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17/05/2011

n°13 - Journal de Côte d'Ivoire - 14-04 au 16-05 – Début - Côte d'Ivoire, la loi du sang.

n°13 - Journal de Côte d'Ivoire - 14-04 au 16-05 – Début - Côte d'Ivoire, la loi du sang.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



       Journal de Côte d’Ivoire  

n°13                       14-04 au 16-05

 C.Debroeder &  M.Lemaire



Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne  des journaux en ligne suivants:

                  (Afp- ats - Ap - Reuters, Al-manar - Chine nouvelle-  CPI - IPC –Novosti-  PNN- Wafa –Sana – Radio chine internalionale - Al Manar & XINHUANET (Chine) 

   Mes informations sont le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos

 



Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve

a) sur nos  blogs :  http://www.dhblogs.be/categories/International.html

                               http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html

b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html

c) sur le site de Eva Resis :  no-war.over-blog.com

d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

e) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-              solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Côte d'Ivoire occupée   

Pierre Cherruau : Côte d’Ivoire, la loi du sang.

2 Politique 

2-2 Des Canons ... pas du beurre.

Points de la situation des combats dans le département de Soubré.

2-5 Les grandes manœuvres

L'investiture de Ouattara, menacée !

3   Politique internationale

a) Pays voisins

Le Benin, contre les agressions impérialistes en Libye et en Côte d'Ivoire.

4 Médias

4-1 Les révélations édifiantes de Jean Ziegler.

5 Dossier

5-1 Violences des États impérialistes 

5-2 Interview de Touré Moussa Zeguen.

5-3 Comment Ouattara compte envoyer Gbagbo au TPI.

5-4 Chute de Gbagbo: le rôle de la France "pose problème", selon Kagamé.  

5-5 David Gakunzi : Côte d’Ivoire : crimes d’Etat, terreur totale et silence complice des médias français.

Fin

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net .

6-1 Komla Kpogli : Tiken Jah Fakoly ou le faux rasta antifrançafricain.

7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

7-1 Stéphanie Dubois de Prisque : Côte d'Ivoire : Clarifications attendues de la part de la France et de l'ONU.

7-2 Aminata traoré « Quelle Afrique voulons-nous ? » 

Annexe

Paul Kagame: “Quelle image d’elle-même l’Afrique donne-t-elle au reste du monde?”



1 Côte d'Ivoire occupée   

Pierre Cherruau : Côte d’Ivoire, la loi du sang.

Laurent Gbagbo a été arrêté, Alassane Ouattara est installé à la présidence. Pourtant, ce sont toujours les armes qui règlent confits et enjeux de pouvoir en Côte d'Ivoire.

Dans la nuit du 27 avril dans un quartier d’Abidjan, IB alias Ibrahim Coulibaly est mort. Assassiné par ses anciens compagnons d’armes. Sa vie tumultueuse s’est achevée dans son fief d’Abobo, dans le nord d’Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire. Là même où il avait réalisé quelques-uns de ses plus hauts faits d’armes. Depuis Abobo, IB dirigeait le fameux « commando invisible » qui avait réussi à déstabiliser le régime de Laurent Gbagbo.

IB n’était pas un petit chef de guerre parmi d’autres. Ibrahim Coulibaly avait joué un rôle de taille dans le coup d’Etat de 1999, qui avait fait tomber le régime d’Henri Konan Bédié. Par la suite, IB avait repris les armes en 2002. La rébellion menée par des nordistes avait failli emporter le régime de Laurent Gbagbo. Seule l’interposition des troupes françaises avait permis de sauver le pouvoir de Gbagbo. IB aimait à se présenter comme le « père de la rébellion ».

Si sa mort est un événement considérable, ce n’est pas seulement parce qu’IB était un personnage-clé de l’histoire ivoirienne de la dernière décennie. Ce n’est pas davantage parce qu’il s’agit d’une exécution sommaire. Ces derniers mois, les atrocités se sont multipliées. Début avril, lors de l’avancée sur Abidjan des troupes soutenant Alassane Ouattara, des crimes ont été commis –par les deux camps–, notamment à Duékoué dans l’Ouest. Des centaines de civils ont perdu la vie. Des enfants de 5 ans ont été brûlés vifs.

De même, lors de la chute de Laurent Gbagbo, des proches du Président sortant ont été battus à mort. Ils sont passés de vie à trépas sans autre forme de procès. Il en a été ainsi de l’ex-ministre de l’Intérieur Désiré Tagro, qui avait pourtant joué un rôle-clé dans les négociations de reddition de Laurent Gbagbo. Il est mort le 12 avril des suites de blessures infligées après la prise d’assaut du palais présidentiel où étaient réfugiés les derniers fidèles de Laurent Gbagbo.

Répartir le pouvoir par la violence

Toutes ces atrocités ont suscité relativement peu d’émoi. La communauté internationale considérant que le combat des hommes de Ouattara était une « noble cause » dès lors qu’il s’agissait de conduire au palais présidentiel un homme bénéficiant de l’onction du suffrage électoral. Un élu que seule l’obstination de Laurent Gbagbo empêchait d’exercer le pouvoir.

Une idée un peu naïve avait fait son chemin : dès que « Gbagbo le têtu » aura rendu les armes, tout ira pour le mieux dans le pays. Comme par un coup de baguette magique. Mais il n’en est rien.

Longtemps, il a été de bon ton de dire que les armes étaient uniquement utilisées pour faire respecter le verdict des urnes. Mais la mort d’IB montre qu’elles servent aussi à redistribuer « le gâteau », les dépouilles. IB réclamait le titre de général trois étoiles. Il refusait de faire allégeance à Guillaume Soro, le Premier ministre de Ouattara. La réponse ne s’est pas fait attendre.

Pour réclamer le départ de Laurent Gbagbo, les partisans de Ouattara faisaient sans cesse référence au respect de l’Etat de droit. A l’esprit des lois. Mais plus qu’à Montesquieu et à son Esprit des lois, certains d’entre eux semblent emprunter à la pensée de Joseph Staline. Penseur beaucoup moins sophistiqué que Montesquieu, le dirigeant soviétique n’hésitait pas à dire : « Quand il n’y plus d’hommes, il n’y a plus de problèmes. »

IB avait sans doute commis des crimes. Mais n’aurait-il pas mieux valu le traduire en justice ? Sa fin prématurée pose questions à tous les Ivoiriens. Quel sort sera réservé à l’avenir aux ennemis du régime ? Ou même à ceux qui, sans lui être hostiles, réclament une partie du pouvoir ?

Quel avenir demain pour les partisans d’Henri Konan Bédié ? L’ex-président (au pouvoir de 1993 à 1999) qui avait appelé à voter Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle. Le poste de Premier ministre avait été promis à son parti. Mais pourra-t-il le réclamer ? Pourra-t-il l’obtenir ? Ces dernières semaines son silence est d’ailleurs assourdissant.

Si le président Ouattara n’a pas les moyens d’empêcher que ses soutiens ne règlent leurs conflits à l’arme lourde, comment peut-il gouverner le pays ? Comment peut-il empêcher d’autres règlements de comptes ? Au sein même de la population, chez les anonymes, un certain nombre de Bétés (l’ethnie du président Gbagbo) sont terrorisés. Ils n’osent plus sortir de chez eux de peur d’être victimes de violence. Le simple fait de porter un patronyme de l’Ouest est devenu dangereux.

Le climat est si lourd que les Ivoiriens se prennent à imaginer le pire. Si un conflit de pouvoir surgit entre Alassane Ouattara et son Premier ministre Guillaume Soro, il est difficile d’imaginer qu’il se réglera par la voie des unes. Avant de devenir chef-rebelle, IB avait un temps été le garde du corps d’Alassane Ouattara. Tout un symbole…

Qui va juger Laurent Gbagbo ?

Autre question en suspens, quel sort sera réservé à Laurent Gbagbo et à son entourage ? Ses proches se plaignent d’ores et déjà de ne pouvoir lui rendre visite. Dans quelle ville du Nord est détenu l’ex-président ?

Il serait dangereux pour les nouvelles autorités de ne pas lui réserver un jugement équitable. Lors de la présidentielle de novembre 2010, près de 45% des suffrages se sont portés sur son nom. Il était majoritaire à Abidjan.

Autre question épineuse : comment juger Gbagbo et son entourage, sans ouvrir la boîte de Pandore ? Au cours de la dernière décennie, bien d’autres crimes ont été commis, notamment par les ex-rebelles. Si la justice internationale enquête, elle mettra à jour les crimes des uns et des autres. Difficile à accepter pour certains chefs de guerre qui occupent aujourd’hui le haut du pavé.
Le président Alassane Ouattara a promis la création d’une commission vérité et réconciliation sur le modèle sud-africain. Mais ce type de structure ne peut fonctionner que dans une société pacifiée et démocratique. La Côte d’Ivoire est-elle d’ores et déjà pacifiée ? Est-elle déjà sur le chemin de la vérité et de la réconciliation ? « Rien n’est moins sûr », explique Alain, un Abidjanais qui se terre chez lui, en attendant les jours meilleurs promis par les nouvelles autorités.

Pierre Cherruau

6 mai

Source : SlateAfrique


2 Politique 

 

2-2 Des Canons ... pas du beurre.

Points de la situation des combats dans le département de Soubré.

Depuis que les forces résistantes ont entrepris de se replier vers leurs bases arrières pour laisser une chance à la réconciliation, elles font face à des provocations de la part des forces pro-ouattara.

Après les évènements de Dabou et de Grand-Lahou, elles viennent d'être attaquées dans les régions de Soubré et de Fresco par les FRCI, alors que celles-cei ne faisaient que traverser ces localités pour se rendre dans leurs bases.

La riposte ne s'est pas fait attendre. Les résistants ont pilonné les positions des forces rebelles de Ouattara jusqu'à les mettre en déroute surtout dans la ville de Fresco et dans la sous-préfecture d'Okrouyo, dans le département de Soubré. Localités que les forces résistantes ont occupé du vendredi 6 mai au Mercredi 11 au petit matin, selon des témoins sur place.

L'occupation de ces deux petites villes par les résistantes était dans le seul but de dégager le voix pour faciliter la traversée des véhicules de transport des troupes et les engins de combats, rapporte un combattant de la résistance. Lorsque l'opération s'est achevée, les combattants qui tenaient les deux localités, les ont abandonné pour rejoindre les autres troupes qui étaient déjà très avancée dans leurs migrations vers leurs bases arrières.

Il faut tout de même signaler que pendant ce temps d'occupation, les forces pro-ouattara mises en déroute ce sont réorganisées. Avec des renforts venus de Bouaké, de Gagnoa, et d'Abidjan, elles ont tenté de déloger les forces résistantes, mais en vain. Elles ont plutôt essuyer d'énormes pertes en vies humaines et en matériels de guerre.

Les forces pro-ouattara ont donc replié, pour revenir après le départ des forces résistantes. Pour venger leurs morts, ces forces sanguinaires deOuattara, s'en sont pris comme d'habitude aux populations autochtones supposées favorables au régime du président Gbagbo.

Jusqu'à ce que nous mettions sous presse, les exactions n'avaient pas cessé. Les populations autochtones d'Okrouyo vivent actuellement l'enfer. Leur chef de village et l'un de ses notables, présentés comme un soutien fort aux résistants, ont été abattus. Plusieurs villageois ont été faits prisonniers dans les villages de Gbalebouo et Zegbodoua, selon un habitant des lieux. A Gbalebouo par exemple, notre informateur relève sept arrestations tandis qu'à Zegbodoua, l'on enregistre 4 arrestations. Ceux qui ont été faits prisonniers et présentés comme "milices" à tort ont été conduits vers une destination inconnue. 

"Les FRCI mènent une chasse à l’homme dans les villages autochtones", rapporte un témoin. Selon ce même témoin, une fois arrivées dans les villages d'Okrouyo, Koudouhio, Madeihiri, les FRCI n'ont pas fait dans la dentelle. A l'en croire, elles auraient abattu les chefs des-dits villages avec leurs notables. «Présentement où je vous parle nous vivons mal, nous sommes en brousse, les allogènes ont monté les FRCI contre les autochtones», nous a-t-il expliqué, la voix à peine audible. Une autre source d'information sur place nous a indiqué que les FRCI sont aussi arrivés dans la localité de Pada où ils commettent actuellement des exactions sur les populations civiles.

http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/

12 mai 2011 ...
cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/article-points-de-la-situation-des-combats- dans-le-departement-de-soubre-73683979.html
 

 


2-5 Les grandes manœuvres

L'investiture de Ouattara, menacée !

La date du 21 mai 2011, prévue pour l’investiture du Président de la communauté internationale en Côte d’Ivoire, le Dr Alassane Ouattara, risque de ne pas avoir lieu.

En effet, selon des informations en provenance de l’intérieur du pays, des attaques sont annoncées dans les jours à venir, hypothéquant ainsi la grande messe voulue par le camp Ouattara à Yamoussoukro. Déjà des sources bien introduites annoncent la crainte de certains invités de marque, à y effectuer le déplacement, vu l’atmosphère devenue de plus en plus sensible.

On signale déjà des combats dans les localités comme Fresco, Sassandra, Gueyo et notamment Soubré, entre les forces pro-ouattara et celles des résistants. Ces derniers qui avaient observé un repli stratégique il y a une semaine, ont décidé selon ces mêmes sources, de revenir à la charge. Ainsi, ils se seraient déjà emparés des principales villes côtières et du Sud Ouest du pays, en attendant l’ouverture d’autres fronts. Une information qui jette un froid dans le camp Ouattara s’apprêtant à célébrer sa frauduleuse victoire à la présidentielle.

C'est la raison pour laquelle il a convoqué une réunion d'urgence de tous ses chefs de guerre, rappelés tous ceux qui ont été mis à l'écart, comme le GL Soumaïla Bakayoko.

Cette réunion a eu lieu le mardi 10/05/2011 à la primature.

Ainsi même protégés par l’armée française, Ouattara et ses hommes n’ont pas encore la maîtrise de la situation en dépit de ce qui se raconte.

 http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/article-la-gambie-reaffirme-son-soutien-au-pr-gbagbo-qu-elle-reconnait-comme-le-president-de-la-cote-d-ivo-73584972.html 



3   Politique internationale

a) Pays voisins

Le Benin, contre les agressions impérialistes en Libye et en Côte d'Ivoire.

Depuis quelques mois, l’OTAN, les USA, l’Angleterre, la France, et beaucoup d’autres pays satellites, déversent des tonnes de bombes sur la Libye. D’une zone d’exclusion aérienne, on est passé par le droit de protection pour en arriver aujourd’hui au droit de mettre en place un régime soi-disant démocratique avec au besoin, l’assassinat du Colonel KHADAFI. Déjà des soldats sont à l’œuvre sur terre pour ce plan. 

C’est avec les mêmes mobiles que la France est intervenue en Côte-d’Ivoire pour bombarder la résidence officielle de GBAGBO pour mettre OUATTARA à sa place. Dans les deux cas, on assiste à la politique de la canonnière digne du 19ème siècle où des grandes puissances vont dicter leur loi aux pays faibles. Jamais on n’a vu un peuple aller faire le bonheur d’un autre à sa place. Dans les accords internationaux, tant que la possibilité n’existe pas au niveau des pays signataires d’un accord de pouvoir en user réciproquement, ces accords sont léonins. Nul n’imagine l’armée de Côte-D’ivoire venir bombarder l’Elysée.

Toutes ces interventions coloniales ont pour objectifs, l’accaparement et le contrôle des richesses de la Libye et de la Côte-d’Ivoire. Déjà, nous apprenons que les responsables occidentaux veulent débloquer l’argent de la Libye bloqué dans leurs banques au profit des dirigeants du CNT. C’est là un véritable acte de gangstérisme puisqu’ils se feront payer les armes qu’ils fournissent au CNT avec cet argent. Voilà pourquoi :

Le CCDB dénonce  ces agissements colonialistes de l’OTAN, des USA, de la France et des autres puissances impérialistes.

Apporte son soutien à la lutte anti-impérialiste des peuples libyen et ivoirien.

Félicite les organisateurs de la marche de ce jour.

Non au diktat des puissances impérialistes !

Vive la lutte des peuples pour leur émancipation.

06 mai 2011.  

canempechepasnicolas



4 Médias

4-1 Les révélations édifiantes de Jean Ziegler.

http://www.dailymotion.com/video/xiklld_cote-d-ivoire-jean-ziegler-fait-des-revelations-edifiantes_news#from=embed

http://afrohistorama.over-blog.com:80/article-cote-d-ivoire-les-revelations-edifiantes-de-jean-ziegler-73592663.html



5 Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

5-1 Violences des États impérialistes 

Entre loi de la jungle et loi de Lynch, ce sont toujours les travailleurs qui trinquent !

Déclaration de l’URCF

L’URCF attire l’attention de la classe ouvrière, des révolutionnaires, des démocrates, sur l’aggravation de la situation internationale, consécutive aux initiatives bellicistes et interventionnistes des pays impérialistes :

En Haïti, les États-Unis, la France dans son sillage, sont intervenus sans aucune pudeur dans le processus électoral pour imposer leur candidat, en dictant le résultat.

En Côte d’Ivoire, sans tenir compte des institutions légales, ils ont précipité le pays dans la guerre, et sont intervenus sous le couvert de l’ONU et de l’armée française, pour imposer par les armes un président dont la qualité principale est d’être dévoué au FMI, et pour emprisonner le président sortant.

Après avoir soutenu pendant des années les régimes antipopulaires en Égypte et en Tunisie, les mêmes gouvernements occidentaux et l’OTAN, avec une fois de plus le zèle hystérique du président Sarkozy, sèment la terreur en Libye. La résolution du Conseil de Sécurité, ingérence déjà inadmissible dans les affaires intérieures d’un État, est aujourd’hui considérée comme un chiffon de papier, et l’on assiste à une escalade militaire gravissime : Tripoli est bombardée jour et nuit, avec comme objectif l’assassinat de Kadhafi et de sa famille, comme viennent de le montrer les assassinats de son fils, de sa belle-fille et de ses trois petits-enfants.

Et maintenant, c’est l’assassinat, par les forces spéciales des USA, de Oussama Ben Laden au Pakistan. Il est clair que les communistes n’ont aucune sympathie pour un individu qui a été un des hommes liges de la CIA contre la révolution afghane. Mais pour autant, on ne saurait admettre que les relations internationales soient régies selon les méthodes de gangsters qui ont fait la réputation de Chicago pendant la prohibition, et qui furent celles que les puissances fascistes mettaient en œuvre dans les années trente. De la même manière, nous condamnons avec la plus grande vigueur les assertions, tant d’Obama que de Sarkozy, selon lesquelles « Justice serait faite » ! La justice n’est pas la Loi de Lynch ! D’autant que cette « opération » permet de faire taire un témoin gênant des opérations criminelles de l’impérialisme américain pendant les trente dernières années.

La crise générale que traverse le système capitaliste aujourd’hui avive la tendance des pays impérialistes à recourir à la guerre pour assurer leur position ou réclamer un nouveau partage du monde.

La lutte contre la guerre est un combat inséparable du combat pour renverser le capitalisme et pour la révolution socialiste. Dans une situation politique marquée par l’affaiblissement du mouvement révolutionnaire dans notre pays, les communistes doivent plus que jamais être à l’initiative pour faire surgir un puissant mouvement de la paix anti-impérialiste.

 2 mai


5-2 Interview de Touré Moussa Zeguen.

Abidjanici : 11 avril 2011-11 mai 2011, ça fait un mois que le président  Laurent Gbagbo a été enlevé par l’armée Française et déporté à Korhogo, nous voulons avoir  votre sentiment Mr Touré Moussa  Zeguen  à cette date importante pour les Ivoiriens

Touré Moussa Zeguen : oui cette date me fait prendre conscience que cela fait un mois que la France a  repris  possession de la colonie Ivoirienne.Ca fait un mois que la France a installé un sous-préfet contre le gré du peuple Ivoirien. Ce mois  pour moi je le ressens comme un siècle parce qu’il n’y a rien de pire pour la conscience Ivoirienne qui se bat depuis les 90 avec le président Laurent Gbagbo pour avoir la démocratie et la liberté que de se retrouver dans cette situation de recolonisation du pays. C’est un mois pour faire prendre conscience que nous avons passé un mois de vide dans notre combat et il faut que le peuple Ivoirien se remobilise très tôt pour reconquérir sa liberté.

Abidjanici : vous avez lancé un appel il ya quelque jours  via Internet, cela me rappel un autre message que vous avez  lancé sur notre site  au début de la guerre dans lequel vous dénonciez la guerre que nous faisait la France, quel sens donnez-vous ce message.

Touré Moussa Zeguen : Nous sommes en train d’entretenir notre opinion, nos compatriotes  Ivoiriens  et  Africains sur le fait qu’aujourd’hui  où notre peuple est martyrisé au vu et au su de l’opinion internationale, aujourd’hui où on tue en Côte d’ivoire sans que personne ne s’en émeuve.

Aujourd’hui où les rebelles massacrent nos populations nous voulons continuer notre combat pour dire aux Africains que ce n’est parce que nous avons perdu une bataille que les Africains vont désespérer de la Côte d’ivoire, que les Ivoiriens eux-mêmes vont désespérer de la Côte d’ivoire.

Nous avons seulement perdu une bataille devant l’armée Française, mais nous sommes en train de nous remobiliser parce que nul ne peut vaincre la volonté du peuple. Et c’est à ce peuple Ivoirien-là à qui je m’adresse premièrement pour dire que la jeunesse Ivoirienne n’a pas abdiqué, les leaders patriotiques n’ont pas abdiqué et à chaque étape du combat nous allons nous affirmer, et c’est au nom de ce peuple de Côte d’ivoire et de cette jeunesse de Côte d’ivoire que je  continue de lancer cet appel pour dire que nous continuerons vaille que vaille et que nous allons vers la victoire , la victoire qui est la libération de la Côte d’ivoire pour que la Côte d’ivoire soit un pays digne , un pays souverain.

Abidjanici : vous parliez tantôt des leaders de la galaxie patriotique qui n’ont pas abdiqué, nous ne saurions vous avoir en ligne sans prendre de nouvelles des autres membres de cette galaxie. Vous nous assurez qu’ils vont bien parce que les rumeurs vont bon train ici à Abidjan.

Touré Moussa Zeguen : je peux vous rassurer que tous les membres de la galaxie patriotique, ceux à qui vous pensez et ceux à qui vous ne pensez pas vont très bien et sont en bonne santé.

Aujourd’hui je peux vous rassurer, le général blé Goudé va très bien, serge kassy va très bien, Dakoury Richard va très bien, Idriss Ouattara va très bien, youssouf  fofana va très bien, watcha Kédjébo va très bien, Anoï Castro également.

Ce sont donc des jeunes requinqués et révoltés qui chacun à sa façon et ensemble réfléchissent à la libération de la Côte d’ivoire.

 

Abidjanici : de là où vous êtes vous avez certainement les échos du pays, vous avez des échos des exactions, vous avez des échos de ce que le peuple Ivoirien est embastillé, la presse d’opposition n’existe plus, il  n’y a qu’un seul discours. Que  l’opposition  elle même n’existe plus.

Quelle est donc votre réaction face à cet état de fait ?

Surtout qu’aujourd’hui une liste de personnes rattachés au pouvoir du président Gbagbo dont les comptes ont été bloqués vient d’être publiée où votre nom figure.

Quelle réaction quand on sait que Mr Ouattara parle de réconciliation avec une commission qui a été mise en place ?
Touré Moussa Zeguen : oui mais nous sommes  à un tournant de notre histoire où Dieu sait tellement faire les choses. Dieu n’agit pas selon  le timing des êtres humain.

Aujourd’hui le tournant auquel nous nous trouvons démontre qu’Alassane Ouattara est loin d’être un démocrate. Ils démontrent d’ailleurs, lui et sa bande, qu’ils ont peur de la contradiction, depuis que leurs parrains Français les ont installés il n’y a plus de journaux d’opposition, il n’y a plus d’autres voies contradictoires, on tue à longueur de journée, on pille à longueur de journée, on vole à longueur de journée, on viole à longueur de journée. Je pense que ce sont ces derniers faits qui ont fini de convaincre les Ivoiriens même ceux du rhdp que la Côte d’ivoire appartient désormais aux étrangers. On le voit dans nos villes, on le voit dans nos villages que c’est un diktat, que c’est le peuple Ivoirien qui a été affaibli et vaincu pour remettre la  Côte d ‘ivoire aux étrangers.

Je pense que ce tournant-là permet à l’ensemble des Ivoiriens de se réunifier, de se solidifier  pour pouvoir aller contre l’adversaire commun qui est l’impérialisme Français aidé par l’impérialisme américain. Cette situation ne fait que  nous raffermir dans nos convictions que  notre combat n’était pas contre les pantins que sont les Ouattara et autres, mais bien contre leurs maîtres qui les ont imposés-là .Et cela nous rassure aussi par rapport à cette situation que le peuple Ivoirien à fini de vomir ce régime sanguinaire et barbare, donc  tout ce qui nous reste c’est de nous préparer à leur apporter la riposte qui sera une révolution populaire.

Et je vous le jure le peuple Ivoirien meurtri aujourd’hui qui se tait pour beaucoup et pour beaucoup aussi qui s’en va hors de la Côte d’ivoire est un désaveu total pour le régime sanguinaire imposé par Sarkozy , et le peuple Ivoirien ne va tarder à réagir et c’est à cela que nous travaillons, nous ne pouvons pas supporter un seul instant dans notre conscience que ceux-là ils vont faire un an à la tête de notre pays.

Je voudrais  dire aux Ivoiriens que le refus de la contradiction, le refus de laisser une opposition civile exister, le refus de laisser un sentiment national exister c’est tout ceux contre quoi nous nous battions et que nous sommes toujours battus. Quand aujourd’hui on veut donc appauvrir les Ivoiriens par ces mesures iniques de fermeture de compte, tout le monde sait que si  on gouvernait sur les comportements revanchards  aucun de tous ces gens-là ne serait vivant aujourd’hui.

Tout le monde sait que Mr Ouattara a été premier ministre ici, il a vendu et racheté des entreprises nationales de Côte d’ivoire, il a bradé certaines entreprises nationales à la France. Et donc quand on regarde tout ça, nous disons que ce sont des revanchards, ces sont de grands brigands, c’est une mafia qui est aujourd’hui à la tête de la Côte d’ivoire. Et les sentiments que cela suscite en nous c’est des sentiments de dégout  face à la barbarie injustifiée de ceux même qui nous ont imposé une guerre depuis 2002. Eux qui ont tué, ont qui ont décimé des régions entières, eux qui ont sacrifié des vies humaines par milliers en Côte d’ivoire et veulent se faire passer aujourd’hui pour ce qu’ils ne sont pas, mais l’histoire les rattrapent.

Je pense que tout ça ce sont des atouts supplémentaires pour nous de galvaniser, pour remobiliser le peuple de Côte d’ivoire.

Abidjanici : il y a eu la semaine dernière la cérémonie de prestation de serment de Mr Ouattara avec en première ligne Mr Mamadou Koulibaly qui a brillé par son absence à celle du président Gbagbo et qu’on a nullement vu à ses côtés pendant la crise post-électoral, ainsi que celle de Mr Yao N’dré qui a présidé cette cérémonie. Cela a fait débat ici, alors quels commentaires cela vous inspire-t-il ?

Touré Moussa Zeguen : personnellement Mamadou Koulibaly est en train se débattre dans un saut individuel hors du cadre du FPI, hors de l’entendement collectif des militants des droits de l’homme qui auraient voulu qu’il demande par exemple la libération du président Gbagbo et même qu’il demande un peu de démocratie.

Nous pensons que même les Ivoiriens n’arrêterons jamais d’être surpris, mais c’est une position à contre-courant de l’opinion nationale Ivoirienne donc  Mamadou Koulibaly et Yao Paul N’dré sont dans une démarche solitaire individuelle et individualiste qui n’a vraiment plus rien à voir avec le combat que nous avons mené ensemble.

Moi je demande au peuple Ivoirien de ne pas trop s’en faire, les positions individuelles nous ne sommes pas là pour trop épiloguer là dessus. Tout le monde sait très bien que ce régime est un régime sanguinaire imposé par la France , si ces deux personnalités n’ont pas encore compris que la France a refusé ici avec l’onu simplement le recomptage des voix et que personne n’en fait cas mais nous sommes désolés , même les enfants de 15 ans peuvent s’en rendre compte.

S’il  y a   un contentieux électoral et qu’il y a possibilité de recompter au moins Mamadou Koulibaly  le président de l’assemblée nationale  et Paul Yao N’dré auraient pu demander le recomptage des voix.

Mais si aujourd’hui qu’on a vaincu Laurent Gbagbo par les armes et qu’ils ne disent rien nous pensons que la lutte continue, la lutte peut continuer sans eux, ils peuvent toujours avoir l’occasion de se rattraper mais ce que je crains pour eux c’est que les rebelles qui sont au pouvoir avec le concours de la France ne les liquident. On va très vite liquider l’assemblée nationale et déjà tout le monde sait que on a déjà commencé à menacer  le salaire des députés c’est une façon plus ou moins de dire qu’ils ont fermé l’assemblée nationale donc ce sera une coquille vide. Yao Paul N’dré quand il va finir d’introniser, d’ailleurs il est sur la liste des personnes dont les comptes sont bloqués, donc  si on les a corrompus et qu’on leur a donné des milliards ils vont rattraper ces milliards autrement.Ca veut dire que le peuple Ivoirien doit continuer en comprenant que  son combat est sûr.

Depuis plus de 30 ans que Laurent Gbagbo se bat pour  la souveraineté Ivoirienne, rien ne va nous distraire de ce chemin .Je pense que tout le monde doit s’inscrire dans cette logique, ceux qui vont trébucher en chemin ont le temps de nous retrouver mais nous n’avons pas le droit de reculer et ce n’est pas ni la position de Mamadou Koulibaly, ni  celle de Yao N’dré  qui doivent nous distraire, le peuple Ivoirien doit rester serein et déterminer pour qu’on ait la victoire.

Et  je   sais aujourd’hui qu’avec les décennies d’expérience que nous avons le peuple Ivoirien a deux choix. Se résigner  et subir le diktat de ce régime sanguinaire ou continuer de lutter pour sa libération totale. Nous avons le peuple Ivoirien qui est avec nous, nous avons aussi l’armée Ivoirienne qui est avec nous. Le peuple qui est prêt qui  a combattu qui a défait la rébellion pourra toujours défaire cette même rébellion qui est là. Notre  armée est également prête à défendre la souveraineté du peuple donc par rapport à tout cela nous avons la conviction que tôt ou tard nous vaincrons ce régime illégitime.

Abidjanici : pour finir est-ce que vous avez des nouvelles de tous les membres du régime Gbagbo emprisonnés, notamment  le président Affi. Et quel est votre mot de fin pour les Ivoiriens ?

Touré Moussa Zeguen : Non mais j’ai beaucoup  peur pour le président Gbagbo, j’ai beaucoup  peur pour le président Affi, j’ai beaucoup  peur pour la première dame Simone. Je suis convaincu que nous avons affaire à des sanguinaires qui sont en train de nous distraire, ils veulent éliminer le président Gbagbo et la première dame ainsi que le président  Affi  et tous les autres leaders qui restent fermes et qui restent  attachés à l’option de la lutte pour notre indépendance.

Je demande donc aux Ivoiriens de continuer à demander la libération du président Laurent Gbagbo, je continue de croire que ces sanguinaires cherchent des voix et moyens, des stratagèmes pour éliminer nos cadres et nos leaders soit par empoisonnement, soit par la violence physique.

Les Ivoiriens doivent rester calmes et sereins par rapport à tout ce qui peut leurs arriver.

Nous  n’avons pas assez  d’informations ,on a même refusé aux avocats du président Laurent Gbagbo de le rencontrer,  donc tout ça ce sont des signes qui montrent que nous sommes en présence de gens qui sont dans le non droit , donc je demande au peuple Ivoirien de rester debout et mobilisé , et à l’écoute de leurs leaders qui restent sereins et convaincus de la victoire finale quant à la libération totale de la Côte d ‘ivoire des mains de ses neocolons Français et Américains.

Interview réalisée par Woudy Ti woudyti@gmail.com
Abidjanici.

http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/article-toure-zeg...


5-3 Comment Ouattara compte envoyer Gbagbo au TPI.

Rien ne vaut une bonne campagne de marketing viral.

Tous les publicitaires vous le diront.

Au lieu de faire bêtement l’éloge de ce que vous vendez depuis des années, le marketing viral consiste à surprendre vos clients avec un message apparemment indépendant de votre produit, à les pousser à s’interroger, et leur faire redécouvrir ce dont ils s’étaient lassés.

Dans l’incapacité de vendre le moindre espoir aux Ivoiriens terrorisés par les exactions des milices FRCI à chaque coin de rue, ainsi qu’à ses partisans de la diaspora qui commencent à regretter leur collusion avec le RHDP, notamment dans la branche PDCI, Ouattara ne peut que vendre son éternel argument « c’est la faute à Gbagbo ». Avec cette grille de lecture, voici comment Ouattara pourrait bien mettre un de ses nouveaux crimes au passif du président Gbagbo.

Tout commence avec un reportage aussi surprenant qu’affligeant, diffusé sur TCI, la Télévision de la Communauté Internationale pro-Ouattara : «Abobo, la commune martyre, n’a pas fini de souffrir. Après la crise post-électorale dont elle a payé un lourd tribu, c’est maintenant une maladie mystérieuse qui sévit » C’est avec cette référence à peine voilée aux 7 mortes d’Abobo que commence ce triste reportage, qui nous présente des malades atteints d’un mal mystérieux qui a déjà fait 7 morts. Les résultats des analyses médicales ne seraient pas encore connus, nous dit-on, et les symptômes vont de l’œdème des membres inférieurs, du visage, jusqu’à la paralysie. Parmi les hypothèses évoquées, le reportage insiste sur les déchets toxiques du Probo-Koala en 2007, qu’on pourra facilement ajouter au passif du président Gbagbo. Cette hypothèse, qui n’explique pas pourquoi cette maladie n’est apparue qu’à Abobo tandis que les déchets toxiques ont touché tout Abidjan, ni pourquoi cette maladie tuerait soudainement 7 personnes quatre ans après l’affaire du Probo Koala, a le mérite de mettre le téléspectateur de TCI sur une piste avec le mot « toxique ».

Après la phase du questionnement qui devrait durer quelques jours, au cours desquels l’intérêt du téléspectateur de TCI sera sans doute relancé, et où l’hypothèse d’une toxicité sera habilement évoquée, viendra la révélation. Une incroyable révélation qui devrait donner un peu de substance au dossier vide de Ouattara à l’encontre du président Gbagbo. L’association Survie, dont on peut saluer le réveil près d’un mois après la capture du président Gbagbo, vient de publier un article éloquent sur ce dossier censé envoyer le président à la CPI:

Le 9 mars 2011, les avocats d’Alassane Ouattara adressaient au procureur et au président de la CPI un memorandum afin de dénoncer un certain nombre de « crimes contre l’humanité » imputés à Laurent Gbagbo. […]. En réalité, le contenu de ce texte ne méritait pas tant d’attention puisqu’il liste de nombreux crimes imputés aux forces de Laurent Gbagbo déjà recensés par des travaux d’ONG ou de l’ONU. L’intérêt principal aurait dû consister en la démonstration de la compétence de la CPI pour ces crimes. Or cette démonstration se révèle, d’après l’avis de juristes, plus que douteuse.

Elle est, en effet, en grande partie fondée sur un copié-collé pur et simple du mémoire d’un juriste renommé, le professeur Alain Pellet, qui traitait alors d’une toute autre question : la possibilité pour une entité non-étatique, la Palestine, de reconnaître la compétence de la Cour. Or, appliquée à la Côte d’Ivoire cette démonstration n’a plus de sens, et pour cause !

Après avoir vu Me Vergès, Me Ceccaldi et Me Bourthoumieux refoulés à Abidjan, sous prétexte que leur visa n’aurait pas été valable, les magistrats de la CPI ont pu constater que les avocats de Laurent Gbagbo n’ont pas pu assister leur client au cours de sa première audition qui se serait déroulée à huis clos Vendredi dernier, ce qui en dit long sur l’état de la justice dans la République de la Communauté Internationale de Ouattara. Ouattara qui doit étoffer son dossier contre le président Gbagbo fait donc feu de tout bois.

Ainsi l’ONU découvre 68 cadavres à Yopougon, après les bombardements meurtriers qu’elle-même a effectués sur les populations civiles en violation de sa propre résolution 1975, cadavres aussitôt attribués à des « tueries commises le 12 Avril par des milices pro-Gbagbo » alors que la commune a été un véritable champ de bataille pendant des semaines. Mais cela risque de ne pas suffire pour condamner irrémédiablement Laurent Gbagbo. Il faut à Ouattara une accusation nouvelle, lourde, une de ces accusations qui a condamné Saddam Hussein : « Laurent Gbagbo a utilisé des armes chimiques contre les civils d’Abobo ! » Voilà un dénouement Ouattaresque digne du premier épisode de la mystérieuse maladie, afin de vendre sa nouvelle accusation contre Gbagbo comme Procter & Gamble vend ses nouvelles lessives.

Pour accomplir cette tâche, Ouattara s’est équipé de deux avocatsfrançafricains. D’abord Me Jean-Paul Benoît qui, entre autres domaines de compétences précisés sur son site internet, indique intervenir pour des projets d’entreprises françaises à l’étranger, notamment en « Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou en Afrique noire ». Ensuite et surtout le médiatique Me Jean-Pierre Mignard, dont les références sont plus précises : « Jean-Pierre Mignard a conseillé plusieurs Etats (Djibouti, Cameroun, Tchad, Bénin, etc.) à l’occasion de conflits frontaliers, mais aussi de négociations de concessions pétrolières ».

JP Mignard est aussi membre du Conseil national du Parti Socialiste français. Après avoir soutenu en pure perte Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles françaises, l’ambitieux avocat, dont on disait qu’il a la fibre sociale chevillée au corps, n’a pas hésité à virer gauche caviar en soutenant Dominique Strauss Kahn, candidat potentiel aux élections présidentielles françaises, président actuel du FMI et proche de Ouattara. L’avocat « humaniste » s’était ainsi dit satisfait des frappes françaises sur la résidence du président Gbagbo, avec les conséquences que l’on sait.

http://criseivoirienne.livejournal.com/28611.html


5-4 Chute de Gbagbo: le rôle de la France "pose problème", selon Kagamé.  

Le rôle de la France dans la chute en Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo "pose problème", selon le président du Rwanda, Paul Kagamé, qui, par ailleurs, a soutenu l'intervention militaire internationale en Libye conduite entre autres par Paris.
Interrogé par l'hebdomadaire Jeune Afrique sur les images de la chute de l'ex-président ivoirien, Paul Kagamé juge que si elles "ont quelque chose de tragique", elles "sont aussi largement artificielles".
"Elles tendent à démontrer que ce sont les forces d'Alassane Ouattara qui ont procédé à cette arrestation, mais plus je les regarde et plus je vois derrière l'ombre du metteur en scène étranger", ajoute-t-il.
"Le fait que, cinquante ans après les indépendances, le destin du peuple ivoirien, mais aussi son économie, sa monnaie, sa vie politique, soient encore contrôlés par l'ancienne puissance coloniale pose problème. C'est cela que ces images montrent avant tout", insiste Paul Kagamé.
Au sujet de la Libye, le président rwandais considère que "les Occidentaux et l'Otan interviennent là où ça les arrange et pas ailleurs. C'est sans doute exact. Mais cela étant dit et même si cela relève du +double standard+, tout vaut mieux que de rester les bras croisés face à des massacres", précise-t-il.
"Je ne peux qu'être d'accord avec le principe d'une responsabilité de la communauté internationale à l'égard des peuples de ce monde. Le génocide qu'a connu le Rwanda en 1994 est là pour le démontrer a contrario. Cette même communauté avait l'obligation morale d'intervenir et l'on sait qu'elle a failli à son devoir", ajoute Paul Kagamé.
Interrogé d'autre part sur l'opposition à son pouvoir menée par d'ex-généraux et des dissidents de son parti, le chef d'Etat rwandais, dont le pouvoir musèle la liberté politique et de presse, assène que "ces gens n'ont ni base, ni légitimité, ni avenir". "Pour moi, cette initiative est tout simplement inexistante", précise-t-il.

02/05/2011

http://www.almanar.com.lb


5-5 David Gakunzi : Côte d’Ivoire : crimes d’Etat, terreur totale et silence complice des médias français.

Il sera dit un jour que l’obscur Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l’Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d’or et de diamant, de cuivre et d’uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole… Il sera dit un jour qu’il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d’un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.

Ouattara. L’homme n’a manifestement ni vision ni charisme, ni épaisseur ; pis, lorsqu’il parle des Ivoiriens, on ne sent, dans sa voix monocorde de bureaucrate de la bourse mondiale, nulle présence de celui qui veut unir le passé, le présent et l’avenir. Impossible unité, impossible liaison donc de cet homme avec cette terre, avec ce peuple de Côte d’Ivoire. On ne l’imagine pas sur le trône ; et pourtant le voilà Président. Mais comment donc ? A coup de bombes larguées par la France sur Abidjan. Paris débarque, brûle Abidjan, se saisit de Gbagbo et de la fumée des buchers, Ouattara s’élève Président. Ere nouvelle : droit de la force et terreur totale sur la Côte d’Ivoire.

Assassinats, enlèvements, viols, pillages. Simone Gbagbo trainée dans la poussière, martyrisée dans sa féminité ; cruauté innommable : la différence qui sépare l’homme de la bête tout simplement franchie. La mère de Laurent Gbagbo, Mamie Koudou Gbagbo, âgée de 90 ans, arrêtée ; elle aussi ! Arrêtée, séquestrée et malmenée. Désiré Tagro, ancien ministre, assassiné : l’homme négocie la fin des hostilités avec les troupes françaises et se présente un tissu blanc à la main ; à quoi aura-t-il droit ? A une balle plantée dans la bouche. Et Duékoué. Les habitants de Duékoué, génocidés : les hommes, tous les hommes, y compris des gamins de deux ans, alignés massacrés à coup de fusils et de machettes. Et Yopougon, Yop l’insoumise, bombardée, saccagée, pillée, déshabillée, violée, massacrée. Perquisitions cour après cour, parents mis à genou devant leurs enfants ; exécutions sommaires sur indication, chasse aux Guérés et Bétés. Combien de morts ? Combien de corps ramassés par la Croix-rouge ? Combien de corps ? Et le village de Sassandra brulé ; et les villages de Abedem et de Drago rayés de la carte.

Meurtres collectifs, meurtres sélectifs, meurtres génocidaires, épuration ethnique ; rafles et torture instituées en règle de gouvernance. Henri Dacoury Tabley, l’ancien gouverneur de la BCEA0, arrêté, tabassé, torturé ; son corps exposé nu, nié dans son humanité, l’enfer total, enfer filmé ; Affi N’guessan, secrétaire général du FPI et tous ceux qui refusent la soumission, kidnappés, séquestrés, embastillés, frappés, torturés, bestialisés ; les militants de l’opposition traqués, traqués listes à la main, traqués jour et nuit, battues organisées, les militants de l’opposition traqués et assassinés tous les jours ; comme si on voulait rendre impossible tout avenir à l’opposition politique. Echos mussoliniens : « L’opposition n’est pas nécessaire au fonctionnement d’un système politique sain. L’opposition est stupide et superflue dans un régime totalitaire comme le régime fasciste ».

Eliminés donc d’abord les proches de Gbagbo ; éliminés ensuite ses sympathisants ; éliminés encore ceux qui pourraient éventuellement devenir ses sympathisants, tous ceux-là qui ne sont pas en allégeance, qui ont eu l’impudence de ne pas accourir pour embrasser comme il se doit, c’est-à-dire avec fougue et flamme soudaine, le nouveau pouvoir. Eliminés tous ces autres-là qui ne sont ni de l’ethnie ni du parti des vainqueurs. Eliminés pour un oui ou pour un non. Eliminés même les alliés d’hier. Ibrahim Coulibaly, dit IB, abattu. L’homme de tous les mauvais coups depuis plus de dix, le compagnon d’hier, celui qui a ouvert les portes d’Abidjan à Ouattara avec ses commandos invisibles, IB encerclé, sommé de se rendre, torturé puis abattu comme un chien. Dynamique fasciste. C’est qu’il s’agit de semer la terreur ; c’est qu’il s’agit non seulement de châtier, de faire gémir les ivoiriens d’avoir voulu l’émancipation, mais aussi de faire perdre conscience à la société ivoirienne, de la briser, de la modeler dans la terreur ; c’est qu’il s’agit de ramener les Ivoiriens à la case départ, la case esclave avec des méthodes dignes de la gestapo ; c’est qu’il s’agit de faire comprendre à tous les Africains que la liberté est cause de malheur, de grand malheur et que seule la servitude, que seul l’esclavage est porteur d’avenir !

Ouattara plante donc son trône dans le sang. Un trône mugissant et prompt au sacrifice humain. Les Ivoiriens sont désormais, de nouveau, bons à dévorer. A dévorer avec leur pétrole, avec leur cacao, avec leur café. Alors à Paris, on se tait. Jour après jour, on tue à Abidjan et Paris se tait ; et lorsque la terreur s’incruste jusque dans les corps violés de Yopougon, l’un de ces illustres quotidiens de la place parisienne, toute honte bue, parle de « traitement de Yopougon ». C’est écrit : rayer des humains, c’est les « traiter ». Summum d’inhumanité, insensibilité absolue face aux supplices infligés aux Ivoiriens ; silences.

Silence dans la quasi-totalité de la presse de France. Meurtres collectifs, assassinats politiques et emprisonnements enfermés dans le non advenu, embastillés dans le silence. Ce qui est advenu, ce qui est entrain d’advenir n’est pas advenu ! Silence sur ces familles condamnées à errer dans les forets, sans nourritures, pour fuir l’anéantissement, pour fuir les tueurs de Ouattara ; silence sur Blolequin, ville autrefois habitée par 30 000 personnes, aujourd’hui cité fantôme aux rues désertes ; silence sur ces journalistes et avocats poursuivis, pourchassés comme du gibier à abattre ; silences sur ces cabinets d’avocats brulés ; silence sur ces journalistes et musiciens arrêtés, torturés ; silence sur ces jeunes poursuivis car coupables d’être « nés du mauvais côté », l’Ouest du pays… La Côte d’Ivoire de Ouattara exhale, empeste, pue la mort, les corps sont enfouis dans des conteneurs car les morgues sont débordées, mais … silence dans la presse de l’autoproclamée patrie des Droits de l’Homme. Douleur sans fond des Ivoiriens niée, douleur redoublée par ce déni, ce refus de reconnaissance, cette expulsion dans le non existant, dans le hors langage, dans le « n’ayant pas lieu ».

Mais qu’est donc devenue la presse de France ? A quoi sert cette presse qui n’est plus affirmation de la liberté de tous les hommes et qui n’ose plus nommer par son nom, la terreur concrète contre l’homme, contre les hommes ? Pourquoi ce renoncement ? Pourquoi ? Cette presse-là sait pourtant ; elle sait, elle est bien informée, elle est au courant de la terreur qui règne à Abidjan, elle sait qu’on étouffe à Abidjan, que l’air est devenu tout simplement irrespirable et que fait-elle ? On attend qu’elle s’insurge, qu’elle dénonce au nom de la défense des droits de l’homme mais elle fait l’inverse, le contraire : elle se tait. Elle sait que la Côte d’Ivoire vit sous la terreur mais elle ne parle pas. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Parce que tout simplement lever le voile sur la nature et la barbarie du pouvoir installé à Abidjan, serait nommer les responsabilités de la France et révéler, du coup, au monde et au citoyen lambda, ce que Paris, ce que Sarkozy a fait de la Côte d’Ivoire : une terre brutalisée, torturée, massacrée. Crime d’Etat postcolonial.

Or pourquoi nommer ce crime ? Que vaut le destin, la vie des Ivoiriens face aux intérêts suprêmes de la France ? Pas grand-chose. Mépris cynique et vicieux de la vie humaine. Latitude totale donnée ainsi au pouvoir de Ouattara de torturer et de tuer ! Impunité assurée d’avance pour les tueurs et les tortionnaires de l’homme installé à Abidjan. Et où, oui, où le refus inconditionnel et universel de l’assassinat politique, de l’arbitraire, de la torture, de la dictature, de la férocité de la dictature ? Où ? « L’école française d’Alger » est de retour sur le continent africain ; elle fait des ravages au bord de la lagune Ebrié ; on le sait, et pourtant, silences ; on fait bloc dans le silence autour de l’homme de la France à Abidjan. Rien vu ; rien entendu.

Mais qu’importe. Qu’importe le jour, le mois ou l’année : Ouattara, l’homme de Paris à Abidjan, partira un jour. Il partira. Le temps de Ouattara finira. Il n y a pas d’avenir dans l’histoire de l’Afrique pour ce nom là, Alassane Ouattara ; il n’y a d’autre avenir pour ce nom-là que celui d’un Mobutu et d’un Bokassa, eux- aussi tueurs de leurs propres peuples et morts abandonnés de tous. Ouattara partira un jour, et il sera dit ce jour-là, que cet homme faible qui n’avait de force que venue de Paris ; il sera dit que cet homme de la démesure dans la cruauté, aura planté et porté la violence à son paroxysme au cœur de la société ivoirienne. Il sera dit qu’en un seul mois de règne, il aura arrêté et exécuté plus de monde que durant les quarante ans de règne d’Houphouët-Boigny et de Gbagbo réunis ! Il sera dit et rappelé que s’il a pu ainsi sévir impunément, ce fut en parti, grâce, au silence de ceux qui, à Paris, devaient parler et qui ont refusé d’élever la voix. Il sera rappelé que non, ceux-là ne dormaient pas, qu’ils savaient et que leur silence, chacun de leur silence, fut coupable. Martin Niemöller : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité. »

vendredi 13 mai 2011,

Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article1474

http://www.africatimeforpeace.com


 

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