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25/04/2011

n°4 - Journaux de guerre - 24-04 - Fin - Barack Obama autorise l'utilisation de drones américains ...

n°4 - Journaux de guerre - 24-04 - Fin  - Barack Obama autorise l'utilisation de drones américains ...


 Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales.



Journaux de guerre

n°4                             24-04

C.Debroeder &  M.Lemaire



Le Journaux de guerre se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

 

2-Syrie

a) L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

b) Gilles Munier : Syrie, Libye - Comment la CIA provoque des ’révolutions’ dans les pays qu’elle veut soumettre.

c) Gilles Munier :  La Syrie, prochaine cible de l'OTAN ?

d) Bachar el-Assad lève l’état d’urgence en Syrie.

e) Manlio Dinucci : L’OTAN manque de bombes. Autres armes et avions pour la guerre.

f) Le chef d'état-major américain sceptique sur l'issue de l'opération en Libye

La semaine en ...

3 - Côte d'Ivoire

a) Bombardement massifs à Yopougon d'Abidjan.

b) Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, La France recolonise le pays.

La semaine en ...

4 Bahreïn

a) Alain Gresh : Silence sur Bahreïn.


La semaine en ...

2 - Syrie

a) L’opposition syrienne financée par Bush mais aussi par Obama.

 Selon les câblogrammes de Wikileaks et le Washington Post :

par la Rédaction de il manifesto

"Le Département d’Etat des USA a financé secrètement des groupes de l’opposition syrienne pour renverser Assad, et leurs projets parmi lesquels la télévision satellitaire Barada basée à Londres, selon des documents diffusés par Wikileaks et publiés hier par le Washington Post. La télévision Barada, qui prend le nom du fleuve qui traverse la capitale Damas, est liée au réseau d’exilés syriens basé à Londres, le « Mouvement pour la justice et le développement » : selon les dossiers des diplomates étasuniens à Damas et l’article du quotidien, le département d’Etat étasunien leur a versé depuis 2006 jusqu’à 6 millions de dollars pour, justement, mettre en œuvre la télé satellitaire mais aussi pour financer d’autres activités en Syrie. Le flux d’argent a commencé sous la présidence de George W. Bush, après que, pendant son administration, les USA eurent, en 2005, gelé les rapports avec la Syrie et mis le pays sur liste noire à cause de son soutien au Hezbollah libanais. Jusqu’ici rien d’étrange : il est logique que Bush et sa bande (terme d’origine, NdT) de neo-cons fussent tentés aussi par un « regime change » à Damas, comme pour l’Afghanistan et l’Irak. Ce qui peut se révéler plus surprenant est, si l’on s’en tient aux câblogrammes et au Washington Post, que le soutien financier aux groupes d’opposition syriens ait continué même après l’installation d’Obama à la Maison Blanche (janvier 2009)" [...] 

Texte intégral des deux articles en pièce jointe et (avec photos) sur :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24394

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24395

http://www.voltairenet.org/article169489.html  


b) Gilles Munier : Syrie, Libye - Comment la CIA provoque des ’révolutions’ dans les pays qu’elle veut soumettre.

Syrie: Israël et les Etats-Unis jettent de l'huile sur le feu
Les manifestations qui ont lieu en Syrie font le bonheur des dirigeants israéliens. Bien que les contestataires syriens affirment être tous attachés à l’unité de la Syrie, le vieux rêve sioniste de partition du pays (1) en quatre Etats – sunnite, druze, alaouite, kurde - leur semble à portée de main.

Invité aux Etats-Unis par le Centre S. Daniel Abraham pour la paix au Moyen-Orient (2) Shimon Peres a été reçu, le 5 avril dernier, à l’USIP - United States Institute for Peace - un think tank créé par le Congrès américain en 1984 pour « prévenir et résoudre les conflits dans le monde ». Il a appelé la « Communauté internationale » a soutenir la « transition en Syrie » (3). Apparemment sur la même longueur d’onde que les anciens chefs des services de renseignements israéliens – Mossad et Shin Beth – qui avaient présenté un nouveau plan de paix quelques jours plus tôt (4), il a offert de restituer à la Syrie le Golan, occupé en 1967 puis annexé en 1981. 

 Alors qu’il ne devrait être question que du respect des résolutions des Nations unies, Shimon Peres a posé trois conditions: que la Syrie « divorce » d’avec l’Iran et le Hezbollah, que le plateau soit démilitarisé, que le retrait israélien s’effectue dans le cadre d’un traité de paix. Après avoir regretté le renversement de son ami Hosni Moubarak, il s’en est ensuite pris aux Frères musulmans égyptiens, incapables, selon lui, de faire reculer la pauvreté (« Le problème de l’Egypte », a-t-il déclaré, « n’est pas de prier dix fois par jour… »).

  Les Arabes du Golan (5) occupé, vaccinés contre les promesses fallacieuses des gouvernements israéliens successifs, ne se font pas d’illusion. Ils ont manifesté en nombre le 2 avril à Buqata, en brandissant des drapeaux syriens et des photos de Bachar al-Assad. « Nous sommes venus pour soutenir le dirigeant de notre patrie, que des gens tentent de gêner dans sa gestion du pays », a dit un druze à Ynet (6), site d’information israélien proche des colons.

Financement de groupes d’opposition par les Etats-Unis 

Dans l’ombre, en coordination ou non avec Israël, les Etats-Unis - voire Qatar - des forces s’affèrent pour renverser Bachar al-Assad et le régime baasiste. Selon un télégramme diplomatique révélé par WikiLeaks, Saad Hariri – Premier ministre libanais - a demandé aux Etats-Unis, en août 2006, d’isoler le président syrien et de le remplacer par une coalition d’opposants comprenant l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam – dont il finance en partie les activités - et les Frères musulmans (FM) (6).

D’autres télégrammes, également révélés par WikiLeaks, font état du financement de l’opposition syrienne par le Département d’Etat américain (7). Parmi les bénéficiaires : le Mouvement pour la justice et le développement, basé à Londres, dont les membres sont décrits comme des « libéraux, islamistes modérés », d’anciens Frères musulmans. Sa chaîne satellitaire Barada TV aurait perçu six millions de dollars depuis 2006. Des fonds sont également versés à des organisations – dites citoyennes - par le Conseil de la démocratie de Los Angeles. Au total, le Département d’Etat aurait consacré environ 12 millions de dollars entre 2005 et 2010 à ses programmes de subversion en Syrie. Malgré la nomination d’un ambassadeur à Damas par Barack Obama, des versements se poursuivraient en sous-main.

Notes :

(1) Oded Yinon, journaliste lié au ministère des Affaires étrangères israélien, a publié en 1982 « Une stratégie pour Israël dans les années 80 », dans Kivunim, une revue de l’Organisation sioniste mondiale, où il préconisait la partition de l’Irak et de la Syrie en « zones ethniques et religieuses monocolores ». Cf. la traduction de l’article en anglais par Israël Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des droits de l’homme :

http://members.tripod.com/alabasters_archive/zionist_plan.html 

(2) Think tank fondé par le milliardaire américain Daniel Abraham qui a fait fortune avec le régime amaigrissant Slim Fast. Il est proche, politiquement, de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert et de Shimon Peres, et un des donateurs du Parti démocate.   

(3) Israeli president calls for democracy in Syria, par  Josh Rogin (Foreign Policy - 7/4/11)

http://thecable.foreignpolicy.com/posts/2011/04/07/israeli_president_calls_for_democracy_in_syria

(4) Former Israeli defense chiefs draft new Mideast peace plan (Haaretz – 5/4/11)

http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/former-israeli-defense-chiefs-draft-new-mideast-peace-plan-1.354278

 «L’inititive de paix israélienne », conçue « à la lueur des événements dramatiques au Moyen-Orient » (c'est-à-dire les révolutions arabes) a été signée par un quarantaine de personnalités israéliennes, dont Dany Yatom (ancien chef du Mossad), Yaakov Perry et Dany Ayalon (ancien chef du Shin Beth), Amnon Lipkin-Shahak (ex-chef d’Etat major de l’armée), Amran Mitzna (ancien secrétaire du Parti travailliste), et par Youval Rabin, fils de Yitzhak Rabin. Les signataires proposent qu’Israël évacue une partie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, la création d’un Etat palestinien comprenant la bande de Gaza, et la restitution du plateau du Golan à la Syrie ; le tout en échange d’un traité de paix. 

(5) La résistance des Arabes du Golan, par Gilles Munier

http://0z.fr/3S0mM 

(6) Des druzes du Golan manifestent pour le président Assad

http://www.jforum.fr/actualites/article/des-druzes-du-golan-manifestent 

(7) U.S. secretly backed Syrian opposition groups, cables released by WikiLeaks show

http://www.washingtonpost.com/world/us-secretly-backed-syrian-opposition-groups-cables-released-by-wikileaks-show/2011/04/14/AF1p9hwD_story.html

Gilles Munier
Mardi 19 avril 2011

http://mai68.org/spip/spip.php?article2532


c) Gilles Munier :  La Syrie, prochaine cible de l'OTAN ?

Comme les autres pays arabes, la Syrie est secouée par des manifestations d’opposants. A la différence de ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, dont les révolutions ont renversé des despotes pro-occidentaux, on ne peut parler dans son cas de soulèvement spontané, mais d’une opération de déstabilisation conçue aux Etats-Unis et en Israël.

Le 30 mars, dans son discours devant les parlementaires syriens, le Président Bachar al-Assad a dénoncé une « conspiration qui vient de l’étranger, mais aussi de l’intérieur du pays. Les personnes derrière cette tentative de déstabilisation mélangent trois éléments : les conflits religieux, les réformes et les besoins quotidiens du peuple », et il a accusé une « minorité » de semer le chaos.

Selon l’agence de presse indépendante Champress (1), les techniques d’agitation employées pour soulever la population à Deraa, près de la frontière jordanienne, ont pour origine un plan ourdi en 2008 par le prince Bandar bin Sultan, ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jeffrey Feltman, ancien ambassadeur américain au Liban (2004-2008). Objectif avoué : renverser le Président Bachar al-Assad et diviser la Syrie. Coût de l’opération : 2 milliards de dollars.

Tentative de coup d’Etat en Arabie 

A Washington, Bandar bin Sultan était surnommé Bandar-Bush en raison de ses liens avec l’ancien président étatsunien qui l’avait mis dans le secret du projet d’invasion de l’Irak avant le secrétaire d’État américain Colin Powell. Il est marié avec la princesse Iffat, fille du roi Fayçal, connue pour avoir versé des sommes importantes à une fondation caritative, retrouvées ensuite sur le compte bancaire d’un des pirates de l’air saoudien du 11 septembre.

Fin 2008, Bandar bin Sultan aurait tenté de s’emparer du pouvoir en Arabie, avec le soutien des néo-conservateurs américains. Le coup d’Etat, prévu pendant l’agression israélienne de Gaza, devait se dérouler au cours de la période de transition du pouvoir entre George W. Bush et Barack Obama (2). Alerté par les services secrets russes, le roi d’Arabie aurait fait emprisonner Bandar bin Sultan, ainsi que quatre officiers supérieurs (3), puis l’aurait éloigné du pays pour « raisons de santé ». Il est rentré en grâce en 2010. 

Son acolyte, Jeffrey Feltman, a été chef de la section politique de l'ambassade des États-Unis en Tunisie de 1998 à 2000. Début 2004, il a représenté la coalition à Erbil, au Kurdistan irakien. Nommé ensuite au Liban, il aurait participé à la création et au financement de l’organisation palestinienne Fatah al-islam, sponsorisée par l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, puis il a été de ceux qui ont désigné la Syrie responsable de l’assassinat de ce dernier.

 

Instrumentalisation des mécontentements 

Jusque dans les détails, les opposants syriens appliquent les directives du plan de 2008, ce qui n’a rien d’étonnant puisque Jeffrey Feltman est aujourd’hui sous-secrétaire d'État américain pour les Affaires du Proche-Orient. Les réseaux de mécontents dont la création était préconisée, via Internet, sont opérationnels. De petits rassemblements, organisés autour d’agitateurs, sont filmés avec des téléphones portables. Quant ils ne sont pas dispersés par la police, les badeaux sont attaqués par des voyous simulant « des forces de sécurité habillées en civil ». Les vidéos, généralement courtes, sont ensuite envoyées à la chaîne qatarie Al-Jazeera et aux médias internationaux. 

A noter que parmi les opposants syriens participant à la conspiration, le Parti de la Réforme de Syrie, basé aux Etats-Unis, est le plus actif, médiatiquement parlant. Proche du lobby pro-israélien américain AIPAC, il se veut l’équivalent syrien du CNI (Congrès national irakien) d’Ahmed Chalabi formé en 1992 par la CIA pour renverser Saddam Hussein. L’homme d’affaires Farid al-Ghabri qui le dirige s’est fait remarquer en manifestant devant l’ambassade de Syrie à Washington avec des militants de l’American Jewish Committee, puis en intervenant en 2007 à la Knesset à l’invitation du Likoud où les parlementaires arabes l’ont traité de mercenaire (4).

Les phases ultimes du plan Bandar-Feltman comprennent l’organisation de troubles ethniques et religieux, de dissensions dans l’armée, et la constitution d’un conseil politique destiné à être reconnu par les Occidentaux et leurs obligés arabes. Si, ce qu’à Dieu ne plaise, les conspirateurs parviennent à leurs fins, il ne manquera plus alors qu’un Sarkozy de service et des bombardiers de l’OTAN pour venir en aide aux rebelles…

Comme l’a déclaré Bachar al-Assad au Parlement, la Syrie traverse « un moment exceptionnel qui apparaît comme un test de son unité ».

Gilles Munier,

 (1) Media sources reveal details of a conspiracy by Bandar Bin Sultan and Feltman to “destroy” Syria

http://www.champress.net/index.php?q=en/Article/view/86507

(2) L’Arabie saoudite face au double défi Part 2/2

http://www.renenaba.com/l%E2%80%99arabie-saoudite-face-au-double-defi-part-22

(3) Where is Saudi Prince Bandar bin Sultan ?

http://thegulfblog.com/2010/01/20/where-is-saudi-prince-bandar-bin-sultan

(4) Arab MKs attack visiting exiled Syrian leader

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3411213,00.html

Gilles Munier, l

4 avril 2011


d) Bachar el-Assad lève l’état d’urgence en Syrie.

Bachar el-Assad a promulgué trois décrets, approuvant la levée de l’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis 48 ans, l’abolition de la Cour de sûreté de l’État et un changement de la réglementation concernant les manifestations.

La fin de l’état d’urgence, en vigueur depuis l’arrivée au pouvoir du parti Baas en mars 1963, était l’un des principaux prétextes à la "contestation". S’il faut des guillemets au mot "contestation" dans ce cas, c’est parce que les "manifestants" sont manipulés par l’État d’Israël, via Facebook qui appartient à la CIA. C’est d’ailleurs de la ville syrienne de Deraa, proche du plateau du Golan occupé par Israël qu’est partie l’insurrection armée déguisée en "manifestation pacifique".

Israël et les USA, le Mossad et la CIA, voudraient installer en Syrie un pouvoir qui leur soit favorable. Rappelons que l’actuel pouvoir en Syrie soutient la résistance libanaise (le Hezbollah de Nasrallah) contre l’expansionisme israélien.

Rappelons aussi que tous les peuples arabes soutiennent la résistance à Israël et qu’en ce sens, le pouvoir actuel en Syrie est bien plus démocratique, puisqu’il fait au moins de ce point de vue ce que veut la population, qu’un éventuel futur pouvoir à la botte de l’impérialisme américano-sioniste tel que les anciennes dictatures de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Égypte.

http://mai68.org/spip/spip.php?article2726


e) Manlio Dinucci : L’OTAN manque de bombes. Autres armes et avions pour la guerre..

Régimes de transition et gestion conjointe

"Mustapha Abdul Jalil, qui, il y deux mois encore, était ministre de la justice de Kadhafi, est aujourd’hui en visite officielle à Rome où, en habit de « président du conseil national de transition libyen », il rencontre le ministre des affaires étrangères Franco Frattini et le président du conseil Silvio Berlusconi, et sera reçu par le président de la république Giorgio Napolitano. Ce qui intéresse le plus Jalil est ce que Frattini lui a promis à la récente réunion du « Groupe de contact » à Doha : « Des armes mais aussi des instruments de communication et des appareils pour l'interception des communications radio du régime ».

    Le général Abdul Fatah Younis, chef d’une tribu de la Cyrénaïque qui était, jusqu’à il y a deux mois, ministre de l’intérieur de Kadhafi et qui est maintenant à la tête des forces anti-Kadhafi, a déclaré dans une interview à Al Arabiya que ses forces « reçoivent des armes », même s’il n’a pas spécifié de qui. L’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa al -Thani, l’a dit, en déclarant à CNN avoir envoyé des fournitures d’armes aux rebelles. Ces derniers jours de nombreux containers d’ « aides humanitaires » sont arrivés à Bengazi, du Qatar. Qui, rappelle le New York Times, a déjà reconnu, avec l’Italie et la France, le conseil de Bengazi comme « gouvernement légitime de la Libye ». [...]

Manlio Dinucci



La semaine en ...

3 - Côte d'Ivoire

a) Bombardement massifs à Yopougon d'Abidjan.
La commune de Yopougon, reputé pro-Gbagbo, fait l'objet de bombardement intense des Force républicaine de Côte d'Ivoire (FRCI) et de l'ONUCI, depuis hier nuit et toute cette journée du 20 avril.

 Apres l'ultimatum donné lundi dernier par les nouvelles autorités de Côte d'Ivoire, pour le dépôt des armes des résistants, l'offensive est désormais lancée contre cette poche de résistance; une poche de résistance, qui selon le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, serait composée de jeunes patriotes et de mercenaires à la solde du président sortant ivoirien, Laurent Gbgbo;

Selon cette offensive militaire, il faut en finir une bonne fois pour toute; pour pacifier définitivement le pays et lancer le programme de reconstruction; d'où le pilonnage à l'arme lourde et des obus, de tout le quartier de Yopougon;

 Selon des habitants joints à Xinhua, ces tirs désormais incontrôlés font de nombreuses victimes au sein des populations civiles de cette commune, la plus grande de Côte d'Ivoire; " Nous lançons un SOS, à la communauté internationale, diront Konan Henri et Lago Paul, habitant cette commune sinistrée, pour que cessent ces tueries massives des populations civiles, lancée par les FRCI et l'ONUCI".

Cette nouvelle offensive militaire fait peur à la population; une population ivoirienne qui n' a plus d'argent, plus de nourriture, ni de médicaments pour survivre.

xinhua ,

21/04/11
http://french.peopledaily.com.cn/96852/7357435.html 


b) Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, La France recolonise le pays.
C’est clair. La France a créé le chaos en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, elle procède à sa recolonisation.

Le Plateau, le Manhattan ivoirien, cité des affaires, n’est plus que l’ombre de lui-même. Vitrine de la Côte d’Ivoire, cette commune est plongée dans un désordre total duquel il lui sera difficile de se relever. Tout a été pillé par les hommes que la France y a déversés. Cette cité est aujourd’hui à l’image de Bouaké, Korhogo, Man… Des villes pillées, ruinées par la rébellion. Aucun magasin ni supermarché n’est épargné, encore moins les bureaux de l’administration. Tout a été emporté par les pillards que le camp Ouattara qualifie d’anonymes. Alors que c’est le fait de ses combattants qui nous ont habitués à de telles scènes.

 [...]

A la vérité, la France vient de réaliser son rêve : mettre la Côte d’Ivoire à genou. Le pays s’est retourné à l’Etat sauvage. Plus aucune structure, police, - aucune gendarmerie et autres services-, de l’Etat ne fonctionne. Ce sont les combattants à la gâchette facile que la France y a déversés, qui font la loi. Gare à celui qui les défie. Il prendra une décharge de plomb qui le fera taire à jamais. « Ils ont exécuté un voisin du quartier qui a refusé de leur remettre sa voiture. A qui le tour demain ?», a expliqué un habitant d’Angré, la peur au ventre.  

Et conscient de cela, Alassane a renforcé la démarche colonisatrice de la France, en lui confiant, (à la Licorne et à l’Onuci) officiellement, la sécurité du Port autonome d’Abidjan et de points stratégiques comme l’Aéroport. Un port que Paris guettait depuis longtemps comme outil de recolonisation. Aberration que l’on n’a pas encore constatée dans des pays comme le Bénin et le Togo. En Côte d’Ivoire, la France se comporte en territoire conquis, comme à la « belle » époque coloniale. C’est elle qui fait désormais la loi en Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi la Licorne peut se permettre d’aller combattre à Yopougon, avec chars et autres armes lourdes, à la place de la rébellion. Leur prétexte, désarmer les résistants pro-Gbagbo. Alors qu’au même moment, les soldats français tolèrent les atrocités commises par les bandes armées venues du Nord. « La France est venue bombarder des civils ici à Yopougon. Nous ne savons à qui nous plaindre. C’est difficile. C’est comme si nous ne sommes plus des hommes », confie un habitant du sous quartier Koweït, théâtre des bombardements de l’armée française. Aujourd’hui, le peuple ivoirien élève la voix et confie son sort au Ciel. Puisque la France, dans sa volonté colonisatrice, s’adonne à tout, même au pire des exactions, comme au temps jadis.

Le Temps (Côte d'Ivoire),

22 avril 2011
http://news.abidjan.net/h/397311.html



La semaine en ...

4 Bahreïn

a) Alain Gresh : Silence sur Bahreïn.

Les images sur Al-Jazira se répètent et le monde arabe semble en suspens, hésitant entre révolution et contre-révolution. Des dizaines de milliers de manifestants et de manifestantes au Yémen, dont de nombreuses portant la burqa, réclament le départ du président et la démocratie. En Syrie, le feu éclate ici et là, et le régime semble incapable de répondre par autre chose qu’une répression brutale. En Egypte, le président et ses deux fils ont été arrêtés et interrogés par la police et le premier hospitalisé après une crise cardiaque ; l’enquête prouve au moins que le mouvement n’a pas été stoppé et, pas à pas, arrive à imposer des changements. En Libye, une sorte d’équilibre s’est établie entre les forces du colonel Kadhafi et celles des rebelles. Ces incertitudes ne doivent pas masquer l’essentiel : le mouvement déclenché par les Tunisiens a atteint tous les pays arabes – des blogueurs ont même été arrêtés aux Emirats arabes unis – et la région en sera profondément modifiée, même si les puissances occidentales n’arrivent pas à mesurer ce qui s’est passé (lire Marwan Bishara, « It’s Arab and it’s personal », Al Jazeera English, 12 avril). Nous non plus, sans doute, tellement ce tremblement de terre ébranle tous les paradigmes à travers lesquels on comprenait la région.

Il peut paraître étrange, dans ces conditions, et surtout à partir de Ramallah, d’écrire quelques lignes sur un petit émirat qui ne fait pas la Une, et au sujet duquel les dirigeants occidentaux, si prompts à dénoncer les répressions, semblent privés de parole. Pourtant, c’est là que la contre-révolution se déploie avec brutalité, menant une guerre confessionnelle. Les autorités de Bahreïn ont confirmé que Karim Fakhrawi était mort en détention : c’était un homme d’affaires, membre de l’organisation Al-Wefaq, qui disposait de 18 sièges sur 40 au Parlement élu (« Bahrain opposition figure ’dies in custody’ », Al Jazeera English, 12 avril). Il est difficile de se faire une idée de qui se passe, les autorités maintenant un grand silence et les arrestations arbitraires se multipliant : on évalue à plusieurs centaines de personnes, voire à un millier, le nombre de personnes incarcérées et au moins quatre sont mortes, sans doute sous la torture — pratique courante dans l’émirat depuis les années 1970, quand des conseillers britanniques encadraient la police locale. Les rapports de Human Rights Watch ou des articles de presse, comme celui paru dans The New York Times du 12 avril, jettent pourtant une lumière inquiétante sur ce qui se passe : Clifford Krauss (« Hospital Is Drawn Into Bahrain Strife ») : on y voit les autorités arrêter des médecins, entrer dans un hôpital, confisquer des dossiers médicaux de gens qui ont été soignés à la suite de la répression... En revanche, on peut noter le profil bas d’Al-Jazira, prise dans les relations complexes entre Qatar et l’Arabie saoudite.

Rappelons que le royaume est dirigé par une dynastie sunnite tandis que la majorité de la population est chiite.

La campagne de répression et l’intervention des troupes saoudiennes et du Golfe ont mis fin à toute idée de dialogue national. Pour les autorités, la majorité de la population chiite est désormais suspecte et accusée de collaborer avec Téhéran. Dans un entretien donné au quotidien Al-Sharq Al-Awsat le 20 mars, cheikh Abdalatif Al-Mahmoud, le leader du Rassemblement de l’unité nationale (dont le nom est bien trompeur, il ne représente qu’une partie des sunnites), affirme que les chiites avaient un plan pour s’emparer du pouvoir et organiser un coup d’Etat. Il divise les chiites bahreinis en trois catégories : ceux qui travaillent avec l’Iran, ceux qui attendent le résultat de la confrontation et ceux qui soutiennent le régime. Il affirme que ces derniers représentent 20% des chiites — une manière de reconnaitre que la majorité de la population du royaume s’oppose au régime. Rarement a-t-on vu quelqu’un dénoncer la majorité de son propre peuple comme des agents de l’étranger (je ne sais pas si c’est le caractère scandaleux des propos qui a amené le journal à ne pas traduire cet entretien sur le site en anglais).

La situation au Bahreïn est certes compliquée, et la dimension confessionnelle ne peut être négligée, mais le mouvement qui a débuté en février exigeait une constitution démocratique et la transformation de la monarchie en monarchie constitutionnelle. Bien des sunnites ont participé aux rassemblements. Pour connaître les détails de ce mouvement, et aussi les calculs des uns et des autres, on lira le rapport de l’International Crisis Goup, « The Bahrein Revolt », 6 avril 2011).

Ce sont les éléments les plus réactionnaires dans la famille royale qui ont à la fois utilisé la violence en faisant tuer des manifestants pacifiques et avivé le caractère confessionnel du conflit. La brutalité des forces de l’ordre, toutes sunnites, souvent composées d’étrangers naturalisés pour la seule raison qu’ils étaient sunnites, a pu se déployer encore plus avec l’entrée des troupes saoudiennes sous le drapeau de « Bouclier du désert », l’organisation commune de défense du Conseil de coopération du Golfe (CCG), composé de l’Arabie saoudite, Bahreïn, Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït et Oman. Mais, rien ne prévoit une telle intervention, si ce n’est une menace extérieure, qui n’existait évidemment pas à Bahreïn, même si le CCG dénonce l’Iran.

Les effectifs totaux des forces sous le commandement intégré s’élèvent à 40 000 hommes ; elles disposent d’une base permanente à Hafar Al-Batin (Arabie saoudite). En fait, c’est Riyad qui mène le jeu et des tensions se sont fait sentir au sein du CCG depuis l’intervention, Qatar regrettant que seule soit mise en œuvre la répression, alors qu’il faudrait relancer les tentatives de dialogue national. Pour Riyad, l’installation d’un régime démocratique à ses frontières (l’île est reliée à l’Arabie par un pont de 26 kilomètres) est d’autant plus inacceptable que Bahreïn jouxte la province est du royaume, où sont concentrées les ressources pétrolières et la minorité chiite saoudienne.

On lira une interview du commandant en chef de « Bouclier du désert » dans Al-Sharq Al-Awsat, 27 mars (traduit en anglais le 28 mars sur le site du journal, « A talk with Peninsula Shield force commander Mutlaq Bin Salem al-Azima »). La complaisance des questions est à la mesure de l’alignement du quotidien sur la politique saoudienne (lire Mohammed El-Oifi, « Voyage au cœur des quotidiens panarabes », Le Monde diplomatique, décembre 2006). Le commandant en chef affirme que la force intervenue à Bahreïn représente 10% des effectifs des forces de « Bouclier du désert », soit 4 000 hommes (et non 1 500, comme l’a rapporté la presse).

Bahreïn est le siège de la Ve flotte américaine et du commandement de la composante navale du Centcom et il offre aux avions américains une base (à Issa) ainsi que l’utilisation de l’aéroport international. La base contribue à 1% du PNB du royaume et Washington a décidé d’investir plus d’un demi-milliard de dollars d’ici 2015 pour en doubler les capacités (lire Alexander Cooley et Daniel H. Nexon, « Bahrein’s Base Politics. The Arab Spring and America’s Military Bases », Foreign Affairs, 5 avril.)

Bien que les Etats-Unis aient au départ été réticents face à l’entrée des troupes saoudiennes, ils se sont ralliés depuis à l’idée des ingérences iraniennes qui justifieraient la politique de la famille royale. La visite du secrétaire américain à la défense Robert Gates le 6 avril à Riyad a confirmé cet infléchissement.

S’il est probable qu’il existe des ingérences iraniennes (et aussi saoudiennes, américaines, etc.) et si les autorités de Téhéran ont condamné avec force l’intervention saoudienne, c’est surtout en Irak que les réactions ont été les plus vives, les chiites irakiens et bahreïnis étant très liés – et les relations entre Bagdad et Riyad sont déjà très tendues.

Le résultat sera sans doute l’aggravation des tensions entre chiites et sunnites, un moyen de détourner les révolutions arabes de leur objectif démocratique. La demande des pays du CCG de reporter le sommet arabe qui devait se tenir fin mars à Bagdad en est un signe parmi d’autres.

Alain Gresh

Mercredi 13 avril 2011

Alain Gresh est directeur adjoint du Monde diplomatique, spécialiste du Proche-Orient. 

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Monthulet


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