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23/04/2011

n°513 - Journal d'Irak - 02- 04 au 22-04 -: Fin - Une révolution populaire arabe, également dans l'Irak occupé

°513  -  Journal d'Irak - 02- 04 au 22-04 -: Fin -  Une révolution populaire arabe, également dans l'Irak occupé



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°513                 du 02/04                   au 22/04/11

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes  blog :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                              http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

 4-1 video Gilles Munier : Saddam à Hollywood.

5 Dossier & Point de vue

5-1 Mahmoud SALEH : Carnage au conseil provincial – note de la rédaction (A qui profite  le crime ?)

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.

6-2 M. Saadoune : Butin de sang.

7 Annexe

7-1 Les règles de la propagande de guerre.

 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

Ce qui se passe en Irak actuellement :

Voici un vidéo qui démontrent un peu ce qui se passe en Irak, faut voir :
http://www.youtube.com/watch?v=Mye_VnKh-n4
et une autre:
http://www.youtube.com/watch?v=LN_P3f030S0&feature=player_embedded
et voilà, selon Abdul Ilah al Bayaty, pourquoi manifestent les Irakiens ?
Une vie d'enfer.
Les images très dure

http://www.youtube.com/watch?v=ldSkCiyNREA


4-1 video Gilles Munier : Saddam à Hollywood.

La télévision et le cinéma sont des outils de propagande privilégiés. Hollywood et la BBC ne se sont jamais privés d’influencer les opinions publiques, pour le meilleur et parfois pour le pire, comme la justification des crimes commis dans le monde par les administrations américaines et les gouvernements britanniques.

    « Plus vulgaire que Sacha Baron Cohen, tu meurs ! »… L’acteur britannique est connu pour ses interprétations de personnages caricaturaux, politiquement incorrects et hilarants : Borat, journaliste kazakh antisémite, et Brüno, journaliste homosexuel autrichien antisémite. Il sera Saddam Hussein dans « Le dictateur », en cours de tournage à Hollywood, comédie reprenant le titre du célèbre film de Charlie Chaplin. Selon la Paramount, le long métrage est inspiré de Zabiba et le Roi, livre écrit par le président irakien, dont j’ai coordonné la traduction en français, avec son accord (1). Mais, comme chacun sait, le respect de la vérité historique n’est pas le fort des scénaristes de Hollywood, et encore moins le souci de Sacha Baron. Le film raconte donc « les aventures héroïque d'un dictateur qui a risqué sa vie pour s'assurer que la démocratie n'arrivera jamais dans un pays si amoureusement opprimé », c'est-à-dire l’inverse du message concluant l’ouvrage. En effet, avant de mourir, le monarque remet ses pouvoirs à une assemblée populaire, comme le lui a conseillé Zabiba avant de mourir, une Jeanne d’Arc babylonienne.

    Saddam Hussein souhaitait que son roman soit adapté au cinéma. En janvier 2003, Hamid Youssef Hamadi (2), ministre de l’Information et de la Culture, m’avait demandé de rechercher un metteur en scène intéressé par le projet, et envisageait la réalisation du film sous la forme d’une coproduction franco-irakienne. La guerre du Golfe en a décidé autrement.

Docu-fictions britanniques

   La vie de Saddam Hussein semble fasciner la télévision britannique qui lui trouve des aspects shakespeariens, voir diaboliques au sens propre du terme. En 2007, la BBC a programmé Saddam Tribe (La tribu Saddam), le Président irakien étant interprété par l’Irlandais Stanley Townsend. Le téléfilm, inspiré d’entretiens avec Raghad - fille de Saddam réfugiée à Amman - et Latif Yahia – sosie officiel d’Oudaï Saddam Hussein – relate les violents démêlés de Hussein Kamel al-Majid, gendre du Président et ministre de l’Industrie militaire, avec le fils aîné de Saddam, présenté comme un dangereux déséquilibré. Le scénariste prend quelques libertés avec l’épilogue sanglant concluant sa défection. Il fut tué après un énième assaut de la villa où il s’était retranché, à Bagdad, apparemment pas mitraillés à bout portant par les gardes du corps de Ali Hassan al-Majid, un des chefs du clan Al-Majid. Un détail parmi d’autres, mais il s’agit après tout d’une fiction, pas d’une reconstitution historique.

   En 2008, dans le feuilleton The House of Saddam, l’acteur Igal Naor, juif bagdadi ayant émigré tout jeune en Israël, fait du Président irakien une synthèse de Staline et de Marlon Brando dans le rôle du Parrain, machiavélique et sans pitié. Naor raconte qu’il rêvait d’interpréter Saddam depuis qu’un missile Scud est tombé près de son domicile en 1991. La reconstitution de la réunion où le Président irakien lit les noms des dirigeants baasistes accusés de comploter contre lui et les  fait exécuter, est d’une grande intensité dramatique. Igal Naor est un habitué des rôles d’arabes. Il était Mahmoud al-Hamchari, représentant de l’OLP assassiné par le Mossad à Paris en 1973, dans « Munich », de Steven Spielberg, et le général Muhammad al-Rawi, un des chefs de la résistance baasiste, dans Green Zone.

   La diabolisation de Saddam Hussein est une affaire rentable pour l’industrie cinématographique occidentale, mais elle est sans influence notable sur la perception qu’a la majorité des Arabes et des musulmans du leader irakien. L’embargo-génocide du peuple irakien, les mensonges de la guerre du Golfe, le courage du Président lors de son exécution-lynchage, sont imprimés dans les mémoires sont des souvenirs intenses d’indignation, de douleur et de fierté, difficiles à effacer. Au lieu de ridiculiser Saddam avec son « Dictateur », dont la sortie est prévue en mai 2012, Sacha Baron va renforcer son mythe. L’acteur britannique, ancien militant d’une organisation de jeunesse sioniste « de gauche », aurait du demander conseil à ses amis du kibboutz Rosh Haniqra, près de la frontière israélo-libanaise, où il a longtemps séjourné. Ils lui auraient répondu qu’humilier un ennemi ne sert qu’à provoquer sa colère, son désir de vengeance... et à récolter en retour une pluie de missiles.

Moi et Saddam

   Pendant ce temps, et sans que les médias s’y intéressent, une série télévisée de 30 épisodes sur la vie de Saddam Hussein va être tournée en Syrie. Intitulée Ana wa Saddam (Moi et Saddam), elle est programmée pour le mois de Ramadan 2011(3). Son impact dans les pays musulmans sera autrement plus important que Le Dictateur de Sacha Baron. L’annonce que Saddam devrait être Jamal Souleiman, célèbre interprète de Salah Eddine al-Ayyoubi (Saladin), chef de la résistance musulmane aux Croisés, donne un avant-goût du scénario.

Appendice 1 :

Les longs jours

   L’Office irakien du cinéma a réalisé en 1980, Al-ayyam al-tawila (Les longs jours) tiré d’un roman de l’Irakien Abd al-Amir Mu’alla. Produit par Terence Young - réalisateur des premiers James Bond -, mis en scène par l’Egyptien Tewfiq Saleh, le film raconte le complot organisé en 1959, par le parti Baas, pour assassiner le Président irakien Abdel Karim Kassem. Mohammad al-Saqr, le héros membre du commando, n’est autre que Saddam Hussein. L’opération ayant échouée, le jeune révolutionnaire entra dans la clandestinité, caché notamment une ferme au bord de l’Euphrate, celle où leColonel James Hickey, des Forces spéciales américaines, le découvrit, dit-on, en décembre 2003 !

    Dans Les longs jours, Saddam est interprété par un proche parent : le colonel Saddam Kamel, un des chefs de la garde présidentielle, qui lui ressemblait physiquement. Le film fut retiré des écrans irakiens en août 1995, après la défection de ce dernier, en Jordanie, en compagnie de son frère Hussein Kamel. Les deux hommes, tués par des membres de leur tribu après leur retour à Bagdad, étaient mariés respectivement à Raghad et Rana, filles du président irakien.

Appendice 2 :

Zabiba et le roi : message posthume de Saddam ?

   A sa sortie en France, il y a dix ans, Zabiba et le roi* de Saddam Hussein, était présenté comme un conte philosophique prémonitoire sur la solitude du pouvoir et l’issue fatale de la guerre annoncée. Aujourd’hui, la mise en question des régimes arabes liés aux occidentaux, incapables de satisfaire les attentes de leur peuple, jette un éclairage nouveau sur la pensée du président irakien. A travers Zabiba, « fille et conscience du peuple » symbolisant l’Irak, il se montre opposé au pouvoir absolu et à sa transmission héréditaire, convaincu de l’inéluctabilité du pouvoir populaire. Le roman décrit des débats parlementaires remettant en cause les principes de la monarchie. Après la mort de Zabiba, violée un 17 janvier, jour où les Etats-Unis ont envahi l’Irak en 1991, l’ouvrage s’achève par « Vive le peuple... Vive l’armée » que ne renieraient pas les manifestants de Tunis et du Caire. Rien à voir avec le scénario délirant concocté à Hollywood par la Paramount et Sacha Baron Cohen.

* Zabiba et le Roi, « par son auteur » (Saddam Hussein) – Ed. du Rocher, 2003.

Gilles Munier

2 /4

http://www.france-irak-actualite.com/

 



5 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

5-1 Mahmoud SALEH : Carnage au conseil provincial – note de la rédaction (A qui profite  le crime ?)

Nb : Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage l'analysedes auteur, mais doit être vu comme information.

Un sentiment de colère face aux carences des mesures de sécurité dominait mercredi à Tikrit, au nord de Bagdad, au lendemain de la mort de 58 personnes dans l'attaque la plus sanglante en Irak depuis août.

Le couvre-feu, décrété dès le début de l'attaque du conseil provincial mardi, était toujours en vigueur dans l'ex-fief de l'ancien président Saddam Hussein, dont les rues étaient désertes et les magasins fermés.

Mardi, un commando armé a tenu tête pendant plus de cinq heures aux forces de sécurité irakiennes en se retranchant dans ce bâtiment officiel.

"Le Premier ministre Nouri al-Maliki a récemment déclaré que l'Irak était devenu le pays le plus stable et le plus sûr de la région. Mais où est la sécurité?", a demandé Mahmoud al-Bazi, un enseignant de 35 ans.

"Cette attaque, qui a privé la province de son élite, est arrivée par la faute des services de sécurité et du gouvernement central", a-t-il accusé.

Si les violences ont nettement diminué en Irak ces dernières années, ce carnage illustre de nouveau la capacité de certains groupes armés à mener des attaques d'envergure, et ce à neuf mois du retrait prévu des 50.000 militaires américains.

Profitant de la panique générée par un premier attentat suicide, les hommes armés déguisés en militaires, qui portaient selon un responsable de la police des ceintures d'explosifs, se sont engouffrés dans le bâtiment du centre de Tikrit.

"Quand ils sont entrés, ils ont jeté plusieurs grenades et commencé à tirer dans tous les sens dans le bâtiment, où se trouvaient des dizaines de personnes et d'employés", a déclaré par téléphone à l'AFP Hussein al-Chatab, membre du conseil provincial. "Beaucoup d'entre nous avons pu nous enfuir par l'arrière."

Trois membres du conseil provincial figurent au nombre des morts, parmi lesquels le président de la commission de la Santé Wathiq Chaker dont le frère Hafez exigeait mercredi la démission du gouverneur Ahmed Abdallah Abed et du chef de la police provinciale.

"Comment ce carnage a-t-il été possible dans un bâtiment qui est le symbole des autorités locales?", interrogeait ce vétérinaire de 40 ans.

Le conseil provincial a décrété un deuil de trois jours, alors que les familles des victimes enterraient leurs proches. Policiers et militaires se sont déployés en force dans Tikrit et les mesures de sécurité ont été renforcées aux entrées de cette province à majorité sunnite, située juste au nord de Bagdad.

M. Maliki a promis mercredi dans un communiqué que "les criminels qui ont organisé et exécuté ce crime n'échapperont pas à la punition".

Il a dit attendre "au plus vite" les conclusions d'une enquête lancée sur cette attaque, la plus sanglante depuis l’attaque exécuté le 17 août contre un centre de recrutement de l'armée à Bagdad, qui avait fait 59 morts et 125 blessés.

Ce carnage n'a pas été revendiqué…

Mardi, les renforts des forces de sécurité ont été accueillis au conseil provincial par l'explosion d'une voiture piégée garée à proximité et qui a fait de nombreuses victimes.

La police irakienne a finalement donné l'assaut du bâtiment en fin d'après-midi, et aucun des six membres du commando n'a survécu.

Les forces de sécurité ont bénéficié d'une assistance de l'armée américaine pour la surveillance aérienne des lieux, a indiqué un porte-parole américain, qui a précisé que plusieurs militaires américains qui se trouvaient au sol à proximité avaient été légèrement blessés.

(AFP) –

31/3



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak était liée aux intérêts des firmes pétrolières britanniques.
La Grande-Bretagne discutait de l'exploitation du brut irakien avec les géants pétroliers britanniques cinq mois avant d'envahir l'Irak avec les Etats-Unis, rapporte mardi 19 avril le quotidien The Independent.

Citant des documents obtenus par l'activiste Greg Muttitt, spécialiste du pétrole irakien, le journal affirme que des responsables gouvernementaux ont rencontré, à cinq reprises au moins, les compagnies BP et Royal Dutch Shell en octobre et novembre 2002.

L'objectif était, selon des propos qu'aurait tenus à l'époque le responsable du Moyen-Orient au Foreign Office, d'assurer à ces deux entreprises britanniques une part des grandes ressources pétrolières de l'Irak après la chute de Saddam Hussein.
La participation de la Grande-Bretagne à l'invasion de l'Irak en 2003 a été la décision la plus controversée de Tony Blair lors de son passage à Downing Street.
De nombreux Britanniques ont accusé le premier ministre d'avoir menti sur les raisons de l'intervention militaire, les armes de destruction massive n'ayant jamais été trouvées sur le sol irakien. Selon les documents révélés par The Independent, BP a déclaré au ministère des affaires étrangères que l'Irak "était plus important que tout ce qu'on avait vu depuis bien longtemps".
La ministre du commerce de l'époque, Elizabeth Symons, aurait dit au groupe pétrolier que, compte tenu du soutien apporté par Blair au projet du président américain George W. Bush, les entreprises britanniques obtiendraient probablement une part des réserves de gaz et de pétrole de l'Irak.

Une porte-parole du Foreign Office n'a pas souhaité faire de commentaires dans l'immédiat.

BP et Shell sont restés, quant à eux, injoignables.

19.04.
ttp://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/04/19/la-...


6-2 M. Saadoune : Butin de sang.

Non seulement ils peuvent trouver de bons Arabes pour financer la guerre, mais ils s’arrangent à butiner en grand.

Plusieurs mois avant la guerre « démocratique » contre l’Irak, le très préventif gouvernement du menteur Tony Blair discutait des « parts » qui seront dévolues aux entreprises pétrolières britanniques. Les documents publiés par un activiste militant, Greg Muttit, dans The Indépendant, ne surprennent personne.

Ils sont édifiants néanmoins sur le cynisme et l’absence de scrupules d’hommes politiques occidentaux qui ont choisi délibérément et sans raison de lancer une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts uniquement pour la prise du butin pétrolier. Bush, Blair ont commis des massacres de masse pour le pétrole. Même si la Cour pénale internationale ne leur demandera pas compte, il est bon de le rappeler.

Surtout en ces moments où les Occidentaux, avec l’alibi de quelques États arabes et d’un pitoyable SG de la Ligue arabe en fin de mandat, déversent leurs bombes en Libye au nom de la protection des civils.

Celle-ci serait, à en croire ses propagandistes, une guerre humanitaire « pure », sans lien avec le pétrole et le gaz de Libye. On nous amène même des « spécialistes » qui nous expliquent que seuls nos esprits malintentionnés ne voient qu’intentions cupides là où il n’y a que noblesse et humanité. Que nous n’avions pas entendues sur l’Irak, où les introuvables armes de destruction massive ont été remplacées par l’impératif de libérer les Irakiens de leur dictateur et d’établir la démocratie !

Le glissement s’opère en Libye, où l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne est jugée « insuffisante » pour protéger les civils et où les appels à l’intervention au sol se font très pressants. Gageons que derrière les envolées lyriques sur la liberté et la démocratie, d’âpres discussions se font déjà dans les pays occidentaux et à Benghazi sur la manière de partager le butin.

Mais ce serait scandaleux de faire ce constat élémentaire ! Comme il était « scandaleux » pour l’establishment américain et les assassins qui occupaient la Maison-Blanche et le Pentagone que M. Alan Greespan, ancien directeur de la Réserve fédérale américaine, lâche une petite phrase franche et nette dans ses mémoires The Age of Turbulence parus en septembre 2007 : « Cela m’attriste qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak est largement une question de pétrole ».

Selon les documents révélés par The Indépendant, le gouvernement britannique veillait à ce que le retour sur investissement dans la guerre soit assuré pour les compagnies BP et Royal Dutch Shell. C’est qu’ils sont efficaces ces messieurs ! Non seulement ils peuvent trouver de bons Arabes pour financer la guerre, mais ils s’arrangent à butiner en grand.

Ces dirigeants sans scrupule, fondés de pouvoir d’un capitalisme qui vit des désastres provoqués, comme l’a démontré de manière implacable le livre de la Stratégie du choc de Naomi Klein, se piquent de donner des leçons de morale aux autres. Ceux qui, par légitime répulsion à l’égard du grotesque dictateur libyen, approuvent aveuglément ce que font les Occidentaux, ne devraient jamais oublier qu’on a massacré des centaines de milliers de personnes en Irak pour l’unique motif de s’accaparer son pétrole.

Quand des troupes occidentales viennent « libérer » un peuple arabe, les dégâts sont forcément là et la facture très longue à payer.

M. Saadoune –

Le Quotidien d’Oran



7 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

 

7-1 Les règles de la propagande de guerre.
Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ? Oui.

1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.

Règle n° 1. Cacher les intérêts.
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.

La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :
1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.

De tout cela, zéro bilan.
Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.
L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent - la Russie, l’Iran et surtout la Chine - et les empêcher de s’allier.
On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée... Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.

Règle N°2. Diaboliser.
Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.

- En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).
- Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.
- La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.
- De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.
- Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.
- La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.
Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.

Règle N° 3. Pas d’Histoire !
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.

En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.
En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.
En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.
En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.
En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc...). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.
En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.
La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.
Règle N° 4. Organiser l’amnésie.
Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.
Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.

Michel Collon

22 mars 2011

http://michelcollon.info/Les-regles-de-la-propagande-de.html


Commentaires

C'est tres important de saver la verite. Merci pour votre blog.

Écrit par : software development companies | 25/09/2011

vous etes bien documentés,c'est du travail de pro

Écrit par : broker régulé | 10/11/2011

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