Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

22/05/2011

n°476 - journal de l'Afghanistan - 29-03 au 22-05 –Fin -- Des équipes de tueurs en Afghanistan : la vérité.

n°476 - journal de l'Afghanistan - 29-03 au 22-05 –Fin -- Des équipes de tueurs en Afghanistan : la vérité.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 476 - du 29-03 au 22-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

 



 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site : 

 www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

8 Dossiers

8-1 Malalai Joya : Des équipes de tueurs en Afghanistan : la vérité.

8-2 États-Unis : Torturer des musulmans est légal !*

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Guantanamo Files : Le terroriste libyen ami de la CIA

9-2 Manlio Dinucci : Le terroriste libyen ami de Washington.

9-3 Mort de Ben Laden : la France doit-elle rester en Afghanistan ?

9-4 Otages : Sarkozy libèrera-t-il les journalistes juste avant les élections présidentielles ?

9-5 Le prix d’une guerre.

9-6 Said Mekki : L’économie dans la décennie Bush-Ben Laden.

10 Annexe 

Les USA dans le monde .

 


 


8 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8-1 Malalai Joya : Des équipes de tueurs en Afghanistan : la vérité.

Ces photos dégueulasses et qui brisent le cœur publiées la semaine dernière dans les médias allemands, et plus récemment dans Rolling Stone Magazine  [ http://www.rollingstone.com/politics/photos/the-kill-team-photos-20110327 ], apportent enfin la macabre vérité sur la guerre en Afghanistan à un public plus large.

Toutes les relations au public au sujet de cette guerre concernant la démocratie et les droits humains s'évaporent avec les photos de soldats américains posant avec des corps morts et mutilés d'innocents civils afghans.

 Je me dois de rapporter que les Afghans ne croient pas qu'il s'agit d'une histoire de quelques soldats voyous. Nous croyons que les actions brutales de ces « équipes de tueurs » révèlent l'agression et le racisme qui font partie intégrante de l'occupation militaire toute entière. Alors que ces photos sont nouvelles, le meurtre d'innocents ne l'est pas De semblables crimes ont suscité beaucoup de protestations en Afghanistan et ont augmenté fortement le sentiment anti-américain parmi les Afghans ordinaires.

 Je ne suis pas surprise que les médias courants aux US aient été réticents à publier ces images de soldats qui font du meurtre d’Afghans, un sport. On dit que le  Général Petraeus, actuellement en charge de l’occupation américaine attache une grande importance à  « l’information sur la guerre » pour l’opinion publique et qu’il y a un effort concerté pour ne pas montrer la réalité en Afghanistan aux US.

 La semaine dernière, ma première demande pour un visa d’entrée aux US a été refusée et ainsi ma tournée pour mon livre a été retardée, tandis que des supporters exigeaient mon droit d’entrer dans le pays. Le gouvernement américain a été poussé à revenir sur sa décision et à permettre que ma visite se poursuive. Finalement, cela aussi sera incapable de bloquer la vérité sur la guerre en Afghanistan. 

 Les images de « l’équipe de tueurs » produira un choc chez beaucoup d’extérieurs à l’Afghanistan, mais pas pour nous. Nous avons vu d’innombrables incidents de forces américaines et de l’OTAN tuant des innocents comme des oiseaux. .Par exemple, ils viennent de tuer récemment neuf enfants dans la province de Kunar qui ramassaient du bois pour le feu. En février, cette année, ils ont tué 65 villageois innocents, la plupart des femmes et des enfants. Dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres, l’OTAN a prétendu qu’il n’avait tué que des insurgés même si les autorités locales avaient reconnu que les victimes étaient des civils. Pour éviter que les faits ne soient connus, il a même arrêté deux journalistes de al-Jazeera qui essayaient de venir et de rapporter à partir du lieu du massacre.

 Les autorités US successives ont dit qu’elles sauvegarderaient les civils et qu’elles seront plus prudentes, mais en réalité elles sont surtout plus prudentes dans leurs efforts pour dissimuler leurs crimes et pour éviter q’ils soient rapportés. Les US et l’OTAN avec le bureau de la mission d’assistance de l’ONU à l’Afghanistan donnent généralement des statistiques sur les décès civils qui sous-estiment leur nombre. En

 

réalité, la soi-disant colère ( ???surge) du Président Obama a seulement eu pour effet un mouvement de violence de tous les côtés, et les morts civiles ont augmenté.  

Les armées d’occupation ont essayé d’acheter les familles de leurs victimes en leur offrant à chacune $2000 pour chaque tué. La vie d’un Afghan est bon marché pour les US et l’OTAN, mais peu importe combien ils offrent, nous ne voulons pas de leur argent sanglant.

 Une fois qu’on sait tout cela et qu’on a vu les photos de « l’équipe de tueurs » on comprend plus clairement pourquoi les Afghans se sont retournés contre l’occupation. Le régime Karzaï est plus détesté que jamais, il ne gouverne que par intimidation, corruption et avec l’aide des armées d’occupation. Les Afghans méritent beaucoup mieux que cela.

 Cependant, cela ne signifie pas que davantage d’Afghans soutiennent la soi-disant résistance des Résistants réactionnaires. On assiste au contraire à la croissance, dans des conditions très difficiles, d’une autre résistance dirigée par des étudiants, des femmes et les gens ordinaires pauvres d’Afghanistan. Ils descendent dans la rue pour manifester contre le massacre de civils et pour exiger la fin de la guerre. Des manifestations pareilles ont eu lieu récemment à  Kaboul, Marzar-e-Sharif, Jalalabad et Farah.

Cette résistance s’inspire de mouvements dans d’autres pays comme l’Egypte et la Tunisie – nous aussi nous voulons voir le « pouvoir du peuple » en Afghanistan. Et nous avons besoin du soutien et de la solidarité des gens des pays de l’OTAN.

Beaucoup de voix nouvelles s’expriment contre cette guerre coûteuse et hypocrite en Afghanistan, y compris des soldats des armées de l’OTAN. Quand j’ai visité la dernière fois le RU, j’ai eu l’honneur de rencontrer Joe Glenton, un objecteur de conscience qui a passé des mois en prison pour sa résistance contre la guerre en Afghanistan. De sa période en prison, Glenton dit : « Dans le climat actuel, je considère comme un honneur d’avoir été condamné à la prison ».

Ainsi, pendant que le monde regarde avec horreur les photos de « l’équipe de tueurs, le courage et l’humanité de Joe Glenton sont un rappel important que la guerre en Afghanistan ne doit pas durer pour toujours.  

Malalai Joya
Mercredi 30 mars

The Guardian,


8-2 États-Unis : Torturer des musulmans est légal !*
Après l’annonce de l’assassinat de Oussama Ben Laden, on a pu observer une hystérie malsaine parmi non seulement une partie de l’opinion publique nord-américaine, mais également dans les médias français sionisés. Mais d’où vient cette hâte suspecte à immerger son cadavre et à présenter une photo truquée ? L’accélération de l’actualité nous réserve encore de nombreuses surprises et tout semble indiquer que, passé le premier moment, cette liquidation de Oussama Ben Laden va gêner Barack Obama par les questions qu’elle soulève…
On va s’en tenir à la version provisoirement officielle, donc américaine. C’est grâce à des aveux extorqués par la torture, non seulement à Guantanamo mais aussi dans les prisons secrètes de la CIA, que la piste de Ben Laden fut retrouvée. D’ailleurs, certains républicains, tout en félicitant Barack Obama, lui rappellent que le mérite revient aussi à Georges Bush et au vice-président Dick Cheney, qui ont légalisé la pratique de la torture. Ainsi, le représentant républicain de New York, Peter King, estime que c’est le « waterboarding » (torture de la baignoire, comme le faisait la Gestapo aux résistants en France sous l’occupation) qui a permis de localiser Ben Laden. Beaucoup de régimes et de gouvernements ont pratiqué la torture mais aucun, jusqu’à présent, ne s’en était vanté de manière aussi cynique et aussi perverse.
Cela nous ramène donc au lynchage et à la joie hystérique d’une partie importante de la population nord-américaine devant de tels spectacles. Il y a là une pathologie profonde qui s’explique par les origines mêmes des États-Unis. Nous voulons parler des deux crimes fondateurs de la Nation américaine : l’extermination de la population d’origine (les Amérindiens), et la déportation d’esclaves africains. Cette barbarie et cette violence vont de pair, chez beaucoup d’Américains, avec une bonne conscience prête-à-porter. Tout ce qui est nord-américain est forcément bon puisque les États-Unis sont une démocratie, nous répètent sans cesse à Paris ceux qui voulaient, au lendemain du 11 septembre, que tous les Français se sentent américains ! Les USA sont une « démocratie » avec la pratique de la torture de la baignoire, les prisons secrètes de la CIA, les exécutions ciblées par drones, le droit qu’ils se sont auto-attribués d’intervenir où bon leur semble… C’est cette mentalité raciste et coloniale des origines qui a permis si facilement l’osmose avec le sionisme : à chacun ses Peaux-Rouges, ici les Amérindiens, là-bas les Palestiniens !
Le bel Obama n’a donc pas fermé Guantanamo, mais a utilisé des renseignements obtenus par la torture afin de gagner quelques points dans sa cote de popularité… Cela ne surprend que les illettrés politiques qui s’étaient laissés prendre à cette opération de charme qu’aura été le lancement de la candidature Obama. Déjà, Albert Einstein avait noté : « Les États-Unis forment un pays qui est directement passé de la barbarie à la décadence, sans jamais avoir connu la civilisation… ». Remarque pertinente qui se vérifie chaque jour davantage ! Mais le danger réside dans l’accouplement des USA avec le sionisme, pour donner cet USraël qui a mené une guerre contre le monde entier depuis 1945, pour le moins. Les Américains, comme les sionistes « juifs », pensent être un Peuple élu, et cela les pousse à dominer le monde pour lui apporter bonheur (version Hollywood) et démocratie (version aquatique avec baignoire incorporée) !
Avec la version américaine de l’assassinat de Ben Laden, qui comporte de nombreuses zones d’ombre, on a pu assister au déploiement de cette arrogance cynique dont ces gens-là sont capables, avec une volonté d’humilier toujours davantage les musulmans. Ce dernier point est très important car il pourrait être annonciateur de provocations à venir. Avec ou sans Ben Laden, l’USraël est touché à mort. La crise économique et financière qu’il traverse, et la volonté de résistance des peuples musulmans feront beaucoup plus pour la disparition de cette monstruosité américano-sioniste que tous les Ben Laden à venir…
La grande leçon à retenir de toute cette propagande qui se déverse est l’aveu que la torture contre des musulmans est légale. Il suffit pour cela de les soupçonner de « terrorisme » ! Une autre leçon également à ne pas oublier est la jubilation pathologique d’une grande partie de l’opinion nord-américaine suite à l’assassinat d’un arabo-musulman.
Et nous, en France ?

Si les médias officiels et leurs prétendus spécialistes ont emboîté le pas à la propagande américano-sioniste, il semble que beaucoup de Français ont accueilli la nouvelle avec une bonne dose de scepticisme. Depuis le 11 septembre 2001, puis l’agression contre la population civile de Gaza, puis l’agression d'une flottille humanitaire par l’armée sioniste, des yeux se sont ouverts et nombreux sont nos compatriotes qui pensent qu’ « ils » sont capables de tout. Malgré la campagne permanente d’islamophobie, l’opinion publique française a le sentiment, encore diffus, qu’on nous prépare à ce que le sionisme souhaite : le prétendu choc des civilisations, en un mot une gigantesque guerre contre les musulmans. C’est pourquoi M. Guéant, ministre de l’Intérieur et adepte de la « croisade », cherche à nous effrayer en prévoyant une recrudescence d’attentats en France. Le pouvoir pense se sauver de la déroute par une vaste provocation qui lui rallierait le parti de la peur, n’ayant rien d’autre à proposer à la population. Il faut s’attendre, après la mort si opportune de Ben Laden, à une montée en puissance des campagnes islamophobes et à diverses provocations.
Que tous nos amis, et ils sont de plus en plus nombreux, fassent connaître autour d’eux les dangers et enjeux de cette guerre permanente que le sionisme a déclarée, non seulement contre les musulmans, mais aussi contre toutes les Nations qui veulent préserver leur indépendance. Seule une popularisation de nos idées peut, sinon empêcher, du moins gêner ou retarder les plans de nos ennemis. Et il est plus que temps !
http://www.partiantisioniste.com/

 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

9-1 Guantanamo Files : Le terroriste libyen ami de la CIA

Encore une fois les choses s’entremêlent, et on ne sait plus bien qui est terroriste et qui est "allié".

En l’occurrence, ce que révèle cet article de Manlio Dinucci paru dans il Manifesto et basé sur l’un des "Dossiers de Guantanamo", est qu’un ex-terroriste lié à al-Qaïda et emprisonné pendant 5 ans dans les géôles états-uniennes est devenu aujourd’hui l’un des meneurs des rebelles libyens soutenus par l’OTAN dans leur guerre pour renverser le régime de Khadafi. Cela semble confirmer l’analyse que l’écrivain Webster Tarpley vient de faire pour le "West Point Study", à savoir que "les rebelles libyens financés par la CIA [sont] ces mêmes terroristes qui ont tué des soldats US ou de l’OTAN en Irak", et que "la région de Benghazi, Darnah, Tobrouk était l’une des principales zones pour le recrutement par al-Qaïda des candidats aux attentats-suicides".(*)

27 avril, 2011 by GeantVert  


9-2 Manlio Dinucci : Le terroriste libyen ami de Washington.

Les plus de 700 documents classifiés sur les détenus de Guantanamo rendus publics par Wikileaks confirment ce qu’en général nous savions déjà. Parmi les 600 prisonniers transférés dans d’autres pays et les 172 qui restent encore dans le centre de détention, il y a soit des militants de la Jihad et d’autres opposants, soit des personnes absolument extérieures à la lutte ; soit des vieillards, comme l’Afghan Haji Faiz Mohammed, interné à l’âge de 70 ans alors qu’il était atteint de démence sénile ; soit des enfants, comme le Pakistanais Naqib Ullah interné à Guantanamo à l’âge de 14 ans et, de plus, atteint de tuberculose, ou le Canadien Omar Khadr, interné à l’âge de 15 ans, accusé d’avoir tué dans un combat un soldat des forces spéciales étasuniennes en Afghanistan, et détenu depuis 9 ans.

Mais d’autres personnages de divers genres sont aussi passés dans les cellules de Guantanamo. Emblématique est ainsi l’histoire du Libyen Abu Sufian Ahmed Hamuda Ben Qumu. Né à Derna en 1959, il s’enrôla dans l’armée comme conducteur de char, mais fut ensuite condamné à 10 ans de prison pour assassinat et trafic de drogue. Enfui en 1993, il partit en Egypte puis en Afghanistan. Après avoir été entraîné dans le camp de Torkham d’Ossama Ben Laden, il participa à l’organisation de la milice résistant. Il fut ensuite transféré au Soudan, où il entra dans la Wadi al-Aqiq, une des compagnies de Ben Laden. Obligé de quitter le Soudan, il partit à Peshawar, au Pakistan, puis à Kaboul en 2001, toujours avec un rôle de dirigeant de la milice résistant. Capturé, on l’emmena à Guantanamo en 2002.

Dans le document classifié de la Joint Task Force Guantanamo du Département d’Etat étasunien de la Défense, daté du 22 avril 2005, il est écrit que « le gouvernement libyen indique Qumu, détenu à Guantanamo, comme un des chefs extrémistes des Arabes Afghans (les moudjahiddines restés en Afghanistan et au Pakistan après la Jihad anti-soviétique), en lien avec les résistants et Al Qaeda ». Tripoli le considère donc comme « un élément dangereux, sans scrupules pour commettre des actes terroristes ». En syntonie avec ce jugement, le Département d’Etat étasunien de la défense conclut que « le détenu Qumu constitue un élément de risque moyen-élevé, une menace probable pour les USA, pour leurs intérêts et leurs alliés ».

Deux ans après seulement, en 2007, Qumu est transféré de Guantanamo en Libye, où l’année suivante il est amnistié et libéré. Aujourd’hui, rapporte le New York Times, il demeure « une figure de pointe dans la lutte des rebelles libyens pour renverser Kadhafi », à la tête d’ « une bande de combattants connue comme Brigade Derna », du nom de la ville natale de Qumu où est né le Groupe combattant islamique libyen (dont Qumu lui-même a fait partie). « L’ennemi et prisonnier des Etats-Unis est à présent un allié », commente le New York Times. Rien d’étonnant : le cas Qumu est emblématique de la façon dont, sous couvert de lutte contre le terrorisme, Washington recrute et manœuvre des groupes terroristes selon ses intérêts du moment.

En oubliant cependant le vieux dicton : qui sème le vent récolte la tempête.

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci, pour ilmanifesto.it, le 26 avril 2011

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio 

Traduit et publié sur mondialisation.ca le 26 avril 2011

http://www.reopen911.info/News/2011/04/27/guantanamo-files-le-terroriste-libyen-ami-de-washington/

 


9-3 Mort de Ben Laden : la France doit-elle rester en Afghanistan ?

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs mais doit être vu comme information

La mort d'Oussama Ben Laden, tué lors d'une opération américaine au Pakistan, ne devrait pas avoir de conséquences directes sur les troupes françaises déployées en Afghanistan, mais relance le débat sur les conditions de leur maintien dans le pays.

 «Un événement considérable», Gérard Longuet a souligné, ce lundi, les retombées de la mort du chef d'Al-Qaïda sur le conflit afghan. Mais le ministre de la Défense a aussitôt rappelé que la mission des forces françaises était d'assurer «la sécurité des populations», pas de traquer Ben Laden.

 

«Ces troupes y parviennent, puisque l'axe dit Vermont (la route nord-sud dans l'est de l'Afghanistan) fonctionne maintenant au prix d'un engagement français qui nous a valu 56 morts et de très nombreux blessés», a-t-il rappelé.

Changement de positionnement du Pakistan

La mort de Ben Laden au Pakistan traduit surtout un changement dans les rapports entre l'Afghanistan et son puissant voisin. Régulièrement soupçonnés de soutenir les insurgés afghans, les services secrets pakistanais semblent cette fois avoir favorisé l'opération américaine contre le leader d'Al-Qaïda.

 «Je n'imagine pas que cela ait pu se faire sans que les responsables pakistanais aient rendu les choses possibles (...) Parmi les jeux de pouvoir pakistanais, le pouvoir le plus transparent et le plus loyal à l'égard des alliances affichées semble l'emporter», constate Gérard Longuet.

Largement occultée ces derniers mois par les bouleversements dans le monde arabe, la guerre en Afghanisan revient du coup dans le débat politique français avant la présidentielle de 2012.

Moscovici : «Il faut sortir de ce bourbier»

Avec la mort de Ben Laden, «c'est incontestablement le principal but de guerre en Afghanistan qui disparaît. Cela pose la question du volume et de la forme de la présence de nos forces dans ce pays», estime le député socialiste Jean-Michel Boucheron, spécialiste de la Défense, dans un communiqué.

Le PS a déjà réclamé à plusieurs reprises un retrait des troupes françaises. «Il faut sortir de ce conflit, de ce bourbier, mais pas par des mouvements de retrait précipités», souligne l'ancien ministre Pierre Moscovici.

Vers un départ d'ici à 2014 ?

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, estime pour sa part que la France, «très engagée depuis 2001» dans le combat contre le terrorisme, «doit rester déterminée et mobilisée au côté de la communauté internationale».

Gérard Longuet rappelle quant à lui l'engagement de la coalition d'organiser d'ici 2014 le transfert de la sécurité des populations aux autorités afghanes pour permettre le retrait des forces internationales.

«Et si les Afghans sont un peu moins sollicités de l'extérieur, ce sera plus facile pour eux», souligne-t-il.

 02 mai 

 

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Mort-de-Ben-Laden-doit-elle-encore-rester-en-Afghanistan-_6346-1783371-fils-tous_filDMA.Htm

 


9-4 Otages : Sarkozy libèrera-t-il les journalistes juste avant les élections présidentielles ?

http://mai68.org/spip/spip.php?article2792

Certains otages français sont détenus par AQMI, Al-Qaïda au Maghreb Islamique. Voici les preuves que la direction d’AQMI appartient aux services secrets français, avec notamment des vidéos d’un journaliste de Canal + :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1372

Quant aux journalistes français prisonniers en Afghanistan, ils sont en réalité très probablement détenus par les Services secrets occidentaux, dans le but de faire peur aux autres journalistes, afin qu’ils n’aillent pas enquêter de trop près sur les Oradours commis chaque semaine dans ce pays par les armées d’occupation de l’OTAN. Voici un article assez clair à ce sujet (lire aussi les liens et les commentaires) :

http://mai68.org/spip/spip.php?article979

L’on a constaté par ailleurs que, souvent, les otages sont libérés à une date dépendant d’élections importantes…

Les otages américains en Iran

Ce fut le cas par exemple des otages américains en Iran il y a une trentaine d’années.

Voici un lien choisi quasiment au hasard qui en parle :

http://perspective.usherbrooke.ca/b…

Extrait :

« Ronald Reagan devient le 40e président des États-Unis en défaisant facilement le président sortant, le démocrate Jimmy Carter.

« Ex-vedette de cinéma et gouverneur de la Californie (1966-1974), Ronald Reagan devient, à 69 ans, le plus vieux président de l’histoire des États-Unis au moment de son élection. Une économie stagnante et la situation des otages américains en Iran, qui dure depuis novembre 1979, jouent en faveur du candidat républicain »

Je me souviens bien par ailleurs qu’il avait été révélé, même très officiellement à la télévision française aux grands journaux, et à des heures de grande écoute, que la date de libération des otages américains en Iran avait été négociée avec les ravisseurs pour avantager un candidat plutôt qu’un autre. Vous pouvez regarder sur le sujet l’article bien trop prudent et bourré de conditionnel de wikipedia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Surprise_d’octobre

 

Les otages français au Liban

Extrait d’un article de Wikipedia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair…

« Il est dix heures et demie, ce jeudi 5 mai 1988, quand les trois derniers otages français du Liban, Jean-Paul Kauffmann, Marcel Carton et Marcel Fontaine, libérés la veille à Beyrouth après trois ans de captivité, arrivent à l’aéroport de Villacoublay où ils sont accueillis par Jacques Chirac et Charles Pasqua. »

Les otages français du Liban sont libérés le 5 mai 1988 et le second tour des élections présidentielles a lieu le 8 mai 1988 :

http://www.france-politique.fr/elec…

Vous voyez qu’il n’est pas rare que la date de libération des otages soit liée à celle des élections présidentielles de leur pays.

La direction d’AQMI appartenant aux services secrets français, les otages que cette organisation détient sont en fait entre les mains de ces services.

Quant aux journalistes français otages en Afghanistan, ils sont eux aussi très probablement détenus par les services secrets occidentaux.

Les présidentielles françaises approchent. Si, juste avant les élections, survenait une libération à grand spectacle des otages français, ou du moins de certains d’entre eux, cela ferait une sacrée publicité au candidat Sarkozy !


9-5 Le prix d’une guerre. 

 Les guerres, combien ça coûte – et par exemple celle que mène la France en Libye ? Cette question, volontiers considérée comme « triviale » à l’heure des grandes envolées humanitaro-onusiennes, a reçu de l’actuel ministre français de la défense, Gérard Longuet, une réponse fort churchillienne : « Ça coûtera beaucoup moins cher que le déshonneur de voir un peuple se faire massacrer. » Tant de soudaine sollicitude pour les peuples souffrants de la planète ne manque pas d’émouvoir. Mais n’empêche pas de tenter une estimation des coûts et surcoûts de ce que la communauté militaire nomme les « opérations extérieures »…
C’est un propos de Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances du roi Louis XIV : « Celui qui fait la guerre à meilleur marché est assurément supérieur à l’autre » [1]. Les soucis des gestionnaires actuels ne sont pas moindres. Eric Querenet de Breville, sous-directeur à la Direction du budget, se plaignait récemment devant des députés de ne pouvoir discerner les contours financiers des « opex » [2] : « La budgétisation et le financement des opérations extérieures sont un exercice difficile, qui s’apparente à du tir sur une cible mobile, se déformant dans le temps, dont la position nous est notifiée par le ministre de la défense sans qu’on puisse la vérifier, et dont la taille est approximative, puisqu’il s’agit d’une dépense évaluative ».
Jean-Paul Hébert [3], rappelait que les « coûts » dont on parle à propos des « opex » sont en réalité des surcoûts : il s’agit de la différence imputable à l’opération examinée par rapport au coût de l’unité en fonctionnement « normal », sur le territoire national.
Faute d’avoir accès aux documents comptables officiels, cet économiste spécialiste des questions de défense avait dû dépouiller cinquante trois rapports parlementaires pour tenter de rédiger un article sur « le coût des opex françaises » (Arès n°60, décembre 2008) : ces rapports fournissaient des informations parfois contradictoires, entre lesquelles il avait dû arbitrer. Au total, il estimait à 20 milliards les surcoûts en question, entre 1976 et 2008, soit entre 1,5 et 2 % du budget de la défense voté en loi de finances initiale.
Le jeu des relèves
Ce montant, qui a eu tendance à gonfler au début des années 1990, puis à partir de 2000, n’incluait que les engagements exceptionnels et réputés provisoires (même s’ils ont duré plus de vingt ans, comme au Tchad…), et non les frais occasionnés par les autres stationnements hors Hexagone : les 17 000 hommes en « forces de souveraineté » (en 2007), essentiellement dans les Dom-Tom ; et les 6 000 hommes des « forces de présence » (les bases permanentes en Afrique).
En ce début 2011, l’effectif des militaires directement engagés en « opex » est de 13 000 hommes environ, ce qui ne comprend pas les personnels d’état-major et de soutien des centres de commandement et bases dans l’Hexagone, mobilisés pour l’occasion. En outre, les militaires en « opex » sont relevés d’habitude tous les quatre mois (6 mois pour l’Afghanistan, 20 jours pour les pilotes), ce qui multiplie les effectifs …
Par ailleurs, les personnels dans les bases permanentes bénéficient d’une « indemnité de sujétion pour service à l’étranger », et les militaires en « opex » d’une prime de combat, avec pour tous des régimes particuliers de permissions. L’évaluation des surcoûts est encore rendue plus complexe à propos du matériel : on peut l’évaluer en quantité, mais est-ce à la valeur d’acquisition à l’origine, ou à leur valeur de remplacement ? En outre, le matériel est beaucoup plus sollicité, avec un taux d’usure et donc un coût de maintien en condition opérationnelle (MCO) plus important ; enfin, une partie est perdue au combat, ou laissée sur place (armement, véhicules, infrastructures), avec là encore un choix difficile entre valeur de remplacement ou valeur d’inventaire…
A la louche
Sans prétendre atteindre un tel degré de finesse financière, on peut tenter de cerner grossièrement les coûts des trois conflits les plus chauds du moment, auxquels participent les armées françaises : Côte d’Ivoire, Libye, Afghanistan (les autres opex « lourdes » mais moins actives sont le Liban et le Tchad). Et d’abord de la plus spectaculaire – la Libye – sachant que :
— l’heure de vol d’un chasseur Rafale est évaluée entre 12 000 et 20 000 euros (selon ce qu’on y inclut) ;
— une quarantaine de chasseurs français sont engagés dans les frappes en Libye depuis un mois (seize sur le porte-avions Charles de Gaulle, vingt-quatre sur la base de Solenzara en Corse) ;
— une vingtaine d’avions-radars, de ravitaillement ou de transport tactique (basés à Istres, Avord, Orléans) sont également mobilisés ;
— l’ensemble de ces appareils effectuent environ trente sorties par jour (soit neuf cents sorties environ, côté français, depuis le déclenchement des frappes) ;
— 3 200 militaires (2 600 sur les bateaux, 600 sur les bases à terre) interviennent directement ;
— l’heure de fonctionnement du porte-avions et de son escorte (présents sur zone depuis plus de trois semaines) peut être évaluée à 45 000 euros, environ (soit près d’un million par jour) ;
— un missile de croisière Scalp (équivalent du Tomahawk américain) vaut 750 000 euros (il en a été tiré onze par l’aviation française), les A2SM 150 à 200 000 euros, les bombes guidées GBU 50 000 euros l’unité ;
— une partie des heures de vol et des tirs peuvent être comptabilisés dans les quotas d’entraînement, quitte bien sûr à « lisser » ensuite au maximum les dépenses sur ces postes ;
— le tout dans un contexte de forte augmentation du coût des carburants (25 dollars de plus le baril, depuis la révolte en Tunisie)
Bref, sachant tout cela, et à la louche, on arrive à un coût (qui n’est qu’en partie un « surcoût » …) d’un montant d’un million et demi d’euros, en moyenne, par journée d’intervention en Libye, pour ce qui est des hommes et des matériels, compte non tenu des munitions (dont l’usage est très variable suivant les jours ou périodes).
Tendance à l’enlisement
Les Américains (dominants durant les deux premières semaines) s’étant retirés des frappes et ayant passé le commandement opérationnel à l’OTAN, la France et la Grande-Bretagne assurent pratiquement la moitié des actions offensives dans le ciel libyen. Pour la France seule, qui se veut leader « politique » de l’opération, la participation se monte à 20 % environ de l’effort général (lors de l’intervention au Kosovo, qui avait duré quatre-vingts jours, la France avait assuré un dixième de l’effort de la coalition).
En ces temps de restrictions budgétaires, et de baisse tendancielle de la plupart des crédits de défense, en tout cas dans les Etats européens, on est en droit de s’interroger sur le financement de surcoûts dus à des « aventures » militaires qui (comme c’est presque toujours le cas) ont, au surplus, tendance à s’enliser : l’opération en Afghanistan depuis 2002, Licorne en Côte d’Ivoire depuis 2004, l’actuelle intervention au Liban depuis 2008…
Dans l’immédiat, assure-ton officiellement, l’enveloppe « opex » prévue par avance dans le budget 2011 (soit 900 millions d’euros, contre 861 en 2010) épongerait le surcoût libyen … si du moins l’engagement ne s’éternise pas – car cela pourrait poser, notamment à l’armée de l’air, des problèmes sur les aéronefs, les personnels, et les munitions.
Le « Bush français »
Selon le porte-parole du ministère de la défense, « le niveau actuel des engagements français ne représente pas un pic, et reste en phase avec les moyens et le contrat opérationnel des armées », tel qu’il est défini par le Livre blanc de la défense, paru en 2008 [4]. Et on fait valoir que, pour renforcer Licorne en Côte d’Ivoire (passée de 900 à 1 800 hommes en quelques semaines), il a suffi de différer la relève d’unités sur place, et de prélever des compagnies déployées sur les bases au Gabon et au Tchad. Le coût annuel de la présence en Côte d’Ivoire en 2010 a été de 150 millions d’euros, et de 450 millions au bas mot pour l’engagement en Afghanistan.
Le surcoût d’ensemble des « opex » devrait cependant dépasser le milliard d’euros cette année (assez loin des 70 à 80 milliards de dollars de rallonge que l’ex-président américain George W. Bush demandait chaque année au Sénat pour financer ses guerres en Irak et en Afghanistan…). Une ardoise qui s’ajoutera à la considérable dette publique française, mais qui – pour celui qu’aux Etats-Unis on commence justement à appeler le « Bush français » – peut paraître modeste, si on la rapproche de retombées « immatérielles » : des guerres pour fabriquer du consensus hexagonal, et un président-chef de guerre pour tenter d’en cueillir les fruits, à un an de l’élection présidentielle [5] et faire oublier le social ; du grain à moudre pour les armées ; une vitrine pour les exportations (et notamment pour l’invendable Rafale de Dassault, à deux mois du Salon aéronautique du Bourget)…
Notes
[1] Cité par « Mon blog défense », 8 avril 2011.
[2] Audition du 5 mai 2009, mission d’évaluation et de contrôle du financement des opérations militaires extérieures, Assemblée nationale.
[3] Chercheur à l’EPHESS, où il animait un séminaire sur l’industrie de l’armement, jusqu’à son décès en juillet 2010.
[4] Cf. Nathalie Guibert, « Le temps, principal ennemi de l’armée française », Le Monde, 9 avril 2011.
[5] La classe politique, à quelques extrêmes près, ne trouve rien à y redire.
(blog.mondediplo.net)

 Philippe Leymarie

22/04/2011

http://www.algerie-focus.com/2011/04/18/le-prix-d%E2%80%99une-guerre/ 
 


9-6 Said Mekki : L’économie dans la décennie Bush-Ben Laden.

Les « années Ben Laden » ou « Bush-Laden » ont donné une impulsion remarquable aux dépenses militaires et ont renforcé le poids du complexe militaro-industriel. La sous-traitance de la guerre a permis également à des entreprises privées de faire de juteuses affaires. Un petit tour d’horizon économique sur une décennie pas perdue pour tout le monde.

La mort de Oussama Ben Laden ressemble à une fin de mission pour un homme qui au cours d’une vie d’aventurier a plutôt rendu service à ceux qu’il croyait combattre. Ce riche saoudien a été l’un des hommes clés du djihadisme antisoviétique en Afghanistan dans les années 1980, au cœur des réseaux de recrutement de combattants anti-communistes, il a donné de sa personne en participant directement à la défaite de l’armée rouge, contrainte au départ en septembre 1989. L’aide occidentale et saoudienne aux moudjahidines musulmans - plusieurs milliards de dollars par an - et le prestige médiatique ont transformé la piétaille de l’anticommunisme en idéologues d’une interprétation hallucinée de l’Islam. Déçus par le cours d’une histoire ou une fois leur but obtenu, les américains et les saoudiens ont renvoyé sans plus de formes les « freedom fighters » antisoviétiques, Ben Laden et ses desperados, regroupés dans ce qu’il est convenu d’appeler Al Qaeda, se sont engagés dans une confrontation terroriste contre les Etats-Unis qui a culminé dans les hyper-attentats de New York, le 11 septembre 2001. Le spectacle d’apocalypse avait frappé d’horreur l’opinion mondiale et fournie aux néoconservateurs au pouvoir un prétexte à la mise en œuvre d’une politique belliciste dont les premières victimes ont été les populations irakiennes et afghanes.

Explosion des dépenses militaires

Les dépenses militaires américaines en augmentation forte depuis la seconde moitié des années 1990 ont connu une impulsion extraordinaire. De 15% des dépenses publiques en 2001, la part du budget militaire a atteint plus de 21% à la fin de la décennie, passant de 329 milliards en 2002 à 661 milliards de dollars en 2009. De ce point de vue, Al Qaeda a directement contribué à légitimer des dépenses financées par le déficit public des Etats-Unis, à renforcer considérablement le complexe militaro-industriel américain et élargi son domaine d’intervention à la sécurité, au sens le plus général du terme. Il suffit de se remémorer les discours de G.W. Bush et ses références quasi-incantatoires à Al Qaïda pour mesurer les services rendus aux néoconservateurs et à leur mise sous tutelle militaire de la planète. Le terrorisme islamiste global a servi de couverture très commode aux guerres économiques. Ben Laden avait été associé, contre l’évidence, à Saddam Hussein pour justifier l’invasion de l’Irak. Pourtant la vérité des intentions est admise, y compris par des républicains alliés des néoconservateurs. "Cela m’attriste qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak est largement une question de pétrole" écrivait en 2007 Alan Greenspan, le patron de la Federal Reserve sous G.W. Bush, dans ses mémoires, The Age of Turbulences : Adventures in a new world (L’Age des turbulences : Aventures dans un nouveau monde).

Des acteurs économiques d’un type particulier

Les guerres des néoconservateurs ont ouvert de nouvelles perspectives à des acteurs économiques d’un type particulier. En Irak et en Afghanistan, la sous-traitance de la guerre est devenue une très importante source de revenus pour des sociétés comme Blackwater, Executive Outcomes, Kroll, Control Risks, Olive Security, Wackenhut qui ont obtenu de juteuses parts de marchés. L’effet Ben Laden a boosté les activités de ce secteur. Une firme comme CACI, qui emploie près de 10 000 personnes et possède une centaine de bureaux aux Etats-Unis et en Europe, a présenté en 2003 un chiffre d’affaires de 840 millions de dollars, dont les deux tiers concernent des contrats avec le Pentagone. Pour la société Titan, qui reconnait un effectif du même ordre, le montant des opérations au cours de la même année s’est élevé à 1,8 milliard de dollars. Kellog Brown and Root qui avait été chargé de la logistique militaire de l’armée américaine dans les Balkans pour un montant évalué à 2 milliards de dollars, fournit les mêmes prestations en Afghanistan et en Irak selon des contrats de l’ordre de 4 milliards de dollars. En 2004, les entreprises privées en contrat de sous-traitance avec le Pentagone ont dégagé un chiffre d’affaires astronomique de l’ordre de 100 milliards de dollars.

« L’avantage comparatif de la supériorité militaire »

La guerre « éternelle » contre le terrorisme a un sous-jacent économique particulièrement significatif. Cette guerre permet à l’économie américaine en perte de vitesse d’utiliser l’avantage comparatif premier des Etats-Unis : leur écrasante supériorité militaire. Mais au fil du temps et des crises, Ben Laden a perdu son statut d’épouvantail, l’effet repoussoir a fait long feu. Les révolutions arabes ont montré, s’il en était encore besoin, que les discours nihilistes n’ont aucune substance politique réelle dans le monde arabo-musulman. Au désespoir apolitique des djihadistes, les populations ont nettement opté pour la lutte politique ; le printemps des peuples n’a strictement rien à voir avec les délires d’illuminés fabriqués par les services secrets saoudiens. La guerre éternelle contre le terrorisme ne paye plus ; elle est remplacée avantageusement par le droit d’ingérence pour justifier les expéditions guerrières des marchés armés. Loin de Tora Bora et de la dure existence de maquisard qu’on lui prêtait, Oussama Ben Laden était « planqué », depuis des années semble-t-il, dans une résidence forteresse dans un quartier habité par des officiers généraux de réserve de l’armée pakistanaise. Sa retraite est terminée, Ben Laden a fait son temps : le dernier service qu’il pouvait rendre était de disparaitre, définitivement.

Said Mekki

Source : Maghrebemergent 



10 Annexe 

Les USA dans le monde .

(Brève histoire non exhaustive)

Source : http://www.street-trash.org/textes/a...

 

XIX siècle : Invasion de la Floride et de territoires mexicains.

 

1915-1934 : Occupation d’Haïti.

 

Début des années 1920 : République dominicaine :Installation du dictateur   Trujillo.

Fin des années 1920 : Nicaragua : envoi de Marines.

 

1946-1992 : Phillippines : aide à la répression des opposants politiques.

 

1947 : Italie : début de l’opération gladio : 15 000 paramilitaires prêts à renverser l’’Etat italien.

1947-1949 : Grèce : Conseillers militaires contre la guerilla communiste.

 

1950 : Porto-Rico : Occupation.

 

1950-1953 : Guerre contre la Corée du Nord (2 millions de morts).

 

1953-1978 : Iran : La CIA installe le shah au pouvoir.

 

1954 : Guatemala : La CIA installe une dictature (répression : 150 000 assassinats).

1957-1986 : Haïti : Soutien aux dictatures de « Papa » et « Bébé Doc ».

 

1958 : Liban : Des milliers de marines protègent le gouvernement pro-US.

 

1960 : Congo : La CIA aide Mobutu à assassiner P. Lumumba et à prendre le pouvoir.

1960 : Embargo (illégal) contre Cuba.

 

1961 : Cuba : La CIA organise le débarquement de « la baie des cochons ».

 

1961-1972 : Guerre du Viet-Nam (des millions de morts).

 

1961-1972 : Bombardement du Laos et du Cambodge.

 

1964 : Les marines écrasent une insurrection au Panama.

 

1965 : Indonésie : La CIA organise et équipe le gouvernement pour réprimer les communistes : 700 000 victimes.

1965 : République dominicaine : intervention militaire (10 000 morts et 40%  de la population exilée).

1967 : Grèce : La CIA aide à l’’instauration de la dictature des colonels.

 

1970 : La CIA épaule les iraniens qui tentent d’’envahir Oman.

 

1970 : Les USA s’’impliquent militairement et diplomatiquement du côté d’’Israël.

11 septembre 1973 : La CIA installe Pinochet au pouvoir au Chili.

 

1975-1999 : Timor oriental : occupation indonésienne soutenue par les USA (1/3 de la population massacrée).

1975-1990 : Angola : soutien militaire à Savimbi (300 000 morts).

 

1977 : Congo : la CIA soutient un soulèvement contre Mobutu.

 

1979 : Vietnam : invasion par les khmers rouges, soutenus par les USA et la Chine.

1980-1988 : Irak : Soutien à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak.

 

1980-1990 : Salvador : Intervention contre-insurectionnelle au côté de l’’armée et des escadrons de la mort (entre 70 et 100 000 morts, 600 000 réfugiés).

1981-1988 : Nicaragua : soutien et formation des milices contras à l’ « école des Amériques » (50 000 morts).

1982-1984 : Liban : Les soldats américains assistent sans réagir aux massacres des palestiniens orchestrés par les phalangistes (l’’invasion israëlienne fera 20 000 victimes).

1983 : Grenade : Invasion de Grenade, dite « invasion des banques ».

 

1986 : Lybie : Bombardements (centaines de victimes).

 

1987 : Iles Fidji : coup d’État soutenu par la CIA.

 

1989 : Philippines : l’’aviation américaine épaule l’’armée philippine dans ses opérations de répression.

1989 : Panama : 26 000 soldats américains attaquent leur ancien agent Noriega (centaines de victimes civiles).

Années 1990 : Colombie : guerre « anti drogue » et soutien au gouvernement (plus d’’un million de réfugiés).

1990-1994 : Kurdistan ouest :l’’armée turque armée et soutenue par les USA intensifie son action (milliers de villages détruits, napalm, 3 millions de déplacés ou sans abris, dizaines de milliers de blessés).

1991 : Guerre du golfe.

 

1991-2003 : Embargo contre l’’Irak (500 000 enfants morts sur 5 ans).

 

1991 : Haïti : un colonel formé aux USA, suivi par l’’armée entraînée par les américains, déclenche un coup d’’État.

 

1992 : Congo : Mobutu (de nouveau soutenu par la CIA) est renversé...

 

1994 : Haïti : intervention pour le retour du président Aristide, sous condition qu’’il ne se représente pas.

1998 : Soudan : bombardement d’’usines pharmaceutiques.

 

1998 : Bombardements sur l’’Irak.

 

1999 : Yougoslavie : Bombardement de la Serbie et du Kosovo, intensification de la répression serbe.

2002 : Afghanistan : Invasion après avoir soutenu les résistants pour un oléoduc...

2003 : Attaque contre l’’Irak.



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Les commentaires sont fermés.