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19/03/2011

n°574 - Dossier de Palestine - 16-03 -: Début - Les révolutions arabes contre Israël et les Etats-Unis

n°574  - Dossier de Palestine - 16-03   -: Début -    Les révolutions arabes contre Israël et les Etats-Unis



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

n°574                                                     16-03

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



 

Sommaire

Tiré à part

Middle East Monitor :Sondage européen sur le conflit en Palestine.

1 Dossier

1-1 Menachem Klein : Maintenant : Israël ne pourra faire usage de la force face au prochain soulèvement palestinien.

1-2 Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt : Comment recruter des informateurs palestiniens…

Suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Les citoyens d’une ville des Etats Unis refusent que leurs policiers aillent suivre un stage à Tel Aviv…

2-2 USA: une association réclame le droit d’afficher des pubs anti-israéliennes.  

2-3 Brian P. Nanos : Un séjour en Israël se transforme en problème posé en conseil municipal.

3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

3-1 New Orient News : Les révolutions arabes contre Israël et les Etats-Unis

3-2 Julien Salingue : Un colonialisme de peuplement.

Fin

4 Annexe

4-1 Gilad Atzmon : Un projet unique dans l’histoire.

 



Tiré a part

Middle East Monitor : Sondage européen sur le conflit en Palestine.

Un sondage européen révèle un décalage massif entre les gouvernements et les populations sur le conflit en Palestine et une désillusion massive au sujet d'Israël.

Le Centre d'études Al-Jazeera, en collaboration avec le Middle East Monitor (MEMO) et le European Muslim Research Centre (EMRC) de l'Université d'Exeter ont mené une étude commune en janvier 2011 pour évaluer les perceptions britanniques et européennes sur le conflit en cours Israël/Palestine. Aucune étude importante de ce type n'a été entreprise au niveau européen depuis octobre 2003, lorsqu'une enquête conduite par la Commission européenne révélait qu'environ 60% des Européens considéraient Israël comme la plus grande menace à la paix mondiale.
Cette dernière recherche de l'institut de sondage gouvernemental ICM et de l'unité de recherche sociale a été menée dans six grands pays européens : Grande-Bretagne, France, Espagne, Pays-Bas, Allemagne et Italie.

Voici quelques-unes des conclusions principales :
1. A peine 10% des Européens pensent que leur pays doit soutenir
Israël plus que les Palestiniens ; alors que près de quatre fois plus, 39%, sont en désaccord.
2. Une nette majorité d'Européens, 58%, est opposée à une modification du droit qui faciliterait les visites en Europe des dirigeants accusés de crime de guerre ; seuls 10% sont d'accord pour faire de tels changements. Plus intéressant, au Royaume-Uni, où cette question fait l'objet de débats virulents, les Conservateurs se sont engagés à modifier la loi alors que seul 7% de la population soutient ce changement. C'est le pourcentage le plus bas en Europe. Il faut noter que 2.000 personnes ont été interrogées au Royaume-Uni, avec une marge d'erreur de 2%. Pourtant, le gouvernement est déterminé à pousser de l'avant cette décision impopulaire. 
3. 34% pensent qu'
Israël n'est PAS une démocratie, alors que moins de la moitié, 45%, pensent que c'est une démocratie. En Italie et en Espagne, 41% pensent qu'Israël n'est pas une démocratie.
4. 65% estiment qu'
Israël ne traite PAS tous les groupes religieux de la même manière, seuls 13% pensent qu'il le fait.
5. 45% des Européens pensent que le Hamas devrait faire partie du processus de paix, seuls 25% pensent qu'il doit en être exclus. Au Royaume-Uni, 44% veulent que le Hamas soit intégré, et seuls 19% sont contre. Il est intéressant de noter qu'une enquête récente du Institute for Jewish Policy Research sur l'opinion des Juifs britanniques montrait que 52% approuvaient des négociations avec le Hamas dans le processus de paix. 
6. 50% estiment que critiquer
Israël n'est pas antisémite, alors que 12% considèrent que c'est antisémite.
Le rapport complet, intitulé "Perceptions de l'opinion publique européenne sur le conflit Israël/Palestine" sera diffusé le dimanche 13 mars et sera disponible sur le site MEMO.
Pour plus d'informations, contacter le docteur Hanan Chehata (bureau de presse) au +44 (0)20 8838 0231 ou +44 (0) 7822 138 997.

Le Middle East Monitor (MEMO) est un institut de recherche médiatique indépendant créé au
Royaume-Uni en 2009 pour promouvoir une couverture juste et exacte sur les questions du Moyen Orient, et en particulier sur la question palestinienne dans les médias occidentaux.
Website: 
http://www.middleeastmonitor.org.uk

Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM



1 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Menachem Klein : Maintenant : Israël ne pourra faire usage de la force face au prochain soulèvement palestinien.

Ndlr :La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information. 

 

La Paix Maintenant condamne le massacre à l'arme blanche de cinq membres d'une même famille, dont un bébé de trois mois, qui a eu lieu ce week-end dans la colonie d'Itamar en Cisjordanie. Une fois de plus, les extrémistes tentent de reprendre la main.

Sans solution politique le calme apparent ne saurait perdurer et l'immobilisme ne peut que préluder à de nouvelles flambées de violence. C'est, entre autres, ce sur quoi veut attirer l'attention Menachem Klein, professeur de Sciences politiques à l’université Bar-Ilan, ancien conseiller d'Ehud Barak pendant les négociations de Camp David et co-rédacteur de l'accord de Genève. 

Il explique, dans cet article rédigé le 8 mars dernier, que les Palestiniens pourraient être tentés de suivre l'exemple des Tunisiens et des Égyptiens en lançant une révolte civile face à laquelle les Israéliens auront le plus grand mal à réagir. 

Il y a urgence à proposer des initiatives politiques pour éviter que le pire ne devienne possible.]

 Si le Sud-Soudan et le Timor Oriental sont devenus indépendants avant les Palestiniens, c’est que quelque chose ne tourne vraiment pas rond. Comment peut-on comparer, tant au plan religieux qu’international, le statut de ces pays à celui de la Palestine ? Voilà ce que doit penser tout Palestinien qui fait le bilan des pertes et profits de son peuple depuis les accords d’Oslo.

Les soulèvements contre des rois, des sultans et des présidents régnant en autocrates en Afrique du Nord et dans le monde arabe suscitent un certain malaise chez les Palestiniens : comment se fait-il que, dans tous ces pays, le peuple remporte de tels succès contre des régimes d’oppression et qu’eux-mêmes restent sous la coupe de l’occupation israélienne qui dicte à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, ce qu’il doit faire et ne pas faire ?

Quelles conclusions les Palestiniens peuvent-ils tirer de l’agitation qui secoue actuellement le monde arabe ? Le salut ne viendra pas des États-Unis, qui ne soutiennent pas Mahmoud Abbas malgré toutes les concessions qu’il a faites. Les documents récemment publiés par Al Jazeera ont révélé jusqu’où il était prêt à aller dans les négociations avec Israël ; pourtant il n’a reçu aucun soutien de la part de Washington. 

Et, comme si cela ne suffisait pas, les États-Unis ont opposé un veto décisif à une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU condamnant la colonisation. Ceci malgré le fait que par le passé – après que Netanyahu eut posé de sérieux problèmes à Washington et étendu les colonies à Jérusalem et en Cisjordanie, mettant ainsi un terme au processus de paix – les États-Unis eux-mêmes ont sévèrement critiqué la colonisation. 

Les événements de ces dernières semaines montrent que Washington est prêt à soutenir les soulèvements non-violents de la société civile, plutôt que les concessions diplomatiques. Or, dans le passé, Mahmoud Abbas a fermement rejeté des propositions émanant de divers milieux et visant à organiser un soulèvement non-violent massif.

De hauts fonctionnaires de l’Autorité palestinienne et du Fata’h ont pris des mesures pour contenir les mouvements de protestation qui ont lieu chaque semaine à Bil’in et dans d’autres villages de Cisjordanie. Ils se méfient non seulement de l’apparition de rivaux politiques, mais aussi de dérapages violents, qui ne pourraient que faire du tort à la cause palestinienne, comme cela s’est effectivement produit lors de la seconde intifada. En cas de confrontation brutale, le rapport de force jouerait en faveur d’Israël, qui a ainsi tout intérêt à provoquer de tels dérapages afin d’en profiter pour écraser les Palestiniens.

Mais la situation a maintenant changé. Le modèle positif qu’offre l’insurrection non-violente qui a éclaté dans tout le monde arabe, la retenue dont ont fait preuve les insurgés, pourraient suggérer aux Palestiniens que c’est la bonne méthode pour obtenir des changements historiques. Si les Israéliens répriment brutalement les manifestations palestiniennes, ils apparaîtront aux yeux de l’opinion comme des émules de Kadhafi ou d’Ahmadinedjad.

On sent un grand malaise dans la rue palestinienne. Les gens ont été profondément déçus par le déroulement du processus de paix et par l’attitude d’Israël et des États-Unis. La société palestinienne possède l’infrastructure technologique qui, en d’autres pays, a joué un rôle moteur dans les manifestations de masse - internet, téléphones portables, antennes paraboliques. L’ « élan générationnel », qui a tenu un grand rôle en   Égypte, est prêt à entrer en jeu : la société palestinienne comporte une majorité de jeunes gens dont l’avenir est bloqué par l’occupation. La seconde intifada et la répression exercée avec une poigne de fer par Israël ont modelé l’adolescence de ceux qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans, et constitué leur premier contact avec la politique.

Les soldats, les colonies, les points de contrôle et les restrictions de circulation font depuis longtemps partie de leur vie quotidienne. Il ne manque plus qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Déjà, la catastrophe s’écrit sous nos yeux. 

Menachem Klein

Traduction Georges Tugenne pour La Paix Maintenant

http://www.lapaixmaintenant.org/article2115

Ha‘aretz, le 8 mars 2011

http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/israel-can-t-use-force-against-the-next-palestinian-uprising-1.347811


1-2 Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt : Comment recruter des informateurs palestiniens…

Vous avez besoin d’un permis pour aller à Amman faire soigner votre cancer ?

Pas de problème. Travaillez pour nous et vous l’aurez.

Checkpoint de Qalandiya, Palestine occupée

Vous voulez aller étudier en Egypte ?

Rendre visite à votre sœur mourante en Arabie Saoudite ?

Sortir de prison ?

Arrêter d’être battu ?

Faire une seule année de prison au lieu de dix ?

Avoir droit de rejoindre votre famille en Israël ?

Vivre avec vos enfants ? Etre soigné dans le seul endroit où on peut vous sauver la vie ?

Garder votre carte d’identité magnétique ?

Votre permis de travail ?

Pas de problème ! Vous nous aidez et on vous aidera.

Et ça continue comme ça indéfiniment ; Dans tous les coins et recoins, Israël se livre à son crimes le plus sinistre et le plus furtif : le recrutement de collaborateurs. Tous les Palestiniens sont sur la liste noire, tous sont coupables, sauf s’ils acceptent de dire "oui" au "capitaine". Ils sont sur la liste noire, quoiqu’ils aient fait ou pas fait, ils n’ont droit à rien a priori afin qu’ils soient dans l’obligation d’acheter n’importe quel droit naturel. Au prix fort. Au prix de la trahison.

Vous voulez accompagner votre bébé malade à l’hôpital Hadassah ? Pas de problème, dit "le capitaine" qui est en fait un officier du Shabak (les services secrets/de sécurité). Il vous suffit de dire : "Je suis d’accord pour vous dire qui jette des pierres dans mon village, qui a reconstruit sa maison après qu’elle ait été démolie, je vais vous donner autant de noms que vous voulez, que les personnes soient coupables ou non, cinq ou dix, autant que vous voulez" et alors vous pourrez accompagner votre bébé à l’hôpital et le guérir. Et avoir de l’argent pour lui acheter à manger, et faire la triple vaccination.
Vous avez dit non ? Alors au revoir. C’est vous qui décidez. Et le bébé ? que fait-on pour lui ?
Il ne tient qu’à vous de décider de le sauver. Aidez-nous, nous vous aiderons.

Le droit de vivre, le droit de travailler, d’être soigné, de recevoir une éducation - ne vont pas de soi sous l’occupation israélienne. Ils sont conditionnels. Ce sont des produits d’échange. Tout se négocie. Vous pouvez choisir de ne pas recevoir de balles de revolver, de ne pas voir votre maison démolie, d’avoir le droit d’étudier, de travailler, de recevoir des soins médicaux même à l’intérieur d’Israël. Il vous suffit de dire ce tout petit mot "oui". Oui, je vais travailler pour vous.

Et c’est ainsi que derrière les checkpoints qui sont démontés et remontés, démontés et remontés, derrière les routes réservées uniquement aux Juifs, derrière le vol de terre institutionnalisé, les meurtres commis à l’aveuglette, la famine instituée, l’humiliation, le nettoyage ethnique perpétré au grand jour, on trouve une bombe raffinée qui est prête à détruire le peuple palestinien. C’est une bombe invisible. Son impact est inconnu. Et on n’en parlera pas. Ou presque pas. Car ceux qui disent "oui" aux forces d’occupation ne l’avoueront jamais. Personne ne le saura. Ce ne sera pas répertorié. Et cette bombe - le recrutement de collaborateurs - est activée dans l’endroit qui précisément devrait être protégé même sous l’occupation : dans l’espace civil. Cet espace qu’Israël, selon les conventions qu’il a signées, est supposé faciliter. Ces mêmes besoins civils qu’une population même sous occupation a le droit de voir satisfaits, et non bafoués. Et qui selon les déclarations officielles d’Israël sont satisfaits.

Là dans l’administration civile se trouve cette terrible bombe. Là où tous les besoins s’entrecroisent. C’est là que la vraie occupation est à l’oeuvre. Là se trouvent les vrais checkpoints qui ne font que croître avec le temps. Là, le vrai mur s’étend et s’approfondit. Là, les ténèbres glaciales et cyniques qui n’ont pas de limites et dont les émissaires sont les agents du Shabak : "Capitaine Zakai" ou "Moussa" ou Tomer", tous ont de faux noms bien sûr. Inconnus ou connus sous un nom d’emprunt, ils attendent toutes les requêtes des civils pour les refuser ou donner leurs conditions. D’une voix doucereuse en offrant une tasse de café, une cigarette, ils prononcent, avec une extrême courtoise, les mots monstrueux : Pas de problème, il vous suffit de travailler pour nous.

Et si la réponse qu’il donne à ces mots est "non", le Palestinien mourant retournera mourir chez lui, ou ne verra pas sa soeur mourante, ou n’ira pas étudier ni travailler ni voir ses enfants. Ou bien il dira "oui" je vais travailler pour vous et ainsi j’aurai un permis de travail et le droit de faire une chimiothérapie en Cisjordanie occupée parce qu’ici il n’y a tout simplement pas d’infrastructure adéquate parce qu’Israël l’interdit, et puis je mourrai quand même. Car derrière le "oui" il y a le précipice énorme et profond du non retour. Ce n’est pas le début mais la fin. Ce qui l’attend c’est la mort, l’ostracisme, la malédiction et le remords. Tout cela, ils le savent depuis le commencement, mais parfois ils l’oublient dans des moments de désespoir et de faiblesse, tous ces bons Palestiniens qui répondent "oui" à une question à laquelle il est si difficile de résister.

Et pour ce crime, ce crime invisible, silencieux et diabolique, qui consiste à obliger des personnes normales et bien intentionnées à traverser le point de non retour en trahissant leur propre peuple, Israël portera éternellement le sceau de l’infamie.

Nous avons (sur le site, NdT) beaucoup de récits de Palestiniens qui ont dit "non " aux capitaines du Shabak et payé un lourd tribut. Muawiya a dit "non" et a perdu son travail. Eyad a dit "non" et a été séparé de ses enfants. Faisal - pour dire "non"- a failli se suicider. Leur histoire est l’histoire de l’occupation, depuis qu’elle a commencé jusqu’à aujourd’hui.

Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt

vendredi 4 mars

Note :

* Le site Mahsanmilim, créé par deux juives israéliennes, s’est donné pour mission de recueillir des témoignages, articles, vidéos, films et récits sur l’occupation israélienne afin de donner une voix aux victimes palestiniennes silencieuses et niées en tant que telles. Pour en savoir plus : http://mahsanmilim.com/WhoAreWe.htm


 

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