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13/03/2011

n°2 - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Début - : Le scénario yougoslave pour la Libye?


 

n°2  - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 - Début - : Le scénario yougoslave pour la Libye?



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

   n°2                                   05-03 au 11-03

                                                          C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye.

Sara Flounders : Bateaux de guerre près de la Libye : le danger d'une intervention militaire impérialiste s’accroît.

1 Lutte pour la libération du territoire

 2 Politique

a) Politique Libyenne

3  Politique internationale

Fin

a) Pays Arabes & voisins

4 Institutions internationales

5 Autres Pays

6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6-1 Vidéo : Hugo Chavez propose une issue pacifique pour la Libye.

6-2 Corruption en Libye : Les journalistes "indépendants" et autres "envoyés spéciaux" peuvent être achetés par des liasses de billets.

7 Les brèves

7-1 Le plan de Chavez soutenu par ses alliés latino-américains’.

7-2 Manlio Dinucci : Avant d’envoyer dollars et fusils le Pentagone va faire passer « l’examen » aux insurgés…

8  Dossier

8-1 Les Forces Spéciales des Etats-Unis ont (aurait ?) débarqué en Libye pour entraîner les anti-Kadhafi.

8-2 Manlio Dinucci : Le Pentagone « repositionne » les forces navales et terrestres.

8-3 Robert Fisk : «Les Américains ont demandé aux Saoudiens d’aider les rebelles libyens »

8-4 Robert Fisk : Pour les Etats-Unis la guerre a déjà commencé en Libye.

Commentaire de Danielle Bleitrach.

8-5 Manlio Dinucci : Libye, le rébus de la zone d'interdiction aérienne.  

 



Editorial

Tiré à part :

Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye ?

Le président Obama a enfin annoncé qu’il n’excluait aucun scénario de règlement du problème libyen, politique ou militaire. C’est la première fois que la Maison Blanche le déclare aussi directement. 

Hélas, l’opposition n’arrive pas à renverser rapidement Mouammar Kadhafi et à faire la révolution en limitant le nombre de victimes. On assiste certainement au recours à la tactique visant à faire fuir Kadhafi en exerçant sur lui une pression de l’extérieur et de l’intérieur. En recourant à la diplomatie, aux sanctions et aux moyens militaires. La diplomatie et les sanctions ont déjà été utilisées. Désormais, l'utilisation de l’arsenal des moyens militaires apparaît également comme une solution.

"Intervention libérale" 

Auparavant, on aurait appelé cela la "diplomatie de la canonnière", mais aujourd’hui cette expression ne convient plus tout à fait. On s’est souvenu du terme "interventionnisme libéral."

Et tout commence à rappeler le "schéma yougoslave." On semble revivre les bombardements de 1999.

Et même les "instruments" sont parfaitement identiques. Même les navires. Même le mois coïncide: les bombardements de la Yougoslavie par les Etats-Unis et l’OTAN ont commencé le 24 mars.

Il ne reste plus qu’à attendre la création d’une zone d’exclusion dans l’espace aérien de la Libye (ce qui a été fait à l’égard de la Yougoslavie). 

Les consultations à l’ONU se tiennent tous les jours et des événements surprenants peuvent être observés dans cette "arène." On a bien sûr le droit de haïr Kadhafi de toutes ses forces (ou en tous cas ne pas apprécier le dictateur à demi-fou), mais au sein de l’ONU on assiste à des débordements étranges, la hâte et la perfidie.

Par exemple, le procureur général de la Cour pénale internationale pénale, l’Espagnol Luis Moreno-Ocampo a annoncé le 3 mars que la Cour a "pris bonne note" du cas Kadhafi et de ses fils, et qu’elle ouvrait une information judiciaire sur l’éventuel violation des droits de l’homme. Formellement, il a raison: le 26 février la Conseil de sécurité des Nations Unies a ordonné l’enquête. Etant donné que la Libye n’est pas signataire du Statut de Rome de la Cour, seul le Conseil de sécurité peut autoriser ce genre de démarche.

 

Le plus intéressant est que la résolution a été approuvée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, dont trois membres permanents: les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié le Statut de Rome, ne reconnaissent pas sa juridiction et, par conséquent, ne font pas juridiquement partie des membres du Statut. Ils émettent des réserves concernant le droit de la Cour de juger leurs citoyens. Quant à la Chine, elle ne reconnaît pas la Cour du tout. Les Américains ont même insisté pour que la résolution comporte une clause stipulant que leurs citoyens ne sont pas soumis à la juridiction de la Cour. Au cas où ils devraient débarquer en Libye avec une mission militaro-humanitaire. Ce n’est plus de la perfidie, c’est de l’hypocrisie pure et dure: on juge tout le monde, mais on ne peut pas nous juger.

 

Les forces d'intervention en Libye sont pratiquement prêtes

Depuis la fin de la première semaine de février, une importante concentration militaire des Etats-Unis et de l’OTAN s’est formée au large des côtes libyennes. Le porte-hélicoptère d’assaut américain USS Kearsarge, le bâtiment de débarquement USS Ponce et le sous-marin nucléaire USS Scranton ont déjà traversé le canal de Suez et sont arrivés le 4 mars dans le golfe de Syrte. Tous font partie du groupe de débarquement méditerranéen de l’unité tactique de la marine américaine sous le commandement du porte-avions USS Enterprise. Ce dernier se trouve actuellement en mission au Nord de la mer Rouge. La Libye est à portée immédiate. 

Seules la Russie et la Chine se prononcent ouvertement contre l’intervention militaire. Les autres membres du Conseil de sécurité possédant le droit de veto "n’excluent aucun scénario", mais reconnaissent que la sanction de l’ONU est nécessaire pour intervenir.

Les déclarations sur la nécessité de l’accord du Conseil de sécurité pour l’intervention militaire est une sorte de mantras à l’ONU qui précèdent une rupture décisive avec les normes du droit international.

Et cela ressemble également à tout ce qui a précédé l’opération en Yougoslavie Force alliée, selon la codification OTAN, ou Ange miséricordieux, selon la codification américaine. Au printemps 1999, la Russie et la Chine ont bloqué la sanction de l’intervention militaire contre la Yougoslavie. L’OTAN a commencé les bombardements sans aucune autorisation, en violant la Charte des Nations Unies, en n’obéissant qu’à ses propres Statuts. Et de toute manière ces Statuts ont reçu une interprétation tellement "large", que toute ingérence peut désormais se faire car tel est le bon plaisir des pays membres. Le fait est que la Yougoslavie n’avait attaqué aucun pays de l’OTAN, et la situation dans le pays ne présentait aucun danger pour l’Alliance. D’ailleurs, la décision de bombarder a également été prise par un président démocrate, Bill Clinton, et non pas par un républicain sanguinaire.

Les mauvaises langues affirment toujours que la "pacification yougoslave" était nécessaire pour détourner l’attention de l’opinion publique des Etats-Unis du scandale lié à Monica Lewinsky, au mensonge du président au Congrès et à la perspective de sa destitution.

Ce n’est pas le cas de Barack Obama.

Au contraire, il a déjà deux guerres "sur le dos", et n’en a pas besoin d’une troisième.

Mais la pression exercée sur la Libye, visant à faire fuir Kadhafi, ne constitue pas une menace de troisième guerre. Kadhafi a tellement épuisé ses propres ressources que seules les forces dépendant désespérément du régime le soutiennent. 

Par contre, Barack Obama pourrait devoir faire face à un problème plus grave que le Kosovo: l’augmentation des prix du pétrole menace déjà de stopper le rétablissement économique et, par conséquent, de réduire considérablement ses chances d’être réélu l’année prochaine. On ne plaisante pas avec ce genre de choses.

 

Encore un peu de sang et ça ira 

Pour l’instant la concentration des bâtiments de guerre au large de la Libye est une simple démonstration de force, un moyen de pression. Toute guerre ou intervention nécessite des raisons. Ou des prétextes. La guerre en Afghanistan avait une très bonne raison: les attentats du 11 septembre 2001 à New York. George W. Bush n’avait qu’une seule solution: l’invasion. La guerre en Irak n’avait aucune raison valable, mais le prétexte a été fabriqué: il s'agissait de la prétendue création par Saddam Hussein d'armes de destruction massive. Il s’est avéré que c’était un mensonge du début jusqu’à la fin.

 

L’invasion de la Libye n’a aucune justification juridique internationale. Pour l’instant. 

Mais les actions de Kadhafi pourraient donner des raisons de le faire. Personne ne parle pour le moment d’intervention militaire. Mais nul ne nie sa probabilité. Les déclarations du type "il est trop tôt pour parler des actions militaires" sont accompagnées par le refrain disant que si l’effusion de sang continue, rien ne peut être exclu. Cela ressemble à "encore un peu de sang et on ne se retiendra plus."

 

Des communiqués en provenance de la Libye parlent déjà de "l’offensive des forces fidèles à Kadhafi" contre les villes rebelles à l’Est du pays et des centaines de morts. 

Il faut "pousser" Kadhafi encore un peu à réprimer les villes révoltées, et il y aura suffisamment de sang pour l’invasion. Les congressistes américains républicains exigent directement l’intervention.

 

Les préparatifs actuels en mer Méditerranée ne sont pas un simple "redéploiement des forces" de la marine américaine juste au cas où. Les préparations militaires ont toujours une certaine "masse critique", une limite, au-delà de laquelle les actions sont inévitables.

Les composantes matérielle et financière sont pratiquement prêtes pour franchir cette limite. Les navires qui mouillent au large des côtes libyennes ne sont pas des boîtes d’allumettes. Le porte-hélicoptère USS Kearsarge est l’un des plus grands bâtiments de débarquement d’attaque de cette classe, ayant un déplacement d’eau de 40.000 tonnes et une longueur de 253 mètres. Il embarque à son bord plusieurs dizaines d’hélicoptères, de missiles, d’engins de débarquement, plus de 2.000 fantassins de marine. Qu’il soit dit en passant, c’est le même Kearsarge qui en 1999 opérait près des côtes yougoslaves, débarquait les troupes de marines, de renseignement et de sabotage. Les premières forces américaines qui ont touché le sol yougoslave ont été débarquées par ce bâtiment. Le bâtiment de débarquement USS Ponce, ayant un déplacement d’eau de 17.000 tonnes, a également participé à l’opération en Yougoslavie. De même que le sous-marin nucléaire USS Scranton. Ces classes d’engins sont dotées de missiles de croisière, mais le plus important, ils sont spécialement adaptés pour des missions secrètes de débarquement et de sabotage près des côtes de l’ennemi.

 

Les bombardements de la Yougoslavie en 1999 n’étaient pas conduits seulement par des porte-avions (à l’époque l’USS Theodore Roosevelt), mais également par les bases aériennes italiennes et françaises et les porte-avions français et britanniques. Et toute cette "armada" est aujourd’hui bien plus proche de la Libye que de la Yougoslavie de l’époque.

 

D’ailleurs, Londres a déjà annoncé qu’il envoyait pour le sauvetage d’environ 20 pétroliers britanniques, coincés quelque part au Sud-Est de la Libye, des unités de la force spéciale SAS.

C’est l’équivalent du Navy Seals américains ou de l’unité Alpha russe.
Par Andreï Fediachine,

RIA Novosti

05/03/2011
http://fr.rian.ru/discussion/20110305/188780082.html


Sara Flounders : Bateaux de guerre près de la Libye : le danger d'une intervention militaire impérialiste s’accroît.

Qui dirige l’opposition ?

Il est important d’analyser le mouvement de l’opposition, spécialement ceux qui sont si abondamment cités par les médias internationaux. (...)

Un article de premier plan, dans le New York Times du 25 février, décrivait la différence entre la Libye et les autres luttes qui ont éclaté dans tout le monde arabe. A la différence des rébellions de jeunes rendues possibles par Facebook, l’insurrection, dans ce cas, a été dirigée par des gens plus matures et qui se sont opposés activement au régime depuis un certain temps. L’article décrit la contrebande d’armes à travers la frontière égyptienne durant des semaines, permettant que la rébellion monte rapidement et violemment en un peu moins de une semaine.

 Le groupe d’opposants qui est souvent cité est le Front National pour le Salut de la Libye (NFSL en anglais) On sait que le NFSL,fondé en 1981, une organisation financée par la CIA, avec des officines à Washington, DC. a maintenu une force militaire, nommée l’armée nationale libyenne, près de la frontière égypto-libyenne. Une recherche sur google sur le Front National pour le Salut de la Libye et la CIA confirmera rapidement certaines références.

C’est exprimé amplement à la conférence nationale de l’opposition libyenne. C’est une coalition formée par le NFSL qui inclut aussi l’Union Constitutionnelle Libyenne (LCU) dirigée par Muhamad as –Senussi, prétendant au trône libyen. Le Web de la LCU appelle le peuple libyen à renouveler son serment de loyauté au roi Idris el Senussi en tant que leader historique du peuple libyen. Le drapeau utilisé par la coalition est le drapeau de l’ancien royaume de Libye. 

Evidemment, ces forces financées par la CIA et les anciens monarchistes sont politiques et socialement différentes de la jeunesse privée de droits et des travailleurs qui ont marché par millions contre les dictateurs appuyés par les USA en Egypte et en Tunisie et qui,aujourd’hui, manifestent au Bahrein, au Yemen et à Oman. 

Selon l’article du Times, l’aile militaire du NFSL, utilisant des armes de contrebande, ont rapidement pris des postes policiers et militaires dans la ville portuaire de Bengasi et les environs proches au nord des champs pétrolifères les plus riches de Libye, où se trouve la majeure partie des gazoducs et oléoducs, les raffineries et son port de gaz naturel liquéfié. Le Times et autres medias occidentaux affirment que cette zone est actuellement sous « contrôle de l’opposition », y compris 80% des installations pétrolifères de Libye. 

L’opposition libyenne, à la différence des mouvements des autres lieux du monde arabe a demandé l’aide internationale depuis le début. Et les impérialistes ont répondu rapidement.

 Par exemple, Mohammed Ali Abdallah, secrétaire général adjoint du NFSL, a envoyé un appel désespéré : « Nous nous attendons à un massacre » « Nous envoyons un SOS à la communauté internationale pour qu’elle intervienne ». Sans efforts internationaux pour contenir Kadhafi « il y aura un bain de sang en Libye dans les prochaines 48 heures. »

 Le Wall Street Journal, voix du Grand Capital, a écrit dans son éditorial du 23 février, que les USA et l’Europe devraient aider les Libyens à destituer le régime de Kadhafi.

 

Intérêts des USA : le pétrole.

Pourquoi, Washington et les puissances européennes sont –elles désireuses et disposées à intervenir en Libye ?

 Quand se produit quelque chose de nouveau, il est important de passer en revue ce que nous savons du passé et nous interroger : quels sont les intérêts des multinationales étasuniennes dans la région ?

 La Libye est un pays riche en pétrole- un des 10 plus riches du monde- . La Libye possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole en Afrique, au moins 44 millions de barils. Elle produit 1,8 million de barils de pétrole par jour. Un cru léger considéré de la plus grande qualité et qui nécessite moins de raffinage que la plus grande partie du pétrole. La Libye possède aussi de grands gisements de gaz naturel, facile à canaliser pour les marchés européens. C’est un pays très vaste avec une population faible de 6,4 millions de personnes.

 C’est ainsi que voient la Libye les puissantes multinationales pétrolières et militaires et les institutions financières des USA qui dominent le marché des USA.

 Actuellement, le pétrole et le gaz sont les matières premières les plus valorisées et la meilleure source de bénéfices dans le monde.  

Obtenir le contrôle des champs pétrolifères, les oléoducs, les raffineries et les marchés constitue, en grande partie, ce qui impulse la politique impérialiste des USA.

Durant deux décennies de sanctions des USA contre la Libye pendant lesquelles les USA espérèrent mettre à bas le régime, les intérêts corporatistes européens investirent fortement dans le développement de cadres et infrastrutures dans ce pays. Près de 85% des exportations d’énergie de Libye vont à l’Europe.

Les multinationales européennes- en particulier BP, Royal Dutch Shell, Total, ENI, BASF, Statoil y Repsol- ont dominé le marché Libyen. Les gigantesques multinationales pétrolières des USA étaient exclues de ces accords lucratifs. La Chine a acheté une quantité croissante de pétrole produit par la Corporation nationale de pétrole de Libye et a construit un petit oléoduc en Libye .

Les immenses bénéfices qu’ils pourraient obtenir avec le contrôle du pétrole et du gaz naturel de Libye sont le motif de l’appel de plus en plus bruyant des médias US en faveur de l’intervention humanitaire pour sauver des vies »/ 

Manlio Dinucci,journaliste italien qui écrit dans le Manifesto d’Italie, expliquait le 25 février que si Kadhafi était expulsé du pouvoir, les USA pourraient démolir tout le marché des relations économiques et ouvrir le chemin aux multinationales basées aux USA qui, actuellement,sont totalement exclues de l’exploitaion des réserves énergétiques en Libye. Ainsi, les USA pourraient contrôler le robinet des sources d’énergie desquelles dépend une grande partie de l’Europe et aussi l’approvisionnement de la Chine.

 

Antécédents de la Libye.

 La Libye a été une colonie italienne depuis 1911 jusqu’à la défaite de l’Italie à la seconde guerre mondiale. Les puissances impérialistes occidentales établirent dans la région depuis la guerre, des régimes qui furent appelés Etats indépendants mais qui étaient dirigés par des monarches nommés sans vote démocratique des peuples. La Libye devint un pays souverain seulement en apparence., mais qui était lié aux USA et à la Grande Bretagne par un nouveau monarque, le roi Idris.

 En 1969, une vague de luttes anticoloniales mobilisa le monde colonisé, de jeunes officiers militaires nationalistes de mentalité panarabe déposèrent le roi Idris alors qu’il était en vacances en Europe. Le leader du coup d’Etat était Muamar Kadhafi âgé de 27 ans.

 La Libye changea son nom et de Royaume de Libye devint la République arabe libyenne et ensuite la Grande Jamahiriya arabe de Libye populaire et socialiste.

 Les jeunes officiers ordonnèrent la fermeture des bases US et GB en Libye, y compris la grande base aérienne Wheelus du Pentagone. Ils nationalisèrent l’industrie du pétrole et beaucoup d’intérêts commerciaux qui étaient sous contrôle impérialiste des USA et de la GB.

 Ils réalisèrent de nombreux changements progressistes. La nouvelle Libye fit beaucoup de progrès économiques et sociaux. Les conditions de vie des masses s’améliorèrent radicalement . La majeure partie des besoins essentiels- aliments, logement, combustible, surveillance sanitaire et éducation – fut fortement subventionnée voire même devint gratuite. On utilisa les subsides comme la meilleure façon de redistribuer la richesse nationale.

 La condition des femmes changea drastiquement . en 20 ans, la Libye gagna le premier rang de l’Afrique en ce qui concerne l’indice de développement humain.- un critère des Nations Unies en ce qui concerne l’espérance de vie, la réussite sur le plan éducationnel et les gains réels- Durant les années 60 et 80,la Libye fut connue internationalement pour ses fortes prises de position antiimpérialistes et son appui aux autres luttes révolutionnaires, du Congrès national africain en Afrique du Sud à l’organisation pour La libération de la Palestine et l’Armée républicaine irlandaise.

 

Les USA réalisèrent de nombreuses tentatives d’assassinat et de coups d’Etat contre le régime de Kadhafi et financèrent des groupes armés d’opposition comme le NSFL- quelques attaques étasuniennes furent flagrantes et ouvertes . par exemple, 66 avions de chasse US bombardèrent sans avertissement la capitale libyenne de Tripoli et sa seconde ville Bengasi, le 15 avril 1986. La maison de Kadhafi fut bombardée et sa petite fille mourut dans l’attaque ainsi que cinq autres personnes.

 Durant les années 80 et 90 les USA réussirent à isoler la Libye grâce à de strictes sanctions économiques. Ils ifrent tout ce qu’ils pouvaient pour saboter l’économie et destabiliser le gouvernement.

 

Diabolisation de Kadhafi.

 C’est le peuple libyen, d’Afrique et du monde arabe qui doit évaluer le rôle contradictoire de Kadhafi, président du Conseil de commandement révolutionnaire de Libye. La population des USA, le centre d’un empire basé sur l’exploitation globale, ne devrait pas adhérer aux caractérisitiques racistes, à la ridiculisation et la satanisation de Kadhafi qui saturent les médias .

 Y compris si Kadhafi avait été tranquille et austère comme un moine et aussi soigneux qu’un diplomate, il aurait toujours été,en tant que président d’un pays africain riche en pétrole, préalablement sous-développé, haï, ridiculisé et diabolisé par l’impérialisme étasunien dans la mesure où il offrait une résistance à la domination étasunienne. Ce fut son véritable crime et c’est pour cela que les USA ne le lui ont jamais pardonné.

 Il est important de signaler que jamais ils n’utilisent de termes dégradants et racistes contre des pions fidèles des USA ou des dictateurs, si corrompus ou implacables soient-ils avec leur propre peuple.
(...)

Sara Flounders
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=FLO20110306&articleId=23547 



Paroles & action du président Kadafi

Kadhafi et la Ligue arabe acceptent le "plan Chavez"

Le président Mouammar Kadhafi et le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa ont approuvé le plan de règlement pacifique du conflit libyen proposé par le président vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé jeudi la chaîne télévisée Al Jazeera, une information qui n'a toutefois pas été confirmée officiellement.

Selon la chaîne, Chavez s'est déjà entretenu par téléphone avec Kadhafi et Moussa et a obtenu leur consentement de principe pour la réalisation de son plan.

Ce plan prévoit notamment d'envoyer en Libye une mission de médiateurs de plusieurs pays d'Amérique latine, d'Europe et de Proche-Orient. Elle sera chargée de négocier avec les parties en conflit les voies permettant de trouver une sortie de crise afin d'empêcher une intervention militaire étrangère. 

Hier, le colonel Kadhafi, intervenant à Tripoli devant ses partisans, a invité les Nations unies à envoyer en Libye une commission spéciale pour enquêter sur la situation dans le pays. Il a également adressé à l'Occident une sévère mise en garde contre toute intervention militaire dans le conflit libyen, en soulignant que dans ce cas "le nombre de morts en Libye se chiffrerait par milliers".

3 mars –

RIA Novosti



1 Politique Libyenne  

Sur le terrain

Mousar Ibrahim : La Libye fait face à une rébellion armée soutenue par les étrangers’.

Les manifestations contre le gouvernement libyen se sont transformées en rébellion armée soutenue par les pays étrangers, au lieu d'un mouvement pacifique, a déclaré le porte-parole du gouvernement libyen, Mousar Ibrahim, à Xinhua dans une interview exclusive accordée jeudi à Tripoli.
"Nous sommes en crise, aucun doute, mais pas comme le disent certains médias. Il y a 144 journalistes étrangers ici aujourd'hui, qui n'ont découvert aucune preuve de massacres ou de meurtres. Tout ce qu'ils ont trouvé, ce sont des cas individuels ici ou là, qui sont des rébellions armées contre le gouvernement", a souligné Mousar Ibrahim.
Les manifestations contre le gouvernement ont éclaté pour la première fois le 16 février à Benghazi, dans l'est du pays, pour demander la fin des 42 années de règne de Mouammar Kadhafi.
Les manifestations se sont transformées en des affrontements sanglants entre les troupes pro-Kadhafi et les manifestants antigouvernementaux dans plusieurs villes, tuant des centaines de personnes des deux côtés, selon le porte-parole.
"Ce ne sont pas des manifestants pacifiques mais des individus armés, dont beaucoup sont affiliés aux groupes islamiques fondamentaux", a-t-il déclaré.
"Ils ont attaqué les bases militaires et les postes de police", a-t-il affirmé, ajoutant : "Ce n'est pas un mouvement pacifique pour apporter des changements politiques, mais une rébellion armée. Aucun pays du monde, quel que soit son système politique, ne le permettrait".
Par ailleurs, il a qualifié la résolution 1970 de l'ONU, qui impose un embargo sur les armes contre la Libye, d'une "des plus grandes blagues de l'histoire de l'ONU", ajoutant que l'organisation internationale devrait envoyer une mission d'enquête au lieu de prendre des décisions "basées entièrement sur les informations médiatiques".
Le gouvernement libyen a demandé à l'ONU et aux ONG de venir voir le pays de leurs propres yeux, a poursuivi l'officiel.
Par ailleurs, le porte-parole a accusé l'Occident de vouloir mettre la main sur "son pétrole"
A la fin de l'interview, Mousar Ibrahim a démenti les informations selon lesquelles le leader Mouammar Kadhafi a perdu le soutien des grandes tribus du pays.

Source: xinhua


Des Canons ... pas du beurre

Porte-parole du gouvernement : La Libye fait face à la rébellion armée soutenue par les étrangers.

Les manifestations contre le gouvernement libyen se sont transformées en rébellion armée soutenue par les pays étrangers, au lieu d'un mouvement pacifique, a déclaré le porte-parole du gouvernement libyen, Mousar Ibrahim, à Xinhua dans une interview exclusive accordée jeudi à Tripoli.

"Nous sommes en crise, aucun doute, mais pas comme le disent certains médias. Il y a 144 journalistes étrangers ici aujourd'hui, qui n'ont découvert aucune preuve de massacres ou de meurtres. Tout ce qu'ils ont trouvé, ce sont des cas individuels ici ou là, qui sont des rébellions armées contre le gouvernement", a souligné Mousar Ibrahim. 

Les manifestations contre le gouvernement ont éclaté pour la première fois le 16 février à Benghazi, dans l'est du pays, pour demander la fin des 42 années de règne de Mouammar Kadhafi.

 Les manifestations se sont transformées en des affrontements sanglants entre les troupes pro-Kadhafi et les manifestants antigouvernementaux dans plusieurs villes, tuant des centaines de personnes des deux côtés, selon le porte-parole. 

"Ce ne sont pas des manifestants pacifiques mais des individus armés, dont beaucoup sont affiliés aux groupes islamiques fondamentaux", a-t-il déclaré. 

"Ils ont attaqué les bases militaires et les postes de police", a-t-il affirmé, ajoutant : "Ce n'est pas un mouvement pacifique pour apporter des changements politiques, mais une rébellion armée. Aucun pays du monde, quel que soit son système politique, ne le permettrait". 

Par ailleurs, il a qualifié la résolution 1970 de l'ONU, qui impose un embargo sur les armes contre la Libye, d'une "des plus grandes blagues de l'histoire de l'ONU", ajoutant que l'organisation internationale devrait envoyer une mission d'enquête au lieu de prendre des décisions "basées entièrement sur les informations médiatiques".

Le gouvernement libyen a demandé à l'ONU et aux ONG de venir voir le pays de leurs propres yeux, a poursuivi l'officiel. 

Par ailleurs, le porte-parole a accusé l'Occident de vouloir mettre la main sur "son pétrole"

A la fin de l'interview, Mousar Ibrahim a démenti les informations selon lesquelles le leader Mouammar Kadhafi a perdu le soutien des grandes tribus du pays.

Xinhua, 5 mars 


Les grandes manœuvres

Les manifestants font la chasse aux mercenaires africains.

Plusieurs de nos observateurs libyens rapportent que des mercenaires d’Afrique subsaharienne ont été appelés en renfort par le régime de Mouammar Kadhafi pour mater les manifestants. Des vidéos circulant sur Internet montrent que plusieurs de ces mercenaires supposés ont été capturés et lynchés par la foule.

"L’envoi de mercenaires africains est une erreur stratégique de Kadhafi, car cela a poussé de nombreux policiers et soldats à retourner leurs armes contre le régime"

Omar est un opposant libyen exilé à Londres. Il coordonne le mouvement Libyan Youth Movement, composé de jeunes vivant en Libye et à l'étranger, qui organise la contestation grâce aux réseaux sociaux. 
Les manifestants ont filmé ces vidéos, non par sadisme, mais pour montrer au monde entier que Mouammar Kadhafi a recruté des mercenaires africains pour s’assurer que la répression soit radicale. Il y a une rumeur selon laquelle ils seraient payés 9 000 euros par Libyen tué [Certains sites libyens parlent de 30 000 dollars (22 000 euros) pour la mission, d’autres de 500 dollars par jour (370 euros). Ces rumeurs ne sont pas vérifiées
][mais propageons-les donc gaiement - RM]. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne parlent pas l'arabe dialectal local. Ils parlent souvent anglais ou français.

Deux cadavres de supposés mercenaires africains sur le capot d’une voiture, à Al-Baïda.

Vidéo postée sur YouTube le 20 février. 
Dans l’est du pays, ces mercenaires ont été chassés des villes par les manifestants avec le soutien de la police. Kadhafi a fait une erreur stratégique en les envoyant dans cette région. À Al-Baïda, à Derna ou à Benghazi, les policiers locaux ont des membres de leurs familles qui participent aux manifestations. Même au sein de l’armée, cela aurait causé de nombreuses désertions de soldats, notamment à Benghazi et à Syrte [La Fédération internationale des droits de l’Homme a confirmé lundi à l’AFP que plusieurs villes sont "tombées" aux mains des manifestants]. 
Aujourd’hui, bien qu’indépendantes et contrôlées par la population, ces trois villes sont encerclées par les mercenaires. L'une de mes sources à Benghazi m’a dit que certains ont été capturés par les manifestants. C’est comme ça qu’on sait qu’ils viennent du Tchad ou de Mauritanie, qu’ils portent un uniforme militaire et, parfois, un casque jaune. Ils sont habillés comme les soldats de Kadhafi, mais ils sont noirs."

Frabce24,

21/02

http://observers.france24.com/fr/content/20110221-libye-manifestations-kadhafi-benghazi-derna-al-baida-tripoli-mercenaires



2 Politique des Usa

Des Canons ... pas du beurre

Manlio Dinucci : Les canons de l’ « opération humanitaire » arrivent
Le déploiement aéronaval étasunien et allié en Méditerranée se développe, pour la grande « opération humanitaire » en Libye. Tandis que le président Obama décidait l’utilisation d’avions militaires, officiellement pour rapatrier de Libye les émigrés égyptiens, le secrétaire à la défense Robert Gates a « ordonné au Commandement Africa de prendre la direction de la planification de la défense concernant la situation en Libye ». Ceci signifie que les opérations aéronavales vont être dirigées par le quartier général des Forces navales du Commandement Africa étasunien, à Naples, où se trouvent aussi les commandements des Forces navales étasuniennes et de la Force conjointe alliée, tous trois dans les mains du même amiral étasunien Sam J. Locklear III. 

 

Dans le cadre de cette opération, le patrouilleur Libra de la marine italienne a levé l’ancre dans le port de Catane (Sicile) : équipé de canon OtoMelara et de mitrailleuses lourdes, officiellement pour apporter à Bengazi de la nourriture et des médicaments aux insurgés. Alors qu’est rentré au port le torpilleur lance-missiles Mimbelli, de retour d’une « mission de secours humanitaire » en Libye, armé de trois canons à tir rapide, 16 missiles Aspis, ainsi que fusées et torpilles. Prêts à partir, les navires amphibies San Marco et San Giorgio.

 

Unités modernes, disparaissant cependant face au navire d’assaut étasunien amphibie Kearsarge qui, flanqué du navire d’appui Ponce et du torpilleur lance-missiles Barry, se positionne actuellement devant les côtes de Libye, toujours pour l’ «opération humanitaire ». Le Kearsarge est le plus grand des navires amphibies : long de 250 mètres, il a une double fonction : porte-avions pour des avions à décollage vertical et hélicoptères de combat, et, par ailleurs, doté de puissants véhicules de débarquement, capables de transporter à chaque fois jusqu’à 400 marines, chars d’assaut et autres véhicules de combat. Ces véhicules hovercraft, soutenus par un coussin d’air, se déplacent rapidement aussi bien sur l’eau que sur un terrain plat côtier. Le Kearsarge peut ainsi lancer une attaque massive par avions et hélicoptères et, simultanément, débarquer rapidement presque 2 mille marines.  

Depuis le Détroit de Gibraltar, est en train de le rejoindre la frégate britannique Westminster, équipée de missiles (parmi lesquels les Sea Wolf et les Harpoon), canons à tir rapide et autres armements parmi les plus modernes qui soient, gérés par des systèmes électroniques de dernière génération. De France arrive, pour « évacuer les réfugiés », le porte-hélicoptères Mistral, escorté de la frégate Georges-Leygues. Le Mistral, qui opère comme navire de commandement et unité d’assaut amphibie, a à son bord 16 gros hélicoptères de combat (Tigre, Puma et Panthère), 13 chars d’assaut (lourds) et 500 commandos. Du Canada arrive sur les côtes libyennes la frégate Charlottetown et, de Corée du Sud, le navire de guerre Choi Young, qui a quitté l’ « opération anti-piraterie » dans l’Océan Indien pour l’ « opération humanitaire » en Méditerranée.  

Devant cet imposant déploiement militaire, on se demande : si c’était une opération vraiment humanitaire, ne vaudrait-il pas mieux envoyer des navires civils, beaucoup plus adaptés pour le transport de personnes et de vivres, escortés par quelque unité militaire ? Pourquoi envoyer les plus gros navires d’assaut amphibie ? La réponse est simple : pour donner l’assaut à ce qui intéresse le plus : l’or noir libyen. L’histoire se répète. « Des murs de Montezuma aux plages de Tripoli » : c’est ainsi que commence l’hymne des marines qui, en 1805, débarquèrent en Libye soutenus par les canons de l’U.S. Navy.

 Manlio Dinucci
6 mars 2011 : il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Marzo-2011/art42.php3


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