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30/04/2011

n°15 - Journal de Libye - 19-04 au 30-04 - Fin - La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.

n°15  - Journal de Libye - 19-04 au 30-04  -  Fin  - La rapine du siècle : l’assaut des « volontaires » sur les fonds souverains libyens.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.



Journal de Libye

                                                              n°15                                       19-04 au 30-04        

                                                             C.De broeder & M.Lemaire



Le " Journal de Libye" est  visible  sur les blogs : 

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site de Eva Resis           no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

5-1 Fidel CASTRO : Libye : un incendie qui peut tout embrasé.

6  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

6-1 Tony Busselen : Libye : Que sont devenus les arguments  des partis Belge qui ont soutenu la guerre ?

6-2 Jacques Borde : Libye – Vers l’impasse, selon le patron des forces US.

7 Annexe

7-1 Manlio Dinucci : Le terroriste libyen ami de Washington.

 


5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Fidel CASTRO : Libye : un incendie qui peut tout embrasé.
On peut être d’accord ou non avec les idées politiques du Kadhafi, mais nul n’a le droit de contester l’existence de la Libye comme État indépendant et membre des Nations Unies.

Le monde n’a pas encore atteint ce qui constitue aujourd’hui à mon avis une condition sine qua non de la survie de notre espèce : l’accès de tous les peuples aux ressources matérielles de cette planète, la seule de notre système solaire à réunir les facteurs les plus élémentaires de la vie que nous connaissons.

Les États-Unis eux-mêmes se sont toujours efforcés d’être un creuset de toutes les races, de toutes les croyances et de toutes les nations : blanches, noires, jaunes, indiennes et métisses, sans d’autres différences que celles de maîtres et d’esclaves, de riches et de pauvres, mais toujours dans les limites des frontières : au nord, le Canada ; au sud, le Mexique ; à l’est l’Atlantique ; à l’ouest, le Pacifique. L’Alaska, Porto Rico et Hawaï étaient de simples accidents historiques.

Le hic, c’est qu’il ne suffit pas du noble désir de ceux qui se battent pour un monde meilleur, ce qui est aussi digne de respect que les convictions religieuses des peuples. Il suffirait que des quantités relativement petites d’un certain nombre d’isotopes radioactifs émanent de l’uranium enrichi consommé par les centrales atomiques – car ils n’existent pas dans la nature – pour mettre fin à la fragile existence de notre espèce. Maintenir ces volumes croissants de déchets sous des sarcophages de béton et d’acier est l’un des plus gros problèmes de la technologie.

Des faits comme l’accident de Tchernobyl ou le séisme du Japon ont mis en lumière ces risques mortels.

Mais là n’est pas la question que je veux aborder aujourd’hui, sinon le spectacle étonnant que nous a présenté hier Walter Martínez dans son programme Dossier de la télévision vénézuélienne : la réunion entre le chef du département de la Défense étasunien, Robert Gates, et son homologue britannique, Liam Fox, qui s’est rendu aux USA pour discuter de la guerre criminelle déclenchée par l’OTAN contre la Libye. Un spectacle difficile à croire, mais digne d’un Oscar : le ministre britannique était un paquet de nerfs, il était tendu, il parlait comme un fou, on avait l’impression qu’il crachait ses mots.

Bien entendu, Gates l’attendait à l’entrée du Pentagone. Les drapeaux des deux pays, celui de l’ancien empire colonial britannique et celle de son fils putatif, l’empire étasunien, ondoyaient de chaque côté tandis que retentissaient les hymnes nationaux. La main droite sur le cœur, le salut militaire rigoureux et solennel de la cérémonie du pays hôte. Ce fut la cérémonie initiale. Les deux ministres sont entrés ensuite dans le bâtiment de la défense étasunienne. Ils sont censés avoir longuement parlé, si l’on en croit les images que j’ai vues quand ils sont revenus avec chacun un discours – sans doute préparé à l’avance – à la main.

L’environnement de ce scénario était constitué par du personnel en uniforme. À gauche, on voyait un jeune militaire, grand, maigre, rouquin en apparence, le crâne rasé, la casquette à la visière noire enfoncée presque sur la nuque, présentant le fusil, baïonnette au canon, sans ciller ni même sembler respirer, la vraie image du soldat prêt à tirer une balle de fusil ou un missile atomique emportant un charge destructive de cent mille tonnes de TNT. Gates a parlé en affichant le sourire et le naturel du maître de maison. L’Anglais, lui, en revanche, l’a fait comme je l’ai expliqué.

J’ai rarement vu quelque chose de plus horrible : il suintait la haine, la frustration, la fureur, il menaçait le dirigeant libyen dont il exigeait la reddition inconditionnelle. On constatait combien il était indigné que les avions de la puissante OTAN ne soient pas parvenus à faire plier la résistance libyenne en soixante-douze heures !

Il ne lui manquait plus que de s’exclamer : « Des larmes, de la sueur et du sang », à l’instar de Winston Churchill quand il avait calculé le prix que devrait payer son pays dans la lutte contre les avions nazis. Mais avec une petite différence : c’est l’OTAN qui joue maintenant le rôle des nazi-fascistes en lançant des milliers de missions de bombardement avec ses avions les plus modernes au monde.

L’administration étasunienne n’a pas hésité, elle, à autoriser l’emploi de drones pour tuer des hommes, des femmes et des enfants libyens, comme elle le fait toujours en Afghanistan, à des milliers de kilomètres de l’Europe de l’Ouest, mais cette fois-ci contre un peuple arabe et africain, sous les yeux de centaines de millions d’Européens et rien moins qu’au nom de l’Organisation des Nations Unies !

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré hier que ces actes de guerre étaient illégaux et sortaient du cadre des accords adoptés par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Les grossières attaques contre le peuple libyen qui prennent un caractère nazi-fascistes peuvent devenir le lot de n’importe quel peuple du Tiers-monde.

La résistance de la Libye m’étonne vraiment.

Maintenant, cette organisation belliciste est à la merci de Kadhafi. Si celui-ci résiste et refuse ses exigences, il passera à l’Histoire comme l’un des grands personnages des pays arabes.

L’OTAN attise un incendie qui peut tout embraser !

Fidel Castro Ruz
Le 27 avril 2011

Traduction J-F Bonaldi, La Havane
URL de cet article 13535
http://www.legrandsoir.info/Libye-un-incendie-qui-peut-tout-embraser.html



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

6-1 Tony Busselen : Libye : Que sont devenus les arguments  des partis Belge qui ont soutenu la guerre ?

Après quelques semaines de guerre, il est utile de comparer les arguments des hommes politiques qui ont approuvé l’intervention occidentale en Libye à la réalité de l’évolution de la guerre sur place.

Tony Busselen

 La guerre de l’OTAN contre la Libye se poursuit et on est loin d’une solution. L’OTAN soutient désormais les troupes anti-kadhafistes à l’aide conseillers militaires, et donc, de troupes au sol. Et la Belgique est toujours dans le cockpit : les F-16 belges mènent chaque jour une ou deux missions et, la semaine dernière, ont effectué des bombardements à quatre reprises. Mais quels étaient les arguments pour partir en guerre, et quelle est la réalité aujourd’hui ?

 

1er argument : « L’intervention militaire était nécessaire pour sauver des vies humaines »

Guy Verhofstadt (Open Vld) : « Au cours des prochaines semaines, nous découvrirons sans aucun doute des massacres collectifs. Il y aura dix fois plus de sang versé sans intervention. » (De Standaard, 18 mars) Wouter De Vriendt (Groen!) : « Nous ne pouvons assister passivement à la façon dont Kadhafi bombarde son propre peuple. » (De Standaard, 28 mars)

 

La réalité. Le conflit armée entre les troupes de Kadhafi et les rebelles s’est intensifié avec l’intervention, avec plus de tués et de blessés dans les deux camps. À Misrata, on dénombre jusque 100 morts par jour et l’Unicef parle de 20 enfants tués. Mais nous n’avons pas encore vu de massacres de masse sur des citoyens désarmés. Et l’OTAN fait aussi des victimes civiles : le 21 avril, sept innocents ont perdu la vie sous les bombes de l’OTAN. Toutes les tentatives pour résoudre le conflit de façon pacifique – cessez-le-feu, médiations, négociations – ont été balayées de la table soit par la résistance, soit par la coalition de l’OTAN.

 

2e argument : « Il s’agit uniquement d’une zone d’exclusion aérienne, avec des frappes chirurgicales »

Le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) : « Une zone d’exclusion aérienne implique l’élimination des appareils libyens en l’air et consiste également à neutraliser la défense antiaérienne du régime libyen. » Guy Verhofstadt (Open Vld) : « Une interdiction de vol efficace pourrait requérir quelques interventions chirurgicales, mais pas tellement. » (De Standaard, 18 mars)

 

La réalité. On ne tire pas uniquement sur des avions et sur la défense antiaérienne, mais aussi sur des chars, des entrepôts, des bâtiments et autres infrastructures qui sont également d’une importance vitale pour la population civile (entre autres, la distribution d’eau). Et on ne s’en tient pas à des bombardements : la pression pour envoyer des troupes terrestres s’accroît. Grande-Bretagne, France et Italie ont envoyé des conseillers militaires. Au Vietnam, à l’époque, cela avait commencé par des bombardements. Ensuite, il y avait eu les « conseillers » qui, peu de temps après, s’étaient révélés être des troupes de combat qui, durant des années, allaient semer la terreur dans une sale guerre.

 

3e argument : « L’action militaire sera de courte durée »

Wouter De Vriendt (Groen!) : « L’opération doit rester la plus courte possible. Nous devons éviter un scénario à l’irakienne. » Juliette Boulet (Ecolo) plaide en faveur d’une « intervention militaire ciblée, balisée, efficace, limitée dans le temps ». Mais la N-VA et le CD&V parlaient en même temps d’une opération de longue haleine. Le ministre des Affaires étrangères, Vanackere, parlait même « d’un à deux ans ». (Radio 1, 19 mars)

 

La réalité. L’OTAN s’embourbe dans la guerre en Libye, tout comme en Irak et en Afghanistan.

 

4e argument : « Il ne s’agit pas d’un “changement de régime” » 

Le sp.a, Groen! et Ecolo insistaient : le « changement de régime » ne figure pas dans la Résolution 1973 de l’ONU. Mais Peter Luyckx (N-VA) veut que l’intervention ait pour but de « débusquer Kadhafi, de l’arrêter et, enfin, de le traduire en justice ». Le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) a déclaré que « le régime de Kadhafi devait disparaître » et Jean-Marie Dedecker (LDD) dit qu’il faut y aller à fond, car « faire un petit peu la guerre est désormais devenu impossible ».

 

La réalité. Dès le premier jour, la France et la Grande-Bretagne y sont allées pour un changement de régime et c’est ce que veut aussi le président américain Obama. Que ceci aille à l’encontre du droit international, ils s’en moquent.

 

5e argument : « Nous ne le faisons qu’avec le soutien des pays arabes » 

Wouter De Vriendt (Groen!) a demandé des garanties pour l’implication des pays arabes, « sinon cette opération ne pourra être menée à bien ». Dirk Van der Maelen (sp.a) parlait d’un « grave problème » si le soutien des pays arabes et africains devait tomber à l’eau.

 

La réalité. Déjà le premier jour des bombardements, Amr Mousa, le secrétaire général de la Ligue arabe, se plaignait de voir les bombardements tuer des civils plutôt que de les sauver. Aux côtés de la coalition occidentale, nous ne trouvons que les mini-États pétroliers comme le Qatar et les Émirats arabes unis (avec, en coulisse, l’Arabie saoudite, pays antidémocratique). Pour le reste, la Ligue arabe et l’Union africaine ne veulent qu’une chose : une solution politique et non militaire.

 

6e argument : « Nous agissons sur demande et en soutien des rebelles qui veulent la démocratie » 

Juliette Boulet (Ecolo) a demandé « une intervention aérienne pour appuyer les insurgés ». Ecolo présente le Conseil national de transition comme « l’autorité légitime du peuple libyen ». Patrick Moriau (PS) baigne même en plein délire lyrique : « Il y a un nouvel espace politique qui est en train de se dessiner, entre la tyrannie et le djihadisme, entre Ben Ali et Ben Laden. »

 

La réalité. Vu de plus près, le Conseil national de transition ressemble plutôt à une combinaison entre… Ben Ali et Ben Laden ! La direction de la révolte est truffée de transfuges du régime Kadhafi et d’hommes de paille parachutés depuis les États-Unis. Vendredi dernier, le sénateur américain, républicain de droite, John McCain était en visite à Benghazi. Mais des formations islamiques tel le Groupe islamique combattant se réclamant d’Al-Qaïda, participent aussi aux combats et accroissent leur influence.

 

7e argument : « L’intervention militaire a le soutien du monde entier » 

Daniel Bacquelaine (MR) : « Il ne s'agit pas d'une intervention des Occidentaux en Libye, mais de défendre la conscience universelle. » Dirk Van der Maelen (sp.a) déclare ne pas vouloir perdre ce large soutien international.

 

La réalité. Il n’a jamais été question d’une communauté internationale unie au profit de l’intervention militaire. Les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) se sont abstenus au Conseil de sécurité de l’ONU et sont contre ; la plupart des pays arabes et africains sont contre, de même que l’ensemble de l’Amérique latine. S’il est question d’une « conscience universelle », elle ne peut être que pour la paix, pas pour la guerre.

  

Lire également le compte-rendu des débat de la chambre le 21 mars : http://csotan.org/textes/doc.php?art_id=540&type=documents ou http://www.lachambre.be/doc/PCRI/pdf/53/ip024.pdf

Tony Busselen

Solidaire, 28/04/2011

http://www.ptb.be/nieuws/artikel/libye-les-partis-qui-ont-soutenu-la-guerre-obliges-de-montrer-leur-jeu.html


6-2 Jacques Borde : Libye – Vers l’impasse, selon le patron des forces US.

Q – Où en est-on du conflit ?

Jacques Borde – En fait, la Guerre de Libye conduite par l’Axe atlantique, ne va pas très fort !

Je sais : j’ai l’air de rabâcher, mais ça n’est pas moi qui le dit, mais un expert en la matière, puisqu’il s’agit du Chairman of the US Joint Chiefs of Staff (CJCS, chef d’état major interarmes), l’amiral Michael Glenn Mike Mullen, en personne. « On se dirige certainement vers une impasse », a, en effet, déclaré à Bagdad l’amiral Mullen lors d’une visite aux troupes d’occupation américaines. « Dans le même temps, nous avons réduit entre 30 et 40% du gros de ses forces terrestres, de ses capacités au sol. Et elles vont continuer à diminuer avec le temps », a-t-il précisé. Ce qui voudrait dire, qu’entre 60% et 70% d’entre elles ont échappé aux frappes massives otaniennes. Ce qui en signifie pas, pour autant, que ce pourcentage soit opérationnel.

> De son côté, je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit, le Pr. Mathieu Guidère a estimé le nombres de blindés lourds loyalistes détruits à une centaine d’engins. Pas plus. Cela donne, en tout cas, une idée des capacités réelles des forces de l’Axe atlantique à conduire cette guerre avec l’efficacité qu’elles prétendent. En un mot comme en cent, si on est bien en Libye, ça n’est franchement pas le Pérou !

> Q – Que pensez-vous de l’offre de Kadhafi de refiler la patate chaude de Misrata aux tribus, tout en retirant ses forces régulières de la ville ?

> Jacques Borde – A priori, cela semble fort habile.

> Q – Les Occidentaux, et tout particulièrement les Européens ne risquent-ils pas, de leur côté, d’armer les insurgés ?

> Jacques Borde – Probablement. La tentation va être grande. Mais les risques aussi. Encore plus, même.

> Q – En quel sens ?

> Jacques Borde – Armer les factions que l’on contrôle – ou en l’espèce, qu’on CROIT contrôler – est un vieux truc de forces d’occupation. Tout le problème est que sa maîtrise reste délicate. Je vais vous donner deux exemples.

> Le premier a assez bien marché vu qu’il s’agit de l’Armée du Liban Sud(1), la milice qu’avait récupéré Tsahal dans la partie du pays des cèdres qu’elle occupait. À défaut de combattre très efficacement, les miliciens de l’ALS ont servi de force-tampon encaissant des coups très durs de la part de la Résistance Croyante(2). Tout au long de son existence, les pertes en équipements et armements ont toujours semblé supportables aux logisticiens israéliens.

> Second exemple, qui a beaucoup moins fonctionné : l’Irak. « Entre 2003 et août 2006 », rappelle Jacques Baud, citant l’Office of the Special Inspector General for Iraq Reconstruction(3), « les États-Unis ont fourni aux nouveaux ministères irakiens de la Défense (forces armées) et de l’Intérieur (services de sécurité et police) quelque 370.251 armes légères, pour un montant total légèrement supérieur à 133 M$US. Or, un audit mandaté par le Département de la Défense a montré que seuls 2,7% des armes (soit environ 10.000) ont fait l’objet d’un enregistrement de leur numéro se série selon les normes et que 14.030 armes ont échappé purement et simplement à tout enregistrement »(4).

> Q – Tiens, puisqu’on parle des Américains, l’agenda états-unien a-t-il changé ?

> Jacques Borde – Difficile à évaluer. Comme on dit chez moi, dans les Pyrénées, les Américains sont sur ce dossier « francs comme des ânes qui reculent » ! Par ailleurs, on ne peut pas dire que le le chef d’état major interarmes, se soit montré très disert. L’amiral Michael Glenn Mike Mullen, a surtout rappelé ce que l’on savait déjà. À savoir que la « communauté internationale » (sic) s’accordait à réclamer le départ de Kadhafi, tout en admettant ne pas savoir combien de temps il faudrait pour parvenir à ce but. « Chaque action entreprise par les pays se poursuivra pour faire pression sur lui jusqu’à ce qu’il parte. Est-ce qu’il finira par comprendre ? Je n’en sais rien », a reconnu Mullen.

> En fait, c’est à un autre titre que les propos de l’amiral Mullen me semble peu rassurants. Pour la coalition, il s’entend…

> Q – Qu’est-ce à dire ?

> Jacques Borde – Que le Chairman of the US Joint Chiefs of Staff ne semble pas montrer un grand intérêt pour le front libyen, qu’il a l’air d’abandonner quelque peu à ses petits camarades français et britanniques.

> Q – Est-ce une voix isolée ?

> Jacques Borde – Pas vraiment. Interrogé par les journalistes, le US Secretary of Defense (ministre de la Défense), Robert M. Gates, le patron direct de l’amiral Mullen, a, une fois de plus, réaffirmé que son pays n’avait pas l’intention d’envoyer de troupes, ni de conseillers militaires en Libye. À l’entendre, les États-Unis n’étofferont pas non plus leurs effectifs en Libye parce que cette guerre « coûte trop cher » pour Washington. Robert Gates n’a pas, non plus, manqué de rappeler que les troupes US sont déjà « trop éparpillées » dans le monde. Ce qui est rigoureusement exact.

> « 100.000 hommes en Afghanistan, 50.000 hommes en Irak… 18.000 Marines aident le Japon à rétablir la situation après le séisme et le tsunami. Nous n’avons jamais eu le moindre doute que le rôle des États-Unis en Libye serait limité », a souligné le ministre US de la Défense. Fermez le ban !

> Q – On a aussi parlé d’un déficit de moyens, côté européen. Que pouvez-vous nous en dire ?

> Jacques Borde – Ce sont surtout les media états-uniens qui ont creusé cette piste. Ce qui ne veut pas dire qu’ils aient torts. Ni raison d’ailleurs. Les media francophones et français ont été plus discrets. En revanche, une note confidentielle, pour le moins surprenante, est parue dans la presse spécialisée. Air & Cosmos, dont le sérieux n’est plus à démontrer, a écrit, je vous la livre en totalité, que « dans les jours qui viennent, les aviateurs français vont utiliser un « nouvel armement » en Libye : des bombes inertes, dites « bombes de béton ». En fait, il s’agit de corps de bombe d’entraînement de 250 kg non explosives faites à base de résine lourde dont de récents tests, conduits par le CEAM, ont démontré l’efficacité contre les chars et les véhicules de combat. Avec pour avantage de réduire au maximum les risques de dommages collatéraux »(5). Intéressant, non ? Évidemment, vu de l’autre bout de la lorgnette, on pourrait aussi écrire que « l’armée de l’air en est réduite à utiliser des bombes d’exercice » ! Alors, où se trouve la vérité ?

> Quitte à vous paraître méchant, je dirai plutôt que c’est davantage un déficit de résultats auquel nous assistons.

> Q – Dans quel sens ?

> Jacques Borde – Prenez simplement les résultats des raids. Le jeudi 21 avril 2011, les appareils de l’Otan ont effectué 152 missions, dont 62 sorties de combat. Résultat des courses : SEPT chars et TREIZE dépôts de munitions détruits. Et encore, TREIZE sites présentés comme des dépôts de munitions loyalistes, devrais-je dire.

> Si l’on reprend le chiffre de la centaine de blindés liquidés avancé par le Pr. Guidère, ce ratio doit être rapporté, pour être évalué correctement, au total du travail accompli par, l’aviation de l’Axe atlantique. Soit : 3.300 missions, dont 1.373 de combat, depuis le 31 mars où l’Alliance a pris le commandement de l’opération internationale en Libye. Pas très exaltant tout ça !

> Q – Va-t-on assister à un déploiement au sol ?

> Jacques Borde – La France continue de soutenir cette option contre vents et marées et plaide pour ce qu’elle appelle confusément une « opération militaire de soutien à l’aide humanitaire » (sic) destinée à Misrata. La porte-parole adjointe du Quai d’Orsay, Christine Fages, s’est encore exprimé en ce sens, vendredi. la diplomatie française.

> « Face à l’aggravation de la situation humanitaire, en particulier à Misrata, la planification d’une opération militaire de soutien à l’aide humanitaire se poursuit à l’état-major multinational de Rome » a, notamment, déclaré Mme Fages lors de son point de presse.

> Q – Et les salafistes, là-dedans ?

> Jacques Borde – Là, je vous arrête. Le terme de « salafiste » est inapproprié. Le salafisme est un mouvement réformateur, parfaitement respectable, qui a donné de grands réformateurs à l’Islam. Ceux que vous désignez sous ce terme, qu’ils reprennent, d’ailleurs, volontiers à leur compte, sont davantage des déviants que des disciples. Lisez ce qu’a écrit le Pr. Charles Saint-Prot(6) qui développe dans son Islam : l’avenir de la Tradition entre révolution & occidentalisation une idée apaisée de l’Islam en exposant que le véritable Islam, notamment largement l’Islam salafiste, est celui de la religion du « juste milieu » (dîn al wasat), celle d’une tradition réformiste, pratiquant l’ijtihad (l’effort d’adaptation) dans les affaires relatives à la vie sociale (mouamalat). Cette tradition réformiste est à l’opposé des dérives extrémistes minoritaires qui sont celles dont s’inspirent les djihâdistes.

> Pour simplifier vos salafistes, comme vous les appelez ont à peu près autant de rapport avec le salafisme original que tous les psys prétendant se référer à Sigmund Freud.

> Q – Vous ne croyez pas à la menace djihâdiste, en Libye, je veux dire ?

> Jacques Borde – Oui, Oui Mais et, Non. Décryptons : Oui, dans la mesure où des voix, notamment celle, ô combien exercée à traiter de ces problèmes dans la régions qui nous préoccupe, du président tchadien, Idriss Déby Itno, ont rappelé le rôle de groupes comme l’Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya (Groupe islamique combattant) sont effectivement présents en Libye.

> Oui mais, ensuite. Parce qu’il ne faut jamais oublier que derrière tout terrorisme djihâdiste, comme vous l’appelez, se cachent, aussi, des motivations locales et intrinsèques aux acteurs du pays. C’est ce qu’a clairement expliqué n°2 du Foreign Office, David Miliband lorsqu’il déclarait que « L’idée d’une « guerre contre la terreur » a donné l’impression d’un ennemi unifié et transnational incarné dans la figure d’Ossama Bin-Laden et Al-Qaïda. La réalité est que les motivations et les identités des groupes terroristes sont disparates. Le Laskhkar-é-Toïba a ses racines au Pakistan et dit que sa cause est au Cachemire. Le Hezbollah dit qu’il existe pour résister à l’occupation des hauteurs du Golan. Les groupes insurgés chi’ites et sunnites en Irak ont une myriade de demandes. Ils sont aussi différents que les mouvements européens des années 70 comme l’Ira, Baader-Meinhof et l’Eta. Tous ont utilisé le terrorisme et se sont parfois aidés entre eux, mais leurs causes n’étaient pas unifiées et leur coopération était opportuniste. Il en est de même aujourd’hui (…). La « guerre contre la terreur » a aussi impliqué que la réponse correcte était primairement militaire. Mais le général Petraeus m’a dit et à d’autres en Irak, que la coalition ne pouvait tuer pour sortir du problème de l’insurrection et du conflit civil »(7). Pour quelles raisons les choses seraient-elles différentes en Libye, où le morcellement et l’attachement tribaux sont omniprésents ?

> Non, parce qu’il serait temps de ramener cette menace à de plus justes proportions. Comme l’a rappelé Nicolas Gauthier, nous avons « …peur d’un terrorisme islamistes qui depuis le 11 Septembre, a fait bien moins de morts que celles occasionnées par les piqûres de serpents en Inde… »(8).

> Q – Un peu fort tout de même ?

> Jacques Borde – Oui, mais, outre que la formule n’est pas de moi, je dirai qu’une forme de distanciation est nécessaire sur ce sujet. En quoi un djihâdiste qui n’est reconnu comme islamiste par pratiquement aucun dignitaire musulman de renommée internationale devait être labellisé du terme de terroriste « musulman » ou même « islamiste » ? Les membres de l’Óglaigh na hÉireann (Irish Republican Army, IRA) sont-ils pour autant qualifiés de « combattants chrétiens » ou « terroristes catholiques », alors que l’attachement de la majorité de ses membres à l’Église catholique romaine & apostolique ne saurait être niée ? Et ils ne sont pas les seuls(9). Quid de l’Euskadi Ta Askatasuna (Eta) et de l’Asala(10). Comment comptez-vous qualifier des groupes comme les Cadwyr Cymru(11) et le Byddin Rhyddin Cymru Y Gweriniaethwyr 12gallois ? Le Dachnak arménien ? Et le Phineas Priesthood, mouvement radical chrétien US, spécialisé dans les attaques de banque et de cliniques pratiquant l’avortement ? D’ailleurs, avant de vouloir régenter le monde en matière de terrorisme, les États-Unis seraient bien inspirés de, d’abord, faire le ménage chez eux…

> Q – Les États-Unis, comme État soutenant le terrorisme, c’est original ?

> Jacques Borde – Et pourquoi pas ? Déjà, par son incapacité à faire le ménage chez lui. Commençons par les chrétiens radicaux, notamment les mouvements anti-avortement prônant la violence, tels que listés par Jacques Baud dans son Encyclopédie des Terrorismes & Violences politiques :

> Advocates for Life. Joli nom ? Mais nos avocats pour la vie de l’Oregon prônent le meurtre des médecins avorteurs.

> American Coaltion of Life Activists, une dissidence radicale d’Operation Rescue.

> Christian Action Group, du Mississippi, prône, lui aussi, le meurtre des médecins avorteurs.

> Collegiates Actrivated to Liberate Life.

> Defensive Action. Prône le meurtre des médecins avorteurs et, pour faire bon poids bonne mesure, celui de leurs avocats.

> Helpers of God’s Precious Infants.

> Life Enterprises. Prône le meurtre des médecins avorteurs, de ceux qui les aident et de tous ceux qui militent pour le libre choix. Un remake US de notre « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

> Life Ministries.

> Missionaries of the Preborn National.

> Operation Rescue.

> Operation Rescue National.

> Pro-Life Action Network.

> Pro-Life Virginia.

> Rescue America.

> Mais, les États-Unis hébergent sans doute l’une des principales organisations terroristes au monde : le Ku Klux Klan. En effet, le Klan compte un total de 85, oui 85 factions ! Officiellement, il abrite deux principales organisations dites « de combat » : les Keltic Kirk Knights of the KKK et les Orion Knights of the KKK, qui ne sont rien d’autres que des milices armées et sont impliqués dans des activités relevant largement du crime organisé de type mafieux. Je finirai ce, court, énoncé du terrorisme états-unien avec The Mountaineer Militia (TTM), milice de Virginie Occidentale qui, avant son démantèlement par le FBI, cherchait à offrir ses services sur le « marché » du terrorisme international…

> Q – Mais ce ne sont pas des groupes religieux à proprement parler ?

> Jacques Borde – Sauf qu’ils sont tous chrétiens, WASP pour être plus précis et combattent les Juifs, les Catholiques, les Afro-Américains, les Musulmans et, bien sûr, l’État fédéral. Or, étrangement, les seuls groupes d’opposition armée qu’on labellise religieusement sont ceux qui ont une composante musulmane. Sauf bien sûr si cela arrange leurs sponsors occidentaux. Comme le Sazéman-é-Mujaheddin-e-Khalq-é-Iran (MeK, Organisation des Combattants du peuple iranien), dont la composante religieuse, pour ne pas dire mystique, est totalement mise sur la touche lorsqu’on parle d’eux.

> Comble du ridicule, certains journalistes peu scrupuleux arrivent même à étiqueter comme « musulmans » des groupes se définissant comme nationalistes et non-confessionnels. Exemple : le Parti social nationaliste syrien (PSNS)(13), dont les dirigeants sont des chrétiens de rite grec-catholique(14), ainsi que leurs principaux martyrs (dont des femmes) morts au cours d’opérations suicides.

> Q – Donc nous avons une approche erronée de la menace terroriste dite, selon-vous, islamiste ?

> Jacques Borde – C’est le moins qu’on puisse dire. Laissez-moi vous lire ce qu’en dit l’un des meilleurs spécialistes du genre, Jacques Baud, lorsqu’il nous rappelle la nature défensive du djihâd :

> « En Occident la notion du djihâd est mal comprise et souvent associée à l’idée de croisade, de conquête et de guerre contre l’Occident. Or, la traduction occidentale de « djihâd » par « guerre sainte » est inexacte et nous renvoie au vocabulaire (chrétien !) des Croisades. En arabe, le mot « guerre », dans son sens militaire, se traduit par « harb » ou « qital ».

> « Le mot « djihâd » est étymologiquement lié à la notion de s’efforcer (djahada), d’effort (djouhd) ou de résistance, de refus d’abandon aux tentations. Il désigne avant tout la volonté de défendre à titre individuel ou collectif l’Islam contre une agression extérieure, que celle-ci soit d’ordre moral ou physique. Le djihâd est donc essentiellement une attitude de l’esprit, qui cherche à préserver un ensemble de valeurs et qui suppose un certain nombre de sacrifices pour y parvenir.

> « Le « djihâd dans la voie de Dieu » (djihâd fi Sabil Allah ou djihâd fi sabilillah) peut prendre des formes diverses et de nombreux exégètes musulmans ont exprimé des vues différentes à ce sujet, qui ne sont pas nécessairement contradictoires et appartiennent au débat intellectuel normal. Parmi les nombreuses lectures possibles du djihâd, quatre formes sont plus fréquemment évoquées :

> Djihâd bil-Nafs (djihâd avec l’âme), qui est une lutte individuelle et intérieure contre le mal. Il constitue également la forme supérieure du djihâd (djihâd al-akbar) ;

> Djihâd bil-Lisan (djihâd avec la langue), qui est la défense et la diffusion de l’Islam par le verbe (da’awah), les sermons et l’écriture ;

> Djihâd bil-Yad (djihâd avec les mains), qui est la défense de l’Islam par ses actes, en pratiquant la charité, en prenant soin des déshérités, des veuves et des orphelins, ainsi qu’en exécutant le pèlerinage de la Mecque ;

> Djihâd bis-Sayf (djihâd avec l’épée), qui est la défense de la communauté islamique, lorsqu’elle est attaquée par un ennemi extérieur. Le fait de combattre pour la défense de la foi est également appelé « combat dans la voie de Dieu » (qital fi sibil Allah). Il constitue la forme inférieure du djihâd ».

> Dans sa note associée à ce passage, l’auteur précise qu’ « à l’époque où apparaît l’Islam, il n’y a pas de systèmes de sécurité sociale, les populations du désert, souvent nomades et sur un territoire sans frontières (califat) ne bénéficient pas de la protection et de l’aide d’un suzerain - comme on le voit à la même époque en Europe - le bien-être social dépend donc souvent de l’action individuelle. Le mariage avec plusieurs femmes est ainsi autorisé, afin que les veuves de ceux qui se sont battus pour l’Islam ne sombrent pas dans la misère »(15).

> Q – Tiens, pour finir cet entretien : que font les Russes ?

> Jacques Borde – Rien. Ou plutôt, si : ils parlent, commentent, condamnent…

> Q – Et ?

> Jacques Borde – Ils parlent, commentent, condamnent ! Des propos parfois, même souvent, non dénués d’intérêt. Mais dont personne ne tient compte. Côté occidental, je veux dire. Or, comme c’est le primus inter pares du camp occidental – j’ai nommé la thalassocratie états-unienne – qui conduit cette guerre, toute cette agitation ne sert pas à grand-chose.

> Q – Et ces propos, quels sont-ils ?

> Jacques Borde – Oh, je vais vous faire plaisir et vous citer ceux du Premier ministre russe, Vladimir Poutine, qui a estimé que la résolution est « viciée et inadéquate. Dès qu’on la lit, il devient évident quelle autorise n’importe qui à prendre des mesure contre un État souverain. Dans l’ensemble, cela me rappelle l’appel médiéval à la croisade ». Certes. Mais rappelons qu’en l’espèce, Poutine ne nous apprend rien de bien nouveau. C’est le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, qui a, de lui même, reconnu qu’il s’agissait bien d’une « croisade ».

> Q – La Russie ne vous a pas convaincu ?

> Jacques Borde – Absolument pas.

> Q – Elle aura, pourtant, tout fait pour se dédouaner ?

> Jacques Borde – Oui. Mais c’est trop facile de se défausser de sa propre irresponsabilité sur le dos des autres. C’est, visiblement, ce qu’a tenté de faire le représentant de la Russie au Conseil de sécurité des Nations-unies, M. Choukrin, lorsqu’il a affirmé que « La responsabilité des conséquences humanitaires inévitables de l’emploi excessif d’une force extérieure en Libye incombera clairement et entièrement à ceux qui entreprendraient une telle action ». Certes. Mais j’ajouterai qu’une responsabilité identique doit échoir à ceux qui se sont mis plus bas que terre au sein de ce même Conseil de sécurité des Nations-unies, en n’y imposant pas leur veto. À mes yeux, Moscou est aussi responsable que Paris, Londres et Washington de ce qui se passe actuellement en Libye.

Note(s) :
 1. Jaysh Lubnān al-Janūbiyy (Armée du Liban Sud, ALS,جيش لبنان الجنوبي). En hébreu :Tzvá Dróm Levanón (Tzadál, צבא דרום לבנון, צד"ל).
2. Là, l'auteur se réfère à une citation du secrétaire général adjoint du Hezbollah, Cheikh Na'ïm Qâssem, dans son dernier livre, et non au Mouqawamat al-Mou'mina, scission des années 86 du mouvement chi'ite Amal.
3. Iraqi Security Forces : Weapons provided by the US Department of Defense Using the Iraq Relief & Reconstruction Fund, SIGIR-06-033, October 28, 2006.
4. Encyclopédie des Terrorismes & Violences politiques, p.163, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
5. Air & Cosmos, n°2262 (22 avril 2011).
6. Islam : l'avenir de la Tradition entre révolution & occidentalisation. Charles Saint-Prot, Paris, Le Rocher, 2008 & La tradition islamique de la réforme, Paris, CNRS éditions, 2010.
7. War on Terror was wrong, David Miliband, The Guardian (15 janvier 2003), cité in Djihâd, l'Asymétrie entre fanatisme & incompréhension, p.58, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
8. Flash, n°61 (10 mars 2011).
9. Sont interdits au Royaume-Uni, en tant que groupes terroristes, les suivants : Continuity Army Council, Cumma na Ballan, Fianna na hEireann, Irish National Liberation Army (Inla) donr l'un des autres noms est Catholic Reaction Force, Irish People's Liberation Army (Iplo).
10. Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Hayastani Azatagrut'yan Hay Gaghtni Banak).
11. Gardiens du Pays de Galles, mouvement indépendantiste radical, auteur d'attentats anti-anglais dans les années 70.
12. Armée du Pays de Galles libre.
13. PSNS, soit : الحزب السوري القومي الاجتماعي, al-Hizb as-Sūrī al-Qawmī al-Ijtimā`ī), connu aussi sous le nom donné par la France de Parti populaire syrien (PPS) ou de Parti saadiste ou encore au Liban de Parti nationaliste (حزب القومي).
14. Donc rattachés à Rome.
15. Djihâd, l'Asymétrie entre fanatisme & incompréhension, p.19, Jacques Baud, Lavauzelle, 2009.
http://www.geostrategie.com/verbatim/libye-vers-limpasse-selon-le-patron-des-forces-us/3220
 Message du 28/04/11

 



7 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

7-1 Manlio Dinucci : Le terroriste libyen ami de Washington.

Les plus de 700 documents classifiés sur les détenus de Guantanamo rendus publics par Wikileaks confirment ce qu’en général nous savions déjà. Parmi les 600 prisonniers transférés dans d’autres pays et les 172 qui restent encore dans le centre de détention, il y a soit des militants de la Jihad et d’autres opposants, soit des personnes absolument extérieures à la lutte ; soit des vieillards, comme l’Afghan Haji Faiz Mohammed, interné à l’âge de 70 ans alors qu’il était atteint de démence sénile ; soit des enfants, comme le Pakistanais Naqib Ullah interné à Guantanamo à l’âge de 14 ans et, de plus, atteint de tuberculose, ou le Canadien Omar Khadr, interné à l’âge de 15 ans, accusé d’avoir tué dans un combat un soldat des forces spéciales étasuniennes en Afghanistan, et détenu depuis 9 ans.

Mais d’autres personnages de divers genres sont aussi passés dans les cellules de Guantanamo. Emblématique est ainsi l’histoire du Libyen Abu Sufian Ahmed Hamuda Ben Qumu. Né à Derna en 1959, il s’enrôla dans l’armée comme conducteur de char, mais fut ensuite condamné à 10 ans de prison pour assassinat et trafic de drogue. Enfui en 1993, il partit en Egypte puis en Afghanistan. Après avoir été entraîné dans le camp de Torkham d’Ossama Ben Laden, il participa à l’organisation de la milice taliban. Il fut ensuite transféré au Soudan, où il entra dans la Wadi al-Aqiq, une des compagnies de Ben Laden. Obligé de quitter le Soudan, il partit à Peshawar, au Pakistan, puis à Kaboul en 2001, toujours avec un rôle de dirigeant de la milice taliban. Capturé, on l’emmena à Guantanamo en 2002.

Dans le document classifié de la Joint Task Force Guantanamo du Département d’Etat étasunien de la défense, daté du 22 avril 2005, il est écrit que « le gouvernement libyen indique Qumu, détenu à Guantanamo, comme un des chefs extrémistes des Arabes Afghans (les moudjahiddines restés en Afghanistan et au Pakistan après la Jihad anti-soviétique), en lien avec les talibans et Al Qaeda ». Tripoli le considère donc comme « un élément dangereux, sans scrupules pour commettre des actes terroristes ». En syntonie avec ce jugement, le Département d’Etat étasunien de la défense conclut que « le détenu Qumu constitue un élément de risque moyen-élevé, une menace probable pour les USA, pour leurs intérêts et leurs alliés ».

Deux ans après seulement, en 2007, Qumu est transféré de Guantanamo en Libye, où l’année suivante il est amnistié et libéré. Aujourd’hui, rapporte le New York Times, il demeure « une figure de pointe dans la lutte des rebelles libyens pour renverser Kadhafi », à la tête d’ « une bande de combattants connue comme Brigade Derna », du nom de la ville natale de Qumu où est né le Groupe combattant islamique libyen (dont Qumu lui-même a fait partie). « L’ennemi et prisonnier des Etats-Unis est à présent un allié », commente le New York Times. Rien d’étonnant : le cas Qumu est emblématique de la façon dont, sous couvert de lutte contre le terrorisme, Washington recrute et manœuvre des groupes terroristes selon ses intérêts du moment.

En oubliant cependant le vieux diton : qui sème le vent récolte la tempête.

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci est géographe.

29 avril 2011   

Edition de mardi 26 avril 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110426/manip2pg/09/manip2pz/302089/  

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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