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17/04/2011

n°576 - Dossier de Palestine - 15-04 : début - L’escalade militaire israélienne contre Gaza et l’impunité d’Israël.


n°576 - Dossier de Palestine - 15-04 : début -  L’escalade militaire israélienne contre Gaza et l’impunité d’Israël.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Dossier de Palestine

                                                                              n°576                                                     15-04                                                          

                                                                                                         C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

e) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

Médias/Vidéos 

1-1 Vidéo : BDS Action au Salon du Tourisme- Paris

2 Les brèves

2-1 Khartoum accuse Israël d'avoir frappé le territoire soudanais

2-2 Ziad Medoukh : Et les civils de Gaza, qui les protège ?

2-3 Une centaine de Palestiniennes arrêtées par l’armée israélienne.

3 Dossier

3-1 Ziad Medoukh : L’escalade militaire israélienne contre Gaza et l’impunité d’Israël.

3-2 RAPPORTGoldstone

1 Israël exige d'annuler le rapport Goldstone sur « l'opération Plomb durci. »

2 Hamas dénonce la soumission de Goldstone aux pressions. 

3 Ilan Pappe : Goldstone retourne sa veste.

4 M. Saadoune : Le drame du juge Goldstone.

5 Pressions sur Richard Goldstone : Aveu de Lieberman

6 Goldstone n’est pas propriétaire du rapport des Nations-Unies.

7 Les Etats d’âme du juge Goldstone : la seconde mort des 400 enfants martyrs.

Fin- 

4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

4-1 Middle East Monitor : Les témoignages des prisonniers palestiniens choquent la Conférence de Genève.

4-2 Silvia Cattori : Le Président de la République française au dîner du CRIF.

4-3 Droits pour tous" Une action en justice exigeant l'arrestation de Peres lors de sa visite en Suisse.

4-4 PCHR Gaza : Israël s’attaque aux civils dans la bande de Gaza : 8 tués en 2 jours, dont 2 enfants.

4-5 Pr. Oberlin : notre mission chirurgicale à Gaza a dû passer par les tunnels.



Médias/Vidéos 

1-1 Vidéo  : BDS Action au Salon du Tourisme- Paris

http://www.youtube.com/watch?v=plUA0fVNQAc&feature=player_embedded


2 Les brèves

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Khartoum accuse Israël d'avoir frappé le territoire soudanais.

Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Ahmed Karti, a accusé l'aviation israélienne d'avoir bombardé mardi soir un véhicule dans les environs de Port-Soudan (est du pays), tuant deux personnes.
"Derrière cette frappe aérienne se trouve Israël dont le comportement est caractérisé par des actions hostiles de ce genre sur le territoire de différents Etats", a-t-il déclaré mercredi lors d'un point de presse à l'issue d'une rencontre avec le nouvel envoyé spécial américain pour le Soudan, M. Princeton Lyman.
Ce raid constitue "une violation de la souveraineté du Soudan et des accords internationaux", a ajouté le ministre.
Selon le chef de la diplomatie soudanaise, l'enquête est en cours, et les victimes ne sont pas encore identifiées. Cependant, a-t-il précisé, "il s'agit de victimes civiles, pas de militaires".
D'après un centre d'information soudanais, un avion étranger non identifié a attaqué un véhicule à 14 km de l'aéroport de Port-Soudan.
Les troupes de DCA ont répliqué, forçant l'avion à se retirer.
Ce n'est pas le premier raid aérien sur cette région soudanaise frontalière de l'Egypte. En janvier 2009, un avion inconnu a frappé une colonne de 23 véhicules présumés acheminer des armes vers la bande de Gaza. Ce raid avait fait 119 morts.

 6 avril

://fr.rian.ru/world/20110406/189088418.html


2-2 Ziad Medoukh : Et les civils de Gaza, qui les protège ?

Appel désespéré à une communauté internationale impuissante.

Depuis 63 ans, le peuple palestinien ne souffre pas seulement des mesures atroces de l’occupation israélienne, mais aussi et notamment, du silence d’une communauté internationale complice des crimes israéliens contre sa population civile.

Les appels lancés à cette communauté restent sans écho et ne parviennent à changer quoique ce soit sur le terrain. Tout un peuple continue de subir les agressions, voire les massacres commis par un État criminel, au mépris du droit international et de toute valeur humaine.

On assiste actuellement à des attaques sanglantes menées par les forces d’occupation israélienne contre la population civile de Gaza, enfants, femmes, vieillards innocents, contre leurs maisons, leurs fermes, leurs jardins.

Ces enfants pensaient qu’ils pouvaient aller paisiblement à l’école, ils pensaient qu’ils pouvaient jouer en toute liberté, sans peur, ils se croyaient protégés par les droits de l’enfant, par le droit international, par des conventions internationales de protection des civils.

Les civils pensaient que, dans ce monde-là, les puissants utilisaient la force militaire pour protéger les peuples, prétexte avancé au sujet de la Libye. Oui ,mais ils ont oublié que la Palestine n’est pas la Libye, ils ont oublié que, dans la bande de Gaza, l’armée israélienne utilise même des armes interdites pour les écraser, pour assassiner les habitants, hommes, femmes,vieillards et les enfants dont elle tue l’innocence, dont, avant tout, elle anéantit les rêves.

Toute attaque contre des civils, où que ce soit, est condamnable. Or, la veille de l’attentat de Jérusalem du 23 mars dernier, attentat que le monde entier, y compris les médias, a unanimement réprouvé, à l’Est de Gaza, cinq civils, dont trois enfants de 9 à 11 ans, ont été tués par un missile israélien. Ces trois enfants jouaient au ballon dans la rue, devant leur maison : il n’y a pas de stade, ni de centre de loisirs pour eux, à cause de la situation économique et du blocus inhumain imposé par l’occupant israélien. Trois enfants sont morts sans que personne ne bouge pour mettre au pas cet État créé sur le sang et la souffrance des Palestiniens.

Dans ce monde où prime l’intérêt, les États-Unis dépendent totalement des électeurs sionistes, l’Europe divisée est incapable de réagir, elle suit la politique américaine pro-israélienne et les Nations-Unies sont manipulées par ces puissances. Les organisations internationales des droits de l’homme ne parviennent pas à faire entendre leur voix concernant ces violations .On abandonne tout principe humain, toute valeur de paix, de liberté, on ignore ces droits soit -disant défendus par un monde dit libre

Nous, Palestiniens, attendons une solution juste et durable, nous attendons un changement dans le comportement de cette communauté internationale, nous attendons de sa part une décision courageuse aux yeux de l’histoire, nous attendons une application du droit international vis à vis de cet État qui viole ce droit. Et pour nous, dans cette expectative, une question se pose :

Et les civils de Gaza ?

Et les enfants de Gaza ?

Et les femmes de Gaza ?

Qui les protège ?

C’est à la fois une interrogation et un appel, mais surtout et avant tout, un appel, un simple appel à la conscience mondiale

26 mars

Ziad Medoukh

Ziad Medoukh est enseignant de français à l’université Al-Aqsa de Gaza et coordinateur du Centre de la Paix

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10376


2-3 Une centaine de Palestiniennes arrêtées par l’armée israélienne.
L’armée israélienne a appréhendé, jeudi 7 avril, plus d’une centaine de femmes dans une localité palestinienne près de Naplouse, en Cisjordanie, dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’une famille de colons.
Des centaines de soldats israéliens ont pénétré dans la ville d’Awarta dans la nuit et y ont imposé un couvre-feu. Ils ont
ensuite regroupé les femmes, dont certaines âgées, dans un camp de l’armée et relevé leurs empreintes digitales, tout en procédant à des perquisitions. La plupart de ces femmes ont ensuite été relâchées, selon un journaliste de l’AFP.
L’armée israélienne avait déjà appréhendé mardi une quarantaine de Palestiniens à Awarta pour les interroger.
Les troupes israéliennes pénètrent régulièrement et massivement à Awarta depuis la tuerie du 11 mars dans laquelle une famille de la colonie limitrophe d’Itamar, les parents et leurs trois enfants ont été égorgés dans leur sommeil.
L’armée israélienne a notamment imposé la semaine dernière un couvre-feu de cinq jours à Awarta à la suite de ces assassinats, attribués à des Palestiniens, dont les auteurs n’ont pour l’instant pas été identifiés.

La Rédaction

jeudi 7 avril 2011

http://www.aloufok.net/spip.php?article3945



3 Dossier

3-1 Ziad Medoukh : L’escalade militaire israélienne contre Gaza et l’impunité d’Israël.

Gaza la blessée, Gaza l’enfermée, Gaza sous blocus, Gaza la ville martyre, a de nouveau subi les attaques sanglantes d’une armée barbare. Depuis une semaine, les forces de l’occupation israélienne poursuivent leurs attaques, incursions et bombardements contre la bande de Gaza, attaques qui ont déjà fait beaucoup de martyrs, de blessés, en majorité des civils, et évidemment beaucoup de destructions des infrastructures de cette prison à ciel ouvert.

Gaza la blessée, Gaza l’enfermée, Gaza sous blocus, Gaza la ville martyre, a de nouveau subi les attaques sanglantes d’une armée barbare qui se sert d’ avions, de chars, de missiles et de toutes sortes d’armes interdites pour atteindre des enfants et des femmes dans leurs maisons , dans leurs immeubles.

L’armée israélienne profite de ce que tous les regards sont tournés vers les régions voisines et les évènements qui s’y déroulent, révolutions populaires dans le monde arabe et intervention militaire en Libye, pour accentuer son escalade

Son objectif est de saboter les efforts des jeunes Palestiniens qui ont organisé des manifestations pacifiques contre la division et pour l’unité nationale, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza

Ces crimes israéliens sont un nouvel épisode dans l’histoire sombre de cette occupation qui s’installe sur la souffrance et le sang des enfants, des femmes et des vieillards innocents

Tous ces massacres se font sous le regard d’une communauté internationale insensible face aux violations permanentes des droits des Palestiniens par un Etat qui se prétend libre et démocratique, un Etat qui n’a jamais respecté ni appliqué aucune résolution des Nations unies

L’absence de réaction efficace de cette communauté comme toujours complice, aveugle et silencieuse, encourage l’occupant à poursuivre ses agressions contre Gaza

Depuis 63 ans dans l’histoire de notre pays, le point noir est incontestablement l’impunité d’Israël. Cet Etat colonial a commis des massacres des crimes, des faits de guerre et impose actuellement à une population blessée et enfermée un blocus inhumain sans aucune sanction des puissances internationales. Bien au contraire, celles-ci encouragent cet état raciste par leur soutien politique, économique et militaire.

La communauté internationale se garde bien de dénoncer, voire même de blâmer ces massacres perpétrés par les israéliens, bien au contraire elle les protège de toute critique que ce soit aux Nations unies ou au Conseil de Sécurité

La réaction de ces grandes puissances internationales est d’une grande hypocrisie. Elles appliquent constamment la politique du "deux poids, deux mesures" : elles réagissent rapidement dans certains pays comme la Libye, sous prétexte de protéger la population civile et quand il s’agit des crimes israéliens quotidiens contre les Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie, c’est toujours le silence complet, le silence complice.

Nous réclamons l’application du droit international, nous demandons la protection immédiate des habitants de notre pays qui continuent de souffrir et de donner leur sang parce que personne ne bouge dans ce monde dit libre qui déclare protéger les populations civiles , ce monde qui se manifeste ailleurs et fait semblant de ne rien voir et de ne rien entendre quand il s’agit des Palestiniens.

Notre message, adressé aux Israéliens comme à cette communauté internationale impuissante, est clair et précis : nous, Palestiniens, sommes déterminés, nous allons continuer de résister sur notre terre, elle est ici notre terre, elle est ici notre patrie, ni les massacres israéliens contre nos civils, ni les attaques aveugles de leur armée contre nos maisons, nos écoles et nos usines, ne pourront jamais changer l’ attachement qui est le nôtre à ce grand pays qui s’appelle : la Palestine, la Palestine, la Palestine.

Ziad Medoukh Ziad Medoukh, professeur de français à Gaza.

 publié le jeudi 24 mars 2011 

http://oumma.com/L-escalade-militaire-israelienne

 


3-2 RAPPORTGoldstone

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1 Israël exige d'annuler le rapport Goldstone sur « l'opération Plomb durci. »
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exigé que la communauté internationale annule le rapport de Richard Goldstone sur l'opération de l'armée israélienne Plomb durci effectuée il y a deux ans dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche le correspondant de RIA Novosti.
"J'appelle l'ONU à annuler immédiatement le rapport Goldstone. Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l'Histoire", a affirmé le Premier ministre lors d'une réunion de son gouvernement, tenue ce dimanche.
Selon lui, "Goldstone a reconnu que tout ce dont nous avons constamment parlé, correspond à la réalité: Israël n'a jamais intentionnellement tiré sur des civils, et toutes les enquêtes lancées par nous correspondaient aux plus hautes normes internationales".
Vendredi, le juge sud-africain Richard Goldstone chargé par l'Onu d'une mission d'investigation sur l'opération Plomb durci a reconnu, dans un article publié par le quotidien The Washington Post, que "si j'avais su alors ce que je sais maintenant, le rapport Goldstone ne serait pas ce qu'il est".
Les réserves de Richard Goldstone concernent essentiellement l'intentionalité des crimes commis par Israël et donc l'existence de crimes de guerre. Il a expliqué que des attaques israéliennes contre des civils avaient été classées comme intentionnelles parce qu'aucune autre conclusion n'était possible à l'époque, mais que de nouveaux éléments avaient montré depuis qu'il n'y avait pas eu de politique visant à cibler les civils "de manière intentionnelle".

4/4/2011
http://fr.rian.ru/world/20110403/189058680.html

.

2 Hamas dénonce la soumission de Goldstone aux pressions.  

Le Hamas a refusé toute confusion entre les faits réels atteint par l'enquête de l'ONU sur le crime d'agression sur Gaza et les attitudes    personnelles et politiques du juge Goldstone, tout en dénonçant le fait que  Goldstone d'avoir cédé aux pressions à propos des résultats conclus de l'enquête.

Hamas a appelé, dans un communiqué publié par son bureau de presse, les États concernés et de soutien de la justice internationale et les organisations humanitaires et des droits de l'homme à confirmer les conclusions du rapport et de travailler sur son activation dans les organes des Nations Unies et à poursuivre les criminels  sionistes pour les crimes qu'ils ont commis contre le peuple palestinien lors de l'agression sur Gaza.

"Le rapport a été fait suite à une enquête onusienne sur le terrain, et aprés  des faits examinés sur le terrain par le Comité international présidé par le juge Goldstone lui-même", a souligné le Hamas, en dénonçant les récentes allégations du magistrat à propos du rapport anti-crimes sionistes.
Le Hamas a confirmé que le rapport est soutenu par tout le monde et de nombreuses organisations internationales qui s'occupent des droits de l'homme», ajoutant que cette remise en cause du contenu et des résultats de l'enquête est "en violation des principes éthiques et juridiques", surtout que ces allégations de Goldstone sont intervenues après d'avoir cédé aux pressions politiques et psychologiques des organisations sionistes en Afrique du Sud, qu'elles ont promis de mettre la pression sur  le juge  pour le forcer à renoncer à sa position, ce que a reconnu également " Ebram Keringl",  la chef de la fédération sioniste en Afrique du Sud pour le journal / Yediot Aharonot /.

04/04/2011

 http://www.palestine-info.cc/fr/

 

3 Ilan Pappe : Goldstone retourne sa veste.

"Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, le rapport Goldstone aurait été différent". C’est ainsi que commence le papier que Goldstone a fait paraître dans le Washington Post et qui soulève tant de commentaires.

Gaza, janvier 2009 - Pas besoin d’être juriste international pour comprendre qu’Israël ne vit que pour et par la guerre, et que la vie des Palestiniens n’a aucune valeur à ses yeux. Tous les retournements de veste d’un Goldstone ne changeront rien à cette évidence.

J’ai vraiment l’impression que l’éditeur a probablement modifié le texte et que la phrase originelle devait être quelque chose comme : "Si j’avais su que cela ferait de moi un Juif qui a la haine de soi (self-hating Jew dans le texte) aux yeux d’Israël ma bien aimée, et aux yeux de ma propre communauté juive d’Afrique du Sud, le rapport Goldstone n’aurait jamais existé." Si ce n’est pas ce qu’il avait écrit initialement, c’est certainement ce qu’il faut lire entre les lignes.

Ce vil retournement de veste n’a pas eu lieu cette semaine. Il s’est produit après une année et demi de campagne incessante d’intimidation et de diffamation du juge, une campagne semblable à celles qui ont détruit des personnalités importantes comme le sénateur étasunien William Fulbright qui a été politiquement assassiné à cause de sa tentative courageuse de révéler les affaires illégales de l’AIPAC avec l’état d’Israël.

Déjà en octobre 2009, Goldstone avait dit sur CNN : "Je porte un grand amour à Israël" et "J’ai travaillé à la promotion de beaucoup de causes israéliennes et je continuerai à le faire" (Video : "Fareed Zakaria GPS," 4 Octobre 2009).

A l’époque où il avait fait cette déclaration d’amour à Israël, il ne pouvait pas avoir de nouveaux éléments comme il prétend maintenant en avoir et on peut se demander pourquoi son amour pour Israël n’a pas été le moins du monde entamé par ce qu’il avait découvert en rédigeant son rapport initial avec les autres membres de l’ONU.

Mais le pire était à venir et il y a exactement un an, en avril 2010, la campagne contre lui a atteint de nouveaux sommets et plutôt de nouvelles abîmes. Elle était menée par le président de la Fédération sioniste d’Afrique du Sud Avrom Krengel qui a essayé d’empêcher Goldstone de participer à la bar mitzvah de son petit fils à Johannesburg parce que selon lui "Goldstone avait causé un dommage irréparable à tout le peuple juif."

La Fédération sioniste sud africaine a menacé de mettre des gardes devant la synagogue pendant toute la cérémonie. Pire encore, Warren Goldstein, le grand Rabbin d’Afrique du sud, a condamné Goldstone pour "avoir causé du tort à l’état d’Israël." En février dernier, Golstone a dit que "le Hamas avait commis des crimes de guerres mais pas Israël," dans un interview qui n’a pas été diffusé selon une information du 3 avril du site Web de la chaîne 2 israélienne. Ce n’était pas assez : Israël voulait davantage.

Les lecteurs peuvent se demander "Quelle importance cela a-t-il ?" et "Pourquoi Goldstone n’a-t-il pas été capable de résister à la pression ?" Ce sont de bonnes questions mais hélas, la sionisation des communautés juives et l’identification erronée du fait d’être juif avec le sionisme constitue un obstacle si grand qu’il empêche les Juifs libéraux de dénoncer activement les crimes d’Israël.

De temps en temps, de nombreux Juifs libéraux donnent l’impression de se libérer de ce joug et d’écouter leur conscience plutôt que leur peur. Cependant les convictions universalistes de la plupart semblent être incapables de résister longtemps quand il s’agit d’Israël. Le risque d’être traité de "Juif qui a la haine de soi" avec tout ce qu’une telle accusation implique, est une perspective trop effrayante pour eux. Il faut être à leur place pour comprendre à quel point c’est terrifiant.

Il y a seulement quelques semaines, les services secrets israéliens ont annoncé la création d’une unité spéciale dont la mission est d’espionner les individus ou organismes soupçonnés de "délégitimer" Israël pour leur demander des comptes et peut-être même les traquer. Cette nouvelle a peut-être convaincu un certain nombre de ceux qui n’étaient pas vraiment déterminés que cela ne valait pas la peine de tenir tête à Israël.

On aurait dû se rendre compte que Golstone était l’un d’entre eux lorsqu’il a affirmé que, en dépit de son rapport, il demeurait sioniste. Ce qualificatif de "sioniste" a beaucoup plus de sens et de poids qu’on ne le croit habituellement. On ne peut pas se dire sioniste et s’opposer à l’état d’apartheid d’Israël. On peut rester sioniste par contre si on se contente de critiquer cet état pour une certaine politique criminelle en omettant de faire le lien entre l’idéologie et la politique. "Je suis un sioniste" est une déclaration d’adhésion à des manières de penser qui sont antinomiques avec le rapport Godstone de 2009. On peut soit être sioniste soit accuser Israël de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité -celui qui fait les deux ensemble, ne tiendra pas longtemps le coup.

Que ce mea culpa n’ait rien à voir avec de nouveaux éléments, est évident lorsqu’on examine les "preuves" que Goldstone a présentées pour justifier sa rétractation. Pour être honnête il faut dire qu’on n’avait pas besoin d’être un expert international pour savoir que Israël avait commis des crimes de guerre à Gaza en 2009. Les rapports d’organismes comme Breaking the Silence (briser le silence) et les représentants de l’ONU sur le terrain ont démontré ces faits avant et après le rapport de Golstone. Et ce n’était pas non plus la seule preuve.

Les photos et les images que nous avons vues sur nos écrans et celles que nous avons vues sur le terrain nous ont montré qu’il s’agissait d’une politique criminelle destinée à tuer, blesser et estropier à la manière d’un châtiment collectif. "Les Palestiniens vont s’attirer un Holocauste" avait promis Matan Vilnai, le secrétaire d’état à la défense d’Israël au peuple de Gaza le 29 février 2008.

La seule nouvelle pièce que Goldstone apporte au dossier est une enquête intérieure de l’armée israélienne qui explique qu’un des cas suspectés d’être un crime de guerre était dû en fait à une erreur de l’armée sur laquelle elle est en train d’enquêter. Cela doit être sa carte maîtresse : une affirmation de l’armée israélienne que l’assassinat de masse des Palestiniens était une "erreur."

Depuis la création de l’état d’Israël, les dizaines de milliers de Palestiniens tués par Israël étaient des terroristes ou avaient été tués par "erreur". Donc 29 des 1400 morts ont été tués suite à une regrettable erreur ? Seul un engagement idéologique peut inciter quelqu’un à demander une révision de ce rapport sur la base d’une enquête intérieure de l’armée israélienne concernant un seul cas alors qu’il y a eu des douzaines de massacres et de tueries illégaux. Ce n’est donc pas cette nouvelle preuve qui a conduit Goldstone à écrire cet article. C’est plutôt son désir de retrouver son confort au sein du sionisme qui l’a incité à écrire ce papier aussi bizarre que contestable.

La manière dont il accentue sa critique du Hamas dans cet article et diminue la critique d’Israël va dans le même sens. Et il croit que cela le fera échapper à la fureur vengeresse d’Israël. Il se trompe fort, très fort. Peu de temps après la parution de l’article, le ministre de la Défense d’Israël, Ehud Barak, le premier ministre Benjamin Netanyahu et bien sur le lauréat du prix Nobel de la Paix, Shimon Perez, exigeaient de Goldsone un autre service : aller de campus en campus et d’une conférence à une autre au service d’un nouvel Israël, noble et pieux. Il peut refuser ; mais alors il lui sera sans doute interdit d’aller à la bar mitzvah de son petit fils par mesure de rétorsion.

Goldstone et ses collègues ont rédigé un rapport très détaillé mais ils se sont montrés très réservés sur les conclusions. Le tableau présenté par les organisations des droits de l’homme israéliennes et palestiniennes était bien plus horrible et leurs rapports n’étaient pas rédigé dans ce langage clinique et légaliste qui ne traduit généralement pas toute l’horreur des événements. L’opinion publique occidentale a compris avant Goldstone et mieux que lui toutes les implications de son rapport. La légitimité internationale d’Israël a subi un dommage sans précédent. Goldstone a été sincèrement ébranlé quand il s’en est rendu compte.

Ce n’est pas la première fois que tout cela se produit. A la fin des années 1980, l’historien israélien Benny Morris a écrit en vain un rapport similaire sur le nettoyage ethnique de la Palestine en 1948. Ce sont des universitaires palestiniens comme Edward Said, Nur Masalha et Walid Khalidi qui ont fait apparaître les conséquences que les archives qu’il avait exhumées avaient sur l’image et l’identité d’Israël.

Morris n’a pas non plus résisté à la pression et a demandé à être réintégré dans la tribu. Il est allé très loin dans le mea culpa et est devenu un raciste extrémiste anti-arabe et anti-musulman allant même jusqu’à suggérer de mettre les Arabes dans des cages et à militer pour un autre nettoyage ethnique. Goldstone en fera peut-être autant : en tous cas, c’est ce que les Israéliens veulent qu’il fasse.

Sur le plan professionnel, Morris et Goldstone ont concrétisé leur marche arrière en revendiquant que Israël soit jugé sur ses intentions et non sur les conséquences de ses actions, ainsi qu’on le constate dans l’article de Goldstone du Washington Post. C’est pourquoi selon eux, seule l’armée israélienne peut être considérée comme une source d’information fiable puisqu’elle seule connaît ses propres intentions. Peu de personnes honnêtes et intelligentes dans le monde considéreraient comme acceptables une analyse et une explication aussi bizarre.

Goldstone n’a pas encore adhéré au groupe le plus fou d’ultra-sionistes comme l’a fait Morris. Mais s’il ne se méfie pas, ce qui l’attend c’est sans doute une vie d’agréables déplacements en compagnie de gens comme Morris, Alan Dershowitz (qui a déjà qualifié Goldstone de "Juif repentant") des meetings annuels des rottweilers (race de chiens de berger NdT) de l’AIPAC aux conventions farfelues des chrétiens sionistes. Il se rendra vite compte qu’une fois qu’on a capitulé devant les sionistes, ils s’attendent à ce qu’on aille jusqu’au bout et qu’on revienne à l’endroit même qu’on croyait avoir réussi à dépasser.

Regagner l’affection des sionistes à court terme est bien moins important que de perdre le respect du monde entier sur le long terme. La Palestine devrait choisir ses amis avec grand soin : ils ne faut pas qu’ils soient pusillanimes et ils ne doivent se proclamer sionistes et défendre en même temps la paix, les droits de l’homme et la justice en Palestine.

6 avril

Ilan Pappe - The Electronic Intifada

* Ilan Pappe est professeur d’histoire et directeur du European Centre for Palestine Studies à l’université d’Exeter. Son livre le plus récent est Out of the Frame : The Struggle for Academic Freedom in Israel (Pluto Press, 2010).

4 avril 2011 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.uruknet.info/?p=m76522&a...
Traduction : Dominique Muselet

 

 

4 M. Saadoune : Le drame du juge Goldstone.

Objet d'une campagne intense de dénigrement et d'insultes depuis deux ans, le juge sud-africain Richard Goldstone a commis un article alambiqué où, sans se rétracter, il semble essayer d'atténuer les conclusions de son fameux rapport. Israël a immédiatement embrayé dessus en lançant une campagne internationale pour «exiger» l'annulation du rapport Goldstone.
On peut parier que les amis occidentaux, ceux qui s'émeuvent tant des méfaits des «mauvaises dictatures» - les «bonnes» resteront des amies jusqu'à ce que des peuples « inconscients » les abattent -, vont être de la partie. On va sortir les mouchoirs pour pleurer ce pauvre Israël attaqué injustement par des antisémites. La preuve ? Richard Goldstone se rétracte.
Il faut bien lire le texte de Goldstone. C'est un texte remarquable, comme ces mots lâchés par les torturés, par bribes et sous l'effet de l'épuisement. Dans le cas de Goldstone, qui est de confession juive, cette torture a dû être particulièrement éprouvante. Car ce texte équivoque, qui n'est pas vraiment une rétractation, respire clairement la honte d'un homme libre qui se soumet et s'aligne. Il le sait le juge. Il vient d'Afrique du Sud où l'on ne se paye pas de mots pour savoir ce que sont la ségrégation et l'apartheid et où l'on ne ferme pas les yeux quand on les voit appliqués aux Palestiniens.
Mais le juge Goldstone aurait beau essayer d'introduire de la nuance dans son rapport, cela n'empêchera pas Israël de lui demander de s'humilier davantage devant le monde entier et d'humilier sa raison et son bon sens. L'homme sait parfaitement que son rapport est juste. Ce rapport était inacceptable pour Israël et ses soutiens occidentaux. Israël a le «droit de se défendre», répètent-ils, ce qu'il faut traduire simplement par «droit de massacrer».
Ce qui était insupportable dans le rapport Goldstone est qu'il a commis le crime de vérité sur Israël. Et le juge doit payer. Son article n'est pas suffisant pour Israël. L'Etat hébreu exige de lui des excuses.
Le drame du juge Goldstone est qu'il n'est pas un imbécile. Il sait qu'on lui demande de faire l'imbécile. La «légitime défense» n'avait aucun sens dans les raids sur Ghaza qui ont fait plus de 1.400 morts, dont une écrasante majorité de gens sans arme. Ce qu'on lui demande est de faire accroire que ces morts n'étaient que ces fameux «dommages collatéraux», ce terme horrible et barbare que la «civilisation» a inventé pour ne pas parler de carnages et de crimes de masse.
Ces crimes «civilisés» massifs ont été documentés par d'autres organisations des droits de l'homme. Amnesty International soulignait dans son rapport que «1.400 Palestiniens, dont quelque 300 enfants et des centaines d'autres civils non armés, avaient été tués. Des quartiers entiers de la bande de Gaza ont été rasés, des milliers de personnes se sont retrouvées sans logement, et l'économie, déjà dans une situation désastreuse, est complètement ruinée. La plupart des destructions étaient injustifiées et résultaient d'attaques visant directement des biens civils, ou encore d'attaques aveugles frappant indistinctement des objectifs militaires légitimes et des biens de caractère civil».
Ce sont là des faits sanglants établis qu'aucune rétractation ne peut gommer. Pour les Occidentaux, parions qu'ils suivront les demandes d'Israël, eux qui n'ont jamais vu le peuple arabe de Palestine se battre sans fin pour en finir avec le régime de l'apartheid et du racisme qui l'écrase.
Le pauvre Goldstone, qu'il se rétracte ou non, ne sera qu'une victime de plus de la guerre contre Ghaza qui se poursuit.

Source : Le Quotidien d'Oran

Lundi 4 avril 2011

http://www.lequotidien-oran.com/...

 

 

5 Pressions sur Richard Goldstone : Aveu de Lieberman

Le ministre israélien des Affaires étrangères a reconnu avoir exercé des pressions sur Richard Goldstone pour changer son rapport sur Gaza. Avigdor Lieberman, il a aussi déclaré que le rapport de la Commission d'enquête sur la guerre à Gaza a été changé sous les pressions des milieux politiques et militaires israéliens. Lieberman qui parlait dans un programme télévisé a fait état des pressions, de la diplomatie, de la justice, du bureau du premier ministre et des autorités militaires de ce régime sur Goldstone avant de réitérer que personne n'a été au courant de ces pressions et le fait que Goldstone a renoncé à certaines accusation contre Israël n'est pas surprenant pour moi. Dans son rapport sur l'agression de 2008 d''Israël contre la Bande de Gaza,
Goldstone, le juge juif sud-africain avait accusé le régime sioniste de crime de guerre. Au cours de cette agression 1500 Palestiniens ont trouvé le martyre et plus de 5.000 ont été blessés.

04/04/2011

http://french.irib        

 

6 Goldstone n’est pas propriétaire du rapport des Nations-Unies.

Le Hamas a pressé dimanche les Nations-Unies de confirmer leur rapport sur l’offensive d’Israël de 2008/2009 contre la bande de Gaza, après que l’auteur du rapport ait déclaré que ses conclusions auraient été différentes si Israël avait coopéré à l’enquête.

La mission d’enquête du juriste sud-africain Richard Goldstone (*) sur l’opération Plomb durci a constaté qu’Israël et le Hamas pouvaient avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. La mission a trouvé la preuve qu’Israël avait commis « de graves violations de la Quatrième Convention de Genève pour ce qui est des meurtres délibérés et des grandes souffrances causées sciemment à des personnes protégées ».

Elle a recommandé aux deux parties de conduire des enquêtes sur les allégations.

Dans un article d’opinion publié vendredi (1er avril) dans The Washington Post, Goldstone critique le Hamas pour n’avoir conduit « aucune enquête sur les tirs de roquettes et de mortiers contre Israël ».

Goldstone félicite Israël d’avoir ouvert des enquêtes, bien qu’il note que peu d’entre elles n’aient été conduites à terme.

Hamas : le rapport n’est pas une « production privée » de Goldstone

Dans une déclaration de dimanche (3 avril), le porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, a mis en doute les regrets de Goldstone sur le rapport, et il a fait remarquer qu’Israël avait refusé de coopérer avec les enquêteurs des Nations-Unis « alors que dans la bande de Gaza, on les avait accueillis et facilité leur travail ».

Le responsable du Hamas a noté aussi que Goldstone n’avait pas une autorité exclusive sur le rapport, lequel rapport est un document international et non sa « production privée ».

Abu Zuhri d’ajouter : « Le rapport n’est pas la propriété privée de Goldstone, il est cosigné par lui et aussi par un groupe de juges internationaux.

« En outre, le rapport s’est fondé sur des documents et des témoignages qui lui donnent crédibilité et force. »

Le haut responsable du Jihad islamique, Ahmad Al-Mudallal, s’est déclaré également « déçu par les commentaires de Goldstone » qui, dit-il, résultent « de pressions exercées sur lui par le lobby sioniste ».

Il a ajouté qu’Israël pouvait se saisir des remarques de Goldstone comme prétexte pour engager une nouvelle guerre contre la bande de Gaza et « commettre encore plus de massacres ».

Israël demande aux Nations-Unies d’annuler le rapport

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré samedi que le commentaire de Goldstone « confirmait ce que nous tous avons toujours su... Je pense que nos soldats et notre armée se sont comportés conformément aux règles internationales les plus élevées. »

« Nous comptons que cette farce soit immédiatement corrigée » a-t-il ajouté lors d’une brève allocution télévisée.

Le ministre de la Défense d’Israël, Ehud Barak, a déclaré que l’article d’opinion du Washington Post était « un développement extrêmement important et que dès maintenant, nous multiplions nos efforts pour obtenir que ce rapport soit retiré ».

Goldstone : le processus d’investigations d’Israël est en cours

Dans son commentaire, Goldstone se réfère à l’enquête de l’armée israélienne sur le meurtre par ses soldats de 29 membres de la famille Samouni dans leur maison à Gaza.

« Si la lenteur de cette enquête est frustrante, il apparait qu’un processus approprié est lancé, et je suis convaincu que s’il est constaté que l’officier a été négligent, Israël réagira en conséquence ».

Cependant, dans un récent rapport des Nations-Unies par des experts indépendants chargés de donner suite aux recommandations de Goldstone, la Commission a dit qu’elle « n’avait pas d’informations suffisantes pour établir l’état actuel des investigations criminelles en cours sur les meurtres d’Ateya et Ahmad Samouni, l’attaque contre la maison de Wa’el Al-Samouni et le tir sur Lyad Samouni. »

La Commission a noté que l’officier qui avait approuvé les raids aériens qui ont tué 29 membres de la famille était « prétendument » conscient que des civils avaient reçu l’ordre d’attendre dans la maison. Le même officier avait refusé de permettre aux ambulances d’accéder au secteur.

Toutefois, la Commission a constaté que les enquêteurs militaires israéliens « n’avaient pas conclu qu’il y avait quoi que ce soit sortant de l’ordinaire dans le raid ».

La Commission s’est dite « incapable de déterminer si une quelconque enquête avait été effectuée » par Israël en lien avec plusieurs autres allégations de crimes de guerre.

Le rapport de contrôle ajoute : « La Commission réitère la conclusion de son précédent rapport qu’il n’y a aucune indication qu’Israël ait ouvert des enquêtes sur les actes de ceux qui ont conçu, planifié, ordonné et supervisé l’opération Plomb durci ».

Les forces israéliennes ont tué plus de 1400 Palestiniens durant l’offensive de 22 jours sur l’enclave côtière assiégée, commencée le 27 décembre.

4 avril

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10415

 

7 Les Etats d’âme du juge Goldstone : la seconde mort des 400 enfants martyrs.

« La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique. »
 Clemenceau

Le 1er avril parait dans le Washington Post le mea-culpa du juge Goldstone qui dit, qu’en substance, qu’il s’était trompé et qu’Israël n’est pas coupable... Immédiatement, la machine sioniste s’est mise en marche, Netanyahu enjoint les Nations unies de déchirer le rapport Goldstone. En clair, il n’y a pas eu 400 enfants morts dont les photos de martyrs sont toujours aussi insoutenables. Devant l’énormité de l’information, on aurait cru, un instant que c’était une farce traditionnelle que l’Histoire a fixée à cette date. Il n’en n’est rien et de fait, connaissant la puissance des lobbys israéliens, cela devait arriver. Il faut s’étonner que cela ne se soit pas produit plus tôt au vu de l’énorme pression qu’a dû subir le juge Goldstone pourtant juif et sioniste.

Que dit Goldstone ?

Les réserves de Richard Goldstone concernent essentiellement l’intentionalité des crimes commis par Israël et donc l’existence de crimes de guerre. « On en sait bien davantage aujourd’hui sur ce qui s’est passé pendant la guerre de Gaza que lorsque je présidais la commission d’enquête », explique le magistrat dans le quotidien américain Washington Post. Richard Goldstone regrette qu’à l’époque de son enquête, « notre commission d’enquête n’ait pas eu accès aux preuves sur les circonstances dans lesquelles nous estimons que des civils ont été visés à Gaza ». « Cela aurait probablement modifié nos conclusions sur l’intentionnalité des crimes et l’existence de crimes de guerre », ajoute-t-il. Le rapport Goldstone, publié fin 2009, accusait Israël d’avoir usé de la force de façon disproportionnée, d’avoir délibérément visé des civils, d’avoir détruit des infrastructures civiles et d’avoir utilisé des civils comme boucliers humains. Il accusait aussi le Hamas d’avoir délibérément visé des civils avec des roquettes. En trois semaines, 1400 Palestiniens avaient été tués, dont des centaines de civils, ainsi que 13 Israéliens. (1).

Goldstone va plus loin, il diabolise le Hamas et l’accuse d’être le commanditaire du merutre d’une famille israélienne, il y a un mois « Si j’avais su à l’époque ce que je sais maintenant, le rapport Goldstone aurait été un autre document. » (...)... Avec ces preuves, on ne peut plus dire qu’Israël est responsable de crime de guerre. » Si Israël a fait enquêter « à un degré significatif » sur les résultats de cette guerre,« le Hamas, qui contrôle Gaza depuis 2007, n’a rien fait » explique Goldstone. Le juge critique également Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui critique Israël bien plus qu’il ne critique toutes les autres nations réunies. « Quelque chose qui n’a pas été dit assez fort, c’est que ces actes des terroristes du Hamas ont également été condamnés par l’ONU », ajoute Goldstone, en ajoutant que son rapport a « trouvé des preuves de crimes de guerre présumés et peut-être des crimes contre l’humanité par le Hamas. Les roquettes du Hamas ne visent-elles pas sans discrimination les cibles civiles israéliennes ? ». Goldstone a également exhorté l’ONU à condamner le massacre d’une famille juive dans le petit village d’Itamar : « C’est un massacre inexcusable d’un couple israélien et de 3 de leurs enfants pendant qu’ils dormaient. Un massacre commis de sang-froid. » En conclusion : le juge en charge du rapport se retire de son propre rapport. Le rapport Goldstone est mort. Vive Goldstone ! » (2)

La diabolisation du juge jusqu’à son revirement

Pour rappel, depuis la parution du rapport Goldstone fin 2009, les autorités occupantes israéliennes, qui avaient refusé de collaborer avec l’enquête de l’ONU, se sont déchaînées contre le juge sud-africain, accusé de faire le jeu du Hamas à Gaza, après les avoir accusées de viol des lois de la guerre et portant atteinte au droit international. Les dirigeants israéliens peuvent légitimement sabler le champagne, et trinquer sur la tombe des 1400 martyrs palestiniens massacrés pendant l’attaque « Plomb durci » contre la population de la bande de Gaza en décembre 2008 - janvier 2009. Le juge sud-africain à la retraite Richard, Goldstone, a en effet fini par se rétracter. D’origine juive, se déclarant lui-même sioniste, Goldstone se pensait peut-être à l’abri d’accusations de partialité, voire d’antisémitisme, de la part des dirigeants israéliens, lorsqu’il rendit son rapport sur « Plomb durci » en septembre 2009. Il se trompait. Forts de leur impunité -puisqu’aussi bien, le rapport Goldstone n’a été suivi au niveau de l’ ONU et des puissances qui dirigent cette institution d’aucune mesure de rétorsion et encore moins de sanctions- les dirigeants israéliens et leurs alliés dans les « communautés juives » du monde ont lancé fatwa sur fatwa contre Goldstone, le bannissant de la tribu en tant que « Juif traître ». La pression alla jusqu’à s’exercer, avec succès, à l’intérieur du cercle familial de Goldstone, lui interdisant par exemple d’assister à la bar mitzvah (cérémonie religieuse marquant le passage d’un garçon à l’âge adulte) de l’un de ses propres petits-fils. Les menaces et calomnies de la propagande israélienne sont donc aujourd’hui récompensées. Avec « Plomb durci », Israël n’a fait finalement qu’exercer un droit inaliénable à la légitime défense, y écrit en substance le vieux juge à l’honneur perdu (...) (3).

De fait, la machine de guerre sioniste contre Goldstone pourtant juif lui-même s’est mise en marche après la publication du Rapport ; Yossi Sarid de Ha’Aretz écrit : « Si le juge sud-africain qui a accusé Tel-Aviv de crimes de guerre a jadis collaboré avec le régime d’apartheid, l’Etat hébreu en était le fidèle allié, rappelle le chef du parti de gauche Meretz. Sous le titre « Tache noire » Yediot Aharonot a publié le 7 mai un reportage de dix pages sur les sentences prononcées par le juge sud-africain Richard Goldstone sous le régime d’apartheid. Bien que le magistrat, d’origine juive, ait pu se défendre dans les colonnes du quotidien israélien et qu’il ait reçu l’appui de militants historiques de la lutte contre l’apartheid, Danny Ayalon, le vice-ministre des Affaires étrangères israélien, et Alan Dershowitz, célèbre avocat et romancier américain, ont comparé la ligne de défense de Goldstone à « celle des officiers SS ». Il suffit parfois de pointer les faiblesses d’autrui pour attirer l’attention sur les nôtres. (...) Même le « certificat de conformité » que lui décernera ensuite le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela en le nommant à la Cour constitutionnelle [de 1994 à 2003] n’effacera jamais cette tache indélébile ». (4)

« Dès l’instant où quelqu’un a prêté main-forte à l’apartheid, quitte à s’en détourner plus tard, il a contracté la lèpre. (...) En assistant à la chute de Richard Goldstone, beaucoup de gens en Israël ne cachent plus leur joie, estimant sans doute que sa descente aux enfers entraînera avec elle celle de son fameux rapport. (..) De même, nous serions bien inspirés de veiller à ce que les vitres de notre maison ne volent pas en éclats, car beaucoup d’entre nous risqueraient d’avoir des écorchures. Je pense en particulier à ces magistrats israéliens qui rendent leurs jugements revêtus de l’uniforme militaire. Certes, nos cours martiales [dans les Territoires occupés] ne prononcent pas de condamnations à mort, mais elles mettent fin à des vies, et pas forcément dans le strict cadre du « respect de la loi », comme Ilana Hammerman [écrivaine israélienne] en rend souvent compte dans ses chroniques. « A l’époque, je ne faisais qu’appliquer la loi », rétorque le grand Goldstone en guise de défense. (4)

Goldstone n’est pas seul à décider

Des analystes, des observateurs et des juristes ont fortement critiqué les récentes allégations de Goldstone, les qualifiant d’une vraie atteinte aux normes juridiques et droit international, ainsi qu’une violation à la justice, considérant que ces allégations sont intervenues suite à de fortes pressions du gouvernement de l’entité sioniste sur l’ONU et sur le juge Goldstone lui-même en crainte de rendre justice aux victimes des familles palestiniennes Gazaouites. A sa façon, l’intellectuel israélien qui milite pour la justice à rendre à la Palestine, essaie de se mettre dans la tête de Goldstone quand il a écrit cet article du Washington Post le 1er avril et aurait dû écrire à la place de : « If I had known then what I know now, the Goldstone report would have been a different document. » « Si je savais les choses que je sais maintenant, le document aurait été différent » il aurait dû, en fait écrire sous la pression « If I had known then that the report would turn me into a self-hating Jew in the eyes of my beloved Israel and my own Jewish community in South Africa, the Goldstone report would never have been written at all. » Que l’on pourrait traduire par : « Si j’avais su tous les problèmes que j’aurai avec Israël et avec ma communauté de Juifs en Afrique du Sud, le Rapport Goldstone n’aurait pas du tout été écrit. » (5)

Le juriste Gilles Devers analyse, pour sa part d’une façon fine le Rapport Goldstone du point de vue du droit, de plus, il nous apprend que les autres juges n’ont pas été consultés sur cette volte-face. Enfin, il déclare qu’à côté du Rapport Goldstone, il y a d’autres rapports tout aussi accablants pour Israël. Nous lisons : « Le Goldstone du rapport Goldstone a un doute. Gardons le calme, et replaçons ce rapport dans la réalité des faits, et du droit. Plomb durci, c’est une opération de l’armée israélienne qui a lourdement frappé la population qui vit à Gaza : 1500 morts en moins de quatre semaines. La première guerre dans laquelle on dénombre plus d’enfants tués que de combattants. Le monde entier a réagi : la puissance occupante - Gaza étant, comme toute la Palestine, un territoire occupé depuis 1967 - agressait la population occupée, qu’elle avait en toute illégalité soumise à un blocus. ». (6) « L’opération militaire israélienne sur Gaza a pris fin le 18 janvier 2009. Le 22 janvier 2009, le ministre de la Justice de Palestine remettait au procureur près la Cour pénale internationale une déclaration de compétence. La Palestine n’a pas ratifié le traité de la CPI. Cette déclaration d’attribution de compétence est fondée sur l’article 12.3 du statut. Deux mois après cette déclaration, le Conseil des droits de l’homme, qui est une commission permanente de l’Assemblée générale de l’ONU a désigné une fact finding mission, à savoir une commission chargée, avant toute procédure, de dire si des faits violant le droit international ont été commis. C’est dans ce contexte qu’a été désigné non Goldstone, mais la commission Goldstone : Richard Goldstone, ancien juge à la Cour constitutionnelle d’Arique du Sud,,Christine Chinkin, professeur de droit international à la « London School of Economics and Political Science », Hina Jilani, de la Cour suprême du Pakistan, chargée de nombreuses missions au sein de l’ONU et membre de la commission international d’enquête sur le Darfour, le colonel Desmond Travers, un ancien officier irlandais, membre de l’équipe de direction de l’Institute for International Criminal Investigations. La semaine dernière, Goldstone se lâche dans le Washington Post : il dit en substance qu’il n’aurait pas écrit ce rapport accusant Israël si celle-ci avait collaboré. » (6)

Le 4 avril Hina Jilani membre de la Commission a répliqué : « Absolutely not ; no process or acceptable procedure would invalidate the UN Report ; if it does happen, it would be seen as a « suspect move ». Aucune nouvelle information n’invalide le Rapport des Nations unies »

« Depuis deux ans, les rapports se sont multipliés, et tous dans le même sens. Entre autres, on peut citer : le rapport dirigé par John Dugard. Celui d’Amnesty International ou de Human Rights Watch. S’il a un doute, poursuit Gilles Devers sur les faits, Goldstone doit réunir la commission (Un travail collectif de 4 personnes) et demander de manière argumentée au Conseil des droits de l’homme d’être redésigné pour un complément de mission. Mais une tribune solitaire de quelques dizaines de lignes dans le Washington Post, ce n’est pas au niveau. (…) Que Richard Goldstone publie une tribune pour contester les travaux de la commission qu’il a présidée, sans en parler aux autres membres de cette commission et sans aviser l’organisme qui a mandaté cette commission, c’est curieux. Du point de vue du droit, c’est un épiphénomène. Que le procureur près la CPI, qui dispose de tous les éléments d’informations, qui est saisi par une déclaration du ministre de la Justice de Palestine, dont la compétence est reconnue par l’AG de l’ONU, reste plus de deux ans sans prendre de décision, alors que son devoir statutaire est de saisir la chambre préliminaire de la CPI, seule compétente pour autoriser une enquête, est foncièrement anormal ». (6)

Les réactions

Dans une déclaration du 3 avril, le porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, a mis en doute les regrets de Goldstone sur le rapport, et il a fait remarquer qu’Israël avait refusé de coopérer avec les enquêteurs des Nations unies « alors que dans la bande de Gaza, on les avait accueillis et facilité leur travail ». Le responsable du Hamas a noté aussi que Goldstone n’avait pas une autorité exclusive sur le rapport, lequel rapport est un document international et non sa « production privée ». Abu Zuhri d’ajouter : « Le rapport n’est pas la propriété privée de Goldstone, il est cosigné par lui et aussi par un groupe de juges internationaux. » « En outre, le rapport s’est fondé sur des documents et des témoignages qui lui donnent crédibilité et force. » (7) Israël réclame l’annulation du rapport « J’appelle l’ONU à annuler immédiatement le rapport Goldstone. Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l’Histoire », a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré samedi que le commentaire de Goldstone « confirmait ce que nous tous avons toujours su...Je pense que nos soldats et notre armée se sont comportés conformément aux règles internationales les plus élevées. » (7) Que peut-on en conclure sinon qu’il y a toujours deux standards ? Le Rapport n’avait aucune chance d’être pris en charge par la CPI. Cette annonce est une confirmation de la puissance d’Israël capable de démolir un rapport pourtant validé par l’ONU. La seconde mort des enfants martyrs de Gaza est une réalité. A quand la justice des hommes ?

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

1. Richard Goldstone émet des réserves sur son rapport sur l’opération militaire israélienne de 2008-2009 à Ghaza

2. Jonathan-Simon Sellem : Goldstone fait son mea-culpa : Israël n’est pas coupable de crime de guerre Ha’Aretz 2 avril 2011

3. Massacre de Ghaza : le juge Goldstone capitule, et déchire son propre rapport dimanche 3 avril 2011 Paco Goldstone revient sur son rapport CAPJPO-EuroPalestine

4 avril 2011

4. Yossi Sarid : Salir la réputation du juge GoldstoneHa’Aretz 20.05.2010

5. llan Pappe’s, « Goldstone’s shameful U-turn », http://electronicintifada.net en français : http://www.legrandsoir.info/Goldsto...

6. Gilles Devers : Palestine : Respecter les faits, et le droit 5 Avril 2011 http://www.middleeastmonitor.org.uk......

7. Hamas : Goldstone n’est pas propriétaire du rapport des Nations unies http://www.palestine-info.cc/fr/ Lundi 4 Avril 2011

Chems Eddine CHITOUR

8 avril 2011

URL de cet article 13329
http://www.legrandsoir.info/Les-Etats-d-ame-du-juge-Goldstone-la-seconde-mort-des-400-enfants-martyrs.html

 


 

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