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23/03/2011

n°6- Libye : Géopolitique - 22-03 - Fin - Opération Active Endeavour - (« Aube de l'Odyssée » ) - Sarkozy et Obama d'accord sur le recours à l'Otan en soutien de la coalition

n°6- Libye : Géopolitique -  22-03  - Fin   -  Opération Active Endeavour - (« Aube de l'Odyssée » ) - Sarkozy et Obama d'accord sur le recours à l'Otan en soutien de la coalition



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Libye : Géopolitique

                                              n°6                                            22-03

                                C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

7  Dossier

7-2 Marianne : je tiens tout de même, en tant que citoyen, à (me) poser des questions.

8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

8-1 L'agression militaire impérialiste contre la Libye est le début d'une guerre permanente contre les peuples insoumis de la

8-2 Réflexions du compañero Fidel : Le plan se l'Otan est d'occuper la Libye. 

8-3 La presse tunisienne et algérienne critique l’intervention en Libye.

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Jean Guisnel : L'intervention française en Libye qualifiée de "jeu de massacre".

 


7-2 Marianne : je tiens tout de même, en tant que citoyen, à (me) poser des questions.

Nullement « expert » en la matière, je tiens tout de même, en tant que citoyen, à (me) poser des questions. Notre gouvernement, notre parlement, nos partis politiques, notre opinion publique dans sa très grande majorité, à gauche comme à droite, ont pris le parti de faire la guerre en Libye.

ont acte.

« Il fallait arrêter le massacre ! » L’argument qui justifie l’intervention est imparable, à supposer que tels soient ses buts. Elle est en outre légitimée par le mandat du Conseil de sécurité, contrairement aux recommandations du conseiller en affaires libyennes du président Sarkozy, Bernard-Henri Lévy qui, s’appuyant sur le précédent (l’exemple ?) de l’Irak, exigeait que la guerre se fasse sans mandat.

« Il était temps, il eut fallu agir plus tôt » ajoutent les partisans d’une action radicale contre le régime de Kadhafi. Imparable. Opposer à cette action une passivité équivalant à un feu vert au massacre était une position moralement intenable. L’antioccidentalisme de principe n’est pas de mise. Gardons-nous des automatismes de pensée. On ne reproche pas aux Etats-Unis d’être intervenus dans la guerre contre Adolf Hitler !  La comparaison est excessive, sans doute, l’exemple n’est donné que pour montrer qu’une intervention occidentale n’est pas à priori condamnable.  Pas plus que celles de l’Armée Rouge, excellente face à l’agression nazie, détestable lors de ses propres agressions en Hongrie et en Tchécoslovaquie.

Il est piquant de voir que certains, qui ont approuvé ces ingérences soviétiques, posent aujourd’hui en vertueux défenseurs des « souverainetés nationales ».

Mais soit. Face à la guerre en cours, il ne devrait pas être interdit, ou suspect, de se poser des questions. Peut-être y avait-il, par exemple, d’autres moyens, une médiation pacifique possible ?  La proposition de Chavez a été rejetée, était-elle absurde, d’autres n’auraient-ils pas pu proposer une autre forme de médiation ? Un éminent émissaire et témoin tel que Bernard-Henri Lévy n’aurait-il pu suggérer à Nicolas Sarkozy la voie d’une solution pacifique ? Inutile d’y penser bien sûr si l’on voit en Kadhafi un fou enragé. Ou si l’on voit en BHL un militant de la guerre à tout prix. Il est en tout cas l’un des grands porte-voix du « parti de la guerre » qui s’est construit, au nom de la Morale, dans ce qui fut autrefois « la gauche ». Rouge, rose et verte.  Je constate que nombre de ceux qui approuvent l’intervention sont possédés par l’émotion – compréhensible- et refusent de se poser des questions sur les tenants et aboutissants. Une étrange colère, un curieux aveuglément paraissent habiter certains. Un phénomène qui relève de la foi, du messianisme – qui ne supportent pas les questionnements. Cela rappelle « la guerre du Kosovo » en 1999.

Qui s’est ensuite préoccupé des résultats de cette guerre de l’OTAN, des massacres et des purges ethniques qui s’ensuivirent dans le Kosovo « libéré », administré par Kouchner puis dirigé par nos « amis » de l’UCK,  des criminels impliqués dans le trafic d’organes humains. Là encore, toute question paraît indécente !

Osons néanmoins cette incorrection. Et d’abord. Qui sont les opposants libyens ? Leur rébellion est-elle comparable à celles des peuples tunisien ou égyptien ? Pourquoi mérite-t-elle,  cette révolte contre Kadhafi, une action militaire telle que Tunisiens et Egyptiens n’en n’ont pas bénéficié – au contraire, la première réaction des puissances « humanitaires » fut de soutenir Ben Ali et Moubarak !  Pourquoi cette spontanéité à soutenir certains dictateurs et à condamner l’autre ?

Mais revenons à la Libye.  La structure tribale de la société libyenne n’introduit-elle pas d’autres paramètres pour élaborer nos jugements ?

Qu’est-ce qui permet de dire qu’il y a « soulèvement du peuple libyen contre le régime de Kadhafi » et non « guerre civile » entre clans et groupes opposés ?

Le peu de choses que nous savons de cette société nous suggère que Benghazi, capitale de l’insurrection, est sociologiquement et politiquement, et même historiquement, différente d’autres régions du pays. Est-ce un particularisme ou une « avant-garde de la révolution libyenne » ?  De quelle base sociale « le bédouin » Kadhafi dispose-t-il encore ? N’est-on pas allé vite en matière en affirmant qu’il était à l’agonie ? Si l’objectif est d’en finir avec Kadhafi, les services spéciaux de différents pays ont des méthodes qui ont fait leurs preuves. Pourquoi n’en font-ils pas usage ? « Il doit être jugé ». Soit. Mais par qui ? Et est-on bien sûr que les dirigeants occidentaux, tellement englués dans « les affaires » avec Kadhafi, ont intérêt à lui offrir, au tribunal international, une tribune d’où il dira forcément des choses très dérangeantes ?

D’autres question se posent.

Pour la Libye encore et les enjeux pétroliers. Ceux qui croient à la nature « humanitaire » de l’intervention écartent d’un revers de la main l’idée d’une « guerre pour le pétrole ». Mais a-t-on bien mesuré l’impact de la production pétrolière libyenne (1 à 2% de la production mondiale) sur l’approvisionnement du sud de l’Europe et, plus largement, sur les équilibres de l’économie pétrolière mondiale ? D’autres pays qui n’ont même pas de pétrole figurent cependant en des lieux importants pour les enjeux pétroliers mondiaux. Il y a forcément une dimension stratégique mondiale – donc pétrolière aussi – à ce conflit, comme à tout conflit se déroulant autour des grands bassins d’hydrocarbures…l’énergie nucléaire n’étant d’ailleurs manifestement pas la seule « alternative » envisageable pour la survie de notre modèle de « développement ».

Quant aux « massacres »… Il s’en produit actuellement au Barhein et au Yémen. Pourquoi aucune intervention n’est-elle prévue pour « secourir les peuples » de ces pays ? Il y a bien une intervention militaire en cours. Mais elle a lieu CONTRE les insurgés de Barhein. C’est celle de l’Arabie saoudite, pièce maîtresse du dispositif pétrolier et stratégique du Proche-Orient, et de l’hégémonie américaine dans cette région. Ceci expliquerait-il cela ? N’y a-t-il pas un rapport entre l’intervention en Libye et la stratégie des puissances – Etats-Unis, Grande-Bretagne, France – dans cette région du monde, vis-à-vis des soulèvements arabes qui déstabilisent le système de domination occidental (et israélien, son prolongement) au Proche-Orient, en Afrique du Nord, voire dans l’ensemble du continent africain ? Dans cette « bataille de Libye », du reste, ne voit-on pas le bloc atlantique se fissurer : la Turquie opposée à l’intervention, l’Allemagne

Trêve de naïvetés. Des « massacres à éviter », il y en a à la pelle dans ce monde dont personne en haut lieu ne se soucie, ni d’ailleurs les opinions publiques européenne si généreusement mobilisées pour le peuple libyen. Des « massacres à éviter », il y en a dont NOUS sommes  les principaux responsables, en Irak, en Afghanistan, en Afrique, et contre lesquels, par définition, nulle grande puissance n’interviendra.

Trêve de confiance aveugle dans le contenu « moral » et « humanitaire » des actions des grandes bureaucraties politico-militaires.

Trêve d’émotions débordantes. Il est temps de se poser des questions. Au moins cela, ce minimum de sagesse : se poser des questions.

Marianne  

21 mars 2011



8 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

8-1 L'agression militaire impérialiste contre la Libye est le début d'une guerre permanente contre les peuples insoumis de la région 

Solidarité avec les forces démocratiques progressistes anti-impérialistes libyennes dans leurs luttes contre le despotisme et les ingérences étrangères!

Déclaration du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme (PADS) reprise par/

Le Conseil de Sécurité de l'ONU a donné son feu vert au déclenchement de la guerre contre la Libye.

La résolution portant autorisation d'intervenir militairement dans ce pays au prétexte mensonger et hypocrite de protéger les populations civiles contre les attaques du régime d'El Kaddafi constitue une grave menace pour la souveraineté de tous les peuples de la région et leurs luttes pour une démocratie véritable de progrès. Cette résolution porte aussi en elle des dangers pour la paix et l'intégrité territoriale des nations africaines.

Les grandes puissances impérialistes, et les anciens Etats colonisateurs de l'Afrique qui ont fait adopter cette résolution s'étaient lancés dans les préparatifs pour bombarder la Libye et détruire ses infrastructures sans attendre les résultats des délibérations de l'ONU. Elles n'ont pas perdu une minute pour commencer à exécuter leurs plans criminels. Des missiles sophistiqués et des avions de la coalition impérialiste sont en train de dévaster la Libye. La coalition ne se contente pas d'imposer la zone d'exclusion aérienne décidée par le Conseil de Sécurité. Elle s'attaque à tout le potentiel militaire libyen, y compris terrestre. Elle se prépare même à neutraliser ou détruire les infrastructures civiles, comme le réseau électrique, rééditant ce qu'elle avait fait en 1999 en Serbie et n'hésitant pas à provoquer de la sorte la mort de milliers de citoyens qui seront privés de structures de santé et d'eau potable, comme en Irak. Elle veut mettre ainsi à genoux la population et toutes les forces patriotiques qui refusent son diktat. En fait elle s'emploie méthodiquement à briser toute résistance avant de se ruer avec ses troupes ou sous couvert de mercenaires vers les champs pétroliers et gaziers de ce pays. C'est avec des procédés similaires, reposant sur des déclarations hypocrites et de gros mensonges médiatiques, que les USA avaient préparé l'opinion à l'occupation de l'Irak en 2003.

En réalité, cette coalition impérialiste ne s'intéresse nullement à la conquête des libertés démocratiques en Libye ou dans quelque autre pays dans le monde. Afin de réaliser ses plans néo-colonialistes, la coalition impérialiste criminelle a transformé Kaddafi en repoussoir après avoir collaboré avec lui dans la surveillance des mouvements des habitants de la région pour empêcher l'immigration vers l'Europe et dans le montage de manoeuvres communes contre les peuples, comme son projet de création d'un Etat targui menaçant directement l'unité territoriale des nations de la région. Le régime libyen a fait concession sur concession aux puissances impérialistes depuis 2003 en contre-partie de la levée du blocus économque. L'économie libyenne est passée sous le contrôle des multinationales et d'une bourgeoisie compradore antinationale. Encouragées par la coupure que ces changements économiques réactionnaires ont provoquée entre la grande masse du peuple et le régime, les puissances impérialistes en exigent beaucoup plus. Ce n'est pas contre la personne de Kaddafi que cette armada militaire des USA, de la Grande-Bretagne et de la France s'est mise en route. Sa guerre a pour but d'installer des marionnettes à sa solde et spolier le peuple libyen de ses richesses pétrolières. Avec cette nouvelle guerre, les rapaces impérialistes américains, anglais et français étalent au grand jour leur volonté de faire main basse sur les richesses de la Libye.

 

La résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU confirme la transformation de cette instance en instrument de partage du monde en zones d'influence entre les puissances impérialistes et d'accaparement des richesses des peuples dépendants et dominés économiquement. Les puissances impérialistes accentuent leur offensive pour mettre au pas les peuples et les régimes insoumis. Elles allument le feu au sein des Etats qui échappent à leur contrôle puis se présentent comme les pompiers qui cherchent à l'éteindre sous couvert d'une légitimité internationale à leur convenance. Outrepassant grossièrement les prérogatives de l'ONU, le Conseil de Sécurité s'arroge depuis quelques mois, avec l'affaire ivoirienne, le droit d'intervenir dans les conflits internes des peuples et de leur dicter les règles de conduite écrites par l'impérialisme. 

L'argument de la défense de la démocratie pour justifier l'intervention militaire en Libye est d'une hypocrisie inouïe. Les puissances impérialistes ont associé à "l'inauguration" de leur nouvelle guerre les pantins de la Ligue arabe pour tromper l'opinion en lui faisant croire que les peuples arabes eux-mêmes approuvent leur aventure belliciste. Les régimes arabes qui ont donné leur onction à cette guerre sont les plus despotiques au monde. Ce sont des régimes monarchiques-théocratiques rétrogrades ou des valets de l'impérialisme comme les chefs auto-proclamés de la Tunisie et de l'Egypte installés " à titre transitoire" avec le consentement des USA. L'Arabie saoudite qui a voté la résolution de la Ligue arabe a envahi Bahreïn avec 10000 soldats et des chars en nombre pour écraser la révolte populaire et maintenir par la force une monarchie décadente inféodée à l'impérialisme. Mais le Conseil de Sécurité et les puissances impérialiste pleines de "sympathie" pour les "révolutions arabes" font semblant de ne rien voir! Hillary Clinton trouve légitime l'appel de cette monarchie aux forces saoudiennes pour écraser sous ses chars le soulèvement du peuple!

Les oligarchies financières impérialistes assoiffées de surprofits cherchent une solution à la crise mondiale de leur système capitaliste en reprenant possession des gisements de pétrole et de gaz nationalisés à l'époque où grâce à l'existence d'un puissant camp socialiste le rapport des forces était plus favorable aux peuples secouant la domination impérialiste. En escomptant reprendre possession de ces sources d'énergie les grandes puissance impérialistes veulent dicter leur volonté à l'ensemble de la planète, y compris à leurs propres peuples, à faire plier les nations dépourvues de ces ressources.

 

L'Algérie est visée. La chute de l'Etat libyen se traduira inévitablement par l'installation de supplétifs à la botte de forces néo-colonialistes revanchardes à quelques dizaines de kilomètres de ses principaux champs pétroliers de Hassi Messaoud.

Cette guerre est un avertissement et un signal chargés de lourdes menaces que les oligarchies impérialistes envoient à tous les peuples d'Afrique et d'Amérique latine pour les obliger à accepter de se laisser déposséder de leurs richesses naturelles, sous peine d'être réduits en cendre sous une pluie de tomahawks. Ces gangs internationaux sont décidés à recourir à tous les moyens et à exploiter tous les prétextes, sans hésiter à les fabriquer de toutes pièces à l'aide de leurs puissants médias de propagande et d'intox, pour repartager l'Afrique dans un nouveau congrès de Berlin siégeant au Conseil de Sécurité. 

Ceux qui, en Algérie, applaudissent à cette agression ou contribuent à répandre les mensonges sur le soi-disant objectif de protéger la population en lutte pour la démocratie, ou bien n'ont pas compris les véritables enjeux, ou bien sont des complices conscients des puissances impérialistes dont ils espèrent obtenir récompenses et miettes aux dépens des intérêts vitaux du peuple algérien. La perte de leurs ressources pétrolières n'apportera aux peuples de la région que misère, régression et barbarie.

Jamais les puissances impérialistes n'ont apporté la liberté et le progrès social à un peuple en lutte pour les libertés démocratiques et l'indépendance nationale. Un peuple qui attend sa liberté de l'intervention des puissances impérialistes ne peut être libre.

 

Les forces démocratiques anti-impérialistes de la région doivent renforcer leurs liaisons avec les masses populaires et leur solidarité internationale pour mettre en échec les plans impérialistes de recolonisation tout en se battant pour des changements démocratiques révolutionnaires dans leurs pays sans ingérence impérialiste.

 

Non à cette agression!

Non aux ingérences des puissances impérialistes!

La lutte pour la démocratie en Libye est l'affaire du peuple libyen!

Solidarité avec les forces démocratiques progressistes anti-impérialistes libyennes dans leurs luttes contre le despotisme et contre les ingérences étrangères!

Front contre les manœuvres des impérialistes et de leurs alliés internes!

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net


8-2 Réflexions du compañero Fidel : Le plan se l'Otan est d'occuper la Libye. 

Le pétrole est devenu la principale richesse aux mains des grandes transnationales yankees ; cette source de richesse leur a permis de disposer d’un instrument qui a accru considérablement leur pouvoir politique dans le monde. Quand elles avaient décidé de liquider la Révolution cubaine qui venait de promulguer les premières lois justes et souveraines dans notre patrie, elles avaient recouru à une arme qu’elles jugeaient imparable : nous priver de pétrole.

C’est sur cette source d’énergie que s’est développée la civilisation actuelle. Sur notre continent, le Venezuela a été le pays qui l’a payé le plus cher dans la mesure où les USA s’étaient emparés des gisements énormes dont la Nature a doté ce pays frère.

À la fin de la dernière guerre mondiale, des quantités toujours plus élevées de pétrole ont été extraites des gisements d’Iran, ainsi que ceux d’Arabie saoudite, d’Iraq et des pays arabes situés autour qui en devinrent les principaux fournisseurs. La consommation mondiale n’a cessé de s’élever pour atteindre le chiffre fabuleux d’environ quatre-vingts millions de barils par jour, y compris ceux qui sont extraits des États-Unis, à quoi sont venus s’ajouter le gaz, l’énergie hydraulique et l’énergie nucléaire. Le charbon avait été jusqu’au début du XXe siècle la source d’énergie fondamentale qui permit le développement industriel, avant la production de milliards de véhicule automobiles et de moteurs consommant le carburant liquide.

Le gaspillage du pétrole et du gaz est associé à l’une des plus grandes tragédies, absolument pas solutionnées, que souffre l’humanité : les changements climatiques.

Quand notre Révolution a vu le jour, l’Algérie, la Libye et l’Égypte n’étaient pas encore productrices de pétrole, et une bonne partie des grosses réserves de l’Arabie saoudite, de l’Iraq, de l’Iran et des Émirats arabes unis restaient encore à découvrir.

La Libye est devenue en décembre 1951 le premier pays africain à atteindre son indépendance après la Deuxième Guerre mondiale au cours de laquelle son territoire fut le théâtre de combats importants entre les troupes allemandes et celles du Royaume-Uni qui rendirent célèbres les généraux Erwin Rommel y Bernard L. Montgomery.

Le territoire de la Libye est désertique à 95 p. 100. La technologie a permis de découvrir d’importants gisements d’excellent pétrole léger – qui produisent aujourd’hui 1,8 million de barils par jour – et des gisements abondants de gaz naturel. Cette richesse a permis au pays d’avoir une espérance de vie de presque soixante-quinze ans et le revenu par habitant le plus élevé d’Afrique. Son rude désert est situé sur un énorme lac d’eau fossile, qui fait le triple de la surface de Cuba, ce qui lui a permis de construire un vaste réseau de conduits d’eau potable à travers tout le pays.

La Libye, qui comptait un million d’habitants à son indépendance, en a aujourd’hui un peu plus de six.

La Révolution libyenne a eu lieu en septembre 1969. Son principal dirigeant était Mouammar Kadhafi, un militaire d’origine bédouine, qui s’inspira dès sa première jeunesse des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Nombre de ses décisions furent sans doute associées aux changements qui se produisirent quand, tout comme en Égypte, une monarchie faible et corrompue y fut renversée.

Les habitants de ce pays ont des traditions guerrières millénaires. On dit que les anciens Libyens firent partie de l’armée d’Annibal quand celui-ci faillit liquider l’ancienne Rome en traversant les Alpes.

On peut d’accord ou non avec Mouammar Kadhafi. Le monde est actuellement bombardé de nouvelles de toutes sortes, surtout produites par les médias. Il faudra attendre le temps nécessaire pour connaître vraiment ce qu’il a de vrai et de mensonges ou de semi-vérités dans ce qu’on nous dit de la situation chaotique en Libye. Ce qui est absolument évident à mes yeux, c’est que l’administration étasunienne se fiche bien de la paix en Libye et qu’elle n’hésitera pas à donner l’ordre à l’OTAN d’envahir ce riche pays, peut-être même dans quelques heures ou quelques jours.

Ceux qui, motivés par de perfides desseins, ont inventé, hier dimanche 20 février dans l’après-midi,  le mensonge selon lequel Mouammar Kadhafi se dirigeait au Venezuela, ont eu droit aujourd’hui à la digne réponse du ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, qui a affirmé « souhaiter que le  peuple libyen trouve, dans l’exercice de sa souveraineté, un règlement pacifique à ses difficultés, de façon à préserver son intégrité et celle de sa nation, sans ingérence de l’impérialisme… »

Je n’imagine pas, quant à moi, que le dirigeant libyen puisse abandonner le pays et fuir les responsabilités qu’on lui impute, qu’elles soient fausses ou non en tout ou partie.

Toute personne honnête sera toujours opposée à n’importe quelle injustice commise contre n’importe quel peuple du monde. La pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l’OTAN s’apprête à commettre contre le peuple libyen.

Pour les chefs de cette organisation belliciste, il y a urgence. Il faut le dénoncer !

Fidel Castro Ruz

Le 21 février 2011

22 h 14


8-3 La presse tunisienne et algérienne critique l’intervention en Libye.

Les journaux arabes consacraient leurs une dimanche aux frappes occidentales en Libye, mais étaient divisés sur leur opportunité...
Certains titres y voyant une opération « impérialiste » occidentale, d’autres jugeant essentiel d’arrêter Mouammar Kadhafi.

Pour la presse tunisienne : « une menace pour la région »

En Tunisie, théâtre d’une révolution en décembre-janvier, la presse prononce un verdict dur contre les bombardements aériens lancés samedi et approuvés par l’ONU jeudi, estimant que ceux-ci pouvaient plonger le Maghreb et le Moyen-Orient dans l’instabilité.
Cette action représente « une menace pour la région », risquant d’en faire une « zone de tension et une base avancée pour les forces impérialistes », estime le journal privé Achourouk.
Le quotidien juge même que l’arrivée des Occidentaux « va souiller la bataille du peuple libyen contre la junte corrompue » de Kadhafi.
Pour le journal Essabah, cette intervention militaire est alimentée par le pétrole libyen qui aiguise les appétits occidentaux. Une analyse que partage le principal quotidien algérien El Khabar dans un éditorial intitulé « Quand le pétrole se mélange au sang libyen ». « La vraie guerre est celle du pétrole. Le peuple libyen n’a rien a y faire », martèle-t-il.

L’Algérie parle « d’une guerre pour le pétrole »

El Watan moque de son côté les Occidentaux qui donnent la leçon à Kadhafi mais oublient « monarques, princes, roitelets et présidents à vie (ou à mort) qui humilient leurs peuples », en allusion à la répression de la contestation au Bahreïn et au Yémen, où l’Europe et les Etats-Unis se gardent d’intervenir.
Toujours en Algérie, Le Soir prend à contre-pied ces positions dans une « Lettre aux vierges qui crient au nouvel impérialisme et au néo-colonialisme », soulignant que Kadhafi réprime dans le sang depuis plus d’un mois une insurrection populaire.
« Fallait-il pour être un bon Arabe, un bon musulman, attendre en silence que le dernier habitant de Benghazi (le fief des rebelles libyens, ndlr) soit exposé aux (missiles) Katioucha ou au gaz sous prétexte que les Occidentaux veulent recomposer la région ? », feint de s’interroger le journal.

Aux Emirats arabes unis, la presse est partagée

Aux Emirats arabes unis, le Gulf news milite de son côté avec ferveur pour les bombardements en Libye, titrant « Le monde a commencé à agir contre Kadhafi ».
Dans un éditorial publié sur son site internet quelques heures avant le début des frappes, celles-ci étant intervenues après le bouclage des éditions des journaux du Golfe, le quotidien insistait déjà sur la nécessité d’arrêter les forces de Tripoli « aujourd’hui, pas demain ».
« Tout retard serait inacceptable », martèle l’auteur, « le dirigeant libyen et toute personne continuant de se battre pour lui doit voir que la communauté internationale se mobilise pour répondre à ses crimes contre l’humanité ».
En Israël, les bombardements étrangers ne font pas non plus l’unanimité. Le quotidien populaire Yediot Aharonot se félicite que « le monde ait arrêté de se taire » et souligne que le président américain Barack Obama a annoncé que la communauté internationale ne garderait plus le silence lorsque « un tyran massacre ses compatriotes ».
Mais Maariv relève qu’il est désormais difficile de prévoir l’issu des violences en Libye : « les frappes aériennes risquent de prolonger le conflit et d’entraîner en fin de compte une intervention militaire plus grave ».

La Rédaction

(Dimanche, 20 mars 2011 - Avec les agences de presse)



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Jean Guisnel : L'intervention française en Libye qualifiée de "jeu de massacre".
Accusés d'un "carnage", dimanche matin à Tika, les militaires français démentent s'être trouvés sur la zone.

Les conditions dans lesquelles les frappes se sont déroulées contre les forces fidèles au colonel Kadhafi dans la nuit de samedi à dimanche, sur la route conduisant à Ajdabiya, à 35 kilomètres au sud de Benghazi, commencent à susciter un débat. Dans l'édition du quotidien Libération datée de lundi, l'envoyé spécial du journal, Christophe Ayad, ne décrit pas une opération militaire mais "un vrai jeu de massacre." Il poursuit : "Des dizaines et des dizaines de corps de soldats gisent là, morts dans l'instant, certains presque des enfants dans leur treillis trop grand. Ils ont été foudroyés par les Rafale français entre 5 et 7 heures du matin." 

Un autre reporter, Kareem Fahim de l'International Herald Tribune, évoque un "carnage" et précise plus loin que de multiples frappes sont intervenues, "apparemment conduites par les pilotes des avions d'armes français qui ont pris la responsabilité de tirer les premiers coups". Ce même reporter ajoute que les frappes ont visé deux convois. Selon lui, l'un paraît avoir été frappé alors que ses canons et ses mitrailleuses étaient dirigés vers Benghazi, la capitale des rebelles que les Français avaient samedi pour mission de protéger. L'autre, en revanche, aurait été frappée alors que ses véhicules quittaient la zone de combat. L'envoyé spécial du Herald Tribune cite un officier rebelle, le colonel Abdullah al-Shafi : "Ils battaient en retraite. Les soldats [loyaux à Kadhafi, ndlr] avaient volé des véhicules civils et fuyaient. Ils étaient en train d'enlever leurs treillis." [peut-être pas des civils qui fuient? Il n'y en a plus?- RM]

La France confirme avoir détruit quatre véhicules blindés 

L'envoyé spécial du Times de Londres, Anthony Loyd, décrit, quant à lui, une première frappe dans l'après-midi de samedi aux abords de Garyouis, banlieue sud-ouest de Benghazi. Et une seconde le dimanche matin, vers 5 h 30 : "Alors que les troupes [loyales à Kadhafi, ndlr] commençaient à faire retraite, frappées par les Français et harcelées par les rebelles, le pire les attendait à Tika, à 30 km de Benghazi. Vers 6 h 30, ils ont été à nouveau frappés par les jets, qui ont touché une concentration de chars, camions, transports de troupes blindés, pick-up", et même un camion du logisticien DHL qui transportait la nourriture des soldats. "Nous remercions l'Angleterre et la France !", confie un rebelle au journaliste, qui emploie lui aussi le terme de "carnage".

Interrogé par Le Point dimanche lors du point de presse quotidien du ministère de la Défense, le porte-parole de l'état-major des armées, le colonel Thierry Burkhard, a indiqué que les avions français avaient frappé samedi après-midi, et qu'ils avaient détruit quatre véhicules blindés. Il nous a précisé ce lundi matin que dimanche, à l'heure des frappes sur le carrefour de Tika, aucun avion français ne se trouvait sur zone. Qui, alors ?

Jean Guisnel

Le Point.fr - Publié le 21/03/2011 à 13:41
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/l-intervention-francaise-en-libye-qualifiee-de-jeu-de-massacre-21-03-2011-1309359_53.php



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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