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10/04/2011

n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 –Début- Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...


n°11 - Géopolitique et stratégie de Libye - 08-04 au 10-04 –Début- Nous n'étions pas informés que les forces de l'opposition utilisaient des tanks...

 



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



‘Géopolitique et stratégie’  de Libye

n°11                                       08-04 au 10-04

C.De broeder & M.Lemaire



Le " Géopolitique et stratégie de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.



Tiré à part :

Nous allions nous emparer de sept pays en cinq ans, commençant par l'Irak, puis la Syrie, le  Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l'Iran »

L'Otan mise en cause.

Nous n’étions pas informés que les forces de l’opposition utilisaient des tanks...

Manlio Dinucci : Préparation du débarquement des troupes en Libye.

1 Vidéo

1-1 Vidéo : Thierry Meyssan à propos de la guerre en Libye.

2 Dossiers

2-1 La Boîte de Pandore a été ouverte en Libye.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Pathé Mmodje : Les Pieds Nickelés, Bras Armé de l’Occident Chrétien en Croisade.

4 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

4-1 Yahia Gouasmi : De la Libye à la Côte d'Ivoire, la colonisation française continue !

Suite

4-2 Julien Salingue et Henri Maler   : Les mots de la guerre au service de la guerre ?

5 Annexe

5-1 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye.

Fin

5-2 Michel Collon : Comprendre la guerre en Libye (2/3)



Tiré à part :

Nous allions nous emparer de sept pays en cinq ans, commençant par l'Irak, puis la Syrie, le  Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l'Iran »
Une video circule sur Internet mettant en scène l'ex-général américain Wesley Clarck, parlant devant un public de septembre 2001 (à l'époque il quittait ses fonctions de commandant en chef des armées de l'OTAN).
Extraits :
« Environ 10 jours après le 11 septembre 2001, je me suis rendu au pentagone, où j'ai vu le secrétaire à la défense Rumsfeld, son adjoint
Wolfowitz ; je suis descendu un étage plus bas pour saluer des personnes qui avaient travaillé avec moi.
L'un des généraux a voulu em parler.Il me dit : 'Nous avons pris la décision d'attaquer l'Irak'.
J'ai dit : 'Mais pourquoi ?'
Il a répondu : 'Je n'en sais rien' (Rires dans la salle) .
Il a dit : 'Je suppose qu'ils ne savent pas quoi faire d'autre' (...)
Je suis retourné le voir quelques semaines plus tard. A ce moment, on était en train de bombarder l'Afghanistan, je lui ai demandé si on allait toujours faire la guerre à l'Irak et il a répondu : 'Non, c'est pire que cela ! 'Il a pris une feuille de papier qui décrivait comment nous allions nous emparer de sept pays en cinq ans, commençant par l'Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l'Iran »
Voir la video en anglais - 1'36 <http://www.youtube.com/watch?v=FNQiL-TPobM>

 

L'Otan mise en cause.

"Mise en cause par les rebelles, l'Otan a défendu hier son action en Libye. Elle a affirmé que ses frappes aériennes contre les troupes  de Mouammar Kadhafs'intrensifisaient chaque jour, tout en rappelant la nécessité d'épargner les populations civiles.

Mardi, Abdel-Fattah Younes, chef d'état major militaire des rebelles, avait estimé que l'otan "ne faisait rien".

Il avait notamment critiqué les lourdeurs bureaucratiues de l'Alliance à l'origine, selon lui, de retards dans ses frappes aériennes.(...)

La porte-parole de l'Otan, Carmen Romero a expliqué que "le tempo des opérations est en train de s'accélérer".

Elle a ainsi expliqué que

137 missions aériennes avaient été menées lundi

186 mardi et que

198 étaient prévues hier".

Journal "Metro" 7.4.2011

 

Nous n’étions pas informés que les forces de l’opposition utilisaient des tanks...

« Jusqu’à hier (jeudi 7 avril 2011) nous n’étions pas informés que les forces de l’opposition utilisaient des tanks ». C’est en ces termes agacés que le contre-amiral Russell Haring, du Commandement unifié de l’OTAN, a refusé hier à Naples de « s’excuser » pour la tragique erreur de jeudi, où au moins quatre roquettes tirées par ces chasseurs bombardiers de la coalition ont touché un convoi de tanks des insurgés qui allait d’Ajdabiya vers Braga, donc vers la ligne de front, provocant la mort de 4 (ou 13) (ou « 6.000 », NdT) anti-kadhafistes. La réaction des insurgés a été âpre : nous les avions avisés que nous allions nous déplacer vers l’ouest, a dit Abdel Fattah Younis, le chef militaire des rebelles (qui a révélé pour la première fois avoir reçu des « armes antichars » d’un pays tiers, le Qatar). C’est le troisième cas reconnu d’erreurs tragiques ou d’effets collatéraux depuis que l’OTAN a pris la conduite de la guerre humanitaire, il y a une semaine (à part la quarantaine de civils morts dans les attaques sur Tripoli dénoncés par l’évêque catholique Martinelli). «Il arrive qu’il y ait des erreurs », a dit le ministre des affaires étrangères anglais Hague, et l’OTAN dira « sorry ». Plus tard, le secrétaire de l’Alliance, Rasmussen, a corrigé le tir : il n’a pas présenté d’excuses mais a dit que l’OTAN « regrette fortement la perte de vies humaines » et essaiera d’être plus attentive (peut-être est-ce pour cela que les rebelles ont décidé de peindre en rose les toits des véhicules qu’ils utilisent), même si l’irritation est palpable envers les insurgés qui, il y a deux jours seulement, avaient demandé une forte augmentation des « air strikes ». Le cas témoigne en tous cas de la situation chaotique, sur le terrain militaire comme sur le plan diplomatique où prolifèrent les rencontres et les initiatives mais où, pour le moment, les résultats font défaut. Hier la polémique portait sur l’état de la guerre : «  en perte de vitesse », « fluide » ou « impasse » ? L’OTAN travaille « pour trouver une solution politique » qui passe par un cessez-le-feu immédiat et « la transition vers la démocratie », a déclaré un porte-parole. Quoi qu’il en soit, le front, 20 jours après le début de l’intervention humanitaire, semble à l’arrêt. On se bat autour de Ajdabiya et Brega et -situation la plus dramatique- à Misurata, où hier un navire de la FAO a apporté des vivres et des médicaments de première nécessité, et où l’Unicef et la Croix-Rouge essaient de vérifier les accusations selon lesquelles des tireurs embusqués tirent sur les enfants. Mardi est programmée à Luxembourg une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne (on est en train de discuter si on invite aussi « à un niveau formel » des représentants du Conseil national de transition de Bengazi, ainsi que l’ont demandé la France, l’Italie et l’Espagne) ; et mercredi, à Doha (Qatar), la deuxième réunion du Groupe de contact sur la Libye : où l’on fera le point sur la situation, et où le premier ministre turc Erdogan présentera sa « roadmap » pour la pacification de la Libye (déjà rejetée par le Cnt en tant qu’ « initiative personnelle » : « aucune négociation avant que Kadhafi et sa famille n’aient quitté le pays »).

   A l’ONU on parle d’une possible mission « militaire humanitaire » à Misurata, à confier à l’OTAN ou à l’Ue. Mission qui pourrait cependant être aussi le prétexte pour contourner l’interdiction d’envoyer des troupes sur le terrain. Demain, enfin, partira pour la Libye (« l’est et l’ouest ») la commission d’enquête sur les violations des droits humains instituée en février par la résolution du Conseil de l’ONU pour les droits humains. A Genève on assure qu’elle sera « juste, impartiale et indépendante ».

Dommage qu’elle parte après et non avant que la guerre (motivée à l’ONU par la violation des droits humains sur le terrain, NdT) n’ait été déclenchée. s.d.q.

Edition de samedi 9 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110409/manip2pg/06/manip2pz/300974/


Manlio Dinucci : Préparation du débarquement des troupes en Libye.

Depuis que l’OTAN, le 31 mars, a pris le commandement de la guerre en Libye, rebaptisée « Opération protecteur unifié », sa Task force conjointe, dont le quartier général est à Naples, a effectué plus de 1.500 raids aériens, c’est-à-dire plus de 150 par jour. Y participent - avec les chasseurs bombardiers anglais Typhoon, les français Mirage et Rafale, et d’autres avions- des avions étasuniens passés de l’US Air Force à l’OTAN. Parmi ceux-ci les A-10 Thunderbolt (foudre, NdT) et AC-130 Specter, dotés de canons qui tirent jusqu’à 6.000 projectiles à la minute, en majorité à l’uranium appauvri. Participe aussi à l’opération, avec le bombardier stratégique B-2 Spirit d’attaque nucléaire qui a frappé Tripoli avec des bombes non-nucléaires d’une tonne chacune, le sous-marin Uss Florida de la classe Ohio : doté de 24 rampes de lancement pour missiles nucléaires Trident, il est maintenant armé de 154 missiles Tomahawk non-nucléaires (mais avec une tête à l’uranium appauvri) et transporte 100 commandos qui effectuent des incursions en mini-sub.

  Tout cela pourtant ne suffit pas. Le contre-amiral britannique Russell Harding, commandant-adjoint de l’opération, a déclaré dans une conférence de presse à Naples que les bombardements aériens et navals ont réduit de 30% la capacité militaire libyenne, rendant l’aviation inopérante, et réduisant fortement les défenses anti-aériennes. Mais il a ajouté que les forces gouvernementales ont recours à des « tactiques non conventionnelles », en se mêlant au trafic routier. Les accusant ainsi d’être eux-mêmes les responsables du fait que les avions OTAN ont touché des forces rebelles, en les prenant pour ennemies.

   Dans une audition au Sénat, à Washington, le général Carter Ham, chef du Commandement Africa qui a conduit l’opération avant que le Pentagone ne la passe à l’OTAN, a confirmé que les USA ont mis à disposition de l’Alliance des avions de combat, comme les puissantes canonnières volantes AC-130 : mais malgré tout cela, la situation sur le terrain reste bloquée. Les attaques aériennes et navales OTAN en soutien aux forces rebelles n’arrivent pas à permettre à celles-ci d’avoir le dessus sur les forces gouvernementales, car elles sont numériquement et militairement inférieures. En même temps, les préoccupations vont croissant quant à la fourniture  d’armes aux rebelles, étant donnée la présence de groupes d’Al Qaeda dans leurs rangs. Le général Ham retient ainsi que « l’utilisation d’une force terrestre internationale constitue un plan possible pour soutenir les rebelles libyens ».

  Mais, prévient le général Ham, les conditions ne sont pas idéales pour envoyer des troupes étasunienes sur le sol libyen : le président Obama a exclu à plusieurs reprises cette possibilité, et cet envoi susciterait des réactions dans le monde arabe.  Il convient en outre de considérer que, si des forces étasuniennes étaient employées trop longtemps en Libye, cela aurait des effets négatifs à long terme pour d’autres missions.  Nombre de ces troupes se préparent à partir en Afghanistan, ou en sont à peine revenues.

  Le général Ham conclut donc : « Il est important que les USA donnent cette charge à l’OTAN ». Nous sommes donc avertis : sous peu l’appel aux armes pourrait arriver aussi aux troupes italiennes. Fassent nos « volontaires » à nous, ceux qui soutiennent la guerre, que les troupes italiennes débarquent à Tripoli le 5 octobre : elles pourront ainsi célébrer le centenaire de l’entreprise coloniale italienne en Libye.

Edition de dimanche 9 avril 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110410/manip2pg/03/manip2pz/301039/



1 Vidéo

1-1 Vidéo : Thierry Meyssan à propos de la guerre en Libye.

http://www.dailymotion.com/video/xhsnuz_thierry-meyssan-a-propos-de-la-guerre-en-libye_news#from=embed



2 Dossiers

2-1 La Boîte de Pandore a été ouverte en Libye.

Le 30 mars dernier, alors que les troupes terrestres loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi repoussaient les forces rebelles en dehors du port pétrolier-clé de Ras Lanouf, les membres de la coalition dirigée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont commencé à discuter de la possibilité d'armer les combattants de l'opposition. Pris sous le feu continu et puissant des frappes aériennes, les soldats de Kadhafi ont battu en retraite.
Au vu de leurs dernières actions, l'objectif des forces de la coalition semble désormais clair : paralyser les troupes de Kadhafi et renverser son régime. Il est aussi clair que les forces de la coalition essaient de contrôler les régions productrices de pétrole sur lesquelles Kadhafi et ses soutiens se sont appuyés.
Nous devons mieux comprendre les motivations qui sont derrière l'implication de la coalition dans les combats. Tout comme le président vénézuelien Chavez, Kadhafi a constamment réajusté sa politique d'exportation de pétrole ces dernières années, ce qui a eu pour résultat une grosse perte pour l'accès des Etats-Unis aux champs pétroliers libyens. La Libye et les Etats-Unis ont renégocié un accord datant des années 1960 à la fin de 2007, ce qui a eu pour résultat un coût supplémentaire de plusieurs milliards de Dollars pour l'accès des entreprises pétrolières américaines au marché lybien. De plus, les Etats-Unis sont particulièrement mécontents de n'avoir pas réussi à obtenir plusieurs contrats en Lybie ces dernières années. Ce qui fait qu'assurer le contrôle des régions productrices de pétrole par les rebelles est favorable aux Etats-Unis et à leurs alliés.
Plus encore, l'opposition a fait savoir que dans une ère post-Kadhafi, des politiques pétrolières favorables seront accordées aux différents pays, en se basant sur leur niveau de soutien à la rébellion. Si cette promesse venait à être respectée, il est facile alors de voir l'intérêt stratégique qu'a l'OTAN à procéder à des frappes aériennes.
Si la situation actuelle de la Libye ne peut être résolue au plus vite, les prix du pétrole ne pourront pas rester stables. Un conflit prolongé affectera le développement économique des pays importateurs de pétrole, dont la Chine, ralentira la reprise économique mondiale et risque même d'aggraver la crise économique.
La puissance militaire des forces de la coalition est suffisamment forte pour vaincre le Gouvernement de Kadhafi. Cependant, la question est de savoir si l'opposition est en mesure de combattre les forces de Kadhafi dans la capitale, Tripoli.
Benghazi, la base des rebelles et deuxième plus grande ville de Libye, est une des villes d'Afrique les plus proches de l'Europe, et elle est devenue depuis ces quinze dernières années un point de passage pour les immigrants illégaux africains vers l'Europe. Têtes de serpent, clandestins et bandes sont endémiques dans la ville. La ville abrite également des organisations comme le Groupe Islamique Combattant Libyen, qui a annoncé en 2007 qu'il se joignait à Al-Qaida. L'implication de ces organisations a rapidement conduit les manifestations pacifiques en Libye à tourner en rébellion armée.
Bien que ces groupes soient peut-être en mesure de s'unir temporairement pour combattre Kadhafi, il est difficile de dire s'ils seront capables de diriger le pays de façon efficace, voire démocratique. Le gouvernement intérimaire rebelle et le conseil national de transition soutenus par la France ont déjà montré de profondes différences politiques et idéologiques dans leur gestion de la rébellion.
Dans ce pays d'Afrique du Nord constitué d'une centaine de tribus, il n'y a jamais eu d'institutions étatiques modernes. Kadhafi avait maintenu l'unité du pays en trouvant des accords avec les différentes tribus. Mais à présent, les divergences d'opinion entre les tribus a tourné à la haine et à l'hostilité, et l'intervention militaire occidentale a enflammé la situation, qui tourne à une guerre telle qu'on la connait en Irak. Il est probable que le rêve d'un gouvernement démocratique unifié ne devienne pas réalité dans l'ère post-Kadhafi.
Même si la guerre se termine, une dangereuse Boîte de Pandore a été ouverte en Libye. Hélas, il faudra peut-être beaucoup de temps avant que le peuple libyen ne puisse jouir de la paix.
L'auteur est correspondant à Paris du journal Wen Hui Daily de Shanghai.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Articles pertinents

Mise à jour 06.04.2011 13h44



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.  

3-1 Pathé Mmodje : Les Pieds Nickelés, Bras Armé de l’Occident Chrétien en Croisade.

Cruel retour des choses : après près de trois semaines de bombardements sans retenue, la réalité est là que Khadafi résiste toujours et reprend même du poil de la bête sur des pieds nickelés sans envergure réels mais armés par des croisés modernes pour déloger le héros d’hier qu’il faut désormais liquider.

Les troupes loyalistes sont en effet toujours aussi actives et les coalisés-croisés s’enlisent, passent de l’Otan aux États-Unis et inversement. Il faut désormais déclarer une guerre qui ne dit pas son nom avec un appui au sol qui est une exégèse de la résolution 1973 des Nations-unies et qui était déjà effective bien avant le 19 mars, aussi bien du côté américain que chez les Français ("Liberté", quotidien, Algérie, édition du lundi 04 avril 2011 : "Guerre de barbouzes, paranoïa ou roman policier ? CIA, MI6 et DGSE en chasse en Libye").

En plus d’un guidage au sol, il faudra peut-être armer des Pieds Nickelés, ce qui équivaudrait à remobiliser et réarmer Al Qaïda au Maghreb islamique. Douloureux dilemme car la promenade de santé n’a pas été aussi facile que prévu, ni ici, ni en Côte d’Ivoire. Apparemment, l’Occident a vécu de méprises, au sens premier du terme (erreurs de jugement, d’appréciation), en méprise culturelle en estimant des gens inférieurs, taillables et corvéables à volonté.

Un petit coin de la Gaule existe en Afrique, sous divers aspects, en Côte d’Ivoire et en Libye, pour rappeler le devoir de résistance et les velléités indépendantistes légitimes de tous les peuples. Si, chez le guide de la révolution, Benghazi est le fief historique de tout mouvement indépendantiste, en Côte d’Ivoire, le palais présidentiel, symbole du pouvoir, a démontré avec Gbagbo la difficulté de transition lorsque trois jours de siège successifs n’ont pas permis de liquider le boulanger, malgré l’occupation française dont l’armée peut transformer des zones de souveraineté (aéroport, casernes) en territoires occupés.

En 122 avant Jésus Christ, Rome avait annexé la Gaule transalpine dont la capitale est Narbonne ; avec la défaite de Vercingétorix à Alésia en -52, Rome par Jules César occupe toute la région qui s’étend des Pyrénées au Rhin, disent les annales historiques. L’Italie d’aujourd’hui n’a apprécié ni la mainmise sur le nord, ni celle du sud : au lendemain des bombardements, certains journaux proches de Berlusconi dévoilaient le rôle joué par Paris dès octobre, avec l’affaire Nouri Masrani, du nom de cet ancien chef du protocole présidentiel libyen surnommé par la suite “Libyan WikiLeak” pour les informations militaires qu’il aurait livrées et, apparemment, ne sont pas toutes exactes si l’on en juge par les résultats de bombardements ; la solidarité affichée depuis ce 4 avril avec la reconnaissance du Conseil national de Transition (Cnt) laisse alors la porte ouverte à toutes les supputations sur la solidité de l’Europe dans l’affaire de la guerre imposée à Khadafi.

"Liberté" note ainsi que "Le quotidien Libero, citant des documents confidentiels du renseignement français, obtenus par le renseignement italien, et basés sur des rapports dans le bulletin diplomatiques "Maghreb Confidentiel", raconte que la révolte libyenne a éclaté après que Paris eut retourné l’homme le plus digne de confiance du colonel Kadhafi, son chef de protocole, Nouri Masmari".

Londres, le 29 mars, a crevé l’abcès : il ne s’agit plus d’ériger des corridors aériens pour préserver une zone de révolution armée, cheval de Troie de l’Occident chrétien en croisade en terre musulmane, mais d’aller outre en décidant à la place des locaux de leur devenir immédiat, de leur avenir : Mouammar Kadhafi doit partir. Il ne s’agit plus d’appliquer stricto sensu la résolution 1973 de l’Onu sur la création d’une zone, mais de faire partir un dirigeant qui en a fait autant que le Syrien, le Jordanien, le Yéménite, etc... et qui, n’ont pas nécessité la convocation du Politbureau de New York pour jeter la fatwa chrétienne sur Khadafi.

Paris et Washington, qui avaient peut-être d’autres motivations en tête, avaient oublié de faire dans la prospective et avaient oublié l’instabilité sous-régionale. Des rebelles libériens ont ainsi été arrêtés à leur retour au pays, avec leur matériel de guerre et les voitures ; Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s’est renforcée dans la sous-région (Algérie, Niger, Mali, Mauritanie) en récupérant des armes lourdes transportées dans la zone sahélienne, ce qui constituait un danger pour toute la zone.

Bien que reconnaissant que cela n’était pas prévu par les récentes résolutions de l’ONU, la France se disait prête il n’ y a guère à discuter avec ses alliés d’une aide militaire aux rebelles, ce que les croisés avaient entamé depuis. En effet, malgré les réserves de la communauté internationale divisée sur ce chapitre qui trouve cette mesure "extrême" (Italie, Norvège, Russie), les États-Unis, la France et la Grande Bretagne avaient déjà commencé d’armer de rebelles pourtant jugés peu fiables par le Congrès américain. Paris entamait sa stratégie de liquidation de Khadafi, dès octobre, après l’arrivée du chef du protocole, Nouri Masmari chouchou de Sarkozy malgré la requête de Tripoli d’arrêter et d’extrader l’ex-chef du protocole du Guide libyen. Sarkozy nommait derechef un ambassadeur esseulé à Tripoli et recevait les fidèles d’hier qui ne juraient que par le Guide.

Pathé MBODJE
journaliste, sociologue
www.pathembodje.com

URL de cet article 13302
http://www.legrandsoir.info/Les-Pieds-Nickeles-Bras-Arme-de-l-Occident-Chretien-en-Croisade.html


Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Yahia Gouasmi : De la Libye à la Côte d'Ivoire, la colonisation française continue !

Désormais, la France est en guerre contre et dans trois pays : l’Afghanistan, la Libye et la Côte d’Ivoire. Le premier pays, l’Afghanistan, est musulman et situé en Asie. Le second, la Libye, est aussi musulman et situé au Maghreb. Quant au dernier, la Côte d’Ivoire, il est chrétien et musulman et situé en Afrique. Ces trois nations ont été colonisées ou agressées, autrefois, par des puissances occidentales. De plus, elles possèdent des matières premières ou occupent un emplacement stratégique.
La dernière agression française concerne la Côte d’Ivoire. Profitant d’un désordre auquel elle a grandement contribué, la France intervient militairement pour chasser un président qui prétend avoir été régulièrement élu. Nous ne voulons pas intervenir dans les affaires intérieures de ce pays, mais nous devons constater que le candidat dit démocrate et « vainqueur » des élections, est aussi un ancien haut fonctionnaire du FMI, soutenu par Obama et par Sarkozy. Avec de tels parrainages, on comprend que beaucoup d’Ivoiriens et d’anti-impérialistes dans le monde aient plus que des doutes ! La vérité est toute simple, la Côte d’Ivoire est un des principaux producteurs de cacao et occupe une place stratégique dans le Golfe de Guinée, riche en pétrole off-shore. On comprend, de suite, que la question des droits de l’homme et de la démocratie est tout à fait secondaire.

En Libye, la France de Sarkozy-Lévy a été, avec la Grande-Bretagne, la principale instigatrice de l’agression, pour le compte de l’USraël et d’Obama. La situation semble se diriger vers une intervention terrestre qui a déjà commencé, avec la présence de nombreux agents américains et occidentaux auprès des insurgés. La seule question qui reste à trancher est de savoir qui, des Américains ou de leurs alliés, va partir en premier, en débarquant sur le sol libyen et affronter les troupes loyalistes. L’enjeu de la guerre contre la Libye n’est pas seulement le pétrole, c’est aussi tout le remodelage du Sahara et du Sahel, riches en matières premières. En attendant, la Libye risque fort de connaître un sort semblable à celui de l’Irak ou de la Somalie : occupation, morcellement territorial, conflits ethniques ou tribaux, soigneusement entretenus par les puissances occupantes.

Tout cela rappelle la politique de la canonnière des siècles passés.

Nous remarquons que les forces en présence sont les mêmes que celles qui se sont partagées l’Afrique, le monde arabe et l’Asie à la fin du XIXème siècle !  C’est la même guerre qui continue, ou plutôt qui n’a jamais cessé. Et, à nouveau, cette politique brutale se masque derrière des raisons humanitaires !  Avant ils prétendaient apporter la civilisation, aujourd’hui la démocratie et les droits de l’homme !
Une question vient à l’esprit : pourquoi la France accepte-t-elle de jouer un tel rôle ? Qu’est-ce qui a changé dans ce pays, depuis le refus de M. Chirac et de M. de Villepin d’entraîner notre pays dans la guerre de Bush contre l’Irak ? Tout simplement, avec la venue de Sarkozy à l’Elysée, l’arrivée au pouvoir de tout le lobby américano-sioniste. On a fait réintégrer la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, toute notre politique est alignée sur celles de Tel-Aviv et de Washington et c’est Bernard-Henri Lévy qui décide et commente la politique étrangère de la France sur les plateaux de télévision !  Voilà où nous en sommes : un sioniste mondain décide de la vie et de la mort des soldats français, et nous entraîne dans des guerres qui sont celles d’Israël et des États-Unis (ses deux vraies patries) et non pas celle des Français.
En France, il faut que tous les Africains soucieux de l’indépendance et de la dignité de leur continent, comprennent que les deux agressions (en Libye et en Côte d’Ivoire) ne se produisent pas en même temps, par le seul fait du hasard. Il y a un lien, une logique entre toutes ces agressions. Ce sont les mêmes forces, les mêmes intérêts, les mêmes lobbies qui en sont la cause. C’est l’USraël et une Europe soumise qui veulent continuer à dominer le monde, un monde qui leur échappe, de plus en plus. Les révolutions qui ébranlent actuellement les pays arabo-musulmans vont trouver nécessairement leur prolongement dans les pays africains, les mêmes causes produisant les mêmes effets. La géographie et l’histoire ont voulu que le Libye soit le trait d’union entre ces deux mondes. Il n’y a donc pas de hasard si la Libye et la Côte d’Ivoire sont attaquées en même temps, ce ne sont que les deux facettes d’un même combat mené contre la même domination.

Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

Mercredi 6 avril 2011



 

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