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14/03/2011

n°3 - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 – Fin - : Le scénario yougoslave pour la Libye?


n°3  - Journal de Libye - 05-03 au 11-03 – Fin - : Le scénario yougoslave pour la Libye?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Libye : Géopolitique et stratégie 

 n°3 du 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Le " dossiers du libye" est  visible  sur mes blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) Sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm 

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Dossier

2-3 Robert Bibeau : Tout se met en place en Libye. 

3 Brèves

3-1 Kadhafi menace de révéler un 'grave secret' sur Sarkozy.

3-2 Le PCP(ortugais) exprime sa plus ferme opposition à toute intervention militaire étrangère.

3-3 DECLARATION DU CONSEIL POLITIQUE DE L'ALBA-TCP CONCERNANT LA LIBYE.

3-4 "Non à l’intervention étrangère en Libye !

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

4-1 SARKOZY PLONGE L'EUROPE DANS LA STUPEUR....

4-2 Maurizio Matteuzzi : La longue attente des raids « humanitaires » qui divisent même les insurgés…

4-3 Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye.

5 Historique

Wikepedia  : La Libye

 


2-3 Robert Bibeau : Tout se met en place en Libye. 

Comme nous l'indiquions il y a une semaine déjà, ( http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito3032011.html )  les comparses au sein de l'OTAN ne s'entendent pas sur le partage de la dépouille libyenne.
Les USA voudraient avaler tout  le morceau  libyen après avoir été mis à l'écart trop longtemps par leurs alliés et concurrents européens.
La France simule les gros bras  et le tonitruant  petit Sarkosy laisse entendre qu'il est le plus fort.  Le porte siège BHL  introduit les truffions des tribus monarchistes de l'EST  auprès du saint siège élyséen (voir le texte ci-dessous) et arrange le mariage contre nature entre le garant  de la RÉPUBLIQUE laïc française et les monarchistes islamistes libyens.  
Les  pseudos  révolutionnaires  monarchistes-islamistes quémandent des frappes, des attaques, des destructions, des bombardements, une invasion coloniale contre leur propre pays, des meurtres contre leur propre peuple, qu'a cela ne tienne, leur pouvoir est au bout  des fusils  français.  Leur soif  de pouvoir et de capital est plus grand que leur honneur et leur dignité. Quand à leur patriotisme,  ce ne fut jamais qu'un leurre. La bourgeoisie n'a pas de patrie,  elle n'a que du crédit et des profits (qui s'envolent ces temps-ci). 
La paix  coloniale doit être imposée et le tyran remplacer par une autre mascotte, les flots de pétrole a destination de l'Europe doivent être rétabli,  gémirent les plénipotentiaires des clans de l'EST à Paris.
L'Allemagne bien arrimée  aux États-Unis et n'ayant pas de compagnie pétrolière en Libye, regimbe dans son coin  et refuse de donner l'aval  à des massacres stictement européens, leurs amis américains doivent être associés à la curée pense la dame Merkel.  
Le petit homme monte le ton et menace de porter seul le destin colonial de la France et de l'Europe toute entière et de mener seul les frappes contre Tripoli et la Libye restée dans le camp ennemi de l'autre côté du pays néo-clonisé. 
Mais  les brigands ont forniqué pendant longtemps et chacun des comparses (Sarkozy et Kadhafi)  connaît quelques secrets malodorants à propos de son complice rampant. Le tyran  libyen sait des choses compromettantes à propos du nabot parisien. 
Sans la couverture  militaire- satellitaire américaine je ne crois pas que Paris attaquera seul le peuple libyen,  et le porte siège en sera quitte pour  s'en retourner  s'exciter sur un blindé dans les rues de Benghazi, à moins que les tribus de l'EST l'ait déjà investi.  BHL devra alors se contenter de parader à Paris, ridicule et impuissant, le pauvre Dandy.    
Soufflons  un peu, pendant que les hyènes s'entredéchirent le peuple libyen bénéficie de quelques répits.
12.03.2011 
http://boycottisraelinternational.com
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
robertbibeau@hotmail.com
  



3 Brèves

3-1 Kadhafi menace de révéler un 'grave secret' sur Sarkozy
Le régime libyen a affirmé jeudi 10 mars, via son agence officielle, que la révélation d'un 'grave secret' allait entraîner la chute du président français Nicolas Sarkozy, peu après la reconnaissance par Paris du Conseil national de transition comme représentant du peuple libyen. L'agence officielle libyenne Jana a annoncé avoir 'appris qu'un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale'.
Cette annonce, reprise par la télévision officielle, est survenue peu après la reconnaissance par Paris du Conseil national de transition (CNT) libyen, qui réunit l'opposition au régime du colonel Mouammar Kadhafi, comme le seul 'représentant légitime du peuple libyen' et sa décision d'envoyer prochainement un ambassadeur à Benghazi.
En outre, un responsable du ministère des affaires étrangères libyen a menacé de rompre tout lien diplomatique avec la France en raison de la reconnaissance par Paris du CNT. 'La Libye va réfléchir à rompre ses relations avec la France en raison d'informations circulant sur l'intervention dommageable de la France dans les affaires intérieures libyennes', a dit ce diplomate à l'agence Jana.

R.Bibeau


3-2 Le PCP(ortugais) exprime sa plus ferme opposition à toute intervention militaire étrangère.

Exprimant sa profonde inquiétude concernant les événements les plus récents en Libye, le PCP appelle à une solution pacifique et politique au conflit, sans ingérence étrangère

Face à une escalade dangereuse et grave des actions présentes qui, au lieu de contribuer à abaisser la tension, cherche à préparer des actes d'agression par les Etats-Unis et par l'OTAN contre la Libye, le PCP exprime sa plus ferme opposition à toute intervention militaire étrangère dans ce pays et exige que le gouvernement portugais prenne une position claire de rejet, d'abord au Conseil de sécurité des Nations unies, concernant des plans ou des actes d'ingérence, d'agression ou d'occupation de la Libye.
Toute agression contre ce pays - quel que soit les prétextes et «mandats» - aurait des conséquences graves pour un peuple qui vit déjà dans une situation de profonde tension et d'insécurité. Elle serait profondément néfaste pour tous ceux qui, en Libye, se battent pour leurs droits, pour la démocratie, la souveraineté et la paix, et ajouterait de sérieux facteurs d'instabilité et de graves conflits dans la région.
Toute agression militaire par les Etats-Unis et leurs alliés - qui est inséparable de leurs objectifs de contrôler les ressources naturelles libyennes - ne prendrait pas seulement pour cible le peuple libyen, mais aussi tous les peuples de la région qui se sont levés et se battent pour leurs droits sociaux et politiques, pour la liberté, la démocratie et la souveraineté réelle et l'indépendance de leurs pays.

Le Blog de Nicolas Maury

INFO REPRISE PAR

LE BLOG DE JACQUES TOURTAUX


3-3 DECLARATION DU CONSEIL POLITIQUE DE L'ALBA-TCP CONCERNANT LA LIBYE.

Le Conseil Politique de l'Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique -TCP, partage la préoccupation mondiale sur la situation de conflit en Libye, avec la perte de vies humaines et exprime son intérêt pour que ce peuple frère arabo-africain à atteindre une solution pacifique et souveraine au conflit armé qui se passe ici, sans ingérence étrangère en assurant l'intégrité territoriale de ce pays.
Le Conseil Politique de l'ALBA-TCP prend en charge l’initiative du processus de paix et unité en cours du Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, de créer une « Commission Humanitaire Internationale pour la Paix et l'Intégrité de la Libye", afin d'éviter une attaque militaire de l'OTAN et dans le cadre des efforts visant à faire la communauté internationale pour aider le peuple libyen.

Le Conseil Politique de l'ALBA-TCP rejette catégoriquement toute intervention de l'OTAN ou de la puissance étrangère en Libye et toute intention d'exploiter, sur les médias et opportunistes, la situation tragique créée pour justifier une guerre de conquête sur les ressources énergétiques et de l'eau, qui sont le patrimoine du peuple libyen et ne peuvent être utilisés pour se conformer à la voracité du capitalisme.
Le Conseil Politique de l'ALBA-TCP appelle l'opinion publique internationale et les mouvements sociaux dans le monde à se mobiliser dans l'opposition aux plans militariste et interventionniste en Libye.

7 mars

Nicolas Maury

 

 


3-4 "Non à l’intervention étrangère en Libye !

Je voudrais en guise d'introduction a cet appel, que je signe des deux  mains, rappeler le précédent de l'Irak ou les Kouchner et autres  zélateurs de l'impérialisme au nom du «ni Saddam ni Bush » avaient réussi  avec une efficacité certaine a freiner la lutte contre l'intervention  américaine. Aujourd'hui le piège est de même nature.
 Les soussignés, attachés à l’idéal de paix et d’égalité entre les hommes et entre les peuples et les nations, portent, en fonction des informations diffusées par les médias, des appréciations différentes sur les événements
de Libye, et sur les protagonistes de la guerre qui s’y déroule, d’autant que le matraquage médiatique laisse peu de place à la réalité des faits. Mais nous ne pouvons rester silencieux face au danger de guerre qui menace la Méditerranée et le monde.
 Chaque peuple a le droit absolu de choisir lui-même ses dirigeants, son régime politique et social et de s’exprimer librement. C’est au seul peuple libyen de décider de son avenir, non aux puissances occidentales ou aux sociétés pétrolières multinationales. Toutes interventions armées, notamment le contrôle de l’espace aérien libyen par l’OTAN, les États-Unis ou les pays européens, à fortiori tout bombardement ou déploiement au sol,  seraient des actes de guerre et d’occupation inacceptables.
Les politiciens, les journalistes et les médias en général, les juristes de la Cour Pénale Internationale, les responsables de l’ONU, qui les proposent sous des prétextes hypocritement humanitaires, sont en fait les vecteurs de la vieille mentalité coloniale et impérialiste européenne, et jouent avec la paix du monde".
Manlio Dinucci
 http://www.collectif-communiste-polex.org/afrique/maghreb/lybie_signature.htm



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information  

 

4-1 SARKOZY PLONGE L'EUROPE DANS LA STUPEUR....
La reconnaissance par Paris du Conseil national de transition (CNT), qui rassemble l'opposition au colonel Kadhafi, comme étant le "représentant légitime" du peuple libyen a provoqué la stupeur de ses partenaires européens, dont les ministres des Affaires étrangères se sont réunis jeudi à Bruxelles pour discuter de la Libye.
La décision française a suscité des réactions "réservées voire négatives" de la part de nombreux ministres des Affaires étrangères, a indiqué le ministre belge Steven Vanackere à l'issue de la réunion.
A Paris, une source proche du dossier a en outre déclaré, un peu plus tard, que le président Nicolas Sarkozy allait proposer à ses partenaires de l'UE des "frappes aériennes ciblées" en Libye, ainsi que le brouillage des systèmes de transmission du commandement de Mouammar Kadhafi.
"L'Italie ne participera pas à des frappes ciblées en terre libyenne", a aussitôt prévenu le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.
"Nous ne voulons pas être aspirés dans une guerre en Afrique du Nord", avait dit auparavant son homologue allemand Guido Westerwelle.
"La France a reconnu le Conseil national de transition comme étant le représentant légitime du peuple libyen", a annoncé à la presse un émissaire du CNT, Ali Essaoui, à l'issue d'un entretien avec M. Sarkozy à l'Elysée.
Cette information a été immédiatement confirmée par la présidence de la République, faisant de la France le premier pays à reconnaître le CNT en tant que seul représentant "légitime" du peuple libyen.
Paris a reçu le soutien du Parlement européen à Strasbourg qui a voté à une écrasante majorité une résolution demandant au chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, d'"établir des relations avec le CNT" et d'"entamer le processus" menant à une reconnaissance officielle de cette instance.
Mme Ashton avait refusé la veille de soutenir la demande du CNT d'être reconnu comme étant la seule autorité légitime en Libye.
Les gouvernements européens sont en effet très divisés sur la conduite à tenir. Berlin juge la situation "encore trop confuse pour décider comment on doit procéder", a expliqué le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires étrangères, Werner Hoyer.
Même si le gouvernement actuel est "discrédité", les structures d'un gouvernement de transition "ne sont pas encore claires", a-t-il souligné.
Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a jugé quant à lui "préférable d'attendre la position de l'ensemble de l'Union européenne".
M. Berlusconi a souligné que la démarche française représentait "la position d'un seul gouvernement".
"Le fait de reconnaître doit être une décision européenne, pas nationale", a renchéri Franco Frattini. "Nous reconnaissons les Etats, pas les groupes", a-t-il averti.
Une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a convenu que le CNT était "un interlocuteur valable", mais n'a pas parlé de "représentant légitime".
Nous reconnaissons le CNT "de facto", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie hongroise Janos Martonyi, en ajoutant que cette reconnaissance "n'avait pas de base juridique". "Nous devons être prudents", a dit M. Martonyi dont le pays assure actuellement la présidence de l'UE.
L'opposition libyenne poursuit néanmoins sa campagne de demande de reconnaissance. Le Premier ministre belge, Yves Leterme devait recevoir en fin d'après-midi deux de ses représentants et décider de l'attitude à observer.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a pour sa part annoncé son intention de rencontrer l'opposition libyenne lors de son déplacement au Caire la semaine prochaine.

R.Bibeau


4-2 Maurizio Matteuzzi : La longue attente des raids « humanitaires » qui divisent même les insurgés…

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 

Il se peut que, dans une situation aussi volatile, cette hypothèse soit démentie dans les prochaines heures ou jours. Mais l’impression est nette, quand on regarde la crise  libyenne d’ici, à Tripoli, que les choses vont prendre du temps. Avant-hier (vendredi 4 mars, ndt), le vendredi musulman, était considéré come une sorte de D-day. Celui où le précaire équilibre établi sur le terrain entre les « pro-Kadhafi » et les « anti-Kadhafi », aurait pu se rompre en défaveur du Colonel. Il n’en a rien été. Il est probable qu’à la fin, Kadhafi, après 42 ans de pouvoir solitaire, d’une façon ou d’une autre devra tirer sa révérence, mais le déloger ne sera pas facile. Beaucoup moins facile qu’avec le tunisien Ben Ali et l’égyptien Moubarak.

Il est probable qu’une intense activité diplomatique transversale ou souterraine soit en cours -plus que l’offre de médiation du président vénézuélien Chavez, celle de la « diplomatie tribale » entre les chefs et les anciens de ce facteur encore décisif que sont les tribus et les clans ici en Libye- , mais en ce moment, malgré les attaques et contre-attaques signalées quotidiennement dans diverses villes du pays (Az Zaywah, à une cinquantaine de Kms à l’ouest de Tripoli, avant toutes les autres), il semble clair que ni les « pro » ne soient en mesure de reconquérir Bengazi et les autres villes de Cyrénaïque libérées ou occupées (à l’exception de Syrte) par les insurgés, ni les « anti » ne soient en mesure de prendre Tripoli et les autres villes de Tripolitaine (et du Fezzan, la région saharienne, la plus méridionale) sous le contrôle du Colonel. 

L’est rebelle proclame être désormais proche de la constitution d’une « armée nationale » qui marchera sur Tripoli et la « libèrera », l’ouest kadhafien proclame pouvoir reprendre quand il veut la partie du pays perdue dans le cas où il déciderait d’employer toute la force de choc de l’armée et de l’aviation (jusqu’ici utilisées au compte-gouttes pour « éviter des victimes civiles »). Simples proclamations, exactement, bonnes pour la propagande interne et internationale, tandis que sur le terrain la situation est bloquée.

 

Un blocage qui ne pourrait se rompre, à tout instant, qu’avec un facteur externe. Une intervention militaire de l’extérieur pour se libérer une fois pour toutes de Kadhafi, pourrait l’être. Mais les insurgés de l’est ne sont pas unanimes sur ce point. Point très sensible, qui constituerait un précédent dangereux dans une situation critique et dynamique comme celle partie de Tunisie en janvier, dont on ne sait pas encore où elle va conduire (d’où l’importance stratégique de l’issue de la révolte libyenne). Une partie d’entre eux, à Bengazi, Derna, Al Bayda, dit « non » à une intervention extérieure, parce qu’un appui militaire étranger, sous quelque forme que ce soit, dénaturerait la « révolte pour la démocratie » qui a éclaté le 17 février, et serait un très mauvais signal. Mais certains aussi disent « non mais », d’autres « oui cependant » et d’autres encore, « oui ». 

Abdel Fattah Younes, l’ex-ministre de l’Intérieur qui est passé du côté des insurgés après une vie entière aux côtés de Kadhafi, a dit, dans une interview à Al Jazeera du 1er mars, que l’hypothèse de « recevoir des troupes étrangères ou d’accepter des bases militaires sur le sol libyen est hors de question », mais si Kadhafi et les siens « n’arrêtent pas les massacres », les insurgés sont « fermement convaincus que les raids aériens doivent être lancés », à condition que - mais cela a tout l’air de se parer d’une feuille de vigne- « aucun bombardier n’atterrisse en territoire libyen ».

 

Le 2 mars, Al Jazeera encore écrivait que le Conseil national de Bengazi « a lancé un appel pour des raids aériens sponsorisés par l’ONU sur les mercenaires étrangers employés par Kadhafi contre son propre peuple ». Mercenaires dont on parle beaucoup mais dont on ne voit quasiment rien, et dont on sait moins encore. Hafiz Ghoga, porte-parole du Conseil national, motivait ainsi l’appel : « les mercenaires africains » employés par Kadhafi dans les villes libyennes « configurent une invasion du pays ». Donc…

Pour sortir de l’impasse il est probable que ce type d’appels, dans les prochains jours ou semaines (ou mois ?), ne se multiplient. Et ne trouvent des oreilles promptes à les écouter. Il y a quelques jours, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, a dit que l’administration Obama « est  prête à offrir tout type d’assistance à quiconque désire la recevoir des Etats-Unis ».

On annonçait pour hier (samedi 5 mars) à Bengazi la première réunion du nouveau Conseil national des insurgés. On verra rapidement si prévaudra en son sein le non, le non mais quand même, le oui mais, ou le oui. Et de quel type sera l’aide fraternelle assurée par madame Clinton : qui semble très occupée -pour la Libye, au contraire de la Tunisie et de l’Egypte- à jeter encore un peu d’essence sur le feu de la guerre civile.

Maurizio Matteuzzi 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Edition de dimanche 6 mars 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Marzo-2011/art37.php3


4-3 Andreï Fediachine : Le scénario yougoslave pour la Libye.

Le président Barack Obama a enfin annoncé qu’il n’excluait aucun scénario de règlement du problème libyen, politique ou militaire.

C’est la première fois que la Maison Blanche le déclare aussi directement.

Hélas, l’opposition n’arrive pas à renverser rapidement Mouammar Kadhafi et à faire la révolution en limitant le nombre de victimes. On assiste certainement au recours à la tactique visant à faire fuir Kadhafi en exerçant sur lui une pression de l’extérieur et de l’intérieur. En recourant à la diplomatie, aux sanctions et aux moyens militaires. La diplomatie et les sanctions ont déjà été utilisées. Désormais, l'utilisation de l’arsenal des moyens militaires apparaît également comme une solution.
"Intervention libérale"

Auparavant, on aurait appelé cela la "diplomatie de la canonnière", mais aujourd’hui cette expression ne convient plus tout à fait. On s’est souvenu du terme "interventionnisme libéral." Et tout commence à rappeler le "schéma yougoslave." On semble revivre les bombardements de 1999.

Et même les "instruments" sont parfaitement identiques. Même les navires. Même le mois coïncide: les bombardements de la Yougoslavie par les Etats-Unis et l’OTAN ont commencé le 24 mars. Il ne reste plus qu’à attendre la création d’une zone d’exclusion dans l’espace aérien de la Libye (ce qui a été fait à l’égard de la Yougoslavie).

Les consultations à l’ONU se tiennent tous les jours et des événements surprenants peuvent être observés dans cette "arène." On a bien sûr le droit de haïr Kadhafi de toutes ses forces (ou en tous cas ne pas apprécier le dictateur à demi-fou), mais au sein de l’ONU on assiste à des débordements étranges, la hâte et la perfidie. Par exemple, le procureur général de la Cour pénale internationale pénale, l’Espagnol Luis Moreno-Ocampo a annoncé le 3 mars que la Cour a "pris bonne note" du cas Kadhafi et de ses fils, et qu’elle ouvrait une information judiciaire sur l’éventuel violation des droits de l’homme. Formellement, il a raison: le 26 février la Conseil de sécurité des Nations Unies a ordonné l’enquête. Etant donné que la Libye n’est pas signataire du Statut de Rome de la Cour, seul le Conseil de sécurité peut autoriser ce genre de démarche.

Le plus intéressant est que la résolution a été approuvée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, dont trois membres permanents: les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié le Statut de Rome, ne reconnaissent pas sa juridiction et, par conséquent, ne font pas juridiquement partie des membres du Statut. Ils émettent des réserves concernant le droit de la Cour de juger leurs citoyens. Quant à la Chine, elle ne reconnaît pas la Cour du tout. Les Américains ont même insisté pour que la résolution comporte une clause stipulant que leurs citoyens ne sont pas soumis à la juridiction de la Cour. Au cas où ils devraient débarquer en Libye avec une mission militaro-humanitaire. Ce n’est plus de la perfidie, c’est de l’hypocrisie pure et dure: on juge tout le monde, mais on ne peut pas nous juger.
Les forces d'intervention en Libye sont pratiquement prêtes

Depuis la fin de la première semaine de février, une importante concentration militaire des Etats-Unis et de l’OTAN s’est formée au large des côtes libyennes. Le porte-hélicoptère d’assaut américain USS Kearsarge, le bâtiment de débarquement USS Ponce et le sous-marin nucléaire USS Scranton ont déjà traversé le canal de Suez et sont arrivés le 4 mars dans le golfe de Syrte. Tous font partie du groupe de débarquement méditerranéen de l’unité tactique de la marine américaine sous le commandement du porte-avions USS Enterprise. Ce dernier se trouve actuellement en mission au Nord de la mer Rouge. La Libye est à portée immédiate.

Seules la Russie et la Chine se prononcent ouvertement contre l’intervention militaire. Les autres membres du Conseil de sécurité possédant le droit de veto "n’excluent aucun scénario", mais reconnaissent que la sanction de l’ONU est nécessaire pour intervenir.

Les déclarations sur la nécessité de l’accord du Conseil de sécurité pour l’intervention militaire est une sorte de mantras à l’ONU qui précèdent une rupture décisive avec les normes du droit international.

Et cela ressemble également à tout ce qui a précédé l’opération en Yougoslavie Force alliée, selon la codification OTAN, ou Ange miséricordieux, selon la codification américaine. Au printemps 1999, la Russie et la Chine ont bloqué la sanction de l’intervention militaire contre la Yougoslavie. L’OTAN a commencé les bombardements sans aucune autorisation, en violant la Charte des Nations Unies, en n’obéissant qu’à ses propres Statuts. Et de toute manière ces Statuts ont reçu une interprétation tellement "large", que toute ingérence peut désormais se faire car tel est le bon plaisir des pays membres. Le fait est que la Yougoslavie n’avait attaqué aucun pays de l’OTAN, et la situation dans le pays ne présentait aucun danger pour l’Alliance. D’ailleurs, la décision de bombarder a également été prise par un président démocrate, Bill Clinton, et non pas par un républicain sanguinaire. Les mauvaises langues affirment toujours que la "pacification yougoslave" était nécessaire pour détourner l’attention de l’opinion publique des Etats-Unis du scandale lié à Monica Lewinsky, au mensonge du président au Congrès et à la perspective de sa destitution.

Ce n’est pas le cas de Barack Obama. Au contraire, il a déjà deux guerres "sur le dos", et n’en a pas besoin d’une troisième. Mais la pression exercée sur la Libye, visant à faire fuir Kadhafi, ne constitue pas une menace de troisième guerre. Kadhafi a tellement épuisé ses propres ressources que seules les forces dépendant désespérément du régime le soutiennent.

Par contre, Barack Obama pourrait devoir faire face à un problème plus grave que le Kosovo: l’augmentation des prix du pétrole menace déjà de stopper le rétablissement économique et, par conséquent, de réduire considérablement ses chances d’être réélu l’année prochaine. On ne plaisante pas avec ce genre de choses.
Encore un peu de sang et ça ira

Pour l’instant la concentration des bâtiments de guerre au large de la Libye est une simple démonstration de force, un moyen de pression. Toute guerre ou intervention nécessite des raisons. Ou des prétextes. La guerre en Afghanistan avait une très bonne raison: les attentats du 11 septembre 2001 à New York. George W. Bush n’avait qu’une seule solution: l’invasion. La guerre en Irak n’avait aucune raison valable, mais le prétexte a été fabriqué: il s'agissait de la prétendue création par Saddam Hussein d'armes de destruction massive. Il s’est avéré que c’était un mensonge du début jusqu’à la fin.

L’invasion de la Libye n’a aucune justification juridique internationale. Pour l’instant.

Mais les actions de Kadhafi pourraient donner des raisons de le faire. Personne ne parle pour le moment d’intervention militaire. Mais nul ne nie sa probabilité. Les déclarations du type "il est trop tôt pour parler des actions militaires" sont accompagnées par le refrain disant que si l’effusion de sang continue, rien ne peut être exclu. Cela ressemble à "encore un peu de sang et on ne se retiendra plus."

Des communiqués en provenance de la Libye parlent déjà de "l’offensive des forces fidèles à Kadhafi" contre les villes rebelles à l’Est du pays et des centaines de morts.

Il faut "pousser" Kadhafi encore un peu à réprimer les villes révoltées, et il y aura suffisamment de sang pour l’invasion. Les congressistes américains républicains exigent directement l’intervention.

Les préparatifs actuels en mer Méditerranée ne sont pas un simple "redéploiement des forces" de la marine américaine juste au cas où. Les préparations militaires ont toujours une certaine "masse critique", une limite, au-delà de laquelle les actions sont inévitables.

Les composantes matérielle et financière sont pratiquement prêtes pour franchir cette limite. Les navires qui mouillent au large des côtes libyennes ne sont pas des boîtes d’allumettes. Le porte-hélicoptère USS Kearsarge est l’un des plus grands bâtiments de débarquement d’attaque de cette classe, ayant un déplacement d’eau de 40.000 tonnes et une longueur de 253 mètres. Il embarque à son bord plusieurs dizaines d’hélicoptères, de missiles, d’engins de débarquement, plus de 2.000 fantassins de marine. Qu’il soit dit en passant, c’est le même Kearsarge qui en 1999 opérait près des côtes yougoslaves, débarquait les troupes de marines, de renseignement et de sabotage. Les premières forces américaines qui ont touché le sol yougoslave ont été débarquées par ce bâtiment. Le bâtiment de débarquement USS Ponce, ayant un déplacement d’eau de 17.000 tonnes, a également participé à l’opération en Yougoslavie. De même que le sous-marin nucléaire USS Scranton. Ces classes d’engins sont dotées de missiles de croisière, mais le plus important, ils sont spécialement adaptés pour des missions secrètes de débarquement et de sabotage près des côtes de l’ennemi.

Les bombardements de la Yougoslavie en 1999 n’étaient pas conduits seulement par des porte-avions (à l’époque l’USS Theodore Roosevelt), mais également par les bases aériennes italiennes et françaises et les porte-avions français et britanniques. Et toute cette "armada" est aujourd’hui bien plus proche de la Libye que de la Yougoslavie de l’époque.

D’ailleurs, Londres a déjà annoncé qu’il envoyait pour le sauvetage d’environ 20 pétroliers britanniques, coincés quelque part au Sud-Est de la Libye, des unités de la force spéciale SAS. C’est l’équivalent du Navy Seals américains ou de l’unité Alpha russe.
Andreï Fediachine

05/03/2011

RIA Novosti


5 Historique

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Wikepedia  : La Libye

Sous le prétexte de désordres dans le pays, en particulier des persécutions à l’égard des minorités italiennes, l’Italie adresse un ultimatum à la Turquie lui signifiant son intention d’occuper militairement le pays. Le 29 septembre 1911, elle lui déclare la guerre.

 

Après la Seconde Guerre mondiale

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Libye est conquise par les armées alliées combattant les armées italiennes et allemandes au cours de ce qui est appelée la « Guerre du désert ».

Les Forces françaises libres prirent ainsi le contrôle du Fezzan et du Ghadamès au sud-ouest du pays, qui resta un territoire militaire occupé de 1943 jusqu'en 1951, comme en témoignent les timbres italiens surchargés, puis les émissions militaires britanniques et françaises.

La reconstruction est rendue difficile par les munitions non explosées, mines et matériels et séquelles de guerre laissés par les belligérants. Indépendante en 1951.
La Libye devient une monarchie et profite rapidement de la découverte de gisements pétroliers sur son territoire
[3] (poursuites en responsabilité, selon le principe pollueur-payeur par exemple).

En 1969, le roi Idris Ier est déposé lors d’un coup d’État sans effusion de sang mené par le colonel Mouammar Kadhafi qui entend changer radicalement la politique de son pays : il prône la fusion avec d’autres pays arabes. Il introduit un socialisme d'État dans son pays en nationalisant les principales branches industrielles (dont pétrolières). L’année suivante, il fait fermer des bases militaires britannique et américaine et nationalise les sociétés détenues par des Italiens. En 1973, la défiance de Kadhafi vis-à-vis de l’Occident est confirmée par sa participation à l’embargo pétrolier et par ses multiples implications dans le terrorisme et le soutien à de nombreuses rébellions dans le monde. En 1977, Kadhafi déclare la « révolution du peuple » : il change le nom du pays de République arabe libyenne en Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste et met en place des « comités révolutionnaires ». La Libye devient une Jamahiriya, soit littéralement un État des masses, officiellement gouverné selon un système de démocratie directe.

Les années 1980 sont marquées par une confrontation entre le régime en place et la communauté internationale, et tout spécialement les États-Unis et le Royaume-Uni. En 1981, deux avions libyens sont abattus par l’armée américaine à propos d’un contentieux sur les eaux territoriales. En 1982, les États-Unis décrètent un boycott de la Libye, accusée de soutenir le terrorisme international[4]. En 1984, le Royaume-Uni rompt toute relation avec le pays suite à la mort par balle d’une policière britannique devant l’ambassade libyenne à Londres. En 1986, déclarant agir en représailles d’un attentat dans une discothèque berlinoise fréquentée par des militaires américains, et à la suite d'accrochages aériens dans le golfe de Syrte, les États-Unis bombardent des complexes militaires libyens, des zones résidentielles de Tripoli et de Benghazi, tuant 101 civils et ratant de peu Kadhafi lui-même[5],[6]. En 1988, année où Kadhafi entame une légère libéralisation économique de son pays, les services secrets libyens sont accusés d’avoir provoqué l’explosion en plein vol d’un avion de ligne américain au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie.

En 1992, le Conseil de sécurité des Nations unies met en place des sanctions à l’égard de la Libye afin que celle-ci livre les deux agents secrets suspectés de l’attentat aérien de 1988. C’est finalement chose faite en 1999 ce qui provoque la suspension des sanctions et le rétablissement des relations diplomatiques avec le Royaume-Uni. Le régime joue même, via la Fondation Kadhafi, un rôle d’intermédiaire dans plusieurs libérations d’otages, comme à Jolo en 2000 et au Sahara occidental en 2003. En août 2003, la Libye endosse formellement la responsabilité pour l’attentat de Lockerbie et signe un contrat de compensation avec les familles des victimes ce qui lui vaut en septembre 2003 la levée définitive des sanctions de la part du Conseil de sécurité des Nations unies.

En parallèle à cela, à partir du 11 septembre 2001, Kadhafi opère un changement dans sa politique probablement pour éviter une fin violente à l’irakienne, pour lui et son régime. Dès janvier 2002, il entame des discussions avec les États-Unis sur la question du financement du terrorisme. Par la suite, en conséquence de négociations diplomatiques tenues pendant toute l’année 2003 entre responsables libyens, britanniques et américains, Kadhafi annonce en décembre de cette année qu’il renonce officiellement à son programme d’armes de destruction massive. Enfin, en mars 2004, il signe le protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Grâce à cela et une politique d’assouplissement de sa réglementation en matière économique permettant l’ouverture du marché local aux entreprises internationales, le régime de Kadhafi assure sa survie et se rapproche des puissances occidentales et particulièrement de certains pays européens, comme le Royaume-Uni, la France, l’Espagne et l’Italie. Mouammar Kadhafi déclare désormais qu’il entend jouer un rôle majeur dans la pacification du monde et la création d’un Moyen-Orient sans armes de destruction massive. Particulièrement par rapport aux relations avec l’Union européenne, ce volte-face de la Libye peut notamment être vu sous l’angle du combat des gouvernements de l’Union contre l’immigration illégale.

 

Les unions (malheureuses) du colonel[modifier]

Depuis son arrivée au pouvoir en 1969, le colonel Kadhafi a tenté à plusieurs reprises d'unir la Libye avec d'autres pays arabes ou africains. Voici la liste (non exhaustive) de ces unions avortées :

1972: création de l'Union des Républiques arabes regroupant l’Égypte, la Libye et la Syrie (dissoute en 1977);

1974: fusion entre la Libye et la Tunisie (annulée par manœuvre du premier ministre);

1980: fusion entre la Libye et la Syrie (restée sans lendemain);

1981: fusion entre la Libye et le Tchad (restée sans lendemain);

1984: union entre la Libye et le Maroc (dissoute en 1986);

1988: union entre la Libye et l'Algérie (annulée par manœuvre du premier ministre);

1990: signature d'une charte d'intégration avec le Soudan (restée sans lendemain).

Wikepedia : 13-03-11

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