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18/05/2011

n° 66- Journal de PAKISTAN. -19-03 au 18-05 : Suite - Le peuple ne croit pas que Ben Laden vivait dans ce pays.


n° 66-  Journal de PAKISTAN. -19-03 au 18-05  : Suite  -  Le peuple ne croit pas que Ben Laden vivait dans ce pays.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de PAKISTAN.  

                                                         n° 66- 19-03 au 18-05    

          C.De Broeder & M.Lemaire          

 



 Le "Journal de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Avant propos

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes



2 Politique

a) Locale

Occupation

L’ambassadeur US convoqué

Le Pakistan a convoqué vendredi l'ambassadeur des Etats-Unis pour protester contre une des nombreuses attaques de drones de la CIA qui a tué jeudi 35 personnes dans le nord-ouest du pays, dont des civils, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.
Le ministère a signifié à l'ambassadeur Cameron Munter "que de telles frappes sont non seulement inacceptables mais constituent une violation flagrante du droit et des règles humanitaires", selon un communiqué du ministère pakistanais.
Ces tirs de missiles américains, devenus quasi-quotidiens ces derniers temps, visent Al-Qaïda et les résistants pakistanais et afghans dans les zones tribales du pays.
Il y avait longtemps qu'Islamabad, allié-clé de Washington, n'avait pas officiellement protesté contre ces opérations.

AFP 18/03

08-04

Signe des difficultés auxquelles Washington fait face dans la région, un politicien pakistanais bien en vue a affirmé que ses partisans et lui tenteraient de bloquer, ce week-end, le passage des camions de ravitaillement de l'OTAN qui passent par le Pakistan pour se rendre en Afghanistan afin de protester contre les frappes de missiles.

AFP


Dans les coulisses et au sénat

Le Parlement pakistanais condamne le raid contre Ben Laden  

Le Parlement pakistanais a condamné hier l'opération américaine dans laquelle Oussama Ben Laden a été tué et a demandé une révision des relations avec les Etats-Unis. «Le Parlement condamne l'initiative unilatérale d'Abbottabad qui constitue une violation de la souveraineté pakistanaise», ont dénoncé les élus dans un communiqué publié après l'audition de responsables des services de sécurité. A l'occasion de cette audience, Riaz Fatyana, chef des services de renseignement pakistanais (Inter-services intelligence, ISI), s'est d'ailleurs dit prêt à démissionner, selon un parlementaire.
La résolution adoptée hier au Parlement pakistanais invite Islamabad à couper les lignes d'approvisionnement des forces déployées en Afghanistan, faute d'une suspension des raids «inacceptables» menés par les drones américains contre les activistes islamistes des zones tribales. Le gouvernement pakistanais les dénonce régulièrement, mais Washington assure qu'ils entrent dans le cadre des accords bilatéraux.

15/05/2011

http://www.letempsdz.com//content/view/57502/145/

 

 

Le parlement réclame une révision des relations avec les USA .

Le parlement pakistanais a appelé samedi le gouvernement à revoir les relations avec les Etats-Unis à cause d'attaques continues de drones US et du raid américain ayant tué Oussama Ben Laden, qualifié par les élus de violation de la souveraineté nationale, rapportent les médias internationaux.
Si les attaques des drones ne cessent, "le Pakistan pensera à retirer les autorisations de transit accordées à l'Otan" vers l'Afghanistan, lit-on dans la déclaration des parlementaires.
Par ailleurs, le parlement a réclamé la formation d'une commission d'enquête indépendante sur le raid américain
ayant tué le 2 mai le leader de la nébuleuse, Oussama ben Laden, dans le nord du Pakistan.
"Le peuple du Pakistan ne tolérera plus d'actes pareils, dont la répétition unilatérale serait lourde de très graves conséquences pour la paix et la sécurité dans la région", stipule la résolution parlementaire.                                  
Les relations diplomatiques entre Washington et Islamabad traversent à présent une période difficile. Dans les attaques de drones menées dans le pays par la CIA américaine contre Al-Qaïda et les résistants, bien des civils pakistanais trouvent la mort. En outre, les résistants pakistanais ont revendiqué un double attaque kamikazeà la bombe qui a tué vendredi 89 personnes, en déclarant que ce n'était qu'une première attaque d'envergure pour venger la mort de ben Laden. Tout cela pèse lourd sur les rapports pakistano-américains.

14/05/2011  

http://fr.rian.ru/



Les alliés des Usa

Dans le monde

Allemagne

31-03

La police fédérale allemande (BKA) a révélé jeudi avoir arrêté un allemand de 25 ans qui préparait un attentat à l'extérieur du Signal Iduna Park de Dortmund. Trois charges explosives ont été retrouvées sur les lieux et trois autres dans l'appartement du suspect. "Rien n'indique qu'il y ait le moindre lien avec des organisations terroristes ou islamiques", a indiqué le ministère de l'Intérieur allemand.

http://www.sports.fr/cmc/football/201113/attentat-terroriste-dejoue-a-dortmund_342677.html?sitemap


Grande Bretagne

Grande Bretagne : Londres refuse de remettre Musharraf au Pakistan  

Le gouvernement britannique a refusé de remettre l'ancien Président Pervez Musharraf au Pakistan, dans le cadre de l'affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Benazir Bhutto, arguant l'absence de tout traité d'extradition entre les deux nations, a rapporté, dimanche, le quotidien "Daily India". Selon ce journal, le mandat d'arrêt contre M. Musharraf n'a pu être mis à exécution car, indique "Daily India", aucun traité d'extradition n’existe entre le Pakistan et la Grande Bretagne. Le mandat d'arrêt contre M. Musharraf, émis, par un tribunal pakistanais, a été transmis au ministère britannique de l'Intérieur, via le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Benazir Bhutto a été assassinée, en décembre 2007, à Rawalpindi. Les autorités judiciaires pakistanaises accusent Pervez Musharraf d’avoir été au courant du projet d’assassinat, mais de s’être abstenu d’en informer les services de sécurité.

03/04/2011

http://french.irib.ir/info/international/item/111675-grande-bretagne--londres-refuse-de-remettre-musharraf-au-pakistan

 


France

Mort de Ben Laden : doit-elle encore rester en Afghanistan ?

La mort d'Oussama Ben Laden, tué lors d'une opération américaine au Pakistan, ne devrait pas avoir de conséquences directes sur les troupes françaises déployées en Afghanistan, mais relance le débat sur les conditions de leur maintien dans le pays.

 «Un événement considérable», Gérard Longuet a souligné, ce lundi, les retombées de la mort du chef d'Al-Qaïda sur le conflit afghan. Mais le ministre de la Défense a aussitôt rappelé que la mission des forces françaises était d'assurer «la sécurité des populations», pas de traquer Ben Laden.

 «Ces troupes y parviennent, puisque l'axe dit Vermont (la route nord-sud dans l'est de l'Afghanistan) fonctionne maintenant au prix d'un engagement français qui nous a valu 56 morts et de très nombreux blessés», a-t-il rappelé.

Changement de positionnement du Pakistan

La mort de Ben Laden au Pakistan traduit surtout un changement dans les rapports entre l'Afghanistan et son puissant voisin. Régulièrement soupçonnés de soutenir les résistants  afghans, les services secrets pakistanais semblent cette fois avoir favorisé l'opération américaine contre le leader d'Al-Qaïda.

 «Je n'imagine pas que cela ait pu se faire sans que les responsables pakistanais aient rendu les choses possibles (...) Parmi les jeux de pouvoir pakistanais, le pouvoir le plus transparent et le plus loyal à l'égard des alliances affichées semble l'emporter», constate Gérard Longuet.

Largement occultée ces derniers mois par les bouleversements dans le monde arabe, la guerre en Afghanisan revient du coup dans le débat politique français avant la présidentielle de 2012.

Moscovici : «Il faut sortir de ce bourbier»

Avec la mort de Ben Laden, «c'est incontestablement le principal but de guerre en Afghanistan qui disparaît. Cela pose la question du volume et de la forme de la présence de nos forces dans ce pays», estime le député socialiste Jean-Michel Boucheron, spécialiste de la Défense, dans un communiqué.

Le PS a déjà réclamé à plusieurs reprises un retrait des troupes françaises. «Il faut sortir de ce conflit, de ce bourbier, mais pas par des mouvements de retrait précipités», souligne l'ancien ministre Pierre Moscovici.

Vers un départ d'ici à 2014 ?

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, estime pour sa part que la France, «très engagée depuis 2001» dans le combat contre le terrorisme, «doit rester déterminée et mobilisée au côté de la communauté internationale».

Gérard Longuet rappelle quant à lui l'engagement de la coalition d'organiser d'ici 2014 le transfert de la sécurité des populations aux autorités afghanes pour permettre le retrait des forces internationales.

«Et si les Afghans sont un peu moins sollicités de l'extérieur, ce sera plus facile pour eux», souligne-t-il.

 02 mai 

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Mort-de-Ben-Laden-doit-elle-encore-rester-en-Afghanistan-_6346-1783371-fils-tous_filDMA.Htm

 



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

10/05

3-1 Un journaliste pakistanais qui avait été menacé a été tué ce soir dans l'explosion d'un engin placé dans sa voiture et activé à distance, ont annoncé des responsables de la sécurité.
Nasrullah Afridi, 38 ans, qui travaillait à la télévision d'Etat pakistanaise et pour de nombreux journaux du district tribal de Khyber, a été assassiné à Peshawar, ville du nord-ouest du Pakistan, a déclaré le chef de la police locale. "Un engin télécommandé a été installé à l'arrière de sa voiture qui était garée dans une zone commerciale", a-t-il dit, précisant qu'il avait explosé peu après que le journaliste eut fait démarrer le véhicule.

AFP


Propagande, quand tu nous tiens…. 

3-2 Ariel Zirulnick : Les Pakistanais émettent des doutes sur le rôle des résistants dans l’attentat pour venger ben Laden.

Les Résistants Pakistanais ont revendiqué le double attaque kamikaze de vendredi matin au nord-ouest du Pakistan qui a cause la mort d’au moins 80 personnes, affirmant qu’ils avaient pour but de venger la mort de ben Laden.

“C’était le premier acte de vengeance pour le martyre d’Oussama; Attendez-vous à des attaques plus importantes au Pakistan et en Afghanistan,” a déclaré le porte parole des Résistants pakistanais Ensanullah Ehsan, d’après l’Agence France Presse (AFP).

Mais malgré la colère de l’opinion pour le raid des Etats Unis qui a tué ben Laden dans son compound d’Abbottābād, les attaques prétendument vengeresses des résistants ne semblent pas résonner comme telles chez les Pakistanais. 

La police locale a dit au New York Times qu’elle doutait que les Résistants soient vraiment responsables de cette action, qu’ils considèrent comme une réaction ç une attaque de l’armée pakistanaise contre des militants Résistants dans la région montagneuse voisine appelée Mohmand et a été effectuée par un groupuscule qui combat l’armée dans la région.

Sikandar Hayat Khan Sherpao, un membre de l’assemblée provinciale de Khyber-Pakhtunhwa, explique que le centre d’entrainement a été la cible fréquente d’attaques par des militants. « Fondamentalement, la menace vient de Mohmand où il existe encore des poches de militants qui restent actives, » dit-il.

“Je pense que cette attaque ne vient pas en représailles pour l’incident d’Abbottābād.

C’est surtout que depuis un mois et demi, une nouvelle opération militaire a commencé à Mohmand où l’armée fait campagne contre les militants, » dit-il. « Alors on peut voir cette attaque comme une riposte à l’opération en cours à Mohmand. »

De fait, le Washington Post a annoncé qu’une source des résistants  s’exprimant sous couvert d’anonymat a contesté le motif de l’attaque déclaré par son organisation, déclarant qu’elle « avait pour but de punir l’armée pour l’offensive de Mohmand, pas pour la mort de ben Laden. »

Les attentats ont eu lieu à Shabqadar Tehsil, dans le district de Charsadda au nord-ouest du Pakistan, une région tribale que le Pakistan a du mal à contrôler et est devenue un refuge pour les organisations militantes.

Selon le Washington Post, les forces spéciales US ont participé la formation de forces paramilitaires dans ces installations. Les organisations militantes pakistanaises sont farouchement opposées à la coopération entre les gouvernements et les forces de sécurité des Etats Unis et du Pakistan.

On s’attendait à des attentats vengeurs – la semaine dernière, les Résistants Pakistanais avaient menace d’attaquer les forces de sécurité du pays – mais il y a eu peu de manifestations après la mort de ben Laden. Il n’y a guère se sympathie pour lui chez la majorité es pakistanais qui ont eu plus de tués dans des attentats à la bombe ces dernières années que les Américains n’en ont eu le 11 septembre, rapporte l’AFP.

L’indignation de l’opinion a surtout découlé du fait que les Etats Unis ont réalisé le raid sans l’accord et à l’insu du Pakistan, pas du fait que le raid s’est soldé par la mort de ben Laden. Le fait qu’une attaque contre des Pakistanais ait été une réponse à des actions unilatérales des Etats Unis ne peut qu’accroître la colère de la population contre les Etats Unis, selon le Washington Post.

 Le premier ministre pakistanais, Yousuf Raza Gilani, a laissé entendre cette semaine dans un entretien exclusive avec Time magazine, que la colère de plus en plus forte de l’opinion pourrait l’obliger à agir contre les intérêts des Etats unis.

« Je ne suis pas un dictateur militaire; je suis une personnalité publique, » a déclaré le premier ministre à Time, qui s’exprimait dans le palais où il réside sur les hauteurs d’Islamabad. « Si l’opinion publique est contre vous [voulant dire par là ses alliés Américains], alors je ne pas lui résister et rester de votre côté. Je dois être avec mon opinion publique. »

Le Pakistan se retrouve dans une situation difficile depuis le raid contre ben Laden – alors que les Etats Unis exigent des explications pour savoir comment ben Laden pouvait avoir vécu dans le pays pendant des années sans être repéré, l’opinion pakistanaise exige de son gouvernement qu’il pose des limites à ce que les Etats Unis peuvent faire en territoire pakistanais.

Le journal pakistanais The Nation avait rapport avant l’attentat que le chef de l’armée, le général Ashfaq Parvez Kayani allait probablement diminuer la dépendance vis-à-vis des Etats Unis pour la formation et assistance en matière de sécurité et coopérer désormais au niveau du minimum nécessaire pour garantir que le Pakistan continuera à recevoir de l’aide US. Dans le même temps, les Etats Unis exigent que l’armée rompe ses liens avec des organisations militantes – une exigence qui sera difficile à satisfaire.

La liste des demandes américaines équivaut à une transformation du jour au lendemain de la posture stratégique adoptée de longue date par le Pakistan et qui consiste à se servir d’organisations comme instruments contre ses voisins. Ces demandes interviennent au moment où le général Kayani fait face à une montée de la pression anti-américaine de la part des généraux de son haut commandement qui veulent une ligne dure, ont déclaré deux personnes que nous avons rencontrées avec lui.

 Eliminer les dirigeants de ces organisations – des auxiliaires de longue date de l’armée et des services secrets pakistanais – entraînerait un tel retour de flamme de la part des militants qu’il pourrait s’en suivre une « guerre civile » au Pakistan, déclare un ancien haut responsable Pakistanais qui a été consulté par le général Kayani après le raid contre ben Laden. Dans les rangs hiérarchiques subalternes, beaucoup éprouvent plus de sympathie pour les groupes militants que pour les Etats Unis.

Ariel Zirulnick,

 Christian Science Monitor

13 mai 2011

 Traduit de l’anglais par Djazaïri

http://mounadil.wordpress.com/


3-3 En Afghanistan comme au Pakistan, les U.S.A. fabriquent les terroristes qu’ils prétendent ensuite combattre

Il existait donc un Michael Headley bis...

... et il vient de se faire pincer au Pakistan, après une conduite assez extravagante qui ne cesse d'interpeller tous les observateurs. L'homme qui a été arrêté en effet à Lahore fin janvier dernier révèle en effet toutes les turpitudes des actions secrètes menées par la CIA et ses agents déguisés en mercenaires depuis des années dans le secteur. L'affaire Raymond Davis est en effet emblématique du jeu malsain entretenu dans une partie du monde qui est une pétaudière en puissance. 

L'homme, après avoir tué de sang froid en pleine rue deux pakistanais qu'il estimait menaçants, et être l'auteur d'un troisième décès indirect quand un fourgon de l'ambassade s'est rué dans la foule pour venir l'en extraire est en effet aujourd'hui dans de beaux draps. Arrêté par la police locale, il a été obligé de reconnaître qu'il travaillait bien pour Xe, à savoir Blackwater, et que sa principale occupation, outre d'aller repérer les cibles des tirs de Prédators, consistait aussi à avoir des liens fort privilégiés avec des groupes terroristes tel le Lashkar-e-Taïba (*), celui-là même qu'avait rencontré à plusieurs reprises Michael Headley, très certainement lui aussi membre de la CIA, rapatrié en express, jugé de façon expéditive et condamné à la perpétuité... comme d'autres l'ont été auparavant, et dont on n'a plus aucune nouvelle depuis des années. Davis faisait effectivement le même travail que ce lui à qui on a imputé la responsabilité des attentats de Mumbaï : autrement dit, son arrestation par la police pakistanaise est à prendre très au sérieux. Ce que fait aussi l'administration d'Obama, qui multiplie les contacts de haut rang pour le sortir de ce pétrin. L'affaire Davis est tout simplement révélatrice, trop révélatrice dirons-nous.

Tout ceci sent la plus complète fabrication : dans le Wall Street Journal, dans la sphère Murdoch depuis 2007, l'un des deux seuls quotidiens nationaux, on va aller assez loin en décembre 2008 pour tenter de dresser un tableau assez apocalyptique du mouvement terroriste, tout en minimisant les contacts réguliers qu'à pu avoir avec lui Headley, et en faisant le groupe ayant accueilli l'australien devenu résistant David Hicks, l'homme à la chaussure piégée, Richard Reid et Dhiren Barot, un indien converti aux thèses islamistes ayant préparé des attentats en Angleterre. Mais ce ne sont pas eux qui sèment le plus le doute dans cette histoire (quoique la thèse de la chaussure qui explose de Reid passe encore aujourd'hui pour une tentative grotesque davantage que pour une menace réelle d'attentat). Non, pour diaboliser au maximum le mouvement, le Wall Street Journal va faire du Lashkar-e-Taïba le groupe qui a aussi hébergé un autre "terroriste", caché dans une maison-refuge à Faisalabad au Pakistan, explique doctement le journal. Or, on sait aujourd'hui que Zubaydah n'avait que fort peu à voir avec Al-Qaida. La preuve : on a même jugé qu'il n'en n'avait jamais fait partie. Résultat, la charge s'effondre : en tentant de diaboliser le groupe, on pensait faire de même avec Headley, pour mieux l'escamoter après, discrètement. Patatras, ça s'effondre : Zubaydah n'a jamais été un ponte d'Al-Qaida !

L'homme a pourtant été présenté pendant des années comme étant le possible N°3 d'Al-Qaida, ou même comme l'avait affirmé John B. Bellinger III, "un planificateur du 9 / 11"... ou comme l'avait décrit Bob Grenier "Abu Zubaydah a été un entraîneur, un recruteur, comprenez un fabricant de bombes, un faussaire, un logisticien, et quelqu’un qui a fait les choses se fassent, et qui a fait fonctionner Al-Qaïda"... ce même Grenier refusant quelques années plus tard de reconnaître l’usage de mercenaires au sein de la CIA... au Pakistan, notamment. Je vous avais aussi décrit (ici et ) les dires d'un autre menteur en chef : Donald Rumsfeld, qui n'hésitait pas à faire dans l'emphase absolue à son propos : "Je ne pense pas qu’il existe le moindre doute qu’ un homme nommé Abou Zubaydah soit un proche associé d’Oussama ben Laden, et si ce n’est pas le numéro deux, il est très proche du numéro deux dans l’organisation. Je pense que c’est bien établi" déclare-t-il, en ajoutant qu’ Abu Zubaydah a été "un très haut responsable d’Al Qaïda qui a été intimement impliqué dans une série d’activités pour Al-Qaïda.". Zubaydah, torturé au point d'en devenir à demi-fou, avait en fait avoué tout ce qu'on voulait lui faire dire. Tout ce qu'on avait pu trouver sur lui de compromettant était d'avoir été présent dans le même camp (celui de Khalden) que celui où sévissait Ali Abdul Saoud Mohamed, alias Ali Mohamed, l'employé de la CIA formé à Fort Bragg, disparu depuis sa condamnation... comme Michael Headley, quel hasard ! En mars 2009, Zubaydah sera lui aussi jugé... et la justice américaine déclarera qu'il n’a eu"aucun rôle direct ou n’a fait progresser la connaissance des attaques terroristes du 11 Septembre 2001, "et qu’il n’était ni un "membre " d’Al-Qaïda, ni "officiellement lié à l’organisation terroriste"...

Zubaydah proprement sorti du discours habituel "membre éminent d'Al-Qaida", que reste-t-il d'Al-Qaida et des accusation du Wall Street Journal ? Une peau de chagrin. Qui se réduit de jour en jour. En revanche, on découvre que des agents de la CIA ont depuis des années des contacts avec des groupuscules terroristes, dont celui rendu responsable de l'attentat de Mumbaï. Après Michael Headley, sorti de son implication par une condamnation express d'où la presse a été exclue, voici que l'on tombe aujourd'hui sur son clone. Un dénommé Davis, dont le nom avait déjà été cité, mais avec un autre prénom, en 2008, pour les mêmes soupçons déjà et la même appartenance à Blackwater. Je vous ai déjà évoqué la situation ici-même. Craig ou Raymond, les deux profils d'espions sont strictement les mêmes. Et Davis comme Headley entretenait des liens avec le Lashkar-e-Taïba. Bref, il y a de fortes chances pour qu'on aie affaire au même individu et que son rôle consistait aux mêmes activités que celles que pratiquait Headley.

Au Pakistan, la CIA joue donc avec le feu depuis plus de quarante ans maintenant. Un homme y est devenu indispensable le même qui était à l'origine du soutien aux pires dictatures d'extrême droite "Hier, on apprenait que celui que Negroponte avait chouchouté venait d'être inculpé dans l'assassinat de Benazir Bhutto, imputé lui aussi au départ à...Al-Qaida (lire ici ce que j'avais écrit sur Musharraf... et Negroponte). J'avais à l'époque démonté la thèse du jeune islamiste comme auteur de l'attentat.  La leader rentrée d'exil avait bien reçu deux balles (sur trois tirs entendus) dans la tête et n'était pas morte des suites d'une explosion. La thèse de Musharraf. Hier je vous révélais les doutes sur l'assassinat de Sadate, où l'un des conjurés n'était autre que le fournisseur d'armes de Ben Laden, qui sortait tout droit de Fort Bragg ou de School of the Americas, alors que l'attentat avait été imputé aux islamistes proches du second d'Al-Qaida. Aujourd'hui, ce sont ceux sur le décès de Bénazir Bhutto qui resurgissent.

Les pakistanais, en 2008 avaient déjà découvert une chose fondamentale, vous avais-je dit. Qu'avaient-ils découvert ? Des choses bien particulières : "en mai, un diplomate américain a été pris sur le fait d'organiser une réunion entre un espion indien soupçonné et des fonctionnaires pakistanais, des seniors, dans l'intimité de sa maison. En juin, lorsque les fonctionnaires pakistanais ont fait face à Washington avec des preuves que les terroristes au Pakistan possédaient des armes américaines sophistiquées, les médias américains ont rapidement répondu en laissant sortir des histoires sur l' absence d'armes américaines dans des centres de formation des États-Unis en Afghanistan. Et maintenant, les rapports confirment que le sale bras du gouvernement des États-Unis - les mercenaires de Blackwater - se sont infiltrés dans les régions sensibles du Pakistan" notait le même Quraishi. C'était quoi ces armes "sopshistiquées" ? Des bombes au cyclotriméthylènetrinitramine, plus connu sous le nom de RDX, ou T4, un composant militaire comme celles ayant explosé... en Inde le 29 septembre 2008 à Malegaon et où était impliqué un officier de haut rang indien, le Lt Col Srikant Purohit. Arrêté, ce dernier avouera avoir fourni la bombe au RDX de l'attentat de 2007 du Samjhauta Express, qui avait tué 68 personnes, en majorité Pakistanaises... Headley n'est vraiment pas loin !!!  Pas loin du tout."

Tout cela a été décrit par le détail dans le livre "Obama’s Wars" de Bob Woodward du Washington Post, qui évoque l'entretien d'une véritable armée privée de mercenaires, et ce depuis 2002 environ, à savoir très tôt après l'invasion de l'Afghanistan. Des mercenaires chargés des attaques par drones, les mercenaires de Blackwater, comme l'avait avoué Léon Panetta (pour disculper encore une fois la CIA !). "Le gouvernement pakistanais, tout en condamnant officiellement ces attaques, en a été entièrement complice. Le livre de Woodward décrit une réunion entre l’ancien directeur de la CIA, le général Michael Hayden et le président pakistanais Asif Ali Zardari en novembre 2008 et au cours de laquelle les attaques par drones furent discutées. On rapporte que Zardari a pressé la CIA de continuer ses attaques, disant : « Vous vous faites du souci pour les dégâts collatéraux. Moi, cela ne me cause pas de souci. » Les révélations faites dans le livre Obama’s Wars ajoutent à la crise du régime Zardari, généralement détesté tant pour sa réponse extrêmement inadéquate aux inondations dévastatrices qui touchent le Pakistan, que pour sa collaboration avec la guerre des Etats-Unis en Afghanistan", écrit Tom Peters. Avoir recours à une firme privée de mercenaires pour armer les drones était un paravent parfait. En cas de problèmes ; la CIA serait automatiquement blanchie. On suppose que de l'autre côté le risque pris a dû être l'objet d'un tarif assez mirobolant accordé par le Pentagone...

Cela, et aussi la fourniture d'armes en provenance de l'Afghanistan, et pas en provenance des résistants : "Les fonctionnaires pakistanais ont recueilli ces derniers mois des tas de preuves qui suggèrent que les terroristes à l'intérieur du Pakistan ont reçu et continuent à recevoir des armes et un approvisionnement continu en argent ainsi que des formateurs provenant de sources inconnues, mais hautement organisées en Afghanistan. Un nombre important de ces armes est de fabrication américaine et israélienne. Les Indiens ont également ont de façon notoirement reconnue fourni des armes à des terroristes au Pakistan" écrivait le journaliste indépendant Ahmed Quraishi.

C'est bien pourquoi également tout sera donc fait, dans les semaines à venir, pour minimiser le rôle de ce Davis aux prénoms changeants et à l'étrange comportement. Un homme aussi lié à l'ambassade US de Karachi, au Pakistan, devenue aussi grosse que celle d'Irak, comme l'était Headley, dont une des compagnes avait dénoncé à l'ambassade indienne ses activités douteuses sans qu'il ne soit pour autant inquiété. Plus on s'achemine, et plus on découvre que celui qui vient de se faire condamner à mort en Inde, Mohammed Ajmal Amir Kasab, le seul survivant du lot de drogués à la coke et aux amphétamines qui avait attaqué à Mumbaï est bien le dindon d'une farce qui a été décidée et gérée lors des nombreuses visites d'Headley au Lashkar-e-Taïba. Headley, devenu inspecteur de la DEA, voyageant sans aucune contrainte dans le pays, et qui lors de son avant dernier périple avait visité des sites potentiels en compagnie d'un autre couple dont on n'a toujours pas retrouvé trace. Il s'appellerait Davis que ça ne serait plus qu'une demi-surprise aujourd'hui. 

Headley maître d'œuvre à Mumbaï, et Davis à Rawalpindi, à deux pas d'Islamabad ? C'est possible aussi : car le service d'ordre recruté par Bhutto était celui de... Blackwater, après qu'elle aît elle-même hésité à engager des gens d'Armor Group. L'homme qui avait révélé l'emploi de Blackwater était Rob Richer, ancien de la CIA et très proche du faucon Porter Goss, travaillant depuis pour... Blackwater. Richer avait même prévu la sortie d'un communiqué accusant un membre d'Al-Qaida (ce qui sera effectivement fait !) si un attentat se produisait, afin de masquer le nom de Blackwater, révèle en septembre 2010 le journaliste Jeremy Scahill !  J'avais à l'époque relevé l'inanité du lien entre Al-Qaida et l'assassinat de Bhutto. 

La thèse officielle voulant qu'elle n'ait pas été atteinte par balles, mais morte le crâne fracassé en retombant dans sa voiture après une explosion de kamikaze. Si pas de kamikaze présent, pas d'islamiste à accuser, en effet ! Or, des vidéos retrouvées dès fin 2007 démontrent clairement qu'elle a bien été atteinte en pleine tête de deux balles, sur trois tirs effectués (et clairement entendus) à quelques mètres de sa voiture, les gardes de Blackwater laissant ouvertement libre un côté pour une fenêtre de tir évidente. Bhutto, qui avait des liens elle-même avec des islamistes, mais qui avait eu le tort d'affirmer qu'elle savait qui avait tué Ben Laden. Selon la presse, Bhutto aurait tenté de se trouver une autre protection après un premier attentat raté dont elle avait échappé de peu. En prenant contact avec... la CIA, paraît-il. Beaucoup de gens sont impliqués dans le mensonge sur sa mort, y compris Scotland Yard qui avait promis une enquête impartiale, Musharraf qui a fait nettoyer au Karcher la scène du crime le lendemain même de l'attentat... et même le mari de Benazir Bhutto, Asif Zardari, qui avait refusé l'autopsie.

Le cas Davis, décrit désormais clairement aux USA comme un espion, prend donc de l'ampleur, au fil du temps, avec notamment l'arrestation d'Aaron Dehaven, un second américain, travaillant lui pour la société Catalyst Services, ayant des contrats avec le Pentagone. Encore un bon poisson de pêché semble-t-il : Dehaven a épousé une femme de la la province de Khyber Pakthunkhwa, juste à la frontière de l'Afghanistan et il parle un Urdu parfait paraît-il : c'est suffisamment rare dans les services US pour être noté. Selon des informations, il travaillerait pour un dénommé Hunter Obrikat, de Sig Import, ayant son adresse à Charlotte, en Caroline du Nord. Un importateur de tapis pakistanais situé à Peshawar, qui représente le paravent parfait pour ce genre d'opérations ! Davis est bien un clone d'Headley : la presse pakistanaise a révélé qu'il avait dans son téléphone portable au moins 27 contacts avec des résistants pakistanais, dont un groupe sunnite appellé le Lashkar-e-Jhangvi, lié au Harakat ul-Mujahidin, le groupe de Masood Azhar à l'origine de la création du Jaish-e-Mohammed (ou JeM). Le groupe qui en 2001 avait attaqué le parlement à New-Delhi, en conjonction avec le... Lashkar-e-Taiba ! On est bien sur la même sphère de contacts qu'avait Michael Headley.

Comme le précisait un excellent texte de septembre 2009, de USAID à Xe, le chemin est parfois plus court qu'on ne croit ! "Est-ce que l'aide américaine vient avec des ficelles attachées derrière ?" dit la légende d'une photo où l'on voit l'Ambassadrice US au Pakistan, Anne Patterson, remettre symboliquement un plat hallal au Lt-Général Nadeem Ahmed, de l'armée pakistanaise... En fait, l'importateur de tapis servant de paravent à Davis à pour adresse Charlotte en Caroline du Nord. C'est de la même ville qu'est édité le journal de propagande "Jihad Recollections", pro-Al-Qaida, édité par Al-Fursan Media Foundation (Samir Khan). Un journal pro-terrorisme islamiste présenté comme "le Vanity Fair d'Al-Qaida (?)" qui ne parle que l'américain : droit dans la ligne de la propagande façon Rita Katz ! D'ailleurs, pour le prouver, on a ressorti un "expert" pour venir le décrire, ce magazine de papier glacé parlant du djihad entièrement en américain : "Ceci est conçu pour les Américains », explique l'expert en terrorisme Steven Emerson, fondateur du ronflant "l' Investigative Project on Terrorism" à Washington, DC, et auteur du livre « Jihad américain :. Les terroristes vivent parmi nous" explique sans sourire Fox News.... Plus personne ne se fait aujourd'hui d'illusions, pourtant, sur Emerson... fondateur avec Rita Katz du SITE Group ! Une enquête, menée par le journal TheTennesean a constaté qu'en fait "Emerson est un membre éminent d'une industrie de plusieurs millions de dollars de soi-disant experts qui sèment la haine envers les musulmans dans les livres et les films, sur des sites Web à travers les apparences et la parole"... Ceux qui agitent constamment les chiffons rouges... pour en vivre grassement ! Richter, lui, activant le spectre des espions économiques ! Pour en vivre également, bien entendu ! En France on a les mêmes, "d'experts", dont celui qui est venu nous expliquer doctement que les deux otages du Niger tués avaient été choisis car l'un d'entre eux allait épouser une musulmane ! Alors que c'étaient les deux les plus proches de la porte du petit restaurant où ils étaient attablés !

Le problème Davis est devenu suffisamment grave pour que mardi 22 février le général pakistanais Ashfaq Kayani  (ici avec Musharraf) rencontre une délégation de généraux US menés par Mike Mullen en personne, discrètement... à Oman. "Afin de "mieux coordonner" leurs opérations contre les islamistes, selon un communiqué militaire pakistanais" nous apprend la presse ; on n'y croît pas une seule seconde (et encore mois avec la une de Time sur Kayani "homme de l'année" potentiel de 2010 !) ! Le débat à nécessairement porté sur le sort de Davis, monnaie d'échange à très forte valeur ajoutée pour l'ISI. Sans s'en apercevoir, les américains accréditent ainsi la thèse de cette même ISI ; comme quoi Davis est bien un gros, très gros poisson. Cet "Headley bis" représente pour eux un danger extrême : celui de voir les activités de la CIA dans la région mises au grand jour. Et si l'on remonte la filière, qui croise le parcours à la fois de Michael Headley et de Raymond-Craig Davis (**), une chose est sûre, cette activité n'est pas bonne à révéler. Elle conduit en effet directement aux attaques de Mumbaï et à d'autres attentats sanglants en Inde !

(*) jugé par les américains eux-mêmes "une menace aussi grande que celle d'Al-Qaida" selon le défunt Richard Holbrooke ! "Lashkar-e-Taiba, Al-Qaïda et la résistance travaillent plus étroitement qu'autrefois. Les groupes terroristes souhaitent créer une crise entre New Delhi et Islamabad", a confié M. Holbrooke aux médias locaux, en marge d'un séminaire sur la sécurité en Asie du Sud qui s'est tenu à New Delhi" avait-il déclaré en juillet 2010. Les "terroristes"... ou la CIA ?

(**) car en 2008, déjà un Davis répondant au prénom de Craig avait lui aussi été soupçonné du même rôle au Pakistan, lui aussi travaillant pour Blackwater et lui aussi auteur d'activités d'espionnage sous couvert de faire partie d'une association humanitaire, appelée CAII.

En complément, on peut relire :

sur Mumbaï :

1) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

2) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

3) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

4) http://www.agoravox.fr/actualites/i...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

Sur Michael Headley :

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

 Par morice

Mardi 1er mars 2011

8 mars 2011

Olivier MONTULET


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