mondiale (et c'est ainsi qu'il a identifié la Libye, en la déferrant, à l'unanimité, au procureur de la CPI). "

Donc déferrer un pays au procureur de la CPI peut être un prétexte pour mener une guerre contre ce pays! Soit dit en passant, la compétence de la CPI est censée s'appliquer aux Etats qui ont ratifié le traité l'instituant, ce qui, si je ne m'abuse, n'est pas le cas de la Libye - ni des États-Unis. Une grande différence, cependant, c'est que les États-Unis a été en mesure de convaincre, d'intimider ou de corrompre de nombreux Etats signataires afin qu'ils acceptent des accords selon lesquels jamais, en aucune circonstance, ils n'envoyeront aucun contrevenant américain à la CPI. C'est un privilège refusé à Kadhafi.

 

Robertson, membre du conseil de justice des Nations Unies, conclut que: «Le devoir d'arrêter un massacre d'innocents, comme étant le mieux que nous pouvons faire s'ils implorent notre aide, a "cristallisé" le fait que faire usage de la force par l'OTAN est non seulement "légitime", mais "légal". »

 

L'idiotie de gauche. [Leftist idiocy.] 

Il ya douze ans, la plus grande partie de la gauche européenne a soutenu "la guerre du Kosovo" qui a mis l'OTAN sur le chemin sans fin qu'elle poursuit aujourd'hui en Afghanistan. N'ayant rien appris, beaucoup semblent prêts à une répétition. Une coalition de partis qui se fait appeler la Gauche Européenne a publié une déclaration «condamnant fermement la répression perpétrée par le régime criminel du colonel Kadhafi» et exhortant l'Union européenne à « condamner l'usage de la force et à agir rapidement pour protéger les personnes qui manifestent pacifiquement et luttent pour leur liberté ». Dans la mesure où l'opposition à Kadhafi n'est pas exactement en train de « manifester pacifiquement », mais a en partie pris les armes, cela revient à condamner l'usage de la force par certains et pas par d'autres - mais il est peu probable que les politiciens qui ont rédigé cette déclaration réalisent même ce qu'ils disent. 

La vision bornée de la gauche est illustrée par la déclaration d'un document trotskyste selon laquelle: «De tous les crimes de Kadhafi, celui qui est sans doute la plus grave et le moins connu est sa complicité avec la politique migratoire de l'UE ...» Pour l'extrême gauche, le plus grand péché de Kadhafi est de coopérer avec l'Occident, de même que l'Occident doit être condamné pour avoir coopéré avec Kadhafi. [ This is a left that ends up, out of sheer confusion, as cheerleader for war. : traduction incertaine : C'est une gauche qui se termine, de la confusion totale, comme une pom-pom girl pour la guerre. J'ienvisageais le sens possible suivant, "C'est une gauche qui complète utilement le cortège pour la guerre" - note du traducteur improvisé]

 

Les réfugiés. 

La masse des réfugiés fuyant le Kosovo alors que l'OTAN commençait sa campagne de bombardement a été utilisée pour justifier ces bombardements, sans enquête indépendante sur les diverses causes de cet exode temporaire - une cause principale étant probablement les bombardemernts mêmes. Aujourd'hui, à la manière dont les médias rapportent sur le grand nombre de réfugiés qui quittent la Libye depuis que les troubles ont commencé, le public pourrait avoir l'impression qu'ils fuient la persécution faite par Kadhafi. Comme c'est souvent le cas, les médias se concentrent sur l'image superficielle sans rechercher des explications. Un peu de réflexion peut combler le déficit d'information. Il est très peu probable que Kadhafi chasse les travailleurs étrangers que son gouvernement a amené en Libye pour réaliser des projets d'infrastructure importants. Au contraire, il est assez clair que certains des rebelles «démocratiques» ont attaqué les travailleurs étrangers par pure xénophobie. L'ouverture de Kadhafi aux Africains Noirs en particulier, a contrarié un certain nombre d'Arabes. Mais il ne faut pas dire trop à ce sujet, puisqu'ils sont maintenant nos "Bons". C'est un peu la façon dont les attaques albanaises contre les Roms au Kosovo ont été négligés ou excusé par les occupants de l'OTAN au motif que « les Roms avaient collaboré avec les Serbes ».

 

Oussama ben Laden.

Une autre ressemblance entre l'ex-Yougoslavie et la Libye, c'est que les États-Unis (et ses alliés de l'OTAN) se retrouvent  une fois de plus du même côté que leur vieil ami du temps des moudjahidin afghans, Oussama ben Laden. Oussama ben Laden a été un allié discret du parti islamiste d'Alija Izetbegovic au cours de la guerre civile en Bosnie, un fait qui a été soigneusement négligé par les puissances de l'OTAN. Bien entendu, les médias occidentaux ont largement rejeté l'affirmation actuelle de Kadhafi selon laquelle il se bat contre Ben Laden comme les divagations d'un fou. Cependant, le combat entre Kadhafi et Ben Laden est très réel et antérieure au 11 Septembre 2001, les attentats contre les Twin Towers et le Pentagone. En effet, Kadhafi a été le premier à essayer d'alerte Interpol sur Ben Laden, mais n'a obtenu aucune coopération de la part des États-Unis. En Novembre 2007, l'AFP a rapporté que les dirigeants du "Groupe islamique combattant" en Libye avaient annoncé qu'ils se joignaient à Al-Qaïda. Comme les moudjahidin qui ont combattu en Bosnie, le groupe islamiste lybien a été créé en 1995 par des vétérans de la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980, lutte parrainée par les USA . Leur objectif déclaré était de renverser Kadhafi en vue d'établir un état islamiste radical. La base de l'Islam radical a toujours été la partie orientale de la Libye où la révolte en cours a éclaté. Puisque cette révolte ne ressemble en rien aux manifestations de masse pacifiques qui ont renversé les dictateurs en Tunisie et en Egypte, mais a visiblement une composante de militants armés, on peut raisonnablement supposer que les islamistes prennent part à la rébellion.

 

Le refus de négociations. 

En 1999, les États-Unis était désireux d'utiliser la crise du Kosovo pour donner au nouveau rôle «hors zone» de l'OTAN son baptême du feu. La mascarade des pourparlers de paix à Rambouillet a été sabordée par Secrétaire d'Etat étatsunienne Madeleine Albright, qui a mis à l'écart les dirigeants albanais du Kosovo plus modéré en faveur de Hashim Thaci, le jeune chef de l'"Armée de Libération du Kosovo", un réseau notoirement lié aux activités criminelles. Il y avait un peu de tout dans les rebelles albanais du Kosovo, mais comme cela arrive souvent, les États-Unis sont arrivés et en ont pris le pire.

 

En Libye, la situation pourrait être encore pire. 

Mon impression, en partie en raison de la visite que j'ai faite à Tripoli il y a quatre ans, c'est que la rébellion actuelle est un ensemble beaucoup plus varié, avec de graves contradictions internes potentielles. Contrairement à l'Egypte, la Libye n'est pas un État fort peuplé, qui a des milliers d'années d'histoire, un fort sentiment d'identité nationale et une longue culture politique. Il y a un demi-siècle, c'était l'un des pays les plus pauvres de la planète, et il n'est pas encore complètement sorti de sa structure clannique. Kadhafi, à sa manière excentrique personnelle, a été un facteur de modernisation, utilisant les revenus du pétrole pour élever le niveau de vie à l'un des plus élevés sur le continent africain. L'opposition vient, paradoxalement, à la fois de réactionnaires islamistes traditionnels d'une part, qui le considèrent comme un hérétique pour ses opinions relativement progressistes, et d'autre part des bénéficiaires occidentalisé de la modernisation, qui sont gênés par l'image de Kadhafi et veulent encore plus de modernisation. Et il y a d'autres tensions qui peuvent conduire à la guerre civile et même à un éclatement du pays selon des critères géographiques.

Jusqu'à présent, les chiens de guerre sont en train de renifler ici et là pour avoir d'avantage d'effusions de sang qu'il n'y en a déjà. Les États-Unis ont mené l'escalade du conflit au Kosovo dans le but «d'avoir à intervenir», et c'est c'est ce qui risque de se passer actuellement avec la Libye, où est encore plus grande l'ignorance de l'Occident [of what they would be doing : de ce qu'ils y produiront ?]

 

La proposition de Chavez de médiation neutre pour éviter la catastrophe est la voie de la sagesse. Mais en Otanie, la notion même de résoudre les problèmes par la médiation pacifique plutôt que par la force, semble s'être évaporée.

Diana Johnstone

7 mars 2011

http://www.counterpunch.org/johnstone03072011.html

 

 

Et pendant ce temps en Afghanistan, l'Otan massacre discrètement.

L'Otan a tué 65 civils dans l'est afghan

Soixante-cinq civils, dont une quarantaine d'enfants, ont été tués par les forces de l'Otan à la mi-février dans la province de Kunar, dans l'est de l'Afghanistan, selon un nouveau bilan fourni dimanche par une mission d'enquête mandatée par le président Hamid Karzaï. Au total, 21 garçons, 19 filles, 10 femmes et 15 hommes adultes ont péri dans la série d'opérations menée par les forces de l'Otan dans la province de Kunar, estime la mission citée par un communiqué de la présidence afghane.

Karzai a ordonné aux responsables gouvernementaux chargés de la sécurité d'évoquer ce problème avec les forces internationales, ajoutent ses services sans plus de détails. En réponse, le porte-parole de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), le lieutenant colonel John Dorrian, s'est dit "profondément désolé" pour "les victimes civiles qui pourraient avoir résulté de cette opération". Mais il a contesté le bilan de la mission d'enquête, affirmant que seuls cinq à sept civils pourraient avoir été blessés. Les enquêtes sur cette affaire se poursuivaient, a-t-il ajouté.

Jeudi, la commission d'enquête avait annoncé que 62 civils avaient été tués dans ces opérations menées dans le district de Ghaziabad. Le 20 février, le président Karzaï, disant se baser sur des informations des services de renseignements afghans (NDS), avait affirmé que l'Isaf avait tué "environ 50 civils" lors de plusieurs jours d'opérations dans la Kunar. La force internationale, composée d'environ 132.000 soldats aux deux tiers américains, est régulièrement accusée par les autorités locales de tuer des civils lors de ses opérations aériennes ou au sol contre les insurgés, ce qu'elle reconnaît parfois après enquête. 

La mort de ces civils nourrit le ressentiment de la population à l'égard des forces étrangères, plus de neuf ans après leur arrivée dans le pays. Les civils sont les premières victimes du conflit afghan. Au moins 2.400 ont péri en 2010 selon l'ONG afghane ARM (Afghan Rights Monitor) et 3.200 ont été blessés

 

Fidel Fidel  : Le pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

LE PLAN DE L'OTAN EST D'OCCUPER LA LIBYE

Réflexions du compañero Fidel 

Le pétrole est devenu la principale richesse aux mains des grandes transnationales yankees ; cette source de richesse leur a permis de disposer d’un instrument qui a accru considérablement leur pouvoir politique dans le monde. Quand elles avaient décidé de liquider la Révolution cubaine qui venait de promulguer les premières lois justes et souveraines dans notre patrie, elles avaient recouru à une arme qu’elles jugeaient imparable : nous priver de pétrole.

C’est sur cette source d’énergie que s’est développée la civilisation actuelle. Sur notre continent, le Venezuela a été le pays qui l’a payé le plus cher dans la mesure où les USA s’étaient emparés des gisements énormes dont la Nature a doté ce pays frère.

À la fin de la dernière guerre mondiale, des quantités toujours plus élevées de pétrole ont été extraites des gisements d’Iran, ainsi que ceux d’Arabie saoudite, d’Iraq et des pays arabes situés autour qui en devinrent les principaux fournisseurs. La consommation mondiale n’a cessé de s’élever pour atteindre le chiffre fabuleux d’environ quatre-vingts millions de barils par jour, y compris ceux qui sont extraits des États-Unis, à quoi sont venus s’ajouter le gaz, l’énergie hydraulique et l’énergie nucléaire. Le charbon avait été jusqu’au début du XXe siècle la source d’énergie fondamentale qui permit le développement industriel, avant la production de milliards de véhicule automobiles et de moteurs consommant le carburant liquide.

Le gaspillage du pétrole et du gaz est associé à l’une des plus grandes tragédies, absolument pas solutionnées, que souffre l’humanité : les changements climatiques.

Quand notre Révolution a vu le jour, l’Algérie, la Libye et l’Égypte n’étaient pas encore productrices de pétrole, et une bonne partie des grosses réserves de l’Arabie saoudite, de l’Iraq, de l’Iran et des Émirats arabes unis restaient encore à découvrir.

La Libye est devenue en décembre 1951 le premier pays africain à atteindre son indépendance après la Deuxième Guerre mondiale au cours de laquelle son territoire fut le théâtre de combats importants entre les troupes allemandes et celles du Royaume-Uni qui rendirent célèbres les généraux Erwin Rommel y Bernard L. Montgomery.

Le territoire de la Libye est désertique à 95 p. 100. La technologie a permis de découvrir d’importants gisements d’excellent pétrole léger – qui produisent aujourd’hui 1,8 million de barils par jour – et des gisements abondants de gaz naturel. Cette richesse a permis au pays d’avoir une espérance de vie de presque soixante-quinze ans et le revenu par habitant le plus élevé d’Afrique. Son rude désert est situé sur un énorme lac d’eau fossile, qui fait le triple de la surface de Cuba, ce qui lui a permis de construire un vaste réseau de conduits d’eau potable à travers tout le pays.

La Libye, qui comptait un million d’habitants à son indépendance, en a aujourd’hui un peu plus de six.

La Révolution libyenne a eu lieu en septembre 1969. Son principal dirigeant était Mouammar Kadhafi, un militaire d’origine bédouine, qui s’inspira dès sa première jeunesse des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Nombre de ses décisions furent sans doute associées aux changements qui se produisirent quand, tout comme en Égypte, une monarchie faible et corrompue y fut renversée.

Les habitants de ce pays ont des traditions guerrières millénaires. On dit que les anciens Libyens firent partie de l’armée d’Annibal quand celui-ci faillit liquider l’ancienne Rome en traversant les Alpes.

On peut d’accord ou non avec Mouammar Kadhafi. Le monde est actuellement bombardé de nouvelles de toutes sortes, surtout produites par les médias. Il faudra attendre le temps nécessaire pour connaître vraiment ce qu’il a de vrai et de mensonges ou de semi-vérités dans ce qu’on nous dit de la situation chaotique en Libye. Ce qui est absolument évident à mes yeux, c’est que l’administration étasunienne se fiche bien de la paix en Libye et qu’elle n’hésitera pas à donner l’ordre à l’OTAN d’envahir ce riche pays, peut-être même dans quelques heures ou quelques jours.

Ceux qui, motivés par de perfides desseins, ont inventé, hier dimanche 20 février dans l’après-midi,  le mensonge selon lequel Mouammar Kadhafi se dirigeait au Venezuela, ont eu droit aujourd’hui à la digne réponse du ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, qui a affirmé « souhaiter que le  peuple libyen trouve, dans l’exercice de sa souveraineté, un règlement pacifique à ses difficultés, de façon à préserver son intégrité et celle de sa nation, sans ingérence de l’impérialisme… »

Je n’imagine pas, quant à moi, que le dirigeant libyen puisse abandonner le pays et fuir les responsabilités qu’on lui impute, qu’elles soient fausses ou non en tout ou partie.

Toute personne honnête sera toujours opposée à n’importe quelle injustice commise contre n’importe quel peuple du monde. La pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

Pour les chefs de cette organisation belliciste, il y a urgence. Il faut le dénoncer ! 

Fidel Castro Ruz

Le 21 février 2011


 

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